Billet du Jour / Carnets de Route

Comme chaque année "Course Landaise Magazine" fait son bilan. J'ai répondu aux questions de Vincent Moulia, des questions toujours originales dans leur formulation et qui m'ont permis d'aller au fond des choses et de dresser un bilan le plus complet possible et sans concession.

Cher Michel, l'heure est venue d'envisager la nouvelle année et donc de dresser le bilan de ce qui s'est passé en 2013. Alors une première question... en 66 mots maximum, peux-tu dire ce que tu ressens à la fin de cette année, sans trop entrer dans les détails que nous approfondirons par la suite... à toi !


 

 En 66 mots... bien joué Vincent, 66 ans, 66 mots, je vais essayer de ne pas les dépasser. Superbes moments passés aux arènes avec les comités toujours accueillants... quelques grands moments de course landaise... la sortie de mon premier livre et la formidable année passée au côté de Didier Goeytes... l'envolée du site avec un record de visiteurs à plus de 1600 par jour en pleine saison. Amertume venant de certains comportements que je n'ai pas appréciés, et ma lassitude des contestations sans fin. Voilà en quelques mots rapides mon ressenti de la saison.

Pourrais-tu s'il te plait donner quelques grands moments vécus durant cette temporada ? Et par la même occasion mettre en avant des comités qui méritent leur succès et qui ont montré leur passion au travers du travail effectué...

- La plus grande course que j'ai vue cette année c'est à Morcenx avec l'Armagnacaise. D'ailleurs je n'ai pas entendu une seule critique de la part des tauromaches qui y ont assisté, ce qui est rare. Bétail, travail, ambiance, tout a été formidable... et cette course ne comptait pas pour le challenge, ce qui prouve bien qu'on peut faire de grandes courses sans compétition. Pourtant le bétail était le même que celui que l'on a vu en compétition toute l'année, corne d'or comprise. Mais j'ai d'autres très belles courses en mémoire, je citerai Campagne, Geaune, Vielle-Turasan et Cazaubon pour la Dal, Audignon, Horsarrieu, Villeneuve de Marsan et Lembeye pour l'Armagnacaise, Audignon, Arzacq, Pomarez, Samadet pour Dargelos, Saint-Justin, Le Houga, Estang pour Deyris... et je ne cite là que les principales. S'il y a beaucoup à dire sur la première partie que j'ai trouvée assez terne dans l'ensemble, par contre beaucoup de secondes parties ont été exceptionnelles. Et vraiment cette année restera pour moi un bon cru, malgré je le répète cette grande disparité entre 1ère et 2ème partie. Il paraît que l'on va repartir sur les mêmes bases, je le regrette un peu.

Ensuite j'ai apprécié les concours, je suis fan des concours, je l'ai toujours été, et bien sûr celui de Dax a été l'apothéose avec la victoire de Rémi Latapy. J'ai bien aimé aussi le festival art et courage même s'il a été compliqué, si le temps n'était pas de la partie, je me suis régalé à la despedida de Nicolas Vergonzeanne autant par le spectacle que par la qualité du travail en piste... et voir 8000 spectateurs ne pas bouger sous la pluie jusqu'à la dernière seconde, c'est quand même quelque chose d'exceptionnel. Bien sûr il y a eu d'autres très belles courses auxquelles je n'assistais pas comme St Gor, Bougue, Garlin, Gabarret et j'en passe. Oui une bonne année je pense.

Début décembre un président de comité m'écrit pour me souhaiter un bon anniversaire et il ajoute "merci pour tout ce que vous faites pour les comités"... bien sûr cela me touche et me fait plaisir, mais sans les comités, sans tous ces bénévoles qui se dépensent sans compter il n'y aurait pas de courses. Et donc à travers le site je fais tout mon possible pour mettre en valeur leurs actions. Je ne peux pas aller partout et ils le savent, mais la venue d'Aurélien parmi nous pourra compenser mes absences. Et puis tous les autres correspondants font un magnifique travail et j'espère qu'ils seront accueillis avec autant de chaleur que je le suis moi-même. Alors après, et je n'hésite pas à le dire, il y a des comités qui nous ignorent totalement, non pas parce que nous sommes "persona non grata", tout simplement parce qu'ils n'ont pas compris encore quel rôle nous jouons et ce que nous pouvons apporter... et c'est la raison pour laquelle je donnerai la priorité l'an prochain aux comités qui souhaitent notre présence. Jusqu'alors je me "cassais" la tête pour savoir qui irait à tel ou tel endroit, et c'est un vrai planning qu'il fallait établir. Changement de cap en 2014, nous irons là où d'abord nous souhaitons aller, et là où l'on souhaite nous voir. Et puis je voudrais dire aux comités qui souhaitent que leurs courses soient mieux annoncées, qu'ils peuvent m'adresser par mail leurs affiches (en fichier Jpeg uniquement) et leurs annonces, comme cela se faisait autrefois dans la Tuile, en première page. Je les publierai avec plaisir.

Tous les comités sont méritants lorsqu'ils se donnent du mal pour organiser une ou plusieurs courses. Bien sûr chaque année certains se mettent plus en valeur que d'autres, je pense à Renung cette année, à Campagne ou à Momuy et j'en oublie... je leur tire un grand coup de chapeau à tous et à la place qui est la mienne et selon mes possibilités je ferai le maximum pour être à leur côté.

Quelle mémoire !
Alors on sait que la base d'une bonne course ce sont des acteurs et du bétail... y'a-t-il un acteur qui s'est démarqué en particulier cette année ? et y a-t-il une vache qui t'a plus marqué que ses collègues ?

- Effectivement à la base d'une bonne course il faut du bétail et des acteurs qui font pour le mieux pour le travailler. Mais il y a bien d'autres ingrédients pour qu'une course soit un bon spectacle, il faut aussi une bonne musique, un bon débisaïre, un public participatif, du beau temps etc etc...

Depuis quelque temps on se plaignait du manque de bétail, du manque de marraines surtout, et on craignait que ce qui fait la force de la course landaise, c'est à dire l'émotion, disparaisse un peu. Cette année il faut constater avec plaisir l'apparition de quelques coursières sérieuses, je pense à Ibiza, à Paquera, à Perla, à Fidelia, à Flamenka et quelques autres. Elles sont magnifiques, de par leur morphologie et leur prestance, et de par leur attaque et leur comportement. Sans doute les ganaderos qui ont sorti pas mal de nouvelles et de vaches de l'avenir cette année ont encore sous le coude de futures grandes coursières, l'avenir le dira. Personnellement j'apprécie les lots bien composés avec un savant mélange de vaches brillantes et de vaches sérieuses devant lesquelles il faut se risquer. On se moquait un peu de Garbayite ou de Maestrante mais lorsque devant ces vaches on a un Hugo Viney-Thomas ou un Christophe Dussau qui vous sortent des écarts sous mus ou qui tournent à l'intérieur des écarts sur la pointe de la corne alors on a du spectacle de grande qualité. Bien sûr la course landaise c'est l'émotion et je crois que lorsque sont en piste Ibaneza, Experte, Adelaïde, Ibiza, Paquera, Mendoza, Maestranza et d'autres, alors cette émotion on la retrouve vite. Les vaches qui m'ont le plus marqué ? sans doute Ibiza et Paquera, mais la corne d'or Ibaneza quoi qu'on en dise est toujours là, toujours grande coursière et devant laquelle il ne faut pas se tromper.

Un acteur qui s'est démarqué ? s'il fallait n'en citer qu'un je dirai peut-être Julien Guillé car pour la première fois il a participé au championnat de France, et il s'est battu et bien battu comme un beau diable. Mais Rémi Latapy le suit de près, son concours de Dax est extraordinaire. Voilà deux jeunes qui vont faire parler d'eux... mais il y en a bien d'autres, à commencer par Mathieu Noguès qui rafle encore la mise au championnat des sans corde et au championnat de France. Il a fait une fin de saison magnifique, c'est un torero confirmé, d'une grande générosité et des talents fous. Marty et Bordes ont fait une très bonne saison, Lapoudge et Dunouau aussi, sans oublier David Laplace showman à ses heures et qui remporte le championnat de France des sauteurs pour sa première participation, un exploit... et puis je crois que l'homme de l'année c'est également Vincent Muiras, c'est lui qui a tourné le plus grand nombre d'écarts et il termine deuxième du championnat de France. Bien sûr j'accorderai une mention toute spéciale à Nicolas Vergonzeanne, non seulement en tant que sauteur, mais aussi en tant qu'homme de piste et bien sûr organisateur. Il a tout fait cette année et tout réussi. C'est un exemple pour les jeunes. 

On peut noter le sérieux de tes observations et ton engouement pour le spectacle, la technique, le sport, le courage, l'art aussi et la passion qu'il faut pour y mettre tout ça !
Une petite "question-défi"...
Pourrais-tu, en 7 phrases, dire quelque chose sur Nicolas Vergonzeanne ou lui dire quelque chose aussi si tu veux, selon le principe d'un acrostiche avec les lettres de son prénom ?

- Je relève le défi Vincent et voici donc en 7 phrases ce que je voudrais dire à Nicolas Vergonzeanne.

Nicolas Vergonzeanne aura incontestablement marqué la course landaise par ses prouesses dans l'arène et par sa personnalité. Un sauteur doué et un charisme incontestable.

Inventeur, créateur, Nicolas Vergonzeanne a donné à la course landaise le vrai sens du mot festival, alliant technique et spectacle. Mais il a su avec la rondade, les sauts à plusieurs, les sauts monter-descendre et bien d'autres choses encore apporter au spectacle toute sa diversité.

Champion hors catégorie, affrontant vaches et toros, en France comme en Espagne où il s'est fait un nom, Nicolas Vergonzeanne fait partie des meilleurs sauteurs de l'histoire de la course landaise, accrochant à son palmarès 8 titres de champion de France, égalant ainsi le précédent record de Michel Dubos.

Organisateur talentueux, Nicolas Vergonzeanne a prouvé qu'il n'était pas seulement un sauteur exceptionnel mais qu'il avait aussi d'autres cordes à son arc. En organisant avec succès la Nuit du Toro et Toro Emocion, remplissant à rabord les arènes de Dax et de Bayonne, le sauteur s'est transformé en concepteur et en organisateur hors pair.

Légende est désormais la nouvelle catégorie dans laquelle Nicolas Vergonzeanne est entré après sa despedida. Son immense carrière, reconnue de tous, appartient désormais à l'Histoire.

As de la voltige, Nicolas Vergonzeanne aura désormais d'autres rôles à jouer dans la course landaise, rôles que l'on pourrait tous relier et regrouper désormais sous l'appellation "Développement et promotion de la course landaise".

Suerte Nicolas Vergonzeanne après ta despedida dans tes nouvelles aventures pour porter le plus haut possible les couleurs de notre art gascon.

Le défi est relevé Michel ! Et même haut la main j'ai envie de dire ! Beau travail !
Alors pour continuer j'aimerais aborder avec toi le succès de ton site et l'avenir...
Que ressens-tu face à l’engouement pour ton site ? Vois-tu une différence avec tes débuts sur la toile en 2006 ?
Aurélien rejoint l'équipe et semble partager le même goût pour l'aventure que toi. Est-ce pour toi une manière de lever le pied ? De souffler un peu ? Y vois-tu un souffle nouveau pour le site ?
Est-ce que des nouveautés sont d'ores et déjà à prévoir pour la temporada 2014 ?

Quand je m'engage à faire quelque chose je le fais à fond, et devant les difficultés je redouble d'ardeur. Je ne réussis pas toujours, mais qui ne tente rien n'a rien.

Après quelques essais et quelques tâtonnements entre 2003 et 2006, je me suis lancé à fond dans la création de "Course Landaise Magazine". Je remercie une fois encore tous ceux qui m'ont aidé et soutenu, de Michel Laurensan à Jacky Labernède en passant par quelques acteurs que je n'oublie pas même s'ils ne sont plus dans la piste, je pense à Damien Giacomin et à Julien Jacques, mais il y en a bien d'autres. Leurs encouragements ont été source de vitamines. Et tous ceux qui ont participé avec moi à cette aventure en tant que rédacteurs ont aussi leur part dans cette réussite.

Ceci dit, tu me demandes ce que je ressens. Beaucoup de satisfaction bien sûr quand je regarde ce qui s'est passé durant ces 8 années d'existence du site, car la progression a été constante et nous avons battu cette année encore tous les records de visiteurs au quotidien avec des pointes à plus de 1600 en juillet et août. Mais ma satisfaction elle vient surtout du fait que c'est le résultat d'un gros travail, d'un très gros travail. Et je crois que la reconnaissance qui m'est faite aujourd'hui je la dois en partie à cela, sans fausse modestie. Je ne me contente jamais de l'acquis, j'essaie d'aller toujours de l'avant et de toujours améliorer ce qui peut l'être.

Je crois qu'une autre clé de cette réussite, c'est la tenue de la promesse que j'avais faite, à savoir servir la course landaise et non pas servir tel ou tel en particulier. J'avais employé une formule que je répèterai sans cesse : je suis de toutes les couleurs. J'aurais pu être agressif parfois, virulent, je l'ai été autrefois, j'avais une plume plutôt acide, mais c'était la plume d'un jeune qui n'a encore rien appris de la vie et qui croit que tout est permis. Je ne suis plus, et depuis bien longtemps dans cet état d'esprit là. Si je me suis engagé c'est pour servir, pas pour détruire. Cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec tout, bien loin de là. Je l'ai dit d'ailleurs dans pas mal de billets du jour que j'ai signés. Et puis j'essaie toujours d'apporter des solutions, ou tout du moins une manière de procéder pour arriver à régler certains problèmes. Je l'ai souvent dit quand on me parlait de mon métier d'enseignant, je n'avais pas de problèmes particuliers mais je passais mon temps à régler les problèmes de mes collègues. J'ai toujours dit que je ne jouerai jamais la provocation, on a vu à une certaine époque à quoi cela pouvait mener. Ah certes on  a bien ri de certaines "une" et de certains articles, mais à quoi cela a-t-il abouti ? Je ne me situe pas dans cette optique-là, je garde le cap que je me suis fixé, mon savoir-faire et mon indépendance.

Tu me demandes ensuite si je vois une différence... pour ce qui est de mon travail non, je travaille toujours de la même manière, avec toujours cette envie de faire mieux. La différence c'est sans doute au niveau de la notoriété, je suis passé de quelqu'un de pas connu du tout à quelqu'un de connu, mais je n'en tire aucune gloire, je reste toujours à la marge du mundillo coursayre. J'ai de très bonnes relations avec l'ensemble du milieu coursayre, bien reçu et bien accueilli partout, mais je ne suis pas un fureteur de cuisines. J'ai bien sûr des amis, ceux sur qui l'on peut compter, ceux avec qui je me sens bien et qui m'apportent beaucoup sur le plan humain.

Aurélien a rejoint l'équipe cette année et j'en suis très heureux. Je l'ai dit voici quelques jours à la radio, je pense qu'Aurélien c'est l'avenir dans le milieu de la presse, c'est un passionné, il connaît parfaitement bien la course landaise, il écrit remarquablement, il commence à se faire connaître, il partage mes objectifs, et puis il a des qualités que j'apprécie énormément, la fidélité et la discrétion. Cela faisait longtemps que je souhaitais l'avoir dans l'équipe, mais chaque année il me rappelait son engagement pour "Passion Coursayre". Lorsque Marylène a fermé son site, Aurélien m'a rejoint et j'en suis très heureux.

Mon souci a toujours été de donner leur chance à des jeunes, et c'est pourquoi je vais donner aussi sa chance à Romane, aussi jeune qu'Aurélien quand il a débuté, aussi passionnée que lui. Elle a beaucoup à apprendre, je serai là pour l'épauler. Ces jeunes sont bien sûr un souffle nouveau pour le site, de la même façon que lorsque de jeunes toreros font leur entrée dans une cuadrilla. Alors oui je vais souffler un peu, mais pas lever le pied. Mes deux projets de livre m'ont bien sûr pris pas mal de temps que je n'ai pas pu donner au site, mais c'était aussi pour moi deux challenges et j'ai beaucoup travaillé pour les mener à terme. Le premier est une réussite (si j'en crois ce que l'on me dit) et j'espère que le second le sera aussi.

Pour ce qui est des nouveautés, mon principal souci c'est d'informer au plus vite les coursayres. Et j'espère cette année, compte-tenu du nouveau matériel dont je me suis muni, pouvoir communiquer les résultats dès la fin des courses. Un autre objectif c'est de pouvoir donner les résultats des concours au fur et à mesure de leur déroulement. On verra si cela est possible. J'ai expérimenté le jour de la course d'inauguration des arènes de Pontonx, cela a bien fonctionné même si les conditions de travail n'étaient vraiment pas idéales. Il me faut aussi trouver un ou deux collaborateurs pour apporter à notre site des articles de fond. J'ai lancé des appels, pour l'instant sans trop de résultats... l'exercice est difficile mais j'aimerais bien trouver cet(te) éditorialiste que je recherche.

Pour terminer je dirai que le site s'est transformé au niveau de la présentation, j'ai essayé de le moderniser, il y a encore du travail à faire et je m'y emploierai après la sortie du second livre.

On peut voir que les projets ne manquent pas et que tu n'as manifestement rien perdu de ta fougue !
Tu reste un jeune et actif acteur œuvrant pour la course landaise ! Tu parles de ton équipe mais, je te l'ai déjà dit, une équipe sans moteur n'est rien !
Alors parlons de toi et aussi de tes livres...
Comment organises-tu ton temps ? Quelle a été la "journée-type" de Michel Puzos un jour de cette saison 2013 ?

Je n'ai pas d'agenda, je n'en ai jamais eu, même s'il m'arrive parfois d'oublier un rendez-vous ou une date importante. Donc mon emploi du temps n'est pas franchement organisé, c'est selon les évènements et l'humeur. Généralement je me lève assez tôt, bien que je me couche tard, parfois très tard, ce qui parfois provoque de gros retards de sommeil et une forme qui en pâtit. Mais je n'arrive pas à trouver un autre rythme. En semaine je suis donc très tôt devant l'ordinateur pour écrire mes articles, gérer le site et répondre aux courriers... le travail pour le site durant la pleine saison peut se chiffrer à 5h, parfois plus lorsqu'il faut ajouter les montages des photos ou des films.

En saison hivernale c'est beaucoup moins mais j'en profite alors pour reclasser les fichiers, visionner les fichiers photos et supprimer tout ce qui ne me paraît pas intéressant.

Les jours de courses, le week-end en particulier, c'est surtout en soirée que je travaille et c'est souvent la raison qui explique que je n'assiste pas aux vins d'honneur. Il y a la route à faire, les résultats à collecter et les articles à écrire. Cette année a été très particulière, et très éprouvante, car à ce travail s'est ajouté la promotion du livre et du temps passé dans les radios, médiathèques, librairies etc... Franchement, je crois que je travaille encore plus que lorsque j'exerçais mon métier.

Le temps est compté en pleine saison et l'on peut remarquer que tout comme les acteurs tu lui cours après !
Alors je ne te laisse pas une minute de répit ! lol
Peux tu nous (re)-présenter le livre sorti cette année ? Et enfin, peux-tu nous parler un peu de celui qui va sortir... ?

J'ai toujours aimé écrire. Tout gosse j'écrivais des poèmes à ma maman, je tenais le livre de chasse de mon père dans lequel je retranscrivais les parties de chasse, et chaque fois que je faisais une sortie avec mes parents j'en faisais un petit compte-rendu dans un cahier d'écolier. Comme j'étais un fan de cyclisme et que durant quelques année j'ai fait des compétitions de vélo, j'écrivais aussi les comptes-rendus de mes courses. Lorsque j'ai découvert la course landaise je me suis vite engagé comme correspondant pour la Tuile... si je précise tout cela c'est pour que l'on comprenne bien que le désir d'écrire un livre, et bientôt deux, n'est pas le fruit du hasard, c'est un long cheminement et un aboutissement.

Cela faisait longtemps que j'avais cette idée en tête, sans pour autant savoir quel sujet ou quel thème j'aborderais. Et puis est venue la rencontre avec Didier Goeytes, rencontre que j'explique dans le livre, un personnage exceptionnel, et c'est à partir de là que j'ai décidé que si je devais écrire quelque chose ce serait sur lui. Je lui en ai parlé, il a été un peu surpris, se demandant ce que je pourrais bien écrire sur lui, et puis il m'a donné son accord et je me suis lancé. La difficulté n'a pas été d'écrire, bien au contraire, ce fut un vrai plaisir à chaque page. Non la difficulté a été de rassembler tous les documents qui étaient nécessaires, et de rencontrer les personnages clefs de son histoire. Mais je peux vous dire qu'au fur et à mesure que l'histoire avançait j'y prenais toujours plus de plaisir. J'ai travaillé devant mon ordinateur comme je le fais pour le site, mais à plusieurs reprises je me suis complètement isolé, sans personne autour, sans téléphone ni télé ni machine à café pour pouvoir avancer et terminer l'ouvrage.

Ce livre c'est bien sûr l'histoire de Didier Goeytes, tout son parcours, de sa plus tendre enfance jusqu'à ce qu'il est devenu aujourd'hui, mais si l'histoire de Didier c'est le fil rouge du livre, l'ouvrage raconte aussi les 30 ans de course landaise qui ont encadré sa carrière. On y retrouve tous les acteurs qui ont marqué cette époque et les principaux évènements qui l'ont illustrée. Si j'ai pris du plaisir à écrire ce livre, je dois dire que j'éprouve aussi de la satisfaction compte-tenu des retours que j'en ai eus. Le dernier est tout récent et me fait d'autant plus plaisir qu'il vient d'un acteur de seconde qui m'écrit ceci : " Cette dédicace à laquelle je ne m'attendais vraiment pas m'a profondément touché, je ferai de mon mieux pour continuer à faire plaisir au public et le plus longtemps possible ! J'ai déjà lu l'avant-propos de ton livre et je revis des choses que j'ai vécues il y a quelques années à travers ton histoire! Il me tarde de découvrir ces 30 dernière années de courses !" Ce simple témoignage, mais il y en a eu bien d'autres, me fait dire que le travail que j'ai fait a été utile. 

En ce qui concerne le prochain livre, et comme cela a déjà été annoncé, ce sera un livre de vulgarisation. A l'heure où l'on essaie d'amener aux arènes de nouveaux publics et d'intéresser les jeunes par le biais des projets dans les écoles, je crois qu'il était nécessaire de proposer un livre qui explique ce qu'est la course landaise. Tout y sera passé en revue, de A à Z, avec le souci d'intéresser à la fois les profanes et les connaisseurs. Je ne veux pas dévoiler le contenu mais je crois que vous serez agréablement surpris, par la conception, la clarté mais aussi la densité du contenu. Mon travail est terminé, le livre devrait sortir prochainement et les réservations sont déjà ouvertes.

Je pense parler pour le plus grand nombre en te disant de faire passer l'idée à ton éditeur d’accélérer la cadence ! Je pense que l'on a tous hâte de pouvoir en savourer chaque page.
Ton premier livre est un régal par sa richesse bibliographique et il satisfait autant les anciens, heureux de tous ses souvenirs que les plus jeunes, heureux d'en savoir plus, et que les néophytes, dont je fais partie, qui en apprennent à chaque page.

À présent changeons de sujet et d'ambiance aussi.
Nous avons pu constater dans tes billets d'humeur que tu avais une plume de plus en plus acérée ! En effet, ta patience (impressionnante et conséquente, il faut le dire) semble atteindre des limites que toi-même tu ne soupçonnais pas je suis sûr...

- Merci Vincent pour tes commentaires sur le livre, je pense que le prochain apportera aussi pas mal d'informations, présentes et passées, en rapport avec tous les thèmes abordés.

Maintenant et comme tu l'as souhaité on change de sujet... je ne crois pas avoir une plume acérée, ou tout du moins polémiste (ou polémique), je dis simplement les choses telles que je les ressens. Mais il y a effectivement des moments où je suis très mécontent et là je le dis avec franchise. Je n'ai pas apprécié les bagarres à Hagetmau, un ganadero à terre dans le callejon, et je trouve que c'est une très mauvaise image que nous donnons de nous-mêmes. On se veut un sport de haut niveau et on s'abaisse à ça... non je ne suis pas d'accord et je me suis demandé à quoi servait mon travail dans ces conditions.

Je n'apprécie pas les insultes que l'on adresse aux jurés, qu'elles viennent des acteurs ou des spectateurs. Je comprends que l'on peut être excédé à certains moments de quelques injustices, mais de là à insulter et à menacer, non je ne suis pas d'accord, et je préfèrerais que les acteurs recréent leur association pour pouvoir discuter plutôt que proférer injures et menaces.

Non je n'ai pas apprécié le sort que l'on a fait à ce pauvre spectateur descendu dans l'arène à Nogaro. Certes son attitude est condamnable, de là à le deshabiller et plus encore à le rouer de coups comme cela s'est passé depuis la porte d'en face des tribunes jusqu'à l'infirmerie, de la part de spectateurs qui se trouvaient en grand nombre dans le callejon, je suis révolté contre de telles attitudes. C'est un honneur d'être dans le callejon, et se comporter ainsi c'est d'un autre âge. J'ai posé la question dans un billet du jour "sommes-nous des barbares ?"... moi je ne travaille pas pour cette course landaise là. J'aurais aimé que la fédération ou les dirigeants de Hagetmau et de Nogaro disent aussi leur désaccord et le fassent savoir par un communiqué. J'espère que cela ne se reproduira pas, mais si cela devait se reproduire il est évident que ma place ne serait plus dans cette course landaise là.

Alors Vincent si c'est avoir une plume acérée que dire cela, alors oui... si c'est avoir une plume acérée que de dire qu'il faut à la fois donner aux jurés une meilleure formation, une meilleure coordination de leur travail, plus de rencontres entre eux, et qu'il faut en même temps ne plus accepter et sanctionner les injures et les menaces, alors oui...

