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La photographie en noir et blanc au service de la course landaise (mars 2016)

Maria Terrak


L'histoire en noir et blanc : quelques usages et quelques conséquences...

La plupart des images que nous connaissons des temps préphotographiques étaient en couleur. Personne n’aurait eu l’idée de faire de la peinture en noir et blanc. Seuls certains types de gravures, pour des raisons techniques, étaient monochromes. Mais chaque fois que cela était possible, on produisait des images en couleur.

Dans des cavernes paléolithiques et néolithiques (Altamira en Espagne ou Lascaux en France) des peintures rupestres attestent de l’existence des combats d’hommes contre le taureau.

Gravure de Goya : mort de l’alcade de Torrejón, Madrid (1815)

L’apparition de la photographie, qui s’est rapidement imposée comme un moyen pratique de fabriquer des images, bon marché et diffusables, a ainsi promu le noir et blanc. Cette convention, imposée par une contrainte technique, fut vite assimilée, tant les autres qualités de ces images étaient appréciables, à commencer par l’illusion vériste apportée par le procédé mécanique.

Dans notre monde coloré, cette prédominance d’images en noir et blanc a pu créer l’impression -un peu confuse, certes- que la première moitié du XXe siècle était vaguement triste, car manquant de couleurs pimpantes. Au cinéma, le noir et blanc évoque parfois une atmosphère du passé, vieillotte et d’autrefois, et sert à montrer le passage du temps, le temps révolu. Le documentaire sur le passé évoque aussi, parfois, le «sérieux», les preuves et les documents authentiques, exacts et véridiques . 

Lorsque la couleur est venue sur la scène, cela semblait être la fin du noir et blanc à la fois dans la vidéo et la photographie. Mais ce n'était pas le cas, au fil des années, nous avons vu le noir et blanc prendre une valeur artistique dans les deux genres.

Le privilège de la photographie noir et blanc

Il est parfois intéressant de voir comment des technologies plus anciennes de formes d'art peuvent prendre encore plus de valeur quand elles sont rendues obsolètes. Cela est particulièrement vrai de la photographie noir et blanc. Ainsi en photographie d'art, le noir et blanc sublime le caractère esthétique des objets et des personnages.

Ainsi, il n'est pas rare que vous trouviez un art photographique qui utilise abondamment l'affichage en noir et blanc. En effet, noir et blanc ont des qualités artistiques et émotionnelles qui ne sont tout simplement pas possibles avec la photographie en couleur.

Probablement, la plus forte des qualités qui attrape le spectateur avec une photo en noir et blanc est sa puissance émotionnelle. C'est la raison pour laquelle des photos prises en noir et blanc prennent, presque instantanément, un aspect artistique.

Petit voyage autour des particularités du noir et blanc à travers cinq clichés de Romain Tastet

Le meilleur sujet pour la photographie en noir et blanc est, probablement, le visage humain. Même avec une expression tranquille, le spectateur peut voir une vaste gamme d'expressions dans les yeux, l'inclinaison de la tête, les rides ou les particularités subtiles du visage et l'attention du regard. Les prises en noir et blanc invitent presque toujours le spectateur à vouloir connaître l'histoire derrière l'image.

La réponse qui vient souvent à l'esprit du spectateur est que : plus on regarde la photo et plus leur imagination se remplit dans les détails. Si vous regardez le visage serein de Baptiste Bordes, photographié ici par Romain Tastet, vous pourrez ressentir de la mélancolie, il est presque impossible de ne pas se demander ce à quoi il pense, à quoi il rêve. Ces questions pèsent sur notre esprit.

En fait Romain Tastet nous invite à faire un petit retour en arrière lors du festival Art et Courage de 2010. Baptiste est en pleine concentration contemplative et introductive. C'est pour lui un rendez-vous inoubliable avec sa passion coursayre et son art tauromachique. L'écarteur va défier l'animal en réalisant un magnifique écart.

Avec la puissance émotionnelle et la façon dont le noir et blanc oblige le spectateur à la recherche de sens, les clichés de Romain Tastet portent en eux une formidable puissance romantique qui touche le coeur d'une manière puissante. Ils peuvent aussi facilement traduire la sensualité.

Les plans qui tentent d'évoquer la puissance de la sensualité et du romantisme sont sublimés avec l'utilisation du noir et du blanc, surtout quand il s'agit de détails, et plus particulièrement les mains ou les doigts.

