I) Interviews

Corentin Virepinte

Interview
 
Corentin Virepinte (Pôle Espoirs Dal/Armagnacaise)
 
Photos : Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga - Elodie Laporte
 
Corentin VirepinteCorentin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
 
Bonjour à tous, j’ai 23 ans, j’ai 2 sœurs, j’habite à Mont de Marsan, j’ai obtenu un BTS MUC (Management Unités Commerciales) et j’envisage une Licence Professionnelle Évènementiel, je suis actuellement vendeur électroménager depuis 3 ans.
 
Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?
 
C’est grâce à mon meilleur ami Camille Rol. A la base ma famille est plutôt « corrida » et la première course que j’ai pu voir fut celle de Camille à Viella ! Donc c’est très récent. Le seul membre de ma famille étant coursayre était Jean Fondeviole (grand tauromache, ancien maire de Bougue). Je n’allais pas voir les courses, mais lorsque Camille est allé écarter chez Béarn-Armagnac, je suis allé le voir plusieurs fois... et j’ai voulu essayer à mon tour. 
 
A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?
 
J'ai effectué mon premier écart lors d'une séance d'entraînement chez Béarn-Armagnac (bonjour à Lucas Larrieule) et j’ai  tout de suite accroché.
 
 
 
 
Corentin VirepinteQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?
 
Dès la fin de mon premier entraînement, même si les premiers écarts étaient « brouillon », j'avais envie de recommencer ! La cuadrilla était super avec moi, il y avait une bonne entente et pas mal de jeunes, c’était plus facile pour s’intégrer quand on n'est pas du milieu.
 
Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?
 
Le premier écart, je l'ai donc fait à l’entraînement, et même si c’était sur une vache plus facile c'est toujours impressionnant. Quand on t’appelle, que tu te places... dès que l’entraîneur lâche la vache, tu sais que c’est à toi de jouer... c’est une montée d'adrénaline qu’on voudrait vivre tous les week-ends !
 
Comment s'est passée ta première course ? et comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?
 
C'est à Estang que j'ai participé à ma première course, avec Béarn-Armagnac toujours, une pression énorme que je me suis mis tout seul... Résultat : 2 « escapades » ! Je ne veux jamais décevoir les gens, le ganadère, le chef ou le public, c’est mon premier objectif en course, et ça me joue souvent des tours.
 
 
 
Corentin Virepinte As-tu connu la blessure ? si oui est-ce que cela t’a un peu découragé ou pas du tout ? Sinon, y penses-tu ?
 
J'ai eu des tumades oui, mais pas encore de casse, je touche du bois ! Il y en a une à Cambo les Bains qui est restée en tête pas mal de temps, notamment au début de saison l’an passé... dernier écart de la course, mauvaise compréhension avec le cordier, ça arrive c’est le jeu !
 
Comment s'est passée ta saison 2019 ?
 
Ma saison s'est déroulée en dents de scie, des débuts assez compliqués à cause d’un gros manque de confiance et quelques défauts, mais de course en course la tendance s’est inversée grâce aux conseils de certains (Bastien, Caro, Éric et Paul) et la bonne entente de toute la cuadrilla, ça joue un rôle très important pour moi. Le championnat des jeunes était très impressionnant, l’organisation était parfaite de la part de l’AJC... mais déception quand même pour moi de ne pas avoir passé les poules et les qualifications !
 
 
 
 
Corentin VirepinteQuels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?
 
Je dirai qu’il me faut encore beaucoup de travail, notamment sur le style et l’attente, j’espère en tout cas donner le plus de satisfaction possible à tous les comités que nous allons voir et faire le plus de courses possibles.
 
Dans quelle catégorie d’écarteur de places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…
 
Ma réponse sera sans doute spéciale et surprenante, mais je préfère tourner en dedans qu’en dehors. Maintenant je ne sais pas dans quelle catégorie il faut classer cela !
Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?  
 
J’espère un jour atteindre la formelle, c’est vraiment un objectif important. Après mon rêve serait de gagner un concours (celui de Mont de Marsan notamment).
 
As-tu des idoles en course landaise ?
 
J’aime les écarteurs qui ne lâchent jamais et se battent malgré les coups encaissés, Mathieu Noguès et Gaetan Labaste sont des exemples mêmes !
 
 
 
Corentin VirepinteComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?
 
La course landaise est un sport, de par son exigence physique, mais c’est aussi un spectacle dans son ensemble, je pense que les deux parties sont bonnes à prendre, et intéressantes pour le public !
 
Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?
 
Beaucoup d’éléments extérieurs sont venus perturber la course landaise. L’URSSAF a déjà donné un premier coup, et le confinement actuel nous en met un second, peut-être encore plus lourd... la course Landaise est clairement en très grand péril. Il va falloir essayer de donner un second souffle, l’AJC fait un excellent travail, il faut jouer sur la communication pour faire adhérer de plus en plus de gens à notre passion ! C’est là aussi que ça se jouera, la communication a un rôle très important.
A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?
 
Je fais pas mal de footing, je regarde aussi pas mal de sport à la télévision (difficile en ce moment), mais clairement j’essaie un maximum de voir mes amis qui sont très importants pour moi.
 
 
 
Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?
 
Le dernier livre que j'ai lu c'est « Ivan Fandiño demain je serai libre » de Nestor Garcia, en  musique j’aime beaucoup de choses mais les années 80 et les bandas reviennent souvent. Je ne regarde pas beaucoup d’émissions télé mais un nombre incalculable de séries. Mon plat préféré : Magret / Frites
 
Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?
 
J'avouerai deux défauts : je suis têtu et je prends les choses trop à cœur. Côté qualités j'essaie de toujours bien faire et je suis de nature plutôt gentil.
 

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je remercie tous ceux qui ont été bienveillants avec moi depuis que j’écarte, ganadères et copains de piste, qui sont tous devenus copains en dehors de l'arène ! J’espère que la course landaise a encore de belles années devant elle, et j'aimerais pouvoir écarter un maximum, en essayant de donner le plus de plaisir au public !

Merci Corentin de t'être livré au jeu de nos questions et d'avoir dévoilé un peu de ta personnalité à ceux qui ne te connaissent pas. A travers tes réponses on devine aisément ta passion, découverte tardivement, mais que tu vis désormais pleinement entouré de tes amis. Course Landaise Magazine te souhaite beaucoup de bonheur dans l'arène dans les mois et les années futures.

Hugo Jourdan

Interview

Hugo Jourdan (Pôle Espoirs)

Photos Jean-Claude Dupouy - Maeva Dauga - Elodie Laporte

Hugo JourdanHugo, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Je m’appelle Hugo Jourdan, j’ai 17 ans et demi, j’habite dans petit village -Lauret- proche de Pimbo et à quelques kilomètres d’Aire sur l'Adour. Je vis avec mes parents et mon frère Louis 15 ans. Cette année je passe un Bac TEBEE (technicien étude et économie de la construction) et j’envisage par la suite de faire un BTS EEC (étude et économie de la construction) et une licence pro. 2.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

C’est grâce à mon grand-père qui aimait la course landaise et qui se rendait dans les arènes que j’ai découvert cette culture gasconne. J’aime le milieu taurin, le virus de l’arène et du bétail. J’ai accroché tout de suite à cette tradition et j'ai voulu porter le boléro.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Ma première confrontation avec une vache de course s’est faite à Mant pendant l’inter-village des fêtes où j’ai eu l’occasion d’écarter une vache amateur ; l’exercice s’est très bien passé malgré une grosse pression et beaucoup de stress.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Ayant pris goût de descendre dans l’arène, j’ai renouvelé l’expérience à Arzacq puis à Dax, ce qui a conforté mon envie d’écarter. Mes parents n’étaient pas d’accord, j’ai du attendre la course du pôle espoir aux fêtes de Miramont Sensacq, en Août 2018, pour pouvoir affronter de nouveau une vache amateur, et c’est là que mon rêve est devenu réalité lorsque Michel Agruna m’a proposé d’intégrer le pôle espoir pour la saison 2019.

Hugo JourdanPar quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J’ai attaqué directement en seconde, au pôle espoir Dal/Armagnacaise, sous la tutelle de Bastien Moity. Mes débuts ont été plutôt mitigés, de très bonnes sensations lors du premier entrainement, mais un KO à la fin du second entrainement a mis un peu de doute en moi, surtout à quelques jours de la présentation officielle du pôle espoir à Saint-Loubouer.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

Ma première course a été la présentation du pôle espoir. Elle s’est très bien passée, le contact avec le bétail et le public reste un très bon souvenir qui a permis de gommer mes doutes, malgré beaucoup de stress et d’appréhension.

Ton premier choc t’a laissé quelques doutes mais est-ce que cela t'a découragé ou pas du tout ? penses-tu à la blessure ?

Je n’ai pas connu la réelle blessure, seulement des bleus et hématomes multiples. J’essaie de ne pas y penser, même si la blessure reste très possible pendant la course.

 

Hugo JourdanComment s'est passée ta saison 2019 ?

Ma saison 2019 s’est relativement bien passée, j’ai pris mes marques, enrichi mes positionnements et gestes. J’ai eu aussi la chance de pouvoir découvrir la formelle à deux reprises, et j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Si la saison reprend, et je l’espère de tout mon cœur, j’ai pour objectif de participer au championnat des jeunes écarteurs.

Dans quelle catégorie d’écarteur de places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…

Je me place plutôt dans la catégorie des stylistes.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Dans un premier temps profiter et appliquer au mieux les conseils de mes ganadères Michel Agruna et Cathy Agruna, et ceux de mon chef de cuadrilla Bastien Moity, pour arriver à une maturité suffisante pour pouvoir prétendre monter ensuite en formelle.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, Mathieu Noguès, car il représente pour moi la simplicité, l’exemplarité, et le courage en tant qu’acteur, et l’homme qu’il est, amoureux et passionné de la terre, de ses bêtes et de son terroir.

Hugo JourdanComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Les acteurs actuels aiment la compétition et sy préparent. Donc pour moi la course landaise est un vrai sport, de haut niveau, avec une préparation physique, mais intégrant aussi de l’émotion pour le spectacle, ce qui en fait donc son originalité.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Oui totalement, car s'il n'y a pas de courses et pas de spectacles, il n'y a pas de rentrée d’argent pour nos ganadères, donc l'épuisement des réserves pour eux et le découragement pour tous.

A part la course landaise, quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

De septembre à février je pratique le rugby au club d’Aire sur l'Adour et je pratique en loisir la balade en quad.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quels sont tes goûts en matière de cinéma, de télévision, de musique, tes goûts culinaires...

Alors ce que j'aime : d'abord ce n’est pas un film mais plutôt une série « La Casa de Papel » que j'apprécie. Jonny Wilkinson en lien avec le rugby. J’aime toutes les musiques actuelles sans préférence d’artiste. Les bons plats de ma « mamie ». A la télévision j'aime bien Ko Lanta et Top Chef.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité est d’avoir un mental d’acier dans l’effort. Mon plus grand défaut est d’être « Bordélique ».

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Après toute cette période de vide, sans arènes, sans courses... passionnés/passionnées, coursayres, jeunes et anciens, RESTEZ-NOUS FIDELES.

Merci Hugo d'avoir accepté de répondre à nos questions... je suis sûr que les coursayres répondront positivement à ton appel... et je peux te rassurer en ce qui concerne "Course Landaise Magazine", nous resterons des fidèles, toujours passionnés, à la course landaise et à ses acteurs. MP

Baptiste Guillé

Interview

Baptiste Guillé (Ganaderia Dargelos)

Photos Jean-Claude Dupouy, Elodie Laporte, Alexia Fasolo

Baptiste GuilléBaptiste, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Baptiste Guillé, j’ai vingt-trois ans, je suis le petit frère de Julien Guillé. Je vis toujours avec ma mère à Estibeaux et je fais mes études sur Agen où je prépare ma seconde année de Master en Production et Innovation en Agro-Alimentaire.

Même si la question peut paraître curieuse lorsque l’on sait que tu es le fils du grand Jean-Pierre Guillé dit Rachou, pourrais-tu malgré tout nous expliquer comment tu es venu à la course landaise, comment tu l’as découverte ?

La course landaise est omniprésente dans ma vie, et contrairement à beaucoup de personnes je ne l’ai pas découverte puisque j’y suis né dedans, et je n’ai cessé de la côtoyer de près ou de loin depuis toujours. Mon frère a été le premier à se lancer dans la course, alors pendant plusieurs étés j'ai pris plaisir à le suivre lors de ses représentations. Cela m’a permis de découvrir de plus près le milieu de la course que je ne connaissais pas si bien finalement.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis descendu dans une arène c’était à l’occasion du toro-ball annuel organisé pour les fêtes de Pomarez, j’avais douze ans et j’ai passé tout mon temps, c’est un peu vague... caché derrière la talenquère. Quelques années plus tard, honteux de m’être défilé devant un veau, je décidais que j’allais écarter cette fois-ci. C’était au toro-ball des fêtes d’Estibeaux, j’avais seize ans et je venais de me faire opérer du genou un mois avant... et puis surtout le veau avait lui aussi grandi. Je n’étais pas vraiment serein, mon frère me criait de sortir de l’arène, mais j’en avais décidé autrement et je ne voulais plus connaître cette sensation de honte. De mémoire, je n’ai effectué que 4 ou 5 écarts, mes jambes n’ont cessé de trembler du début à la fin, mais j’en garde malgré tout un bon souvenir. Je n’oublierai pas ce sentiment, cette montée d’adrénaline, quand la vache vous voit et vous charge, et la satisfaction d’être toujours debout une fois son galop passé.

Baptiste GuilléQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Suite à ce premier contact, je suis redescendu dans l'arène chaque année pour cette même occasion des fêtes patronales, tournant de plus en plus d’écarts et prenant un peu plus de risque à chaque fois. Ma décision d’être écarteur fut tardive. Depuis longtemps, je savais que j’en avais envie au plus profond de moi, mais je n’ai jamais osé faire le premier pas, sans doute par manque de confiance en moi et de peur de l’inconnu … Je me suis rendu compte d’une chose : vivre avec des regrets est bien plus effrayant que toutes ces craintes. J’ai donc décidé d’accepter l’offre que me tendait Bertrand Lafaye pour rejoindre l’équipe seconde de Dargelos (été 2018).

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? quelles ont été tes impressions lors des premières courses ?

Au début, je n’étais vraiment pas à l’aise et je ne savais pas comment aider mes camarades en piste, j’avais toujours l’impression d’être au mauvais endroit, au mauvais moment. Mon apprentissage s’est fait très naturellement. J’ai eu la chance d’intégrer un bon groupe, toujours bienveillant à mon égard, qui a su me conseiller et m’apprendre certaines bases en course landaise (oui certaines, j’ai encore beaucoup de progrès à faire en piste) car je ne suis pas passé par la case école taurine.

Baptiste GuilléComment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée , comment l'as-tu vécue ?

Ma première course en tant qu’écarteur était la course de présentation de l’équipe seconde de Dargelos dans le village voisin de Pomarez. De nature pâle, accompagné d’une grosse montée de stress, je n’avais vraiment pas beaucoup de couleur ce jour-là. J’ai commencé la course de la pire des manières, puisque je n’ai pas attendu le deuxième écart pour me faire “attraper”. J’ai compris assez rapidement la difficulté du jeu et la détermination de ces acteurs quand ils se relèvent pour obtenir une revanche face à celle qui les a fait chuter. Le reste de la course s’est bien passé et j’ai pris beaucoup de plaisir à me retrouver parmi cette belle équipe.

As-tu connu la blessure ? Sinon, y penses-tu ?

Je touche du bois ! Non, je n’ai pas connu la blessure en course, quelquefois bousculé mais rien de bien méchant pour l’instant. J’ai tout de même une vieille blessure du basket qui m’handicape, un genou un peu fragile qui me freine parfois. Je connais évidemment les risques de ce sport, mais j’essaie au maximum de ne pas penser au pire et je me focalise sur l’instant présent.

Baptiste GuilléComment s'est passée ta saison 2019 ?

Je dirai que globalement, ma première saison a été bonne. J’ai pris beaucoup de plaisir à écarter au sein de cette équipe, l’ambiance y est toujours bonne et on est heureux de se retrouver. Sur le plan sportif, c’est au fil des courses que j’ai réussi à prendre mes marques et gagner en confiance. Cela m’a permis notamment de faire quelques apparitions en formelle pour compléter l’équipe. Je reste sur un bilan plutôt positif sur l’ensemble de la saison bien que je sois malgré tout un peu déçu de ne pas avoir pu m’exprimer danatage lors du championnat des jeunes.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Mes objectifs pour la/les prochaine/s saison/s sont clairs, je veux  progresser et faire mieux que la saison précédente. Mais pour cela, je sais que je dois encore beaucoup m'entraîner. Ce championnat m’a laissé un goût amer et m’a fait prendre conscience du travail à fournir pour espérer progresser.

Dans quelle catégorie d’écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…

Je pense être un écarteur très classique, je n’ai pas autant de souplesse et de qualités techniques actuellement pour être un feinteur/styliste.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Pour être franc, je ne me suis pas encore posé la question. Je débute à peine, difficile de se projeter surtout en ce moment mais j’imagine que tant que j’y prendrai plaisir, je continuerai d’écarter.

 

 

 

Baptiste GuilléAs-tu des idoles en course landaise ?

Des idoles ? Le mot est peut-être fort mais il y a bien des personnes que j’admire en course landaise. En effet, même si je ne l’ai que très peu connu, je ne peux qu’admirer mon père, qui a eu une carrière formidable et que j’estime beaucoup. Et ensuite, le duo inséparable des Arrigans, Olivier Barere et Bertrand Lafaye qui se sont toujours occupés de Julien et de moi, qui nous ont pris sous leur aile et n’ont cessé de prendre soin de nous. Encore aujourd’hui, ils continuent de nous accompagner et de nous soutenir dans la vie comme dans ce sport.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Par nature, la course landaise est un sport spectaculaire, pour moi il allie déjà parfaitement les deux aspects. Si les deux coexistent ensemble, je ne vois aucun inconvénient à ce que la course landaise évolue dans ce sens mais le danger serait de perdre l’essence même du sport au détriment du spectacle.

 

Baptiste GuilléLes difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

A mon humble avis, je ne suis pas la personne la plus qualifiée pour parler des difficultés que rencontre la course landaise en ce moment, mais à l’évidence la crise sanitaire que nous traversons est effrayante et pourrait bien avoir des conséquences désastreuses sur la pérennité de ce sport déjà fragilisé. Je pense qu’au vu de ces difficultés, la course a plus que besoin de solidarité, et ce dont je reste intimement persuadé, c’est que le monde coursayre est grand, qu’il a de très nombreux adeptes (de tout âge) et que tant que cette force-là existera, la course landaise survivra.

Baptiste GuilléA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

Ma période hivernale est rythmée par le basket au club des Arrigans, ce qui  me prend l’ensemble de mes week-ends. La semaine, je poursuis mes études à Agen tout en insérant des séances de muscu pour me préparer au mieux physiquement. En parallèle de ces activités sportives, j’aime cuisiner, pêcher et passer du temps en famille ou entre amis.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j’ai regardé était Harry Potter à l’école des Sorciers, ça fait toujours du bien de revoir ses classiques. Je ne lis que rarement des livres, je manque un peu de patience, et pour ce qui est de la musique j’apprécie particulièrement les musiques espagnoles, elles me rappellent l’ambiance estivale et me permettent de voyager. Et enfin, mon plat favori est, sans hésiter, le confit de canard de mamie avec ses frites, un régal !