On m'a souvent reproché d'être trop gentil dans mes commentaires, j'ai toujours répondu que je préférais voir le verre à moitié plein que le verre à moitié vide. Mais quand certaines choses me dépassent et me contrarient je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas. Alors bien sûr que ma patience a des limites, surtout quand les conceptions que j'ai de la course landaise et des relations humaines ne correspondent plus à ce pour quoi je travaille et pour quoi je me bats à la place qui est la mienne.

J'ajouterai que je ne suis pas toujours à l'aise dans ce milieu compte-tenu d'un certain état d'esprit où l'individualisme a fait place à l'esprit de groupe, où l'on pense d'abord à sa pomme avant de penser à la course landaise. Moi je travaille beaucoup et bénévolement. Je ne gagne pas un centime. Et parfois je me demande pour qui et pour quoi je travaille.

Penses-tu que les dirigeants (fédéraux ou des comités directeurs ou des clubs taurins...) ont conscience de la responsabilité qui leur incombe vis-à-vis de cette tradition, de ce sport, de ce spectacle ? N'y-aurait-il pas là aussi une formation à créer ?

- Les dirigeants dans leur ensemble sont des passionnés de course landaise et je pense que s'ils s'engagent et s'ils prennent des responsabilités c'est qu'ils ont envie de la servir. Après il est évident que chacun agit selon son tempérament. Lorsqu'on est en dehors, c'est comme en politique, on est plein d'idées, on veut tout révolutionner, on promet monts et merveilles... et lorsqu'on arrive aux responsabilités on se rend compte que les choses ne sont pas si simples que ça. Bien sûr j'aimerais parfois que les choses aillent plus vite, et bougent davantage. Mais je me dis "si tu étais à leur place, ferais-tu mieux ?"... je ne sais pas...

Je vais redire toujours la même chose mais je pense qu'il y a des dossiers urgents, celui de la communication, celui des emplois réservés pour les toreros, celui de la formation des jurés et en même temps des sanctions, celui de l'accueil du public, celui de l'accueil des jurés et de la presse (il y a dans beaucoup d'endroits des pitrangles minables avec des planches pourries), celui de la formation des débisaïres... oui il y a beaucoup à faire. Mais n'oublions pas que les dirigeants sont des bénévoles, qu'ils ont aussi une activité professionnelle, une famille... ce n'est pas facile de gérer tout ça.

J'avais trouvé très intéressant le coup de pouce que l'on a donné aux organisateurs avec la création d'un dossier à leur intention... Dans les comités c'est la même chose, il y a les courageux, ceux qui vont de l'avant, qui se battent pour trouver de l'argent (le nerf de la guerre) et puis ceux qui ne bougent pas et qui attendent que le public arrive... ceux-là ils peuvent attendre longtemps et voir leurs arènes se vider. Personnellement je me suis engagé à faire vivre un site, à développer la communication, je n'étais pas formé à ça, je me suis formé tout seul et je pense ne pas avoir trop mal réussi. Il n'y a pas trente six méthodes, il faut la passion et il faut se retrousser les manches.

Michel, tu l'expliques, l'écris et le dis bien, la course landaise est avant tout une affaire de passion.
Tu parles des toréros, des spectateurs... Mais toi qui fréquentes le milieu coursayre, "vu de l'intérieur" que peux-tu nous dire sur les ganadéros ? Ces femmes et hommes de l'ombre sont des agriculteurs dont au moins l'une des activités est un peu particulière par rapport aux voisins agriculteurs plus conventionnels...

- Je leur tire un grand coup de chapeau pour avoir le courage et la volonté de tenir à bout de bras leur activité. J'ai vécu quelques années dans une ganaderia et je sais le dur labeur que cela représente, sur le plan du bétail (comme tu le disais ce sont pour la plupart des agriculteurs) et sur le plan commercial (car une ganaderia est aussi une entreprise commerciale)... donc gérer le bétail, gérer les hommes (le personnel, la cuadrilla), gérer les comités, gérer tout ce qui est administratif... tout cela est un travail extrêmement lourd. On ne compte pas les heures, on ne regarde pas la fatigue, on garde le sourire... oui comme je le disais au début on peut leur tirer un grand coup de chapeau. On les critique parfois, à l'issue de telle ou telle course pas réussie, ou par rapport à tel ou tel fait qui s'est passé, mais franchement il y a beaucoup plus à admirer chez eux qu'à critiquer. Par contre, ce que je regrette infiniment, c'est qu'ils ne s'entendent pas toujours entre eux alors qu'ils sont tous attelés à la même tâche et qu'il y a du travail pour tout le monde. Mais ça c'est leur affaire...

Dans le mundillo coursayre chacun a une place à tenir et doit y rester pour que tout tourne correctement !
Ta place au sein de la communication n'est plus à justifier, mais as-tu imaginé que tu pouvais peut-être avoir aussi une autre place ? Au sein de la FFCL ? Ou au sein d'un comité de challenge ? Ou... etc..

- Ma réponse sera très rapide Vincent, et double : 1. On ne fait bien que ce que l'on sait faire, et comme je consacre déjà tout mon temps au site et à l'écriture, je ne vois pas comment je pourrais faire pour ajouter d'autres activités. Le président Michel Lalanne me disait récemment "il vous arrive de dormir ?"... A mes yeux la communication est aujourd'hui primordiale dans le monde où nous vivons, et donc je me consacre pleinement à l'activité qui est la mienne. 2. Place aux jeunes. J'ai fait partie de la FFCL quelques années, j'avais 20 ans, j'ai beaucoup appris au contact des dirigeants de l'époque, mais tout cela est bien loin et révolu. Et ce n'est pas à mon âge que je vais entrer dans des instances dirigeantes. Il faut laisser la place aux jeunes. Et ce raisonnement, je l'ai déjà dit, je le tiens aussi pour le site... dans quelque temps il faudra aussi la relève. Donc, pour répondre clairement à ta question : non je n'ai jamais imaginé ni souhaité être à une autre place que celle qui est la mienne aujourd'hui.

Nous arrivons à la fin de ce bilan. Je te remercie pour ta participation. Et en attendant la temporada, un petit mot pour la fin ?

- C'est moi qui te remercie Vincent pour ta participation et tout l'intérêt que tu portes à la course landaise, bien que tu sois éloigné des courses dans tes belles Pyrénées. Un petit mot pour la fin ? J'aimerais que les acteurs de la course landaise, l'élite comme on dit, s'intéressent un peu plus à ce que nous faisons. Nous travaillons pour eux, je me demande bien s'ils s'en rendent compte... Tu connais Vincent l'histoire de la poule aux œufs d'or ? Bon... voilà que ma plume, comme tu le disais au tout début de l'interview, devient acérée... donc je m'arrête-là, et je te souhaite, ainsi qu'à tous nos lecteure et à tous ceux qui défendent nos traditions, et la course landaise en particulier, une très belle année 2014. 

Mardi 1er octobre

On continue... mais dans d'autres conditions

Compte-tenu de la saison coursayre que je viens de vivre, parfois bien, parfois mal, quelques joies au coeur (beaucoup), quelques déceptions et désillusions (quelques unes aussi), je suis amené à prendre des décisions concernant le site "Course Landaise Magazine" et le groupe Facebook du même nom. Je ne vous cacherai pas qu'au lendemain du concours d'Hagetmau j'ai bien failli tout arrêter, ce que j'ai vu et entendu ce soir-là m'ayant profondément peiné sinon choqué. J'ai aussi vécu certaines choses durant cette temporada qui m'ont déçu... mais ces choses-là sont très personnelles et ne regardent que moi. Heureusement j'ai eu comme par le passé le soutien et l'estime de beaucoup d'entre vous, et cela a pesé bien sûr sur les décisions que je suis amené à prendre, la principale étant de continuer, mais pas forcément dans les mêmes conditions.

Mais surtout, surtout... j'ai trouvé un ami, un vrai, un de ces compagnons de route qui ne vous lâche pas, qui est toujours présent même quand vous ne lui demandez rien, qui vous aide et vous soutient à chaque instant... cette personne-là c'est Didier Goeytes. Pickwicq était déjà mon frère d'armes, mais jamais je n'aurais imaginé qu'un jour, ce grand monsieur de la course landaise, bien plus qu'un grand écarteur, serait à mes côtés. Merci Didier pour tout... pour cette formidable année que j'ai passée à tes côtés aux quatre coins de la planète coursayre, pour tout ce que tu m'as donné sans que je ne t'ai rien demandé, pour ce brindis que je n'oublierai jamais lors de la despedida de Nicolas Vergonzeanne. Tu as l'art de toréer, mais tu as aussi un coeur, un grand coeur. J'aurais aimé te connaître avant, aujourd'hui je rattrapes le temps perdu.

Compte-tenu donc de ce que j'ai vécu cette anée, je ne veux plus continuer dans une voie qui a totalement restreint mon espace liberté. Je veux continuer à servir la course landaise mais je ne veux pas que le milieu m'étouffe. Je suis ailleurs, à la marge, et je veux y rester.

L'an prochain, je souhaite donner une autre dynamique à Course Landaise Magazine, et me donner beaucoup plus de temps pour les articles de fond et les récits. J'ai donc pris les décisions suivantes :

- Les comptes-rendus de courses seront sérieusement allégés, la partie "vache par vache" sera supprimée.

- Les articles seront illustrés de photos pour rompre un peu la monotonie des textes (des essais ont été faits récemment)

- Nous ne chercherons plus à couvrir toutes les courses mais nous donnerons la faveur aux comités qui souhaitent notre présence et qui m'ont soutenu depuis le début.

- Je reprendrai à un rythme plus fréquent le Billet du Jour et les Carnets de Route... en espérant trouver un jour des plumes comme nous en avons connu autrefois dans la Tuile.

- Vous trouverez toujours des photos (les photographes sont nombreux aujourd'hui dans les talenquères) et quelques films (mais moins sans doute qu'auparavant... car à mes yeux l'émission Brindis et les reportages d'Eurofilm sont de bien meilleure qualité).

- En ce qui concerne la page Facebook du groupe, elle continuera à vivre, vous pourrez toujours y participer par les documents et les commentaires  que vous apporterez, mais je veillerai à ce qu'il n'y ait pas de débordements. Les dernières discussions se sont envenimées et n'ont apporté aucune solution aux problèmes évoqués. Il ne suffit pas de dire que le chien a la gale pour le guérir.

Toutes ces petites choses vous paraîtront peut-être futiles, mais pour moi elles élargiront largement mon espace vital. Merci à vous

Michel Puzos 

Jeudi 1er août

Que dire ?

Comme vous j'ai béni le ciel et le soleil quand celui-ci est revenu après un printemps des plus maussade, comme vous je suffoque et je me désespère en ce moment à ne pas trouver la fraîcheur, comme vous j'attends la prochaine feuille d'impôts pour savoir de combien de crans il faudra encore serrer la ceinture... et justement cette ceinture je ne peux plus la serrer après tous les repas coursayres qui s'enchaînent et les après-courses cacahuètes... comme vous je suis horrifié de voir tous ces accidents, tous ces mallheurs, tous ces manquements au civisme, tous ces actes qui dépassent l'entendement... comme vous j'attends le meilleur sans trop y croire.

Et les courses dans tout ça me direz-vous ? Eh oui, les courses continuent... bien ici, moins bien là... nous en rendons compte le mieux que nous pouvons sans jamais contenter tout le monde mais en essayant de contenter le plus grand nombre. A l'orée du mois d'août, période où s'enchaînent les courses à un rythme infernal, que dire de la course landaise ? qu'elle a toujours en son sein de grands champions, des courageux, des artistes, des baroudeurs, de jeunes étoiles qui ne demandent qu'à briller... que les étagères sont souvent bien garnies... que les organisateurs ne se découragent pas malgré le contexte économique difficile... que les tauromaches sont toujours là même s'ils critiquent ou se plaignent.

Et que dire d'autre ? que les challenges ont fait peau neuve, que les premières parties sont assez fades et les secondes bien plus excitantes. Faut-il en tirer des leçons ? peut-être faudra-t-il attendre la fin de la saison pour tirer de vrais bilans. Ces premières parties, elles ont eu malgré tout le mérite d'essayer du bétail, de donner aux seconds couteaux la possibilité d'écarter sans pénaliser les pointages et les résultats, de rentrer une coursière quand elle ne marche pas et de multiplier les écarts quand au contraire les acteurs brillent... bref ces premières parties n'auront pas été aussi inutiles qu'il y paraît. Pourra-t-on dans l'avenir leur donner un peu plus de saveur ? sans doute les idées viendront-elles en leur temps.

Et que dire encore ? que l'on parle de démission, d'interdiction, d'insoumission, de contestation, de punition... il suffit d'aller sur le site de la fédération et de lire les comptes-rendus du comité directeur pour mettre une explication derrière chacun de ces mots. Il suffit aussi d'assister aux courses pour se rendre compte que tout n'est pas toujours tout rose. Quand remplacera-t-on ces mots en "ion" par d'autres mots en "ir" ou "eur" comme par exemple plaisir et bonheur... le plaisir d'aller aux courses et le bonheur de vivre une passion, sans "se prendre la tête" pour reprendre une expression à la mode.

Que dire enfin ? que cette année 2013 aura été pour moi l'occasion, grâce à la sortie du livre que j'ai eu le plaisir d'écrire, d'aller à la rencontre des gens, d'écouter, d'entendre, d'apprendre... une belle expérience humaine et de belles découvertes... et comme toujours quelques enseignements à en tirer.

Michel Puzos

Lundi 15 juillet

Je ne sais pas si l'on peut parler d'espontaneo à propos de la personne qui a sauté dans la piste samedi dernier à Nogaro, au moment où Ibañeza allait sortir de sa loge attaquée par Thomas Marty. Certes le concours a été contrarié, à un moment crucial... sans doute a-t-il déconcentré les acteurs... mais fallait-il à ce point lui réserver un tel sort ? Je veux bien admettre qu'on ne pouvait le laisser en piste, mais il me semble que ce sont les délégués sportifs qui sont en charge de la "police" et du bon fonctionnement d'une course ou d'un concours. Fallait-il à ce point le rouer de coups, coups de poings, coups de pieds, coups de bâtons lorsqu'il fut traîné tout au long du callejon jusqu'à la porte de sortie ? Que les acteurs soient un peu énervés je le conçois, que des spectateurs auxquels on accorde le privilège d'être dans le callejon se soient comportés de la sorte, je trouve cela honteux... et je n'ai entendu que le speaker pour dire d'arrêter le punching-ball.

Sommes-nous à ce point des barbares ? 

Michel Puzos

Mardi 2 juillet

Ce que je retiens de toutes les courses auxquelles j'ai assisté cette année et auxquelles ont assisté tous les correspondants de CLM, c'est le formidable accueil que nous avons reçu partout. Nous faisons le maximum pour voir le plus de courses possibles, et cette année nous n'aurons jamais autant suivi de courses autres que formelles. Certes il y a encore des endroits où ne pourrons pas aller parce que nous manquons de correspondants, mais je crois que l'effort fourni est sans précédent. Merci donc à tous les comités qui nous le rendent bien, par leurs invitations et les facilités qu'ils nous donnent à accomplir notre tâche.

Lorsque j'ai débarqué dimanche à Banos, je peux vous certifier que l'accueil que m'ont réservé Maxime Noguès et Damien Noguès resteront gravés quelque part dans ma tête. Et leurs mots je ne les oublierai pas non plus. Ils ont très bien compris que je ne pouvais être partout à la fois, mais ils ont aussi compris que notre présence était celle du coeur, de l'amitié et de notre passion coursayre.

Magali nous a fort bien représentés à Renung et Jacques Duplantier et Aurélien également au Houga. Aurélien aussi est partout, avalant les kilomètres, et s'embourbant parfois dans les chemins... Tous autant que nous sommes, nous n'avons qu'un souci, c'est d'informer nos lecteurs et de mettre en avant le travail des organisateurs et des acteurs. Alors je n'en ai que faire, et je le dis avec force et en y mettant la couleur, des remarques totalement incongrues sur mes soit-disant préférences... ma préférence elle va à la course landaise et elle va à ceux et celles qui travaillent pour maintenir cette tradition unique au monde.

Lorsque les toreros font une remarque à un juré, j'entends dire parfois "il n'a jamais mis son cul devant une vache"... lorsqu'un juré veut se dédouaner d'une erreur je l'entends dire parfois "prenez donc le crayon et venez à la pitrangle"... lorsqu'un organisateur se voit reprocher tel ou tel point d'organisation ou de règlement je l'entends aussi dire "prenez la place et vous verrez aujourd'hui la difficulté à organiser un spectacle et à faire venir du monde sur les gradins"... eh bien j'ai envie de dire aujourd'hui "si vous pensez que nos commentaires ne sont pas équitables, venez rejoindre notre équipe, prenez la plume et mettez vous à l'ouvrage !"

Ras le bol de tous ces faiseurs d'histoires, et de tous ceux qui ne sont jamais contents.

Merci en tout cas aux comités organisateurs, car sans eux il n'y aurait pas de courses landaises.

Michel Puzos

Mardi 11 juin

Nos petits tracas du quotidien sont vraiment dérisoires à côté des drames que traversent en ce moment nos amis coursayres... je pense bien sûr à Christophe de Vielle-Tursan, à la famille de Jean Lalanne, mais aussi à Lauriane d'Aignan qui a perdu voici quelques jours sa maman... nous sommes impuissants devant tant de peines et de souffrances, mais notre devoir est de les soutenir et de les accompagner.

Difficile ensuite de parler course landaise... et pourtant la vie continue, les courses s'enchaînent, et notre devoir est aussi celui de nous tourner vers des lendemains qui chantent. Ainsi va la vie, grise ici et rose là... demain sans doute rose ici et grise là... oui, ainsi va la vie.

Parmi tous les évènements qui se sont succédés ces derniers jours, je voudrais m'arrêter sur celui qui fut le héros des dernières manifestations taurines : héros malheureux lors du festival art et courage, héros fêté lors de la course des Pitchouns. Bien sûr, chacun aura deviné que je veux parler ici d'Emmanuel Lataste. A Dax, il fut le plus malchanceux de tous, et chacun a craint le pire. Les films et les photos diffusées sur cette terrible tumade nous font encore frissonner aujourd'hui. Mais si l'accident reste dans les mémoires, ce qui nous frappe encore davantage c'est cette énergie folle qui étreint Emmanuel Lataste et qui l'empêche de s'apitoyer sur son sort. Fou Emmanuel Lataste d'avoir tenté cette rondade ? Non, il est sans doute l'homme du risque et de tous les défis, mais pas celui d'une folie dévastatrice. Emmanuel connaissait ses possibilités, autant physiques que psychologiques, et les risques étaient calculés. Malheureusement il subsiste toujours la glorieuse incertitude et tout ne se passe pas forcément comme on l'avait prévu. Revenu en piste un peu plus tard pour conjurer le sort, Emmanuel Lataste est allé au bout de ses forces pour sauter à nouveau. Fou Emmanuel Lataste d'avoir sauté à nouveau un toro ? Non, il était encore debout, et il fallait qu'il évacue toute peur.

Une semaine plus tard on retrouvait Emmanuel Lataste dans les arènes de Pomarez, à la fois organisateur, animateur et acteur. Un triple rôle qui lui sied à merveille. Le public, et les enfants dont il s'est occupé tout au long de l'année dans le cadre du projet gascon, lui ont montré toute leur reconnaissance par des applaudissements extrêmement nourris. Homme orchestre de la soirée, Emmanuel Lataste montra la même énergie -dans d'autres registres bien sûr- que celle qu'il avait déployée à Dax.

Emmanuel Lataste c'est la passion incarnée... dommage que certains ne fassent pas la différence entre fierté et orgueil, ou entre passion et folie... Tant que nous aurons en course landaise des garçons qui ont le goût du risque et qui veulent transmettre plaisir et émotion, la tradition de la course landaise vivra. Le jour où "torero" sera synonyme de "pépère", alors il faudra lui trouver un autre nom, une autre identité, une autre éthique.

Michel Puzos

Mardi 20 mai

C'est incroyable... et c'est agaçant. Je me trouvais ce week-end à Samadet pour assurer les comptes-rendus et le reportage filmé des trois courses, mais les courses étaient-elles à peine commencées, ou pas encore terminées, que de partout arrivaient des informations... de Saint-Gor, de Toulouzette, de Pomarez, des stades et de la Croisette. Les portables vibrent, les sms charabia donnent indications et résultats, les messageries sont pleines et inaudibles lorsque jouent les musiques... mais les résultats arrivent... bien évidemment faux la plupart du temps, ce qui entraîne des commentaires qui ne reposent sur rien de vrai !!! A Saint-Gor, rendez-vous compte, là-bas dans la pampa, Loïc Lapoudge avait tourné 5 intérieurs à Ibañeza... que dis-je 5 ! mais non 6 précisait un autre sms... rendez-vous compte ! cette corne d'or qui prend 6 intérieurs et obtient une note de 10 ! et ça papote, et ça blagasse... le problème c'est que lorsque notre correspondante nous adresse le compte-rendu officiel de la course, ce n'est plus 6, ni 5, mais seulement 3 intérieurs qui ont été réalisés devant la corne d'or. Des blagasseries pour rien ! et des commentaires qui ne valent pas pipette.

Lundi, les informations continuent à fuser sur les petits boîtiers porteurs de bonnes nouvelles... si l'on en croit tout ce qui se dit, à Pomarez ils sont tous hachés menus, tous en sang, on se demande même si le corbillard n'est pas retenu, si la course pourra aller à son terme. Mais lorsque l'on reçoit le compte-rendu de la course de notre correspondante (qui n'est pas la même que la veille), le vrai, l'officiel, on s'aperçoit certes que nos garçons ont dérouillé, mais qu'ils ont aussi écarté et réussi de belles choses devant du bétail solide et dont la nature est d'en découdre.

Pour ma part, l'information officielle et les commentaires qui vont avec viennent de nos correspondants. Pour le reste... du blablatage.

Autre réflexion : on commente beaucoup la note d'Ibañeza à Pomarez, son 10, comme la veille à Saint-Gor. S'est-on seulement demandé si les raisons de cette note étaient les mêmes ? Pour ce qui est du 10 à Pomarez je dirai ceci : un écarteur qui réussit la plus belle des figures mérite un bonus, parfois un écart pointé à la note maximum... pourquoi une coursière qui domine totalement la piste et les hommes n'aurait-elle pas droit elle aussi à la note maximum ? Quand est-ce que l'on comprendra que les deux notes, celle du travail et celle de la coursière, sont totalement dissociées ?

Arrêtons-nous quelques instants sur cette allégorie classique "la vérité sortant du puits"... et faisons l'effort de nous informer et de comprendre avant de juger et de critiquer.

Michel Puzos

Vendredi 5 avril

Dans un précédent billet du jour, il m'apparaissait que les cuadrillas de formelle se présentaient pour cette temporada dans un parfait équilibre, chacune ayant ses atouts, ses "vedettes", ses baroudeurs et ses étoiles montantes. Et les premières courses me réconfortent dans cette idée. que ce soit à Toulouzette et Saint-Loubouer pour Dargelos, Horsarrieu et Pomarez pour l'Armagnacaise, Bahus-Soubiran pour Deyris, Amou (le score un peu bas s'explique en partie par la blessure de la vache nouvelle) et Campagne pour la Dal. Nous avons vu de bonnes courses, avec des premières parties bien enlevées, rapides mêmes, et des secondes parties de qualité, avec un bétail de choix et un travail de très bonne facture. La motivation des équipes était évidente et on a bien senti lors de ces premières courses qu'il n'y avait pas cette réserve que l'on avait pu constater à pareille époque l'année dernière. Ce n'est bien sûr que le début de la saison, nous verrons bien si cela se confirme, mais ce qui est pris n'est plus à prendre et ce que j'ai vu était bien agréable. Il est encore trop tôt pour se faire une idée précise du nouveau challenge et du nouveau règlement. Certains diront que la première partie manque un peu d'émotion, mais je crois que sa rapidité et son esprit "festival" compensent. Je préfère voir une bête rentrée après 5 écarts parce qu'elle ne marche pas, et des écarts supplémentaires sur une bête qui avale la piste, plutôt que des chirgages, des faux départs, des sorties qui n'en finissent pas. La seconde partie jusqu'à présent ne m'a jamais déçu, on y voit du bétail et du travail. Si cela continue ainsi je serai ravi.

L'annonce des bonus en fin de sortie a sans doute ôté la superbe des écarts récompensés, mais a sans doute ramené le calme. Et puis le public ne s'y trompe pas, quand c'est beau il applaudit. C'est aussi simple que cela.

Les secondes sont aussi entrées en piste, j'ai vu deux bonnes courses avec Thierry Bergamo à Horsarrieu et Christophe Malet à Toulouzette. Les autres vont bientôt fouler les pistes et le Toujousain nous fera vivre leurs péripéties. Dans ces cuadrillas de seconde il y a aussi des jeunes d'avenir que nous verons avec plaisir.

Et puis il y a les plus jeunes, les jeunes pousses, tous ceux qui apprennent et vont se bonifier au fur et à mesure de la saison. Qu'ils soient élèves de l'école taurine, ou qu'ils soient managés par Jean-Marc Lalanne pour le compte de la Dal, je crois qu'il y a là aussi une belle réserve et des talents qui ne demandent qu'à éclore. Les jeunes de la Dal on les verra à Saint-Gein le 28 avril, et Aurélien qui a déjà assisté à leur entraînement à Poyanne nous fera le compte-rendu de leur présentation en public. L'école taurine, après sa première évaluation de Gamarde, sera sous les feux des projecteurs lors des premières courses de l'avenir (Campagne ayant été annulée, c'est à Villeneuve de Marsan qu'elle fera ses débuts) et de sa présentation à Pomarez.