Malgré l'absence de couleur, ces clichés appellent aux cinq sens d'une manière que la couleur ne peut jamais espérer atteindre.

Parallèlement à l'utilisation créative de la clarté et le cadrage, le noir et blanc donne au cliché la possibilité de faire ressortir le centre émotionnel de chaque plan. Les prises en noir et blanc amènent l'oeil à se concentrer également sur le caractère unique et précieux de l'instant. Il confère une intensité au moment, à l'action.

Invitation au voyage artistique au cœur des arènes

L'appareil photo numérique a ouvert la voie à une toute nouvelle ère de la photographie noir et blanc. Si vous n'avez pas commencé à expérimenter des plans en noir et blanc, il vaudrait la peine de prendre le temps d'apprendre à saisir les images fortes de ce type de photographies.

Vous pouvez expérimenter en noir et blanc et recueillir les réactions de vos amis et de la famille pour apprendre à en utiliser les subtiles nuances. Ainsi, vous serez en évolution dans votre style de photographies. L'expérimentation de certaines photographies en noir et blanc va faire beaucoup pour améliorer votre travail. A mon sens, c'est une riche expérience artistique et émotionelle qui changera votre regard sur la course landaise.

Rapidement, vous pourriez voir vos plans d'écart en noir et blanc dans un monde de couleurs. Votre prise de conscience va devenir de plus en plus naturelle et aiguë et vous serez prêt à saisir ces moments avec spontanéité, ce qui est toujours le meilleur type de photographie, selon moi.

Chers lecteurs, à travers ce premier écrit de la saison, j’espère vous avoir offert une invitation au noir et blanc, une envie photographique, en me proposant d'illustrer, pour vous, les sensations qui me mènent aux arènes, à travers  les cinq photographies que Romain Tastet m’a fait l’honneur de me confier pour nourrir ce travail d'écriture. Qu'il en soit ici remercié à sa juste valeur. Amitiés coursayres

Itinéraires artistiques coursayres : de surprises en émotions esthétiques

Maria Terrak


La Course Landaise recèle une palette d'artistes aux petits soins pour les passionnés que nous sommes. Suivez-moi, je vous emmène à la rencontre de ces artistes coursayres, au travers d'un dédale d'arènes connues et inconnues, une foule d'acteurs réels ou rêvés. Fermez les yeux, vous êtes au cœur de l'arène.

Itinéraire artistique 3  Jean-Marie Crampes

Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de pouvoir plonger dans le regard artistique d'une personne comme Jean Marie Crampes. J'aime les nuances qu'il apporte à la Course Landaise par ses clichés photographiques, son regard posé sur l'instant et cette richesse d'âme dans laquelle il pose son interlocuteur. Nul besoin de vous décrire mon plaisir de collaborer avec lui à ce nouvel itinéraire coursayre.

 Avec naturel et en toute générosité, il a accepté de prendre du temps pour me permettre de le suivre dans son périple photographique lors de la course landaise de Pâques à Campagne.... Regarder une course à deux,  laisser l'autre décrire ce qu'il capte et ce qu'il ressent comme instants, comme détails pour tenter de les fixer sur photographie et de les transcrire par écrit : telles étaient nos inspirations.

Il a ainsi accepté de poser son regard, de capturer des images emplies de sens et d'émotions pour me les confier. Quant à mes écrits, je les lui offre, en retour, avec une exigence fébrile, qu'ils respectent et s'harmonisent à son regard photographique.  Et pour vous, chers lecteurs, ce sont ces richesses d'échanger des visions privilégiées et personnelles sur ce monde de poussière, où tout me nourrit et tout m'inspire, que je souhaite vous livrer ici, à travers les clichés de Jean Marie représentant Jean François Deyris.

L'Art se montre avec Art....

Photographie de Jean-Marie Crampes – Placement de l'entraineur...

Guider de la loge à l'arène....


Parle-moi de lui Jean Marie.  A quoi pense-t'il ? Raconte-moi comment ses expériences au cœur de l'arène le forgent ? Comment était-il dans l’attente de cette première course de la saison ? Parle-moi de cette passion qui prit sa jeunesse... Tout ce que tu as de lui capté, de lui fixé, de lui offert. Je veux pouvoir le ressentir sur tes clichés et ainsi pouvoir le faire vivre à travers  lui.