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que la qualité qui me définirait le mieux est altruiste. Il est vrai que j’aime faire plaisir aux gens que j’apprécie, et il m’arrive souvent de penser plus aux autres qu’à moi-même. D’un autre côté, je suis très obstiné. En effet je veux souvent avoir raison, et il est difficile de me faire entendre autre chose lorsque j’ai quelque chose en tête. C’est un défaut que je partage avec deux autres membres de la cuadrilla, Aurélien et Bertrand pour ne pas les citer.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

J’aimerais avant tout vous remercier de me donner l’opportunité de m’exprimer de la sorte, et de plus, j’aimerais rappeler aux personnes qui liront cette interview de bien prendre soin de leurs proches, de leur famille et de limiter les sorties en restant chez eux. Voilà tout, à très vite autour d’une arène j’espère !

Merci Baptiste pour avoir répondu à nos questions. Ta simplicité, ta modestie, ta franchise et ton altruisme méritent le respect, et sont sans aucun doute une belle leçon de vie. Nous te souhaitons une belle réussite dans tes études et bien sûr, lorsque les courses reprendront après la crise sanitaire que nous traversons, de belles satisfactions dans les courses auxquelles tu participeras. Eh oui... le petit veau a bien grandi... mais tu seras désormais bien armé pour affronter des cornes redoutables. Suerte Baptiste ! 

Eliott Coste

Interview

Eliott Coste (sauteur au Vert-Galant)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Emilie Lalanne - Clm

Eliott CosteEliott, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J’ai 18 ans, 2 frères et une sœur, j’habite à Gabaston dans les Pyrénées-Atlantiques. Je suis en première année de Licence STAPS à Tarbes avec l’objectif de devenir professeur d’EPS.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

C’est ma copine qui m’a fait découvrir la course landaise pendant les fêtes de Mant l’été dernier.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache ?

J’ai fait mes premiers pas dans une arène à Mant, le même jour où j’ai pu sauter par-dessus le taurillon, malgré quelques touches. Ensuite j’ai été invité à faire un saut à Monein avec David Laplace au dessus d'une vache, et cela s’est très bien passé.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

L’idée de devenir sauteur a commencé à germer lors de mon 1er contact avec les taurillons, et j’ai vraiment décidé de sauter le pas quand il est apparu que je ne prenais plus assez de plaisir à m’entraîner sans objectifs, il a fallu que je relève la barre.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" de sauteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

La gymnastique est un sport qui m’attire depuis mon plus jeune âge mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’inscrire dans un club. Je me suis donc entraîné seul et je maîtrisais tous les sauts... sauf le pieds joints lors de mes essais. J’ai fait mes premiers essais lors des entraînements avec la ganaderias Vert-Galant avec Simon Lavie pour me conseiller. J’ai adoré ces nouvelles sensations et cette montée d’adrénaline au moment du saut.

Eliott CosteComment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

J’ai fait ma première course à Gamarde-les-Bains le 8 mars dernier pour la présentation de Vert-Galant dans la cuadrilla d’Eric Sucère. Je pense que je me suis bien débrouillé mais, étant perfectionniste, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu déçu par quelques fautes. Néanmoins j’ai adoré les sensations que me donne ce sport.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Mes objectifs pour la saison prochaine sont juste de l’amélioration dans les sauts, la présence en piste. Je resterai donc en seconde jusqu’à ce que je parvienne à ces objectifs et que je sois prêt, éventuellement, de monter en formelle. Un autre objectif c'est peut être essayer de viser une participation au championnat des jeunes, pour cette saison si c'est possible ou la prochaine. En attendant que les courses reprennent je continue à m’entraîner chez moi dans mon jardin, un peu tous les jours.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je suis un compétiteur dans l’âme donc j’imagine un avenir plutôt tourné vers la course de compétition.

 

Eliott Coste As-tu des idoles en course landaise ?

Je ne connais pas encore vraiment le milieu de la course landaise, je découvre tout, donc je n’ai pas vraiment d’idoles, mais je dirai que j’aime bien Kévin Ribeiro et David Laplace car c’est en les regardant que j’ai connu cette discipline.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Maintenant que je ne suis plus sur les gradins, je l'apprécie différemment et je pense que la course landaise est un vrai sport.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Comme je l'ai dit précédemment, je découvre la course landaise, son fonctionnement, le milieu coursayre, je ne suis donc pas très calé sur toutes les difficultés que rencontre la course landaise actuellement, mais j’espère sincèrement que la tradition pourra perdurer encore longtemps et que l’on trouvera les meilleures solutions possibles aux problèmes actuels.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

Je suis très sportif, je fais du judo à un haut niveau, ce qui occupe bien la période hivernale, je fais aussi du parkour (franchissement d'obsctacles en milieu urbain).

Eliott CostePour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Je ne suis pas trop cinéma, je n’ai donc pas vraiment de film préféré en particulier. Le dernier livre que j’ai lu c'est "A la croisée des Mondes" de Philip Pullman. Au niveau musique, j’écoute un peu de tout. Mon plat préféré est l’axoa de veau.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c’est ma motivation. Généralement quand je veux quelque chose je me donne les moyens pour l’obtenir. Et mon plus grand défaut je pense que c’est ma timidité.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je voudrais remercier toutes les personnes qui m’ont présenté la course landaise, tous ceux qui me permettent d’aller sur la piste des arènes, toute l’équipe du Vert-Galant et toute la cuadrilla pour leur aide et leur confiance.

Merci Eliott pour avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons bien sûr la plus belle des réussites dans ce sport que tu découvres. Ta prestation à Gamarde a été appréciée par le public présent... maintenant c'est par ta motivation et ton travail que tu parviendras aux objectifs que tu t'es fixés. C'est ce que nous souhaitons. Suerte pour ton avenir en course landaise.

Fabrice Lafourcade

Mathieu Noguès

MP   Un livre à découvrir   Michel Puzos

Quel bonheur ! Je n'ai pas trouvé d'expression plus sincère et plus expressive pour dire tout le plaisir que m'a procuré la lecture du livre de Fabrice Lafourcade retraçant la carrière de Mathieu Noguès, ce petit mouscardésien qui jouait à l'écarteur avec sa bouée, pour ressembler à papa et à parrain, et qui est devenu en quelques années un surdoué de l'arène, champion toutes catégories en course landaise, sur toutes les figures, devant les vaches nouvelles comme les marraines et les toros.

Mathieu Noguès est le héros de cet ouvrage, personnage déjà légendaire mais pas encore rassasié de défis, de victoires et de trophées.

Connaître donc la carrière d'un tel champion, revivre avec lui ses succès et ses défaites, ses joies et ses moments de doute, voilà qui méritait qu'une belle plume s'y attache. Fabrice Lafourcade l'a fait, brillamment, par la qualité de son écriture, la richesse des anecdotes, la justesse de son regard posé sur ce garçon tantôt 100 000 volts, tantôt sensible, toujours passionné dans ce qu'il entreprend et ce qu'il réalise. Et si Mathieu Noguès n'a plus rien à prouver en tant qu'écarteur, il pense désormais à demain et à ses prochains objectifs, vivre désormais sa passion pour le bétail et son nouveau métier de ganadero.

"Mathieu Noguès Vaincre ou Mourir" tel est le titre de l'ouvrage, presque une devise qui résume parfaitement bien le caractère de l'écarteur, son parcours, son idéal, et sans doute l'exemple qu'il peut donner à tous ces jeunes qui veulent faire carrière en course landaise.

Je vous recommande la lecture de cet ouvrage passionnant et émouvant. Les circonstances n'ayant pas permis comme prévu la présentation de l'ouvrage à Dax puis à Pouillon, vous pouvez le commander aux Edition Passiflore à Dax.

Interview

Fabrice LafourcadeFabrice Lafourcade

Ecrire un livre est un vrai challenge… qu'est ce qui t'a donné cette envie ?

Voici trois ans, j’ai intégré le Comité de Rédaction du magazine La Cazérienne. Au fil des parutions, il m’a été demandé d’aller à la rencontre des acteurs de la piste. J’ai pour eux un vrai respect et je trouve que leur mérite est parfois passé sous silence. Au gré des entretiens, j’ai découvert des personnes sincères, passionnées, mettant leur courage au service d’une tradition gasconne qui chaque semaine fait battre le cœur des coursayres. Je me suis alors demandé s’il ne serait pas intéressant de narrer plus longuement la carrière d’un torero landais. Patrice Larrosa et Francis Poustis, auteurs des préfaces, ont joué un rôle prépondérant en m’encourageant dans cette voie et en me mettant en relation avec Patricia Martinez, responsable des Editions Passiflore. Il est plus facile de se lancer dans un tel projet quand on sait pouvoir profiter des conseils de personnes de confiance, ayant déjà écrit des ouvrages. Abonné à mpcourselandaise, je me souviens aussi d’une discussion avec toi, il y a quelques mois… Tu m’avais alors signifié que l’idée était bonne… 

Pourquoi as-tu choisi comme héros de l'ouvrage Mathieu Noguès, et que souhaitais-tu montrer de lui ?

A mes yeux, il est plus facile d’écrire sur quelqu’un que l’on ne côtoie pas personnellement. Je ne connaissais Mathieu que par ce que je voyais de lui en piste, mais aussi par son histoire souvent reprise dans divers reportages. Pour moi, il incarne les qualités propres de l’écarteur : le courage, le panache, la persévérance. Mon idée était de montrer au public combien le parcours d’un champion de l’arène, aussi titré soit-il, n’est pas toujours souriant. Les moments de gloire n’occultent pas les périodes plus difficiles, à panser les plaies, à digérer les échecs. Mathieu a tout gagné, il arbore un palmarès impressionnant, mais il a aussi parfois souffert. 

Même si l'on connaît le caractère de battant de Mathieu, pourquoi as-tu choisi ce titre très fort "Vaincre ou mourir" ?

Le choix fut relativement rapide car ‘Vaincre ou Mourir’ est la devise qui orne les épaulettes de ses boléros depuis de nombreuses années. Vaincre, car Mathieu est un compétiteur, jamais rassasié, toujours désireux de mieux faire, regardant sans cesse devant lui. Mourir, car il sait bien que les exploits de la piste peuvent endolorir les corps, jusqu’à parfois ôter la vie. En 2001, il était sur les étagères de la plaza dacquoise quand son regretté parrain Jean-Pierre Rachou ne s’est pas relevé d’une tragique tumade. 

As-tu parlé des tes intentions à Mathieu avant de te lancer dans l'écriture ? Si oui comment a-t-il réagi ?

Oui, forcément. Je ne me voyais pas entreprendre un tel projet sans obtenir son entière adhésion. Lorsque je l’ai sollicité, il fut surpris, d’autant qu’on ne se connaissait pas. Mathieu est modeste, aussi s’est-il interrogé : pourquoi lui, plutôt qu’un autre camarade de piste ?

Comment s'est fait le choix des Editions Passiflore pour éditer le livre ?

Comme dit précédemment, Patrice et Francis ont facilité les premiers échanges. Passiflore avait déjà édité des ouvrages sur la course landaise, le premier sous la plume d’Alain Laborde. 120 pages me semblaient suffisantes pour raconter une histoire, tendant vers l’exhaustivité, sans pour autant aller dans les moindres détails et prendre le risque de tomber dans la redondance. Patricia a tout de suite donné son aval. 

Comment as-tu procédé pour écrire ? à partir d'un plan que tu as établi, ou au fur et à mesure de tes rencontres avec Mathieu et de ce qu'il pouvait te raconter ?

J’ai rencontré Mathieu une dizaine de fois. J’avais au départ prévu quatorze chapitres, sur la base de ce que j’avais déjà lu sur lui. Je n’ai pas fouillé inlassablement dans les archives. J’ai préféré revenir sur sa carrière à travers ses souvenirs, revisités avec un peu de recul. Au fil des discussions, j’ai bien entendu apporté des modifications à mes plans initiaux. Par exemple, je me suis aperçu, en explorant son palmarès, que Mathieu avait souvent eu, comme adversaire en compétition, Loïc Lapoudge. Alors je les ai interrogés sur cette saine concurrence et cela a donné lieu à un chapitre spécifique. Des témoignages de personnes ayant joué un rôle majeur dans sa construction viennent compléter ses dires. Mais là aussi j’ai dû faire des choix, pour éviter des redites dans les propos recueillis.  

A quel rythme as-tu travaillé ? Lorsqu'on écrit un simple article, il faut se relire, vérifier que les idées sont clairement exprimées, qu'il n'y a pas de répétition, qu'il y a bien une entrée en matière et une fin… alors pour écrire un livre, n'est-ce pas encore plus difficile ?

J’ai commencé le travail d’écriture au printemps 2019. Je m’étais donné jusqu’à fin octobre pour achever une première mouture à présenter à Mathieu pour vérification et modification. Quelques détails corrigés, il a fallu ensuite choisir des photos représentatives de sa belle carrière. Je remercie Alexia Fasolo, Jean-Marie Crampes, Peio Peyrelongue et Cyrille Vidal pour la mise à disposition de leurs clichés. Puis est venue la période de la relecture, sûrement la plus délicate. On en vient à élaguer des parties du texte jugées trop répétitives, à réfléchir à des synonymes pour des mots trop souvent usités, à se demander quels thèmes importants on pourrait avoir omis de traiter… Fin février, j’ai validé la version définitive, tandis qu’on attendait tous impatiemment la reprise des courses landaises sur nos terres de Gascogne. 

Le challenge est réussi puisque le livre est désormais sorti des presses. C'est je suppose une belle satisfaction ?

Ce sera surtout une satisfaction si le public trouve le livre intéressant, si la difficulté d’une telle passion venait à être démontrée. Tout le monde ne peut pas devenir écarteur landais. Il faut quelques prédispositions et d’indéniables qualités. Ces acteurs de l’arène méritent le respect pour les risques qu’ils prennent, les coups qu’ils endurent et la volonté avec laquelle ils reviennent affronter ces bêtes qui les ont durement châtiés. A seulement trente ans, Mathieu a déjà tout gagné. Un livre lui est consacré. Pour autant son aventure en piste n’est pas terminée. 

Compte tenu des évènements actuels, la présentation n'a pas pu se faire comme cela était prévu (à Dax aux Editions, et à Pouillon), peux-tu nous renseigner sur la sortie de l'ouvrage ? Est-il disponible dès maintenant à la vente et comment peut-on se le procurer ?

Prévue début avril, la sortie du livre est forcément différée, de par la crise sanitaire actuelle. Attendons l’issue de cette période de confinement pour y voir plus clair et le trouver dans les librairies. Pour l’heure seuls des envois postaux, par Passiflore, pour des commandes passées sur son site, sont éventuellement envisageables, mais la patience sera forcément de mise car les délais de distribution par la Poste diffèrent selon les zones de desserte. On aura sûrement l’occasion d’en reparler, et je te remercie pour ton rôle précieux dans la diffusion des informations, tout au long de l’année coursayre. Dans l’attente, ce qui importe est la santé de nos concitoyens et le soutien apporté au plus grand nombre.

Tu as souhaité reverser le produit de la vente du livre à la Mutuelle des Toreros Landais ? Pourquoi ce choix ?

Tout simplement car écrire n’est pas mon métier. Humblement j’ai essayé de rendre un travail convenable. J’espère qu’on excusera les éventuels défauts, puisque c’était pour moi une première. J’ai toujours œuvré dans le milieu associatif, alors il me semblait évident de reverser les droits d’auteur. A l’été dernier, mon choix s’est porté sur la Mutuelle des Toreros Landais, parce qu’elle est un précieux soutien dans les moments difficiles et parce qu’elle concerne tous les acteurs, quels qui soient…

Merci Fabrice d'avoir bien voulu répondre à nos questions. Nous souhaitons un beau succès pour cet ouvrage qui rend hommage à l'un des plus grands acteurs de la course landaise.

Clément Perrin Cassagne

Nous reprenons durant cette période de confinement notre série d'interviews. Merci à tous ceux qui s'y sont prêtés et qui ont donné de leur temps pour répondre à nos questions.

Clément Perrin Cassagne (écarteur à la ganaderia de La Mecque)

Photos : Jean-Claude Dupouy, Elodie Laporte, Maéva Dauga

Clement PerrinClément, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m'appelle Clément Perrin, j'ai 24 ans, j'ai un frère jumeau que de nombreux coursayres connaissent : Romaric, écarteur lui aussi. J'ai un autre frère et une sœur. J'habite à Mont-de-Marsan avec ma compagne et j'exerce le métier de cuisinier dans un hôtel restaurant.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J'ai toujours été passionné par l'art tauromachique, et puis nous avons eu la chance avec Romaric de grandir juste à côté des magnifiques arènes Guy Larrieu à Saint-Gein où l'on aimait s'échapper pour reproduire un petit peu tout ce qu'on avait pu voir quelques jours avant dans les arènes, avec notamment la course des fêtes. 

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis rentré dans une arène pour affronter une vache, c'était à la ganaderia de Maynus, où j'ai retrouvé comme chef de cuadrilla un ami d'enfance, Damien Lucbernet. C’est là où j'ai pu tourner mes premières figures, elles resteront gravées dans ma mémoire. Surtout je n'oublierai jamais ces deux grands yeux noirs qui te fixent et ne regardent que toi.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J'ai toujours voulu écarter, mais là où j'ai pu vraiment prendre une licence, c'est lorsque j'ai eu une opportunité professionnelle pour retrouver un rythme de vie plus calme et pouvoir enfin rentrer dans la Région. C'est alors que je me suis dit : pourquoi pas vêtir enfin le boléro.

Clement PerrinPar quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? Comment se sont déroulés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J'ai directement pris une licence dans une équipe de seconde, à la ganaderia Maynus, cuadria Olivier Barrère. J’ai donc pu m'entraîner avec le bétail ainsi qu'avec l'équipe, et parallèlement je m'entraînais aussi avec l'école taurine. Mes premiers entraînements avec la Ganaderia ne se sont pas trop bien passés, peut-être beaucoup de stress ce qui m'a fait perdre quelques moyens. Mais avec quelques bons conseils et quelques encouragements de l'équipe c'est vrai que j'ai pu progresser, du moins m'améliorer.

Comment as-tu vécu ta première course ?

Ma première course s'est déroulée le samedi 3 mars 2018 dans les arènes de Saint-Gein. J'ai eu la chance de débuter dans une arène que j'affectionne beaucoup, je me suis donc exprimé devant deux coursières, plutôt heureux de faire le premier écart de la course, de continuer avec quelques bons passages, avec du moins bon aussi, et un stress très palpable.

Clement PerrinDepuis que tu écartes as-tu connu la blessure ? 

J'ai connu deux KO en moins d'un an, qui m'ont quand même laissé un petit peu sur le côté durant quelques semaines, mais n’ont en rien entamé ma passion de vouloir écarter. C'est vrai que l’on connait les risques de la course landaise, mais on essaie toujours de se relever pour prendre une revanche.

Comment s'est passée ta saison 2019 ?

La saison 2019, je l'ai vécue dans une nouvelle équipe, celle de La Mecque. La saison s’est bien passée dans l'ensemble, mais toutefois avec un peu d'amertume car je n’ai pas pu m'exprimer autant de fois que je l'aurais voulu, et cela à cause de mes activités professionnelles. Cela a été un petit peu compliqué cette année pour me libérer, et donc je m'en veux un peu de ne pas avoir défendu suffisamment mes nouvelles couleurs.

 

 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Déjà j'espère avoir un peu plus de temps pour faire un maximum de courses. Bien évidemment je veux continuer à progresser, à prendre du plaisir, et pourquoi pas participer à des concours, affronter d'autres équipes et si possible participer au championnat des jeunes en fin de temporada.