Mon optimisme n'est pas de la béatitude naïve, c'est simplement le constat de ce que j'ai vu jusqu'alors, de ce que je ressens et que je pressens. On verra bien  la suite...

Michel Puzos  

Mardi 5 mars

J'écoute à la sortie des courses les réflexions des uns et des autres et je m'interroge : est-ce que dans le passé les courses étaient toutes belles, et est-ce que la qualité des spectacles a aujourd'hui sérieusement diminué ?

A en croire ce que j'entends, le bétail c'est moyen, les écarteurs c'est moyen, l'ambiance c'est moyen... les entraîneurs c'est bof !! les seconds c'est bof !! les speakers à part deux ou trois c'est bof bof !!!... les chefs de cuadrilla y'en a plus !! (comparés sans doute à ceux qui exerçaient autrefois)... les jurés et les dirigeants,  n'en parlons pas, leur incompétence est notoire !!! Il ne reste plus que la musique pour trouver grâce aux yeux des coursayres... peut-être les vachers et les chauffeurs même si l'on ne parle pas beaucoup de ces messieurs, parce qu'on reconnaît -quand même !!- la dureté de leur tâche. Le nouveau règlement n'a pas encore provoqué trop de commentaires, mais on peut parier sans trop se tromper qu'il y en aura sous peu, plus de négatifs que de positifs. 

Nous en sommes à la troisième course de l'année et voilà donc les refrains que l'on commence déjà à entendre et que l'on entendra sans doute tout au long de la saison.

C'est comme ça, il faut se faire une raison. Mais dimanche prochain, et le dimanche suivant, nous irons quand même voir course, avec du bétail moyen, des écarteurs moyens, dans une ambiance tristounette... A croire vraiment que pour l'état d'esprit des coursayres le changement ce n'est pas maintenant !

Michel Puzos 

Jeudi 28 février

Des cuadrillas équilibrées

La compétition va redémarrer dimanche prochain à Gamarde. Ce sera l'occasion de découvrir le nouveau règlement et d'alimenter les premières conversations. Une réflexion qui m'a été faite le jour de la remise du trophée Espoir m'a rappelé si besoin était que la fracture qui a toujours existé entre anti-challenges et pro-challenges, entre ceux qui voient la course landaise comme un spectacle et non pas comme un sport, et ceux qui au contraire veulent mettre en avant le côté sportif et en améliorer ses règles et ses règlements, cette fracture-là existe donc toujours. A mon avis, et ce n'est pas un avis de normand, les deux peuvent cohabiter, et même plus que cela s'imbriquer. Que serait la course landaise sans ses concours et son championnat de France ? Peut-être les compétitions, et principalement les courses de challenge, sont-elles trop nombreuses, ce qui fait que tous les esprits sont focalisés sur ces courses-là, mais chacun sait que là où il y a un enjeu, souvent il y a dépassement de soi et donc la probabilité de spectacles meilleurs. Je dis bien la probabilité...

Toutes les cuadrillas se sont donc présentées au public, Deyris, Dargelos et la Dal en fin d'année 2012, l'Armagnacaise dimanche dernier à Saint-Loubouer. Au vu de ces présentations, et au jeu des chaises musicales et des divers transferts, il me semble que nous aurons cette année 4 cuadrillas équilibrées, avec pour chacune d'elles un fort potentiel de réussite.

- Chez Deyris, sous la houlette de Benjamin de Rovère, toujours brillant devant les vaches nouvelles, la présence de Vincent Muiras et de Gaétan Labaste, deux battants de première, sera très efficace. L'arrivée des deux cousins Lahitte est aussi un atout, Ludovic qui a déjà fait ses preuves et même bien tenu sa partie au championnat de France, et Florian qui a fait ses armes en seconde et va sûrement éclore cette année. Les baroudeurs Lilian Garanx et Rémi Corrihons apporteront aussi une aide appréciable.

- Chez Dargelos l'arrivée de Thomas Marty au côté de Baptiste Bordes et du jeune Julien Guillé en pleine progression l'an passé va sûrement apporter de la vivacité, de l'envie, du panache. Jérémy Lafitte et Frédéric Vergonzeanne, toujours généreux, seront-là pour les épauler. N'oublions pas non plus que l'équipe de seconde, forte d'éléments de valeur, peut apporter une aide efficace en cas de besoin.

- A la Dal, les champions que sont Mathieu Noguès et Hugo Viney-Thomas donneront à nouveau au spectacle et à la compétition ampleur et tonicité, ce sont de vrais champions qui sauront enflammer les arènes et que que l'on verra souvent aux places d'honneur. Avec le soutien de jeunes en devenir tels Rémi Latapy ou Laurent Saint-Germain, sans oublier les baroudeurs indispensables que sont Denis Lazartigues et le nouveau venu Vincent Plassin, les deux anciens champions de France seront sûrement les fers de lance de l'équipe.

- A l'Armagnacaise, on attend bien sûr Loïc Lapoudge, et sa véritable rentrée à Barcelonne ne devrait pas passer inaperçue. Ses qualités sont connues, Loïc devrait se mettre en évidence. Détenteur du trophée des espoirs, Alexandre Duthen a gravi les échelons prudemment et il entre cette année dans une nouvelle phase. Ses qualités d'écarteur et sa maturité vont sûrement l'amener vers les plus hautes marches. Mathieu Lapeyre devrait aussi retrouver sa confiance et par là-même tout son potentiel. Cyril Dunouau devrait profiter des nouvelles opportunités qui s'offrent à lui, il a déjà prouvé ses qualités par le passé, remportant des concours, et la maturité aidant il peut effectuer une très belle saison. Bastien Moity, bien dimanche dernier à Saint-Loubouer et Mathieu Ducousso, tous les deux très généreux, seront des équipiers solides.

Chaque équipe a ses sauteurs que l'on connaît parfaitement bien, tous d'une valeur identique, et l'on devrait une nouvelle fois aller vers des affrontements autant indécis que de qualité.

Bien évidemment les supporters diront que leur équipe est la meilleure, mais à bien faire le papier, comme diraient les turfistes, chaque équipe a ses atouts, et il m'apparaît qu'ils sont équilibrés. La piste dira ce qu'il en est.

Michel Puzos 

Jeudi 14 février

Je relisais un article paru dans "La Cazérienne" d'avril-mai 2000 qui concernait l'assemblée générale des jurés. Madame Aline Louit en était la présidente, et répondant à une question du journaliste qui l'interrogeait, elle faisait état des effectifs : 40 jurés parmi lesquels 10 femmes titulaires, et une dizaine de jurés stagiaires. Ces chiffres, comparés à ceux d'aujourd'hui parlent d'eux-mêmes, et il n'est pas besoin de faire étalage des grands principes philosophiques pour expliquer pourquoi ce chiffre a été divisé par 4. Il serait peut-être temps quand même de se poser les bonnes questions et de trouver les bonnes solutions. Car une chose est certaine : lorsqu'il n'y aura plus assez de jurés pour noter les courses de challenge (alors que le nombre de courses, lui, ne diminue pas), je pense que l'on pourra dire au-revoir à la compétition.

Michel Puzos

Lundi 4 février

Un peu partout j'entends et je lis "vivement que les courses recommencent"... allez, nous allons être bientôt exaucés puisque le 17 février nous allons repartir aux arènes, à Horsarrieu très précisément pour une course de Deyris avec la nouvelle cuadrilla de seconde. Le dimanche suivant ce sera Saint-Loubouer avec la présentation de l'Armagnacaise, puis Gamarde pour la première course du challenge Landes-Béarn avec à nouveau l'Armagnacaise, puis Toulouzette avec les deux équipes de Dargelos. Comme je l'ai écrit sur la page Facebook du groupe "Course Landaise Magazine", j'espère que nous serons nombreux à nous rendre aux arènes, simplement pour montrer notre attachement à la course landaise et pour affirmer par notre présence que notre passion n'est pas quelconque. SVP, pas de vide-greniers ces jours-là, pas de rugby, pas de sorties à la neige... venez respirer un grand coup d'aficion aux arènes, quelles que soient les couleurs.

La prochaine saison peut-être un tournant. Qu'espérons-nous ? du monde sur les gradins (que la crise économique ne soit pas un frein trop appuyé), des spectacles de qualité, de l'émotion, une meilleure communication, une bonne ambiance, l'esprit convivial qui caractérise la course landaise. Chacun de nous, dans le rôle qui est le nôtre, peut aller dans ce sens et faire en sorte que le tournant soit bien négocié. Espérons aussi que le nouveau règlement des challenges apportera de la diversité tout en conservant la qualité et je le répète, toute l'émotion que doit nous apporter un bétail sérieux et un véritable engagement des toreros en piste. J'y crois... la piste dira si j'avais raison ou pas d'y croire.

A "Course Landaise Magazine" nous sommes prêts pour vous informer de tout ce qui pourra se passer lors de cette temporada. Et je rassure Colette qui m'écrivait récemment "Mais Michel, que se passe-t-il, on ne vous a pas vu depuis le championnat ?" C'est vrai que la fin d'année a été bien difficile et que j'ai été forcé au repos. Mais depuis le début 2013 j'ai repris mes activités et consacré mon temps à l'écriture d'un livre. Ce travail est désormais achevé, le manuscrit sera remis à l'éditeur le 15 février. Bien évidemment vous serez les premiers informés de son contenu et de sa sortie. Me voilà donc totalement libéré pour m'occuper à nouveau du site et pour vous informer aussi objectivement que possible, sachant que l'objectivité n'est pas un principe absolu.

Je relisais ces jours-ci une chronique parue en 1998, à propos d'un article qu'une nouvelle rédactrice venait d'écrire dans une revue de course landaise et de ses commentaires sur une course : "Ils sont sûrement excessivement gentils mais diablement sincères. C'est une qualité... et des gens qui voient comme elle, qui ressentent comme elle... il y en a quelques centaines tous les dimanches sur les gradins". Je partage totalement ce point de vue, au risque de ne pas plaire à ceux qui attendent la polémique pour rire un bon coup. Eh bien non, ce n'est pas dans cet esprit là que j'agis depuis 2006. Certes nous ne trahirons pas ce qui s'est passé dans la piste, mais nous n'enfoncerons pas pour autant ce pour quoi nous aimons la course landaise (on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis) et ceux pour qui nous allons chaque semaine ouvrir notre coeur et frapper nos mains.

Chers amis coursayres, nous sommes tous prêts à vivre une belle temporada, à nous enthousiasmer... Rappelons-nous les premières paroles d'une chanson de Michel Fugain "Attention, mesdames et messieurs, dans un instant on va commencer"... les trois coups c'est pour le 17 février, ne manquons pas ce premier rendez-vous.

Michel Puzos

Samedi 19 janvier

La course landaise, c'est bien évidemment des hommes et des vaches de course qui se combattent dans l'arène, c'est là toute sa philosophie. Il est donc logique que l'on montre en priorité des écarts, des sauts ou les beaux gestes techniques des hommes en blanc. Mais la course landaise c'est aussi des "personnages" que l'on côtoie en dehors de l'arène le dimanche ou les jours de course, avec lesquels on discute, avec lesquels on plaisante, avec lesquels on partage des moments un peu plus intimistes. Ils ne sont plus seulement des toreros, vêtus de leur boléro, et s'apprêtant à dispenser leur art et leur courage, ils sont aussi des êtres humains, certes pas tout à fait comme les autres, puisqu'ils sont malgré tout "les vedettes" de ces rencontres, parfois même "nos idoles". Les fans et les paparazzi font donc la chasse aux autographes et aux photos. J'ai la chance de partager les moments qui précèdent une courses et donc de recueillir dans mon appareil photo des instantanés. Ce sont ces photos là que j'aime, les photos de la vérité, celle d'un regard, d'un sourire, d'une grimace involontaire, d'une attitude... et j'ai voulu vous les faire partager. Voilà pourquoi un diaporama "Portraits" a été créé sur la page d'accueil de "Course Landaise Magazine", il sera enrichi et renouvelé fréquemment... Je ne suis pas un photographe professionnel et je connais bien peu de choses à la photographie, je dis souvent que mes photos ne sont que des illustrations à mes articles... Mais les portraits que je vous propose sont le reflet de mes sentiments à l'égard des acteurs de la course landaise. Et mes sentiments, vous les connaissez !!!

Michel Puzos

Lundi 14 Janvier

Lors des premières réunions de l'inter-saison, une phrase est souvent revenue : "Il faut amener plus de monde sur les gradins". Comment ne pas être d'accord avec cette requête et cette volonté affichée ? Mais si l'on en reste là, il est évident que le problème restera entier. La vraie question à poser c'est "Que faire pour amener davantage de monde sur les gradins ?" Il me semble que c'est dans quatre domaines qu'il faut porter de gros efforts :

1. Faire connaître la course landaise à ceux qui ne la connaissent pas ou la connaissent mal.

Aujourd'hui, compte tenu de la mouvance des populations, il apparaît effectivement que dans nos villages et dans nos petites villes, de nombreux arrivants ne connaissent pas nos traditions. Des efforts ont déjà été entrepris, j'en citerai deux :

- le gros travail effectué auprès des jeunes élèves dans les écoles primaires et dans les collèges pour les initier à la course landaise (et plus généralement aux traditions gasconnes).

- l'invitation que certaines municipalités ou certains clubs adressent à tous les nouveaux habitants pour la course landaise du village.

2. Proposer des prix attractifs.

La question a déjà été soulevée. Il semble en effet qu'un prix spécial abonnement inciterait les coursayres à voir un nombre plus important de courses dans l'année.

3. Améliorer la qualité des spectacles.

Si l'on s'en réfère à la précédente temporada, il apparaît qu'à la grande majorité des spectateurs, la qualité des spectacles présentés a été jugée moyenne. La qualité des spectacles, cela est du ressort des ganaderos et des acteurs, en liaison bien sûr avec les organisateurs. Dans ce domaine-là, on peut dire que la balle est dans leur camp.

4. Améliorer la communication et la publicité.

Aujourd'hui on le sait très bien, la publicité donnée aux spectacles est cruciale. Il ne suffit plus d'une petite affiche mal ficelée et disposée dans un coin où personne n'y prêtera attention pour annoncer un spectacle et le promouvoir, et attendre que vienne le public. Nous avons beaucoup de moyens à notre disposition dont il faut se servir sans modération : panneaux publicitaires, affiches, journaux, radio, images, sites internet, réseaux sociaux... autant de moyens publicitaires qu'il faudrait utiliser en même temps.

Depuis longtemps, avec Jean-Claude Dupouy, nous avons ouvert nos pages internet aux clubs, aux comités, à tous les organisateurs de courses landaises pour annoncer leurs courses et leurs manifestations diverses, pour leur donner la parole, pour mettre en lumière leurs courses et leurs spectacles.

Aujourd'hui, Jean-Claude effectue un travail de titan sur son site, pour non seulement promouvoir les spectacles, mais aussi pour montrer les villages et leur patrimoine... et puis il envoie tous les documents dont il dispose sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google+...), de telle sorte qu'un nombre de plus en plus important de personnes en ait connaissance.

En ce qui me concerne, j'ai ouvert voici quelques mois dans le Magazine Coursayre la page des organisateurs, et plus récemment sur Facebook j'ai créé le groupe Course Landaise Magazine afin que chacun, non seulement puisse suivre l'actualité, mais puisse aussi apporter tous les documents qu'il souhaite pour mettre en avant un évènement. Et ce serait bien que lorsque démarrera la saison, les organisateurs puissent promouvoir leurs évènements par ce biais.

Mais il ne faut pas se voiler la face... jusqu'alors très peu de comités envoient des documents, et si nous publions les affiches des courses à venir c'est parce que Guillaume Marsan délégué régional de l'UCTPR nous les fait parvenir. Mais la publicité ne se fait pas trois jours avant !! et dans ce domaine il reste donc de gros efforts à fournir.

Nous rappelons que les documents à publier peuvent nous être transmis aux adresses suivantes :

pickwicq@gmail.com

mpcourselandaise@hotmail.fr

Faire venir davantage de monde dans nos arènes est une nécessité. Mais il faut s'en donner les moyens.

Michel Puzos

Samedi 5 Janvier 2013

L'échange des voeux lors de la nouvelle année est une tradition qui ne s'estompe pas, et qui s'est même amplifiée depuis que l'on utilise l'informatique ou la téléphonie pour les transmettre. Je remercie tous ceux qui m'ont écrit, très nombreux, par mail, par SMS, sur la messagerie de Facebook ou par le biais du "contact" sur le site pour présenter leurs voeux. J'espère avoir répondu à tous... même si parfois, aucune signature n'étant indiquée sur les SMS, j'ai eu du mal à savoir qui écrivait. Je vous renouvelle donc à tous, et à tous les lecteurs, tous mes meilleurs voeux pour 2013, et tous les meilleurs voeux de l'équipe de Course Landaise Magazine.

Parmi tous les messages reçus, l'un d'eux me dit ceci : "Nous vous souhaitons une très bonne santé, abandonnez les ennuis de 2012 comme de mauvais rêves, le passé ne rattrape jamais le futur, donc tout ira pour le mieux en 2013". C'est vrai que l'année 2012 a été difficile, et que le dernier trimestre 2012 a été carrément excécrable pour le signataire de ces lignes. Heureusement le destin a mis sur ma route Philippe Ducamp, ancien champion de France des sauteurs et aujourd'hui médecin à Narosse, qui m'a tiré de ce mauvais pas. Je l'en remercie. Et si d'autres "estrabucs" -comme on dit dans notre coin des Landes- ne viennent pas perturber le cours des choses, j'espère pouvoir reprendre la route des arènes en bonne forme dès la fin février.

La même personne qui m'écrit ajoute une citation de George Sand : "Il faut un travail rude et une haute volonté pour faire de la passion une vertu..." Ces paroles je voudrais bien sûr les dédier à tous ceux qui travaillent sans compter, avec courage, volonté, acharnement et beaucoup de sacrifices aussi, pour que vive la course landaise : ganaderos en premier lieu, organisateurs, bénévoles... Je n'aurai pas la prétention de nous approprier cette citation, même si le travail que nous fournissons sur Course Landaise Magazine demande beaucoup d'efforts et de temps donné. Nous continuerons en 2013 avec une équipe renforcée et sans doute mieux organisée, mieux structurée. La gestion du site est devenue lourde au fil des ans, rançon de son succès, voilà pourquoi j'abandonnerai certaines taches à d'autres membres de l'équipe pour me consacrer plus facilement à la gestion du site. Bien sûr j'aurai une pensée particulière pour Michel Laurensan, dont la disparition m'a profondément affecté, et qui aurait du dès cette année, à quelques mois de sa retraite, nous apporter une participation active. Hélas...

Très bonne année à vous tous

Michel Puzos

Vendredi 7 Décembre

Vers un nouveau challenge

Tout le monde a pris conscience qu'il était temps de faire bouger la machine et de lancer la vapeur. Nos spectacles traditionnels, ceux auxquels nous assistons chaque semaine, semblaient s'essouffler, perdre de leur émotion et de leur intensité. Certes le "jamais content" qui fut autrefois mis en chanson par Alain Souchon sied bien au milieu coursayre, le "bof" étant souvent de mise. Mais il est vrai que nous n'avons pas souvent vibré au cours de la dernière temporada et qu'il était donc urgent de se pencher sur le problème et d'apporter des solutions. Un nouveau règlement des compétitions est donc à l'étude et la nouvelle mouture sera très certainement présentée lors des prochaines assemblées générales.

Un nouveau règlement pour quoi faire ? tout à la fois garder l'intérêt de la compétition (le moteur en quelque sorte), redonner de l'émotion avec un bétail un peu plus agressif, satisfaire un public peut-être moins tauromache et qui attend du spectacle, donner un peu plus de liberté aux comités organisateurs qui pourront choisir certaines coursières ou un certain type de bétail sans pour autant pénaliser le score.

La formule qui est à l'étude et dont les grandes lignes sont maintenant connues pourrait effectivement faire l'amalgame de tous ces critères, à condition bien sûr que tout le monde joue le jeu... mais tout le monde à intérêt à jouer le jeu si nous voulons redensifier quelque peu les étagères.

Les courses de challenge devraient donc comprendre deux parties (7 vaches pour chaque partie) : 

- La première partie compterait pour l'escalot individuel, seules trois sorties seraient comptabilisées pour le challenge (sans corde, vache de l'avenir, sauteuse). Les ganaderos pourraient ainsi sortir des coursières à émotion (qu'ils hésitaient à remettre en piste... on peut penser à des vaches comme Santa Lamarca, Marciacaise, Zamora ou Madrilène) sans pour autant pénaliser le résultat final. Et le fait que les sorties comptent pour l'escalot individuel permettrait l'engagement des toreros. Le ganadero pourrait aussi "essayer" de jeunes vaches sans pour autant que la note (souvent basse) de ces vaches ne pénalise le résultat final.

- La seconde partie, beaucoup plus classique, serait donc comptabilisée pour le challenge (escalot individuel et challenge), avec 9 figures (au lieu de 8 précédemment), toutes comptabilisées.

Cette formule est actuellement en discussion, mais bien avancée, elle a été mise en discussion avec tous les partenaires intéressés. Il me semble qu'elle peut concilier toutes les attentes, celles des comités, des spectateurs, des acteurs et des ganaderos. Personnellement j'y suis favorable, et surtout je me réjouis que nos responsables essaient de redynamiser les compétitions et de redonner aux spectacles de course landaise plus de diversité et plus d'émotion. Les sceptiques resteront sceptiques, mais il convenait d'avancer. Qui ne tente rien n'a rien.

Michel Puzos

Dimanche 18 Novembre

Pour le traditionnel bilan annuel de nos activités, Vincent Moulia, coursayre orthézien, m'a posé quelques questions. J'y ai répondu en toute franchise.

VM. Michel, la temporada 2012 arrive à sa fin et l’heure est donc au bilan. Sans rentrer dans le détail, comment te sens-tu, personnellement, après une temporada comme celle de 2012 ? Quels sont les mots qui te viennent en premier par rapport à tout ce que tu as pu vivre dans les arènes ?

MP. Je ne sais pas si tu t'adresses à la personne ou au coursayre, alors je répondrai et pour l'un et pour l'autre. Michel est fatigué et aspire à du repos. Quelques soucis de santé cette année, à répétitions depuis la mi-décembre 2011, et ces derniers jours encore, et donc pas mal de difficultés cette année pour récupérer des déplacements, des nuits de veille et du travail. D'ailleurs je n'ai pas pu assister aux dernières présentations. Mais j'espère bien refaire surface au plus vite car j'ai du pain sur la planche.

Quant au coursayre, il se sent un peu morose après une temporada plutôt décevante. Je n'ai pas vu de très grandes courses, quelques bonnes courses ici ou là, je pense par exemple à Souprosse, mais dans l'ensemble ce fut quand même moyen, je crois que tout le monde est unanime dans cette appréciation. Mais ce n'est pas cela qui m'a gêné, parce que dans toutes les courses ou presque il y a toujours deux ou trois belles sorties, du bétail, quelques écarts qui sortent vraiment de l'ordinaire, et finalement, même si les cheveux ou les poils ne se hérissent pas toujours, on garde quand même une bonne impression de ce que l'on a vu et l'on repart pour la course suivante avec le même appétit.

Non, franchement ce qui m'a déplu cette année, c'est toute la mauvaise ambiance qui s'est créée autour des compétitions et principalement des courses de challenge. Toutes ces contestations, ces pleurnicheries pour un demi-point qui manque ici ou là, tous ces mots désagréables que l'on entend à longueur de course à l'égard des jurés, moi ça m'exaspère. J'ai failli quitter une arène en fin de saison tellement l'ambiance y était exécrable. J'ai la chance d'être souvent à la pitrangle à côté des jurés, et je les remercie d'ailleurs au passage de m'accepter à leur côté, car c'est une place stratégique pour voir une course dans les meilleures conditions possibles, et surtout idéale pour filmer ou photographier... ils savent ma discrétion, et c'est pour cela je pense qu'ils n'ont jamais fait de difficulté à me voir à leurs côtés. Je suis un puits de silence, et je pense qu'ils le reconnaissent et qu'ils apprécient. Mais à cette place-là j'ai entendu des mots et des choses à leur encontre ! On les traite de tocards, de voyous, de bons à rien, et même de clodos... tout cela c'est inadmissible et condamnable. Je ne sais pas comment ils font pour supporter tout cela... et d'ailleurs je ferai remarquer qu'ils ne sont plus très nombreux, ceci expliquant cela. Jamais à leur place je n'aurais accepté d'être ainsi traité, et tout calme que je suis, je l'aurais fait savoir très théâtralement un jour de course. Le public en assez de toutes ces jérémiades, de toutes ces engueulades. On va aux courses pour voir du spectacle, pour passer une belle après-midi et pas pour supporter ces tas d'histoires. Aujourd'hui on ne parle plus d'écarts, de coursières... on parle de points. Voilà pourquoi je termine la saison fatigué et que j'aspire à autre chose.

Bien évidemment, cela ne veut pas dire que je suis d'accord avec tous les pointages, moi aussi j'ai mes avis là-dessus. Et c'est bien pour cela que je réclame avec force et depuis longtemps que l'on mette en place une bien meilleure formation des jurés et un recyclage permanent sous forme de rencontres plus fréquentes entre eux et avec les acteurs, de discussions sur leurs notes... et en même temps des règles qui condamnent sans appel tout geste ou toute parole qui ne respecte pas l'arbitre. C'est sur ces deux plans-là qu'il faut agir, et qu'il faut agir en même temps. Et à ceux qui me disent que la course landaise a toujours été comme ça, je leur réponds qu'il est alors inutile de parler de pratique sportive. Le sport a une éthique et des règles. Respectons-les.

J'espère que cet hiver, après la saison que nous avons vécue, les choses seront reprises en main, et que nous reviendrons tous aux courses fin février début mars avec le sourire, l'envie de se rencontrer, l'envie de vibrer sur les gradins.

