II) Interviews

Jean Aiguillon

Interview

Jean Aiguillon (Ganaderia Béarn-Armagnac)

Photos Maéva Dauga

Jean AiguillonJean peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Jean Aiguillon, j'ai 27 ans, et je suis pacsé avec Marion, ma compagne depuis 7 ans, et nous habitons à Samadet depuis un an. J'ai un grand frère qui se nomme Gauthier. J'ai fait des études de vente : Bac pro à Mirande (32), et BTS à Mont-de-Marsan ; et aujourd'hui je suis magasinier chez Mercedes Poids Lourds à Mont-de-Marsan depuis 3 ans.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J'ai découvert la course landaise dès mon plus jeune âge car il me semble avoir vu ma première course landaise avant d'avoir 1 an. Et ce sont mes parents bien sûr, qui étaient et sont toujours de grands amateurs de course, qui m'y ont amené.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis rentré dans l'arène, sur la piste, j'avais 4 ans, et j'étais enfant de paseo à Maubourguet, avec la ganaderia Armagnacaise. Mon premier contact avec une vache s'est fait à Nogaro, pour les fêtes du 15 août. J'étais tellement content d'y aller que je suis resté sans bouger, certainement le stress et/ou la peur.

 

 

 

Jean AiguillonQuand as-tu vraiment décidé que tu serais entraîneur ? et pourquoi pas écarteur ?

En fait, j'ai toujours rêvé d'être sauteur mais, comme on dit : il manquait l'essentiel. Lors de discussions avec des toreros, plusieurs me voyaient bien entraîneur, et donc je me suis inscrit à l'école taurine en 2010 en tant qu'entraîneur. Et cela a fonctionné dès le départ car avec quelques entraînements avec vaches, je me suis vite retrouvé à en lâcher une depuis le refuge, tout seul. Je n'ai jamais voulu être écarteur, car ils sont toujours mis en avant en piste lors du spectacle, or je suis quelqu'un de réservé, et je préfère rester dans l'ombre. Egalement, je pense que prendre des coups et des « roustes » tous les dimanches n'est pas pour moi... bien qu'il m'est arrivé d'en prendre en tant qu'entraîneur !

Jean AiguillonPar quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'entraîneur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J'ai débuté à entraîner à l'école taurine, dirigée à ce moment-là par Philippe Descazaux, où j'ai eu la chance de faire 3 ans d'apprentissage. Le début est toujours un peu compliqué mais cela s'est vite décanté pour moi.

Comment s'est passée ta première « vraie » course ? et comment l'as-tu abordée , comment l'as-tu vécue ?

La première course landaise de ma carrière s'est bien passée. C'était à Villeneuve-de-Marsan, en mai 2010, le week-end qui précédait la présentation de l'école taurine, lors d'une course de l'Avenir avec le bétail de Jean-Louis Deyris. L'adrénaline était au rendez-vous, la course fut bonne si je puis dire, et après le paseo final,  ce fut un grand soulagement également.

Tu as désormais pris une autre voie, celle de ganadero… pourquoi ? Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

J'ai changé de voie il y a environ 2 ans, à la suite de problèmes de santé que j'ai eus : 3 pneumothorax dont une opération assez importante. Malgré cela, je ne voulais pas quitter le monde des « vaches noires » qui m'est cher, car j'éprouve un sentiment spécial pour ce bétail. D'autre part, Mr Descamps, voulant prendre sa retraite, avait lancé un projet de succession de sa Ganaderia, et cela a été une belle occasion pour laquelle je ne pouvais pas passer à côté. Je n'ai pas d'objectif spécifique, à part faire vivre la course landaise, notre petite ganaderia, également faire des spectacles pour récompenser la cuadrilla qui me suit, et faire courir les vaches.

Jean AiguillonComment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Cette question est compliquée aujourd'hui, dans le contexte actuel, car je ne sais pas si les problèmes financiers qui touchent les ganaderos seront résolus, et si la ganaderia Béarn-Armagnac pourra être présente en 2021. Mais nous gardons espoir pour que l'année 2021 soit un nouveau démarrage, et une reprise de la course landaise.

As-tu des idoles en course landaise ?

Des idoles ? Oui bien sûr, comme tout le monde je pense. Pour ma part, ils sont frères, ce sont Laurent et Jean-François Deyris. Deux entraîneurs de talent, qui ont été un levier dans mon projet de devenir entraîneur. C'est aussi grâce à eux que j'ai réussi ce projet, en les observant à chacune de leur course.

Jean AiguillonComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Cette question est pour moi liée à la question sur mon avenir en course landaise. Tout peut changer, j'espère que non bien sûr, mais avec une saison inexistante en 2020, je pense que 2021 va voir venir un grand tournant pour la course landaise de demain.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

La course landaise vit une grande catastrophe économique mais qui a également un impact culturel, pour les ganaderos certes, mais aussi pour les comités organisateurs, les musiciens, et les acteurs. La FFCL est aussi touchée. Je ne suis pas toujours en accord avec leurs décisions, mais elle est également touchée par cette crise.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale, en dehors des courses ?

En dehors des courses, bien entendu je m'occupe de mes vaches tous les jours, mais je profite également de ma famille et de mes amis. J'adore la musique, et faire du VTT.

 

 

Jean AiguillonQuelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Il est toujours difficile de faire une analyse de soi-même mais je pourrais dire que ma plus grande qualité est la patience. Et mon plus grand défaut ? Je suis plutôt râleur.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je souhaite remercier toutes les personnes qui m'accompagnent dans ce projet, et plus particulièrement mes parents Marc et Viviane, ainsi que ma compagne Marion. C'est vrai que cela n'est pas tous les jours facile, mais nous sommes réunis autour d'une même passion, une belle passion. J'espère que 2021 sera une bonne saison pour nous, que les comités vont s'engager un peu plus avec Béarn Armagnac, et nous faire confiance afin que l'on puisse montrer ce que l'on vaut, et continuer de progresser.

Merci Jean pour avoir bien voulu te prêter eu jeu de ce questionnaire. je pense que beaucoup de nos lecteurs t'auront découvert, ta personnalité, mais aussi ton parcours et tes projets. Nous te souhaitons toute la réussite que tu mérites et nous prenons rendez-vous pour les prochains spectacles de Béarn-Armagnac. MP

Nathan Domenger

Interview

Nathan Domenger  (Ganaderia Vert-Galant)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Elodie Laporte

Nathan DomengerNathan, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, j'habite à Pontonx sur l'Adour, j'aurai 20 ans le 1er Août. J'ai un BEP espaces verts et je termine un CAP maçonnerie, tout cela avec la commune de Souprosse.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

C'est mon papy André Domenger, que tout le monde connait dans le milieu coursare, qui m'emmenait aux courses, et ce spectacle me passionnait.

A quelle occasion es-tu rentré dans l'arène pour la 1ère fois ?

Je suis entré dans l'arène pour la première fois à 14 ans, pour un toro-ball à Laluque. Comme je travaille à Souprosse, à deux pas de la ganaderia du Vert-Galant, à 16 ans, lors d'un entraînement de la cuadrilla on m'a invité à tourner mes premiers écarts, et tout s'est bien passé.

Quand as-tu décidé que tu serais écarteur ?

J'avais 8 ans quand j'ai dit à mon père que je voulais être écarteur. A 10 ans j'ai récupéré dans le garage de mon papy un grand pneu et, pendu à un arbre, c'est devenu une vache idéale. Tous les jours je tournais plusieurs écarts.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre à devenir écarteur ? Comment se sont passés tes premiers essais et quelles ont été tes impressions ?

A 17 ans j'ai intégré les entrainements de la cuadrilla du Vert-Galant, dans les arènes de Souprosse. Au début j'ai eu beaucoup de trac, mais une fois l'entrainement commencé, après deux écarts tout s'est passé pour le mieux. Depuis j'éprouve un énorme plaisir.

Nathan DomengerComment s'est passée ta première course ? Comment l'as-tu vécue ?

D'abord j'ai eu beaucoup d'émotion de revêtir le boléro. J'avais beaucoup de trac. Ma première course c'était en Octobre 2018 à Gamarde, pour la présentation de la cuadrilla Eric Sucère, mais comme pour mes premiers entraînements, après mes premiers écarts devant le public j'étais beaucoup mieux et tout s'est bien passé.

As-tu connu la blessure ?

Pour l'instant pas de fractures, juste quelques hématomes mais rien de grave.

Comment s'est passée la saison 2019 ?

Pour ma première année c'était vraiment super, des courses avec beaucoup de réussite comme Aignan, Yzosse, Audon...

Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ?

J'ai fait une bonne course de présentation le 8 Mars à Gamarde, malheureusement, suite à l'épidémie du Coronavirus, comme mes copains j'attends le retour aux arènes.

 

 

Nathan DomengerDans quel style te sens-tu le plus à l'aise ?

Je me considère comme un apprenti, car en course landaise on apprend toujours et j'ai encore beaucoup à apprendre. J'aime effectuer des feintes, et si elles sont bien dessinées elles plaisent au public. Je travaille hors arène sur le saut.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

D'abord je vis mon plaisir, mais j'aime plaire au public. Je tiens principalement à mon avenir professionnel. Il faut donc fonctionner de pair et surtout ne pas brûler les étapes.

As-tu des idoles ?

Depuis tout petit je suis un fan de Mathieu Noguès. En fin de saison 2019 j'ai été très heureux d'être invité à écarter ses vaches à Begaar. J'aime aussi le style de Batiste Bordes, Loïc Lapoudge, Thomas Marty, Cyril Dunouau, Gauthier Labeyrie... ce sont des artistes. 

 

 

Nathan DomengerComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour moi c'est un mélange des deux. La course landaise vit des jours difficiles, mais je souhaite qu'elle retrouve rapidement des jours meilleurs. Je prends conscience des difficultés des ganaderias, mais je pense aussi aux sociétés musicales qui vivent avec nous, et à tous les bénévoles qui animent les villages coursayres.

A part la course landaise, quels sont tes loisirs ?

J'ai joué au foot à Laluque avec mon frère, je fais du cross et de la musculation.

