Le Billet du Jour. Tour de France et Course Landaise

Le Billet du Jour : Michel Puzos 

Lorsque la Course Landaise évoque le Tour de France......

"Il est de ma famille, théâtre d'exploits, celui des sommets où l'on accède au courage, ou des longues échappées au cours desquelles, durant des heures, il ne faut pas baisser pavillon, regarder devant soi, pédaler sans retenue, tirer la langue, et n'avoir d'autre but que cette ligne blanche, synonyme de victoire.

Certes, il est plus jeune que moi, né en 1919, mais à 100 ans, il garde toute sa flamme et toute sa vigueur, il porte en lui de vrais champions, il génère toujours d'impossibles exploits, il attire les foules à son passage.

Comme moi il a ses lieux sacrés -l'Aubisque, le Tourmalet, le Galibier, l'Alpe d'Huez-, ses personnages légendaires -Coppi, Bobet, Anquetil, Merckx, Hinaut et tant d'autres, sans oublier notre landais André Darrigade... Moi aussi j'ai mes places fortes, arènes de tous les combats, de Pomarez à Samadet, de Dax à Nogaro... j'ai mes champions et mes héros, ceux des temps anciens - les Chicoy, Coran, Daverat, Fillang, et autres Henri Meunier ou Abel Montfort-, ceux d'hier - de Ramunchito à Dussau, de Forsans à Goeytes-, ceux d'aujourd'hui -les Lapoudge, de Rovère, Noguès et bien d'autres-, sans oublier les sauteurs qui ont redonné à leur discipline tout leur attrait et leur intérêt.

Oui le Tour de France est de ma famille, créateur d'émotions et de sensations, lui sur les routes et les pentes des montagnes, moi sur le sable des arènes. Il a son podium chaque soir d'étape, où sont remis les maillots des vainqueurs... j'ai mon escalot où sont décernés les trophées du jour aux plus valeureux.

Alors qu'il a son "Maillot Jaune", qui ne pourrait être qu'un vêtement comme un autre mais qui habille un personnage fabuleux, j'ai mon boléro de parade, mon boléro blanc ou mon boléro d'argent qui ajoutent aux broderies et aux paillettes le triomphe de l'art et du courage.

Oui le Tour de France est de ma famille, avec nos joies, nos soirs de victoire, et nos peines... lui avec ses drames -Ton Simpson, Luis Ocaña, Casartelli...-, moi avec les miens qui ont nom Henri Duplat, Jean-Pierre Rachou et quelques autres tombés au champ d'honneur... Et puis ces moments difficiles, les chutes, les blessures, mais aussi ces instants éprouvants où la victoire, si patiemment construite et si durement bâtie, vous échappe au tout dernier moment... c'est Laurent Fignon échouant pour 8 secondes, c'est Mathieu Noguès terriblement meurtri sur un dernier écart.

Nous sommes de la même famille et le mois de Juillet nous réunit avec éclat pour célébrer nos fastes, nos combats aux valeurs identiques, nos épreuves mythiques, nos passions partagées, les symboles qui retiennent l'adhésion du public dans toute sa diversité.

Aimer l'un c'est aimer l'autre, c'est aimer les élégants, les baroudeurs, les techniciens, les appliqués, les frondeurs, les seconds rôles comme les premiers rôles. Que dure longtemps cette similitude, ce passage d'émotions, cette fête populaire autour de nos traditions exercées et de nos exploits sportifs accomplis.