VM. Quels sont les mots qui te viennent en premier par rapport à tout ce que tu as pu vivre par rapport à ton site ?

Travail et récompense... beaucoup de travail pour arriver à présenter un magazine aussi complet et aussi ludique que possible, pour informer au mieux, le plus complètement et le plus rapidement possible. C'est pour cela d'ailleurs que j'ai abandonné le Blog précédent (d'autant plus que je rencontrais de plus en plus de problèmes techniques et que les pannes étaient fréquentes) et que j'ai créé un véritable site. Je comprends que cela a déstabilisé pas mal de monde, habitué à un certain fonctionnement et à une certaine présentation. Mais au bout de quelques semaines tout est revenu dans l'ordre. J'ai beaucoup écouté, j'ai tenu compte de pas mal d'avis, et désormais tout roule. Ensuite récompense... au début nous avons perdu un nombre important de visiteurs. D'abord tous ceux qui appartenaient à la communauté des blogueurs de Blogorama (notre ancien hébergeur) et qui venaient régulièrement sur CLM. Ceux-là n'étaient pas forcément des aficionados, et beaucoup ne nous ont pas suivis après notre déménagement. Et puis peu à peu, semaine après semaine, le nombre de visiteurs a augmenté jusqu'à ce que nous dépassions le cap des 1000 lors du championnat de France (visiteurs uniques sur une journée je précise), la moyenne journalière s'établissant entre 700 et 800, entre 600 et 700 maintenant dans une période où l'actualité est moins abondante. C'est cela la récompense de notre travail et j'en suis très heureux. Avec Google Analytics nous avons pu établir que le pourcentage de ceux qui reviennent est de 91% et que nous avons eu depuis la création du site 18% de nouveaux lecteurs. Donc c'est une grosse satisfaction.

VM. Aujourd’hui, on peut recenser, sur la toile, un lot de blogs personnels faisant état de leur passion pour la course landaise. Au niveau informatif, ton site (donc toi aussi) reste un élément majeur des médias au sujet de la course landaise. Est-ce que ton site est devenu «le passage obligé» pour toute information coursayre ? Ressens-tu cette importance au quotidien ? Comment vois-tu les choses ?

MP. D'abord je ne peux que me réjouir de voir fleurir cette multitude de pages, de blogs, de voir aussi Facebook se couvrir de photos et d'échanges sur la course landaise. Par contre je regrette la fermeture de "Passion Coursayre" qu'animait Marylène avec la participation d'Aurélien. Je l'ai toujours dit, plus nous sommes nombreux à parler de la course landaise, à la mettre en valeur sur le net, mieux c'est. Mais gérer un véritable site, un véritable magazine, et l'alimenter quotidiennement est chose bien plus difficile. Pour gérer Course Landaise Magazine, écrire et publier les articles, gérer les photos et les films, répondre aux courriers etc etc... il faut y consacrer au minimum 5 heures par jour, un peu moins l'hiver, mais beaucoup plus durant la pleine saison. C'est un travail harassant. Mais je suis parvenu à m'entourer d'une belle équipe pour m'assister dans la partie comptes-rendus des courses, une équipe qui ne rechigne pas et fait le maximum pour être présente presque partout. C'est tout un travail d'organisation, de répartition des courses, mais cela se fait sans problème. J'en profite d'ailleurs pour les remercier à tous. Ils me font confiance, je leur fais confiance, et tout se passe bien. Dans notre équipe, tous sont des coursayres passionnés, la plupart sont des connaisseurs, de véritables coursayres, et ceux qui sont moins connaisseurs se forment et apprennent. Cette année nous aurons eu encore des renforts avec Lydie Ducos, Cathy Carron, Alain Lamothe, et tout dernièrement Aurélien. Chacun apporte quelque chose, avec ses idées et son style particulier. Pour exemple la dernière interview de Cathy Carron est exceptionnelle. Les reportages en images de Jean-Paul Lahitte le sont aussi. Je souhaitais depuis longtemps la venue d'Aurélien, mais ces dernières années il respectait les engagements qu'il avait avec Passion Coursayre (ce qui prouve que c'est un garçon de fidélité, qualité que j'apprécie) et je lui en sais gré. Il fera partie de ceux qui, un jour, pourront prendre ma suite, d'autant qu'Aurélien suit des études en informatique. Et puisque je parle de l'équipe, je tiens à remercier par avance tous les comités organisateurs qui accueilleront à bras ouverts mes collègues, comme ils le font avec moi-même, sachant que je ne peux être partout à la fois. Cette année j'ai essayé de tourner, je pense que tout le monde l'a compris.

Alors pour répondre précisément à ta question : je ne sais pas si CLM est un élément majeur, c'est sans doute un élément important dans l'information et la promotion de la course. Est-ce que c'est le passage obligé ? ça c'est aux lecteurs de le dire. Il est encore beaucoup de coursayres qui s'informent par d'autres biais, notamment par celui de la presse écrite, tout simplement parce qu'ils n'ont pas encore un ordinateur et internet. Certains s'y sont mis, d'autres commencent à s'y mettre, nombreux sont ceux qui traînent encore les pieds et ne voient pas cette "machine" d'un bon oeil. A nous de les persuader de l'intérêt d'internet.

Je te dirai aussi que je reçois fréquemment des courriers pour demande d'informations ou pour des publications, et donc j'en conclus que nous avons un rôle à jouer et que nous sommes donc un passage obligé comme tu le disais précédemment. Bien sûr cela accroît considérablement la charge de travail. Pour anecdote j'ai reçu la semaine dernière une demande de devis pour une course landaise dans l'Héraut. J'ai d'abord vérifié la provenance de ce courrier, ce n'était pas une plaisanterie, j'ai donné à cette personne les bonnes adresses. Voilà jusqu'où ça peut aller.

VM. À propos de ton site et de ses rubriques, nous pouvons voir régulièrement des évolutions se faire. As-tu des retours de coursayres que tu croises au détour des arènes ?

MP. Bien sûr il y a des retours... d'abord ceux qui m'écrivent pour nous féliciter et nous encourager. Parfois autour d'une arène, quelqu'un que je ne connais pas m'arrête et me dit "c'est bien ce que vous faites, surtout continuez"... et puis il y a les invitations qui pleuvent (et je suis désolé de dire que je ne peux pas aller partout sauf à mourir à la tache). Et puis il y a ceux, très peu nombreux mais qui sont là quand même, pour me dire qu'il me faut ajuster mes lunettes, et qui ne sont pas toujours d'accord avec ce que j'écris, ou avec ce que d'autres lecteurs écrivent. Cela ne me fâche pas, je les écoute avec attention, et je leur conseille de prendre la plume et de donner leur avis à leur tour... ce que généralement ils ne font pas. 

VM. Tu as parlé de ton ressenti sur la temporada mais maintenant abordons peut-être des sujets qui fâchent…

MP. Aïe !!

VM. Selon l’homme d’information que tu es, quels pourraient être, s’il y en a, les points à améliorer au niveau des courses et des challenges ? Et quels seraient les points forts de ces événements ?

MP. Ah mais ce ne sont pas des sujets qui fâchent, c'est le point crucial de la course landaise. Que veut-on faire de la course landaise ? Je vais te répondre ce que t'ai dit auparavant : il faut redonner à la course son côté spectacle, sa convivialité, son émotion... il faut simplifier les règlements. Qui connaît aujourd'hui le barème des sauteurs ? et qui peut, sauf s'il est l'incroyable Hulk ou l'homme qui valait trois milliards, analyser en une seconde toutes les fautes (minimes) possibles du sauteur ? croyez-vous que l'on puisse faire une différence entre un écart à 2.25 et un écart à 2.50 ? Certains me répondront que oui, moi je dirais que c'est embrouiller les pistes et prêter aux contestations... car c'est bien pour 0.25 que l'on s'étripe. De même pour les bonus ! il ne faut plus les annoncer sur le moment mais seulement à la fin de la sortie. A peine si les jurés ont écrit leur note que déjà dans la piste ou sur les gradins on réclame le bonus, alors que le speaker n'a pas encore eu le temps de l'annoncer ! Moi qui ne dis jamais rien, à Saint-Loubouer j'avais toutefois soumis l'idée au juré qui se trouvait à côté de moi d'annoncer le bonus avant que l'écart ne soit fait !! Et puis il y a trop de courses de challenge, il faudrait peut-être sélectionner les places (ça c'est un sujet qui fâche et qui n'est pas près d'être résolu... et pourtant ça me paraît nécessaire). Personnellement je me régale bien plus à une course d'Orthez qu'à certaines courses de challenge. La course doit être une fête et pas une bataille de points. Pour les challenges donc : moins de courses, meilleure formation des jurés et un règlement qui soit respecté (avec des sanctions appliquées). La course de  challenge ce doit être le top de la compétition, et actuellement il y en a tellement que tout s'est banalisé. Et puis pour moi la course landaise c'est la course des fêtes du village (et les courses l'été sur les plages). Arrêtons de multiplier toutes ces courses en dehors de la saison qui amènent 50 personnes sur les gradins.

Mais il y a bien d'autres choses à faire, ne serait-ce que qu'au niveau de l'accueil des officiels, de l'accueil des jurés, de l'accueil de la presse... certains comités ont fait de très gros efforts au niveau de la pitrangle, ils les ont restaurées, agrandies, pour un meilleur accueil du jury et de la presse... d'autres ne font rien, et chaque année l'on retrouve la même planche avec les mêmes trous et les mêmes fientes de pigeon de l'année précédente, c'est lamentable. Il existe un concours des arènes fleuries, on pourrait organiser aussi un concours des pitrangles et de l'accueil. C'est une demande que j'adresse à la fédération.

VM. Sinon, parlons peu, parlons bien ! Si je te dis que tu es un billet d’humeur à livre ouvert sur toute la saisons écoulée : qu’est-ce qui t’agace ? Est-ce que quelque chose pourrait te faire quitter une arène un jour sur un coup de sang ?

MP. Les années ont passé et je me suis beaucoup, beaucoup calmé. A l'époque de la Tuile je pouvais être classé facilement parmi les polémistes, et les plus anciens, ou ceux qui ont gardé les collections de la Tuile pourraient retrouver de rudes polémiques avec le Passant, avec Berto et d'autres... J'avais un petit quelque chose de Régis Merchan, sans son côté provocateur toutefois. Mais les années ont passé, le caractère s'est adouci, et surtout, surtout, les objectifs ne sont pas les mêmes. Je ne suis pas là d'abord pour critiquer mais essentiellement pour assurer la promotion de la course. Maintenant il faut savoir que je suis un faux-calme, et sûrement que je pourrais quitter une arène sur un coup de sang comme tu le dis si bien. Je te l'ai dit précédemment, j'ai bien failli le faire. Si j'avais été pointeur il y a bien longtemps que l'aurais fait, et avec un grand sens théâtral. Je me répète, ces histoires de pointage m'agacent profondément, et je ne reconnais nullement la course que j'ai découverte dans les années 60 à Pontonx et que j'ai aimée. Mais il y a bien d'autres choses qui m'agacent : les courses qui ne commencent pas à l'heure, cette litanie de brindis qui n'en finit pas et qui dénature totalement la valeur et la beauté d'un brindis, des listes de primes à n'en plus finir au détriment de l'animation, quelques comportements qui sans être gravissimes sont malgré tout préjudiciables à l'image que l'on veut donner à la course. Je me suis parfois demandé cette année, et je n'ai pas été le seul, si le travail que nous faisions, les heures et les heures que nous donnions, en valaient vraiment pas la peine. Quand je vois aussi la réaction des spectateurs qui sifflent le discours de Paulette Saint-Germain dans les arènes d'Aire pour honorer Philippe Descazaux, quand on sait l'engagement et le travail de Paulette, quand on sait l'écarteur que fut Philippe, alors là oui je suis profondément agacé, et ça donne envie de donner des baffes... pardon...  

VM. Si tu étais une rubrique «souvenirs» sur la temporada 2012, quels événements mettrais-tu en lumière ? Qu’est ce qui a pu t’émouvoir, te ravir ou tout simplement te faire plaisir cette année ?

MP. Je ne peux pas citer toutes les courses et tous les évènements qui m'ont marqué, car même si j'ai dit au début que la saison avait été moyenne, j'ai quand même en mémoire de très bons moments. Les premiers qui me viennent à l'idée sont les courses de Souprosse, de Saint-Gor, d'Orthez, de Samadet avec une ambiance exceptionnelle, et puis le festival Art et Courage, les concours de Saint-Sever et de Dax, la nuit du toro... difficile de tous les citer de mémoire. J'ai aussi en mémoire le très bon accueil qui m'est réservé dans beaucoup de communes, par beaucoup de maires ou de comités, des repas pris en commun avec les cuadrillas. Lorsque Christophe Dussau (qui n'est pas un internaute et qui ne suit absolument pas ce que nous faisons) m'invite pour fêter les 20 ans de son 1er titre de champion de France, j'en suis très heureux, très honoré, d'autant plus heureux que je n'ai connu Christophe que ces dernières années. Lorsque Nicolas Vergonzeanne m'invite à assister aux préparatifs de la nuit du toro je dois dire aussi que c'est un grand plaisir... Et puis ce qui me rend heureux c'est de voir la réussite de tous ces jeunes que j'ai connus à l'école taurine quand je suis revenu à la course landaise (Hugo, Mathieu, Cyril, Laurent et d'autres...), que j'ai vu grandir, et qui sont maintenant des champions ou des écarteurs confirmés... J'ai pour eux un regard particulier. Je citerai en dernier lieu David Laplace que j'ai vu évoluer aussi depuis ses premiers sauts chez Jean-Pierre Labat et qui m'enchante avec ses shows d'imitations. C'est un grand sauteur, un bel écarteur, et un véritable artiste, tout cela étant le fruit de beaucoup de travail.  Voilà quelques uns des bons moments de la temporada passée... mais il y en aurait bien d'autres à citer, notamment la course des anciens et des futurs à Mugron... Mais il y a aussi des choses qui me contrarient et me peinent... l'an passé Didier Bordes ne méritait pas un tel départ (je l'avais écrit dans une lettre ouverte), cette année ce sont Jean-Marc Lalanne (30 ans de carrière) et Nicolas Lendresse qui sont rayés de l'affiche, comme ça, du jour au lendemain. Ils ont pourtant tout donné à la course, ils méritaient mieux ! (Toute dernière minute : Jean-Marc Lalanne pilotera une cuadrilla de jeunes écarteurs de la Dal)

VM. On voit peu à peu naître des spectacles taurins en tous genres. Qu’en pense le coursayre que tu es ?

MP. Moi je suis pour, à condition que l'on reste dans les fondamentaux de la course landaise. Je pense que l'on a critiqué Nicolas Vergonzeanne lorsqu'il a innové avec la nuit du toro et toro-emocion, beaucoup de coursayres ont boudé, comme ils avaient boudé le festival art et courage... mais Nicolas nous a concocté de superbes spectacles, en tenant compte des fondamentaux, auxquels il a ajouté le spectacle, et moi je dis bravo. Comme je dis bravo à la fédération d'avoir exporté le festival art et courage pour en faire quelque chose de plus grandiose. Quand il y a la qualité au bout, l'art, le courage, l'émotion, le spectacle, on ne peut que se réjouir. Dans un autre domaine de spectacles taurins je voudrais dire un mot des toro-piscine de Jean-Pierre Labat. J'ai assisté cette année à un spectacle à Saint-Jean de Luz. Dans ce domaine-là, celui des jeux taurins, il est le plus fort, parce que le plus inventif, le plus organisé. Si l'on avait dans nos arènes le dimanche seulement un quart d'ambiance des spectacles de Jean-Pierre on serait heureux. Et justement j'en profite pour dire que lorsque j'ai connu la course landaise dans les années 60-70, il y avait dans tous les villages les courses de cuisinières, les toro-ball et autres jeux taurins qui mettaient une belle ambiance dans les villages, car tous les jeunes pouvaient y participer, c'était familial, on s'amusait. Cette tradition commence à se perdre et c'est bien dommage. 

VM. Juste un petit point média sur la gestion des photos et des vidéos. Après s’être formé au métier de journaliste, voilà que tu deviens cinéaste après avoir troqué ton appareil photo… comment cela se gère-t-il ? N’est-ce pas trop lourd à gérer ?

Il ne faut pas exagérer les mots... disons que je suis plutôt un homme de média. Même si j'ai fait une école de journalisme durant une année, j'ai très vite arrêté pour me diriger vers l'enseignement. Et puis je ne suis ni photographe, ni cinéaste. je suis simplement un professeur de collège retraité qui aime la course landaise comme beaucoup d'autres, qui fait des photos et qui filme... c'est une nuance importante. Et puis je n'ai pas un matériel qui puisse m'amener à le devenir. Mon premier matériel c'est le carnet, le stylo, l'ordinateur, et mon cerveau tant qu'il est encore en bon état... et mes lunettes (petit coucou à l'ami Alain Noguès, il me comprendra s'il me lit). Après je fais des photos, certaines sont assez réussies, d'autres pas... je ne fais jamais de réglages, ça me prend la tête, je suis toujours en automatique. Ne me parlez pas de profondeur de champ, d'ouverture etc etc... je n'y connais rien et ça ne m'intéresse pas... mais je fais des photos, qui parfois sont belles (c'est ce que l'on me dit). Pour ce qui est des films, j'ai senti que les lecteurs attendaient cela, et je m'y suis donc mis. Et ma foi, je crois que tout le monde est content. Tu me poses la question de savoir comment cela se gère ? pour les photos c'est simple, je commence par supprimer toutes celles qui ne me conviennent pas, je sélectionne une trentaine d'entre elles, souvent je les recadre mais pas toujours (si je manque de temps), je travaille un peu le contraste et la luminosité. Après je classe les photos par fichiers, soit par ganaderias, soit par acteur. Pour les films je prépare un montage, je revois donc tout ce que j'ai filmé, j'effectue des coupes, j'ajoute des transitions, un ou plusieurs titres... ensuite j'enregistre, puis je fais une conversion de telle manière que l'hébergement sur You Tube se fasse plus rapidement, même si cela ôte de la qualité à l'image. J'ai apporté récemment quelques améliorations, je filme en HD, ce qui n'était pas le cas auparavant, mais pour l'instant je n'ai pas eu de retour. Tu imagineras facilement le temps que tout cela demande !

L'année prochaine je filmerai les concours et les courses en nocturne (car c'est toujours difficile de faire de bonnes photos le soir, surtout avec le matériel qui est le mien) et je prendrai des photos dans les courses de jour en arènes ouvertes. J'ai pris peu de photos cette année et cela me fait défaut maintenant pour les illustrations d'articles. Heureusement j'ai de l'aide si nécessaire avec Jean-Claude et Jean-Marie Crampes. 

VM. Cela me permet d’enchaîner assez facilement pour te demander de faire un petit point sur l’équipe de chroniqueurs qui t’entoure au quotidien, ainsi que les cameramen et les photographes ? 

MP. Je t'en ai parlé tout à l'heure : une équipe renforcée et motivée, ce qui nous permettra de suivre davantage de courses de seconde et de l'école taurine, et ce qui allégera aussi la charge de travail. Je voudrais ici remercier tout particulièrement Jean-Paul Lahitte pour ses reportages et ses interviews appréciés de tous. Et aussi Jean-Marie Crampes qui ne demande qu'à s'investir dans la photo de course landaise. Mais des remerciements je dois aussi en adresser à mon compère Pickwicq, mon frère jumeau comme disent certains, avec qui je partage beaucoup de route, et qui transforme sa demeure en hôtel pour me loger le week-end. Sans lui, je n'irai sans doute pas aussi loin dans mes voyages coursayres. Il y avait déjà les étapes des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, il y a maintenant les étapes de la route des arènes, avec arrêt programmé à l'hôtellerie de Geaune. Merci Jean-Claude, merci Maryse.

VM. Après ce tour d’horizon sur 2012, parlons 2013 ! Le 5 juillet prochain Course Landaise Magazine (CLM pour les intimes) aura 7 ans. Pensais-tu il y a 7 ans, arriver à gérer une plate-forme d’information comme l'est devenue ton site ? Réalises-tu le chemin parcouru ?

MP. La création de Course Landaise Magazine (qui s'appelait au tout début "Au coeur de la course landaise") s'est faite sur un coup de tête. On s'était pris la tête avec Pierre Ludwig qui animait un site de course landaise, dieu sait si je l'ai regretté par la suite car ce qui a suivi a été pire encore.

VM. C'est à dire ?

MP. J'ai participé quelques mois à la rédaction d'articles pour un autre site, et ce fut un désastre. Incompatibilité d'humeur totale avec le directeur de ce site. Malheureusement cela a eu comme conséquence de me fâcher avec d'autres personnes, et il est évident que si c'était à refaire cela ne se passerait pas du tout comme ça. Mais hélas on ne refait pas l'histoire.

Et c'est donc à ce moment-là que je me suis lancé et que j'ai créé mon propre site, encouragé je dois le dire par des personnes qui ont beaucoup compté pour moi, et qui comptent toujours beaucoup : Julien Jacques (alors sauteur chez Lassalle), Jean Lalanne, Michel Lassalle, Damien Giacomin, Didier Goeytes, Michel Laurensan, Jean-Charles Pussacq, Jacjy Labernède... ils furent mes premiers soutiens, ça ne s'oublie pas. Donc je ne savais pas trop où j'allais, j'étais persuadé que la course landaise avait besoin d'un tel media sur internet (de la même manière que la télévision avait Alegria)... et j'ai travaillé, travaillé comme un forcené. Cela s'est fait jour après jour, bien peu de monde me connaissait, quelques uns me regardaient du coin de l'oeil m'asseoir à la pitrangle (comme au temps de la Tuile)... certains devaient même se dire "mais qui c'est ce type ?"... et puis le temps a passé, et je crois que le succès est venu parce que tout simplement j'ai travaillé. Il n'y a pas de secret, le travail paie toujours. Et puis je l'ai fait par passion, je n'ai jamais gagné un centime d'euro. 

VM. Quelles sont les perspectives pour les mois à venir ? Des nouveautés au programme de la saison 2013 ?

MP. Pour le site les perspectives sont simples : apporter chaque fois que nous le pourrons des améliorations dans la présentation et dans l'enrichissement du contenu. Mais pas de bouleversement. Le changement ce n'est plus maintenant (!), il s'est fait début 2012. Je précise quand même que nous avons adopté pour la saison prochaine un nouveau type de compte-rendu de course simplifié. Les uns voulaient des comptes-rendus complets, les autres disaient que c'était trop long... donc le compromis sera le suivant : il y aura le "vache par vache" (sans trop de détails), et une synthèse à la fin. Les lecteurs qui se moquent du "sortie par sortie" pourront aller directement à la synthèse (et aux résultats si c'est une course de compétition). Mais j'ajoute que chaque correspondant est libre d'adhérer ou non à ce format; ainsi Alain Lamothe, habitué à un style de compte-rendu qu'il a toujours pratiqué dans la Tuile, continuera à commenter à sa manière.

Les nouveautés en ce qui me concerne sont ailleurs. Je finalise (enfin) un projet commencé en 2011, et que la gestion du site m'avait obligé d'interrompre, à savoir l'écriture d'un ouvrage sur un écarteur landais. L'éditeur a été trouvé, la machine est en route. Ce travail (lui aussi énorme) sera achevé en janvier et remis à l'éditeur. Et si tout va bien, cet ouvrage paraîtra en mai-juin, certainement avant le festival Art et Courage. Je n'en dis pas plus pour l'instant, c'est un projet qui me tient à coeur, et j'en reparlerai bien sûr en temps voulu.

VM. Merci Michel pour tes réponses, sans langue de bois, et encore bravo pour ce travail magnifique !

MP. Merci à toi Vincent d'avoir bien voulu participer à ce bilan par tes questions toujours originales et qui m'ont permis, sans doute incomplètement, de faire le tour de la vie coursayre et de la vie du site. Du haut de tes belles montagnes, puisque tu vis et travailles du côté d'Arudy, tu peux suivre (comme beaucoup de déracinés) la course landaise par le biais des sites internet, et j'en suis ravi, c'est bien là le signe que nous servons à quelque chose. Et puis je te souhaite à toi aussi une grande réussite dans tes projets personnels et professionnels, et je sais qu'ils sont nombreux. Et pourquoi pas un jour réunir à ta table d'hôte l'équipe des correspondants de Course Landaise Magazine... ou même organiser une course landaise dans tes belles Pyrénées, je sais que tu y as songé. Impossible n'est pas français disait Napoléon.

 Samedi 3 Novembre

Fabien Harran a décidé de ranger les bottines et le boléro. A 30 ans il tourne la page de la piste, mais il continuera à s'intéresser à la course dans d'autres rôles et pour d'autres actions. Cet écarteur de Lourquen, doté à la fois d'une belle classe et d'une grande discrétion, aura tout au long de son parcours fait preuve de générosité et de talent. De ses débuts au sein de la cuadrilla Latapy pour l'Armagnacaise jusqu'à ses dernières courses au sein de la seconde de Dargelos, avec un passage chez Deyris et un retour case départ chez Cathy Agruna, Fabien Harran se mettra souvent en évidence, montant 11 fois à l'escalot en 2005, 6 fois en 2006. La qualité de ses écarts l'amènera à titiller les grands dans les concours, se classant 4ème au concours de Dax en 2004, 2ème au concours d'Aire et 4ème au concours de la corne d'or à Nogaro en 2005, et à nouveau 5ème à Nogaro en 2006, 4ème au concours d'Hagetmau en 2007.

Fabien Harran, c'était beaucoup mieux qu'un second couteau, un écarteur classique avec du style et de l'élégance. Et puis, le souvenir que je garderai de Fabien Harran, outre son joli parcours d'écarteur, c'est sa gentillesse et son sourire.