 

 

Pour que l'on te connaisse un peu mieux... quel est le dernier film que tu as regardé ? ton émission de télévision favorite ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai vu : Docteur Dolittle. Mon émission de télévision favorite : Touche pas à mon poste. Mon plat préféré : les Pâtes à la Carbonara.

Quelles sont tes plus grandes qualités ?

J'aime être ponctuel, je pense aussi être sociable et sérieux dans mon travail.

As-tu un message personnel à faire passer ?

Je voudrais remercier tous ceux qui me guident dans ma passion, et tous ceux qui, dans l'ombre, travaillent pour faire vivre au mieux la course landaise.

Merci Nathan pour avoir bien voulu répondre à nos questions. Nous espérons comme toi un retour aussi rapide que possible aux arènes et nous te souhaitons une belle saison future au Vert-Galant avec les conseils avisés d'Eric Sucère. MP

Céline Roca

Interview

Céline Roca  (Membre du club taurin Tartas Begaar et de l'AJC)

Photos : Céline Roca

Celine RocaCéline, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Céline Roca, j’ai 20 ans, je vais entamer en septembre ma 3ème année à l’école d’Orthophonie de Poitiers et le reste du temps je vis à Tartas avec mes parents et ma petite sœur de 16 ans.

Comment es-tu venue à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

C'est mon grand-père (Robert Labarthe) qui m'a transmis cette passion pour notre art taurin gascon. La course landaise c'était toute sa vie, et il a toujours souhaité la servir au mieux. J'étais très proche de lui et plus les années ont passé, plus je l'ai suivi aux courses, et plus la passion est devenue présente jusqu’à devenir aujourd’hui essentielle à mes yeux. Pour moi, c’était le meilleur des professeurs et ne plus pouvoir parler course avec lui me manque énormément.

Tu sers la course landaise au travers de nombreuses activités : membre de l'AJC, d'un club taurin, de la musique … qu’est ce qui t’a conduit à t’engager dans toutes ces fonctions, différentes les unes des autres ?

La musique c’était une évidence, dès mon plus jeune âge je rêvais d’une seule chose : intégrer harmonie et banda, tout comme l’avait fait ma mère et ma marraine. J’ai d’ailleurs choisi mon instrument dans ce but-là et c’est donc tout naturellement que j’ai intégré ces formations dès que j’en ai eu l’occasion. Je suis par la suite entrée au bureau, notamment pour apporter mon avis sur l’animation des courses. C’est quelque chose qui me plait beaucoup.

L’AJC, c’était beaucoup moins évident ! Lorsque j’ai reçu le message de Lucien Laurède, je ne m’y attendais absolument pas. Je craignais de ne pas trouver ma place car je ne me sentais par forcément légitime pour intégrer le bureau, mais le concept de cette nouvelle association me plaisait beaucoup, c’était quelque chose qui manquait aux jeunes jusqu’alors. J’ai donc fait le choix de relever le défi en intégrant le bureau et je ne le regrette pas. Je trouve cette expérience très enrichissante.

Quant au club taurin, il a toujours été important pour ma famille : mon grand-père est en grande partie l’instigateur de ce club, mes parents ont été longtemps bénévoles et j’apprécie beaucoup tous les membres. Cependant, je ne peux pas m’y investir autant que je le voudrais car je suis généralement avec la musique lors des manifestations. C’est parfois compliqué de tout conjuguer.

Quels sont tes projets dans ces différentes fonctions ?

Avec les études, et par conséquent la distance, ce n’est pas toujours facile de tout gérer car je suis rarement présente de septembre à avril. Je n’ai donc pas de réels projets si ce n’est d’essayer de me rendre utile du mieux que je peux à ma petite échelle. J’aimerais pouvoir apporter ma pierre à l’édifice.

Souhaites-tu à l'instar de ton grand père poursuivre le même chemin ?

Mon grand-père c’est mon modèle, par conséquent j’aimerais le plus possible lui ressembler. Par exemple, intégrer l’AJC c’était aussi pour moi une façon de lui rendre hommage et de reprendre le flambeau à ma manière. Cependant, ce n’est pas toujours simple. C’était un personnage avec un fort caractère, avec toujours la tête pleine d’idées et de projets qu’il n’abandonnait pas tant qu’il n’avait pas réussi. Sur ce point-là on ne se ressemble ABSOLUMENT pas : j’aurais aimé hériter de son caractère mais j’ai plus tendance à me faire petite et à écouter les autres. De plus, il est difficile de poursuivre un chemin aussi rempli que le sien. Un petit coup de pouce de sa part ne serait pas de refus ! Dans tous les cas, mon seul but restera d’agir de façon à ce qu’il soit fier de moi. Je ne laisserai jamais tomber la course.

Celine RocaCette année les courses n’ont pu avoir lieu pour les raisons sanitaires que l’on sait, je suppose que c’est une grande déception ?

Oui, une très grande déception même ! Cela faisait plusieurs mois que j’attendais avec impatience mon retour dans les Landes pour retrouver le chemin des arènes, cette décision me rend donc triste. Sans les courses (et sans musique par la même occasion) l’été va être très long. Mais au-delà de la déception personnelle, je sais que la course landaise vit aujourd’hui une situation dramatique, et c’est ce qui est le plus angoissant et le plus triste. On va croiser les doigts pour pouvoir retrouver les gradins en 2021 !

Quels sont tes rapports avec les acteurs ?

Il y en a certains avec qui je vais avoir plus tendance à échanger qu’avec d’autres, mais dans l’ensemble, comme je suis plutôt timide, je ne les côtoie pas énormément.

As-tu des idoles en course landaise ?

J’ai beaucoup d’admiration pour Loic Lapoudge, tant pour son panache et ses qualités indéniables en piste que pour sa gentillesse et sa bonhomie hors piste. C’est un grand champion. Dans un tout autre style, j’apprécie également beaucoup Rémi Latapy et Alexandre Duthen.

 

Est-ce que tu as déjà tenté l’aventure de l’écart ?

Non je ne me suis jamais aventurée à écarter pour deux raisons très simples. Premièrement j’ai d’importants problèmes de dos pour lesquels j’ai été opérée, et un mauvais coup ou une tumade ne sont pas vraiment conseillés. Deuxièmement je ne suis pas très courageuse, du moins pour ce genre de chose, donc ce n’est pas un défi que j’aurais envie de relever. Admirer le courage des autres me suffit amplement !

Quel est ton plus beau souvenir de coursayre ? ton plus mauvais ? ton regret ?

Toutes les sorties à émotions sont des sorties marquantes, il est donc difficile de faire son choix. Mais si je devais n’en garder qu’un, je dirais le 3ème sacre de Loic en 2016. En effet, le championnat avait été très tendu avec les personnes qui étaient à côté de moi sur les gradins, je n’appréciais pas du tout leurs commentaires et j’étais très à cran ; Alors, lors de la dernière sortie et du résultat final j’étais réellement aux anges ! Ma mère se souvient encore de ma réaction je pense… Plus personnellement, je garderai également toujours en mémoire la 1ère course à laquelle j’ai amené mon copain. C’était à Pomarez. Il n’en avait jamais vue et il y a très vite pris goût. Lui avoir fait apprécier la course landaise, c’est une belle fierté coursayre. Je n’ai pas « un mauvais souvenir » qui me vient particulièrement en tête, mais en revanche voir des acteurs ne pas se relever ou quitter la piste sur civière, c’est toujours difficile à regarder. Ce sont des moments que l’on n’aimerait jamais voir, même si malheureusement ce sont les risques de la course. Enfin, mon plus grand regret c’est bien évidemment cette saison entièrement blanche qui se profile pour 2020.

Celine RocaComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je dirais que la course landaise est à la fois un sport et un spectacle : un sport de par les compétitions et challenges, mais également par la condition physique nécessaire aux acteurs, et aussi un spectacle de par la beauté de ce qu’il se passe en piste et l’émotion qui est transmise. Mais avant toute chose, la course est une tradition gasconne qu’il faut absolument réussir à préserver, car je pense en effet que son évolution est incertaine.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Je ne veux pas trop m’aventurer sur ce terrain-là car je ne m’en sens pas légitime mais il me semble tout de même évident que la course landaise est en plein virage, un virage qui semble dangereux. J’espère réellement qu’elle va réussir à se relever des ces deux crises consécutives (URSAFF, Covid19) mais cela nécessite sans aucun doute de profonds changements et d’importantes remises en question.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale quand tu ne vas pas aux courses ?

Comme dit précédemment, mon principal centre d’intérêt en dehors des courses c’est la musique. Elle prend vraiment beaucoup de place dans ma vie, c’est un peu ma deuxième famille. J’apprécie également la lecture mais je n’ai pas toujours le temps de m’y adonner Quant à la saison hivernale, et bien on peut dire qu’elle passe plutôt vite ! En effet, durant cette période je suis en en cours ou en stage, je n’ai donc pas le temps de m’ennuyer.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

En ce qui concerne les films, la saga Harry Potter est ressortie à la télé pendant le confinement et, en tant que grande fan, j’en ai bien évidemment profité pour les regarder une énième fois. Le dernier livre que j’ai lu, c’est « La vie secrète des écrivains » de Guillaume Musso. Ensuite, le type de musique qui me représente totalement et qui me redonne toujours le sourire, ce sont les musiques harmonie et banda, les musiques que l’on entend dans les fêtes ou sur les gradins, et dans tout le sud-ouest en général. Je ne m’en lasse pas. Je suis également une grande amatrice de musiques de film (Hans Zimmer, Ennio Morricone…). Pour ce qui est de la nourriture je suis très très gourmande : mon cœur balance entre une belle entrecôte sauce au bleu ou bien un hamburger- frites… mais il faut avouer que les bons plats maison de mamie se défendent très bien aussi !! Enfin je ne suis pas quelqu’un qui regarde beaucoup la télé, mais de temps en temps j’aime bien me lâcher devant « N’oubliez pas les paroles ».