Clement PerrinDans quelle catégorie d’écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ?

Je reste très classique, je suis encore sur la longue route de l'apprentissage et je reste un petit peu en retrait. Quand je connaîtrais peut-être un peu plus le métier, je changerai peut-être de style mais pour l'instant j'apprends.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, Vincent Muiras. Bien évidemment tout le monde connaît ses grosses qualités d'écarteur, vraiment un mec sur qui on peut compter, qui aime beaucoup transmettre sa passion. J'aime beaucoup aussi Gaëtan Labaste, solide guerrier qui affronte n'importe quelle vache : ça c'est un atout très polyvalent.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour nous dans le sud-ouest, la course landaise est considérée comme un sport, avec sa préparation physique, ses compétitions... mais elle est plutôt un spectacle pour les néophytes qui viennent sur nos plages à la saison estivale et la découvrent.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?


Avec ce qui se passe maintenant c'est vrai que notre tradition landaise est quelque peu en difficulté, mais je pense que si l'on reste unis comme on a pu le montrer à plusieurs reprises on va réussir à sortir la tête de l'eau.

Clement PerrinA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ? 

L'hiver je chasse, ce qui me prend beaucoup de temps. Je suis aussi un grand passionné de rugby et donc je regarde de nombreux matchs. J'aime également me retrouver avec les copains autour d'une table pour partager un bon repas, un petit peu de spiritueux, mais très léger. J'aime aussi voyager avec ma compagne, on voyage beaucoup, on profite de cette période calme d'hiver pour aller visiter des pays un peu plus chauds, à la découverte d'autres coutumes... c'est vraiment très intéressant.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton émission de télévision préférée ?

Je regarde très peu la télévision. Un film qui m'a marqué c'est Invictus, un film de Clint Eastwood sur Nelson Mandela et la fin de l'apartheid par le sport. Je ne lis pas beaucoup, je préfère écouter de la musique, j'aime bien brancher mon tourne-disque pour écouter quelques vinyles de cette vieille bonne musique française.

Clement PerrinQuelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma bonne humeur et ma générosité me qualifient je crois assez bien. Mon défaut... c'est de ne pas en avoir (Rires

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je voudrais remercier l'équipe de Course Landaise Magazine pour m'avoir accordé cette interview. Je souhaite bon courage à tout le monde dans cette période difficile. Restons tous unis pour faire vivre cette passion qui nous donne tant d'émotion, car ensemble on ira loin.

 

 

 

Merci Clément de nous avoir accordé de ton temps pour répondre à nos questions. Et si les problèmes actuels restreignent en ce moment nos activités et nos sorties, nous espérons pour la suite et pour toi une belle qualité de vie, autour de tes fourneaux, dans les pays lointains avec ta compagne, et bien sûr de belles réussites dans les arènes.

Romaric Perrin

Lucas Bacqueyrisses

La Vidéo de Maxence  Maxence

Xavier Barbieri

A la rencontre de Xavier Barbieri : Michel Puzos    Photos Jean-Claude Dupouy

Avoir dans sa famille deux écarteurs de renommée, les suivre tous les dimanches, l'un depuis l'enfance et l'autre plus récemment jusqu'à son titre de champion de France, comment voulez-vous que Xavier Barbieri n'ait pas hérité de cette passion pour la course landaise comme l'héritier du léopard hérite aussi de ses taches. Nous avons donc voulu savoir qui était Xavier Barbieri, aujourd'hui écarteur au Vert-Galant

Xavier peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Xavier Barbieri, j'ai 19 ans. J'habite à Bats Tursan chez mes parents, je suis fils unique. Je travaille chez Laffite foie gras à Montaut.

Comment as-tu découvert a course landaise ?

Depuis tout petit j'assitais aux courses des villages voisins. J'allais voir aussi mon oncle écarter, Eric Labeyrie.

Comment as-tu débuté ?

J'ai effectué un entraînement avec la ganaderia Vert Galant dans les arènes de Mugron. J'ai tourné une dizaine d'écarts, au premier écart j'ai ressenti un peu de stress mais cela ne m'a pas empêché d'y retourner.

Cette envie d'écarter, tu l'as depuis toujours ?

J'ai toujours eu envie de faire ça, depuis mon plus jeune âge, en plus avec un tonton et un cousin écarteur (Gauthier Labeyrie) ça ne peut que donner l'envie.

Comment as-tu appris à écarter ?

Les entraînements sont les meilleures étapes pour apprendre. Il y a eu du bon et du moins bon dans mes premiers entraînements mais j'étais content de me retrouver là, c'était l'occasion de me tester.

 

 

 

Où as-tu effectué ta première course et comment l'as-tu vécue ?

J'ai effectué ma première course à Souprosse où je n'ai tourné que 2 écarts avec la ganaderia Vert Galant. Je l'ai abordée avec beaucoup de stress et j'étais plutôt déçu de ma prestation au vu de ce que j'avais effectué, mais cela ne m'a pas découragé.

As-tu connu la blessure ?

Je n'ai pas encore connu la blessure, que des "bleus".

Comment s'est passée ta dernière saison ?

J'ai effectué une vingtaine de courses, avec du bon et du mauvais. J'ai encore du travail à effectuer. 

Quels sont tes objectifs pour 2019 ?

J'aimerais participer au championnat des jeunes, mais pour y prétendre il va falloir que je sois plus régulier. En tout cas c'est un but et je vais tout faire pour y arriver. 

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

On verra bien, je n'y pense pas trop actuellement.

 

As-tu des idoles en course landaise ?

J'aime bien tout le monde, mais pour moi ceux qui sortent du lot sont Thomas Marty et Gauthier Labeyrie. Ce sont des garçons complets qui peuvent tourner des deux côtés, et ils ont beaucoup de style.

Pour toi, la course landaise est-elle un sport ou un spectacle ?

Pour moi c'est un sport qui nécessite beaucoup d'aptitudes physiques, et j'espère que l'on gardera ça longtemps.

Pratiques-tu d'autres sports ?

Je ne pratique aucun sport en club. J'aime regarder des matchs de foot ou de rugby. Cet hiver je vais faire du ski et du vélo.

Pour que l'on te connaisse mieux, pourrais-tu nous dire quel est le denier film que tu as aimé, ton dernier livre, l'émission de télévision que tu suis régulièrement, la musique que tu préfères, ton plat favori ?

Le dernier film que j'ai aimé c'est "Fast and furious 8", mon émission télé préférée c'est "Vendredi tout est permis" avec Arthur. Je ne suis pas un grand lecteur, ma dernière lecture c'est "la Cazérienne". En ce moment j'écoute un peu toutes sortes de musiques mais "à nos souvenirs" et les bandas sont mes préférées. Mon plat favori, comme beaucoup je pense c'est l'entrecôte-frites.

Quelle est ta plus grande qualité ? ton plus grand défaut ?

Je pense être aimable... mon défaut c'est que je suis très râleur, je n'aime pas perdre.

Merci Xavier pour nous avoir accordé de ton temps. Nous te souhaitons une belle temporada 2019 au sein du Vert-Galant, bien entouré pour progresser et accéder, comme tu le souhaites, au championnat des jeunes.

Théo Verdié

A la rencontre de Théo Verdié : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga

J'ose dire qu'il fait partie de la bande des quatre, ces quatre jeunes sauteurs qui font leur apprentissage à l'école taurine, sous la houlette de Laurent Martinez. Après vous avoir présenté Bastien, Alexandre et Lucas, voici aujourd'hui le 4ème en la personne de Théo Verdié. Talentueux comme ses camarades, et ayant effectué lui aussi un très joli parcours dans le championnat des jeunes, Théo répond à notre questionnaire.

Théo VerdiéThéo peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Théo Verdié, je suis né le 14 décembre 2002 à Dax, je suis âgé de 16 ans, je vis avec mes parents et ma petite sœur de 13 ans, j’étudie au lycée de Borda à Dax et je prépare mon bac STI2D, pour l’instant je n’ai aucun projet  d’avenir précis.

Comment as-tu découvert la course landaise ?

Depuis mon enfance j’assiste à quelques courses landaises grâce à mon cousin (Lucas Bacqueyrisses) et à mon oncle. Ce sont eux qui m'ont fait partager leur passion pour la course landaise.

Quand es-tu entré dans la piste pour la première fois ? Quels souvenirs et quelles impressions en gardes-tu ?

Mes souvenirs sont flous, mais je suis entré dans l’arène pour la première fois à Dax pour un veau au master des vaches sans corde. La première fois que j’ai pu affronter une vache, cela s’est passé lors du 1er entraînement devant les vaches de l’école taurine à Toulouzette. Pour le premier face à face, j’ai ressenti beaucoup de peur, mais mon premier saut de l’ange s’est bien passé et cela m'a donné confiance.

A quel moment as-tu décidé de devenir sauteur ?

Lorsque j’ai pris la décision de m’engager à l’école taurine, j’ai directement choisi de devenir sauteur, car cela fait pratiquement 10 ans que je fais de la gym, donc ce choix me semblait logique afin d'associer la passion pour la course et mes capacités de sauteur.

 

 

 

Comment se sont passés tes premiers sauts ?

Comme je l’ai évoqué dans la réponse précédente cela fait pratiquement 10 ans que j’effectue de la gym, donc je savais déjà faire les sauts, mais il ne manquait plus qu'à les exécuter au-dessus des vaches. La réalisation de mes premières figures s’est très bien passée, mais je n’ai jamais ressenti autant de stress et de peur de ma vie, c’est une expérience inoubliable.  

Quelle a été ta première vraie course, devant un public ?

La toute première course landaise à laquelle j'ai participé, c’était une démonstration de l’école taurine à Nérac. Lors de ma première Cazérienne j’étais très tendu, mais au cours de la démonstration j’ai commencé à prendre beaucoup de plaisir et à me sentir plus en confiance, grâce en partie aux élèves de l’école taurine qui étaient présents en piste ce jour-là avec moi et qui me soutenaient.

Comment s'est passée ta première saison ?

Pour cette première saison j’ai eu la chance de ne pas avoir de blessure (à part une semaine de repos pour de la fatigue). Cest vrai que je pense fortement à la blessure, mais je me sens capable de  pouvoir surmonter ces blessures si cea arrive un jour, car j’ai déjà été blessé avant de commencer la course, ce qui m'avait obligé d’arrêter le sport pendant 2 ans. Sinon cette saison m'a particulièrement surpris car je ne pensais pas pouvoir finir à la deuxième place du championnat des jeunes, et être récompensé pour le trophée du pays tarusate. Donc je suis fier de cette saison et de mes résultats.

Quels sont tes objectifs pour 2019 ?

Mes objectifs pour la saison 2019 sont de faire le maximum de courses, de prendre du plaisir et peut-être finir 1er du championnat des jeunes. Je m'y emploierai en tout cas.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Pour l’instant je n’y ai pas pensé, à part peut-être un jour faire de la compétition, mais pour l’instant je laisse faire le temps, et je vais me consacrer comme je l'ai dit auparavant à ma prochaine saison.

As-tu des idoles en course landaise ?

Non je n’ai pas d’idole en particulier.

Comment perçois-tu la course landaise, comme un sport ou comme un spectacle ?

Pour moi la course landaise est avant tout un sport car cela nécessite une bonne préparation physique et un esprit de combattant, mais la course est aussi un spectacle, avec du public qui vient nous voir, qui a payé sa place pour cela et donc pour qui il faut donner satisfaction et plaisir.

 

 

A part la course landaise quels sont tes autres loisirs ? Que vas-tu faire cet hiver ?

J’aime le sport dans sa globalité, mais j’aime bien faire aussi la fête de temps en temps. Pendant ces vacances je vais me concentrer particulièrement sur ma préparation physique pour la saison prochaine, aussi sur mes études, et aussi fêter le nouvel an.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, pourrais-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé, le dernier livre que tu as lu, ton émission de télévision favorite, ton plat préféré ?

Le dernier film  que j’ai particulièrement apprécié est «La ligne verte», le dernier livre que j'ai lu était «Eldorado», pour le style de musiques je n’ai pas vraiment de préférence, j’écoute un peu tous les styles. Mon plat préféré, celui que j’apprécie le plus en ce moment est la tartiflette.

Quel est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je vais commencer par mon plus grand défaut, je suis très têtu, mais par contre je suis quelqu’un de généreux et serviable.

MP. Merci Théo d'avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons une belle saison 2019, avec ce bel esprit qui est le tien, et bien sûr on prend date pour le championnat des jeunes.

TV. Merci à vous de m’avoir écouté.

Paul Dussau

A la rencontre de Paul Dussau : Michel Puzos    Photos Jean-Claude Dupouy

Il porte un nom célèbre, il a grandi et vécu au sein d'une grande famille coursayre, au coeur de la course landaise, et le voilà aujourd'hui, un boléro sur les épaules, désireux de suivre la voie des aînés. Paul Dussau est aujourd'hui notre invité et se livre de bonne grâce à notre questionnaire.

Paul DussauPaul, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, j’ai bientôt 17 ans et j’habite à Cazères-sur-l’Adour. J’ai une sœur de 10 ans qui s’appelle Emma. J’ai une copine, et question travail je suis dans la boucherie «Maison Bop» pour apprendre le métier de boucher (qui est d’ailleurs une bonne école d’apprentissage).

Si l'on te demande d'où vient ta passion, on imagine déjà ta réponse...

Oui, ma famille possède une ganaderia, donc on va dire que j’y suis né dedans, et la course landaise a toujours fait partie de mon quotidien. 

A quelle occasion es-tu rentré dans l'arène pour la première fois ?

Je suis rentré dans l’arène pour la première fois pour entraîner un veau, pour des personnes qui voulaient essayer d’écarter. Mon premier contact avec une vache n'a pas été si difficile que ça, même si un coup de patte m’a fait chuter et si elle est revenue sur moi, mais rien de grave.

Quand as-tu décidé de porter le boléro et de devenir écarteur ?

J'ai vraiment décidé de devenir écarteur après avoir prouvé dans l'arène que je pouvais être aussi un gascon qui aimait se confronter à la bête.  

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre à écarter ?

Ma première étape a été celle d’être vacher avec mon oncle Guillaume, pour apprendre à connaître les vaches au champ puis en piste. C'est après cette expérience que j'ai effectué mes premiers essais face à une vache. Mes premiers écarts n’ont pas été du modèle du genre, pas toujours prêts de la bête, quelquefois assez loin même. Mais j'ai insisté, écouté les conseils et j'ai ainsi amélioré mes écarts. 

 

 

 

 

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s’est bien passée avec l’équipe de Nicolas Commarieu et la Ganaderia Dussau. Bien sûr je l’ai vécue avec un peu de stress, comment pourrait-il en être autrement la première fois, mais les copains étaient quand même là pour m’aider, et finalement j’ai quand même abordé ce moment sans me prendre la tête, en me disant qu'il fallait faire de mon mieux et que j'étais là surtout pour m’amuser.

As-tu  connu la blessure ?

Non à ce jour je n’ai connu aucune blessure.  

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 s’est bien passée, avec une belle cuadrilla, des écarteurs solidaires, et dans une bonne ambiance. J’espère revivre la même en 2019.

Quels sont tes objectifs ?

Mes objectifs pour la prochaine temporada c’est bien sûr de m’améliorer, car il y quand même du travail à faire pour cela, et puis faire plaisir aux personnes qui viennent voir les courses. Ce sont là mes deux objectifs principaux. 

 

 

 

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

À vrai dire je ne sais pas, je n'y pense pas, je suis au tout début de mes prestations, je ne me prends pas la tête et je laisserai l’avenir me le dire.

As-tu des idoles en course landaise ?

Non pas spécialement, je vais rarement voir les formelle ou les autres secondes.

Comment vois-tu l'avenir de la course landaise ? La considères-tu comme un sport ou un spectacle ?

Je pense que s’il y a la relève, la course landaise continuera d'exister. Et c’est ça qui est bien, de transmettre cette tradition de génération en génération. Je vois la course comme une tradition bien sûr, mais aussi comme un sport, avec ses qualités physiques indispensables pour la pratiquer.

A part la course landaise, quelles sont tes autres activités ? que vas-tu faire cet hiver ?

Je pense pratiquer le rugby, aller parfois à la palombière avec mon oncle, et aussi aller voir les vaches de temps en temps.

 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, pourrais-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé, le dernier livre que tu as lu, ton émission de télévision favorite, ton plat préféré ?

Le cinéma et la lecture ne sont pas trop mes passions, je regarde un peu tout à la télé, et bien sûr mon plat préféré, c'est celui de beaucoup, c'est l’entrecôte avec des frites et des cèpes.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que mon plus gros défaut est en même temps ma plus grande qualité, je suis tenace, s'il y a quelque chose à faire je ne lâche pas, je pense que c'est une qualité, mais en même temps je suis aussi borné, c’est à dire qu’on peut me donner des conseils, je reste sur ce que je pense.

Merci Paul d'avoir répondu à notre questionnaire. J'espère que ta ténacité et ta passion te conduiront vers une belle carrière, mais avant toute chose, comme tu l'as si bien dit, vers une belle saison 2019, pour améliorer ta technique, te faire plaisir et faire plaisir au public.

Lucas Laferrère

A la rencontre de Lucas Laferrère : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga

Elève de l'école taurine, Lucas Laferrère fait partie des jeunes espoirs dans le domaine du saut. On a pu d'ailleurs le découvrir lors du championnat des jeunes à Estang, laissant entrevoir, alors qu'il démarre à peine une carrière de sauteur, de réelles qualités.  

Lucas, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Lucas Laferrère, j'ai 16 ans, célibataire, j'ai 2 soeurs, j'habite à Donzacq, je suis élève au lycée de Oeyreluy et j'envisage de travailler dans le secteur agricole.

Comment as-tu découvert la course landaise ?

J'ai découvert la course landaise grâce à mon père et mon oncle Yves Hontang, grands coursayres tous les deux.

Quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Après les entrainements à l'école taurine, mon premier contact avec une vache s'est fait lors d'une course dans mon propre village, à Donzacq, au mois de mai 2018, c'est donc tout récent. Tout s'est bien passé, certes j'étais un peu stressé, mais le public m'a soutenu ce qui m'a mis en confiance. 

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

Lorsque j'ai vu pour la première fois les sauteurs dans l'arène, j'ai tout de suité aimé ça et cela m'a donné envie de faire la même chose. 

 

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

Je suis d'abord passé par la gym, depuis l'âge de 5 ans, et j'ai très vite progressé dans les sauts. Cela m'a donné envie de continuer pour atteindre mon but, être sauteur en course landaise, comme ceux que j'avais vus en piste.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est déroulée avec la ganaderia Dargelos en seconde, à Donzacq. C'était très stressant, mais comme je l'ai dit avant, le public chez moi m'a soutenu, tout s'est bien passé, j'ai réussi mes sauts et j'étais très heureux à la fin.

As-tu connu la blessure ?

Oui j'ai connu la blessure, mais cela ne m'a pas découragé, au contraire cela m'a encouragé à travailler plus.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 a été bien remplie, pas mal de courses, avec bien sûr un peu de fatigue mais j'ai tenu jusqu'au bout.

 

 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mon principal objectif c'est de donner le meilleur de moi-même, aussi bien sinon mieux que la saison dernière.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Pour l'instant je n'ai pas d'objectif particulier, sinon travailler plus pour progresser encore et donner le meilleur de moi-même dans les courses auxquelles je participerai. 

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, comme la plupart d'entre nous. Emmanuel Lataste et Guillaume Vergonzeanne sont pour moi des sauteurs que j'admire et qui sont des références. 