Bon vent Fabien pour la suite de ta vie, familiale et professionnelle... en espérant que tu trouveras au sein de la course landaise une activité qui te permettra d'apporter ton savoir-faire et tes compétences. Pour le sourire, pas d'inquiétude, il est en toi.

Michel Puzos

Fabien Harran fera sa despedida dans les arènes de Poyanne le samedi 17 Novembre, dans le cadre des fêtes de Lourquen, son village, qui a renoué l'an dernier avec la course landaise.

Paseo à 16h00 avec la Cuadrilla 2013 de la ganaderia Dargelos. Venez nombreux saluer cet écarteur généreux. 

Samedi 27 Octobre

2006-2012
 
Voilà six ans je créais "Course Landaise Magazine" sans trop savoir vers quelle aventure je courais. Une double passion m'animait, celle de la course landaise et celle de l'écriture. S'y est ajoutée un peu plus tard celle de la photo et de l'image (modestement, et sans connaissances particulières).
Les premiers pas furent un peu compliqués, quelques embûches ici ou là. Mais les soutiens ne manquèrent pas et la tache en fut donc facilitée. Six ans de travail, harassant parfois, mais avec au bout la satisfaction d'avoir donné à la course landaise un outil intéressant de communication (certes pas encore parfait mais qui s'améliore au fur et à mesure que passent les années), d'avoir constitué autour de moi une belle équipe, satisfaction aussi d'avoir prouvé que par un travail assidu on arrivait toujours à quelque chose de positif, satisfaction enfin d'avoir trouvé dans le milieu coursayre, réputé ingrat, quelques amis, des fidèles... ceux qui ont toujours le mot gentil, parfois inattendu mais tellement rassurant, et ceux encore plus proches avec qui l'on peut partager les belles choses comme les moins bonnes.
La sixième saison se termine, j'en présenterai le bilan sur le site, dans quelques jours, questionné par Vincent Moulia. Il sera sans langue de bois.
Créer un magazine coursayre en 2006, sans connaissances techniques particulières, sans trop savoir comment cela pourrait se faire, avec qui, et comment il serait accueilli, c'était un vrai challenge. Je crois qu'il a été gagné.
Le second challenge que je m'étais fixé, beaucoup plus individuel celui-là, mais ayant toujours trait à la course landaise sera je l'espère finalisé au cours du premier trimestre 2013. Il est en bonne voie d'accomplissement mais pas encore achevé. On en reparlera donc un peu plus tard...
Nous repartirons en 2013, avec d'autres renforts, et toujours avec les mêmes objectifs qui sont ceux d'informer et de promouvoir notre sport et notre art gascon.
 
Michel Puzos

Dimanche 14 Octobre

Nicolas Vergonzeanne effectuait samedi à Zagaroza sa despedida. Un évènement quand on sait tous les exploits effectués par Nicolas dans la péninsule ibérique (comme en France d'ailleurs) et tout le retentissement que ses passages dans l'arène au-dessus des toros ont pu avoir depuis un grand nombre d'années. Des sensations et des impressions difficiles à traduire lorsque l'on n'y assiste pas et que l'on ne voit qu'à travers des films diffusés sur You Tube.

Samedi l'ambiance était à son comble et Nicolas, dans son jardin, entouré de tous ceux qui l'ont toujours suivi et soutenu, a connu une nouvelle fois, la dernière fois sans doute en Espagne, cette ambiance-là. Un champion hors pair qui est allé tout au long de sa carrière de défis en défis, d'exploits en exploits, et qui aura donc connu pour cette dernière tout ce qu'un torero peut connaître au cours de sa vie, les réussites et les triomphes, et les accidents aussi. Du peu que nous avons vu, Nicolas a réalisé un festival hors du commun au-dessus d'un toro, avec notamment une superbe rondade et puis au-dessus d'un autre cornu, un Muira paraît-il, il a été pris, le toro ayant levé. Cornada au mollet, mais rien de grave.

Nous avons pu intégrer le film relatant son accident, nous aurions aimé faire la même chose avec son triomphe, mais les codes d'intégration ont été désactivés sur You Tube et cela est donc impossible... dommage.

http://www.youtube.com/watch?v=SJVyBGjw1yk&list=ULSJVyBGjw1yk

Un grand bravo à ce grand champion qu'est Nicolas Vergonzeanne, et bien sûr tous nos voeux de prompt rétablissement.

 

Jeudi 11 Octobre

C'est désormais établi : lorsque le public est à peu près certain qu'il y aura course ou spectacle dans l'arène, et qu'il en aura pour ses sensations et son argent, il vient aux courses. Le dernier championnat de France à Aire sur l'Adour l'a encore prouvé. Mais avant lui la Nuit du Toro, le concours de Dax et même d'autres concours, la corne d'or, le festival Art et Courage... mais aussi des courses réputées comme celles de Samadet, d'Orthez, et j'en passe. Les courses des fêtes font encore du monde, même si, ici ou là, cela ne se vérifie pas toujours.

Une autre chose est certaine, passé le championnat de France, les arènes commencent à se vider, les préoccupations sont tout autres, et ne nous trouvons plus sur les gradins que quelques mordus. Dans un dernier article, mon ami Le Toujousain déplorait cet état de fait. Il a certainement raison lorsqu'il déplore l'absence totale des élus ou des dirigeants, mais pour ce qui est de la venue du public il faut bien comprendre que la saison est maintenant terminée, qu'elle commence tôt, trop tôt peut-être, et qu'elle se finit très tard, de plus en plus tard, trop tard. L'intérêt est retombé, les compétitions sont terminées, les acteurs sont fatigués... et les poches des coursayres sont vides. On annonce encore des courses en plus des présentations, un concours de secondes paraît-il à Saint-Sever le 3 novembre, la course de l'amicale des clubs, une course festival à Arzacq, une course festival à Aire sur l'Adour, pour n'en citer que quelques unes... Ne pensez-vous pas que l'on en arrive à l'overdose ?

On a déjà dit "trop de compétions tue la compétition", je crois que l'on pourra ajouter bientôt "trop de courses tue la course".

Michel Puzos  

Samedi 6 Octobre

Nous avons appris que le trophée des pays tarusates avait été remis à Rion des Landes le vendredi 5 octobre. Mieux vaut tard que jamais... et nous adressons bien sûr toutes nos félicitations à la cuadrilla Bertrand Lafaye, vainqueur cette année du trophée.

Michel Puzos

Mercredi 26 Septembre

Qui pour ce 57ème titre ?

Nous y sommes. Dimanche prochain se disputera dans les arènes d'Aire sur l'Adour la plus belle compétition de la temporada, le championnat de France. Créé en 1956 par Robert Castagnon et Roger Carrère, le championnat de France en sera dimanche à sa 57ème édition. De grands noms sont venus chaque année s'ajouter à la désormais longue liste des vainqueurs, et que de souvenirs aussi liés à leurs combats et à leurs victoires. Qu'ils soient écarteurs ou sauteurs, tous ont apporté à notre tauromachie landaise et à notre sport gascon leur griffe bien particulière où l'art et le courage sont les maîtres mots. L'épreuve disputée est sans doute la plus difficile, la plus longue, la plus attendue, où les combats menés sont intenses, de diverses natures et qu'il faut gérer tout à la fois : combattre les plus belles coursières, combattre ses concurrents, combattre le public qui vous attend à chaque écart, et se combattre soi-même, c'est à dire savoir gérer sa peur et sa concentration, gérer sa course au fur et à mesure de son déroulement, prendre des risques calculés si besoin est. Le jour j du championnat il faut être prêt physiquement et moralement.

Alors pour ce 57ème titre, qui ?

Les écarteurs qui disputeront le championnat, outre le champion en titre Mathieu Noguès, sélectionné d'office pour remettre son titre en jeu, sont désignés en fonction de leur classement à l'escalot : Loïc Lapoudge, Gaëtan Labaste, Alexandre Duthen, Hugo Viney-Thomas, Vincent Muiras. Et à titre de remplaçants, Baptiste Bordes et Ludovic Lahitte. Du côté des sauteurs sont sélectionnés le champion en titre Guillaume Vergonzeanne ainsi que Fabien Napias, Louis Ansolabéhère et Dominique Larié.

Ce championnat est des plus ouverts et se risquer à un pronostic paraît bien difficile. D'un côté l'on trouve les écarteurs confirmés et qui ont déjà remporté ce titre : Mathieu Noguès, Loïc Lapoudge, Hugo Viney-Thomas. Ils ont l'expérience nécessaire pour mener à bien leur compétition, ils connaissent leurs adversaires dans ce genre de luttes, leurs qualités et leurs défauts, ce qui est un atout non négligeable pour mener le combat. Ce sont des "gagneurs", des doués, et qui ont des raisons et des atouts pour aller chercher le titre. Mathieu Noguès a sûrement en tête de réaliser le triplé, et cela trois années consécutivement, et de rejoindre ainsi le petit peloton qui en fait de même (le dernier en date Benjamin de Rovère). Mais si ce n'est pas là son ojectif numéro un, je pense que pour Mathieu, remporter ce titre serait asseoir définitivement son statut et sa grande classe de torero. Pour Loïc Lapoudge, remporter ce titre serait aussi un retour au premier plan, après une saison en dents de scie, due à des blessures. Chaque fois que Loïc est revenu en piste cette année, c'est pour monter à l'escalot avec toujours de très belles moyennes. Où en est-il de sa forme, nous le saurons dimanche, mais sans percer le secret des cerveaux, je suis sûr que Loïc a cet objectif en point de mire depuis longtemps. Quant à Hugo Viney-Thomas, il a retrouvé la grande forme, c'est un garçon calme, réfléchi, qui saura gérer son championnat comme lors de sa victoire en 2009, qui a prouvé sa forme en remportant le concours de Dax et qui peut briller devant le bétail actuel.

Viennent ensuite Gaëtan Labaste et Alexandre Duthen. Auteurs tous les deux d'une très belle saison, ils feront leurs premières armes dans ce genre de compétition. Ils ne figurent pas parmi les favoris, et pourtant ils ont autant d'atouts que les plus titrés. La force de Gaëtan c'est son courage, et plus encore sa motivation et sa détermination. Il ne vient pas à Aire pour faire de la figuration, et s'il a pu ses dernières semaines retrouver une bonne forme physique après les rudes coups reçus tout au long de la saison, il faudra compter avec lui. Alexandre Duthen lui non plus n'a pas l'expérience de ces grandes joutes, mais garçon calme et posé, régulier, très bon torero, il peut aussi "en costaud" se révéler. Reste Vincent Muiras. Il a pour lui, comme pour la plupart de ses concurrents, une motivation sans faille. Vincent a encore tout à prouver dans les concours ou les championnats auxquels il a déjà participé sans pouvoir décrocher un titre. Mais où en est-il de sa forme ? dans une compétition aussi longue, son genou tiendra-t-il ?

Chez les sauteurs, difficile également d'établir une hiérarchie. Ils se tiennent tous de très près, trois d'entre eux ont déjà obtenu le titre de champion de France. Champion en titre, Guillaume Vergonzeanne a semble-t-il quelques problèmes physiques, mais l'on peut penser que ceux-ci ne l'empêcheront pas de concourir. Dominique Larié, s'il parvient à régler son pieds-joints, sera dans la course. Louis Ansolabéhère a retrouvé la forme qui lui avait permis de remporter un titre de champion en 2009. Quant à Fabien Napias, il a une revanche à prendre et ce championnat c'est sûrement son objectif. Alors qui ? seule peut-être Naranka possède la réponse. Quel sera son comportement ? Tous les yeux seront braqués dimanche prochain sur cette coursière.

Quant au bétail, à un moment où tout le monde s'accorde à dire que la course landaise n'a plus les grandes coursières qui ont fait son renom et lui ont donné son caractère émotionnel, espérons malgré tout que les organisateurs et les ganaderos sauront choisir celles qui donneront au championnat de France sa valeur intrinsèque.

"La Course Landaise intensément" peut-on lire sur les affiches du 57ème championnat de France. Tous les ingrédients semblent au rendez-vous pour que ce championnat soit effectivement intense. Alors soyons présents dimanche prochain, le jeu en vaut la chandelle.

Michel Puzos

Jeudi 20 Septembre

Que faut-il penser de la Coupe des Cuadrillas et quels enseignements faut-il en tirer ?

Je comprends l'exaspération de certains (pour ne pas dire de beaucoup) après la coupe des cuadrillas qui s'est déroulée à Gamarde, et je comprends la déception de François Bordes, venu de Toulouse, et reparti vers la ville rose avec un creux à l'estomac. Je dirai simplement que la coupe était à l'image de la saison, plutôt fade, même si quelques éclairs sont venus de temps à autre nous redonner l'envie d'aller aux courses. On attend toujours des ces manifestations le meilleur, meilleur bétail, meilleur travail... mais le meilleur n'est pas souvent dans l'assiette. André Domenger l'a d'ailleurs clairement exprimé lors de son interview : la course landaise manque aujourd'hui du bétail à émotion qui faisait jusque là toute sa force. La course landaise est un combat, et aujourd'hui l'un des deux combattants semble rendre les armes. Il faudra sans doute quelques années pour que l'on retrouve dans les ganaderias ces marraines qui ont fait le succès des courses, des concours, des championnats. Cela ne veut dire aucunement qu'il n'y a pas de bétail, que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, ou ce que n'a pas dit André Domenger. Chaque ganaderia a ses jolies coursières, belles d'aspect et de comportement, brillantes souvent, mais pas à ce point dangereuses pour faire vibrer les foules. Cela n'empêche pas les écarteurs de recevoir des coups, une vache est une vache, avec sa force, ses pattes et ses cornes, et malheureusement ils en ont reçu encore cette anée des tumades qui font mal.

Ceci dit, faut-il supprimer la coupe ? soyons quand même honnêtes et reconnaissons qu'il y avait sur les gradins pas loin des 2/3 d'arènes, ce qui peut signifier que le public ne se désintéresse pas totalement de cette compétition. Et rendons hommage à André Domenger et à son équipe du comité régional Landes-Béarn qui a fait tout son possible pour redorer le blason de cette coupe des cuadrillas. Et que peuvent-ils faire de plus si dans la piste tous les ingrédients ne sont pas au rendez-vous ? A ce rythme là, on pourrait aussi se demander s'il faut supprimer les concours ?

Nous risquons de nous morfondre encore quelque temps si nous attendons des courses à l'ancienne. Et ce sera sûrement l'un des problèmes auquel devront faire face les futurs dirigeants et les ganaderos. Un toril fastueux, répondant aux aspirations des coursayres, ne se bâtit pas en quelques semaines. Soyons patients et espérons retrouver un jour ces émotions qui nous ont fait aimer la course.

Michel Puzos

Vendredi 14 Septembre

La fièvre du vendredi soir

Voici une semaine, la fièvre du vendredi soir avait envahi les arènes de Dax. Les Bee Gees étaient remplacés ce soir-là par la troupe Zarkam, Gilles Fortier, ses cavaliers, ses danseuses, et bien sûr les écarteurs et les sauteurs de course landaise, les gladiateurs des temps modernes.

Une semaine après, la fièvre est retombée mais le spectacle grandiose auquel nous avons assisté n'est pas près de s'oublier. Ce fut lumineux au sens propre comme au sens figuré, et la magie inspirée par Nicolas Vergonzeanne a totalement opéré sur le public... un public conquis, qui aura vite oublié les petites imperfections pour ne retenir que le côté grandiose du spectacle, tous les moments d'émotion, et ils furent nombreux, que nous auront procuré les acteurs : l'entrée des écarteurs sous les fumées et les feux d'artifice, le paseo encadré par les chevaux et salué par le maître cavalier, l'engagement des écarteurs et des sauteurs face à leurs toros respectifs, les écarts et les sauts que le public a bonifiés, la tumade d'Hugo Viney-Thomas qui a fait basculer l'arène du mode plaisir au mode sidération et inquiétude, la formidable émotion qui se lisait dans les yeux de Jean-Marc Lalanne lorsque celui-ci a effectué la vuelta en compagnie de Didier Laplace, et tant d'autres petits détails que chacun aura pu apprécier.

Dans ces moments de morosité ambiante et de rentrée difficile, ce spectacle aura fait oublier durant quelques heures les soucis du quotidien et nous aura transportés dans un autre monde, où l'art et le courage se donnent rendez-vous et nous emmènent dans un "ailleurs" tellement nécessaire, où le spectacle et la tradition s'associent et magnifient nos racines, ces racines que quelques uns, prénommés "anti", voudraient mettre à mal, voir même disparaître.

Ah oui, que la fièvre fut enivrante, et que les frissons intenses qu'elle nous a procurés furent énergisants !! Et que cette soirée fut belle, et porteuse d'espoirs !

Michel Puzos

Jeudi 6 Septembre

La Nuit du Toro

Vendredi soir, dans les arènes archi bondées de Dax, sous un ciel étoilé et par un temps estival si l'on en croit les prévisions de Meteo France, nous assisterons à la passation de pouvoirs de deux des plus grands toreros de ces dernières décennies en course landaise. Ainsi l’a voulu Nicolas Vergonzeanne pour cette troisième édition de la Nuit du Toro. Didier Laplace et Jean-Marc Lalanne viendront une dernière fois offrir au public dacquois tout leur savoir-faire devant des toros de combat, et passer le flambeau à la jeune génération.

Certains jeunes toreros ont déjà dévoilé leurs qualités devant les toros des derniers festivals Art et Courage, à commencer par le plus ancien d’entre eux, Benjamin de Rovère, talonné par Hugo Viney-Thomas, Thomas Marty, Mathieu Noguès et Baptiste Bordes. Tous ont déjà de l’expérience et se sont montrés à leur avantage, que ce soit à Pomarez ou à Mont de Marsan, voire même dans les précédentes nuits du toro. Seul Alexandre Duthen fera ses débuts dans cette spécialité et affrontera son premier toro. Très performant devant les vaches sans corde, remarquable feinteur lui aussi, garçon calme et réfléchi, il possède donc les qualités requises pour s’illustrer dans ce genre de combats.

Passation de pouvoirs ne signifie pas seulement la fin d’une carrière, mais bien davantage cette transmission d’un bagage essentiel pour les toreros landais : leur technique, leur sang-froid, leur confiance mesurée, et bien sûr leur connaissance du bétail. Ce sont ces atouts-là que Didier Laplace et Jean-Marc Lalanne transmettront à leurs cadets, et qu’ils ont pu d’ailleurs leur inculquer ces dernières années en tant que chefs de cuadrilla dans leurs équipes successives.

A côté des écarteurs évolueront les sauteurs. On sait aujourd’hui combien leurs qualités gymniques et artistiques ont évolué, combien ils ont fait progresser le saut, soit par des figures nouvelles, plus difficiles à maîtriser et plus dangereuses aussi, soit par une technique améliorée, faite de rigueur et d’élégante beauté. Chef de file, Nicolas Vergonzeanne participera lui aussi à sa dernière nuit du toro. Il a déjà effectué sa despedida en Espagne, à Saragosse, et c’est dans les arènes de Dax qu’il transmettra donc le flambeau, après huit titres de champion de France, à ses successeurs : Guillaume Vergonzeanne son frère, actuel champion de France, Dominique Larié lui aussi champion de France en 2010, et aux plus jeunes, les super doués de la voltige que sont Fabien Napias, Louis Ansolabéhère tout jeune champion de France en 2009, et même David Laplace vainqueur du concours de Dax l’an passé. Nouveauté cette année, les sauteurs, comme les écarteurs, auront leur toro à sauter. Seul Dominique Larié pourrait prendre des relais sur les autres toros de la soirée. Une seule interrogation à ce jour : Fabien Napias blessé à Vieux-Boucau, et Louis Ansolabéhère blessé lui aussi lors d’une des dernières courses de sa cuadrilla, seront-ils en mesure de participer ?

Nicolas Vergonzeanne, qui a établi de solides relations en Espagne dans le monde de la tauromachie s’est mis en quête de toros ayant toutes les qualités que requiert la course landaise, des toros qui doivent donner du jeu et répondre parfaitement aux attaques. Les toros d’El Cahoso, de San Roman et des autres ganaderias choisies, devraient répondre à ces attentes.

La nuit du toro c’est aussi tout un spectacle qu’ont mis au point Nicolas Vergonzeanne et le Club Boletero. Qui dit spectacle taurin à la landaise dit bien sûr musique. Deux groupes animeront la soirée. Tout d’abord Les Gatchos de Peyrehorade, groupe que l’on connaît bien et qui a déjà animé de nombreux spectacles dans le ruedo dacquois. Mais cette année, Nicolas s’est assuré le concours d’un autre groupe, moins connu aux oreilles des tauromaches landais, mais qui a fait les beaux jours des grands festivals de bandas, notamment celui de Dalhem en Belgique, de Nîmes dans le Gard, ou plus près de nous à Condom.

En course landaise, on aime bien la compétition, c’est connu, avec tout ce qu’elle a de bon et de moins bon. Pas question bien sûr de noter quoi que ce soit lors de cette nuit du toro. Toutefois, les six jeunes toreros seront soumis au regard d’un jury qui devra désigner, au vu de leur ressenti, les deux toreros qui se trouveront en mano à mano face à un magnifique toro de San Roman.

Et puis Nicolas Vergonzeanne nous annonce un final inédit en France… quelque chose qui se passe en Espagne et qu’il aura sûrement repéré et apprécié au cours des ses voyages en terre ibérique.

Si donc vous avez la chance de trouver encore une place ou de vous glisser dans un petit trou de souris, alors n’hésitez pas  et soyez un de ces 8000 spectateurs qui vibrera vendredi soir dans les arènes de Dax.

Michel Puzos.   

Vendredi 1er Septembre

Le bonheur était dans le pré

C'était donc vrai, le bonheur était dans le pré... même pour les plus incrédules force est de constater, à voir la mine réjouie, l'oeil vif et riant, et la taille plus fine de notre ami Pierre de Saint-Pastou, que le bonheur était bien dans le pré et ne lui a pas échappé. Et si l'on s'attarde un tout petit peu sur son âme soeur, on ne peut que découvrir un visage rayonnant qu'une chevelure noir de jais illumine encore davantage. Pierre et Frédérique sont heureux, c'est clair. Ceux qui ont inscrit Pierre à cette émission culte de M6 aussi, et nous tous qui l'avons soutenu et suivi dans ses péripéties bien évidemment.

Pierre a gagné un amour, la course landaise a gagné une nouvelle coursayre.

Et maintenant ?

Eh bien mes chers amis, voyant cette belle histoire et cette belle réussite, c'est décidé, je m'inscris l'an prochain au "bonheur est dans le pré". Pardon ? que me dites-vous ? que je ne suis pas agriculteur et que je ne peux y prétendre ? Allons, allons... je peux aller soigner les vaches chez Labat, faire les foins chez Dufort, réparer les tracteurs chez Laplace, traire les vaches chez Henri Ducassou à l'occasion d'un reportage, gaver les canards avec Eric Merville et labourer la terre (d'ailleurs vous me verrez bientôt en plein travail sur le tracteur d'Eric)... et puis je peux tondre le gazon chez Pickwicq (ce qu'il ne fait plus depuis qu'il a abandonné la tondeuse pour l'appareil photo), vendanger chez Pierre, et bien sûr cultiver mon jardin (bien petit j'en conviens). Tous les atouts sont donc entre mes mains pour que mon bonheur soit aussi dans le pré.

Tous les atouts ? enfin pas tous : mon compte en banque est au rouge, et la sénilité me gagne... il vaudrait peut-être mieux me tourner alors vers "qui veut gagner des millions". J'ai tout l'hiver pour réfléchir.

Salut mon Pierre ! je te dédicace mon texte... et avec ta permission je fais une bise, voire même deux à Frédérique.

Michel Puzos

Mercredi 1er Août

Nous voici entrés dans le mois d'août, très fourni en courses et en évènements de toutes sortes, et qui nous conduira bien sûr vers le concours de Dax, épreuve convoitée depuis toujours, très ouverte cette année si l'on en juge par les résultats des précédents concours, puisque chacun d'eux a vu gagner un torero différent.

Rappelons quels sont ces vainqueurs : Baptiste Bordes à Pomarez, Thomas Marty à Aire sur l'Adour, Gaétan Labaste à Saint-Sever, Mathieu Noguès à Nogaro et Loïc Lapoudge à Mont de Marsan.

Tout sera donc possible à Dax, et l'issue très incertaine ajoutera encore un peu plus à l'intérêt du grand concours landais des fêtes. Chacun va sûrement se préparer à cette ultime confrontation individuelle avant le Championnat de France; et devant les meilleures coursières du moment il est fort probable que chacun se risquera dans le ruedo dacquois.

A côté de ces récents vainqueurs figurera le tenant du titre Hugo Viney-Thomas, revenu en pleine forme après un début d'année compliqué, et qui ne laissera pas passer l'occasion de doubler la mise. Et puis participeront aussi les autres sélectionnés par la commission course landaise, que nous ne connaissons pas encore, et qui voudront profiter de la moindre défaillance des potentiels vainqueurs. Je dirai donc "vivement Dax" pour que l'on puisse assister à l'une des plus belles confrontations de l'année.

Dax n'est pas le seul point de mire des acteurs. Se disputera aussi le championnat de France des vaches sans corde, bien établi maintenant à Vieux-Boucau, et sans doute Mathieu Noguès, incontestable leader dans cette spécialité, se lancera-t-il le défi d'ajouter un 3ème titre à son palmarès. Bien sûr il aura des adversaires de taille avec les de Rovère, Bordes, Lafitte, Marty et d'autres encore qui seront sur leurs gardes et prêts à en découdre. Souvenons-nous de Rémi Corrihons l'an passé, il s'était battu comme un beau diable, et peut-être qu'avec une autre gestion de sa sortie, deux ou trois écarts supplémentaires, il aurait pu très bien l'emporter. Rien n'est jamais joué d'avance, et fort heureusement.

