Portraits/Hommages

Les grands serviteurs la course landaise

Course Landaise Magazine rend hommage aux grands serviteurs de la course landaise, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui. A noter que dans les rubriques "Interviews/Portraits" et "Histoire" du BLOG ACTUS du site (réservé aux membres inscrits) vous pouvez retrouver d'autres rencontres avec les acteurs d'hier et d'aujoud'hui de la course landaise.

Jean Fauthoux : au service de nos passions

MP   Histoire. Les grands serviteurs de la course landaise

Jean Fauthoux était simple et discret, mais ses engagements furent forts et constants : pour sa commune de Poyanne dont il fut durant 24 ans conseiller municipal et 12 ans maire-adjoint... pour le comité des fêtes de son village dont il fut le président durant deux décennies... pour la course landaise qui fut sa passion de toute une vie, d'abord dans la piste (écarteur dans les courses de "cuisinières", entraîneur et "charlot" à la ganaderia Larrouture), puis juré-arbitre des courses de compétition, président du Club Taurin Paul Ricard Marensin-Chalosse au sein duquel il anima avec son dynamisme teinté de sagesse 24 clubs ou comités et leurs 800 adhérents.

Jean Fauthoux n'était pas seulement landais de naissance, il l'était aussi de coeur et d'adhésion à ses pratiques sportives (le basket à Poyanne, le rugby à Mugron) et son attachement aux traditions dont la course landaise était sûrement la plus chère à son coeur. Dans les années 60, et peut-être même avant, il avait relancé la course landaise à Poyanne... 60 ans plus tard, par son exemple et tout ce qu'il apu transmettre, la course landaise est toujours à Poyanne le spectacle majeur des fêtes patronales, et les arènes couvertes un rendez-vous important pour diverses manifestations taurines.

En 2004, afin d'honorer tous ces engagements successifs, Jean Fauthoux recevait la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports, remise par le directeur départemental Mr Bernard Bouic.

Jean Fauthoux

Photo B Cazalis

Toute une vie au service des autres, au service de nos passions, toute une vie pour défendre notre territoire et ses valeurs... tel était Jean Fauthous, ce grand serviteur disparu hélas en avril 2019.

Albert Bengué : 1er président du challenge de l'Armagnac

MP   Histoire. Les grands serviteurs de la course landaise.

Dans un article précédent, au sujet de la création du Challenge du Bas-Armagnac, j'évoquais le nom d'Albert Bengué, conseiller municipal de Gabarret et président du comité des fêtes au lendemain de la seconde guerre mondiale. Grand tauromache et personnage populaire, il fut appelé à présider le nouveau Challenge du Bas-Armagnac lors de sa création en 1952. Toute une vie de passion et de travail au service de la course landaise. Aussi, après René Gaujous, Robert Castagnon, André Domenger et Paulette Saint-Germain, nous poursuivons cette série d'hommages aux grands serviteurs de la course landaise par le portrait d'Albert Bengué, un gascon de la Ténarèze, qui avait gardé de cette terre de nos ancêtres la joie de vivre et le panache.

Albert BenguéAlbert Bengué est né en 1892, au quartier d'Arech à Castelnau d'Auzan, dans une famille d'agriculteurs. Après avoir fréquenté l'école primaire communale, avec comme condisciples Armand Courrèges et Raoul Faget (futur maire de Gabarret), son père le plaça comme apprenti boulanger chez divers artisans de la région. En 1914, il se maria à Lapeyrade, et après la grande guerre, il tint dans ce village une boulangerie. C'est à ce moment-là qu'il fit la connaissance du ganadero de Buros, Joseph Barrère. Sa Ford camionnette, qui servait aux livraisons de pain, fut aussi appelée en renfort par la ganaderia Barrère pour transporter quelques vaches dans les plazas des environs.

Dans cette région coursayre, il imprégna très vite son esprit des prouesses des écarteurs et des coursières, particulièremnt au contact de celles de la ganaderia du "Moulin de haut" que la guerre avait fait disparaître et qui renaissait.

Son amour de la course landaise n'était pas né seulement au contact des vaches de Barrère, son aficion datait déjà de son enfance et il aimait raconter cette anecdote : un jour de course à Castelnau d'Auzan, Rabasse, un écarteur de l'époque, fit un écart sans être pris, chose extraordinaire pour cet écarteur qui recevait  moultes tumades. Le public applaudit à tout rompre, et Albert Bengué qui n'avait que quelques sous en poche, les jeta au torero méritant. C'était tout le pécule que son père lui avait donné pour passer le mois.

Tout le gratin de la tauromachie se donnait rendez-vous durant les mois d'hiver dans le petit village. L'Union Tauromachique Bordelaise, que présidait Mr Laffargue, y tenait ses assises annuelles. Lapeyrade eut un jour des arènes, hélas très éphémères. Pendant ces mois de l'inter-saison, si l'on venait pour voir les vaches de Barrère, la gastronomie n'était pas oubliée. La chaude ambiance qui régnait au Grand Hôtel de Lapeyrade, tenu par le beau-père de Joseph Barrère, successeur de Flam, le courdayre bien connu des années 20 et 30, ajoutait un tonus supplémentaire. Ainsi dans ce coin des Landes, toute la nature s'y épanouissait dans un parfum de tauromachie.

Les années passèrent... Albert Bengué quitta Lapeyrade pour Gabarret. Il retrouva son camarade Raoul Faget, maire de la cité gabardane, et en 1945 il fut élu conseiller municipal sur sa liste. Connaissant son dynamisme et son aficion, Raoul Faget le désigna comme président du comité des fêtes. Ainsi se maintenait une tradition qui faisait choisir pour cette fonction le personnage le plus tauromache de l'endroit... coutume hélas ! moins respectée aujourd'gui. Albert Bengué resta à ce poste jusqu'à son décès, dutant plus de 23 ans.

Lorsque les courses landaises reprirent après la guerre, il fut un des premiers à les remettre au programme des fêtes de Juillet, et pour ce faire, il fit appel à un nouveau ganadero, Joseph Labat. Le président Bengué était présent lors des courses des environs, par plaisir personnel mais aussi par esprit de solidarité envers les comités organisateurs, pour encourager les écarteurs téméraires et rencontrer les éleveurs. Tous les ganaderos étaient ses amis, et tour à tour Labat, Larrouture et Maigret vinrent au placeau.

Albert BenguéLe personnage était débordant d'enthousiasme, , toujours en mouvement, le premier à la tribune présidentielle, béret vissé sur la tête et cigare aux lèvres... et la main sur le portefeuille pour récompenser largement les écarteurs et leurs prouesses. Il en fut souvent récompensé d'ailleurs par des courses mémorables. Sa générosité n'était pas uniquement pour les torères, mais aussi pour ses amis qu'il portait aux courses dans sa vaste et confortable "Vedette", un véhicule dont il ne voulut jamais se séparer et qui termina sa carrière près de la "Biche au Bois", le restaurant favori des jurés de l'Armagnac, abandonnée au mauvais temps et à la rouille.

En 1952, Jean Sentou et René Gaujous, qui venaient de créer le Challenge de l'Armagnac (voir article précédent) firent appel à Albert Bengué pour le présider. Alors que la course landaise perdait de son intérêt auprès des jeunes, que les spectacles n'avaient pas de lien entre eux, que depuis la disparition de l'Escalot les écarteurs étaient peu motivés par la seule attribution des primes... Albert Bengué comprit que le Challenge allait redynamiser la course, en favorisant tout autant les petits villages que les chefs lieux de canton, et en redonnant de l'intérêt par le truchement de la compétition. Sa réponse fut tout autant spontanée que positive.