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Durant l'hiver je vais aller à la chasse et faire du sport.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je suis serviable, prêt à aider, et mon défaut c'est d'être râleur.

 

Merci Lucas d'avoir répondu à nos questions, et sans doute nos lecteurs auront-ils appris à te connaître un peu mieux. Nous te souhaitons une belle temporada 2019.

 

 

 

 

Viny Philipot

A la rencontre de Viny Philipot : Michel Puzos    Photos Maéva Dauga et Jean-Claude Dupouy

Il fait partie d'une famille de légende, la famille Vis, dans laquelle, depuis Antonio, tous ou presque ont écarté et sauté, écrivant pour quelques uns d'entre eux les plus belles pages de la course landaise. Viny Philipot ne pouvait pas échapper à la règle et il perpétue aujourd'hui cet attachement viscéral à notre tradition taurine. Il répond à nos questions et se dévoile à nos lecteurs.

Viny PhilipotViny, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Viny Philipot, j'ai 17 ans, je suis de Dax, j'ai 5 grandes soeurs et un petit frère. Jusqu'à maintenant j'étais en apprentissage multi service et maintenant nous allons ouvrir une entreprise avec mon père.

Quand on appartient à la famille Vis, il est difficile d'échapper à la course landaise ?

Oui bien sûr, je suis venu à la course landaise grâce à ma famille. Ils ont à peu près tous écarté, et depuis mon plus jeune âge ils m'amenaient aux courses et m'apprenaient l'écart dès que j'ai pu tenir debout. Donc avec une famille comme celle-là il était obligé que j'attrape cette envie d'écarter et de me passionner pour cet art taurin.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première occasion d'entrer dans l'arène, ce fut avec les veaux dans les courses de plage, et c'est à l'âge de 5 ans, avec mon oncle derrière, que j'ai eu ce premier contact avec l'animal. Plus tard, à 12 ans, j'ai eu mon premier contact avec une vache le matin des fêtes de Dax, dans les petites arènes, et à 13 ans à Hossegor pour une course un mercredi. Je dois avouer que pour cette première course j'ai eu beaucoup de stress. Ensuite je suis allé à l'école taurine, mais avec davantage de décontraction car je m'étais entraîné auparavant pour les vaches.

 

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Depuis tout petit c'était mon rêve, d'être un jour dans une arène avec un boléro, le public autour. Je suis donc entré à l'école taurine à 15 ans, avec comme je l'ai dit avant quelques expériences devant les veaux et dans quelques courses, et là à l'école taurine pu j'ai foncer.

Comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J'ai préparé tout cela avec beaucoup d'entraînement l'hiver, un entraînement physique, puis j'ai travaillé ma technique. Mon ressenti après avoir vraiment commencé à écarter ? c'est simple, je voulais tout le temps écarter, j'aurais aimé ne faire que ça tout le temps. Lorsque j'ai effectué mon premier écart, j'avais beaucoup de pression, de la peur même, après le premier écart cette pression s'est relâchée et c'est l'envie qui a pris le dessus.

Ta véritable première course, comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est très bien passée avec l'école taurine à Villeneuve de Marsan, et j'ai même gagné le trophée qui était en jeu, et donc j'étais content. je l'avais abordée avec beaucoup d'envie, à l'écoute des conseils d'Élodie Poulitou et de Christophe Malet qui étaient souvent derrière moi, qui me motivaient comme lors des entraînements de l'hiver, je les ai écoutés et tout s'est bien passé.

As-tu connu la blessure ?

Oui je me suis cassé le coude gauche, mais cela ne m'a pas fait douter, au contraire cela m'a donné encore plus envie de revenir et de réussir. Quand on est écarteur on ne pense pas à la blessure qui peut survenir, cela fait partie du jeu.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 ne s'est pas passée comme je l'aurais voulu, je n'ai pas réussi ce que je voulais faire, je ne me sentais pas trop à l'aise... bref la saison 2018 est à oublier.

Alors quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Pour 2019, une saison sous de nouvelles couleurs, pas de prise de tête, de l'envie, me faire plaisir, faire plaisir au public et aux comités organisateurs qi nous font confiance, et tout le temps rester le même, avec toujours la même envie et de la régularité. Et collectivement remporter tout ce qu'on peut gagner en seconde, et quelques concours pourquoi pas.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Comme beaucoup d'écarteurs, j'aimerais finir une carrière en formelle, avec un bon palmarès. Ce sont mes objectifs pour plus tard et je ferai tout mon possible pour y parvenir.

 

As-tu des idoles en course landaise ?

Je n'ai pas vu mes oncles écarter, ni même Didier Goeytes ou Christophe Dussau et je le regrette. Mes idoles sont donc Mathieu Noguès, Vincent Muiras, ils rappellent les ancien, avec la même rage et la même envie. Ils font rêver, ce sont de vrais guerriers, des exemples... je citerai Gaétan Labaste aussi, avec le même tempérament.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La réponse est compliquée, dans la course il y a du spectacle, et il en faut... mais je dirai avant tout que la course c'est une passion ancrée en nous, que l'on soit en piste ou sur les gradins.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

L'hiver je pratique le rugby. Cette année je me mets à la boxe aussi, je la pratiquais il y a 5 ans. Pour le rugby, pourquoi ne pas être champions de la Nouvelle Aquitaine, et au niveau boxe je vise pourquoi pas les championnats d'Aquitaine... Ce serait bien pour une reprise. A part ça je vais aussi nager un peu.

 

 

 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Côté cinéma je dirai "Taxi". Je ne lis pas beaucoup à part "La Cazérienne". Côté musique j'aime un peu tout, mais surtout les musiques espagnoles et les chansons du moment. Je n'ai pas d'émission télé préférée. Mont plat préféré ? oh plusieurs... je dirai une bonne entrecôte frites ou un bon magret.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Si on a besoin de moi je suis toujours là pour aider, motiver et encourager. Mon défaut je pense que c'est d'avoir la tête dure, un peu tête de mule, je veux toujours faire ce qui me passe par la tête.

Merci Viny d'avoir répondu à notre questionnaire. Nous avons bien compris ta motivation, tes envies, bien dans la lignée de ceux qui t'ont précédé, et sous tes nouvelles couleurs nous te souhaitons de faire briller ton boléro et de réussir une belle temporada.

 

 

 

Mathis Sazi

A la rencontre de Mathis Sazi : Michel Puzos    Photos : Jean-Claude Dupouy

Il vient du Lot et Garonne, de cette région où les Mousquetaires ont donné le sens du devoir et du courage, de cette région aussi qui a donné à la course landaise des écarteurs dont on ne parle pas suffisamment. Mathis Sazi fait partie de ces jeunes talents qui a fourbi ses armes à l'école taurine, avant de se retrouver aujourd'hui en seconde dans la formation Deyris. Mathis nous parle aujourd'hui de sa jeune carrière et de ses ambitions.

Mathis SaziMathis, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour aux lecteurs, j’ai 19 ans et je suis fils unique, je vis actuellement chez mon père à Feugarolles dans le Lot-et-Garonne le week-end et à Blanquefort près de Bordeaux la semaine pour mes études. Je suis donc en deuxième année de BTSA Viticulture-Œnologie à Blanquefort pour reprendre dans quelques années l’exploitation familiale.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J’ai longtemps habité à Calignac près de Nérac, et pendant les fêtes de Nérac il y a toujours eu des courses landaises, et c’est un ami qui m’a amené voir ma première course à l’âge de 13 ans. J’ai tout de suite accroché, nous étions descendus dans la piste pour écarter le taurillon avec plus ou moins de réussite, j’en garde un bon souvenir.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

A l’âge de 16 ans avec ce même ami nous avons écartér la vache amateur d’une course d’été de Nérac, j’ai alors effectué 2 écarts, bien distants de la vache, car voir arriver une vache sur soi c’est très impressionnant la première fois.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

C’est après avoir écarté pour la première fois cette vache amateur, même si j’étais loin d’avoir réalisé de beaux écarts, que cette idée a trotté dans ma tête, car c’est quelque chose d’unique, cette sensation d’adrénaline que provoque la course landaise.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Je me suis inscrit à l’école taurine de la fédération à 16 ans et demi (toujours avec ce même ami) où j’ai appris à correctement réaliser les gestes de l’écart devant une chaise puis devant un karting. Les premières séances avec le bétail se sont bien passées mais j’avais ce gros défaut de glisser sur mon écart. Puis petit à petit j’ai réussi à corriger ce défaut, et ainsi j’ai pu prendre de plus en plus de plaisir à écarter avec toujours cette adrénaline que cela procure.

Comment s'est passée ta première course ? Comment l'as-tu abordée , comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s’est déroulée à Campagne avec l’école taurine, j’avais beaucoup de stress que j’ai eu du mal à évacuer, donc je n’ai pas réussi à faire de beaux écarts, je glissais énormément en tournant. En deuxième partie, après un discours de motivation de la part des moniteurs, j’ai réussi à faire mieux. J’ai donc vécu cette première course avec beaucoup de stress car c’était aussi la découverte du travail de la piste et surtout d’un public qui nous regardait pour la première fois. J’en garde évidemment un bon souvenir.

As-tu connu la blessure ?  Sinon, y penses-tu ?

Je n’ai pas connu de blessures graves, seulement quelques coups mais qui ne m’ont jamais fait louper plus d’une course. On pense toujours à la blessure dans un coin de la tête, car la course landaise reste un sport à risques, mais on sait que cela fait partie du jeu.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 ne s’est pas trop mal passée, je n’ai pas eu de blessures mais j’ai eu beaucoup de mal à démarrer la saison, je ne m'étais peut-être pas assez bien préparé durant l’inter-saison. C’était ma première saison en-dehors de l’école taurine, j’ai donc intégré une nouvelle équipe (Deyris) où j’ai été bien accueilli. Après un début de saison un peu compliqué, j’ai eu du mal à reprendre confiance en moi et j’ai donc été très irrégulier d’une course à l’autre même si j’ai réussi à reprendre confiance en fin de saison.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Pour la saison prochaine, je compte progresser grâce aux conseils de notre nouveau chef de cuadrilla Jérémy Lafitte et réussir à être régulier tout au long de la saison. Je serai également là pour aider les copains en piste pour réaliser une bonne saison d’un point de vue collectif, en faisant plaisir aux comités qui nous accueillent et au public qui vient nous voir.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Dans l’avenir, si j’arrive à progresser comme je le souhaite, à prendre véritablement confiance en moi et à donner du plaisir à ceux qui viennent nous voir, ce sera déjà bien. J’apprécie énormément la seconde car il y a à la fois des courses pointées, des courses qui ne le sont pas et des courses mixtes… ce qui permet de réaliser des spectacles différents durant la saison. Donc je compte bien progresser en seconde et ce qui doit arriver arrivera. Comme tout le monde, je rêve d’écarter un jour au plus haut niveau, mais les places sont chères et cela demande beaucoup d’engagement et de travail.

As-tu des idoles ?

Oui, j’admire les écarteurs comme Mathieu Noguès, Loïc Lapoudge, Christophe Dussau, Thomas Mary et beaucoup d’autres champions, qui m’ont donné envie de revêtir un jour le boléro lorsque je les regardais depuis les gradins.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise est pour moi, à la fois un sport pour les acteurs qui doivent être prêts physiquement pour réaliser une saison complète, et aussi un spectacle car il y a l’animation musicale, le speaker, et un public qui paie s place pour venir voir. Les spectacles avec des taureaux qui sont de plus en plus nombreux depuis quelques années, ils sont sûrement importants pour faire connaître l’art d’écarter ou de sauter mais je pense qu’ils ne doivent pas remplacer la course landaise traditionnelle.

la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J’aime aider mon père durant les vacances ou les week-ends, j’aime également sortir et faire la fête, c’est d’ailleurs pour ça que je suis devenu président du comité des fêtes de Calignac l’hiver dernier, afin d’organiser des fêtes pendant l’année. Cet hiver, je vais me remettre à courir et à faire du vélo pour être prêt physiquement pour attaquer la saison prochaine.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Je ne vais pas souvent au cinéma et je regarde peu la télévision. Je lis seulement La Cazérienne, et niveau musique j’écoute tous les types de musique, je n'ai pas de préférence particulière. Mon plat préféré est l’incontournable magret frites.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité est de savoir être à l’écoute de toutes les remarques qui peuvent me faire avancer. Mon plus grand défaut et de ne pas savoir gérer mon stress même si je ne le montre pas toujours.

Merci Mathis d'avoir répondu à nos questions. Nous te souhaitons bien sûr une belle temporada 2019, beaucoup de réussite, de plaisir à écarter, pour porter au mieux les couleurs de l'aficion lot et garonnaise... et bien sûr toutes nos félicitations pour tes engagements dans le village de Calignac... et pourquoi pas un jour une course à Calignac ? 

Damien Carrère

A la rencontre de Damien Carrère : Michel Puzos    Photos : Jean-Claude Dupouy et collection D. Carrère

Comme beaucoup d'autres jeunes écarteurs, Damien Carrère a baigné depuis son plus jeune âge dans le milieu coursayre. Comment aurait-il pu en être autrement avec un grand-père -José Betous- qui occupait des fonctions importantes au club taurin d'Aignan et au comité de l'Armagnac et qui l'emmenait avec lui aux courses. Damien a donc connu très jeune les arènes et approché les torères. Jusqu'au jour, tenaillé par cette passion, où il est entré sur la piste... dès lors le rêve de porter le bolero ne l'a plus quitté, jusqu'au jour où il est devenu réalité lorsqu'il est entré au pôle espoir. Faisons connaissance avec Damien, un jeune gersois qui monte en puissance.  

Damien CarrereDamien, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Damien Carrère, je suis né le 14 septembre 2001, je viens donc de faire 17 ans. J’ai une sœur Mailen qui a 13 ans, et nous vivons à Aignan avec notre maman, Laetitia Betous. Je suis en terminale au lycée de Nogaro et j’aimerais intégrer l’année prochaine une faculté de droit afin de travailler comme éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse.

Comment es-tu venu à la course landaise ? Comment l’as-tu découverte ?

Passer tout mon temps avec mon grand-père était pour moi très important, et depuis que je suis tout petit, j’aimais aller avec lui le dimanche aux courses landaises l’été, et regarder avec lui des DVD de courses landaises l’hiver. J’aimais quand il me racontait ses souvenirs de courses landaises et je pouvais l’écouter pendant des heures. J’ai donc découvert la course landaise dès mon plus jeune âge grâce à mon grand-père, José Bétous, qui m’a fait partager sa passion depuis que je suis tout petit, en m’amenant chaque dimanche dans les diverses arènes de la région.

A quelle occasion es-tu rentré dans l’arène la première fois ? Comment cela s’est-il passé ?

La première fois que je suis rentré dans une arène, c’était pour un intervillage, chez moi à Aignan. J’ai participé à un jeu dans l’arène avec Tom Capin, j’avais 14 ans. Tom et moi sommes très complices et nous partageons cette même passion. C’est toujours avec lui, et poussé par Thierry, que j’ai fait mes premiers écarts. Le premier contact s'est déroulé devant des veaux, toujours avec Tom, et avec l’encouragement de Thierry Capin. Je prenais toujours beaucoup de plaisir, mais au fur et à mesure je me rendais compte que les jeux ne me suffisaient pas, j’avais envie de passer à autre chose.

Damien CarrèreQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Depuis tout jeune j’ai rêvé de porter le boléro, j’avais ce rêve en tête de devenir écarteur landais. Mais c’est au décès de mon grand-père que j’ai décidé de concrétiser ce rêve, d’une part pour qu’il soit fier de moi, et d’autre part parce que c’est ma façon de continuer à le faire vivre à travers moi, c’est ma façon de combler ce manque cruel et de me rappeler les soirées hivernales à l’écouter me parler de courses landaises, et les dimanches d’été à partir avec lui aux arènes.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre «le métier» d’écarteur, et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Mon premier écart, je l’ai effectué à la ganaderia Dussau, encouragé et poussé par Thierry Capin, et avec Tom. Je me rappelle que c’est Christophe Dussau qui me plaçait. J’en ai effectué 4 ce jour-là, puis j’ai recommencé lors de la ferrade de cette ganaderia. Mais mon rêve de devenir écarteur était lié à celui d’évoluer sous les couleurs de Michel Agruna, car mon grand-père avait une grande estime pour lui et c’était un de ses très bons amis, il m’en parlait si souvent ! Quelques jours plus tard, j’ai donc appelé Michel Agruna pour lui demander si se serait possible d’apprendre avec lui. Michel m’a répondu oui de suite, et m’a demandé de me rendre à Poyanne aux entrainements. J’ai alors rencontré Jean-Marc Lalanne et toute l’équipe auprès de qui j’ai fait chaque entrainement les samedis matin. Mes premières impressions... je me sentais chanceux de pouvoir apprendre avec Jean-Marc et toute l’équipe. J’ai été de suite intégré et ils m’ont tous encouragé et conseillé. J’ai par la suite eu la chance d’intégrer le pôle espoir pour la saison 2018.

Comment s’est passée ta première course ? Comment l’as-tu abordée et comment l’as-tu vécue ?

Ma première course s'est passée à Mazerolles. Louis Ansolabéhère participait à cette course avec nous. J’étais très stressé et très ému de porter le boléro pour la première fois en piste. J’étais motivé et je ne voulais rien râter. Au premier écart je suis pris, je fais un léger KO. Déçu de moi et en colère, il était hors de question de ne pas revenir en piste alors que je touchais enfin mon rêve du bout des doigts. Alors je suis revenu, avec l’accord de Jean-Marc Lalanne et les encouragements du reste de mon équipe. Et ça s'est bien passé.

Ce premier choc ne t'a donc pas découragé, mais penses-tu à la blessure, toujours possible en course landaise ?

Je n’ai pas connu de vraie blessure, seulement des chutes. Mais je sais qu’à chacune de mes chutes et après la tumade de Mazerolle, ma seule envie était de revenir, de revenir et de faire mieux. Je refuse de me décourager bien au contraire. Pour moi, lorsque l’écart est beau, la victoire est pour l’écarteur, lorsque la tumade est là, la victoire est pour la bête. C’est un jeu, un vrai duel, et même si la douleur est forte il faut revenir, ne pas abandonner son équipe. La blessure, bien évidemment j’y pense, mais elle fait partie du sport et c’est toujours le risque.

 

 

 

Comment s’est passée ta saison 2018 ?

Mon début de saison a été compliqué car je ressentais une énorme pression et j’avais trop de stress. J’ai eu l’honneur d’écarter à Mugron avec les anciens écarteurs du pôle espoir et ils ont été d’une extrême gentillesse, me prodiguant de précieux conseils et tentant de me rassurer. Je pense qu’à partir de ce moment-là j’ai réussi à me libérer un peu en essayant de mettre en œuvre leurs conseils et en me rappelant leurs paroles bienveillantes. C’est finalement à Séméac que je me suis totalement «lâché» pour après terminer la saison au Houga correctement.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Pour la saison prochaine, mes objectifs sont de continuer à progresser et d’apprendre encore et encore. Mon but est de me faire plaisir et de transmettre ce plaisir au public.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J’essaie de ne pas trop réfléchir à mon avenir en course landaise, je veux simplement y aller doucement mais sûrement. Je veux vivre chaque saison avec un plaisir intense. Cependant, comme tout écarteur, je rêve de participer à des compétitions officielles et d’accéder à la formelle lorsque mon ganadero et mon chef de cuadrilla me sentiront prêt. Pour le moment, je me concentre sur la saison qui arrive.

 

As-tu des idoles ?