Pour en revenir aux derniers vainqueurs des concours, j'ai bien envie de dire que nous avons eu les vainqueurs que nous souhaitions. Baptiste Bordes cherchait depuis longtemps sa victoire et la Mecque de la course landaise lui a tendu ses bras. Thomas Marty a trouvé la belle occasion d'effacer des mois de soucis et de rappeler au public qu'il était toujours là, et que la guigne qui le poursuit parfois lui laisse malgré tout quelques moments de répit pour redevevir le vainqueur que l'on avait connu à Nogaro. Gaétan Labaste lui,  a été récompensé de sa générosité, de sa bravoure, de la franchise de ses attaques; il paie parfois un lourd tribut au fait qu'il ne triche pas, aussi sa victoire à Saint-Sever n'était-elle que grandement méritée. Mathieu Noguès, compte-tenu de ses magnifiques résultats tout au long des courses, de ses réussites, de sa générosité lui aussi, celle que lui ont transmise des générations d'écarteurs mouscardésiens, ne pouvaient que monter sur le podium dans le temple nogarolien, celui qui l'a déjà sacré deux fois champion de France. Et puis le dernier vainqueur avant Dax fut Loïc Lapoudge. Le béarnais s'est sûrement inspiré de Proust, et la Madeleine de Mont de Marsan ne lui a pas seulement rappelé de bien beaux souvenirs, mais l'a transcendé pour bâtir sa victoire; ses gestes à l'appel du vainqueur en disaient long sur sa joie, mêlée du plaisir de l'instant et de celui de la revanche.

Que de beaux vainqueurs en attendant le prochain... un de ceux-là... ou un autre.

Mais à quelques pas de la Fontaine-Chaude et des sources de la Nèhe le vainqueur de Dax n'aura sûrement pas besoin de la légende du légionnaire romain pour créer sa propre légende. Le 10 Août à Dax tout sera permis. En route pour le titre.

Michel Puzos 

Lundi 23 Juillet

Un week-end de plus, avec ses énièmes contestations, protestations, vociférations... on est en droit de se demander jusqu'à quand. Ici on déchire des feuilles de pointage préalablement jetées dans la piste, là on vous traite de malhonnête et d'incompétent, ailleurs on débranche l'ordinateur ou l'on fait le second avec le mouchoir jaune, autre part on crie ou l'on fait la leçon... j'arrête là la litanie des contestations en tous genres, soi-disant de toutes les époques et qui pour certains font même le charme de la course landaise. Moi je veux bien... c'est vrai que dans les années 70 j'ai connu les coups d'aiguillade dans les chevilles, les cannes qui se mettaient en travers de votre chemin, les pneus crevés, les cols de chemise déchirés, quelques claques administrées... Vous me direz alors que la course landaise s'est quand même civilisée et que l'on proteste aujourd'hui avec plus de douceur et d'humanité. Le problème, c'est que l'on a voulu, avec juste raison d'ailleurs, faire évoluer la course landaise dans son aspect sportif, mais que l'on ne s'est pas forcément donné les moyens d'y parvenir et que l'on accepte difficilement les règles.

Il me semble qu'il y a deux devoirs à accomplir, le premier émanant de la fédération, le second des acteurs pratiquants.

Le premier devoir qui incombe à la fédération, c'est d'établir des règles (si possible après une concertation avec les licenciés) et de les faire respecter. Mais aussi de s'assurer que les juges-arbitres soient à la hauteur du travail qui leur est demandé.

Le devoir qui incombe aux acteurs c'est de respecter les règles établies, au risque de se voir infliger des sanctions lorsque ces règles ne sont pas appliquées voire même bafouées.

Alors qu'en est-il actuellement ?

1. Personne ne sait exactement comment sont formés (à la base) ceux qui jugent et notent écarts et sauts. Les acteurs et le public leur reprochent souvent soit leur incompétence, soit leur parti-pris, soit l'interprétation qu'ils font de la grille de notation.

Je ne rentrerai pas dans ce jeu-là, d'une part parce que l'art de juger un écart, tant dans sa partie technique que dans sa partie artistique est une rude tache, et que l'objectivité absolue en course landaise me paraît impossible ; et d'autre part parce que je ne crois pas que je ferais mieux.

Par contre, et cela a toujours été mon souhait, c'est que la formation des jurés soit plus pointue, plus poussée, qu'on lui donne les moyens nécessaires pour la rendre plus efficace et donc plus juste. Une formation qui aboutisse à la reconnaissance des compétences des jurés.

Ce qui est regrettable aujourd'hui, c'est que beaucoup pensent que les jurés sont aujourd'hui de braves bénévoles, des personnes qui rendent service à la course et à la compétition en allant pointer le dimanche... ce n'est pas cela l'image que l'on doit avoir des jurés. Les jurés doivent être des professionnels, des personnes qui connaissent la course landaise sur le bout des doigts, toute la technique et tous les artifices, qui peuvent juger une coursière, apprécier son comportement, ses qualités et ses travers... et pour qu'ils soient des professionnels et reconnus comme tels, il faut que leur formation soit à la hauteur. Et l'impression que l'on a aujourd'hui (peut-être à tort) n'est pas du tout celle-là. Excusez la familiarité qui va suivre, mais on a l'impression que l'on a aujourd'hui à la pitrangle "de braves types, ou de braves dames" qui sont là pour rendre service, pour faire fonctionner un système, qui vont se faire engueuler course après course, et qui ne sont pas pris au sérieux.

2. Ensuite, et une fois que l'on est assuré d'avoir à la pitrangle des "professionnels", il est nécessaire que ceux-ci soient respectés, respectés dans leurs jugements et respectés dans leur personne. Et tous les exemples que je citais en introduction de mon propos ne peuvent être admis. Il n'y a pas de compétition possible sans respect de l'arbitrage, et il n'y a pas de respect de l'arbitrage sans des sanctions. Je n'ai pas l'impression aujourd'hui que ces sanctions sont adaptées et surtout dissuasives.

Tant que ces deux problèmes ne seront pas résolus, sur la formation reconnue des jurés et sur le respect des règlements, nous continuerons à voir sans fin ces contestations en tous genres et qui à force "agacent tout le monde" comme le faisait remarquer Eric Lesparre dans un récent article.

Oui nous sommes fatigués de ces polémiques. A quand les vraies solutions ? A quand une vraie formation des jurés, connue et reconnue ? A quand un respect des règlements ? La course landaise aurait tout à y gagner. Aujourd'hui elle s'enlise dans les polémiques et les rancoeurs.

Michel Puzos       

Vendredi 20 Juillet

Dans un récent billet du jour, il était question d'Alain Afflelou et de ses déboires avec les anti-taurins, et un trait d'humour avait mis en avant Optic 2000.

Un de nos lecteurs avisé nous a fait remarquer avec juste raison qu'il serait sans doute utile de s'adresser à un opticien coursayre qui est Jean-Louis Estrampesgrand défenseur de la course landaise et qui répond toujours présent pour aider un comité ou présenter à ceux qui ne la connaissent pas la course landaise.

Jean-Louis Estrampes possède les magasins "Les opticiens de proximité" qui vont de Cazaubon en passant par Mont de Marsan et toute la Chalosse. Vous trouverez notamment un magnifique magasin à Saint-Pierre du Mont face à l'église où vous marcherez sur une arène décorée au nom de la tauromachie.

Il est bon de savoir aussi que durant de nombreuses années Jean-Louis Estrampes a été sponsor de l'école Taurine.

Les "Opticiens de Proximité" de Jean-Louis Estrampes, voilà donc une adresse très utile pour tous ceux qui comme moi ont besoin de toujours mieux voir ce qui se passe en piste.

MP

Lundi 16 Juillet

Le concours de la corne d'or

On l'attendait ce concours de la corne d'or, un peu comme on attend le Messie. Mais le concours est passé et nous sommes restés quelque peu dubitatifs quant à l'issue des résultats... Mais il convient de féliciter ceux qui ont gagné, les hommes comme les vaches... et d'oublier ce qui n'a pas marché, le comportement de certaines coursières qui briguaient le titre suprême ou le travail des écarteurs.

Dire uniquement cela serait trop vite oublier qu'il y a eu malgré tout une première épreuve de qualification plutôt réussie et que l'on y a vu de très beaux écarts, je pense notamment à ceux de Mathieu Lapeyre et de Thomas Marty devant Lutecia, , de Laurent Saint-Germain, Mathieu Lapeyre devant Segnorita, de Baptiste Bordes devant Noguesia ou encore à la belle sortie de Bettina avec les beaux écarts de Baptiste Bordes, de Thomas Marty, et même de Rémi Corrihons et Mathieu Lapeyre. Quant au concours final, il a été émaillé lui aussi de quelques beaux écarts : Lapeyre, Lapoudge, Dunouau et Noguès devant Mendoza... Lapeyre, Lapoudge et Noguès excellents devant Anoeta... Lapeyre et Dunouau bien devant Experte... Lapoudge, Noguès et Dunouau (malgré une touche) très bien devant Adélaïde.

Alors pourquoi cette déception, ou ces mines un peu déconfites ? Parce que l'on aurait souhaité, pour la gloire du concours et pour celle des écarteurs, que la dernière sortie soit l'apothéose... et cela n'a pas été. Mathieu Noguès a pourtant attaqué et risqué en tentant un premier intérieur, mais ce n'est pas passé. Loïc Lapoudge a tourné dans le lointain sur son premier écart, Baptiste Bordes a chuté au premier essai, Mathieu Lapeyre a risqué lui aussi l'intérieur sur son second mais a subi les foudres de la coursière. Seul Cyril Dunouau a finalement tiré son épingle du jeu, un premier bon intérieur, un second moins bon en changeant de côté... et glanant le plus joli score de la sortie (14pts). C'est peut-être pour cela qu'une partie du public n'a pas compris la défaite de Cyril Dunouau. Il termine très près de ses deux concurrents mais il avait pris du retard à l'issue de la sortie d'Adélaïde.

Pour en revenir à la sortie, il est certain que ce ne fut pas la finale espérée. C'est ainsi. On retrouvera la corne d'or au concours de Mont de Marsan et de Dax, et peut-être verra-t-on autre chose à ce moment-là.

Ibañeza a donc conservé très largement son titre, et c'est dommage que quelques remous aient accompagné la lecture du palmarès. Elle a peut-être pris quelques années, mais elle reste la coursière redoutée. Et ce 14 Juillet, les autres coursières, et ce sont aussi de grandes coursières sûrement appelées à un bel avenir, n'ont pas montré mieux.

Bettina a été élue vache de l'avenir, elle a gagné en puissance et en férocité, et son titre est mérité.

L'un des plus beaux titres attribués à Nogaro c'est aussi celui de cordier d'argent. La lutte a été vive entre Eric Merville et Michel Lafitte, peu de voix les séparent. Sur le concours, Eric Merville a été excellent et tout le monde s'est accordé à dire qu'avec les coursières qu'il avait ce jour-là entre les mains (Bettina et Anoeta), il a été parfait, plus que cela même car il a fait passer de superbes écarts, à l'intérieur comme à l'extérieur. Mais le choix ne se fait pas que sur une course, et le public a sûrement choisi celui qui a fait deux saisons extraordinaires au bout de la ficelle chez Dargelos. Ses dernières courses à Souprosse et Arzacq étaient vraiment phénoménales, comme d'autres d'ailleurs, et le public ne l'a pas oublié. C'est donc une belle et juste récompense. Et puis personne n'a oublié cette ingratitude indécente qui avait attribué à Michel Lafitte 15 voix le 14 Juillet 2010 !! Quelle belle revanche pour ce grand sportif, champion de France des sauteurs en 1976, vainqueur d'un grand nombre de concours, entraîneur de talent chez Deyris et Latapy, et cordier chez Deyris de 1999 à 2010, avant de rejoindre la Ganaderia Dargelos en remplacement de Jacques Morandin blessé. L'Histoire a parfois de ces rebonds qui font chaud au coeur.

Michel Puzos

Jeudi 12 Juillet

Le journal "Sud-Ouest" titre ce matin :

Fêtes de Bayonne : Alain Afflelou se retire

Il refuse de cautionner la tauromachie. Les 500 000 € promis iront à des manifestations culturelles

Un peu plus loin dans l'article on peut lire les propos d'Alain Afflelou : " J'ai décidé de retirer l'image de notre société des Fêtes. La corrida et les Fêtes étant mêlées, il est inimaginable d'y associer notre marque."

Mr Afflelou n'aime donc pas la tauromachie.

Comme un retrait en vaut bien un autre, mon prochain opticien sera donc "Optic 2000" Rigolant

Et comme me le conseille souvent mon ami Alain Noguès, je pourrai enfin "ajuster mes lunettes" Incertain

Michel Puzos

Mardi 3 Juillet

Généralement je ne réponds pas aux propos outranciers, surtout lorsqu'ils ne concernent pas la course landaise. Mais cette fois, et comme j'ai envie de me faire plaisir, je voudrais quand même répondre à cette dame qui m'écrit aujourd'hui et que j'espère charmante.

Elle s'appelle Madame Delachaux, dommage que son nom soit amputé de la terminaison "vive", cela lui aurait mieux correspondu puisqu'elle me traite d'assassin.

Moi un assassin ! vous rendez-vous compte !!! Moi qui tous les soirs, sur la route de Gouadas qui mène à mon domicile, évite consciencieusement les centaines de lapins sauvages qui traversent la route à la tombée de la nuit. Madame Delachaux m'envoie donc un message suite à la publication de l'affiche de la novillada de Tartas. "La corrida est ignominieuse me dit-elle. Honte à vous homme cruel. Assassin !". Je ne vous dirai pas ce qu'elle ajoute et les supplices qu'elle souhaite à mon encontre... vous aurez compris que mon anatomie masculine aurait à en souffrir !

Ce genre de messages outranciers me fait rire et me donne envie de répondre ceci à Madame Delachaux : J'espère chère belle âme, que lorsque vous avez à votre menu un poulet-frites, vous allez au fond de votre logique et que vous ne dégustez que les frites, de même pour les olives ou les quartiers d'orange qui accompagnent le canard... j'espère aussi que si l'on vous sert une entrecôte à la bordelaise, vous vous contentez des petites échalotes confites qui accompagnent la viande saignante... et si l'on vous suggère un poisson, sans doute ne demandez-vous que les arêtes.

Mais à ce rythme-là chère dame, vous allez perdre toutes vos forces, vous ne pourrez plus oxygéner votre cerveau, et vous n'aurez même plus la faculté pour m'écrire vos inepties. Quel dommage ce serait alors !

J'aurais pu chère Madame Delachaux vous expliquer que corrida et course landaise ce n'est pas la même chose. Mais vu que vous confondez un brave homme avec un assassin, je me demande si vous savez faire la différence entre une vache et un taureau !

Merci en tout cas de m'avoir permis de me défouler un peu, moi si calme d'ordinaire, mais qui sait aussi montrer le degré 2 de ma personnalité.

Dommage que nous ne puissions nous rencontrer à Tartas en fin de semaine, puisque vous n'assisterez ni à la course landaise du vendredi, ni à la novillada du samedi (à moins que vous ne manifestiez aux abords des arènes, auquel cas je reconnaîtrai sans doute votre tête déprimée)... car j'aurais aimé vous dire combien j'aime votre bonté.

Michel Puzos... un homme très cruel. 

Vendredi 29 Juin

Dire ou ne pas dire

Le sujet est souvent revenu sur le tapis, et c'est l'amicale réflexion de Michel Lassalle, rencontré dimanche dernier à Mugron, qui me donne du grain à moudre pour ce billet du jour. Michel lit notre site, peut-être pas régulièrement, mais il est malgré tout attentif à ce que nous faisons. D'ailleurs je n'oublie pas qu'il m'a soutenu lorsque j'ai créé le premier site (Au coeur de la course landaise) car il avait compris combien la médiatisation de la course était indispensable, et qu'internet aujourd'hui était une "arme" qu'il fallait utiliser (à bon escient certes) à cette fin.

Mais Michel, on le connaît, est aussi un critique avisé, et à ma question de savoir ce qu'il pensait de notre travail, il me répondait ceci "C'est bien... mais tu est trop tendre, trop gentil... on me dit ici ou là que telle ou telle course n'était pas bien, et quand je lis, je m'aperçois que ce n'est pas cela qui est écrit...". Ce n'est pas la première fois que cette remarque m'est adressée. Et je réponds toujours de la même manière : "Une course dure deux heures, et si dans son ensemble elle n'est pas de trop grande qualité, il y a toujours quelques belles sorties, quelques écarts qui valent à eux seuls le déplacement, une coursière qui sort de l'ordinaire...". L'histoire du verre à moitié plein et à moitié vide. Les optimistes voient toujours le premier côté, les autres voient toujours le second. Bien sûr, j'ajoutais à l'endroit de Michel Lassalle "Si j'avais critiqué tes courses et ton bétail, je pense que tu n'aurais pas forcément apprécié", et je lui faisais remarquer aussi qu'il faut parfois lire entre les lignes pour comprendre que le spectacle n'était pas à la hauteur.

Michel a raison : il ne faut pas travestir la vérité. Mais il faut comprendre aussi que chacun juge à sa manière, ressent une course avec ses propres émotions et les traduit par ses propres mots. Nos rédacteurs en subissent parfois les retours et deux d'entre eux me confiaient récemment que certains de leurs propos n'avaient pas été appréciés. Cela prouve bien notre indépendance et le fait que nous écrivons ce que nous ressentons. C'est vrai que nous le faisons aussi avec respect, sans provocation, et que c'est peut-être cela qui nous rend un peu (trop) tendres et gentils.

Sur des sujets plus généraux, et je vous renvoie à d'anciens billets du jour, je ne me suis jamais gêné pour dire ce que je pensais. Et croyez bien qu'aujourd'hui je reste dans le même état d'esprit, que beaucoup de choses me chagrinent quand je vois comment se passent certaines choses. Je ne reste pas béat d'admiration quand je vois par exemple que le public se raréfie (pas partout heureusement), que la qualité des spectacles est moyenne, que le bétail des concours n'a plus rien à voir avec ce que l'on a connu autrefois, que la fédération connaît ses propres problèmes d'identité et de fonctionnement, que l'intérêt particulier passe avant l'intérêt général, que l'on se prive d'une émission de télévision populaire parce que l'on montre une image de la course landaise contraire à ce que l'on en dit etc etc... il y a bien des sujets qui me font sortir de mes gonds. Mais j'ai toujours appris à mes élèves que c'était souvent la somme des erreurs et des échecs, et les conséquences qu'il fallait en tirer, qui amenaient ensuite à des succès ou tout du moins à de meilleurs résultats. J'espère donc que l'on saura tirer profit des erreurs commises.

J'ai l'impression que nous sommes à un tournant, et que celui-ci devra être bien négocié, peut-être mieux qu'il ne l'est actuellement, pour que la course landaise prenne un autre envol. Comme un entrepreneur qui veut conquérir des parts de marché, la course landaise doit aussi conquérir un nouveau public. L'affaire ne sera gagnée que si chacun à sa place, et dans les responsabilités qui sont les siennes, va dans cette direction-là. J'entends dire parfois "la course landaise a toujours existé, elle existera toujours". Certes elle est bien implantée dans beaucoup de nos villages, mais ce serait oublier bien vite qu'il y a une forte mutation dans les populations, qu'elle s'accompagne aussi d'un autre état d'esprit, d'autres valeurs, d'autres comportements, et que la course landaise n'est plus le loisir qui fait déplacer les foules.

A nous tous, et tous la main dans la main, de travailler pour que cela redevienne le cas. A chacun de se mettre face à ses responsabilités. Je crois qu'on peut comprendre et pardonner "notre gentilesse" ou "notre optimisme" lorsqu'il s'agit de commenter une course, par contre je crois qu'il faut dire la vérité sur des errements qui pourraient nous coûter cher et nous entraîner sur des voies contraires au développement de la course et de son image. Ne pas le faire ne serait pas rendre service à la course landaise

Michel Puzos  

Jeudi 21 Juin

Deux gagneurs, deux combattants

Lundi dernier à Doazit, j'ai vu deux écarteurs "aller au charbon". Généreux en diable, avec la faim au ventre et l'irrésistible envie de se montrer sous leur meilleur jour, Gaétan Labaste et Thomas Marty ont prouvé une fois encore qu'il faudrait compter avec eux cette année.

Je les ai vus plein d'enthousiasme, partir au combat sans traîner les pieds... et surtout revenir sans sourciller malgré de rudes tumades, des coups de pointe ou de sabot pas forcément spectaculaires mais qui font très mal.

Je les ai vus grimacer, se tenir le coude ou le poignet, traîner la jambe, mais aller jusqu'au bout de leurs forces pour montrer qu'ils étaient écarteurs landais, et qu'un écarteur landais va au bout de la souffrance pour assouvir sa passion, pour remplir son contrat, celui qui le lie à son ganadero et au comité organisateur du spectacle, le contrat moral qui le lie au public, et le contrat de conscience qui stipule qu'un écarteur va au bout de ses forces pour honorer le boléro qu'il porte.

Gaétan a tourné 27 écarts, décrochant 4 écarts bonifiés, faisant claquer la bottine et creusant ses reins pour y faire passer au plus près les coursières, Thomas a tourné 24 écarts, se jouant de la nouvelle par ses qualités de feinteur, son jeu de jambes, toute sa technique, décrochant un bonus. Tous les deux sont allés au tapis, mais tous les deux se sont battus comme l'on aime. Sans doute les retrouvera-t-on avec le même mordant dans leurs prochaines courses, mais aussi dans les concours où l'envie et la soif de victoire sont essentielles à leur esprit.

D'autres ont les mêmes motivations, les mêmes qualités, et c'est bien cela qui fait la force des compétitions et de la course landaise.

A Doazit j'ai vu deux gagneurs, deux vaillants, visages concentrés, toujours prêts à en découdre, parfois châtiés mais toujours combattants.

Ils ne seront jamais taxés à 75% de leurs revenus, mais eux au moins se seront battus pour le sport qu'ils aiment, au prix d'efforts violents et parfois surhumains. C'est sans doute pour cela que nous les aimons et que nous les respectons.

Michel Puzos

Lundi 18 Juin

Un concours décevant

J'attendais beaucoup du concours d'Aire sur l'Adour, je l'avais d'ailleurs exprimé dans un récent billet du jour. Il me semblait que toutes les conditions étaient réunies pour cela. Hélas, et je crois que je ne fais que traduire un sentiment général, nous n'avons pas vu le concours escompté.

Le bétail choisi pour ce concours, qui est quand même l'une des épreuves phares de la saison, n'a pas répondu aux attentes du public, il a fallu attendre les trois dernières coursières du concours final pour trouver du sérieux, du bétail de respect, devant lesquelles l'engagement des hommes prend tout son sens et engendre émotion. Il suffisait d'entendre Christophe Dussau lors du vin d'honneur parler de "monotonie pour la phase qualificative", et ne pas vouloir s'exprimer sur le concours final, ni répondre aux interviews, pour comprendre à demi-mots...

Les acteurs ont fait ce qu'ils ont pu, ils ont malheureusement subi pas mal de chutes et de touches -12 me semble-t-il- ce qui les a amoindris dans leur leurs combats. Mathieu Noguès a du abandonner, les autres traînaient la patte pour reprendre une expression familière.

On retiendra malgré tout de ce concours le retour en forme de Thomas Marty qui a bien géré son concours, prenant des points quand il le fallait, quelques écarts lumineux de Hugo Viney-Thomas devant Anoeta et Ibañeza, ou encore la belle revanche de Mathieu Noguès devant Mendoza après une sérieuse tumade. Heureusement qu'il y a eu ces éclairs-là, que les sauteurs se sont livrés un beau combat avec une Naranka pas facile, qui obligeait à sauter haut, ou bien à passer sur la corne plus facile avec tout ce que cela impliquait de fautes.

Bon... le concours d'Aire est passé, et on va attendre maintenant celui de Saint-Sever le 25 Juin. La capitale du Cap de Gascogne renoue heureusement avec son concours et nous espérons y voir de beaux et vrais combats, du bétail et de l'émotion. Car c'est cela la course landaise, ne l'oublions pas... et plus encore quand il s'agit des concours.

Michel Puzos

Mercredi soir 13 Juin

Un premier concours très ouvert

Le concours de Pomarez fin avril était sans doute venu un peu tôt dans la temporada, les choses n'étaient pas encore lancées, les toreros n'étaient pas encore au top de leur forme, beaucoup ne s'étaient pas encore totalement acclimatés à leur nouvelle ganaderia, à leur équipe, au bétail qu'ils devaient affronter. La période de rodage a été pour certains un peu plus longue que prévu, d'autant que quelques blessures sont aussi intervenues assez tôt dans la saison, ce qui n'a pas arrangé les choses. Désormais, et on peut le constater depuis le week-end de Samadet, la situation a bien évolué. Cela se traduit par des courses d'un bien meilleur niveau et des scores plus élevés dans les compétitions. Le concours d'Aire sur l'Adour se présente donc sous les meilleurs auspices. Aire sur l'Adour a acquis depuis longtemps ses titres de noblesse et gagner le concours d'Aire, c'est dès le début de la saison montrer ses ambitions. Automatiquement le vainqueur du concours d'Aire se place sur la ligne des postulants aux concours suivants. D'où tout l'intérêt de se montrer, et pourquoi pas de gagner.