Il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède la rencontre, l'exploit... c'est  l'instant où l'horizon de l'attente vient nous rendre visite et nous conter ses promesses. Le silence et le sacré de cet instant s'est posé sur ton cliché : du silence et même une certaine musicalité de l'instant. J'entends, dans le désert de ce silence, battre des coeurs ensablés sur un petit rebord des gradins, surplombant les abîmes de l'éternité au cœur de la piste.

Nul besoin de faire bonne figure aux yeux du monde extérieur, Jean François semble se parer d'une force intérieure presque mystique... le reste est sans importance. Il semble connaître le secret qui permet  d'échapper aux liens du temps et de l'espace comme par magie.  A travers cette corde tendue entre la loge et le cœur de l' arène, c'est une corde musicale qu'il tend entre lui et les spectateurs, lui permettant d'ajouter ses vibrations à celles qui actionnent harmonieusement le coeur des coursayres.


L'Art se défend avec Art....

Photographie de Jean-Marie Crampes – Placement de la coursière...

Contre le refuge : entre regards et silences....

L'important, dans ce cliché, c'est le temps. Le temps qui s'arrêta à cet instant pour nous offrir à travers cette image le miracle de la rencontre de l'entraîneur et la coursière. Le temps  nous fait la révérence de nous oublier, s'inclinant devant deux cœurs qui se joignent et qui, l'espace d'un instant, ressentent le pouvoir de l'éternité, et de se comprendre en silence.

Ce fut le temps d’un battement de paupières, où contre le refuge, elle le regarda sans le voir... et le lien était recréé : le lien entre Jean-François et sa protégée. Le placement de la coursière nous offre ici moins qu'une résistance sauvage à l'entraîneur, qu'un lien intense. Dans ce "mains à cornes", l'homme et l'animal s'observent, se sondent, les yeux dans les yeux. Mais dans cet affrontement, le respect l'emporte toujours pour le plaisir des spectateurs à qui est alors offert un autre combat, celui entre la coursière et l'écarteur.


L'Art se raconte avec Art....

Photographie de Jean-Marie Crampes – Quitter le refuge...

La recherche de l'instant optimal pour lâcher la coursière....

 

Une belle rencontre, c'est parfois aussi une question de temps. Il faut se trouver l'un l'autre au bon moment, comme des voleurs d'ombres. Au bout de la corde, la coursière ; au bout de l'homme, ses mains résistantes. Tirer vers soi la corde, puis  laisser venir à soi la coursière, la placer encore et encore pour s'assurer d'un départ efficace.               

Aviez-vous rêvé de déchiffrer les échanges de regards entre ces deux protagonistes ? Aviez-vous mesuré l'attention et la concentration de l'entraîneur se positionnant ainsi à la rencontre de sa passion, de sa vie, de son destin ? Ressentez-vous l'audace et le danger pour votre chair avec cette impossibilité de rester dans l'ombre ? Échangeriez-vous l'amour pour des frissons rimant avec course landaise ?


L'Art se livre avec Art....

Photographie de Jean-Marie Crampes – La résistance...

Ce lien qui m'entrave....

La vie humaine ne dure qu'un instant, il faut avoir la force de la vivre en faisant ce qui nous plaît le plus. Jean-François n'avait pu rêver d'une autre destinée plus noble sur la piste que celle d'entraîner. L'amour de sa passion, comme le reste, n'est qu'une façon de voir et de sentir. Il y découvre des perspectives infinies et des horizons sans bornes.  Et quelle chance, la tauromachie est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu'elle n'est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c'est la vie elle-même.

Chers lecteurs, à travers ce troisième itinéraire artistique coursayre, j’espère vous avoir offert une parenthèse, une capsule artistique et philosophique en me proposant de vous décrypter les quatre photographies que Jean-Marie Crampes m’a fait l’honneur de me confier pour nourrir ce travail d'écriture. Qu'il en soit ici remercié à sa juste valeur.

Itinéraires artistiques coursayres : de surprises en émotions esthétiques.

 

Maria Terrak


La Course Landaise recèle une palette d'artistes aux petits soins pour les passionnés que nous sommes. Suivez-moi, je vous emmène à la rencontre de ces artistes coursayres, au travers d'un dédale d'arènes connues et inconnues, une foule d'acteurs réels ou rêvés. Fermez les yeux, vous êtes au cœur de l'arène.