Fort disert et plein d'idées, il participa avec ses amis Sentou et Gaujous à la rédaction du premier règlement. La formule était fragile, elle avait ses détracteurs... mais au fil des courses et des ans les créateurs surent la modifier et la rendre plus performante. Nul ne pensait à l'époque que 70 ans plus tard elle existerait encore nantie de son efficacité.

En décembre 1968, Albert Bengué décédait, laissant un grand vide. Mais grâce à lui, grâce à ses amis, la course landaise se remit un jour à intéresser les foules, et cela il ne faut pas l'oublier. Heureux ceux qui survivent par leurs oeuvres. Heureux Albert Bengué qui a fait après guerre de la place de Gabarret une grande place coursayre et de l'Armagnac un territoire de renaissance pour la course landaise. Heureux ceux qui après lui, et aujourd'hui encore, ont su porter et portent toujours ce message avec efficacité. 

MP

André Domenger : de multiples fonctions au service la course landaise

MP   Michel Puzos

André Domenger fait partie de ces personnes qui se sont données corps et âme à la course landaise tout au long de leur vie, et il est sûrement l'une des figures les plus attachantes du milieu taurin landais.

Coursayre de la première heure, né à Pontonx sur l'Adour à la ferme du "Rachou", un nom prédestiné, il a traversé avec la passion qui l'anime un demi-siècle de course, avec pour seule ambition celle de servir. Cette passion, il l'a découverte très jeune à Saint-Jean de Lier où ses parents avaient déménagé, près des vaches de la ganaderia Larrouture. Captivé par le bétail, il le fut aussi par les courses des fêtes de Pontonx, puis par la découverte de la ganaderia Labat à Buglose et de tous les écarteurs attachés aux couleurs de Chiouleben : Ramuncho, Marc-Henri, Durou... et le jeune Lamarque. Sa rencontre avec René Lux, le frère du cordier, qui le mit en rapport avec Gaston Cantegrit, responsable des jurés à cette époque-là, allait sceller son engagement dans la course landaise.

A l'instar des grands commis de l'état, André Domenger a été l'un des grands serviteurs de la course landaise. A tous les postes qu'il a occupés, juré à partir de 1973 pendant 23 ans, membre du comité Landes-Béarn durant 4 mandats et président de ce même comité de 1996 à 2009, vice-président de la FFCL sous la présidence de Michel Lalanne durant 4 mandats également, président de la commission des litiges, responsable de  la section homologation des arènes, de la sécurité des hommes et du bétail, de la réfection des pistes, membre de l'organisation de la journée du championnat des vaches sans corde à Vieux-Boucau, et aujourd'hui membre très actif du comité du souvenir... à tous ces postes-là André Domenger n'a cessé de travailler pour que perdure et grandisse notre tradition taurine. (Photo Bruno Cazalis)

En dehors de son travail de cadre commercial, et de sa famille, André Domenger a eu deux passions tout au long de sa vie, sa commune et la course landaise. Elu au conseil municipal de Saint-Vincent de Paul en 1971, Maire-adjoint à plusieurs reprises, toujours conseiller municipal à ce jour, il n'a cessé de travailler pour le mieux vivre des habitants, faisant profiter ses concitoyens de ses idées et de ses compétences. Proche des humbles, toujours à l'écoute, soucieux de trouver les meilleures solutions aux problèmes qui se présentaient, homme de dialogue, il est sans doute devenu un "notable", au sens le plus élogieux du terme, celui qui force le respect. D'ailleurs le Préfet des Landes l'a nommé en 2014 Maire honoraire.

Ces mêmes qualités, il les a faites valoir également au sein de la course landaise, agissant toujours dans un esprit de justice, avec mesure, dans le respect de l'autre, toujours consensuel, soucieux d'apporter soutien et encouragement aux acteurs, et de donner à tous la possibilité de s'exprimer, d'innover, de partager. C'est sans doute pour cela  qu'il fut récompensé plusieurs fois, médaillé de bronze et d'argent par la FFCL en 1994 et 2006, médaillé de bronze et d'argent par le ministère de la jeunesse et des sports en 2000 et 2008.

Mais je crois que pour lui la plus belle récompense c'est d'avoir créé avec le comité Landes-Béarn les trophées qui récompensaient les acteurs, après avoir recherché et trouvé les partenaires qui pourraient les financer. Ainsi le Trophée Jean-Pierre Rachou récompensant le meilleur chef de cuadrilla et le trophée Groupama récompensant les meilleurs hommes en blanc, entraineurs et cordier.

De 1973, année où il s'impliqua dans le corps arbitral, jusqu'en 2009 où il laissa la main pour la présidence du comité Landes-Béarn, André Domenger a oeuvré inlassablement pour aider acteurs et organisateurs, pour développer des spectacles attrayants, pour relever les défis de la nouveauté tout en protégeant la tradition et ses fondamentaux. Et tout cela en homme paisible et respectueux qu'il a toujours été. Car si André Domenger a été un homme d'action, c'est toujours sans fracas qu'il a fait avancer et évoluer les choses. "Les mentalités évoluent et le public change, disait-il... il faut savoir évoluer avec eux." (Photo Bruno Cazalis)

 

Même s'il a quitté aujourd'hui ses principales fonctions, André Domenger garde toujours un oeil attentif sur la course landaise, assiste à de nombreux évènements, et répond toujours positivement aux missions qu'on veut bien lui confier. Lorsqu'on l'interroge sur ses bons et et ses mauvais souvenirs, il écarte d'emblée les mauvais pour ne se souvenir que des bons, par exemple les deux jubilés à Pomarez de Christian Ramuncho et Didier Goeytes, moments émouvants où le public avait vraiment communié avec les acteurs, et puis cette fameuse course de Tilh, donnée en hommage à l'entraîneur Ernest Lagière, disparu tragiquement dans un accident de voiture, et au cours de laquelle le public avait assisté à un mano à mano époustouflant de Jeannot Lafittau et Guillaume Ramunchito devant la célèbre Challengita. Mais les années qu'il a passées au comité Landes-Béarn, entouré dit-il d'une formidable équipe, lui laissent aussi des souvenirs impérissables.

Aujourd'hui, André Domenger porte un regard attentionné sur son petit-fils Nathan qui vient d'endosser le boléro et qui a fait sa présentation en novembre dernier aux arènes de Gamarde dans l'équipe du Vert-Galant, mais aussi sur sa petite nièce Maëlle qui vient d'entrer à l'école taurine. André a donc su transmettre la passion, et s'il le dit en toute simplicité, on peut deviner dans ses yeux et ses paroles beaucoup de fierté.

Dernièrement, on a appris lors de la cérémonie des voeux à Saint-Vincent de Paul, qu'un théâtre de verdure serait aménagé à l'étang de la Glacière... et pourquoi pas dans ce nouvel espace le retour de la course landaise ? Ce serait sans doute une satisfaction supplémentaire pour l'élu tauromache de St-Vincent de Paul. Et si cela peut se faire, alors nul doute qu'André saura donner les bons conseils.

Merci André pour tout ce que tu as donné à la course landaise, pour tout ce que tu as réalisé et pour tout ce que tu as transmis.

Paulette Saint-Germain : présidente du club taurin Adèle Pabon

MP  Michel Puzos

     La passion vient parfois sur le tard, à l’occasion d’un voyage ou d’une nouvelle installation en terre landaise. Mais la plupart du temps elle est insufflée dès le plus jeune âge par tous ceux, parents, grands-parents ou amis qui nous conduisent aux arènes et nous font découvrir l’art taurin gascon. Spectateur ou acteur, cette passion ne cesse de vivre en nous et chacun l’alimente à sa manière.