Cette année, ce concours est très ouvert. Bien sûr, et c'est ainsi chaque fois que l'on tente un timide pronostic, on pense en priorité à ceux qui portent sur leurs épaules les plus grands titres : Mathieu Noguès, Loïc Lapoudge, Hugo Viney-Thomas font partie de ceux-là. Mathieu Noguès est en forme, il est monté de très nombreuses fois à l'escalot cette saison et il peut faire sien ce concours. Loïc Lapoudge a prouvé à plusieurs reprises, notamment à Montsoué et Saint-Gor, et même vendredi dernier à Gamarde qu'il faisait toujours partie des meilleurs. Quant à Hugo Viney-Thomas, après sa blessure intervenue en début d'année, il est revenu lui aussi à sa bonne forme, en progression sur les courses qu'il a disputées, et prouvant devant les toros du festival et de Gamarde qu'il était resté un écarteur de classe. Baptiste Bordes a montré sa grande forme cette année, régulier dans les courses qu'il dispute et vainqueur du concours de Pomarez au mois d'avril. Le détenteur du boléro d'argent peut doubler la mise. Mais il ne faudrait pas oublier le dernier vainqueur du concours d'Aire, Cyril Dunouau, qui semble retrouver la forme. On l'a vu à Gamarde bien faire devant Ibañeza, et se mettre en avant à Larbey. Cyril garde ses chances intactes à Aire pour conserver son titre. Parmi ceux qui retrouvent aussi leur forme et qui se sont illustrés ces dernières années, citons Thomas Marty et Denis Lazartigues. Souvenons-nous des concours de la corne d'or à Nogaro où Thomas Marty avait littéralement surclassé ses adversaires. Rappelons-nous aussi que Denis Lazartigues avait fait sien quelques concours devant du bétail difficile. Ces deux écarteurs, après des saisons difficiles, sont revenus semble-t-il à un bon niveau et ils affectionnent sûrement de remonter sur un podium. Et puis il y a celui que l'on n'a pas encore vu à son avantage dans les concours, Gaétan Labaste, mais qui a la motivation et les qualités suffisantes pour en enlever un cette année, pourquoi pas celui d'Aire. Gaétan est un gagneur, il va tenir son rang.

Le règlement qui a été peaufiné par les organisateurs, semblable à celui de Pomarez, oblige les participants à se battre d'entrée de jeu pour pouvoir postuler au titre. Dès les défis il leur faut tout faire pour se qualifier. Et même si une chance leur est donnée jusqu'au bout, puisque sur les 5 écarts obligatoires seuls sont retenus les 3 meilleurs, il leur faut malgré tout s'engager sur chaque écart et ne pas laisser l'adversaire prendre avantage.

Côté bétail, les meilleures coursières du moment seront dans la piste. Et c'est devant la corne d'or que se fera (peut-être) la différence. Les commentaires sur la corne d'or m'amusent toujours... "elle est vieille", "elle prend des intérieurs faciles"... à Gamarde, on a vu qu'elle avait fait le ménage et qu'elle était toujours redoutable... comme sont redoutables par ailleurs Mendoza ou Anoëta, et même Carmencita pas toujours simple à écarter.

Le concours d'Aire sur l'Adour est très ouvert, et c'est bien cela qui fait son intérêt. Espérons que les coursayres seront au rendez-vous de ce premier tournoi. Je crois dur comme fer que les écarteurs vont livrer le combat attendu.

Un simple petit mot concernant les sauteurs : avec eux l'on est sûr que le spectacle sera assuré. Nous savons qu'ils se tiennent de près, que la nouvelle réglementation trouvera les dixièmes de point qui pénaliseront ceci ou cela... nous savons aussi que Naranka sera dans la piste, et qu'avec elle on ne sait jamais... le concours des sauteurs est aussi ouvert que celui des écarteurs.

Allez les amis, tous à Aire sur l'Adour vendredi prochain, en aucun cas on ne saurait manquer ce rendez-vous aturin.

Michel Puzos      

Samedi 2 Juin

La préparation du Festival "Art et Courage" n'a pas été chose aisée cette année, et pour certains les nuits furent courtes et agitées. Mais finalement la sagesse a prévalu et l'on ne peut que louer ce soir organisateurs et acteurs pour le festival qu'ils nous ont présenté aujourd'hui dans les arènes du Plumaçon à Mont de Marsan. Ce festival 2012 est un grand millésime et nous l'avons savouré du premier au dernier écart, du premier au dernier saut, de la première à la dernière note musique, du premier au dernier mot de commentaire. Les toros ont donné satisfaction, ont eu le comportement que l'on attendait d'eux, et même lorsqu'ils commençaient à fatiguer d'être trompés par l'homme et n'avaient plus la même action, les toreros ont eu le cran d'aller les chercher dans leur terrain, d'aller cueillir l'écart qu'ils voulaient, et souvent avec réussite. Certains écarts sont passés au plus près des cornes, dans le creux des reins, et tout cela avec beaucoup de grâce et de style. Les sauteurs ne se sont pas départis de leurs collègues écarteurs, réussissant eux aussi de remarquables sauts au-dessus de toros qui avaient parfois compris que cela se passait au-dessus d'eux. Et la dernière sortie festival fut d'un haut niveau.

Nous sommes entrés dans une ère nouvelle avec tous ces jeunes toreros. Et dès qu'ils sont dans la piste, avec la motivation qui est la leur, ils se surpassent. J'ai souvent vu lors des précédents festivals un toro qui ne marchait pas, un écarteur qui ne parvenait pas à sortir le grand jeu, des tumades parfois... cette année pas un seul novillo ou toro n'a déçu, chacun des toreros a brillé face à l'adversaire qui lui était proposé et a récolté son lot d'applaudissements et d'ovations, il n'y a pas eu de touches... Assurément un festival d'un grand cru.

Le Festival Art et Courage demeure l'une des plus belles vitrines de la course landaise... on a eu peur durant quelques jours que quelques glaces ne se brisent... mais la vitrine est solide, et même magique. Alors bravo à tous, car le spectacle donné cet après-midi à Mont de Marsan fait honneur à notre tradition.

Michel Puzos

Vendredi 1er Juin

L'écrivain Joseph Joubert écrivait dans ses "Pensées" : L'attention de celui qui écoute sert d'accompagnement dans la musique du discours. Lors du discours de Jean Hirigoyen, Maire de Samadet, j'ai redoublé d'attention pour l'écouter... car je sais que lorsque Mr le Maire chausse ses lunettes et tire plusieurs feuillets de sa poche, c'est qu'il a quelque chose d'intéressant à dire... intéressant c'est à dire "riche" et qui appelle nombre de réflexions. J'ai donc accompagné par mon attention (pas facile quand on se trouve à côté d'Eric Lesparre Clin d'œil) la musique du discours de Mr Le Maire, et je n'ai pas été déçu. Jean Hirigoyen a bien sûr remercié tous ceux qui de près ou de loin ont travaillé au succès des fêtes, avec le mot juste et aimable qui convenait à chacun, la petite drôlerie qui rendait l'hommage encore plus émouvant, mais il a donné aussi à son discours le contenu qui appelle à la réflexion... ainsi mettait-il en avant les notions de respect et d'éducation. Mr le Maire, qui fut aussi un enseignant et un éducateur apprécié, a d'ailleurs trouvé les mots les plus justes pour évoquer ces notions-là.

J'ai pensé qu'un tel discours pourrait faire l'objet d'un billet du jour, et j'ai donc demandé à Jean Hirigoyen l'autorisation de le publier, ce qu'il a accepté avec plaisir. Merci Mr le Maire pour ce discours qui nous fait réfléchir à tous sur le sens de la fête, sur le respect de notre culture, et sur tout ce que nous pouvons faire ensemble, à des postes de responsabilité divers, pour éduquer nos jeunes à cette culture gasconne.

Michel Puzos

Samadet : Pentecôte 2012

Aujourd’hui, en ce dernier jour des fêtes de Pentecôte à SAMADET, c’est de fidélité que je voudrais vous entretenir.

Fidélité des ganadéros qui présentent, année après année, dans ce zénith de la course landaise, leur meilleur lot de coursières, convaincus qu’ils sont qu’à Samadet, il faut « faire course » ;

Fidélité des écarteurs et particulièrement des plus anciens qui reviennent en  pèlerinage pour la Pentecôte et sont là, présents derrière la talenquère.

Fidélité de certains coursayres voisins d’AUBAGNAN, BATS, ARBOUCAVE, SERRES GASTON et d’ailleurs, qui ne manqueraient pour rien au monde les trois jours dans nos arènes.

Fidélité des debisaïres comme Jean LALANNE pour qui Samadet est une longue histoire d’amour dans tous les sens du terme et que Eric LESPARRE va sans doute imiter tant il est vrai qu’il a déjà assimilé notre culture samadétoise.

Cette culture que les présidents du Comité des Fêtes successifs depuis Henri MINVIELLE, Fernand NERIN, Christophe LESPIAU, Alain LAMARQUE, Pierre BAILLET, Patrick DARROZES et maintenant Stéphane CASTAINGS conservent pieusement et se transmettent de l’un à l’autre.

Fidélité de l’Union Musicale Samadétoise et de la banda Lous Faîences qui rivalisent d’enthousiasme et d’imagination pour leur programme musical mais aussi pour apporter une note d’originalité avec un costume et une animation sans cesse renouvelés.

Fidélité de Yves PICARD notre président musicien et médecin, Michel TASTET le papé, cheville ouvrière de cette troupe tour à tour régulateur de l’ensemble ou dynamiteur du groupe selon l’heure du jour ou de la nuit. Et puis, l’indéracinable, l’inoxydable Jacquy LAFITTE, l’âme de cette société musicale, le dépositaire des valeurs qui, maintenant, avec certains anciens inculque à quelques jeunes le bonheur du clairon, de la trompette de cavalerie ou du tambour dans la batterie fanfare.

Fidélité de quelques anciens qui, dans l’ombre, réparent, nettoient à l’heure où les festayres vont se coucher pendant que Jean Jacques LAMEIGNERE dit BLOND prépare le déjeuner de 9 heures.

Fidélité d’anciens élus qui ont la vie du village chevillée au corps et qui comme Jeannot BAILLET cultivent une tradition de convivialité, de bonne humeur et d’accueil chaleureux.

J’en oublie certainement beaucoup qui rythment la vie de notre féria, mais tous autant qu’ils sont, à travers cette fidélité, ont gravé dans leur cœur le mot « RESPECT »

Respect des gens, respect des structures, respect des traditions, respect d’une culture et au bout du compte respect d’eux-mêmes qui le soir peuvent se coucher et s’endormir, la paix au cœur, en étant fiers d’être ce qu’ils sont et de ce qu’ils font.

Et c’est d’ailleurs autour de ce mot « RESPECT » que se joue l’avenir de nos fêtes locales des plus grandes aux plus petites : certains trublions en manque de repère, en manque d’éducation viennent perturber la belle harmonie de nos animations et jeter le doute dans l’esprit  de ceux qui au long des jours préparent, peaufinent pour améliorer les festivités dans l’enthousiasme.

C’est certainement le sujet qui va nous préoccuper dans les années à venir : comment promouvoir nos valeurs de joie, de convivialité face à la bêtise, la désinformation et l’irrespect le plus total ?

La réponse est indéniablement dans le verbe « EDUQUER ». Eduquons nos jeunes, faisons-leur découvrir nos racines, transmettons notre culture, ce que nous avons de plus cher.

Ainsi aurons-nous fait notre devoir de citoyen, de responsable, de festayre et préparé de la meilleure des façons la PENTECOTE 2013.

Jean Hirigoyen  Maire de Samadet

Mercredi 30 Mai

Mise au point

Depuis que j'ai fait mon retour en course landaise en 2003, et créé "Course Landaise Magazine" en 2006, je n'ai cessé de travailler au service de la course, des acteurs et des comités. J'ai déjà rappelé à plusieurs reprises combien l'administration du site demandait en investissement et en heures de travail. Je ne regrette rien, je le fais par amour de la course, et c'est aussi ma façon de rendre un peu aux acteurs tout ce qu'ils nous donnent dans la piste, tout le plaisir qu'ils nous procurent. Pour cela j'ai cessé toutes mes autres activités, tous mes autres loisirs, pour ne me consacrer qu'à cette passion de la course landaise. La course landaise m'habite depuis tout gosse et c'est pour elle que je consacrerai les dernières années de ma vie. Ceci dit, je voudrais que l'on respecte ce travail, et que l'on ne me fasse pas passer, par des petites remarques ici ou là, pour ce que je ne suis pas : un partisan.

Si j'avais écouté les uns et les autres, je serais aujourd'hui fâché avec la moitié de la planète coursayre. Je n'ai jamais rien écouté de ce que l'on a pu me dire, parce que la vie (privée) des autres ne m'intéresse pas et parce que j'ai reçu de mes parents des principes de respect et de tolérance. Voilà pourquoi je reste à la marge, voilà sans doute pourquoi je suis respecté. Je vous en sais gré d'ailleurs.

Je n'ai qu'une ligne de conduite : servir la course landaise. Et je n'ai de cesse de valoriser ce qui est beau dans une course, et d'oublier autant que je peux le faire ce qui n'a pas marché... au risque bien sûr de me laisser dire que je ne dis pas la vérité puisque je ne parle qu'en sourdine des mauvaises choses. Il fut une époque, c'est vrai, où j'aurais été plus incisif... d'ailleurs mon ami Pierre de Saint-Pastou rencontré lundi me disait qu'il aurait aimé que je le sois autant que par le passé. Incisif je peux l'être, mais les temps ont changé, moi aussi sans doute, et ceux qui vivent de la course landaise (je pense en particulier aux ganaderos), ou qui les organisent, sont comme des funnambules en équilibre instable sur leur fil, et qui avancent à petits pas, dans un équilibre précaire, pour ne pas tomber. Et c'est pour cela que je me suis engagé : pour aider la course, dans le secteur de la communication qui à mon sens faisait défaut, et non pas pour engager des polémiques. Des polémiques on peut en créer tous les jours, et actuellement les sujets ne manquent pas. A quoi bon ! amuser la galerie, faire rire certains et tendre les mouchoirs aux autres ? Je ne suis pas sur ce créneau là. Certains avant moi, et sans doute plus prooches des acteurs que moi, ont travaillé sur un autre registre... il faut voir où cela les a menés. Parfois je pique c'est vrai, mais je le fais toujours avec respect, souvent avec humour. Et je m'aperçois que sur bien des sujets je suis dans la vérité des choses, je le rappellerai à l'occasion sur des faits précis.

Pourquoi est-il besoin de rappeler tout cela ?

Je suis fin psychologue, j'ai fait quelques études dans ce domaine, et je comprends très vite un sentiment au détour d'un regard ou d'une parole nuancée...

Je vais aller droit au but : le billet du jour que j'ai écrit sur Loïc Lapoudge et sa course de Saint-Gor n'a pas été apprécié de tous. Aurais-je dû passer sous silence ce qui m'a plu, voir même emballé ? je considère que si je ne l'avais pas fait j'aurais manqué à mon devoir et à ma conscience. Qu'aurais-je dû écrire pour faire plaisir à certains ? que la reine Ibañeza n'était plus la reine, que Loïc écartait quand il en avait envie, que les jurés avaient surpointé la course... que sais-je encore ? Moi j'ai traduit par mes mots ce que j'ai ressenti sur le moment, et ce qu'a ressenti le public. Comme j'ai écrit le lendemain que Louis Ansolabéhère était le roi de Samadet et que ses trois rondades sur une même sortie étaient un véritable exploit. Que voulez-vous, je ne fais pas partie de ceux qui ricanent lorsqu'un écarteur ou un sauteur tombe à terre !

Mais bon sang, écrire des louanges sur le travail de Loïc Lapoudge à Saint-Gor, cela n'enlève rien à la qualité des autres !! faudrait-il passer sous silence des exploits sous prétexte que dans le même temps on ne parle pas des autres, et que l'on n'a pas vus au demeurant ? Bien sûr, il n'y avait pas que Lapoudge en piste ce week-end... Je sais que Cyril Dunouau a réussi un formidable écart intérieur à Samadet et qu'il aurait mérité un pointage maximum, je sais que Fabien Napias et Dominique Larié ont exécuté une belle rondade, je n'ai pas assisté à ces exploits-là mais ils savent combien je les apprécie. Mais que voulez-vous, je ne peux pas être partout à la fois, je n'ai que dix doigts pour écrire, j'essaie malgré tout de trouver quelques heures de sommeil... et puis je ne suis pas un technicien de la course landaise, je ne saurai jamais apprécier un écart ou une vache de course comme peuvent les apprécier les toreros.

Pour que la mise au point soit complète, je voudrais quand même préciser que lorsque j'ai établi mon propre calendrier des courses (chaque correspondant a sa répartition des courses établie pour la saison) j'ai fait en sorte de voir toutes les ganaderias de formelle à égalité de courses. Voici mon calendrier :

- 17 courses pour l'Armagnacaise : Gamarde, Barcelonne du Gers, Horsarrieu, Campagne, Classun, Montsoué, Saint-Gor, Morcenx, Souprosse, Marciac, Begaar, Villeneuve de Marsan, Bascons, Pontonx sur l'Adour, Pimbo, Saint-Loubouer, Hauriet

- 17 courses pour la Dal : Toulouzette, Saint-Yaguen, Bougue, Larbey, Geaune, Le Houga, Plaisance du Gers, Vielle-Tursan, Tyrosse, Orthez, Mugron, Villeneuve de Marsan, Pomarez, Estang, Rion des Landes, Cazaubon, Momuy  

- 17 courses pour Dargelos : Saint-Loubouer, Tartas, Aubagnan, Bascons, Urgons, Samadet, Momuy, Pouydesseaux, Souprosse, Donzacq, Arzacq, Pomarez, Castelnau-Tursan, Arboucave, Pouillon, Montaut, Urgons 

- 16 courses pour Deyris : Vielle-Tursan, Sainte-Colombe, Aubagnan, Samadet, Doazit, Tartas, Gamarde, Saint-Aubin, Castelnau d'Auzan, Captieux, Garlin, Mugron, Plaisance du Gers, Philondenx, Manciet, Geaune

Puis-je faire mieux compte-tenu du calendrier ? oui sans doute, trouver une course supplémentaire pour Deyris.

Je précise que partout ailleurs où je ne pourrai pas aller, "Course Landaise Magazine sera représenté". Et je préciserai aussi que cette année j'ai eu le renfort d'Alain Lamothe de Toujouse qui couvre pas mal de courses de seconde.

Dans ce calendrier, je n'ai pas seulement choisi l'égalité, j'ai choisi aussi de respecter ma parole envers certains comités auxquels je promets depuis longtemps d'assister à leur course. Il en est ainsi cette année de Saint-Gor ou de Garlin fin juillet. Mais je n'ai pas oublié non plus ceux qui font de gros efforts pour la course comme le comité de Campagne qui a construit ses arènes.

Si dans toutes ces courses il y a des exploits, alors je peux vous assurer qu'ils seront mis en valeur eux aussi.

Dernière mise au point : j'entends dire "Puzos n'est pas là, il n'y aura pas de photos, pas d'images"... Je ne peux pas me démultiplier mais je rappelle quand même que notre ami Pickwicq se trouve parfois là où je ne suis pas (c'était le cas dimanche à Samadet, il y a d'ailleurs laissé quelques plumes) et que vous pouvez consulter les photos sur son site... et puis il y a tant de photographes et de cameramen désormais sur les gradins que vous pourrez trouver sûrement des photos sur Facebook ou autres sites. Notre mission première c'est le compte-rendu, c'est l'article, c'est l'info... et la photo ou l'image ne viennent qu'en complément. Complément apprécié je le sais, mais complément quand même.

Je rappelle enfin que mes opinions, mes avis, mes commentaires sont tout à fait personnels, qu'ils expriment un ressenti mais que je ne détiens pas la vérité. Si quelqu'un par exemple considère que Loïc Lapoudge n'a pas mérité mes louanges, ou que Louis Ansolabéhère n'a pas réalisé un exploit lundi dernier comme je l'ai écrit, eh bien il faut prendre la plume ou le clavier et le dire, et l'écrire.

Ceci dit, je continuerai à tracer ma route, à respecter mes engagements, à défendre la course landaise, à piquer parfois et à dire ce que je pense sur des sujets qui me paraissent importants, mais sans jamais me détourner de mes objectifs.

Michel Puzos           

Dimanche 27 Mai

Une étoile sur le sable de Saint-Gor

Cela faisait plusieurs années que j'envisageais d'aller à Saint-Gor, une place attachante, à la fois par des souvenirs de courses anciennes, et par des personnages hauts en couleur à l'image de l'ancien maire Daniel Betuingt, et directeur de la Joyeuse de Saint-Gor, ou de Robert Labarchède longtemps figure de proue de la course landaise dans ce joli village du pays de Roquefort. Mais Pentecôte c'est aussi Samadet, ses ferias, le Zénith de la course landaise avec ses trois courses, les musiques endiablées, la foule coursayre des grands jours, l'accueil toujours convivial et festif... difficile donc de manquer ce grand rendez-vous. Mais parfois il faut se laisser aller à ses instincts, ou mieux encore tenir ses promesses. "Je viendrai à Saint-Gor avais-je dit un jour à Daniel Rozier maire de la cité saint-goroise"... cette année j'ai donc tenu mes promesses. Et j'ai passé à Saint-Gor une journée merveilleuse... d'abord par l'accueil que j'y ai reçu de Mr le Maire et de Mathieu Bernadet, jeune et actif président du comité des fêtes, et dont j'ai fait la connaissance. J'ai rencontré deux personnes éprises de course landaise, et qui font tout ce qui est dans leur pouvoir et leurs possibilités pour la faire vivre dans leur village. Ils m'ont expliqué en détails leurs forces et leurs faiblesses, leurs atouts et leurs handicaps... aussi je suis certain qu'une course comme celle que nous avons vécue aujourd'hui et qui nous a comblés, leur aura redonné, si besoin était, du moral et l'envie encore plus grande de se battre pour notre tradition gasconne.

C'est par la grâce d'un Loïc Lapoudge, complètement transcendé en ce dimanche de Pentecôte, que cette course marquera la vie coursayre de Saint-Gor, et bien au-delà la saison tauromachique 2012. Loïc Lapoudge nous a offert un fantastique travail. Que ce soit devant la vache de l'avenir, devant Mirasol, devant Ibañeza, Loïc Lapoudge a montré toute l'étendue de ses qualités : sa technique, sa façon de travailler les vaches, son style, sa façon d'attaquer et de retomber sous le museau des coursières, laissant tellement peu de place qu'on a l'impression que l'homme et la bête font corps, et puis cette petite folie qui vient agrémenter le tout et ce panache qui m'avaient fait écrire un jour que Loïc possédait le "duende" de Ramunchito. Et puis j'ajouterai que lorsque cela veut sourire, alors tout est permis, tout est possible,  et le beau fait place au magnifique.

Je vis la course avec mon regard, avec mes propres émotions... je vois parfois en bleu azur ce que d'autres voient en bleu pâle... mais je ne peux m'empêcher, sans doute suis-je né comme ça, de verser une petite larme lorsque l'émotion est trop forte. Et cet après-midi à Saint-Gor, au fur et à mesure que se déroulait la sortie d'Ibañeza, que Loïc Lapoudge enchaînait les réussites, des écarts lumineux, sous les ovations du public... oui je l'avoue, les larmes ont coulé.

Je suis heureux pour Saint-Gor qui méritait cette grande prestation, je suis heureux pour Loïc que tout le monde embrassait, félicitait, interviewait... sauf moi qui reste toujours dans mon petit coin. Alors Loïc, je m'adresse à toi ce soir par ce modeste billet du jour pour te dire combien  tu m'as rendu heureux, et combien tu m'as convaincu -était-ce bien nécessaire ?- que la course landaise c'est du grand art et que tu étais un artiste.

En ce dimanche de Pentecôte, j'aurai finalement connu deux grands bonheurs : la course de Saint-Gor et le récital de Loïc Lapoudge, et un peu plus tard la palme d'or au festival de Cannes qui a été attribuée au film "Amour" de Michael Haneke et dont les décors ont été réalisés par mon cousin Jean-Vincent Puzos. Il y a des jours comme ça où tout brille... sur le sable doré et sur les tapis rouges... Chapeau les artistes.

Michel Puzos 

Vendredi 25 Mai

Bravo les petits

Devant un public enthousiaste, composé presque uniquement d'enfants des écoles et de leurs parents et accompagnateurs, et de leurs enseignants (mais où sont donc passés les coursayres ? se réservent-ils pour les courses du week-end ou pour le festival ?) la présentation de l'école taurine promotion 2012 a été une belle réussite, à la fois par son organisation et par le spectacle qui a été donné en piste. Quelquefois nous allons aux courses en traînant des pieds et en se demandant ce que l'on va voir en piste, eh bien il eut été dommage de ne pas être allé à Pomarez ce vendredi soir. Non seulement les jeunes élèves ont donné le meilleur d'eux-mêmes, mais souvent ils ont été "bons", certains sachant déjà toréer une vache comme l'a fait remarquer au micro l'animateur de la soirée Didier Goeytes. Alors je me fais un plaisir de citer leurs noms, tant ils nous ont fait plaisir : les anciens Louis Giacomin, Louis Navarro et Johnny Valdes, les nouveaux Julien Broca, Kevin Bareille, Cédric Duvignau, Kenji Valdes et Romain Clavé, sans oublier les deux sauteurs, Simon Raunier qui nous a époustouflés dans toute la gamme des sauts de course landaise, tous parfaitement exécutés, et Clément Laguian, encore jeune, qui a des moyens et qui ne pourra que progresser. La sortie de la sans corde, la dernière sortie des sauteurs et celle des écarteurs ont été vraiment magnifiques.

Toute l'équipe de l'école taurine a fait du bon boulot pour les amener à ce niveau, et sans nul doute ils continueront à les former dans le même esprit. Il faut dire aussi que ces jeunes ont été bien servis par le lot de coursières qu'avaient choisies Max Lansaman et Philippe Merlet, bien servis également par l'entraînement de Laurent Deyris, Nicolas Morandin, Nicolas Gachie et Jean Aiguillon, et par les coups de ficelle ô combien utiles de Michel Lafitte. Ils furent d'ailleurs applaudis et priés au salut. 