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je dirais que je suis quelqu’un de gentil, et si j’ai l’opportunité de me rendre utile ou de redonner le sourire à autrui je le fais toujours avec grand plaisir. En revanche, je suis quelqu’un de plutôt timide, qui manque énormément de confiance en soi, et cela a plutôt tendance à me porter préjudice.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Prenons soin de nous, prenons soin des autres, mais surtout serrons-nous les coudes pour tenter de préserver au mieux notre course landaise. C’est ce qu’il y a de mieux à faire si nous souhaitons retrouver le chemin des arènes en 2021.

Merci Céline pour cette interview et le temps que tu nous as consacré. Je suis sûr que l'ami Robert serait heureux de savoir et de voir tes engagements divers au service de la course landaise, lui qui a tant donné. Comme toi nous espérons pouvoir vivre encore longtemps les émotions que procure la course landaise. MP

Thibault Léglize

Interview

Thibault Léglize (Ganaderia Noguès)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga

Thibault LeglizeThibault, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Je m'appelle Thibault Léglize, j'ai 18 ans, je suis fils unique, j'habite à Préchacq-les-Bains avec mes parents. J'ai passé mon Bac Pro Vente et je travaille à Evialis à Hinx (Alimentation Animale).

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Je suis venu à la course landaise car ma famille est très coursayre. Vous connaissez très certainement mes oncles, Bernard Léglize qui a été écarteur très longtemps, Christian vacher à l'Armagnacaise avec mon cousin Romain. Ma mère m'amenait voir les courses de la Dal où mon père est vacher depuis 32 ans. J'adorais voir les hommes en piste (écarteurs, sauteurs, hommes en blanc), les vaches de différents gabarits, de différentes couleurs avec ou sans corde. Nous restions jusqu'à la dernière minute car je voulais voir le chargerment et regarder mon père partir avec le camion.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis entré dans l'arène grâce à mon père Philippe. Un samedi soir, il m'a demandé si je voulais l'accompagner faire une course, évidemment j'ai accepté sans hésiter. Arrivés à la ganaderia d'Aire, mon père est parti dans les parcs avec Michel Agruna trier les vaches pour la course. Une fois montées dans le camion, on a pris les sacs et nous voilà partis. Arrivés aux arènes, j'ai participé au déchargement : sortir les cordes, les bâtons, les cisailles et les rouleaux de chatterton noir et jaune aux couleurs de la ganaderia. J'arrivais à retenir les noms des vaches. Je découvrais alors que le rôle de vacher n'était pas facile ni de tout repos, et qu'il pouvait être dangereux. 

Thibault LéglizeQuels ont été tes rôles jusqu’à présent dans la piste  ?

J'ai joué différents rôles : vacher, charlot et second, toujours à la Dal.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le travail que tu fais ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Pour apprendre le travail que je fais, j'ai suivi mon père en tant que vacher et chauffeur chez Michel Agruna, c'est là où il m'a appris à connaître le bétail. Un soir d'entraînement aux arènes de Pomarez, Michel m'a demandé d'aller en piste faire le second. Suite à cela, j'ai fait second 2 saisons en formelle. Pour moi, cela a été difficile car en formelle, on n'a pas droit à l'erreur, j'avais toujours l'impression de mal faire malgré le bon soutien de toute l'équipe.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

Ma première course, je l'ai effectuée en 2018 au sein de la ganaderia de Michel Agruna avec la cuadrilla Christophe Dussau. Le jour de la première course à Gamarde, course très importante, j'étais angoissé, je n'avais pas dormi de la nuit, et au moment de s'habiller dans les vestiaires, je ne savais plus quoi faire. L'équipe m'a alors soutenu, et en fin de spectacle l'adrénaline est retombée.

Thibault LéglizeComment s'est passée ta saison 2019 ?

Pour moi, la saison 2019 sétait bien passée, mais après une entorse des ligaments du genou j'ai perdu toute ma confiance.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Suite à la blessure au genou, j'ai décidé de partir en course de seconde car Mathieu Noguès m'a proposé d'intégrer son équipe pour entraîner et s'occuper des vaches.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J'espère continuer le plus longtemps possible dans le milieu de la course landaise.
       

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, j'ai des idoles en course landaise comme beaucoup d'entre nous, d'abord mon père, car sans lui je n'aurais jamais découvert ce milieu taurin, ensuite Christophe Dussau, Mathieu Noguès, Serge Junca, Jean-François Deyris, Julien Guillé, Etienne Grenet, Manu Lataste, Michel Agruna... tous des as dans leur spécialité.

Thibault LéglizeComment vois-tu le devenir de la course landaise ? 

Malgré les difficultés actuelles la course landaise a un avenir. Le travail de l'Association des Jeunes Coursayres, de la FFCL mais aussi des ganaderias de seconde auprès des enfants, les animations et les initiations qu'ils proposent, notamment lors des fêtes patronales, porteront leurs fruits.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Je pense que le problème de la course landaise ne vient pas des anti-taurins car nous avons cette chance de ne pas abattre le bétail comme cela se passe en corrida. A l'heure actuelle, suite au Covid 19, là effectivement cela pourrait être très compliqué pour tous les ganadères, et à mon avis personnel, ce n'est pas un problème de nouriture pour le bétail mais plutôt un problème financier, car aujourd'hui ils doivent faire face au coût important des assurances, des prophylaxies, payer les vétérinaires, assurer l'entretien des ganaderias etc...  Et malheureusement il n'y a pas de contrats, pas de courses et donc pas de revenus.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale lorsque les courses sont terminées ?

A part la course landaise, mes loisirs sont la chasse, la pêche, l'équitation et le basket pendant la saison hivernale.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que ma plus grande qualité est la gentillesse et que mon plus grand défaut est la timidité.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Oui, je voudrais tout d'abord remercier infiniment mes parents pour m'avoir fait connaître le monde de la course landaise. Je voudrais aussi remercier Michel et Cathy Agruna qui m'ont fait confiance. J'espère sincèrement que la Course Landaise aura encore de beaux jours devant elle.

Merci Thibault pour avoir répondu à nos questions. Tes souhaits sont aussi les nôtres, que la course landaise ait en effet de beaux jours devant elle. A nous tous sans doute de faire notre possible pour que ce souhait soit une réalité. Thibault nous te souhaitons un bel avenir en course landaise, bien armé avec tout ce que tu as déjà appris ces dernières années pour que le plaisir et la réussite soient au bout de la route. MP

Jules Lorreyte

Interview

Jules Lorreyte  (Ganaderia La Mecque)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga - Elodie Laporte

 Jules LorreyteJules, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Jules Lorreyte, j’ai bientôt 17 ans, je vis chez mes parents à Pontonx sur l'Adour, j’ai une sœur de 20 ans et je suis actuellement en 1ère STMG au lycée de Borda à Dax.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Mon père étant écarteur durant sa jeunesse, j’ai toujours baigné dans la course landaise et c’est donc grâce à lui que j’écarte aujourd’hui.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que j’ai mis un pied en piste c’était au toro-ball des fêtes d’Amou où je suis descendu pour le taurillon. J’ai tourné mon premier écart à l’âge de 14 ans, dans les petites arènes des fêtes de Dax face à une vache.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Il y a 3 ans, Jean-Marc Lalanne m’a proposé de m’entraîner avec le pôle espoir, j’ai ensuite effectué une sortie dans les arènes de Mugron et de Laurède, cela s’est très bien passé et je n’ai depuis jamais arrêté.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J’ai d’abord été aux côtés de Jean-Marc Lalanne pendant 2 ans au pôle espoir et j'ai débuté ces deux années avec 3 courses au total. L’année dernière, j’ai signé ma première licence en seconde chez la Mecque dans l’équipe de Christophe Lacoste où tout s’est parfaitement déroulé. J’avais un peu d’appréhension avant de débuter, mais une fois en piste, j’y ai apprécié les sensations.

Jules LorreyteComment s'est passée ta première course ? et comment l'as-tu abordée , comment l'as-tu vécue ?

Ma première course au sein d’une cuadrilla a été la présentation de la Mecque à Castel-Sarrazin aux côtés de Christophe Lacoste et du chef de cuadrilla Vincent Muiras. Avant le paseo d’ouverture, je me sentais un peu stressé mais à la fois excité d’y être. Après le premier écart, toute la pression est redescendue et j’ai ensuite tourné 12 écarts.

As-tu connu la blessure ? Sinon, y penses-tu ?

Je n'ai pas encore connu la blessure et à vrai dire je n’y pense pas non plus.

Comment s'est passée ta saison 2019 ?

Cette saison 2019 a été pour ma part une belle réussite. Non seulement d’un point de vue personnel avec la course à Pontonx en fin d'année qui restera un très beau souvenir, et je remercie la DAL et l’Union Pontoise de m’avoir permis d’écarter chez moi à Pontonx. Mais aussi du point de vue collectif nous avions une très bonne cohésion de groupe et l’ambiance était au rendez-vous. J’ai aussi été très bien encadré et conseillé par mon chef Vincent Muiras, mon cordier Laurent Deyris ainsi que Christophe Lacoste, mon ganadero. Je les en remercie d’ailleurs.

Jules LorreyteQuels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Pour l’instant mon objectif principal est de progresser de jour en jour grâce aux hommes qui me soutiennent, et participer au championnat des jeunes. Mon rêve pour les saisons futures est, comme pas mal d’écarteurs je pense, de soulever un jour le bouclier.

Dans quelle catégorie d’écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…

Selon moi je suis un styliste, je m’applique à dessiner au mieux chaque écart que je tourne en piste et je pense ne pas trop mal y arriver au fur et à mesure de mes entraînements.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J’espère avoir une longue carrière riche en émotions et ramener le plus de titres possibles, mais je souhaite avant tout continuer à prendre du plaisir en piste.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui je me rattache beaucoup à Thomas Marty et Baptiste Bordes, deux grands feinteurs que je connais personnellement depuis tout petit et pour qui j’ai énormément d’affection.