Parmi ces passionnés, au féminin comme au masculin, il est une personne qui a consacré sa vie à sa passion pour la course landaise, qui l’a parfois portée à bras le corps dans des moments difficiles. Une femme de tempérament, et il en faut dans ce milieu coursayre un tantinet « macho », mais qui a su s’imposer à l’heure où l’on ne parlait pas encore de parité... par sa personnalité, son charisme, son sens de l’écoute et du partage, sa capacité de travail, sa volonté, sa ténacité, son humour aussi, sa droiture, sa générosité, et l’idée qu’elle se fait du service à rendre… toutes ces qualités réunies ne pouvant la conduire qu’à des postes de responsabilité. Cette passionnée, cette femme reconnue dans le milieu coursayre, c’est l’aturine Paulette Saint-Germain.

 

     Elle a découvert la course landaise grâce à son grand-père, elle en a très vite attrapé le virus, sans le combattre, mais bien au contraire en prenant toutes les potions magiques pour l’entretenir et le véhiculer autour d’elle. Car sa passion n’est pas restée égoïste, et très vite elle est entrée en action pour participer à sa défense et à sa promotion, et pour organiser des spectacles de qualité.

Quelques dates clés jalonnent sa carrière :

1989 : présidente du comité des fêtes d'Aire sur l'Adour et du club taurin Adèle Pabon qu'elle anime encore aujourd'hui.

1993 : elle entre au comité régional Landes-Béarn.

1997 : elle est élue au comité de direction de la FFCL.

A l'intérieur de ces structures, Paulette Saint-Germain a accompli un travail considérable. Car elle n'est pas une femme de "bla bla" mais de résultats.

A Aire sur l'Adour elle a relancé dès 1989 le concours landais des fêtes, obtenant durant plusieurs années le plein des arènes. Cela ne s'est pas fait sans travail et sans mobilisation, avec une équipe qu'elle a su former, motiver et entraîner autour d'elle. Certes, ces dernières années, une certaine désaffection du public pour les concours et de mauvaises conditions climatiques ont quelque peu desservi l'organisatrice, mais 2017, avec un nouveau règlement et le retour au premier plan de Christophe Dussau, aura été une année faste pour la qualité du concours aturin et donc un encouragement à poursuivre.

     Lorsque Paulette Saint-Germain s'engage, elle le fait à fond et ne renonce pas. C'est sans doute à ce prix que la réussite est au bout. Et si elle est suivie dans ses projets, c'est parce qu'elle fait confiance aux autres comme on lui fait confiance à elle. Paulette Saint-Germain c'est une femme de dossiers, ceux de l'Urssaf par exemple, ou de la Mutuelle-Pluie (avant qu'une nouvelle législation oblige à une autre organisation). Ces actions, elle les a menées avec détermination.

Déterminée, elle l'a été aussi pour convaincre la FFCL à organiser le championnat de France à Aire sur l'Adour (tous les 4 ans désormais), la remise des challenges en 92, la première soirée des trophées en 93... Avec le club taurin, elle organise chaque année d'autres manifestations : un spectacle taurin au mois d'août, des conférences, des lotos, le voyage du club... tout ce qui fait vivre une association et donne à la course landaise la place qu'elle mérite dans sa bonne ville d'Aire.

 

 

     Et pourtant, après 20 ans de passion exercée, de bons et loyaux services, de travail, de réussites, de temps donné au service de la course landaise, cette femme talentueuse s'est vue "mise sur la touche" en guise de récompense. Sans bruit et sans fracas... ce fut plutôt du style "circulez, il n'y a plus rien à voir". La tumade a été rude, ni franche, ni spectaculaire... plutôt un coup de pointe qui fait très mal.

Mais comme l'écarteur qui n'a d'autre valeur que le courage et ne reste jamais sur une défaite ou une déception, Paulette Saint-Germain s'est relevée et poursuit ses activités au club taurin d'Aire, regardant l'avenir, toujours au contact des réalités, proche des acteurs et des membres du club... avec la liberté en plus.

Suerte Paulette Saint-Germain pour vos prochains projets et vos réalisations futures, car la course landaise a toujours, et plus que jamais, besoin de vous.

(Photos Jean-Claude Dupouy)

- Robert Castagnon : un homme d'action et de conviction

MP   Michel Puzos

    

     La course landaise doit s’enorgueillir de quelques personnalités exceptionnelles, qui ont creusé le sillon, ensemencé, et fait surgir de la terre gasconne les plus beaux fruits et les plus belles plantes. Parmi ces hommes légendaires, Robert Castagnon, un vrai gascon, figure de mousquetaire, passionné, intelligent, cultivé, têtu à ses heures mais dans le seul but de créer, de faire avancer les choses, de porter au plus haut son terroir et ses traditions… tout en vivant à son époque, avec un souci de progrès et de modernité. Un homme charismatique qui ne pouvait donner qu’envie et motivation, envie de l’entendre, de l’écouter, de le suivre. Non seulement il a donné à la course landaise du sang neuf, mais il a hissé aussi sa ville gersoise de Nogaro au frontispice de la tauromachie landaise, et sans doute donné à pas mal de jeunes l’envie de devenir des toreros et de briller dans ce « temple » gersois où les platanes remplacent les piliers et où la grande tribune fait office de voûte céleste. On ne pourrait concevoir aujourd’hui la course landaise sans ces arènes magiques où les acteurs et le public communient de concert. Merci Robert Castagnon, vous étiez un maître.

     Je n’oublierai jamais quelques uns des moments que j’ai partagés avec vous, j’étais bien jeune à l’époque… fierté de vous accompagner sur le chemin qui menait des arènes de Nogaro jusqu’à la mairie, fierté d’être invité sur le circuit automobile en 68 et d’assister à la victoire de François Cevert, idole de toute une jeunesse, fierté de la confiance que vous m’aviez accordée pour rejoindre la rédaction de « La Talenquère »… bonheur aussi de notre dernière rencontre, alors que je m’étais éloigné de la course landaise, sur une aire d’autoroute, fruit du hasard. Je partais vers la Normandie et je fis une halte, il n’était pas loin de midi. Une voiture de sport se garait près de moi… je n’y prêtais guère attention, mais à ma descente mes yeux se portaient sur la plage arrière de la voiture recouverte d’une pile de « Gascogne - La Talenquère »… un haut le cœur… j’attendais que le chauffeur que je n’avais pas remarqué descende de sa voiture… surprise et bonheur… c’était Robert Castagnon, cela faisait plusieurs années que je ne l’avais pas revu… il partait à Paris… embrassades chaleureuses… « Vous déjeunez avec moi » s’empressa-t-il de me dire… un resto-grill que je n’oublierai pas de sitôt tant le menu et les discussions furent savoureuses. Merci Robert Castagnon, votre présence n’est pas qu’un souvenir, c’est une marque indélébile qui m’a fait avancer.

   

     Robert Castagnon aimait la course landaise. Il l’avait découverte, enfant, à Aignan, un village proche de Margouët-Meymes où il était né en 1920 et où il vécut. Ce ne fut pas un coup de foudre, mais lorsqu’il fut nommé à la présidence du comité des fêtes et du club taurin, il comprit très vite qu’il fallait « redorer » cette tradition taurine, car elle était fortement implantée au coeur du pays gascon, au coeur des gersois comme des landais, et qu'elle faisait même partie du quotidien. Mais il fallait dépoussiérer le règlement, et proposer au public un spectacle vivant. Les écarts imposés, l'affichage des notes des jurés sur des ardoises à la vue du public... furent des initiatives jugées à l'époque révolutionnaires.