Itinéraire artistique 2  Jean Marie Crampes

Ce n'est pas tous les jours que l'on a la chance de pouvoir plonger dans le regard artistique d'une personne comme Jean Marie Crampes. J'aime les nuances qu'il apporte à la Course Landaise par ses clichés photographiques, son regard posé sur l'instant et cette richesse d'âme dans laquelle il pose son interlocuteur. Nul besoin de vous décrire mon plaisir de collaborer avec lui à cet itinéraire coursayre.

Avec naturel et en toute générosité, il a accepté de prendre du temps pour me permettre de le suivre dans son périple photographique lors de la course landaise de Pâques à Campagne.... Regarder une course à deux,  laisser l'autre décrire ce qu'il capte et ce qu'il ressent comme instants, comme détails pour tenter de les fixer sur les photographies et de les transcrire par écrit : telles étaient nos inspirations.

Il a ainsi accepté de poser son regard, de capturer des images emplies de sens et d'émotions pour me les confier. Quant à mes écrits, je les lui offre, en retour, avec une exigence fébrile qu'ils respectent et s'harmonisent à son regard photographique.  Et pour vous, chers lecteurs, ce sont ces richesses d'échanger des visions privilégiées et personnelles sur ce monde de poussière, où tout me nourrit et tout m'inspire, que je souhaite vous livrer ici, à travers les clichés de Jean Marie représentant Caroline Larbère.  

L'Art se montre avec Art....

Photographie de Jean Marie Crampes – Avant le paséo...

La course landaise ou la rencontre d'une Femme....

Parle-moi d'elle Jean Marie.  A quoi  pense-t'elle? Raconte-moi comment ses expériences la forgent, au cœur de l'arène? Comment était-elle dans l’attente de cette première course de la saison ? Parle-moi de cette passion qui prit sa jeunesse... Tout ce que tu as capté d’elle, fixé, offert. Je veux pouvoir le ressentir sur tes clichés et ainsi pouvoir le faire vivre à travers  elle.

C'est une Caroline passionnément concentrée et intensément réflexive, que tu nous livres dans ce premier cliché. Et je comprends alors, à travers son regard avant le paseo, qu'écarter en formelle ce n'est pas s'installer au sommet de ses certitudes. C'est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilante pour éviter que le poison mortel de l'habitude ne s'insinue ou pire qu'il n'anesthésie. Il ne faut pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire travailler, se concentrer, défier et séduire encore. Etre passionnée ne signifie t'il pas  « souffrir, endurer, éprouver » un ensemble d’émotions qui nous dépassent et que tu nous imposes à la découverte et à la lecture de ton cliché. Tu nous inscris Caroline dans une quête d’absolu. C’est la recherche de cette relation qui me fait vibrer, et ressentir si fortement la vie devant le spectacle taurin.

Je mesure ainsi d'avantage comment elle aspire à vivre sa passion et avec quelle intensité. On pourrait imaginer qu'elle vivait dans l’anticipation de ses rencontres avec l'arène et les coursières s'installant progressivement dans une image rêvée, une vision idéalisée de ces retrouvailles. Mais en réalité, on mesure ici à quel point l'attente a nourri l’angoisse, la fébrilité et ses espoirs. Rester dans l’illusion magique, la fusion comme principales caractéristiques de ce type de rendez vous, lui aurait fait manquer le rapport concret et nécessaire avec la réalité. Difficile alors de ne pas être déçu, après quelques mois, quand on confronte l’image rêvée, idéalisée du moment et sa dimension humaine, réelle. Caroline évite ainsi cet écueil en ancrant sa passion dans une réalité concrète, dans une préparation sérieuse et réfléchie.

L'Art se défend avec Art....

Photographie de Jean Marie Crampes – Avant l' écart...

L'écart : ce moment d' exigence et  de quête d'absolu....

Ecarter, ce n'est pas gagner à tous les coups. C'est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre la mise pour mieux savourer le frisson de la doubler. Ecarter, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C'est avancer en funambule au-dessus de précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout sa passion et sa foi qui disent d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là.

Que se cache t'il derrière la main tendue de cette torera passionnée qui s'avance et se place au cœur de l'arène? Une femme passionnée qui a une grande soif d’absolu, qui méprise la médiocrité, qui veut paraître forte quitte à masquer craintes et  fragilités… Ton cliché place Caroline dans cette recherche d' exigence -voire d' intransigeance-.  Elle accentue sa confiance, sa détermination, son courage.