Jules LorreyteComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise a une place dans les deux domaines. Un côté sportif pour la compétition et un autre côté spectacle pour conserver l’art taurin grandiose des moments comme Art & Courage ou La Nuit du Toro qui restent des soirées magiques aux yeux de tous.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

C’est vrai que la course landaise rencontre de nombreux problèmes ces temps-ci, en plus avec l’arrivée de la crise sanitaire au moment où nous devions reprendre. Mais je reste tout de même optimiste quant à l’avancée des choses et fais entièrement confiance aux organisateurs et dirigeants qui mettent tout en œuvre afin de sauver notre passion.

 

 

 

Jules LorreyteA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

L’hiver je fais du rugby à la JSPT et je suis beaucoup le RCPA (rugby club Pomarez Amou) dans tous ses déplacements. Je fais aussi de la batterie.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Le dernier film que j’ai vu était 6 underground, la dernière série Lucifer et j’adore l’émission NCIS. J’écoute plusieurs styles de musique et je mangerais tous les jours une bonne côte à l’os avec des frites ! 

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je suis un garçon très sociable mais je suis aussi très très impatient.

 

 

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

J’espère que la course landaise va vite se relever de tous ces moments difficiles et que nous nous retrouverons au plus vite autour d’une arène !

Merci Jules pour le temps que tu nous as consacré pour cette interview. En digne successeur d'un père écarteur, je suis persuadé que ta passion et ton travail t'amèneront aux plus beaux résultats... et que ton nom viendra se rajouter aux très nombreux pontois qui ont illustré l'histoire de la course landaise. MP 

Thibaut Belaube

Interview

Thibaut Belaube (Ganaderia Aventura)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Jean-Denis Clavé - Helen

Thibaut BelaubeThibaut , peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je vais faire 21 ans le 7 août prochain, j’ai une petite sœur de 16 ans et j’habite à Dax. J’ai passé un Bac Professionnel Electrotechnique, qui m’a conduit à une école de monteur en réseaux électriques et je travaille maintenant au sein de l’entreprise Enedis à Bordeaux.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Etant originaire d’Amou, il est difficile d’échapper et de passer à côté de la course landaise. Alors pendant les fêtes, je ne manquais pas une course. Mon père étant également un passionné, il m’amenait de temps en temps voir des courses par-ci, par-là.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré pour la première fois dans l’arène tout petit, pendant les balades sur la place de la Técouère à Amou avec mes parents. Il fallait absolument aller tourner quelques écarts au milieu de la piste (rires….) Ensuite, comme beaucoup, je me suis lancé quelques défis en allant devant les petits veaux avec mes amis d’enfance Rémi Lapos et Arnaud Lafitte pendant les fêtes d’Amou. Mais il est vrai qu’ils étaient bien plus vaillants que moi… !! Pour finir, j’ai réalisé mon premier écart devant une vache dans les arènes d’Estibeaux avec Laurent Deyris à la corde (c’était durant un toro-ball me semble-t-il), et cela s’était plutôt bien passé. On va dire que je ne risquais pas de me faire attraper !!!

Thibaut BelaubeQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’ai toujours eu dans un coin de la tête l’envie d’être écarteur. J’en parlais petit, et quand l’âge légal est arrivé, j’ai eu beaucoup de mal à avoir l’accord parental. J’ai quand même réussi à négocier une année à l’école taurine avec mon ami Rémi Lapos (c’était la raison pour laquelle j’ai eu l’accord de mes parents) en me disant que je pourrais continuer tranquille par la suite… malheureusement, quand j’ai eu 15 ans, l’âge pour pouvoir écarter les vaches, il a fallu tout arrêter à mon grand regret… mais je ne comptais pas arrêter là !!

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J’ai donc fait un an d’école taurine junior, où j’ai pu apprendre pas mal au niveau technique. Ensuite, est arrivé ce fameux toro-ball à Estibeaux et c’est ce jour-là que j’ai tourné mon premier écart devant une vache. C’est vrai que c’était quand même assez impressionnant comme sensation, mais j’aimais ça. Cette sensation d’adrénaline qui monte de plus en plus lorsque la corde se place sous la corne de la vache avant le départ… et puis je savais qu’un jour où l’autre j’allais atterrir en piste. J’aimais trop ça !

Thibaut BelaubeComment s'est passée ta première course ? et comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

Ma première course officielle s’est déroulée il y a tout juste un an, à Saint-Sauveur d’Aunis, pas très loin de La Rochelle, avec la Ganaderia Aventura de Richard et Laurence Lataste, Cuadrilla Rémi Corrihons. Je l’ai abordée plutôt tranquillement, en essayant de ne pas trop me mettre la pression car je n’avais envie que d’une chose, c’était de me faire plaisir et de m’amuser. Et c’est ce qu’il s’est passé. J’ai pu découvrir une équipe formidable, avec des types super, sur qui je pouvais compter. J’ai tout de suite était intégré au groupe et cela me motivait encore plus pour la suite de la saison. De plus, une fois arrivé à Saint-Sauveur d’Aunis, à ma grande surprise c’était blindé de monde, avec un temps magnifique (près de deux mille couverts au repas juste avant la course). Une motivation de plus qui donnait envie de faire course !!

As-tu connu la blessure ? si oui est-ce que cela t’a un peu découragé ou pas du tout ? Sinon, y penses-tu ?

J’ai connu la blessure au rugby, mais pas encore en course landaise… juste un beau KO, une petite luxation d’épaule en fin de saison, des petits coups mais rien de trop grave. Je savais que j’avais besoin de me faire opérer de cette épaule car le rugby m’a laissé quelques petites traces, mais je voulais attendre la fin de la saison pour le faire et c’est chose faite. Non, j’essaie de ne pas penser à la blessure, même si on connait tous les risques de ce sport. 

Thibaut BelaubeComment s'est passée ta saison 2019 ?

Ma saison 2019 s’est passée à merveille. J'ai vraiment découvert la course landaise depuis la piste, en tenue, je rêvais de ce moment depuis très longtemps… Comme je l’ai dit précédemment, j’ai rencontré des types géniaux. Il me semble que 2019 était une quasi toute nouvelle cuadrilla, avec beaucoup de nouveaux au sein de l’équipe, et c’est ce qui a permis, je crois, une rapide et très bonne cohésion de groupe. Je les remercie à tous en tout cas, de m’avoir aussi bien accueilli et de m’avoir accompagné dans mes débuts.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Pour la saison prochaine, mon objectif est tout d’abord de continuer d’apprendre. Bien que je suive la course landaise depuis très longtemps, la vie en piste est complètement différente de celle que l'on vit depuis les gradins. J’ai encore à apprendre les différentes tâches à faire et les différents réflexes que l’on doit avoir en piste… bien évidemment, je dois aussi continuer d’apprendre la technique et en particulier ma vitesse sur l’écart, je sais que je dois tourner plus vite et donc attendre davantage. Mais tout ça viendra petit à petit au fil des courses. En tout cas, je ne veux pas brûler les étapes et je reste très motivé et à l’écoute des très bons conseils que me donnent mon chef de cuadrilla, les collègues de l’équipe, Richard, et Jean-Paul Lavigne qui nous suit à toutes les courses.

Thibaut BelaubeDans quelle catégorie d’écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…

Au jour d’aujourd’hui, je suis encore dans une phase d’apprentissage, et donc il est difficile de me placer dans une catégorie. En tout cas, j’ai pris goût à la feinte… mais comme je disais, je ne vais pas brûler les étapes et je vais continuer de corriger ce que j’ai besoin de corriger pour essayer de me placer par la suite, dans la catégorie d’écarteur « classique ».

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

La course landaise est pour moi avant tout une passion. Je souhaite tout d’abord poursuivre mon apprentissage mais aussi continuer de m’amuser et de prendre du plaisir en piste. Pour mon avenir, je laisse couler, je laisse le temps faire les choses et on verra comment cela va se passer.

As-tu des idoles en course landaise ?

Je n’ai pas d’idole en particulier, j’aime regarder tout style d’écarteur. On va dire quand même que j’ai un point faible pour les feinteurs, j’aime beaucoup cette technique de travailler les vaches nouvelles. Pourquoi pas m’exercer un jour dans ce domaine !

 

 

Thibaut BelaubeComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je pense que la course landaise doit rester à la fois un sport et un spectacle. Sport avec la compétition pour la formelle, avec des pointages, un règlement etc… et spectacle lorsqu'on voit la beauté de "La Nuit du Toro", "Art & Courage"... ce sont de sacrées démonstrations de courage, c’est très prenant, y compris pour les personnes qui découvrent ça pour la première fois.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Il est vrai que les dernières situations que l’on a vécues ont été compliquées pour notre course landaise. Je suis un amoureux des traditions et il faut continuer à se battre pour que tout cela perdure, car derrière une simple course, il y a énormément de choses. Je pense à tous les ganaderos, espagnols ou français, qui galèrent durant cette période difficile et qui sont des gens extrêmement passionnés, qui prennent soin de leurs bêtes plus que tout pour pouvoir présenter du bétail le plus joli possible… c’est même pour certains leur raison de se lever le matin, et c’est ça qui est beau dans la tauromachie, et que beaucoup à l'extérieur ignorent. Si la course landaise venait un jour à disparaître, ce que je ne souhaite pas bien entendu, ça ne sera pas seulement nous, Landais, qui seront dans la peine, mais tout le monde taurin car cela impactera bien évidemment toutes les différentes tauromachies et tous les élevages de cette race de combat… alors il ne faut rien lâcher et surtout ne pas se laisser marcher dessus par ces personnes qui viennent faire les lois CHEZ NOUS !