Novateur, créateur, il est à l'origine, entre autres, du « Championnat de France » en 1956, de celui des sauteurs en 1958 et de la « Corne d’Or » en 1959, deux rendez-vous qui se sont avérés au cours des années populaires et incontournables.

Photo : Robert Castagnon, en compagnie de Roger Carrère journaliste à "La Dépêche du Midi" remet à Maxime le premier titre de Champion de France des écarteurs

   

   

     Robert Castagnon était aussi un passionné des voitures et du sport automobile, et l'on connaissait sa Bugatti autant que le pilote. Son rêve : créer à Nogaro un circuit automobile. Ce fut une formidable aventure… pour l’aventurier qu’il était. Il la partagea avec  Paul Armagnac, producteur d'armagnac comme lui, tout aussi passionné que lui, ayant participé à plusieurs reprises aux 24h du Mans, et qui disparaîtra malheureusement en 1962 sur le circuit de Montlhéry. Il crée l'Association Sportive Automobile de l’Armagnac Bigorre qui organise ses premières courses sur un circuit de 1.200 mètres au cœur de Nogaro « le Rallye de l’Armagnac », ce qui ne fut pas sans péripéties et difficultés de coexistence avec les riverains. Mais Robert Castagnon avait l'idée d'un circuit permanent, l’un des premiers à exister en France. Un terrain fut trouvé, celui d’une piste d’envol inutilisée de l’aérodrome voisin. Après bien des difficultés et des déboires avec la municipalité de l’époque qui refusa à plusieurs reprises ce projet, Robert Castagnon, sur un coup de colère, fit entrer en scène les bulldozers qui tracèrent les premiers virages du circuit, inspiré de celui de Sebring, et une piste de 1.752 mètres fut créée. La première course  se déroula le 3 Octobre 1960. Au volant de sa Rainerie formule junior, Bruno Basini boucla en vainqueur le dernier tour du nouveau circuit Paul Armagnac. Pour Nogaro et Robert Castagnon c’était le début d'une belle histoire sportive. Au cours des années la piste sera allongée et de grands pilotes viendront glaner des victoires, ainsi François Cevert en 1968 et Alain Prost en 1973. Ce fut souvent un immense succès, la foule se pressant sur le circuit… On raconte qu’elle fut tellement nombreuse et pressante à l’ouverture qu’on ne put la contenir, et qu’il fallut se résoudre, faute de guichetiers, à laisser l’entrée gratuite. Mais pour Robert Castagnon, après les arènes de Nogaro et la course landaise c’était une nouvelle réussite, et si besoin était la preuve supplémentaire qu’il faut se battre pour réussir.

Depuis sa remise aux normes en 2007, le Circuit Paul Armagnac a permis la construction d’un complexe moderne et spacieux tourné à la fois vers l’organisation de compétitions sportives (il dispose d’une école de pilotage), d’essais industriels mais également ouvert à l’organisation de tous types d’évènements (la FFCL y remettait d’ailleurs en octobre 2015 les prix et trophées de l’escalot).

   

     Robert Castagnon était  un homme de presse, un homme lettré, qui aimait la culture, l’écriture, et les nombreux ouvrages qu’il a publiés témoignent de son attachement à la Gascogne et à ses traditions, aux hommes et à la nature, aux bâtisseurs et aux lieux de vie, à l’environnement. Il avait su s’entourer de belles plumes pour parler de la Gascogne.

Parmi ces revues et ces ouvrages citons « La Talenquère » dont le premier numéro est sorti en 1968, « Derrière la Talenquère » publié en 1977, « Gascogne et course landaise » publié en 1995, « Un gascon du XXème siècle » paru en 2003, « Nogaro 900 ans d’histoire » paru en 1996, écrit en collaboration avec Raymond Bois et Jean-Marie Danard, « Nogaro en Armagnac noir » paru en 2005 un an après sa disparition. Il faudrait une grande bibliothèque pour contenir toutes ses revues et ses ouvrages. Mais son goût pour l’écriture et la presse était aussi dicté par son intérêt pour la communication (un maître en la matière et très en avance sur son temps), pour la transmission des savoirs, pour la connaissance.

     Si l’on connaissait Robert Castagnon pour son appétence au sport automobile et à la course landaise, beaucoup ignoraient son parcours : né dans une famille d’agriculteurs, devenu ingénieur agronome après des études supérieures à l’institut national agrononomique Paris-Grignon, producteur d’armagnac, vice-champion universitaire de saut en hauteur, résistant durant la guerre au sein du mouvement « Combat », candidat à la députation sur la demande du Général de Gaulle, délégué des partis gaullistes, conseiller municipal de Nogaro… son seul regret fut de ne pouvoir accéder à la fonction de Maire détenue par son beau-frère le docteur Jean Dupuy. Un parcours suffisamment riche et mouvementé, pour pouvoir écrire dans l’un de ses ouvrages ces paroles de Jean de la Bruyère « Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté ». Robert Castagnon a bien rempli sa vie.

    Je formulerai un regret et quelque amertume : que le mundillo coursayre ne lui ait pas confié les rênes de la Fédération Française de la Course Landaise lorsqu'il a proposé ses services... plus que quiconque il en avait la stature.

     Hélas, et c’est sans doute un comble, ou un bien triste coup du sort, lui qui aimait tant l’automobile trouva la mort après un grave accident de la circulation survenu en février 2004 alors qu’il quittait la cave coopérative de Nogaro. Hospitalisé à Bordeaux durant de longs mois, il décédait en août de la même année. Il avait 84 ans. Une tragédie. Un homme d’’action et de conviction nous quittait. Un monstre sacré pour lequel j’ai la plus grande considération.

     Aller régulièrement à Nogaro c’est comme se rendre en pèlerinage. Pénétrer dans les arènes, par la grande porte, face à l’immense tribune, fermer les yeux et se souvenir... c’est une émotion intense et indescriptible, à l’image de ce que Robert Castagnon m’a apporté. Merci Monsieur, vous êtes irremplaçable. 

    

     Après sa disparition, le club taurin de Nogaro, son président Bernard Marque qui lui a succédé, et toute son équipe, ont tout mis en oeuvre pour poursuivre son action. Et en juillet 2005 les arènes de Nogaro étaient baptisées « arènes Robert Castagnon »… une belle initiative, celle de la reconnaissance. Merci Bernard Marque, merci au club taurin. Aujourd’hui, Nogaro est restée une place forte de la course landaise, animée, colorée, porteuse d’exploits dans la piste, et qui couronne toujours les grands champions. Robert Castagnon serait heureux de cette réussite… et il l’est sûrement.   

- René Gaujous : créateur du challenge de l'Armagnac et revistero

MP   Michel Puzos

René Gaujous est né à Losse (40), le 4 juillet 1907. Il est décédé à Casteljaloux (47), le lundi 4 novembre 1991. 

Il passe son enfance et sa jeunesse à Lapeyrade dans le voisinage de la ferme du « Moulin du Haut », où séjournent les célèbres pensionnaires du réputé ganadero de Buros Joseph Barrère. Après ses études et un passage au collège Saint-Taurin d'Eauze, René Gaujous devient élève de l'école d'horlogerie de Cluzes en Haute-Savoie. Plus tard, de retour à Lapeyrade, il seconde son père qui tient un magasin d'horlogerie à Gabarret et se perfectionne ainsi dans son activité professionnelle. Quelques années avant les événements de 1939-45, René Gaujous fonde un foyer, il se marie, quitte la Gabardan et se fixe à Casteljaloux où il installe un magasin de bijouterie-horlogerie.