Bien sûr. Ma première idole reste Michel Agruna, pour sa carrière, sa passion qu’il sait transmettre et partager, son amour du bétail. A chaque repas, je prends plaisir à l’écouter, et c’est un homme qui a toujours un mot pour nous avant les courses. J’ai également une grande admiration pour Christophe Dussau, pour son exceptionnelle carrière. Mathieu Noguès fait également partie de ces acteurs que j’admire, pour son tempérament de guerrier et la qualité de ses écarts.

Comment vois-tu l’évolution de la course landaise (sport ou spectacle) ?

A mon avis, la course landaise est à la fois un sport et un spectacle. Un sport car il faut une certaine condition physique pour pouvoir appréhender les blessures et les chutes, mais également un réel spectacle, car auttant l’écart que le saut sont de réelles figures artistiques. Il faut soigner sa présentation, son style, garder le sourire en toutes circonstances et n’avoir en tête que le but de faire plaisir au public. Malheureusement il me semble que de moins en moins de jeunes s’intéressent à la course landaise, et c’est un peu le rôle de chacun d’entre nous, acteur et public, de promouvoir nos traditions et de les transmettre. Son avenir n’est pas en péril car c’est une tradition ancestrale qui perdurera. A nous de faire ce qu'il faut pour cela

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d’intérêts, que vas-tu faire cet hiver ?

Je suis au lycée donc je dois me concentrer sur mes études, car je passe mon bac à la fin de l’année. En dehors de mes études je joue au football à Aignan en sénior, et je viens de rejoindre le club de fléchettes de mon village. Cet hiver je vais donc continuer ces deux activités et aider ma mère dans son entreprise. Je vais également m’entrainer avec «la chaise» comme cela est conseillé par Jean-Marc Lalanne.

Pour que l’on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé, le dernier livre que tu as lu, la musique ou les artistes musicaux que tu aimes, ton émission de télévision préférée ?

Le dernier film que j’ai aimé est «fast and furious 8». Mon dernier livre est «les grands procès du 20ème siècle». Ma chanson préférée est «L’encantada» de Nadau, c’était également la chanson préférée de mon grand-père, et celle avec laquelle il a quitté l’église pour ses funérailles. Cette chanson me touche particulièrement. Sinon j’aime un peu tous les genres musicaux. Je ne regarde pas beaucoup la télévision mais j’aime regarder les sports en général et les documentaires type «enquêtes d’action», «enquêtes criminelles» ou encore «Pascal, le grand frère». Niveau nourriture, je ne suis pas très compliqué mais j’avoue avoir un penchant pour les pâtes carbonara.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

C’est très compliqué de se trouver des qualités, je pense que ma principale qualité est de toujours me donner à fond dans ce que j’entreprends, j’ai donc un côté perfectionniste. Quant à mon principal défaut c’est d’être râleur et mauvais perdant.

"Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine" disait Montaigne... je crois que Damien, au travers de ses réponses, possède ces deux qualités. Un garçon en tout cas bien de son temps, qui allie avec bonheur ses études et ses passions, qui se nourrit de ce que les autres peuvent lui apporter et qui essaie d'en tirer le meilleur profit. Merci Damien de nous avoir accordé cette interview. Nous te souhaitons bien sûr une belle temporada 2019, et je suis sûr que José veille sur toi et t'encourage à la réussite.

Théo Dupouy

A la rencontre de Théo Dupouy : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga et Jean-Denis Clavé

Elève de l'école taurine, Théo Dupouy a participé au championnat des jeunes à Estang. C'est là sans doute que beaucoup de tauromaches l'ont découvert. Théo répond aujourd'hui à nos questions et raconte sa passion pour la course landaise.

 

Théo, peux-tu te présenter aux lecteurs de "Course Landaise Magazine

J’ai 17 ans, une copine, 3 frères, j’habite à Vielle-Tursan quand je suis chez ma mère, et à Horsarrieu quand je suis chez mon père, je prépare un CAP pour devenir peintre carrossier.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Etant plus jeune j’allais aux courses à Vielle-Tursan, j’aimais ça et plus tard je regardais tout le temps des vidéos de course, cela m’attirait énormément.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

Depuis plusieurs années je vais à la course des cuisinières à Hagetmau avec mon père pour courir devant les taurillons. Il y a 3 ou 4 ans je suis descendu pour faire mes premiers écarts devant une petite vache, j’ai eu peur mais c’était sympa.

Theo DupouyQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’ai beaucoup de copains écarteurs ou sauteurs et j’avais envie de faire partie de ce milieu. J’en ai parlé à mes parents qui ont donneé leur accord, et donc je me suis lancé.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

En début de saison je me suis inscrit au pôle espoir, on a commencé par du physique (dur) et ensuite on a travaillé avec la chaise, la bouée, j’ai fait quelques écarts avec une vache. Beaucoup de mes copains étaient à l’école taurine, je les ai rejoints en Janvier et c’est là où j’ai vraiment commencé à écarter. J’avais peur, peur aussi de pas y arriver, mais finalement ça s’est bien passé, j’ai adoré, il me tardait le vendredi soir pour aller à l’entrainement. J’ai suivi les conseils des éducateurs qui m’ont fait progresser, ils sont super, il y a une super ambiance.

Comment s'est passée ta première course ?

Ma première course s’est déroulée à Nérac avec l’école taurine. J’avais la trouille, le stress du premier paséo, mais dès le premier écart fait, ça allait mieux et la suite a été correcte.

As-tu connu la blessure ?

J’ai eu la chance de ne pas avoir de blessures à part une foulure du poignet lors d’une chute à l’entrainement, j’évite d’y penser, mais elle restequand même toujours dans un coin de ma tête. Sinon à part 2 ou 3 accrochages, rien de bien grave, pourvu que ça dure...

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Pour moi que du bonheur, une première saison remplie avec 18 courses et une participation au championnat des jeunes à Estang, avec des belles courses et d’autres décevantes, mais dans l’ensemble beaucoup de plaisir, vivement la saison prochaine !

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Je viens de me réinscrire à l’école taurine pour une deuxième année, pour apprendre, progresser, avec forcément l’envie de reparticiper au championnat en fin de saison, j’espère que la saison sera aussi remplie que celle qui vient de finir.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Mon avenir pour l’instant est lointain, je prends les courses les unes après les autres, je ne me projette pas. Au fond de moi-même, forcément c’est d’arriver en haut, le rêve je pense de tous.

As-tu des idoles en course landaise ?

Je n’ai pas spécialement d’idole (à part peut être Bastien Meunier... rires), j’apprends de tous, j’apprécie tous les acteurs de la course landaise.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je pense que la course est à la fois les deux, sport et spectacle, cela dépend de quel côté de la barrière on se trouve. Il faut une bonne condition physique, surtout l’été quand il fait chaud, mais je trouve que cela reste un spectacle magnifique quand on n'est pas en piste, on voit des choses superbes tous les jours, réalisées par de grands acteurs.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J’aime la chasse, j’y vais avec mon père, je dois m’inscrire pour passer mon permis, sinon je n’ai pas forcément d’autres loisirs.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Le cinéma n’est pas mon truc, et la télé non plus, je regarde davantage les vidéos et les actus courses sur internet. Quand au dernier livre que j’ai lu ??? il ne m'a pas laissé de grands souvenirs. Concernant mon plat préféré, je n’en ai pas un en particulier, j’aime tout, je ne suis pas difficile.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Comme qualité, je pense être sociable, et comme défaut je suis râleur.

Merci Théo d'avoir participé à nos interviews de l'hiver. Nous te souhaitons bien sûr une belle temporada au sein de l'école taurine, mais sans doute aussi avec d'autres équipes qui feront apel à toi. Et bien évidemment nous croisons les doigts pour le championnat des jeunes.

 

 

 

 

Lucas Larrieule

A la rencontre de Lucas Larrieule : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga

Après Maxime Goeytes, Bastien Lalanne, Jean Ducassou, Quentin Martinez et bien d'autres, c'est un autre fils de torère qui est entré dans l'arène, avec la même envie et la même passion que le paternel, et qui nous raconte ses débuts en course landaise et son itinéraire. Ecarteur à la Ganaderia de La Mecque, Lucas Larrieule répond à nos questions et se dévoile à nos lecteurs. 

Lucas, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Lucas Larrieule, j’ai 21 ans. J’ai une demi-sœur de 13 ans qui s’appelle Naïa, et un demi-frère de 23 ans, Louis Giacomin. J’habite à Mazerolles chez ma mère et Saint-Gein chez mon père. Je suis actuellement en BTS Système Constructif Bois et Habitat au lycée Haroun Tazieff a Saint-Paul les Dax pour travailler dans la charpente.

Comment as-tu découvert la course landaise ?

Je suis la course landaise depuis mon plus jeune âge, je peux dire même depuis mes 1 an, dès le moment où mon père, Olivier Larrieule, a commencé à écarter. Ma famille m’a toujours amené sur les gradins pour le voir, et quand il n’écartait pas on partait voir les autres équipes.

A quel moment ou à quelle occasion es-tu entré sur la piste pour la première fois ? 

Je suis entré dans l’arène à l’âge de 17 ans à Saint-Gein, lors d’une démonstration pour les fêtes du printemps. Tout s’est très bien passé puisque j’ai effectué deux écarts sur la feinte et un écart sur le saut face à une vache de Cathy Agruna.

Est-ce que c'est cette première approche qui t'a convaincu de porter le boléro ?

J’ai vraiment pris la décision d’écarter en toute fin de saison 2015 après avoir fait deux nouveaux écarts pour le téléthon de Maurrin, où j’ai connu d'ailleurs ma première « tumade » avec la patte avant de la vache. C’est à partir de ce jour où j’ai vraiment pris ma décision.

Dans quelle équipe as-tu effectué tes premiers pas officiels ? 

J’ai commencé chez Béarn Armagnac. Mes premiers essais devant les vaches de Raymond Descamps se sont bien passés, bien que les premiers coups sont assez vite arrivés. Mais j’étais quand même heureux d’être en piste et je prenais du plaisir.

Comment as-tu vécu ta première course ?

Ma première course avec Béarn Armagnac s’est très bien passée. J'ai tourné ce jour-là 25 écarts, donc une bonne première pour moi. J’y suis allé comme pour mes premiers entraînements, c’est à dire avec l’envie de me faire plaisir, même si le stress était plus important,  par rapport au public présent sur les gradins et le fait que c’était ma première course officielle.

 

 

 

Tu nous as parlé des premiers coups, pas de réelle blessure à ce jour ?

Je n’ai jamais connu de grosse blessure. Pour l’instant ce ne sont que des entorses ou quelques bleus sans gravités. Pourvu que ça dure !! 

Que penses-tu de ta saison 2018 ? 

Ma saison 2018 s’est bien passée aussi dans ma nouvelle équipe à la Ganaderia de La Mecque. J’ai pu, petit à petit, reprendre confiance en moi et me faire plaisir tout au long de la saison, même si la régularité n’a pas toujours été au rendez-vous.

Quels sont tes objectifs pour la saison prochaine ?

Pour la saison prochaine, mes objectifs sont les mêmes que cette saison, c’est à dire de continuer à travailler pour progresser le plus possible, me faire plaisir en piste et essayer de faire plaisir au public un maximum.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je ne regarde pas trop loin en ce qui concerne mon avenir, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se passer en course landaise, je vais me concentrer sur la saison qui vient. Même si dans un coin de ma tête je garde l’idée d’aller le plus loin possible et pourquoi pas monter en formelle un jour. Je crois que c'est l'ambition de tous les torères. 

As-tu des idoles ou des écarteurs qui t'ont marqué et que tu admires ?

Il y a beaucoup d’écarteurs que j’admire et que j’adore regarder en piste, mais ces dernières années celui qui m’a le plus marqué c’est Mathieu Noguès. C’est un écarteur solide, capable d’écarter n’importe quelle vache et avec un mental d’acier, comme il l’a encore montré cette année au championnat de France. Je me régale vraiment à la voir évoluer en piste.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ? 

Même si il y’ a de la compétition, je vois davantage la course landaise comme un spectacle. Quand les gens viennent assister à une course, ils ne se disent pas « j’espère qu’il vont faire des points » comme un supporter dirait « j’espère qu’ils vont gagner ». Ils viennent simplement pour voir un spectacle qui leur donne de l’émotion, et avec tout ce qu'il y a autour, notamment la musique.

 

A part la course landaise, quels sont tes autres loisirs ? 

A part la course landaise je joue à la banda Los Divinos de Grenade-sur-l’Adour quand je n’ai pas course, et je joue au foot à Maurrin l’hiver. Sinon je pêche un peu quand j’ai le temps.

Afin que l'on te connaisse un peu mieux tes goûts, peux-tu nous dire quel est ton dernier film préféré, le dernier livre que tu as lu, la musique de ton choix et le plat dont tu te délectes ? 

Le dernier film que j’ai aimé est "Jumanji". Le dernier livre que j’ai lu c’est la Cazérienne (rires). Je n’ai pas de préférence pour les musiques, j’écoute un peu de tout. Mon plat préféré : entrecôte frites.

Quelle est ta plus grande qualité ? ton plus grand défaut ?

En ce qui concerne la plus grande qualité je pense que je suis très sociable. Mon plus grand défaut c’est d’être assez impulsif.

Merci Lucas de t'être prêté de bonne grâce à ce questionnaire, tes réponses auront sans doute permis à nos lecteurs de mieux te connaître, de mieux cerner ta personnalité. Nous te souhaitons bien sûr une très belle temporada 2019, toujours autant d'envie et de plaisir à être dans la piste. Et puis, peut-être suivras-tu les traces d'un certain Olivier Larrieule, ce sont tous les voeux que nous formulons à ton encontre.

 

Alexandre Bay

A la rencontre d'Alexandre Bay : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga - Jean-Claude Dupouy

Il était lecteur de "Course Landaise Magazine" (il l'est toujours) et c'est par ce biais que je connaissais ce jeune hagetmautien. Ce fut une belle surprise de le retrouver à l'école taurine, en tant que sauteur, et de le découvrir ensuite lors de la présentation à Castel-Sarrazin, et bien sûr lors du championnat des jeunes. Depuis un malheureux "face à face" comme il le dit lui-même, jusqu'à son championnat, quelle belle évolution, quel joli parcours ! Nous avons voulu savoir qui était Alexandre Bay, ce passionné de course et de sauts, et nous vous invitons à faire sa connaissance.

Alexandre, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Bonjour à tous, je m’appelle Alexandre Bay, j’ai 16 ans, j’ai une soeur de 18 ans et j’habite à Hagetmau. Je suis actuellement en Première ES (Économie et Social) au lycée Gaston Crampe à Aire sur l'Adour.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J’ai découvert la course landaise grâce à mon père qui m’a offert 2 DVD (Art&Courage et la Nuit du Toro) quand j’étais petit... et j’ai de suite accroché à la lecture de ces DVD ! Suite à ça, je lui ai demandé de m’amener aux courses de plus en plus souvent, jusqu’à y aller presque tous les dimanches.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré dans l’arène pour la toute première fois pour aller devant un petit veau lors des fêtes de Serreslous où j’ai réalisé mes premiers écarts. Mon premier contact avec une vache s’est fait dans les arènes de Toulouzette en ce début de saison, lors de la première séance d’évaluation de l’école taurine où je m'étais inscrit en tant que sauteur. Ce premier contact s’est plutôt mal passé. Lors de mon deuxième saut, j’ai pris mon appel trop tard et j’ai pris la vache de plein fouet, ce qui m’a valu 3 semaines d’arrêt avec 2 gros hématomes aux cuisses et une entorse à la cheville.

Est-ce que cela t’a un peu découragé ou pas du tout ? Sinon, y penses-tu ?

Comme je l’ai dit précédemment lors du premier entraînement de l’école taurine à Toulouzette je me suis fait prendre en « face à face » par une vache de la ganaderia de Maynus. Mais cette tumade ne m’a pas du tout découragé, au contraire elle a renforcé mon envie et ma détermination d’y arriver.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

J’ai vraiment décidé que je voulais sauter lors de l’inscription de l’école taurine il y a 2 ans, où je me suis rendu compte que mon rêve pouvait devenir réalité.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre à sauter ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Depuis tout petit je fais de la gymnastique aux Preux de Saint-Girons à Hagetmau, ce qui m’a permis d’acquérir les bases et la technique des sauts de course landaise. Par la suite c’est Laurent Martinez notre moniteur à l’école taurine (qui s’occupe des sauteurs) qui m’a permis de me perfectionner. Mes premiers essais se sont déroulés lors de la ferrade de la ganaderia de Maynus, où j’ai sauté mon premier veau. Cela s’est plutôt bien passé. Mes impressions étaient plutôt bonnes, j’ai apprécié l’adrénaline qu’apportait ce moment.

Comment as-tu abordé ta première course ? comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s’est déroulée du côté de Pouillon lors de la course de l’avenir avec mes collègues de l’école taurine et le bétail de Jean-Louis Deyris. Je l’ai abordée avec beaucoup de pression et de stress, mais une fois le premier saut effectué, tout est redescendu, j'ai retrouvé de la sérénité et tout s’est très bien passé. J’ai donc très bien vécu cette première course, c’était la première fois qu’il y avait du public pour nous voir, une musique, un speaker et surtout la première fois que j’étais habillé en tant que sauteur dans une arène. Cela reste un grand souvenir pour moi.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 s’est très bien déroulée. J’ai fait un peu plus de 25 courses, ce qui pour moi est très bien pour une première année, sachant qu’au début des entraînements de l’école taurine je ne faisais que des sauts de l’ange, puis vers la fin des séances entraînements, j’ai réalisé le saut pieds joints, et lors de la présentation de l’école taurine, le 1er juin à Castel-Sarrazin, j’ai réalisé mon premier saut périlleux... qui s'est soldé par une grande réussite. J’ai eu la chance de faire des courses avec la plupart des formations de seconde ce qui m’a permis d’avoir beaucoup de conseils, ce qui est toujours profitable.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs pour la saison 2019, c'est d'abord me faire plaisir, tout en faisant plaisir aux comités organisateurs ainsi qu’au public qui vient nous voir, et ensuite c'est de continuer à progresser.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je ne sais pas trop, seul l’avenir nous le dira. On sait néanmoins qu’il manque de plus en plus de sauteurs, alors j’espère qu’avec mes 3 collègues de l’école taurine, en fin de saison prochaine, nous aurons de la place dans les cuadrillas. Tant que je prends du plaisir à sauter je ferai le maximum pour réussir.

As-tu des idoles en course landaise ?

Depuis tout petit mon idole est Louis Ansolabéhère. C’est lui en particulier qui m’a donné l’envie de sauter. J’ai eu la chance de participer à 2 courses cet été où il était en piste avec moi, et je le remercie de tous les conseils qu’il m’a apportés !

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

L’évolution de la course landaise, je la vois plutôt de façon positive grâce à toute la médiatisation qui est mise en place, avec notamment "Course Landaise Magazine", Brindis, la Cazérienne, etc... Grâce aussi aux initiations dans les écoles. Côté sportif, je la vois évoluer vers la qualité, les sauteurs par exemple ont un niveau de plus en plus élevé.

 

 

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Je pratique la gymnastique, et je vais régulièrement courir. Je pratique aussi la trompette à l’harmonie d’Hagetmau. Cet hiver je vais bien me préparer pour la saison 2019, mais auparavant je vais prendre un mois et demi de pause où je vais un peu oublier la course landaise pour pouvoir souffler et sortir avec mes amis.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Le dernier film que j’ai apprécié c’est « Jacqueline Sauvage », le dernier livre que j’ai lu est « L’étranger » d’Albert Camus (demandé par mon professeur de Français), sinon je lis la Cazérienne et le journal Sud-Ouest, j’écoute beaucoup de musique actuelle ou des musique de bandas. Mon plat préféré est l’entrecôte frites. L’émission de télévision que j’aime est la série « Demain nous appartient » sur TF1.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité, je dirai que c’est ma générosité, et mon plus grand défaut c'est que je suis têtu.