Thibaut BelaubeA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

J’ai beaucoup de loisirs. Je fais de la musique à la Banda Los Calientes de Dax et c’est vrai que les week-ends hivernaux nous servent à répéter un petit peu pour pouvoir passer le plus bel été possible et pour pouvoir assurer les contrats du mieux possible. J’ai fait un petit break sur le rugby ces deux dernières saisons, à cause du boulot, et pour profiter un peu de "me faire réparer", mais je compte bien reprendre la saison prochaine. Ensuite, comme je l’ai dit plus haut, étant passionné de nature et de traditions, la chasse à la palombe et la chasse en général me prend pas mal de temps. Mais je garde un peu de temps aussi pour pouvoir m’entretenir et garder la forme physique.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Je ne suis pas trop télé, ni livres… la dernière série que j’ai regardé remonte à l’année dernière et s’appelait « Breaking Bad ». Pour le dernier livre, à part les Cazériennes il faut remonter à mes années de collège !! Niveau musique, je ne suis vraiment pas difficile, j'aime beaucoup de styles. Pas difficile en nourriture non plus, j’aime à peu près tout. Et pour les émissions de télévision, il m’arrive de regarder le vendredi "Koh Lanta" quand c’est la période, ou "Vendredi Tout Est Permis", mais je ne regarde pas beaucoup la télévision... je préfère la bricole !

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que ma plus grande qualité est de toujours vouloir m’investir dans ce que j’entreprends, j’aime réussir, ou du moins faire tout pour. J’aime aussi faire rire la compagnie... mon plus grand défaut est que je suis un très mauvais perdant. 

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Bien-sûr. En tout premier, je souhaite remercier énormément Richard et Laurence Lataste pour m’avoir accueilli au sein de leur ganaderia, de m’avoir permis de débuter en course landaise devant leur magnifique bétail, et de m’avoir fait confiance pour cette saison 2019. Ensuite je souhaite remercier Rémi Corrihons pour tous ses bons conseils, pour la motivation qu’il nous donne, pour son expérience et la passion qu’il nous transmet. Un autre grand merci évidemment à toute l’équipe qui m’a vraiment bien intégré dès le début et sur qui je peux compter. Il y a vraiment une équipe en or. Un autre grand merci à Alexandre Duthen et à Benjamin de Rovère pour le prêt des boléros. Un grand merci aussi à tous ceux qui se battent pour la survie de notre course landaise, dans les différents domaines. Pour finir, merci à toi Michel et à toute ton équipe pour ce joli site que vous tenez et pour cette interview à laquelle j’ai pris énormément plaisir à répondre. Adishatz mounde et à très vite autour d’une arène !!

Merci Thibaut d'avoir bien voulu répondre à nos questions. Ta passion et ton enthousiasme font vraiment plaisir à voir. Bien que la saison soit compromise, nous te souhaitons à l'avenir, lorsque les courses reprendront, de belles réussites avec Aventura et la cuadrilla que dirige Rémi Corrihons. MP

Maxime Montaud

Interview

Maxime Montaud (élève à l'école taurine)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Elodie Laporte

Maxime MontaudMaxime, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Maxime Montaud, j’ai 18 ans, j’habite à Fargues avec ma sœur Romane qui a 15 ans et mes parents. Je suis actuellement en terminale S Science de l’Ingénieur au lycée Gaston Crampe à Aire sur l’Adour. Je souhaiterais devenir ingénieur en agroéquipement.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Tout petit mes grands-parents, surtout ma grand-mère Eliane, m’ont initié à la course landaise, je les suivais tous les week-ends. Au décès de ma grand-mère je me suis éloigné des arènes, et c’est quand mon père s’est consacré au pointage des courses de challenge que j’ai repris le chemin des arènes et que ma passion pour la course landaise est revenue.

Maxime MontaudA quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Ma première expérience dans l’arène s’est faite à Saint-Loubouer lors de ma première séance d’école taurine avec les vaches. Mes débuts ont été plutôt difficiles, j’ai comptabilisé pas mal de chutes, mais l’envie d’écarter était toujours là. Les conseils des moniteurs de l’école taurine et de Louis Navarro, parrain de la promotion, m’ont été précieux.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’ai décidé à l’âge de 14 ans que je serais écarteur, mais ma mère était très réticente. Après de longues négociations j’ai pu enfin remplir mon dossier d’inscription pour intégrer l’école taurine.

Elève à l’école taurine, comment s’est passé l’apprentissage ? et comment se sont passés tes premiers essais devant les vaches, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Dans un premier temps (d’octobre à février) il y a eu des séances de préparation physique et d’apprentissage des bases, puis à partir de février nous avons commencé les séances devant les vaches. Les premières séances ont été compliquées pour moi, car comme dit précédemment j’ai beaucoup chuté. Les analyses et les conseils des moniteurs et de Louis m’ont permis de corriger certains de mes défauts, sachant qu’il me reste encore beaucoup à apprendre. J’ai eu pas mal d’appréhension avant mon premier écart, mais j’ai tout de suite accroché.

Maxime MontaudComment s'est passée ta première course ? et comment l'as-tu abordée, comment l'as-tu vécue ?

Pour ma première course, j’ai eu la chance de participer à la course des fêtes de Classun avec la ganaderia Armagnacaise et l’équipe d’Alexandre Duthen, accompagné de Bastien Meunier. Cela a représenté un gros challenge pour moi, avec beaucoup de pression, car peu de temps avant je chutais encore… le soutien de cette équipe m’a permis ce jour-là de faire une bonne sortie, ce qui m’a redonné confiance. Cette course a été une très bonne expérience pour moi.

As-tu connu la blessure ?

Je n’ai pas subi de très grosses blessures, seulement quelques hématomes.

Comment s'est passée ta saison 2019 ?

J’ai effectué une quinzaine de courses et le championnat des jeunes écarteurs. L’invitation pour y participer fut une surprise pour moi et une très bonne approche de la compétition. La saison s’est relativement bien passée au côté de mes camarades de l’école taurine.

Maxime MontaudQuels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Mon objectif est de continuer mon apprentissage au sein de l’école taurine afin de progresser.

Dans quelle catégorie d’écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre ?

Je me considère comme un écarteur classique étant plus à l’aise sur le saut.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

A ce jour, étant encore en apprentissage, je ne me projette pas, je vis les courses les unes après les autres avec l’objectif de me faire plaisir.

 

Maxime MontaudAs-tu des idoles en course landaise ?

J’en ai plusieurs, mais celui que je nommerai est Loïc Lapoudge qui me ramène aux souvenirs que j’ai pu partager avec ma grand-mère qui était une de ses fans. Le fait qu’il soit le parrain de l’école taurine cette année est un grand privilège pour moi.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise est un sport, avec ses compétitions, ses règlements, la préparation physique qui s'impose, mais pourtant je la vois davantage comme une culture, une tradition.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Je suis une personne optimiste et j’espère que la course landaise perdurera suite à ces différentes crises. A nous tous de travailler pour cela.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale quand il n’y a pas de courses ?

Depuis tout petit je joue au rugby, je suis actuellement licencié à l’entente Adour Armagnac en junior. J’aime également les sports mécaniques, en particulier la moto (enduro). Voilà qui occupe bien la période hivernale avec les sorties entre copains.

Maxime MontaudPour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Je ne lis pas beaucoup, je ne pourrai donc pas vous citer le dernier livre que j’ai lu. Avec Alexandre Bay nous sommes de grands amateurs de vieux films comiques du genre « la 7ème compagnie » sur lesquels nous échangeons ces temps-ci tous les jeudi soir. En ce qui concerne mes goûts musicaux j’aime bien écouter du reggae ainsi que les musiques de bandas. Mon plat préféré est un bon magret de canard aux pommes partagé avec mes copains. Je n’ai pas vraiment d’émission de télévision préférée.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité est d’être perfectionniste et mon plus grand défaut est de ne pas être toujours ponctuel, je confonds souvent l’heure de départ avec l’heure de rendez-vous.

 

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont eu confiance en moi (moniteurs de l’école taurine, ganaderos, comités et acteurs) et qui m’ont permis de progresser tout au long de la saison dernière. Je souhaite bon courage à tout le monde pendant cette période difficile en espérant se revoir très vite autour d’une arène.

Merci Maxime pour le temps consacré à cette interview. Nous te souhaitons bien sûr un bel avenir en course landaise, et même si cette grande parenthèse qui nous est imposée t'empêche actuellement de peaufiner tes écarts et de ne plus chuter, nul doute que dans les semaines à venir Loïc Lapoudge saura te donner tous les conseils utiles. Et pour en référer à la "7ème Compagnie" tu sauras j'en suis sûr appuyer sur les bons boutons pour éviter les tumades. MP

Clémence Lacourt

Interview

Clémence Lacourt (présidente du comité des fêtes et du club taurin de Toujouse)

Photos AJC

Clemence LacourtClémence, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J'ai 23 ans, je vis à Toujouse avec mes parents, ma grand-mère, mon frère et ma sœur. J'ai fait des études dans le domaine de la vigne et du vin. Et actuellement je travaille sur la propriété familiale, dans le but de la reprendre.

Comment es-tu venue à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Depuis toute petite, mon grand père m'a toujours amené aux courses (dans le coin). Puis vers l'adolescence, il y avait un super groupe de jeunes coursayres à Toujouse (le club taurin) ce qui m'a permis de découvrir de nouvelles arènes notamment dans les Landes.

Tu sers la course landaise au travers de nombreuses activités, membre du bureau de l'AJC, présidente du comité des fêtes de Toujouse… qu’est ce qui t’a conduit à t’engager dans toutes ces fonctions, différentes les unes des autres ?

Comme j'ai toujours suivi mon grand père qui était très engagé au niveau associatif, c'est tout naturellement que j'ai donné la main pour les animations du village. Puis je suis arrivée à la l'association des jeunes coursayre. Ce qui m'a permis de rencontrer et mieux connaître les jeunes que j'avais l'occasion de croiser auparavant.

Quels sont tes projets dans ces différentes fonctions ?

Depuis l'an passé j'ai pris la relève du comité des fêtes de Toujouse avec une superbe équipe, nous avons proposé une superbe journée coursayre, où tout était réuni. On voulait confirmer cette année en fêtant les 50 ans de fidélité de la Ganaderia Deyris et les 20 ans des arènes de Toujouse, pour l'instant tout est flou et je n'ai pas d'espoir. Mais ce n'est que partie remise !

Clemence LacourtCette année les courses n’ont pu avoir lieu pour les raisons sanitaires que l’on sait, je suppose que c’est une grande déception ?