Vers les années 1950, attiré par les charmes de la Capitale de l'Armagnac, il se replie à Eauze et rentre en contact tout de suite avec les tauromaches des environs. Par ses relations avec les ganaderos Joseph et Fernand Barrère, il côtoie les grands écarteurs d'avant-guerre, tels Gérard, Suisse, Robert, Montfort, etc... En février 1952, l'idée d'un challenge, véritable compétition par équipes, voit le jour à Barbotan. L'idée devient réalité. Le Challenge de l'Armagnac est créé. Albert Bengué se voit confier la présidence, tandis que Jean Sentou, en est le secrétaire général. La première course donnée pour le Challenge a lieu à Gabarret le dimanche des Rameaux en 1952, avec le concours du ganadero d'Ossages René Larrouture et la cuadrilla de Marcel Forsans.

Albert Bengué à gauche, René Gaujous à droite : les fondateurs du Challenge de l'Armagnac

Le 19 mai 1952 est un grand événement pour la course landaise puisqu'il voit la création du premier club de la course landaise. Le Club Elusate des Amis de la Course Landaise est ce jour-là présenté sur les fonds baptismaux. René Gaujous devient le président fondateur du Club Elusate avec en particulier ses amis : Raoul Dargelos, Marcel Larrieu, René Laffargue, Jean Faget, etc... Par le dynamisme de René Gaujous, le Club Elusate multiplie ses activités : voyages, concours landais de Dax, visite aux ganaderias, conférence de « Montluc-le-Rouge », etc... René Gaujous est également à l'origine des importants rassemblements des Clubs des Amis de la Course Landaise à Buglose.

René Gaujous (à la droite de Madame Labat) et le club Elusate en visite à la Ganaderia Labat

C'est entouré de ses amis Julien Laudet, René Laffargue et Jean Faget que René Gaujous donne des conférences dans les différentes localités de l'Armagnac et de la Ténarèze, et c'est grâce à cette action que de nouveaux clubs dont Castelnau d'Auzan, Marciac, etc... viennent s'ajouter au Club Elusate des Amis de la Course Landaise.

Pendant près de trente ans, René Gaujous, tant au titre de Commissaire Général ou à celui de Président, supervise avec une bienveillance paternelle, le déroulement de la marche du Challenge de l'Armagnac. Il s'entoure de militants dévoués tels Albert Bengué, Jean Sentou, Raoul Dargelos, Marcel Larrieu, Hector Baqué, Alex Claverie, Emile Labeyrie, Georges Lauron, Jean Castex, Armand Courrèges, Jean Pefau, Marcel Labassa... qui lui communiquent leurs impressions sur les courses qui se déroulent le dimanche. Lorsque Albert Benqué abandonne la présidence du Challenge, la majorité des suffrages se porte sur René Gaujous, pour conduire la direction du Challenge de l'Armagnac. Par sa compétence et son amour pour la course landaise, il prend à coeur tous les problèmes concernant le Challenge, en particulier les pointages et le règlement, et leur apporte chaque fois les meilleures solutions.

René Gaujous (à droite) remet une coupe à Christian Ramuncho en présence de Joseph Labat

En 1953, grâce à sa persévérance et sa passion, et soutenu par un solide noyau de tauromaches, il est l'artisan de la fondation de la Fédération Française de la Course Landaise. Son rôle de rassembleur se réalise.

Pendant de longues années, René Gaujous a été le vice-président de la F.F.C.L. et dans les réunions et les congrès, il milita toujours pour la vitalité de la course landaise.

En parallèle, et pendant près de quarante ans, René Gaujous, « Ener » pour la « Tuile », se dévoua et se dépensa pour la vitalité du journal où il connut son fondateur Joseph Pindat, et Jean Terrade dit « Montluc-le-Rouge ». Toutes les semaines, il prenait la plume pour écrire, soit un compte-rendu, un article, une rubrique, un poème, et surtout son fameux "Fait du jour", article de fond écrit avec excellence. Le journal « La Course Landaise » lui doit beaucoup et ne peut qu'honorer ce pionnier.

Le 8 avril 1984, grâce au Comité du Souvenir, il voit se réaliser un voeu qui lui était très cher : l'inauguration à Lapeyrade d'un monument élevé à la mémoire des ganaderos Joseph et Fernand Barrère. René Gaujous a écrit trois ouvrages : « Fernand Barrère, ganadero landais (1933-1939) », « Petite histoire du Challenge de l'Armagnac (1952-1962) » et « l'Histoire des Clubs de Amis de la Course Landaise (1952-1967) ».

En plus de ses fonctions fédérales, René Gaujous était Président honoraire du comité régional de l'Armagnac, vice-président de l'Amicale des Clubs des Amis de la Course Landaise, Président d'honneur du Comité du Souvenir de la Course Landaise, membre de Notre-Dame de la Course Landaise. Pour récompenser toute son action, René Gaujous avait reçu en août 1972 la médaille de bronze de la F.F.C.L., tandis qu'en février 1989, à Villeneuve-de-Marsan il se voyait attribuer la médaille d'or de la F.F.C.L.

- Ramunchito : une légende

- Nicolas Vergonzeanne

MP   Michel Puzos

 

Nicolas Vergonzeanne, un sauteur hors pair 

Huit fois champion de France des sauteurs de 1999 à 2004, puis en 2006 et 2007, Nicolas Vergonzeanne, gymnaste d'excellence, est devenu "torero" au fil des années, alliant sa formation et ses compétences de sauteur à la connaissance du bétail et de la course qu'il allait acquérir patiemment et intelligemment au fur et à mesure des courses qu'il disputait.

Car Nicolas Vergonzeanne, c'est l'homme des challenges, des défis que l'on se lance pour progresser, aboutir aux résultats que l'on s'est fixés, et dans le même temps donner au public le meilleur de soi-même et ce pour quoi il vient vous voir.

Après les vaches de course, ce furent les taureaux. Nicolas a participé à de multiples reprises au festival Art et Courage à Pomarez, réalisant chaque fois de véritables prouesses.

Lors de la "Nuit du Toro" à Dax en septembre 2006, qui fut un triomphe, puis en 2008 pour un nouveau spectacle tout aussi apprécié des 8000 spectateurs de l'arène dacquoise, et dont il fut aussi l'un des instigateurs et des organisateurs, Nicolas Vergonzeanne donna une fois de plus aux mots "art" et "courage" toute leur signification.

Mais Nicolas Vergonzeanne s'est fait aussi un nom en Espagne, berceau de la tauromachie. A de multiples reprises il y a sauté des taureaux, à Valladolid par exemple où il effectuait 11 sauts. Et pour être reconnu là-bas, au pays de la corrida, c'est que Nicolas ne détient pas seulement des qualités athlétiques mais aussi l'aficion.

Ayant décidé de ne plus participer aux compétitions individuelles, il s'est tourné vers l'organisation de spectacles. Après la Nuit du Toro à Dax pour deux spectacles qui furent une totale réussite, il a organisé le 2 août 2009 "Toro Emocion" un spectacle d'un genre nouveau aux arènes de Bayonne au cours duquel se mesuraient la tauromachie landaise et celle des Recortadores espagnols. Là encore un énorme succés. "No hay billetes" dans les arènes de Bayonne, 10 000 spectateurs pour faire un triomphe aux toreros des deux côtés de la frontière.