Merci Alexandre d'avoir joué le jeu de ce questionnaire pour que nos lecteurs te connaissent mieux.  Être têtu pour parvenir aux objectifs que l'on s'est fixés n'est pas un défaut, et tu nous l'as déjà prouvé au cours de ces derniers mois. Nous te souhaitons une belle temporada 2019, et bien sûr, comme pour tous les autres torères que nous avons interviewé, Course Landaise Magazine aura un regard tout particulier sur ton parcours prometteur. MP  

Lucas Bacqueyrisses

A la rencontre de Lucas Bacqueyrisses : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga - Peio Peyrelongue

Comme la plupart des jeunes torères, Lucas Bacqueyrisses a découvert la course landaise alors qu'il était tout jeune. Le virus ne l'a pas quitté, jusqu'à ce qu'il puisse entrer à l'école taurine et se former aux rudiments de l'art taurin landais. Sa première année a démontré tout son potentiel, et ses premières courses, au contact de diverses ganaderias et cuadrillas, lui ont permis de forger son expérience. Le voilà prêt pour une seconde année, plein d'envie et d'espoirs. Lucas nous raconte son parcours.

Lucas peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Lucas Bacqueyrisses, je suis né à Dax le 26 janvier 2003, j’ai donc 15 ans et je vis avec mes parents, j’ai 1 frère de 10 ans, je suis actuellement en bac pro commerce et je voudrais monter ma propre boulangerie-pâtisserie.

Comment as-tu découvert la course landaise ?

Je suis venu à la course grâce a mes parents qui m’ont amené voir une course à l’âge de 3 ans, et cela m’a de suite plu. C’est aussi grâce à Jean-Claude Severin qui me faisait défiler à toutes les courses de Pomarez. Et puis j’ai appris à connaître le bétail avec Christophe Lacoste qui m’emmenait dans ses parcs pour voir ses vaches.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

Je ne sais plus où exactement je suis entré la première fois dans une arène, mais je me souviens que cela s’était très bien passé. Mon tout premier écart devant une vache s’est effectué à Toulouzette, cela s’était moyennement passé car comme disent certains «j’ai acheté du terrain».

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’ai toujours voulu faire ça, mais ce qui m’a le plus engagé dans cette discipline c’est mon titre de champion du petit veau au pays basque à Saint-Pée sur Nivelle gagné à l’âge de 8 ans, ça donne déjà des ailes.  

Quel a été ton choix pour débuter ? 

Quand j’ai eu 15 ans j’ai décidé d’aller m’inscrire à l’école taurine. Mes premiers essais ont été moyens, j’ai vécu cela avec beaucoup d'appréhension et de stress

 

 

Comment s'est passée ta première course ?

J’ai eu la chance de faire ma première course avec la formelle de l’Armagnacaise, dans les arènes de Saint-Loubouer, à l'occasion des fêtes de Classun. 

J’ai abordé cette course comme un entraînement, malgré le public présent, et cela s’est très bien passé, j’ai savouré tous ces petits moments.

As-tu connu la blessure ?

Oui j’ai connu la blessure, à Peyrehorade, avec une entorse aux cervicales. J'ai été arrêté 3 semaines, mais cela ne m’a pas du tout découragé, j’ai voulu repartir tout de suite.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

J’ai passé une assez bonne saison malgré quelque petites tumades qui se sont accumulées, et je remercierai les ganaderos Christophe Lacoste et Jean-Louis Deyris, et leurs cuadrillas respectives, de m’avoir permis d’écarter avec eux et de m’avoir si bien accueilli. Je suis assez content de ma saison car j’ai pu faire d’excellentes courses... mais aussi des courses assez moyennes, et c’est pour cela qu’il va falloir se remettre au boulot dès maintenant pour travailler et corriger tous les petits défauts.

 

 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mon premier objectif est de me faire plaisir, de faire plaisir au public, à tous les comités et aux ganadères qui nous appellent et nous font confiance, et pourquoi pas participer au championnat des jeunes, et aller le plus loin possible.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je ne sais pas du tout. Je vais me consacrer à ma 2ème année d’école taurine, et puis on verra bien à la fin de la saison.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, Christophe Dussau, tout le monde voudrait avoir sa carrière. Pour moi c’est le maître de l’écart. Aprés il y a Mathieu Noguès et Vincent Muiras qui sont des guerriers, ils prennent une sévère tumade mais ils repartent, et c’est cela qui fait tout le charme de ce sport. J'aime aussi Benjamin de Rovère pour ses feintes, il faisait passer les coursières dans le creux de ses reins.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Il y a beaucoup de spectacles maitenant, cela médiatise beaucoup la course landaise, et c’est très bien, mais il ne faut pas perdre l’authenticité de la course landaise. Pour moi la course landaise reste un sport assez physique où il faut une vraie préparation physique pour tenir toute la saison.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Je chasse le canard, et cet hiver je vais continuer à m’entraîner et aller à la chasse pour me ressourcer.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Le dernier film que j’ai aimé c'est "fast and furious 8". J’aime tous les styles de musiques. Mon plat préféré est l’entrecôte-frites, un classique d’ici. Je lis essentiellement la Cazérienne. Je n’ai pas d’émission de télévision préférée en particulier.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est que je suis serviable, dès qu’il y a besoin je suis là. Et mon plus grand défaut c’est que je suis râleur et perfectionniste, j’ai toujours besoin de retoucher quelque chose car pour moi ça ne va jamais.

Merci Lucas d'avoir répondu à nos questions. Nous te pardonnerons ton caractère râleur, de n'être jamais content de toi, dans la mesure où tu recherches toujours la perfection. Ce n'est qu'à ce prix-là qu'on réussit vraiment. Nous te souhaitons de bonnes parties de chasse cet hiver, de bons entraînements, et nous te donnons rendez-vous lors de la reprise des cours de l'école taurine.

Thibault Lamarque

A la rencontre de Thibault Lamarque : Michel Puzos    Photos : Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga 

Un parrain de choix, une initiation convaincante à l'école primaire, un oncle qui participait aux toro-ball... comment voulez-vous que Thibault Lamarque n'attrappe pas le virus de la course landaise ? Ecarteur au Vert-Galant, plein de promesses, Thibaut nous raconte son parcours, lève le voile sur sa personnalité et nous fait part de ses projets.

Thibault, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Thibault Lamarque, j’ai 18 ans depuis le 26 octobre, j’habite à Goos avec mes parents et ma sœur. Par rapport aux études j’ai fais un BEPA et un BAC pro au lycée agricole à Mugron et donc aujourd’hui je suis en phase d’installation sur l’exploitation familiale avec mon père.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

Je suis venu à la course landaise avec Fabrice Laurède, c’est lui qui m’a lancé et appris beaucoup de choses, j’ai découvert la course à l’école primaire quand j’étais encore tout petit grâce à une intervention dans ma classe d'Emmanuel Lataste.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

Etant donné que mon oncle faisait les toro-ball l’été, j’y allais souvent avec mes parents, et à chaque fois je descendais dans l'arène pour les petits veaux. Mais mon premier contact avec une vache s'est passé lors d’une course des fêtes de Téthieu en 2015, j’avais effectué alors 2 écarts sur la vache amateur, et depuis ce jour-là l’envie d’écarter ne m’a plus quitté.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?  

Depuis tout petit je voulais écarter, chez moi j’écarte mes chiens, mais c’est vrai que depuis les 2 premiers écarts face à une vache à Téthieu j’ai voulu tout de suite commencer à écarter, disons plus souvent et plus sérieusement.



Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais ?

On va dire que je n’ai pas eu le « parcours habituel », j’ai commencé directement en seconde au Vert-Galant, avec Fabrice Laurède, et très vite j’ai réussi à m’intégrer et faire ma place. Après il a fallu que j’apprenne que, en course, il ne fallait pas seulement écarter, il y avait aussi le rôle de second à assumer, les cordes à ramasser etc... mais dans l’ensemble tout me plaisait et tout s’est bien passé.

Comment s'est passée ta première course ?

Ma première vraie course a donc été la présentation avec le Vert-Galant,  avec un peu de pression car c’était une première pour moi, et surtout elle se déroulait dans les arènes de Gamarde les Bains (j’étais le voisin). J’ai réussi à sortir quelques écarts propres et à la fin de la présentation j’étais plutôt content de moi. 

 

 

 

As-tu connu la blessure ?

La blessure en course landaise, je vais dire que oui, mais pas des « grosses » à part un mauvais passage avec des côtes douloureuses... Sinon j’ai déjà connu deux fois la grosse blessure en jouant au basket, deux fois les ligaments croisés du genou droit, et bizarrement après ça, je me dis que la blessure fait partie du jeu, et que si elle doit arriver elle arrivera. Mais pour autant cela ne m’a jamais découragé, on dit souvent qu’on revient plus fort après.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?  

Ma saison 2018 ? en dessous de ce que j’espérais, un début compliqué avec des blessures qui se sont un peu enchaînées jusqu’au début août... donc le temps de se réveiller et de se remettre dans le droit chemin on était déjà au championnat des jeunes. Hélas mon championnat s'est déroulé comme ma saison, en demi-teinte, mais on ne perd jamais espoir, on apprend. 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs pour la saison prochaine vont être les mêmes que cette année, progresser encore plus, me donner à fond à chaque course pour faire plaisir aux comités, montrer de quoi je suis capable et aller chercher une revanche en fin de saison pour essayer de ramener un titre.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je suis un compétiteur dans les deux sports que je pratique, donc je ne vais pas cacher que la formelle m’intéresse... mais pour le moment je suis en seconde et la formelle c’est une marche au-dessus et donc il faudra du boulot avant d’y arriver.

As-tu des idoles en course landaise ?

J’aime pas mal d’écarteurs et de styles différents, mais mon idole en course landaise restera Mathieu Noguès, un guerrier.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?  

Je dirai un peu des deux, car elle restera un sport pour nous, la course landaise requiert des qualités physiques... mais je penses qu’aux yeux du grand public, non connaisseur surtout, elle restera un spectacle, un divertissement.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?  

Mes loisirs, à part la course, c’est le basket. Je joue à Préchacq chez les Canaries !!! Donc qui dit basket dit aussi 3ème mi-temps, et donc sortir avec les copains. Cet hiver je vais m’entretenir avec le basket et je reprendrai les entraînements pour pouvoir réussir une très bonne temporada 2019.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé... on va dire Taxi IV. Le dernier livre ? Oula ! est-ce que le Sud-Ouest ça compte ou pas ? (rires). Pour la musique j’aime bien les morceaux que l'on joue en course landaise, les despacito, trois cafés gourmands etc... Mon plat préféré, hum j’en dirai pas plus sinon qu'il faut que je mange plus de légumes apparemment (rires)

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité serait de ne jamais baisser les bras, et mon plus grand défaut serait de râler et de perdre un peu patience.

Merci Thibault d'avoir accepté de bon coeur de répondre à nos questions. Je ne sais pas si l'on doit te conseiller de manger davantage de légumes, par contre continue à ne pas baisser les bras, et bien au contraire à te préparer physiquement (mais le basket t'y aidera) et moralement pour réussir au mieux ta prochaine temporada. Nous serons là en tout cas pour t'encourager.

Baptiste Pleignet

A la rencontre de Baptiste Pleignet : Michel Puzos    Photos : Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga - Marie-Anaïs Baché

Il fait partie de cette belle jeunesse qui pointe son nez dans nos arènes. Souriant, avenant, doté d'un talent certain dans sa manière d'écarter, plaisant en piste, et puis passionné, avec tout ce que cela implique de travail, d'écoute, de remise en cause... Baptiste Pleignet est à n'en pas douter l'un des espoirs de la course landaise. Sportif accompli, garçon sympathique et attachant, Baptiste s'est livré sans retenue à notre jeu de questions.

Baptiste, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous les lecteurs. J'ai 22 ans, j'habite à Sarbazan (près de Roquefort), je suis le cadet de la famille au milieu de mes deux sœurs. J'ai effectué des études dans les travaux publics et à présent, je me dirige vers la vie active.

Comment as-tu découvert la course landaise ?

Etant petit, mon père était président du comité des fêtes de Sarbazan, et un grand passionné de courses landaises. Je le suivais tous les dimanches d'arène en arène.

A quelle occasion as-tu goûté à la piste ?

Je suis allé sur la piste pour la première fois lors d'un intervillage de Sarbazan pour les jeux avec les vaches, et j'ai tout de suite pris goût à l'adrénaline que cela me procurait. Mes premiers contacts avec les vaches ont été très distants, et on va dire que plus jeune je ne faisais pas partie des plus courageux.

Comment es-tu passé des jeux taurins à l'écart ?

J'ai tourné quelques écarts dans les toro-ball, et je me suis rendu compte que ça me plaisait. Puis lors d'une soirée un peu trop arrosée au club house de la pala chez moi à Sarbazan, j'ai branché Gaël Duprat, un bon copain à moi et surtout un ancien écarteur... et voilà, il s'est occupé de moi, m'a mis en contact avec la Ganaderia Aventura, il m'a entraîné, d’ailleurs il m’entraîne encore, et je me suis retrouvé ainsi avec le boléro sur les épaules lors de la présentation pour la saison 2017 à Montsoué.

 

Comment s'est passé ton apprentissage ?

Des séances d'entrainement devant une chaise et une bouée avec Gaël Duprat dans les arènes de Sarbazan. Mes premiers essais ont été plutôt concluants, et cela a confirmé mon envie d'être écarteur.

Comment s'est passée ta première course ?

Ma première course c'était  donc à Montsoué pour la présentation de la Ganaderia Aventura en 2017, au sein de la cuadrilla Ludovic Gontero. Jai abordé cette course avec beaucoup de pression, une première en boléro, la découverte du travail en piste... toutes ces choses là qu'on ne connait pas et qui sont pourtant très importantes. Mais au final la course s'est bien passée dans l'ensemble.

As-tu connu la blessure ?

Je n'ai pas connu de blessure grave, seulement des petit bobos qui m'ont fait manquer deux ou trois courses. Je n'y pense pas forcément, ce ne sont pas des choses qui se prévoient à l'avance, on sait très bien les risques qu'on prend en étant dans l'arène, ça fait partie du jeu et il faut l'accepter.

 

 

Comment s'est déroulée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 s'est très bien passée, changement d'équipe, de bétail... mais le plus grand changement a été le nombre de courses avec trois courses minimum par semaine durant les mois de juillet et août. Je pense avoir effectué une bonne saison, sûrement un peu timide sur le début, mais j'ai pris confiance au fur et à mesure des courses et je me suis vraiment amusé sur la fin de la saison.

Quels sont tes objectifs pour la temporada à venir ?

Mes objectifs pour la saison 2019 c'est d'essayer d'être plus régulier sur la saison entière, essayer d'apporter un plus à l'équipe et de me former sur le bétail libre auprès de mon nouveau chef de cuadrilla Jérémy Lafitte. Et sur un plan collectif c'est de faire une bonne saison en équipe, de faire plaisir aux comités qui nous accueillent, tout en gardant cette bonne ambiance au sein de la cuadrilla.

 

 

 

 

 

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Ce n'est pas vraiment mon fort de me projeter vers l'avenir, pour l'instant je suis bien en seconde chez Jean-Louis et Nadine Deyris. La compétition j'y pense c'est sûr, mais la formelle ça se mérite, ça passe par de bonnes saisons en seconde et beaucoup d'entrainement. Tant que je prends plaisir en piste, que j'apporte quelque chose à mon équipe et que je fais plaisir aux gens qui se déplacent pour venir nous voir, je continuerai à écarter que ça soit en seconde ou en formelle.

As-tu des idoles en course landaise ?

Je n'ai pas forcément d'idoles en courses landaise, mais des carrières comme celles de Benjamin de Rovère, Loïc Lapoudge, Mathieu Noguès et plein d'autres encore, ça fait rêver, donc on s'en inspire. Je regarde souvent des vidéos de courses, je regarde les différents styles et ça aide pour se confectionner un style propre.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise, sport ou spectacle ?

Je pense que la course landaise est un mix des deux. Pour nous les acteurs c'est un sport, une passion, il y une bonne préparation physique à faire, je pense surtout aux sauteurs. Mais il y a aussi la part de spectacle où tout rentre en compte, la musique, le speaker et la course elle-même avec toutes ses péripéties. Si les trois sont dans un bon jour, alors on peut assister à un très beau spectacle.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J'aime le sport en général, je pratique le rugby et la pelote en club, mais j'aime tous les sports, je vais au squash avec les copains, je skie l'hiver. Je vais à la salle de sport et j'essaie de courir une à deux fois par semaine.

Pour te connaître un mieux, peux-tu nous dire quels sont tes goûts en matière de cinéma, de télevision, de musique, de lecture ?

Je ne regarde pas souvent la télévision, et quand je suis devant l'écran c'est pour regarder les matchs de rugby ou des reportages sportifs. Je ne lis rien à part la Cazérienne et le journal "l'Equipe". J'aime tous les genres musicaux.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est de ne jamais rien lâcher, tant que je n'ai pas atteint mes objectifs. Mon plus grand défaut c'est d'être un grand râleur, je n'aime pas perdre, et quand je loupe quelque chose il est très compliqué pour moi de décrocher un sourire, et ça en piste c'est compliqué à gérer.

Merci Baptiste d'avoir répondu à nos questions. Même si ta carrière est naissante, ton nom figure déjà sur beaucoup de lèvres, car ce que l'on a pu voir de tes prestations et de ton évolution laisse supposer le meilleur pour l'avenir. Alors continue à apprendre, à écouter, à te regarder aussi (la vidéo le permet aujourd'hui) afin de rectifier ce qui peut l'être... Et puis bravo à Gaël Duprat pour ce qu'il t'a apporté. Comme tu l'as dit, continue à faire plaisir au public... et à sourire, même si c'est parfois difficile. Suerte pour ton année 2019.

Quentin Martinez

A la rencontre de Quentin Martinez : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga

Il est évident qu'avec un père sauteur, qui a effectué une brillante carrière dans l'arène, au-dessus des vaches et des toros, il aurait été difficile à Quentin Martinez de ne pas flirter avec la course landaise. Mais lui est devenu écarteur, passant par l'école taurine, et s'affirmant de course en course. Quentin nous raconte donc son parcours, ses débuts, sa saison, ses ambitions...

Quentin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous les lecteurs, je m'appelle Quentin Martinez, j'ai 17 ans et j'habite à Mont de Marsan. Je suis actuellement en bac professionnel travaux publics au lycée Léonard de Vinci à Blanquefort. Par la suite j'aimerais devenir chef de chantier.

Quelle a été ton approche avec la course landaise, le déclic qui t'a amené dans l'arène ?

Il y a quatre ans de ça, mon père était déjà moniteur à l'école taurine. Un jour j'ai voulu voir comment se passaient les entraînements avec le bétail. J'ai donc accompagné mon père un vendredi soir et j'ai tout de suite accroché.

Comment s'est passé ton premier contact avec une vache ?

La première fois que je suis entré dans une arène, c'était pour un entraînement avec les vaches à Poyanne. Lorsque je me suis présenté au centre de la piste j'ai eu peur, même en essayant de rationaliser. La vache a foncé sur moi et là, impossible de tourner un écart, la peur en voyant cette masse m'a paralysé. J'ai donc fait un soleil au-dessus de la vache.