La crise du covid nous éloigne des arènes, c'est très difficile et démoralisant. Mais je suis de nature optimiste, j'espère donc retrouver le chemin des arènes et toute la convivialité de nos fêtes locales très vite ! Et si l'on peut réaliser l'édition 2020 à Toujouse, nous aurons une belle journée à vous proposer.

Quels sont tes rapports avec les acteurs ? As-tu des idoles en course landaise ?

Les acteurs je les croise certes tous les week-ends mais je les connais plus ou moins bien. Je n'ai pas forcément d'idole, mais j'ai vu et me souviens des débuts de Mathieu Noguès, Cyril Dunouau, Thomas Marty, Hugo Viney-Thomas. Je me souviens aussi des grandes années de Benjamin de Rovère, Loic Lapoudge...

Est-ce que tu as déjà tenté l'aventure de l'écart ?

Je n'ai pas encore tenté de faire un écart, je ne suis pas assez courageuse.

Quel est ton plus beau souvenir de coursayre ? ton plus mauvais ? ton regret ?

Les sorties de Loic Lapoudge sur Ibañeza sont mes meilleurs souvenirs. Et plus récemment l'écart intérieur de Louis Navarro sur Soltera à Dax. Le plus mauvais souvenir, Mathieu Noguès qui s'est fait traîner (accroché à la corde) par Ibañeza. Mon regret, la saison blanche cette année.

Clemence LacourtComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise est à la fois sport et spectacle pour le spectateur. Il faudra donc trouver comment "classer" la course landaise pour en garder toute l'authenticité.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Les conséquences du covid sont déjà très importantes, annulation des spectacles, problèmes financiers pour les ganaderos, pour les sociétés musicales, les secours... Pour pallier à toutes ces difficultés, il va falloir faire preuve de solidarité, et la course s'en relèvera j'en suis sûre.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

L'hiver passe assez vite puisque je joue au basket, cela me permet de passer de bons moments.

Quels sont tes goûts en matière de cinéma, de lecture, de musique, de télévision, tes goûts culinaires ?

Très récemment j'ai découvert le film "Jappeloup" et j'ai bien aimé. Le dernier livre que j'ai lu c'est "Foutez nous la paix" d'Isabelle Saporta. En musique j'écoute vraiment de tout, j'aime bien les groupes comme "Trottoir d'en face", "Boulevard des airs"... Mon plat préféré : le magret avec des pommes de terre sautées. L'émission de télévision que je préfère : "Rendez-vous en terre inconnue".

 

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Pour  ce qui est ma plus grande qualité, je dirai généreuse, et mon plus grand défaut c'est dêtre têtue

Aurais-tu un message à faire passer ?

Je souhaite à tous les lecteurs de retrouver leurs proches le plus rapidement possible, et je vous dis à très bientôt autour des arènes. Adishatz.

Merci Clémence pour le temps consacré à cette interview. Ainsi nos lecteurs auront pu faire ta connaissance et apprécier tes engagements au service de la course landaise. Nous te souhaitons bien sûr de belles réussites pour les courses de Toujouse, une place que nous apprécions dans ce beau coin du Gers. MP

Ugo Lalanne

Interview

Ugo Lalanne (Ganaderia Deyris)

Photos : Jean-Claude Dupouy et les photographes de CLM

Ugo LalanneUgo, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous et à toutes, je suis Ugo Lalanne, j’ai 20 ans et une petite soeur de 14 ans. Je suis originaire de Pouydesseaux et je suis actuellement étudiant en première année de DUT Génie Civil Construction Durable à Tarbes. Auparavant, j’étais à l’Ecole Nationale des Ingénieurs de Tarbes pendant 2 ans mais cela ne m’a pas plu. Après le DUT, j’aimerais me spécialiser dans la construction bois notamment dans le pin.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Je l’ai découverte tout petit avec mon oncle Jean-Marc, un écarteur que vous connaissez bien.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis allé en piste c’était pour un intervillage à Sarbazan, et cela s’est très bien passé, avec du plaisir et sans encombre.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Déjà c’est un rêve depuis tout petit. Après, le facteur déclencheur, cela va vous paraître bizarre, mais c’est pour ma première tumade pour une cocarde amateur à Sarbazan. J’ai ressenti cette envie de revanche et je savais que la cocarde n’était pas pour moi, c’est là où je me suis dit : il faut que je me lance à écarter.

 

Ugo LalannePar quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Quand j’étais petit, j’écartais souvent avec Bastien quand j’allais à Laurède, ou avec Baptiste Pleignet à la sortie de l’école. Après, c’est avec les entraînements de mon oncle les samedis ou dimanches matins, et puis je suis allé aux entraînements de l’école taurine avec les vaches de Jean-Louis Deyris, là où j’ai effectué mes premiers écarts. Mes premières impressions avant mes premiers écarts c’était plutôt de la peur mêlée à de l’envie, et après de la satisfaction et donc l’envie de recommencer.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée , comment l'as-tu vécue ?

Ma première course, c’était à Horgues, à côté de Tarbes, avec Jérémy Lafitte, Baptiste Pleignet, Théo Rodriguez, Florent Lassègue, Serge Junca et Gilles Beguery. Je l’ai abordée avec beaucoup d’envie et de peur aussi. Mais finalement je l’ai très bien vécue, ils m’ont mis à l’aise, rassuré, conseillé, et cela s’est bien passé.

 

 

 

Ugo LalanneAs-tu connu la blessure ? si oui est-ce que cela t’a un peu découragé ou pas du tout ? Sinon, y penses-tu ?

J’ai eu quelques petits "pets" mais rien de grave, et cela ne m’a pas découragé du tout. Je n’y pense pas forcément.

Comment s'est passée ta saison 2019 ?

La saison 2019 s’est bien passée. J’ai hâte d’attaquer la prochaine... hélas cette année cela semble très compromis

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Je n’ai pas d’objectif précis, sinon celui d’apprendre course après course et d’engranger un peu plus d’expérience à chaque fois pour m’améliorer et donner le meilleur avec mon équipe.

Dans quelle catégorie d’écarteur de places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur… ou autre…

A vrai dire je n’ai aucune idée de la catégorie dans laquelle je me situe, car j’ai beaucoup à apprendre encore.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J’espère avoir un bel avenir, apprendre de plus en plus pour m’améliorer et me hisser à un bon niveau.

Ugo LalanneAs-tu des idoles en course landaise ?

Je n’ai pas forcément d’idole plus, mais plutôt des exemples à suivre comme mon oncle Jean-Marc, Loic Lapoudge ou Mathieu Noguès.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je crois qu'elle est les deux choses à la fois mais j’espère surtout que la course landaise va perdurer.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Malgré les difficultés j’espère bien qu'elle ne sera pas en péril. Malheureusement si le confinement dure et qu’il n’y a pas de courses, pour les ganadères cela va être difficile. Pour les problèmes financiers et les actions anti-taurins, j’espère que cela ne la mettra pas non plus en péril, car c’est une tradition, et il est impensable que cela ne perdure pas

 

Ugo LalanneA part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

Je joue au basket au club de l’ABA à Saint-Justin. Mes centres d’intérêt sont le sport en général : j’adore le ski, le rugby, le tennis par exemple.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

J’adore Intérieur Sport et toutes les émissions qui tournent autour du sport, notamment les documentaires, je trouve cela très intéressant. Le dernier film que j’ai aimé c’est Kingsman, un film d’action. J’aime bien tout ce qui est Marvel, film d’action avec du suspens, et aussi les comédies. Je ne suis pas un grand lecteur. En terme de musique, j’aime un peu de tout, tout dépend de mon envie sur le moment, je préfère quand ça bouge.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que ma plus grande qualité c’est d’être curieux, d’avoir tout le temps envie d’apprendre plus, et d’être à l’écoute. Mon plus grand défaut, c’est d’être caractériel, impulsif.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je remercie Course Landaise Magazine pour cette interview. J’espère aussi que nous allons nous sortir de cette crise sanitaire au plus vite, et que la course landaise vive longtemps encore.

Merci Ugo pour avoir donné de ton temps pour participer à cette interview. Comme toi nous espérons que la course landaise, tradition millénaire, aura encore de beaux jours devant elle, malgré les difficultés actuelles. Et puis nous te souhaitons une belle carrière, pour suivre les traces de Jean-Marc et Bastien. MP

Rémi Fantin

Interview

Rémi Fantin (président du comité des fêtes de Nérac)

Photos : Jean-Claude Dupouy - La Dépêche du Midi

Remi FantinRémi, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Rémi Fantin, Président du Club Taurin de Nérac, j’ai 22 ans et j’habite Nérac. De profession je suis menuisier à Condom.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Mon oncle, Bernard Blanchard, était écarteur et Président du Club Taurin de Nérac pendant 22 ans, et donc j’ai toujours connu ce qu’était la course landaise, et c’est pour ça qu'aujourd’hui je suis autant impliqué.

Tu es donc président du comité des fêtes de Nérac… qu’est ce qui t’a conduit à t’engager dans cette fonction, faisais-tu partie du comité auparavant ?

Je fais partie du Club Taurin depuis l’âge de 16 ans, et à mes 18 ans j’ai intégré le bureau. En 2019 Nicolas Perrin et Mickael Hilaire m’ont confié la présidence, sachant que j’ai été vice-président l’année précédente.

Les festivités de Nérac sont réputées, un rendez-vous devenu incontournable de la temporada, et le public est nombreux… c’est sans doute une réelle satisfaction ?

Nérac est devenu une place importante en course landaise grâce au travail effectué depuis de nombreuses années. La course challenge de compétition que nous organisons début mai est devenue aussi un rendez-vous très importante en début de saison pour la ganaderia Deyris, mais la formule course de l’école taurine le matin et challenge l’après-midi, qui avait était mise en place par les présidents précédents, attirent beaucoup de monde. Il en est de même pour nos courses estivales qui font découvrir des équipes de secondes à de nos nombreux touristes. Les coursayres se déplacent également à Nérac, car peu de courses sont organisées en Lot-et-Garonne.

Remi FantinLe programme taurin aurait pu s’arrêter aux deux courses des fêtes, mais vous organisez d'autres courses durant l'été… connaissent-elles le même succès ?