Malgré tous ces succés, Nicolas Vergonzeanne n'est pas un nombriliste. Sa passion, sa renommée, il les a mises durant plusieurs années au service des autres, et plus particulièrement des jeunes. Il a mené auprès des écoliers et des collégiens, une information et une initiation sur la course landaise. Aidé par la fédération française de la course landaise, il est allé d'école en école expliquer et montrer ce qu'est l'art tauromachique landais, celui de l'écart et du saut. Une oeuvre pédagogique menée avec talent et qui portera ses fruits dans les années à venir. Nicolas Vergonzeanne a aujourd'hui passé la main, mais il reste un pilier au sein de la Ganaderia Deyris. Et il est certain qu'il mettra ses connaissances et son savoir-faire au service de la tauromachie et de la course landaise.

Le 10 Septembre 2010 a été pour lui un nouveau défi réussi, celui de remplir pour la troisième fois les arènes de Dax pour une Nuit du Toro exceptionnelle, au cours de laquelle écarteurs et sauteurs, les gladiateurs des temps modernes, ont affronté des taureaux des grandes ganaderias espagnoles (voir le diaporama dans les albums photos de Jean-Marie Crampes) et où Nicolas s'est encore distingué en sautant plusieurs d'entre eux. 

Même s'il ne dispute plus de compétitions, Nicolas Vergonzeanne reste toujours au faîte de son art.  

  

EX-CEP-TIO-NNEL NICOLAS VERGONZEANNE

Vendredi 16 Mars 2012 : les arènes de Castellon (sur la côte est de l'Espagne) ont vibré au triomphe de Nicolas Vergonzeanne face au toro "assassin" Raton. Nicolas avait relevé le défi de sauter ce toro légendaire de la ganaderia Grégorio de Jesus.  Raton est un toro "de corro", loué par son ganadero pour les fêtes populaires de la région. Aujourd'hui âgé de 11 ans, Raton s'est forgé une véritable légende. Réputé pour son agressivité et sa vélocité, ce toro compte à son palmarès de nombreuses victimes. Personne ne l'avait encore sauté, et c'est ce pari-là que Nicolas Vergonzeanne a voulu relever. Pari réussi et nouvel exploit à verser au palmarès du champion. 

(ci-dessous les images de Toropasion)

 

- Jérôme Gimenez "Atano"

MP   Michel Puzos

Jérôme AtanoJérôme Gimenez "Atano" a été honoré le jour de l'Ascension 2010 à Bascons.

Durant près de 37 ans, de 1935 à 1972, Jérôme Gimenez "Atano" fut un écarteur adulé du public, autant pour ses qualités d’écarteur que pour ses qualités humaines et relationnelles.

Né à Nay dans les Pyrénées Atlantiques le 4 Avril 1919, Jérôme vécut dans une famille nombreuse puisqu’il fut le 3ème enfant dans une fratrie de 11 garçons et filles. Ses débuts en course landaise datent de 1935. La famille Gimenez habitait à Dax et Jérôme travaillait alors aux salines. Pour Pentecôte, il décida avec trois de ses camarades d’aller écarter dans une course d’amateurs qui se déroulait ce jour-là. C’était plutôt un pari de copains plus qu’une passion, mais pour ne pas se dédire au dernier moment, ils avaient décidé auparavant que celui qui se « dégonflerait » paierait une tournée d’apéritifs. C’était un temps où l’on ne roulait pas sur l’or, et il n’était donc pas question de se défiler. Jérôme Atano n’était pas fier et il fut le dernier à se présenter devant la vache. Il n’en menait pas large mais effectua malgré tout ses deux écarts.

Le cordier Charles Despouys l’interpela : « Comment t’appelles-tu ? quel âge as-tu ? - Je m’appelle Jérôme Gimenez et j’ai seize ans ».

La question du cordier n’était pas innocente et il avait décelé chez Jérôme des qualités certaines. « Bien, continua Charles Despouys, laisse cette vache et tu écarteras celle que je vais t’indiquer quand elle sortira ». Ce fut le cas avec une vache à la robe rouge. Jérôme Gimenez fit 6 écarts, maîtrisant tant bien que mal son appréhension. Mais le cordier lui fit signe que c’était bien, et à la fin de la course il lui remit une somme de cent francs. C’était fabuleux, Jérôme n’avait jamais possédé autant d’argent.

Le ganadero René Larrouture, propriétaire du troupeau, lui demanda d’aller avec lui le lendemain pour une course de seconde à Soustons. Jérôme accepta. Beaucoup plus calme et beaucoup plus sûr de lui que la veille à Dax, il tourna 20 écarts et se classa troisième d’un petit concours organisé à cette occasion… et il empocha encore plus d’argent que la veille… 150 francs.

Dès lors, le destin d’écarteur de Jérôme Gimenez était scellé. Autour d’une table, René Larrouture, Charles Despouys et Jérôme conclurent un accord. Jérôme devenait écarteur. Et Charles Despouys lui suggéra de prendre le nom d’un célèbre pelotari espagnol : Atano.

Jérôme Atano écarta donc en 1935 pour le ganadero Larrouture. La même année il réalisa même un saut périlleux arrière à Biarritz. Mais en 1936 c’est pour le troupeau Stétin de Dax qu’il s’engagea et en 1937 pour le troupeau Lafitte.

Malheureusement la guerre fut déclarée en 1939. Mobilisé à Mont de Marsan, il partit avec son unité en Syrie puis en Palestine, aux côtés des troupes britanniques. Il fut rapatrié à Montpellier en 1942. La famille était toujours à Dax, mais pas question d’y revenir car Dax se trouvait en zone occupée par les Allemands. C’est à Grenade sur Adour, où vivait l’une de ses sœurs qu’il vint s’installer. Il se maria en Novembre et trouva un emploi de garçon d’écurie à Mont de Marsan. Avec son épouse, Jérôme s’installa à Saint-Sever, et chaque jour il parcourait le trajet Saint-Sever - Mont de Marsan à bicyclette.

Il n’avait plus qu’une idée en tête, pratiquer la course landaise qu’il avait abandonnée par la force des choses à la déclaration de la guerre et également le rugby à Saint-Sever.

S'il pensait à la course landaise, la course landaise ne l’avait pas oublié non plus. Il reçut la visite de René Larrouture et de Joseph Labat qui organisaient une course en faveur des prisonniers de guerre. Nous étions en 1944 et cela devait avoir lieu pour Pâques. Il accepta bien sûr avec plaisir et c’est ainsi qu’Atano revêtit à nouveau le boléro. Il passa trois ans chez Larrouture avant de rejoindre Joseph Labat en 1947 pour un bail de 13 ans. Il quittait Joseph Labat pour Raoul Pabon chez qui il restait 3 ans, de 1960 à 1962, avant de revenir chez Joseph Labat où il terminait sa carrière en 1964 après une dernière course à Labastide d’Armagnac. Il a alors 45 ans. Mais de temps en temps il participe à certaines manifestations… et son véritable dernier écart c’est à Larrivière le 2 octobre 1972 qu’il l’a tourné, remportant le concours des anciens toreros.

Jérôme Atano était fier du premier boléro qu’il portait et qu’il avait acheté à Salamanque. Mais il était fier aussi de porter celui que Joseph Labat lui avait offert en 1946. Le dernier boléro qu’il a porté, ainsi que tout l’équipement de l’écarteur, il l’a donné à Jean-Claude Deyres.

Jérôme Atano était quelqu’un de très respectueux, à la fois du public et de ses camarades de cuadrilla. Un jour, Antonio Vis, le père des 3 champions Michel Vis, Ramuncho et Ramunchito, lui avait dit le prenant à part : « Sois toujours poli et honnête, ainsi tu seras aimé du public, tu auras des amis et tu passeras partout ». Déjà porteur en lui de ces qualités, Jérôme Atano les suivit à la lettre. Et lorsque Joseph Labat pour ces mêmes raisons lui confia les responsabilités de chef de cuadrilla, ce fut la consécration, pas seulement de ses qualités d’écarteur, mais de son état d’esprit et de ses qualités d’homme.