 

Malgré ce premier échec qu'est ce qui t'a poussé à recommencer ? Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J'ai décidé d'être écarteur quand j'ai su que je ne pourrais pas être sauteur. Plus sérieusement, lorsque j'ai fait mon premier vrai écart, j'ai senti cette sensation, la vache qui passe tout prêt de ton corps, l'adrénaline qui monte, et cela m'a beaucoup plu.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

Je me suis inscrit à l'école taurine de la FFCL. Avec d'autres élèves on a commencé par faire de la préparation physique, puis on a travaillé la technique devant la chaise. Ensuite on a fait du karting et ensuite on s'est présenté devant les vaches au mois de mars pour les évaluations.

Comment s'est passée ta première course ?

J'ai réalisé ma première course en 2017 à Pouillon avec l'école taurine. J'ai abordé la course simplement, comme si c'était un entraînement un vendredi soir, mis à part qu'il y avait un peu plus de monde sur les gradins.

As-tu connu la blessure ?

Oui j'ai connu la blessure. La plus grosse a été à Campagne l'an dernier, puisque j'ai fait un traumatisme crânien. Ça ne m'a pas découragé, ça m'a calmé. Je pense que si on aime vraiment la course landaise on ne peut pas arrêter comme ça.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Dans l'ensemble, cette année s'est bien passée, pas forcément comme je l'aurais voulu mais bon... Il reste encore du travail à effectuer pour avoir un niveau correct.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Me faire plaisir, être meilleur que la saison 2018 et pourquoi pas obtenir le titre de champion des jeunes.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J'aimerais atteindre un super niveau, participer au championnat de France comme tout le monde je pense, on a tous un peu cette idée derrière la tête.

 

 

 

As-tu des idoles en course landaise ?

Je n'ai pas d'idole précise, mais au vu du résultat qu'a fait Gauthier Labeyrie au championnat de France, je ne peux que l'admirer. Être champion aussi vite dans une carrière c'est remarquable, je l'envie.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise est un sport, où la forme physique et mentale sont indispensables pour la pratiquer.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J'aime le rugby, la chasse aussi, mais je n'ai pas le temps de tout faire. Durant l'inter-saison, je vais faire de la musculation pour me renforcer le dos et ma tonicité lors des écarts. Je vais aller courir aussi.

 

 

 

 

 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Le dernier film que j'ai aimé : Ready Player One. Je ne lis pas forcément à part lorsque c'est pour les cours. Niveau musique j'aime un peu tout, mais j'avoue avoir un penchant pour le rock et les bandas. Mon plat préféré, je dirai que c'est le confit/frites. Je ne regarde pas plus que ça la télévision.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ? 

Ma plus grande qualité... je dirai que c'est ma gentillesse. Et mon plus grand défaut... j'aurais bien envie de dire que je suis un peu "trop bourrin".

Merci Quentin d'avoir répondu à nos questions, ainsi nos lecteurs te connaîtront un peu mieux. Nous te souhaitons bien sûr une très belle année 2019, de belles courses au cours desquelles tu pourras t'affirmer, te faire plaisir et faire plaisir aux tauromaches qui viendront te voir. 

 

Amilcar Rodriguès

A la rencontre de Amilcar Rodriguès : Michel Puzos    Photos : Jean-Claude -Dupouy - Maéva Dauga

Ceux qui ont vu cette année les courses de la ganaderia Dussau ont découvert un jeune sauteur, plein d'envie et de talent. Peu connu du milieu coursayre, il l'est pourtant des salles de gym et des tapis de sol sur lesquels il s'entraîne avec assiduité. Amilcar Rodriguès fait partie de ces jeunes qui feront sans doute la course landaise de demain. Il a bien voulu participer à notre jeu de questions afin que les lecteurs de Course Landaise Magazine le connaissent un peu mieux, ou le découvrent.

Amilcar peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Amilcar Rodrigues, j’ai 18 ans, j’habite à Tercis-Les-Bains à côté de Dax. Je suis actuellement en première année de BTS Négociation Digitalisation Relation Clients à Saint-Jacques de Compostelle à Dax. Après mon BTS j’envisage de rentrer dans le monde du travail mais je ne sais pas encore dans quel métier précisément.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

Depuis tout petit j’ai suivi la course landaise grâce à mes parents. Mon papa faisait les jeux avec les vaches pendant les secondes parties des courses et ma maman était aussi passionnée, donc quand il y avait une course à Saint-Paul les Dax on y allait en famille.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

La première fois que je suis rentré dans l’arène, c'est plutôt original par rapport à beaucoup d'autres torères, ça s’est produit au Portugal. Mon père a l’habitude depuis plusieurs années de courir les taureaux dans les arènes. Donc il y a 3 ans à peu près, je me suis dit que je pouvais sûrement moi aussi m’amuser avec l’animal comme lui, et avec ses conseils et son aide je suis rentré dans l’arène. Je peux vous dire que la sensation a été incroyable.

Qu'as-tu ressenti à ce moment-là ?

C'est très impressionnant car c'est un animal de 500 kg qui se trouve face à nous, et la moindre erreur peut faire très mal. C'est comme une boule de stress qui est dans le ventre, qui n'attend que d'exploser, et une fois le premier passage effectué devant la bête toute la pression redescend, elle fait place à la folie, ce n'est que du plaisir. Et puis le fait d'entrer dans la cour des grands à l'âge que j'avais, pouvoir faire comme mon papa, c'était aussi une très grande fierté pour moi, comme pour lui d'ailleurs.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

Il y a 3 ans j’ai commencé la gym à Saint-Paul les Dax pour me lancer dans ce nouveau sport qui m’attirait beaucoup.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" de sauteur ?

Dès que j’ai commencé la gym, à peu près 6-7 mois après on m’a fait sauter une vache... et j’ai pris une bonne “cartouche”, je n’étais pas du tout prêt et j’ai perdu toute confiance en moi. Je ne suis pas retourné dans une arène pendant une annnée. Mais je ne me voyais pas arrêter tout entraînement qui pouvait m'emmener à une première course officielle, et j'ai continué à m'entraîner.

Comment s'est passée ta première course ?

Ma première course s’est déroulée à Bordères et Lamensans avec la ganaderia Dussau. C’est inoubliable, à la fois une pression incroyable, la peur de reprendre une “tumade”, mais aussi l’envie de rendre fière toute ma famille qui était venue me voir et de me prouver que je pouvais réussir. Dans ma tête c’était "maintenant ou jamais".

 

Les torères connaissent malheureusement la blessure, tu n'y as pas échappé cette année ?

Hélas oui, je suis déjà passé par là cette année, j’ai loupé la moitié de la saison à cause d’une luxation du coude, mais c’est la vie d'un torère, il faut faire avec, cela aurait pu être pire.

Sinon comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison s’est très bien passée. Malgré ma blessure j’ai eu la chance de participer au spectacle de Landes Émotions à Mimizan, j’ai participé à des représentations dans de très belles arènes, et je suis parti sauter en Camargue trois soirs. Que des moments inoubliables ! Mon équipe a été exceptionnelle, elle m’a très bien intégré, m'a aidé à progresser de course en course. Que du positif pour cette première année !

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Je ne pense pas que l’on peut appeler ça des objectifs. Mais pour la saison prochaine il faudra que je travaille plus pour affiner quelques détails sur mes sauts, essayer de me rapprocher de la perfection, continuer à prendre du plaisir à chaque course et essayer de partager ce plaisir avec tout le monde. Et peut-être, si je m’en sens capable, participer au championnat des jeunes, mais cela reste vraiment en option.

 

Tu maîtrises tous les sauts ?

Oui je maîtrise maintenant les 4 sauts de compétition. J'ai la chance de m'entraîner à Saint-Paul avec Guillaume Vergonzeanne, Kevin Ribeiro et Simon Raunier. Etre entouré de sauteurs aide à la progression, cela m'a permis d'évoluer positivement. Quand j'ai commencé la gym, Jérémy Cojo m'a beaucoup aidé, il corrigeait les erreurs qu'il voyait, me poussait à faire toujours plus, il a beaucoup cru en moi, on allait certains soirs au stade de rugby de Dax s'entraîner à la bouée... je lui dois beaucoup.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J'espère pouvoir continuer à prendre du plaisir dans la course avec les gens qui m’entourent, et pour le reste on verra plus tard.

As-tu des idoles en course landaise ?

En tant que sauteur, on ne peut pas oublier la carrière de Nicolas Vergonzeanne, multiple Champion de France, avec une carrière en Espagne incroyable. C’est un sportif hors norme.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je ne pense pas avoir assez d’expérience et de recul pour imaginer l’évolution et l’avenir de la course landaise, et il m'est donc difficile de répondre à cela.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Pour préparer la saison prochaine je vais continuer à m’entrainer à la salle de gym. Je vais aussi continuer la saison de foot qui a commencé, avec le club de Saint-Vincent de Paul (F.C Pouy). Et puis j’entraîne aussi les jeunes du Pouy F.C de la catégorie U9.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Oula !! Le dernier film que j’ai aimé il s’agit de “Je suis une légende” de Francis Lawrence avec Will Smith. Pour le style musical, j’apprécie énormément le rap français. Pour ce qui est de la lecture... non en réalité je ne lis pas beaucoup... mais concernant mon plat préféré, une assiette de steak et pâtes fait largement l’affaire. ahah !

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Si je devais trouver une grande qualité, ce serait qu'en toute circonstance je garde le sourire, et un défaut c’est que je suis beaucoup trop exigeant envers moi-même.

 

 

 

 

 

 

Amilcar face à un taureau dans les arènes portugaises

Amilcar, je ne crois pas qu'être trop exigeant avec soi-même est un défaut, et je dirai même que si tu ne l'avais pas été tu n'aurais pas franchi toutes les étapes que tu nous a décrites au cours de cette interview. Tes efforts ont été payants et ils le seront encore plus au cours de la prochaine saison.

Merci d'avoir joué le jeu de notre questionnaire, nous te souhaitons un bel hiver sur les stades de foot ou dans les salles de gym... et bien sûr une très belle saison 2019 dans nos arènes et au-dessus des vaches.

 

Grégory Lavie

A la rencontre de Grégory Lavie : Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga

Les coursayres se posent toujours la même question : y aura-t-il de la relève chez les écarteurs ou les sauteurs ? les jeunes vont-ils garder cette passion qu'ont connue leurs aînés pour revêtir un jour l'habit de lumière ? Et chaque saison la réponse est apportée, de nouveaux noms apparaissent dans les cuadrillas et sur les affiches. Grégory Lavie fait partie de ceux-là, et ceux qui l'ont vu écarter cette année n'en ont dit que du bien. Ecarteur à la ganaderia Dussau, nous sommes allés à sa rencontre, désireux de le connaître un peu mieux.

Grégory, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Gregory Lavie, j’ai 20 ans, je vis encore chez mes parents, j’ai un frère. Côté professionnel j’ai un CAP en boucherie et je travaille dans une boucherie à Grenade sur l’Adour.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

Je suis venu à la course landaise assez jeune grâce à mon parrain et à mon grand-père qui suivaient les courses, et puis j’y suis retourné un peu plus tard pour voir mon cousin qui était sauteur (Simon Lavie).

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

Je suis rentré dans l’arène pour la première fois pour les jeux inter-vaches à Bascons ! J’ai éprouvé à la fois un peu de peur mais aussi de l’adrénaline, et finalement ça s’est très bien passé, un bon moment de plaisir.

Qu'est ce qui t'a poussé à devenir écarteur ?

J’ai décidé de franchir ce pas, de devenir écarteur assez vite après cet inter-vaches, lors d’un essai à la ganaderia Dussau pour la ferrade.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

Je me suis entraîné chez moi au début, avec des copains écarteurs, notamment pour apprendre les gestes. Ensuite j'ai essayé devant une vache, j’ai eu de bonnes impressions, et il n'y avait plus qu'à se lancer vraiment.

Comment s'est passée ta première course ?

Ma première course s’est bien passée à la ganaderia Dussau avec la cuadrilla Nicolas Commarieu. C'est là que j'ai débuté. J'ai abordé cette course avec beaucoup d’appréhension, car c’était à côté de chez moi, beaucoup de monde avait fait le déplacement pour me voir, et donc c’était beaucoup de stress. J’ai vécu un incroyable moment en piste, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

As-tu connu la blessure ?

Je n'ai pas connu de blessure sérieuse depuis mes débuts en course, quelques tumades auxquelles il est difficile d'échapper quand on est écarteur, mais rien de méchant, et ça ne m’a jamais découragé, bien au contraire.

Comment s'est passée ta saison 2018 ? Ma saison 2018 s’est super bien passée, avec de la réussite, et je remercie toute l’équipe qui m’a fait confiance et soutenu jusqu’au bout !

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs, c'est très simple, d'abord faire la même saison que cette année, sans blessure, et pourquoi pas remporter le championnat des jeunes.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Pour le moment je ne sais pas trop, je vis l'instant présent. Je me plais bien en seconde, mais si jamais j’ai l’opportunité d’aller plus haut, alors pourquoi pas ?

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui j'étais fan de Hugo Viney-Thomas, un superbe écarteur, et je le suis resté.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour moi c'est un sport bien sûr, qui demande pas mal de qualités physiques, mais un sport particulier qui est aussi un spectacle (son originalité, la musique...)

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

A part la course landaise qui occupe une partie de mes activités, je chasse, je pêche, et bien sûr cet hiver je vais reprendre la saison de rugby à Grenade sur l’Adour.

 

 

 

 

 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j’ai aimé "Le seigneur des anneaux", le dernier livre -ce serait plutôt un magazine- "La Cazérienne". J’aime toutes les musiques, autant les artistes anciens que les nouveaux, je citerai Aznavour, Goldman, Hallyday, Boulevard des Airs, MHD, Vianney... mon plat préféré une bonne entrecôte- frites (normal pour un boucher).

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est d'être généreux, aimable aussi... mon plus grand défaut c'est de "vite monter dans les tours" (rires)

Je crois mon cher Grégory qu'il arrive aussi à chacun de nous de "vite monter sur les tours", mais quand c'est pour la bonne cause, alors on ne s'en plaindra pas. Nous te souhaitons une bonne période hivernale, notamment sur les terrains de rugby, et une belle temporada 2019, toujours avec la même générosité et bien sûr la réussite qui est au bout.

Corentin Remon

A la rencontre de Corentin Remon : Michel Puzos    Photos : Maéva Dauga

Pour beaucoup d'entre vous, il est sans doute un inconnu. Et pourtant, les coursayres qui ont assisté au championnat des jeunes à Estang ont eu l'heureuse surprise de découvrir le sauteur Corentin Remon. Auteur d'une très belle prestation, il s'est incliné de peu après une glissade lors d'une réception, mais ce jeune torère, très adroit et très appliqué lors de ce championnat, fera sûrement parler de lui dans les années à venir. Nous sommes allés à sa rencontre afin que vous connaissiez un peu mieux ce protégé de Dominique Larié.

Corentin peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous les lecteurs, je m'appelle Corentin Remon, j'ai 17 ans, je vis chez mon père à Soustons, j'ai deux frères, l'un plus âgé et le deuxième plus jeune, je suis en apprentissage dans le bâtiment  pour devenir plâtrier plaquiste.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Étant petit mes parents m'amenaient voir les courses landaises. Un jour j'ai vu Dominique Larié sauter, ce fut un vrai coup de coeur, un grand intérêt pour ce qu'il faisait en piste, et j'ai dit à mes parents "un jour je ferai comme lui"... ce que j'ai fait.

Comment s'est passé ton premier contact avec une vache ?

Mon premier contact au-dessus d'une vache s'est plutôt bien passé pour ma part, même si j'ai éprouvé ce jour-là beaucoup de stress.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

Comme je l'ai dit auparavant, j'ai décidé de devenir sauteur depuis mon plus jeune âge, en voyant les sauteurs dans les arènes et principalement Dominique Larié.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" de sauteur ?

Pour apprendre à sauter je me suis d'abord beaucoup entraîné à la salle de gym, aux Ecureuils à Soustons, et je continue toujours, une fois par semaine avec Dominique Larié. Mes premier essais furent très compliqués car je ne savais pas vraiment gérer la distance entre la vache et mon saut d'appel. J'étais très impressionné devant la difficulté, et je dois dire n'avoir jamais ressenti une telle montée d'adrénaline... c'est juste magique.

Comment as-tu vécu ta première course ?

Ma première course s'est déroulée à Estang en avril 2017 avec la ganaderia Béearn-Armagnac. J'ai tout d'abord essayé de ne pas y penser, de ne pas me mettre la pression, en pensant à autre chose. Ma prestation s'est bien passée et j'en garde un bon souvenir.

As-tu connu la blessure ?

Les torères connaissent malheureusement les blessures, et un jour où l'autre il faut en passer par là. Oui j'ai malheureusement été confronté à cela, mais je l'ai accepté, je me suis dit que la course landaise serait trop facile si nous étions épargnés, et que tout le monde pourrait pratiquer ce sport. Cela ne m'empêche pas d'y penser bien sûr.

Comment s'est passée ta saison 2018 ?

Ma saison 2018 s'est très bien passée dans l'ensemble, même si mon genou droit m'a causé quelques désagréments.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mon objectif pour la saison 2019 serait bien sûr de remporter le titre de champion des jeunes sauteurs, mais avant cela je vais essayer de faire une saison aussi bonne que possible.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je ne sais pas ce que le futur me réservera et il m'est donc difficile de me projeter dans l'avenir.

 

 

As-tu des idoles ou des repères ?

Oui bien-sûr, je pense que tous les torères, écarteurs ou suteurs, en ont. En ce qui me concerne c'est bien sûr Dominique Larié, car c'est surtout lui qui m'a donné envie de sauter, qui a été un exemple pour moi, qui m'a prodigué beaucoup de conseils. Ensuite Nicolas Vergonzeanne que je regardais faire aussi quand j'étais petit et auquel je voulais ressembler un jour.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise, je la vois plutôt comme un sport, car c'est tout de même une pratique très physique, et il faut aussi être très fort mentalement pour pouvoir avancer, ne pas se décourager, aller de l'avant, toujours travailler.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Mon principal loisir c'est la gymnastique. Cet hiver je vais me préparer physiquement pour être fin prêt à la reprise des courses.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé, même si ne regarde pas trop de films, c'est Taxi 5. J'écoute tout genre de musique, et je dirai que mon plat préféré c'est le classique "entrecôte frites".

 

 

 

M dsc 0225Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est être patient et à l'écoute de ce que l'on me dit. Mon défaut... je laisse aux autres le soin de me le dire pour que je puisse me corriger.

Merci Corentin d'avoir répondu à nos questions, ainsi nos lecteurs te connaîtront un peu mieux lorsqu'ils te verront évoluer dans les arènes au-dessus des coursières. Nous te souhaitons un bel hiver dans les salles de gym et nous te retrouverons avec plaisir lors de la prochaine temporada. Suerte pour 2019... MP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bastien Meunier

A la rencontre de Bastien Meunier : Michel Puzos    Photos Maéva Dauga

Ceux qui parcourent les arènes l'ont souvent croisé ces dernières années. D'ailleurs il ne s'en cache pas et le dit lui-même "je vais aux courses depuis l'âge de 4 ans". Inutile de dire qu'il les connaît par coeur. Mais aujourd'hui, ce n'est plus en spectateur qu'il se rend aux courses, mais dans la peau d'un sauteur, la valise à la main. En effet, Bastien Meunier suit les traces, et avec talent, de son grand-père Jacky Théau... son grand-père trop tôt disparu, et son mentor. Bastien s'est confié à nous, nous parle de ses jeunes années, de son ascension dans le milieu coursayre jusqu'à son titre de champion des jeunes à Estang. 