Oui elles connaissent le même succès, avec notamment des arènes pleines au mois d’Août. Nous avons choisi d'organiser nos courses estivales le jeudi soir à 21h pour attirer un maximum de public. Et ça fonctionne bien.

Cette année les courses n’ont pu avoir lieu pour les raisons sanitaires que l’on sait, je suppose que c’est une grande déception ?

C’est une grande déception surtout quand ont sait l’importance des courses pour les Néracais pour les fêtes. On pense déjà aux prochaines

Quels sont tes objectifs et ceux du comité pour la prochaine saison ou les saisons à venir ?

Les objectifs sont d’attirer toujours autant de monde sur les gradins, pourquoi pas augmenter le nombre de courses et passer à six courses par an au lieu de cinq actuellement, et dans les saisons à venir envisager un championnat de France des jeunes à Nérac. Nous voulons également pour les saisons à venir aménager nos arènes, maintenant qu’elles restent montées toute l’année.

 

 

Remi FantinQuels sont tes rapports avec les acteurs ?

Les acteurs sont toujours reconnaissants du travail réalisé par le club taurin et ils fournissent toujours de bonnes prestations dans nos arènes. Les rapports sont très amicaux.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, Gaetan Labaste pour son courage et sa détermination qui m’ont toujours impressionné dans chacune de ses performance.

Est-ce que tu as déjà tenté l’aventure de l’écart ?

Oui; un peu plus jeune devant les taurillons, et maintenant lors des prestations avec les vaches amateurs.

Quel est ton plus beau souvenir ? ton plus mauvais ? ton regret ?

Mon plus beau souvenir est la journée des 40 ans du Club Taurin de Nérac qui avait était organisée en 2018 le dimanche des fêtes de Nérac, une journée remplie d’émotion et de convivialité, avec deux superbes courses. Mon plus mauvais moment est malheureusement cette année, d’avoir annulé les fêtes de Nérac 2020, il n'y a rien de plus dur lorsqu'on travaille à l'organisation, que l'on attend les fêtes et les courses avec impatience, et que l'on doit y renoncer.

 

 

Remi FantinComment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je pense que la course landaise doit garder son côté sportif avec la compétition qui donne de l'intérêt à tous les passionnés, mais en même temps il faut garder son côté spectacle pour attirer un public nombreux qui permettra encore longtemps à cette belle tradition d'exister.

Les difficultés actuelles (problèmes financiers, action des anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Je pense que la course landaise va surmonter ces grosses turbulences, car comme on peut le voir actuellement la solidarité prend le dessus,  et je pense donc qu'on verra des jours meilleurs, c’est certain !

Est-ce que tu assistes à beaucoup de courses dans la saison ?

J’assiste à une trentaine de courses dans la saison.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

Je joue au rugby à Mézin, j’aime le sport, la fête, toutes les plus belles traditions du Sud-Ouest.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

Je citerai plutôt une série, comme par exemple « La Casa de Papel ». Le seul livre que je lis c’est « La Cazérienne ». J’aime les musiques festives, par exemple « Si nos Organizamos» qui est ma musique du moment. Mon plat préféré est une bonne viande rouge telle qu’une côte à l’os. Mon émission de télévision préférée est « Koh-Lanta »

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Pour ce qui est d’une grande qualité je pense à la gentillesse, et pour le défaut je pense que c’est le fait d’être têtu, du moins j’aime mener les choses jusqu’au bout de mes pensées.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

J’espère vite pouvoir retrouver le chemin des arènes, car c’est bien celui-ci qui nous est le plus familier. Prenez soins de vous les lecteurs de Course Landaise Magazine, j’espère vite vous retrouver autour d’une piste.

Merci Rémi pour le temps que tu as consacré à répondre à nos questions. Ta passion et ton engagement font plaisir à voir, et l'on te souhaite bien sûr beaucoup de plaisir dans l'accomplissement de ton travail à Nérac, et beaucoup de réussite pour les courses néracaises. Depuis longtemps Nérac est attachée à la course landaise, et les descendants des Mousquetaires, hardis et volontaires, ne peuvent que réussir dans leur entreprise. Alors soyons certains que Nérac sera en 2021 la cité coursayre par excellence. Tous nos voeux t'accompagnent. MP

Adrien Lalanne

Interview

Adrien Lalanne (élève de l'école taurine)

Photos : Jean-Claude Dupouy - Elodie Laporte - Maéva César

Adrien LalanneAdrien, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m'appelle Adrien Lalanne, j'ai 17 ans et je vis dans le village de Laurède avec ma sœur de 13 ans et mes parents. Je suis actuellement en 1ère année de Médecine que j'effectue à Dax car je souhaiterais devenir kiné.

Comment es-tu venu à la course landaise ? Comment l'as-tu découverte ?

J'ai découvert la course landaise très tôt, vers 5 ans, en regardant des cassettes de concours des années 90 qui se trouvaient chez mes grands parents. Je ne m'y suis plus trop intéressé par la suite pendant quelques années car je suis parti en sport études, mais vers l'âge de 15 ans, mon intérêt pour la course est revenu.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la 1ère fois ? Quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Comme je n'étais pas très courageux, je n'aimais pas aller devant le petit veau. La 1ère fois que je me suis retrouvé dans une arène c'était pour mon 1er entraînement face à des vaches avec l'école taurine le 15 février 2019 à St Loubouer. Mon premier écart s'est plutôt bien passé, je me souviens que j'avais Louis Navarro derrière moi pour me conseiller et me guider, j'en garde un super souvenir.

Adrien LalanneQuand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Quand j'ai eu 15 ans je me suis intéressé de nouveau à la course landaise et je suis allé en voir régulièrement près de chez moi. C'est à ce moment-là que l'idée de devenir écarteur ne m'a plus quitté.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le « métier » d'écarteur ? Et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment là tes premières impressions ?

Il y a eu tout d'abord une période de préparation physique à l'école taurine, d'octobre à février, avec l'apprentissage des bases des écarts et de la course en général.. Puis des entraînements avec du bétail dès le mois de février. J'ai écouté et essayé de suivre les conseils des moniteurs, mais aujourd'hui il me reste encore beaucoup de chemin à faire pour apprendre le « métier » d'écarteur. J'avais un peu d'appréhension avant mon 1er écart devant une vache mais j'ai tout de suite adoré !

Comment s'est passée ta première course ? et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est déroulée à Donzacq avec l'équipe seconde de chez Dargelos. J'étais encore plus stressé que pour mon premier écart, car il y avait beaucoup de monde. Dès que la course a commencé et que j'ai réalisé mes premiers écarts, je me suis senti beaucoup mieux, mais ma prestation m'a permis de me rendre compte que j'avais encore énormément de progrès à faire.

 

 

Adrien LalanneAs-tu connu la blessure ? Si oui est-ce que cela t'a un peu découragé ou pas du tout ? Sinon y penses-tu ?

Oui, j'ai eu une fracture au niveau de l'avant-bras 7 jours avant la présentation de l'école taurine. Cela ne m'a pas découragé même si j'ai trouvé le temps très long sans pouvoir écarter. J'avoue ne jamais avoir repensé à cette blessure qui fut certes contraignante, mais qui n'était pas très grave au final, donc cela ne m'a pas perturbé pour les courses suivantes.

Comment s'est passée ta saison 2019 ?

Mis à part cette blessure qui m'a privé de courses pendant plusieurs semaines, j'ai passé une très belle saison où j'ai pris beaucoup de plaisir durant les courses de l'avenir auxquelles j'ai pu participer avec mes copains de l'école taurine. Ma saison s'est achevée par une invitation au championnat des jeunes écarteurs, auquel je ne m'attendais pas du tout à participer.

Quels sont tes objectifs pur la prochaine saison ou pour les saisons à venir ?

Mes objectifs sont d'apprendre encore, de progresser au maximum, de continuer à prendre du plaisir et surtout faire plaisir au public durant les différentes courses. Si l'occasion m'est donnée de participer à nouveau au Championnat des jeunes écarteurs, essayer de réaliser une meilleure performance est un objectif qui me tient vraiment à cœur.

 

Adrien LalanneDans quelle catégorie d'écarteur te places-tu ? Classique, styliste, baroudeur, feinteur... ou autre

Je me considère comme un écarteur plutôt classique sur les écarts extérieurs et plus à l'aise, pour le moment, sur des feintes pour les écarts intérieurs.

Comment vois-tu ton avenir dans la course landaise ?

Je reconnais que pour le moment je ne me suis pas posé de questions sur mon avenir, je veux continuer à prendre du plaisir à écarter tout en m'améliorant au maximum, en prenant les courses les unes après les autres... et on verra bien où cela me mènera.

As-tu des idoles en course landaise ?

Il y a beaucoup de personnes que j'admire, mais si je ne devais retenir qu'un nom, ce serait Fabrice Laurède que je regardais sur les cassettes vidéos chez mes grands-parents et qui, encore aujourd'hui est toujours là pour me conseiller.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je vois la course landaise à la fois comme un spectacle, car je trouve que c'est une discipline qui a pour but de donner du plaisir à toutes les personnes qui viennent aux courses, mais aussi un sport compte tenu de la préparation physique et de l'apprentissage technique nécessaires pour la pratiquer.

 

 

Adrien LalanneLes difficultés actuelles (problèmes financiers, action anti-taurins et actuellement absence de courses) ne risquent-elles pas de la mettre en péril ?

Le contexte est particulièrement difficile et cela m'inquiète forcément un peu pour la suite, mais je veux rester optimiste et espérer que la course landaise ait encore de belles et longues années devant elle.

A part la course landaise, quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

Jusqu'à l'année dernière, j'étais à la fois joueur et arbitre de foot, mais j'ai du faire des choix et arrêter ces deux loisirs car mes études me prennent beaucoup de temps. Je fais quand même du sport tous les jours à mon domicile pour rester en forme durant l'hiver. Le reste du temps, je le passe à étudier et à profiter de ma famille.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? Le dernier livre que tu as lu ? La musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? Ton plat préféré ? Ton émission de télévision préférée ?