Jérôme Atano fut durant 13 ans chef de cuadrilla, 10 ans chez Labat et 3 ans chez Pabon. Ce n’était pas toujours le rôle rêvé car lorsque les difficultés survenaient dans la cuadrilla, que le bétail était sans allant, que les écarteurs étaient fatigués ou sans motivation, il fallait alors que le chef paie de sa personne pour ne pas décevoir le public.

Jérôme Atano racontait qu’un jour à Villeneuve de Marsan il venait d’effectuer 50 écarts pour pallier au peu d’envie de ses collègues… et que malgré cela il reçut des tomates, car sa cuadrilla, malgré ses exhortations, préférait la fraîcheur du bar au soleil de la piste… Pour sauver la course il continua à écarter et tourna finalement 72 écarts ! Parfois il lui fallait au contraire intervenir pour calmer leur ardeur lorsque les primes étaient nombreuses et élevées… là il y avait du monde en piste, et il fallait bien en tant que chef exemplaire exiger le bon partage.

Tel était Jérôme Atano, toujours soucieux des autres plus que de lui-même.

Il remporta de nombreux concours, grâce notamment à la Volontaria de Labat qu’il affrontait toujours avec confiance, et même parfois les pieds liés comme à Marciac en 1953. Avec ses cuadrillas il fut aussi à l’honneur de nombreuses fois dans les challenges. Jérôme Atano n’eut qu’un seul regret, celui de n’avoir pu décrocher le titre de champion de France. Il termina second en 1957 derrière Maxime (Robert Goeytes).

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En 1957, Maxime (à droite) remporte le second championnat de France devant Jérôme Atano (à gauche)

Jérôme Atano, comme tout écarteur, essuya bien sûr des blessures, parfois graves, mais c’est peut-être celle de Challenguere en 1952, une vache terrible et qui lui cassa le bras, dont il se souvenait le plus. Mais la forme qu’il entretenait en faisant quotidiennement plusieurs kilomètres de footing lui permettait d’encaisser certaines tumades.

Lorsqu’on parle de Jérôme Atano, on évoque souvent son caractère superstitieux. Il s’en est toujours défendu et chaque fois qu’un journaliste lui posait la question, il disait « c’est faux. Par contre je suis très croyant et j’ai conservé une vive foi en Dieu ». Effectivement, Jérôme Atano priait avant chaque course et se signait avant le paseo. Ces gestes de foi n’étaient pas toujours compris des autres membres de la cuadrilla et Joseph Labat dut intervenir fermement pour que cette foi soit respectée. Et elle le fut.

Ecarteur stylé, et dont la vaillance et le caractère furent appréciés de tous, Jérôme Gimenez « Atano » restera à jamais l’un des écarteurs les plus doués de l’histoire de la course landaise.

Il reçut en 1969 la médaille de bronze de la reconnaissance de la FFCL et en 1990 la médaille de bronze du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Jérôme Gimenez Atano est décédé en septembre 1995.

Jérôme Atano

- André Taris

MP   Michel Puzos

Les moins de cinquante ans n’ont pas connu André I dans les arènes des Landes, du Gers et du Béarn, puisqu’il a réalisé son dernier saut en 1964, il avait alors 50 ans.

Plus tard toutefois, ils auraient pu le rencontrer sur son vélo sillonnant les routes du Marensin ou de la Chalosse car tous les deux jours il y faisait sa sortie de 70 kilomètres. Ils auraient pu le rencontrer aussi à la piscine de Morcenx où il allait faire ses brasses et ce pour la plus grande joie des enfants qui lui disaient dès qu’ils l’apercevaient : « Allez papi, fais-nous un saut périlleux », ce qu’il faisait avec plaisir en s’élançant du plongeoir le plus bas. Il avait d’ailleurs reçu une médaille récompensant le meilleur de sa catégorie. Ils auraient pu le rencontrer aussi sur les terrains de rugby puisqu’il fut un brillant ¾ aile à la J.S.R.

Ils auraient pu le croiser également au sein de l’Harmonie municipale qu’il a fréquenté plus de 35 ans, sa fidélité ayant été récompensée par une médaille d’or avec palme.

André Taris était donc un grand sportif et un homme d’engagement.

Pas étonnant que ce jeune résinier né à Laluque le 19 novembre 1914, se sente des ailes pour franchir les coursières.

En fait, c’est comme écarteur qu’il entre dans l’arène, à l’occasion des fêtes de Rion. Nous sommes en 1931, il a alors 17 ans. L’après-midi se passe plutôt bien et il empoche 300 francs, une jolie somme à cette époque. L’argent était rare et ces billets gagnés aussi rapidement lui donnent envie de recommencer. Le dimanche suivant il enfourche son vélo et se rend à Saint-Geours de Marenne. A l’affiche le troupeau Cantegrit avec Charles Despouys à la corde. Les écarts succèdent aux écarts. Et il écarte avec une telle souplesse que le ganadero le remarque et lui demande de sauter les vaches. André hésite, il sait qu’il peut sauter 1m72 ayant remporté le championnat des Landes Junior avec une médaille à la clé. Il n’y a que le premier pas qui compte dit-on. En effet le premier saut est exécuté sans problème, puis un deuxième, un troisième… à partir de ce moment-là sa décision est prise : il sera sauteur. Une décision qui malgré tout n’ira pas sans mal car le petit résinier embrasse la carrière de torero au grand désespoir de ses parents.

En 1934, le ganadero Cantegrit le prend en formelle. En 1935 il effectue son service militaire dans les zouaves à Constantine. Au cours d’une permission qui coïncide avec les fêtes de Mouscardès, il se rend à la course. Est-ce l’habit de lumière ? toujours est-il qu’il séduit à l’occasion Juanita Martin, la sœur du célèbre écarteur Lalande. Il l’épousera en 1938.

En 1936 Monsieur Saint-Martin succède au ganadero Cantegrit, la cuadrilla est la suivante : Gérard chef, Lalande, Gaston et Raymond Lavigne, Habas, Gaston Bourre et Tisterot à la corde, André I sauteur.

Mazzantini a depuis quelque temps remis le saut périlleux à l’honneur ; « Qu’à cela ne tienne dit-il, je n’y avais pas pensé mais je le ferai ». Le 15 août 1939 en place de Magesq c’est chose faite.

Depuis ses premiers pas dans l’arène, il a fait son chemin, tant et si bien que le roi des ganaderos, Monsieur Barrère, lui fait signer un contrat (4000 francs plus 250 francs par course) qui le lie à lui pour la temporada 1940. Hélas c’est compter sans la drôle de guerre, il n’ira jamais chez Barrère, il sera comme beaucoup fait prisonnier en Allemagne pendant 5 longues années.

En 1945, les ganaderos Barrère, Lafitte et Saint-Martin ont disparu, il rentre chez le ganadero Maigret qui vient de succéder au ganadero Saint-Martin.

En 1946 il défend les couleurs du ganadero Larrouture, comme écarteur, car il pense être trop vieux pour sauter. Mais René Larrouture a assez d’écarteurs et lui demande de sauter, ce qu’il fera de longues années encore. C’est d’ailleurs pour cette ganaderia qu’il fera son dernier saut périlleux en 1962 dans les arènes de Rion, là où il avait débuté. Il sautera encore deux années chez le ganadero Raoul Pabon, jusqu’en 1964. Une longue carrière en vérité.

Quand on lui demande ce qu’il pense des sauteurs actuels, il répond simplement « ce sont de grands champions ».