Bastien, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Bonjour à tous les lecteurs, j'ai 16 ans, je suis né à Orthez et j'habite à Aubagnan. J'ai une soeur âgée de 19 ans et je poursuis actuellement mes étude à la LEGTA Pau Montardon en première technologique "aménagement et valorisation des espaces".

Comment as-tu découvert la course landaise ?

Je suis venu à la course landaise grâce à mon grand-père Jacky Theau qui a été sauteur, entraîneur, cordier et membre du corps arbitral de la fédération française de la course landaise. Il me l'a faite découvrir tout petit, je devais avoir 4 ans, il m'amenait aux courses tous les dimanches, et l'été tous les jours pratiquement.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? 

Je suis rentré dans l'arène pour la première fois face à un veau dans les arènes d'Aire-sur-l'Adour avec Emmanuel Lataste pour encadrer mes évolutions. Ensuite je me suis inscrit à l'école taurine et j'ai affronté ma première vache le 9 mars 2018, cela s'est d'ailleurs très bien passé même si j'avais beaucoup d'appréhension.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ? est-ce que cela ne t’a jamais tenté d’écarter ?

Quand j'allais aux courses, j'attendais avec impatience la prestation des sauteurs, c'est quelque chose que j'aimais beaucoup, puis à la maison je m'amusais à sauter. Je me suis inscrit à la gym aux Preux de Saint-Girons à Hagetmau, cela m'a beaucoup plu, et donc j'ai choisi cette voie. C'est vrai qu'à un moment donné je ne savais pas trop quoi faire, écarter ou sauter, car devant les veaux j'écartais plus que je ne sautais, mais c'est sûr que si je décide un jour d'arrêter de sauter, alors j'écarterai.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" de sauteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Je suis un garçon de nature un peu trop actif, je ne tiens pas trop en place, aussi papi m'avait fabriqué un obstacle que je pouvais régler à différentes hauteurs pour sauter par-dessus, pour me dépenser. Ensuite Jean-Jacques Lubin m'a apporté une chambre à air pour commencer à sauter devant un obstacle mobile. Papi, toujours là, me lançait la chambre à air. Au début ce n'était pas très glorieux, mais avec le temps et ses nombreux conseils j'ai réussi petit à petit à faire des sauts esthétiquement beaux. Mais j'ai aussi très vite vu que ça allait être compliqué d'arriver à un bon niveau. Mon travail à l'école taurine m'a permis justement d'acquérir d'autres bases, de me perfectionner et d'atteindre un autre niveau.

Comment s'est passée ta première course ? et ta saison 2018 ?

Ma première course a eu lieu à Nérac, pour les fêtes, le dimanche matin, avec l'école taurine et les vaches de Jean-Louis Deyris. Elle s'est très bien passée sauf un petit accrochage après le saut, la vache s'étant retournée ! J'ai abordé cette course avec beaucoup de sérénité, et je l'ai vraiment "savourée".

 

 

Cette première saison de courses est positive, avec beaucoup de courses à mon actif. L'avantage avec l'école taurine c'est que l'on peut se produire au sein de différentes cuadrillas, ce qui n'est vraiment que du bonus car on a des conseils de plein d'acteurs différents, ce qui nous aide à forger notre propre expérience et qui nous permet d'aborder les courses sereinement. Mais elle a été quand même en "dents de scie", avec des courses parfaites et d'autres pas du tout. Et puis lorsque papi est tombé malade cela m'a beaucoup perturbé, je ne vais pas le cacher, car il était mon repère. Je suis arrivé au championnat avec la gagne dans un coin de ma tête, car avec papi on s'était fait la promesse que je devais le gagner, et c'est avec une immense joie que j'ai vécu ce moment-là, pour lui et pour moi.

As-tu connu la blessure ?

Je n'ai pas connu la blessure pour l'instant mais j'ai fait connaissance avec la fatigue au mois d'août, période où il y a énormement de courses. Et lors de certaines courses je n'y étais pas vraiment, c'était compliqué d'assurer tous les sauts.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Je n'ai pas vraiment d'objectif particulier mis à part de faire plaisir au public et aux comités pour lesquels je me produirai, et pourquoi pas remporter pour une 2ème fois le championnat en fin de saison.

 

 

 

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Sincèrement je ne sais pas du tout, on sait qu'il y a de moins en moins de sauteurs, et je pense que lorsque nous sortirons de l'école taurine, mes collègues et moi nous aurons de la place dans les cuadrillas, du moins je j'espère.

As-tu des idoles en course landaise ?

Cela va peut-être vous étonner, mais mon idole est Gaétan Labaste, et cela depuis plusieurs années. C'est pour moi la classe à l'état pur, et j'adore le personnage qu'il est ! Et puis tous les sauteurs sont mes idoles, car cette saison jai eu la chance de faire course avec tous les sauteurs qui se produisent actuellement, et ils m'ont tous apporté quelque chose.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

De mon point de vue, la course landaise a des hauts et des bas, mais de nombreux efforts sont faits pour la faire évoluer, la médiatiser, comme l'association des jeunes courayres et les nombreux medias comme Course Landaise Magazine et plein d'autres, pour la faire connaître et pour essayer de remplir les arènes. Côté sportif je trouve que c'est de mieux en mieux, on recommence à voir de jolies courses et du joli bétail, les équipes sont toutes au même niveau ce qui leur permet de se battre pour décrocher un challenge par exemple.

 

 

 

 

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Je pratique la chasse et je vais voir jouer ma soeur au rugby, je suis quelqun qui est très attaché aux traditions landaises ! Cet hiver je vais prendre 2 mois où je vais oublier la course, profiter de mes copains, ensuite je recommencerai les entraînements pour me préparer au mieux la saison 2019 et l'aborder facilement 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé c'est "L'école buissonnière", le dernier livre que j'ai lu, par obligation en cours de Français, "L'étranger" d'Albert Camus, sinon c'est "La Cazérienne" que je lis. Côté musique je suis plutôt musique espagnole. Mon plat préféré c'est les tournedos de fois gras.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est que j'adore faire connaissance avec les gens, et mon plus grand défaut, hélas, c'est que j'ai un très mauvais caractère.

Je crois que tu souhaites conclure par un mot personnel ?

Oui, je tiens à remercier ma maman, présente toute la saison pour préparer ma valise, ainsi que toutes les ganaderias et les cuadrillas dans lesquelles j'ai pu me produire. Je remercierai aussi l'école taurine, élèves et moniteurs. Et pour finir merci à Course Landaise Magazine pour cette interview. Adishatz.

Merci à toi Bastien pour nous avoir donné de ton temps et pour avoir répondu en toute franchise à nos questions.

Cette interview bien sûr me touche beaucoup, notamment lorsque tu évoques ton papi. Il reste pour moi, dans toutes les fonctions qu'il a exercées, un "grand monsieur". Je suis sûr que tu garderas pour toujours ses leçons au fond de ton coeur.

Tu as tenu ta promesse, puisque te voilà champion des jeunes, et c'est sans doute le plus beau des cadeaux que tu pouvais lui offrir. Alors Bastien continue dans cette voie, celle que Jacky t'a ouverte et que tu vas maintenant tracer par toi-même. Et puis continue à vivre en vrai landais, à aimer et défendre nos traditions, notre course landaise, à lire "La Cazérienne" plutôt que "L'étranger" (hihihi)... mais il est aussi d'autres livres de course landaise que tu pourras lire un jour.

Bel hiver à toi Bastien et suerte pour la temporada 2019.

Morgan Checchin

A la rencontre de Morgan Checchin : Michel Puzos   Photos Maéva Dauga - Jean-Claude Dupouy -

Sa victoire dans le championnat des jeunes écarteurs à Estang a propulsé au devant de la scène ce jeune gersois. Les coursayres qui suivent les équipes de seconde savaient que Morgan Checchin avait toutes les qualités pour y participer et toutes ses chances pour vaincre. Mais qui est vraiment Morgan Checchin, pas forcément connu du grand public ? Le champion des jeunes a bien voulu répondre à nos questions.

Morgan ChecchinMorgan, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J’ai 22 ans, j’habite Cazaubon. Cette année je suis en Master 2 à l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) de Pau, afin de devenir enseignant d’EPS.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Alors là… Petit, j’ai découvert la course landaise par l’intermédiaire de Nicolas Couerbe, qui me faisait faire du "carreton". Ensuite l’adolescence est arrivée et j’ai laissé tomber la course. A l’âge de 18 ans, j’ai participé à quelques toro-ball au cours desquels je tournais quelques écarts en amateur. Puis j’ai décidé de me lancer dans les courses de cocardes, sous l’aile d’Anthony Forfert, et c’est en partie grâce à lui que j’ai commencé à aimer le contact avec le bétail. Lors d’une course amateurs à Nogaro en 2017, j’ai effectué 2-3 écarts, et c’est Denis Lazartigues qui me plaçait. A la fin de la course je me souviens qu’il m’a dit «Petit, il faut que tu fasses de la course, tu peux faire quelque chose» et, poussé par un proche, je me suis dit «Allez, lance-toi ! ». Et c'est ainsi que tout a démarré.

Tu évoques les toro-ball, mais te souviens-tu précisément des arènes et de ton premier contact face à une vache ?

Je suis entré dans l’arène pour la première fois lors du toro-ball organisé pendant les fêtes de Gabarret. Le premier jeu auquel j’ai participé était un « ventre glisse » au cours duquel la vache m’était passée par-dessus lors d’une glissade. C’était mon premier contact… (rires)

 

Morgan ChecchinQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’ai décidé d’être vraiment écarteur après avoir parlé avec Denis (Lazartigues) à la fin de la course. Mais aussi après avoir parlé longuement avec un proche.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais ?

J’ai appelé Céline Brettes, qui m’a gentiment accueilli à la ganaderia pour faire quelques écarts. Mes premiers essais se sont super bien passés ! Voilà quelle a été ma première étape pour aller apprendre le «métier» d’écarteur.

Comment as-tu vécu ta première course ?

Ma première course c’était pour la présentation de la ganaderia de Maynus, à Toulouzette il y a 2 ans. J’avais le stress, car je ne voulais pas passer pour «une tache» au milieu de tout le monde, mais j’étais aussi très fier de porter l’habit de lumière pour la première fois. La course s’est plutôt bien passée, l’insouciance de la jeunesse a fait que j’ai tourné quelques jolis écarts sans savoir comment j’y parvenais réellement, mais j’en garde un très bon souvenir.

Morgan ChecchinComment s'est passée ta première année de courses à la ganaderia de Maynus ?

Ma première saison de couses s’est plus ou moins bien passée. J’ai fait un bon début de saison, mais arrivé au mois d’août je me suis blessé hors course, ce qui a mis un "stop" à cette première saison avec amertume. J’ai évolué essentiellement avec ma cuadrilla auprès d’Olivier, Vincent et Thierry qui m’ont beaucoup appris de par leur expérience. Mais je n’oublie pas les autres avec lesquels je passe de bons moments dans et hors de l’arène.

Tu as donc connu la blessure ? 

J’ai effectivement connu la blessure, une rupture des ligaments croisés antérieurs. J'ai très mal vécu ce moment, c’est la blessure que je redoutais le plus. D’une part, cela m’embêtait car les ganadères ne pouvaient plus compter sur moi, et d’autre part j’avais signé dans un nouveau club de rugby où je n’ai donc fait aucun match. Soit un arrêt du sport pendant 8 mois, qui m’ont paru très très longs

 

 

 

 

Morgan ChecchinNous t'avons retrouvé en forme lors de la saison 2018 ? et qui s'est concrétisée par une belle victoire ?

Ma saison 2018 s’est plutôt bien passée. Je suis revenu avec plus d’ambition, dans l’espoir de prendre une revanche sur ma blessure. Le championnat des jeunes, j’y pensais plus ou moins tout au long de la temporada. Le fait d’avoir levé le bouclier, je n’y ai pas cru sur le coup, mais je suis très heureux d’avoir gagné. Ramener le titre chez Maynus était pour moi une façon de les remercier de m’avoir toujours fait confiance.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

La saison prochaine, mes objectifs sont les mêmes : prendre du plaisir, apprendre encore et relever le bouclier si possible (rires)

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Mon avenir est assez flou, je suis un compétiteur donc j’espère un jour côtoyer le meilleur niveau dans la discipline. Mais c’est mon avenir professionnel qui se chargera de tout cela.

 

Morgan Checchin As-tu des idoles en course landaise ?

Je n'ai pas forcément d’idoles, mais j’aime plusieurs écarteurs, Louis Navarro pour le parcours qu’il a eu avant d’arriver là où il en est, et son travail magnifique face aux sans corde. J’aime aussi Loïc Lapoudge avec ses tourniquets intérieurs sur Ibiza, ou Mathieu Noguès et ses intérieurs distillés sur Soltera. Mathieu est un gladiateur des temps modernes, même après trois grosses tumades il se relève pour aller tourner des écarts encore plus magnifiques, comme lors du championnat de France.  Je citerai aussi Baptiste Bordes, j’admire son travail face aux taureaux.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour moi, l’avenir de la course landaise serait le parfait équilibre entre sport et spectacle. Ce qui me fait le plus peur est que l’on voit de moins en moins de jeunes adolescents dans les tribunes.

Morgan ChecchinA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

A part la course, je pratique aussi du rugby durant l’hiver et depuis peu je me suis mis au golf. L’hiver j’aime aussi aller chasser la palombe et passer du temps avec mes proches et mes amis autour d’une table ou d’un verre.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

J’adore les dessins animés, comme «Cars», «Coco» ou «Ferdinand» le dernier que j’ai regardé. Je ne lis pas trop, mais le dernier livre que j’ai lu est «Ivan Fandiño, demain je serai libre», un livre que j’ai adoré ! Question goûts musicaux, je suis plutôt musique espagnole, latino. Je n'ai pas forcément de plat préféré car j’aime tout, mais j’aurais quand même un penchant pour les desserts et surtout pour le gâteau basque.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je suis un grand râleur (rires), c'est mon plus grand défaut. Comme qualité, je dirai que je suis serviable. J’aime aider mes amis quand ils ont besoin d’un coup de main.

Morgan, toi que je pourrais appeler bientôt "cher collègue" puisque tu te destines à la carrière d'enseignant, merci d'avoir répondu à nos questions. Sans doute nos lecteurs auront-ils appris à te connaître un peu mieux, non seulement ton parcours mais aussi tes qualités humaines. Il est vrai que les jeunes ne sont pas toujours au rendez-vous des courses, mais les efforts entrepris depuis plusieurs saisons, avec le projet gascon notamment et les nombreuses séances d'initiation, porteront leurs fruits. Et lorsque tu exerceras ton métier de professeur de sport, nous ne doutons pas un seul instant que tu sauras leur porter la bonne parole. Nous te souhaitons Morgan beaucoup de réussite dans tes études et bien sûr une belle saison de courses avec le titre de champion des jeunes. MP

Théo Gayan

A la rencontre de Théo Gayan : Michel Puzos   Photos Maéva Dauga - Jean-Claude Dupouy - Romain Tastet

Le nom de Buglose est bien sûr attaché à la Ganaderia Labat et au chemin de Chiouleben, à quelques torères aussi (Guy Lamarque, André Duluc, Jean-Louis et Albert Despériès...) et même quelques personnalités de la course landaise (André Domenger par exemple). Aujourd'hui un jeune buglosien, à peine âgé de 17 ans, suit la route de ses aînés, vouant à la course landaise une véritable passion. Théo Gayan sera le premier invité de notre série de rencontres, car tel est notre souhait cette année encore de vous faire découvrir de jeunes espoirs de la course landaise.

Théo, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m'appelle donc Théo Gayan, j’ai 17ans, j’ai un petit frère de 10 ans, j’habite à Buglose (quartier de Saint-Vincent de Paul) et plus tard je voudrais exercer un métier dans le commerce.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

A l’âge de 6 ans, mon grand-père qui élevait des vaches laitières m’a proposé d’écarter un petit veau. J’ai essayé, cela m'a plu et j’ai tout de suite demandé à mon père de m’emmener voir une course... et c'est ainsi que j'ai connu la course landaise.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

Mon premier écart face à une vache je l'ai effectué en 1ère année d’école taurine aux arènes de Castel-Sarrazin, cela s'est très bien passé et j'en garde bien sûr un très bon souvenir.

 

C'est à ce moment-là que tu as vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Depuis toujours j'avais cette idée dans la tête, mais lorsque j'ai fait mon premier écart face à une vache, j’ai tout de suite su que je voulais faire ça, cela n'a fait que confirmer mes pensées.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J’ai commencé à l’école taurine, j’ai effectué 2 années complètes au cours desquelles j’ai pu apprendre toutes les bases de la course. Cela s’est très bien passé, dans une bonne ambiance.

Et ta première course ? Comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

Ma première vraie course, devant un public, s’est déroulée à Samadet lors de la présentation de l’école taurine. Bien sûr je l'ai abordée avec un peu de stress, d'autant plus que je revenais tout juste de blessure. Mais une fois en piste le seul souci c'est de bien faire, je suis donc resté très concentré, écoutant les conseils, et tout s'est bien déroulé.

Tu as donc connu la blessure ? est-ce que cela ne freine pas un peu les ardeurs ?

Oui j’ai connu la blessure, je me suis fracturé le poignet, luxé l’épaule, et récemment à Estang pour le championnat des jeunes j'ai fait un ko et un traumatisme crânien. Mais cela ne me décourage pas du tout et je reste toujours motivé pour la suite.

 

Si l'on oublie le championnat, comment s'est passée ta saison 2018 ?

La saison s'est bien passée dans l’ensemble, malgré cet épisode malheureux d'Estang, où je reste sur ma faim.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mon principal objectif pour la saison 2019 sera de continuer à apprendre, et bien sûr de prendre ma revanche au championnat des jeunes.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J’aimerais gravir les échelons et arriver au plus au niveau. Je ferai tout ce qu'il m'est possible de faire pour cela. Déjà la saison prochaine je serai en seconde, ce sera une nouvelle étape à franchir.

Comment tes parents vivent-ils ta passion et tes courses ?

Mes parents vivent tout cela avec un peu d’appréhension forcément, mais ils sont très fiers de moi, ils me soutiennent dans les bons et les mauvais moment. Ce soutien est primordial pour moi.

 

 

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, Thomas Marty et Mathieu Noguès, ce sont pour moi des modèles. Je les apprécie à la fois pour leur art taurin et pour leur tempérament.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ?

Je pense que si l'on continue à en parler dans les écoles, et à faire des spectacles, nous pouvons faire perdurer l’esprit de la course landaise.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J’aime bien sortir avec mes amis, aller au cinéma...

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Mon plus grand défaut c'est d’être têtu, et ma qualité, même si c'est difficile de se juger, je pense que c'est d’être honnête.

 

 

 

Mon cher Théo, je ne sais pas si le fait d'être têtu est un défaut, mais je constate que cela t'a bien servi après tes blessures, cela t'a permis de ne pas te décourager mais au contraire de persister dans tes envies. Alors nous te souhaitons de garder ce "punch" qui te caractérise et de réaliser une belle année avec ta nouvelle équipe (que nous ne dévoilerons pas encore)... et sache qu'à Buglose tu auras des supporters. Merci en tout cas pour nous avoir accordé cette première interview de l'inter-saison.

Date de dernière mise à jour : 18/12/2020