Un film que j'ai vraiment aimé et regardé plusieurs fois est « Le fils à Jo », une comédie dramatique sur une légende du rugby et son fils de 13 ans. En ce qui concerne mes goûts musicaux, j'aime les musiques basques, les musiques de bandas et un groupe espagnol appelé SKA-P. Mon repas idéal est une bonne entrecôte entre copains. A la télévision, j'aime les émissions de sport, les matchs de foot, de rugby et tout sport en général. La lecture n'est pas une grande passion pour moi, je ne lis quasiment jamais sauf des revues sportives.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je pense que ma plus grande qualité c'est d'être respectueux et mon plus grand défaut, c'est d'être désordonné, je ne jette jamais car je me dis que toute chose me servira à un moment donné.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je tiens à remercier toutes les personnes que je croise dans ce sport et qui m'apportent beaucoup. Je souhaite bon courage à tous les acteurs de la course landaise dans ces moments difficiles, restons soudés en attendant de tous se retrouver dans et autour d'une arène.

Merci Adrien pour le temps que tu nous as consacré pour répondre à nos questions. Nos lecteurs avaient sûrement apprécié de te voir à l'épreuve lors de la course de Donzacq puisque nous avions diffusé les images de cette course, mais ils auront sans doute découvert qui se cachait derrière l'écarteur. Nous te souhaitons de belles réussites dans ton apprentissage, que ce soit en course landaise ou dans tes études de Kiné. Bon vent à toi et à très bientôt dans les arènes. MP

Christophe Loubère

Interview

Christophe Loubère (Président du comité des fêtes de Campagne)

Photos : Maéva Dauga - Jean-Denis Clavé - Sud-Ouest

Christophe LoubereChristophe peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous les lecteurs, j'ai 45 ans, je vis en en couple, j'habite Campagne depuis toujours à côté de la ferme familiale, je suis cuisinier en EPHAD à Tartas.

Comment es-tu venu à la course landaise, comment l'as-tu découverte ?

Je l'ai découverte grâce à mon grand-père, passionné de course, il m'emmenait voir des courses dès qu'il le pouvait, lui en mobylette et moi en vélo (il n'avait pas le permis), autour de Campagne (Aurice, Haut Mauco, Souprosse) et dès que j'ai eu le permis nous avons sillonné la Chalosse, ainsi que les grands concours et championnats. C'est ainsi que petit à petit est née cette passion.

Tu sers la course landaise à travers de nombreuses activités... qu'est ce qui t'a engagé dans toutes ces fonctions ?

Tout d'abord j'ai été membre du comité des fêtes en 1993, j'ai intégré le bureau en 1998, et je suis parti en quête de renouer avec la course landaise à Campagne, absente depuis 1995 pour cause d'arènes non conformes (déjà !!!). Jai pris la présidence en 2006 et n'ai cessé de développer la course à Campagne comme jadis, et comme dans toutes fêtes de village, non sans peine et sans difficultés ! Et puis un jour Mr le Maire de l'époque Christian Nolibois m'a proposé en 2008 d'intégrer le conseil municipal, et je pense que de là tout a vraiment commencé, à Campagne et pour d'autres fonctions : membre au conseil d'administration de la FFCL, au bureau du club taurin Marensin-Chalosse, trésorier de l'association du trophée du Marsan. Pour résumer ta question sur mes engagements divers, je dirai qu'avant tout j'aime ma commune, je veux qu'on soit fier d'elle, mais j'aime aussi les traditions et la course landaise. Mais dans tous ces engagements c'est Campagne qui passe en premier.

Christophe LoubereAs-tu connu les anciennes arènes de Campagne ?

Oh que oui, et surtout la course landaise de Pâques où nous partions très vite aprés avoir pris le repas en famille, avec les oncles, tantes et cousines, et soufflé mes bougies d'anniversaire pour assister à la course. Ces arènes étaient aussi un endroit de retrouvailles avec les copains le mercredi ! et mon plus fier souvenir, lors de mes 16 ans, c'est d'avoir défilé avec la musique comme porte-drapeau pour Pâques !

La construction des nouvelles arènes a été un temps fort dans la vie taurine de Campagne. Qui est à l'origine du projet et comment s'est passée sa réalisation ? Y a-t-il d'autres projets pour les arènes ?

Ah la construction !!! J'ai eu la chance d'avoir intégré le conseil avec Geneviève Bergès, et pouvoir être soutenu par quelques anciens qui commençaient à nous faire confiance et voyaient que la course landaise n'était pas déficitaire, et qu'elle emmenait autre chose, "une âme festayre". Tout d'abord j'ai demandé une simple construction de loges car l'avenir paraissait incertain (difficultés pour les bénévoles au montage d'arènes). Aprés une multitude d'études, les loges seront construites par une entreprise et le pourtour par les bénévoles. Puis ce fut l'achat des gradins, les peintures et divers agencements. Le comité  a financé à hauteur de 10000€. Pour l'instant il n'y pas de projet nouveau mais des idées dans les cartons.

Christophe LoubereLes festivités de Campagne pour Pâques sont devenues en début d'année un rendez-vous incontournable de la temporada, et le public est nombreux... c'est sans doute une réelle satisfaction ?

Oh que oui... quelle satisfaction ! Je dois le dire sans prétention, mais crois moi depuis la construction mon objectif était d'évoluer... avec enfin un véritable outil. Depuis ce jour, les fêtes de Pâques ont vraiment changé et sont définitivement coursayres. Le programme s'articule autour de cette tradition, avec la création d'un week-end coursayre, avec 2 courses en compétition. Nous avons vraiment marqué notre empreinte dans le milieu coursayre et désormais le week-end pascal est un rendez-vous attendu des coursayres. Tout cela non sans peine, mais heureusement j'ai créé une commission course landaise de 10 personnes qui m'épaulent et représentent très bien le village.

Le programme taurin aurait pu s'arrêter aux courses de Pâques, mais vous avez souhaité le prolonger... pourquoi ?

Tout simplement pour faire vivre les arènes et pour qu'on parle de Campagne !!!! tant qu'on pourra nous essaierons de maintenir un spectacle en été et un autre en automne.

Christophe LoubereCette année les courses n'ont pu avoir lieu pour les raisons sanitaires que l'on sait, je suppose que c'est une grande déception ?

Oui c'est une très grande déception, sur le coup c'était impossible pour moi de relativiser, je ne pensais qu'à l'annulation et de voir mon village en deuil ce jour de Pâques ! Mais malheureusement et trés certainement beaucoup de villages vont connaître le même sort.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison et les saisons à venir ?

C'est le même objectif : courses à Campagne, de compétition, et fêtes traditionnelles. Le programme est prêt (il était prêt !)

Quels sont tes rapports avec les acteurs ?

Ce sont des rapports super sympas, avec beaucoup d'amitié et de camaraderie. Je les respecte et réciproquement.

As-tu des idoles en course landaise ?

J'ai beaucoup d'idoles, et je ne peux tous les citer, je dirai Christophe Dussau, Mathieu Noguès et Gauthier Labeyrie la pépite.

Est-ce que tu as déjà tenté l'aventure de l'écart ?

Non, jamais d'écarts sauf avec le chien ! dommage, mais maintenant c'est un peu tard.

Christophe LoubereQuel est ton plus beau souvenir, ton plus mauvais, ton regret ?

Le plus beau souvenir c'est bien sûr l'inauguration des arènes à Campagne, c'était un projet tellement voulu ! Le plus mauvais, la pluie pour les fêtes (en dehors bien sûr de l'annulation cette année). Mon regret, c'est mon secret !

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Elle est tout cela à la fois, sport et spectacle. Et c'est ainsi que la perçoivent la plupart des spectateurs, c'est d'ailleurs ce qui en fait son charme et son originalité.

Les difficultés actuelles, multiples, ne risquent-elles pas de mettre la course en danger ?

A mon avis nous risquons d'aller de surprise en surprise et nous allons devoir nous adapter. Il va être très dur d'oublier ces derniers épisodes qui vont nous marquer à jamais. Heureusement, et j'en suis presque sûr, que les coursayres et passionnés sauront redémarrer. Enfin j'espère que la guerre entre les uns et les autres de ces derniers mois va disparaître vu les problèmes que nous connaissons ces jours-ci. Un peu d'eau dans le vin... nous avons tous besoin de ça, c'est une quasi obligation pour repartir d'un bon pied.

 

 

 

Christophe Loubere A part la course landaise, quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? Comment occupes-tu la période hivernale ?

Je voyage un peu, je fais beaucoup de jardinage (je suis responsable du fleurissement du bourg) et durant ma période hivernale, je dirai qu'elle est trop courte car c'est le comité des fêtes qui m'accapare ! et puis je passe du temps avec la famille et les amis.

Pour que l'on te connaisse un peux mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes que tu aimes ? ton plat préféré ? ton émission de télévision préférée ?

J'adore Louis de Funés et je me régale de ses films. Ma dernière lecture c'est "La Cazérienne"... la musique que j'aime "les années 80". Mon plat préféré, une bonne entrecôte. Et l'émission que j'aime bien, pour son côté aventure, c'est Koh-Lanta.

Quelle est ta plus grande qualité ? ton plus grand défaut ?

Je suis volontaire, je pense l'avoir prouvé tout au long de ces dernières années. Par contre mon défaut c'est de ne pas avoir assez de mental.

Aurais-tu un message personnel à faire passer ?

Je voudrais te dire merci pour tout ce que tu fais et... vive la course landaise

Merci Christophe d'avoir joué le jeu de ce questionnaire et de nous avoir consacré de ton temps précieux pour y répondre. A mon tour de te dire merci pour tout ce que tu fais pour la course landaise, car ton parcours l'atteste, non seulement tu fais partie depuis ta tendre enfance de ce que l'on peut appeler "les vrais tauromaches", mais tu n'as pas hésité de prendre des responsabilités et d'avoir réussi par ta volonté à de belles réussites dans ton village. Bonne continuation à toi et au plaisir de se retrouver en 2021 aux fêtes de Pâques de Campagne.

Date de dernière mise à jour : 18/12/2020