Les écarteurs qui l’ont marqué ? il réfléchit un peu… « Meunier, Coran, mais je crois qu’Abel Montfort était un des plus grands artistes… dès qu’il avait revêtu le boléro tous ses gestes étaient d’une grande joliesse ».

Un fait marquant dans sa carrière ? « Oui, j’ai disputé le concours de Mont de Marsan en 1946 comme sauteur et comme écarteur… chose rare non ? ».

Quand il a quitté le centre de l’arène, André Taris s’est assis à la table de pointage comme juré, mais pas longtemps… « C’était la galère dit-il. »

On pourrait ajouter qu’avec sa femme ils ont confectionné 500, peut-être 600 boléros… qui dit mieux ?

A près de 80 ans, André Taris faisait encore le poirier pour maintenir sa forme, prenant une chaise, mettant la tête sur le siège et les pieds en haut… et il s’était ainsi produit au cours d’un vin d’honneur, devant une cuadrilla médusée qui venait de se produire pour la course des fêtes.

Un tel torero, un tel monsieur, ne pouvait qu’être honoré par les édiles de Rion des Landes qui lui firent l’honneur de donner son nom aux arènes de sa cité et de ses débuts. (Jacky Labernède)

André Taris est décédé en octobre 2008.

 

- Gilbert Laloubère

Jacky Labernède avait rencontré Gilbert Laloubère, champion de France des sauteurs en 1968. Un sacré personnage (hélas disparu) qui devait figurer dans cette cette série de portraits

  • Jacky Labernède

EN SAOUTAN : C'est le nom  de la charmante demeure de Gilbert Laloubère, né le 22 février 1925, sauteur landais entre 1946 et 1986. Très jeune, à 13 ans, il aide son père charpentier. Il se souvient de ces départs en forêt, avec hache et passe-partout, pour aller abattre les chênes dont ils auront besoin pour leur travail quotidien. Il se souvient aussi vers l'âge de 16 ans de la poutre qu'on lui avait demandé de confectionner à partir d'un chêne entier, les coups de hache n'étaient pas très réguliers.

En 1944 c'est la guerre. Il part dans le maquis, puis s'engage dans l'armée. Il a 19 ans.

En 1946, l'armée terminée, il rentre au pays. Le 19 mai une course a lieu à Mugron. Monsieur Lartigau, boucher de son état, mais aussi membre de l'Espoir Mugronais et connaissant Gilbert qui pratiquait l'athlétisme, lui parie 10000 francs qu'il ne sauterait pas une vache. On a vu plus haut qu'il n'avait pas peur, et lui qui n'avait jamais mis les pieds dans une arène remporte le pari, exécutant 6 sauts et 19 écarts devant les vaches du ganadero Pierre Maigret.

En 1946-1947 il saute un peu partout, le plus souvent chez Maigret, ses moyens assez exceptionnels ayant fait le tour du mundillo.

En 1948 le ganadero Larrouture l'engage, 6000 francs pour une course, 10000 pour deux jours de course, il y restera 22 ans.

A ses débuts il ne faisait que le saut à la course, mais voyant André Taris faire le saut  périlleux il se dit "pourquoi pas moi", et le 8 août à Amou il réussit trois sauts périlleux passant très haut au-dessus de la coursière. En fait, le saut périlleux a été son premier saut, il fera le saut pieds joints plus tard. Le saut de l'ange n'avait pas encore été inventé par Michel Agruna, gymnaste de formation. Il faut dire qu'en plus de sauter Gilbert était aussi entraineur avec Ernest Lagière, tragiquement disparu dans un accident de voiture.

Gilbert fera son dernier saut dans son village natal de Hauriet, il a alors 49 ans.

Nous avons vu qu'il était resté 22 ans chez Larrouture. En 1970 il quitte cette ganaderia pour un différent avec Marcel Forsans qui voulait que la corde soit placée sur la corne, ''ça existe encore aujourd'hui'' précise-t-il. Gilbert n'en tenant pas compte, Forsans lui dit "tu ne seras pas des nôtres l'an prochain", ce qui fut le cas.

En 1970 il signe chez le ganadero Dutoya. Il y restera deux ans. L'année suivante, en 1972 il est chez Linès.

En 1973 Paul Deyris vient d'acheter des vaches et monte une cuadrilla. Gilbert entre comme teneur de corde.

En 1986, après 40 saisons au service de la course landaise, il prend une retraite bien méritée.

La course landaise ne permet pas de vivre de son produit, l'écarteur ou le sauteur doit pratiquer un métier. Gilbert travaille alors, comme il avait débuté, chez des charpentiers. Mais mécontent de son sort, il monte à Paris, comme on dit ici. Il y restera 6 ans et exercera le métier de chauffeur livreur. Tous les week-end, de 63 à 69, il revient dans les Landes pour assurer les courses.

Les souvenirs sont nombreux et les citer tous est impossible. Quelques souvenirs quand même : en 1961, à Bascons, toujours pour un pari, il saute une vache pieds joints en l'attendant de dos.

En 1962, à Viella, il tombe et la vache le châtie fortement, résultat un gros hématome à la fesse qui le fait énormément souffrir. L'ennui c'est que le lendemain il y a course à Mugron et il veut sauter à tout prix. Pour ce faire, il se rend chez le docteur Mouchez afin qu'il lui fasse une ponction de ce sang. Le voilà soulagé, il peut donc sauter l'après-midi à Mugron. Le soir il y a course à Peyrehorade,  il exécute 46 écarts et 22 sauts... excusez du peu... et merci docteur.

Autre défi à Pommadez avec Laborde de Baitgs, il tourne cinq écarts dont trois intérieurs et un saut à la célèbre Mimosa.

Dans ses souvenirs il allait presque oublier de me dire qu'il fut champion de France à Nogaro en 1968.

Mais si cet homme est aussi alerte à 90 ans, c'est qu'il a toujours fait du sport. En 1953 il fut champion de cyclo cross à Sauveterre de Guyenne. Il a toujours fait du vélo, 50 km deux fois par semaine, jusqu'à l'âge de 89 ans.

De son premier métier il a gardé son savoir, et tous les meubles de sa maison sont fabriqués de ses mains, et il continue toujours à travailler le bois. Actuellement il construit un balcon, trois éléments de quatre mètres.

Et vous saurez tout de lui quand je vous aurais dit qu'il fréquente toujours les bals à papa.

Gilbert l

Sacré personnage Gilbert Laloubère, toujours le sourire, l'oeil vil, et la bonne histoire à raconter.

Date de dernière mise à jour : 19/12/2020

Commentaires

  • MichelPuzos
    • 1. MichelPuzos Le 02/01/2021
    Fabienne,
    Merci pour votre message et pour vos bons voeux. Je vous ai adressé un courrier mail avec la photo de cette remise de médaille. Meilleurs voeux à vous aussi pour cette nouvelle année, et espérons nous retrouver cet été pour la course landaise de Poyanne. Amitiés. Michel
  • LabyFauthouxFabienne
    • 2. LabyFauthouxFabienne Le 02/01/2021
    Bonjour Michel,
    J'ai relu le bel hommage que vous avez écrit sur mon père et je vous en remercie encore...
    Je souhaiterais savoir où vous avez trouvé cette photo de la remise de la médaille de bronze à Aire et s'il était possible de me la faire parvenir.
    Je vous remercie encore pour tout ce que vous apportez à notre chère course landaise qui est bien mise à mal depuis plusieurs mois, et vous présente mes meilleurs voeux de bonheur, santé, de liberté et de convivialité retrouvées.
    Avec toute mon amitié.
    Fabienne Laby-Fauthoux