Ce gros plan, centré sur le bras, la main et cette posture torera a tendance à me faire occulter la difficulté et ne voir que ce que j'aimerais y voir : du grandiose. J'aime que l'acteur me transporte de sentiments, me fasse sortir de moi même, qu’il franchisse des obstacles pour m'associer à son écart aussi. Cette dernière recherche est une aventure enivrante, et rendue possible par l'anonymat inscrit dans ton cliché. Merci de permettre à l'instant crucial préparatoire à l'écart de m'inscrire dans ce boléro, dans cette posture, dans cette attitude torera.

L'Art se raconte avec Art....

Photographie de Jean Marie Crampes – L'écart...

L'étincelle sacrée : de la passion aux émotions....

Merci pour ce bonheur  ainsi offert, donné par celle qui a vaincu sa peur de vivre et qui considère sa vie comme une étincelle sacrée. Voici comment cette image parle en mon esprit. Je sens brûler en moi un désir sauvage d'éprouver des sentiments intenses, des sensations, une rage, une envie furieuse, une volonté insatiable de faire prospérer généreusement le risque, le courage, l'exploit. Merci pour ce doux murmure qui  cède à nos silences comme une faible lumière qui tremble de peur devant l'ombre de cette figure, associant torera et coursière, offert par celui qui a capturé l'instant.

J'adore être emportée et dominée par une force qui me dépasse, parce que cela  procure des sensations uniques. Ces instants capturés sont ainsi capables d'atténuer le manque, d'ensoleiller le passé, d'illuminer le présent, d'éclairer l'avenir. N'y voyez aucune recherche technique de l'écart ou du saut parfait: c'est une inspiration, un autre regard sur la course landaise, d'autres nuances...Pour résumer, tu nous offres ainsi, Jean Marie, un éclairage nouveau capable d'éveiller en nous des émotions esthétiques privilégiées : une autre écriture de la lumière à travers le prisme de la course landaise.

Ressentez vous cette puissance mystérieuse et secrète qui inonde l’arène ? Retrouvez vous dans le mouvement de Caroline, sa figure, sa gestuelle, un sens particulier ? Cela vous évoque t'il de l’héroïsme, du courage, du devoir ? Visualisez vous s’entremêler deux cercles, celui de l’arène et celui du cœur... ce cercle imaginaire qui lie l’acteur à chaque spectateur ? Mesurez vous les liens de respect, d’admiration, d’émotion et de partage se retisser à travers cet Art tauromachique ?

L'Art se livre avec Art....

Photographie de Jean Marie Crampes – Après l'écart...

Le repos de la guerrière ou la projection vers l'Avenir ....

En Course Landaise, il ne suffit pas que vous ayez de temps à autre un moment d'inspiration pour donner un sens à votre vie ; vous devez aussi apprendre à faire durer ce moment, afin qu'il devienne un état de conscience permanent. Et c'est ce que l'on lit de Caroline dans ton cliché Jean Marie. Avant de fouler le sable des arènes, au cœur de l'action, et après sa prestation, Caroline vit l' instant avec la même intensité et la même sincérité. Son inspiration, sa détermination et son analyse impriment expressivité et sentimentalité sur les traits de son beau visage.

Chacun de tes clichés nous ancre dans le moment, dans l'instant, mais pas uniquement. Celui ci  nous installe dans l’intensité et dans le sentiment de risque et de danger que l' écart  procure…. Comme si nous réalisions que l'action et les prestations sont bâties sur du sable mouvant. Accepter  le moment, l'écart tel qu’il est, avec ses qualités mais aussi ses défauts pour  éviter de cruelles désillusions, apprendre chaque jour, tourner son regard  vers   l'avenir pour progresser: telle est la posture de Caroline que tu nous livres ici et que je prends plaisir à lire et à retrouver à chaque course.

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Chers lecteurs, à travers ce second itinéraire artistique coursayre, j’espère vous avoir offert une parenthèse, une capsule artistique et philosophique en me proposant de vous décrypter les quatre photographies que Jean Marie Crampes m’a fait l’honneur de me confier pour nourrir ce travail d'écriture. Qu'il en soit ici remercié à sa juste valeur.

Amitiés coursayres,

Date de dernière mise à jour : 02/02/2021