"Allez les petits" disait Roger Couderc, grand journaliste sportif spécialisé dans le rugby. Qu'il me soit permis de lui emprunter cette expression, de leur dire "Allez les petits", continuez à nous faire plaisir, et à vous faire plaisir dans les prochaines courses de l'avenir auxquelles vous participerez prochainement.

Et puis j'ajouterai "Bravo les petits" pour cette belle soirée pomarézienne, gardez la tête froide, continuez à travailler avec vos moniteurs, écoutez les conseils que vous a glissés votre parrain Didier Bordes dans le creux de l'oreille, laissez éclore votre potentiel. Nous comptons sur vous.

Michel Puzos

Jeudi 3 Mai

La Reine des Secondes

Samedi 5 Mai à Barcelonne du Gers ce sera la fête des secondes. A la fois ambassadrices de la course landaise à travers l'hexagone, vivier d'écarteurs et de sauteurs et parfois découvreur de talents, les ganaderias de seconde méritaient bien que les projecteurs se braquent sur elles et mettent en lumière leurs équipes et leur bétail.

David Lalanne a eu la riche voici trois ans de créer la "Reine des Secondes" et de répondre donc à cette attente, non seulement des ganaderias de seconde mais aussi du public... tout du moins du vrai public coursayre, celui qui vibre chaque fois qu'un écarteur défie une vache de course, le fondement même de notre course landaise. Peut-être faudrait-il rappeler ici l'éthique même du sport : pourquoi pratique-t-on un sport ? par plaisir ou par simple désir d'accéder à une élite ? Tant mieux pour les doués qui un jour peuvent accéder à l'élite... mais cela priverait-il les autres de la pratique du sport qu'ils aiment et de la reconnaissance du public ? certainement pas... et voilà pourquoi l'initiative de David Lalanne et de l'équipe qu'il a constituée autour de lui doit être louée, encouragée, félicitée, et voilà pourquoi elle a toute mon adhésion et tous mes voeux de réussite.

Mais la course landaise est un sport tout à fait particulier, où les adversaires ne sont pas seulement des hommes et des femmes, mais dans lequel un autre élément vient s'immiscer : l'animal, la vache de course. Et voilà pourquoi l'intérêt de la "Reine des Secondes", c'est non seulement de mettre en valeur des hommes, des équipes, mais aussi le bétail que ces hommes-là doivent affronter. Le concours des secondes tel que l'a voulu David Lalanne, c'est donc élire la plus belle coursière de seconde... et dieu sait si les ganaderias de seconde possèdent dans leurs prés et dans leurs étables du bétail de qualité, des bêtes dont le caractère, la fougue ou la noblesse n'ont rien à envier à quelques unes de leurs consoeurs de formelle. Samedi à Barcelonne du Gers, on assistera donc au sacre de la "reine" des secondes (par comparaison à la corne d'or des formelles) et mettra en lumière quelques uns des meilleurs écarteurs et sauteurs des cuadrillas de seconde.

J'avais émis un jour l'idée -je l'avais écrit dans un billet du jour que l'on pourra retrouver facilement dans les archives- qu'on pourrait organiser un championnat des secondes dans des arènes de la côte landaise, l'été, à Vieux-Boucau, Soustons ou Mimizan, dans le même esprit, et pour que ces cuadrillas puissent enfin se produire devant des arènes bien garnies... on m'avait ri au nez, et on m'avait sorti tout un tas d'arguments qui ne tenaient pas la route, pour me démontrer que ce n'était pas possible. Sans doute suis-je davantage penseur qu'acteur ! Mais David Lalanne est arrivé... et il l'a fait ! Et je lui dis bravo, comme j'ai pu dire bravo à la Galihougne et à Michel Brettes qui avaient mis sur pied la Coupe de Gascogne.

Le seul écueil qui peut-être rencontré, dans notre "pays coursayre", c'est que le public est plus attiré par l'élite que par la seconde zone. Quel dommage ! quand on est coursayre, quand on est sportif, quand on aime la compétition et l'enjeu, on ne regarde pas si c'est Zidane qui est sur le terrain ou le petit attaquant de Quevilly... on devient spectateur d'un sport que l'on aime, et l'on a parfois de bien belles surprises. Croyez-vous que tous les matchs de haut niveau, dans quelque sport que ce soit, nous donnent toujours du plaisir et de l'émotion ? Croyez-vous que toutes les courses formelles que nous avons vues depuis le début de l'année étaient d'un très haut niveau ? Je vous laisse répondre à ma place, vous avez deviné ma réponse.

C'est pourquoi j'espère que cette "Reine des Secondes" 2012, avec un nouveau règlement qui va lui donner plus de punch, de rapidité, de nervosité et de qualité, attirera du monde dans les arènes de Barcelonne du Gers. Les ganaderias et les cuadrillas de seconde qui se battent tout au long de l'année pour donner à leur activité sérieux et qualité le méritent amplement.

Michel Puzos

Mardi 24 Avril

Le concours fédéral de Pomarez, une affiche de luxe 

On ne peut rêver plus belle affiche... les huit premiers de l'escalot 2011, les coursières du trophée Challengita, une finale au cours de laquelle les points gagnés devant la corne d'or compteront double, un concours où il faudra se battre à chaque étape pour parvenir à la finale et pouvoir espérer l'emporter.

Le premier concours fédéral de Pomarez s'annonce sous les meilleurs auspices ; certains diront que c'est la revanche du championnat de France, même si le règlement n'est pas le même, si le titre et l'aura qui s'en dégagent n'ont pas le même impact.

Pomarez se devait de rester une place forte de la course landaise et ce concours lui apportera vraisemblablement la dorure qui a manqué aux "Défis et Champions" des années précédentes. Le public attend beaucoup de cette première confrontation des ténors, et les toreros n'ont pas d'autre choix à mon avis que de se livrer à fond. Et cela pour deux raisons, l'une personnelle, l'autre d'ordre moral ou de conscience. La raison personnelle, en ce début de temporada, c'est de dire au public "je suis là et bien là, et il faudra compter avec moi durant cette temporada, j'ai des ambitions et je vais tout faire pour montrer ce dont je suis capable", c'est l'attitude normale des grands qui se respectent et qui respectent le public. La raison morale, c'est de vouloir conserver à la piste pomarézienne son lustre d'antan, et redonner à ce rendez-vous d'avril toute la place qui fut occupée précédemment par le festival "Art et Courage".

Et si ce n'était pas le cas me direz-vous ?

"Mon coeur vide de tout ressemble à s'y méprendre à Paris au mois d'Août" chantait Charles Aznavour... espérons que Pomarez ne ressemblera pas à ce Paris du mois d'août et que le 28 Avril, nos coeurs de coursayres s'empliront de joie et d'émotions procurées par la piste.

Nous y croyons, vous y croyez, ils y croient... terminons sur ce bel espoir de notre conjugaison.

Michel Puzos

Lundi 23 Avril 

Un beau geste

Il est des gestes que l'on retient et que l'on apprécie, et notamment lorsque ceux-ci mettent en exergue la solidarité, lorsqu'ils dépassent les rivalités ou les intérêts. On a coutume de dire que la course landaise est un milieu difficile, à l'image de l'âpreté de la piste où les chocs sont rudes et les coups violents. Mais lorsqu'il s'agit de venir en aide dans des moments extrêmement difficiles pour les uns ou pour les autres, alors ces gestes de solidarité et d'humanité sont accomplis sans réserve.

A de multiples occasions, nous l'avons constaté dans le passé, et hier encore dans les arènes de Campagne, nous avons vu cette solidarité jouer à fond. Après la grave blessure de l'entraîneur David Loupien, le chef de cuadrilla Christophe Avignon a demandé à Laurent Deyris qui venait d'arriver de Montsoué après l'annulation de la course, la valise encore dans le coffre de sa voiture, s'il acceptait de donner un coup de main. Après accord de la ganadère et du délégué sportif (la course comptait pour le challenge), Laurent s'est donc habillé et a mis ses talents au service de l'Armagnacaise. Il n'était plus question de compétition, de rivalité, mais du seul geste de solidarité envers celui qui venait d'être frappé dans sa chair, envers une équipe de copains attelés à la même barque de la course landaise, envers le public et le comité organisateur par souci de voir la course se dérouler normalement.

A la fin de la course, le vainqueur de l'escalot Loïc Lapoudge tenait à remettre à Laurent Deyris, en signe de remerciement, le bouquet que lui-même venait de recevoir à la pitrangle.

Après la course, Laurent endossait son costume civil, refermait sa valise et repartait vers Dax... comme le simple spectateur qu'il aurait du être, mais avec le sentiment du devoir accompli... devoir du service rendu, devoir de générosité, devoir d'amitié. Interrogé sur son geste, Laurent Deyris avouait très humblement "Il s'est trouvé que j'étais le seul à avoir la tenue dans ma voiture... mais je l'aurais fait aussi en civil... et je l'aurais fait pour n'importe qui dans une telle situation".

 Ces gestes-là, celui de Laurent Deyris dimanche à Campagne, et ceux de bien d'autres en de multiples occasions, méritent d'être loués et font oublier l'âpreté qui caractérise parfois la course landaise.

Michel Puzos

Jeudi 19 Avril

La xyloglossie

Savez-vous ce qu'est la xyloglossie ? ce n'est pas une nouvelle maladie, au sens où pour la soigner il serait nécessaire de consulter un médecin et d'avaler des médicaments pour guérir. Et malgré tout elle peut s'y apparenter... vous l'avez peut-être attrapée, nos hommes politiques en sont pourvus, mais aussi les entraîneurs des grandes équipes sportives lorsqu'ils expliquent les raisons des défaites de leurs joueurs.

Je dois vous l'avouer très sincèrement : moi aussi je pratique parfois la xyloglossie lors de quelques comptes-rendus de courses, lorsque j'écris par exemple qu'il y aura des jours meilleurs alors qu'il fallait comprendre que je me suis ennuyé, ou qu'un intérieur n'est pas passé près plutôt que de souligner qu'il est passé bien loin, ou bien encore quand je précise que les absents ont eu tort plutôt que de parler d'une arène presque vide.

Voilà, vous y êtes, la xyloglossie c'est ce que nous appelons plus familièrement la langue de bois, cet art de la langue française qui consiste à répondre à une question sans y répondre vraiment, à donner un sentiment sans froisser qui que ce soit, et par des chemins détournés de dissimuler une vérité désagréable. La langue française est suffisamment riche de mots et de tournures pour se permettre un tel langage. Et il est donc nécessaire que la personne à qui vous vous adressez soit assez fine pour lire entre les lignes ou savoir interpréter ce que vous avez bien voulu dire. Employée à mauvais escient, la xyloglossie est donc une forme d'hypocrisie et même de mensonge, employée à bon escient elle est une forme de respect. Et c'est souvent par respect pour les acteurs de l'arène que nous avons attrapé, nous coursayres, la xyloglossie.

J'ai pourtant trouvé quelqu'un cette semaine qui ne pratique pas la langue de bois dans le milieu coursayre, qui est capable de répondre avec franchise aux questions qu'on lui pose, et qui n'a pas peur de reconnaître ses erreurs par des détours fallacieux. Cette personne, c'est Max Lansaman. Interviewé dans le dernier numéro de "La Cazérienne" il parle de sa première intersaison en tant que ganadero et déclare franchement : "J'ai appris sur le tas et j'ai bien sûr commis quelques erreurs. Celle que je regrette, c'est vis à vis de Didier Bordes. C'est ma faute s'il est parti comme ça. Il méritait, de par sa carrière, une autre sortie que celle-ci".

Ces propos, il faut être courageux pour les tenir dans un média. Pas de langue de bois, Max Lansaman va droit au but, reconnaît son erreur, sans essayer de la minimiser ou de l'amoindrir sous prétexte qu'il était nouveau dans ce milieu coursayre. Il assume pleinement et dans un langage très clair.

Nous ne pouvons que saluer sa droiture.

Michel Puzos

Lundi 16 Avril

Rétrogradation

Connaissez-vous Estrella ? C'est une coursière de l'Armagnacaise à la robe noire, un bonbon disaient hier quelques coursayres chevronnés, pour ma part plutôt acidulé que sucré, mais qu'Alexandre Duthen avait parfaitement dégusté lors de sa sortie.

Seulement voilà, cette Estrella a soulevé dimanche les protestations du public, et chose rare de la tribune présidentielle, à l'annonce de son pointage. Même Messieurs les maires ou leurs adjoints y sont allés de la voix. Estrella avait du goût mais elle était bien peu payée ! A Poyanne, pour la course de Gamarde, la même Estrella valait 6 points. Quelque temps plus tard, à Barcelonne du Gers, malgré le rythme du coût de la vie et de celui de l'essence, la jolie Estrella valait toujours 6 points... pas d'inflation. A Pomarez le lundi de Pâques, sans doute aidée par l'envol des cloches, elle obtenait un méritoire 7.

On pouvait donc penser que cette belle demoiselle tenait là sa valeur. Que nenni ! Pas encore cotée en bourse, mais relevant malgré tout des agences de notation de la pitrangle, la jolie Estrella qui venait de voir Alexandre Duthen briller devant elle, et qui s'était levée au passage de Dominique Larié sur un saut vrillé, voyait sa note rétrogradée à 5. Aïe Aïe Aïe ! Même le gentil Jean Lasportes roulait ses yeux dans ma direction !

La crise tant annoncée est bien-là, il faut en convenir. Mais le peuple coursayre a fait savoir aux agences de notation qu'Estrella ne pouvait être ainsi rétrogradée, qu'elle n'avait rien perdu de sa valeur, qu'elle s'était même montrée un poil de plus dangereuse. On verra maintenant lors de ses prochaines courses, si sa cote remonte en bourse coursayre et retrouve sa vraie valeur, nous serons vigilants.

Sa consoeur Cartagena n'a pas été rétrogradée, elle a gardé son 7 de valeur. Et pourtant, lors de son second passage en piste, elle a salué elle aussi le sauteur Maxime Brèthes, rendant particulièrement dangereux deux de ses sauts. Malgré cela, pas un demi-point de plus ! Encore bien beau, dans ces temps où l'on serre la vis, qu'elle n'ait rien perdu ! Et heureuse Cathy Agruna de recevoir malgré tout le bouquet de fleurs récompensant la qualité de son bétail. Il n'aurait plus manqué qu'on effeuille les plus belles d'entre elles !!

Michel Puzos

- Le courage : surmonter sa peur

Cette semaine disparaissait l'un des derniers grands résistants, Raymond Aubrac, et j'écoutais avec beaucoup d'attention l'hommage que les télévisions lui rendaient. Quel rapport me direz-vous avec la course landaise ? pas grand chose assurément... sauf un propos de Raymond Aubrac lorsqu'un journaliste lui demandait quelle définition il donnait au courage, lui qui en avait tellement fait preuve dans ses actes héroïques de résistance, au moment de ses arrestations par la Gestapo et de ses emprisonnements ou de son évasion du fort Montluc. Le courage disait-il, c'est lorsqu'on arrive à surmonter la peur.

Savoir surmonter sa peur ! n'est-ce pas là la première des facultés que doit posséder un écarteur landais ? Oui assurément. Affronter une coursière, sa course folle et la rage qu'elle a de vous frapper avec ses cornes ou ses pattes, sa puissance, sa vitesse, son caractère farouche... c'est tout le sens de la course landaise et c'est tout le défi que relèvent les écarteurs lorsqu'ils l'affrontent.

Savoir surmonter sa peur ! faire fi du danger, faire abstraction de ces yeux noirs -impressionnants paraît-il- qui foncent sur vous, ne plus songer aux éventuels coups que vous pouvez recevoir mais ne penser qu'au plaisir de tromper la coursière, sentir son souffle ou la corne qui ne fait que vous effleurer tout en ayant échappé à sa charge... c'est tout cela en même temps le courage de l'écarteur.

Le courage ne se décrète pas, il se mesure dans ces courts instants où l'écarteur se présente devant l'animal. Quelques instants où il ne doit songer qu'à sa réussite et oublier tout ce qui peut faire mal.

Ce courage-là, quelques uns seulement en sont pourvus, surmontant leur peur lors de chaque course, lors de chaque affrontement. Ils méritent notre admiration et notre reconnaissance.

Michel Puzos

- Nicolas Lendresse sur un petit nuage

Après quelques courses d'échauffement, nous pouvions nous attendre à une montée en puissance de chacune des cuadrillas. Course après course, et avec la venue des premiers rayons de soleil et des pistes à l'air libre, de plus en plus de bonnes choses émaillent nos courses landaises... les coursières ont le poil plus luisant et les écarts sont de plus en plus serrés, un peu trop parfois si l'on compte le nombre important de chutes et de touches qui meurtrissent les écarteurs depuis le début de la temporada. Mais les spectacles gagnent en émotion, et c'est bien cela qui nous rassure.

A Barcelonne du Gers l'Armagnacaise a montré le bout de son nez malgré la blessure de Loïc Lapoudge, à Amou et à Castelnau d'Auzan la Dal a connu des frémissements et même quelques bouillonnements, à Vielle-Tursan pour sa première Deyris avait annoncé la couleur, qu'elle a confirmé dimanche dernier à Aignan par une course de qualité, et à Tartas Dargelos a franchi un cap supplémentaire, approchant les 350 pts après une seconde partie de course assez exceptionnelle. Attendons encore quelques jours, le retour des blessés, celui des marraines, des équipes qui se connaissent mieux maintenant et qui appréhendent mieux le bétail, et l'on peut parier sans trop prendre de risques que nous allons vibrer sans tarder sur les gradins.

La grande réussite lundi dernier fut celle de Nicolas Lendresse devant Adélaïde à Tartas. Six écarts de grande qualité, quatre écarts bonifiés... je ne sais pas si c'est du jamais vu, mais ce qui est certain c'est que ce fut une sortie exceptionnelle. Bien sûr on dira ici ou là que les bonus n'étaient pas tous mérités, que deux ou trois auraient largement suffi, que les pointeurs ont fait preuve d'une grande largesse... on dira ce que l'on voudra mais l'exploit était bien là, et le public ne s'y est pas trompé, cris et applaudissements fusant des gradins comme un seul homme à chaque écart. Même les scores furent applaudis, les spectateurs se tournant vers les pointeurs pour leur témoigner (c'est tellement rare) leur satisfaction. Nicolas Lendresse était en état de grâce, et la réussite et la confiance aidant, il nous a montré une grande leçon de course landaise.

Je l'ai déjà écrit dans le compte-rendu de la course, Nicolas n'a pas bougé, placé au bon endroit, dans le bon terrain, il a laissé venir la coursière, il a attendu jusqu'au dernier moment, il a attaqué sur un saut bien droit, et le cordier Michel Lafitte a fait le reste. Comment ne pas aimer, comment ne pas vibrer ? Et puis il y a eu la joie de Nicolas Lendresse mêlée à celle du public, les sourires, les larmes, les accolades, ce baiser de la main à la coursière qui lui fait face, moment intense que notre ami Jean-Marie a eu la chance de saisir sur la pellicule au bon moment... oui ce fut un moment intense pour chacun de nous. Ce sont ces moments-là qui font la force de la course landaise... heureux tous ceux qui ont pu les vivre. Heureux Nicolas Lendresse qui a parfois été à la peine mais qui planait à Tartas sur un petit nuage.

La saison ne fait que commencer... tous les exploits sont à venir.

Michel Puzos

- Pour mieux avancer

La création du nouveau site a bien évidemment entraîné des changements importants, à la fois dans la présentation et dans le contenu. Je reste à l'écoute de vos réflexions, de vos remarques, de vos souhaits, de vos propositions. A partir de là je me donne toujours un temps de réflexion et j'essaie de trouver les améliorations possibles, quand elles sont possibles bien évidemment.

Deux observations :

- Cette année, et à la demande de beaucoup d'entre vous (la très grand majorité), j'ai demandé à tous nos correspondants que les comptes-rendus des courses soient beaucoup plus brefs et qu'ils donnent essentiellement les résultas chiffrés et une brève synthèse de ce qui a marché et de ce qui n'a pas marché dans la course. Les comptes-rendus du week-end pascal sont allés dans ce sens. Nous ferons une évaluation dans quelques semaines, au fur et à mesure où les courses vont se multiplier et où chaque correspondant va pouvoir intervenir.

- D'après vos observations, il apparaît aussi un certain déséquilibre entre l'écrit d'une part, la photo et le film d'autre part. Là aussi vous appréciez dans la grande majorité les films (soit pour les revoir, soit pour voir les courses auxquelles vous ne pouvez assister) mais en même temps vous regrettez qu'il y ait moins d'articles et notamment des articles de fond (le billet du jour par exemple, ou tout autre article sur des sujets divers). Pour l'instant je suis le seul à pouvoir alimenter le site en photos et en films (ponctuellement Jean-Claude Dupouy peut m'apporter son aide)... et donc tout le temps passé à revisionner les images, à effectuer le montage... c'est autant de temps en moins pour écrire. Vous pouvez être certains que je ferai le maximum pour apporter toutes les améliorations, voir tous les changements utiles... mais seul aux commandes ce ne sera pas simple. La difficulté ne me fait pas peur, je ne me satisfais que rarement du présent et au contraire je pense à l'avenir. Vos idées sont toujours les bienvenues et vos remarques me font avancer, c'est cela l'important.

Michel Puzos

Harmonisation des programmes

Lors de l'assemblée générale de la fédération à Aignan, Bernard Marque disait avec force qu'il faudrait être vigilant pour éviter toute concurrence... je partage son point de vue même si je comprends qu'en pleine saison c'est parfois difficile. Mais au mois de Mars ! j'ai du mal à comprendre comment on peut programmer deux manifestations taurines pratiquement à la même heure : samedi à 10h30 première évaluation de l'école taurine devant les vaches, date prévue depuis longtemps au calendrier de la FFCL, et pratiquement à la même heure baptême des arènes de Maylis et course landaise en hommage à un coursayre apprécié de tous et qui nous manque, François Marsan. Et bien sûr l'après-midi RIEN. Alors, où doit-on aller ? à Pomarez, pour partager avec les jeunes élèves un grand moment de leur vie coursayre et encourager les écarteurs de demain, ceux qui s'illustreront bientôt dans les courses de l'avenir, ou bien à Maylis pour partager l'hommage à François Marsan que nous avons tant apprécié ?

Très sincèrement, et même s'il faudra choisir, je regrette que l'on nous mette devant un tel choix.

Michel Puzos

Début de temporada : des points forts

Les quatre ganaderias et les quatre cuadrillas de formelle se sont produites lors de ces quatre dernières semaines pour leur première course de challenge. Il est bien trop tôt pour se faire une idée précise des forces ou des faiblesses de ces équipes, et nous verrons bien dans les semaines à venir comment tout cela va évoluer ; pourtant j'ai noté dans chacune des cuadrillas des points très positifs qui ne demandent qu'à se vérifier.

Pour la course de Gamarde, Loïc Lapoudge a démarré en fanfare sous ses nouvelles couleurs de l'Armagnacaise, tournant 30 écarts, cherchant visiblement à se mettre en évidence, réussissant du bien beau travail devant la vache de l'avenir puis face à Michaëlle, mais plus encore offrant au public du spectacle avec ses écarts monter-descendre et le tourniquet attendu à l'extrême dont il a le secret et qu'il a hérité de ses pairs, que ce soit Ramunchito ou Philippe Descazaux. Si l'équipe dans son ensemble n'a pas eu beaucoup de chance, avec beaucoup de chutes ou de touches, il est certain qu'on la reverra très vite à son avantage. Il y a dans cette cuadrilla des écarteurs de qualité à l'image de Mathieu Lapeyre, Ludovic Lahitte ou Alexandre Duthen qui n'attendent qu'une chose, c'est de pouvoir totalement se libérer et s'exprimer. Bastien Moity en progrès et Mathieu Ducousso énergique et généreux auront aussi leur mot à dire. Quant à Christophe Avignon, avec deux courses maintenant dans les jambes, il devrait lui aussi se peaufiner dans son rôle de chef.

Le dimanche suivant à Toulouzette, la Dal a réalisé ce que l'on a coutume d'appeler dans le jargon coursayre "une course propre" ; pas d'exploits, mais une bonne course pour se remettre dans le bain et reprendre plaisir à écarter. Le champion de France Mathieu Noguès s'est montré tout de suite à son avantage, lui aussi très généreux puisqu'il dessine 38 écarts, et très bon comme à l'accoutumée devant la nouvelle. Il n'est pas champion de France des vaches sans corde pour rien et il le montre chaque fois qu'il a devant lui une débutante. Mais à Toulouzette, Mathieu s'est aussi "payé" les deux sorties de Matchuelle pour un travail soigné. On ne peut faire mieux pour se remettre dans le bain. Derrière lui Cyril Dunouau a montré comme toujours sa sincérité et l'on peut penser que Cyril va cette année encore montrer ses ambitions. Rappelons qu'il avait brillamment remporté l'an passé le concours de la corne d'or à Nogaro, et chacun se souvient de ses intérieurs ce jour-là, notamment du formidable "en dehen" à Ricardine, avant de conclure fort honorablement à la 3ème place du concours de Dax. A Toulouzette on a vu aussi que Rémi Latapy pouvait sortir le lapin du chapeau et se mettre en évidence. Sa jeunesse, sa sincérité, peuvent parfois lui jouer quelques vilains tours et l'envoyer au tapis, mais pour sûr Rémi est un sérieux atout de cette cuadrilla et sous les conseils de Christophe Dussau il devrait réaliser une belle saison. Laurent Saint-Germain on le connaît, et lui aussi dès qu'il trouvera des opportunités il en profitera. Et puis n'oublions pas les absents de Toulouzette, Hugo Viney-Thomas et Denis Lazartigues, dès qu'ils pourront revenir à la compétition, nul doute qu'ils seront bien à leur poste et pour de belles choses.

A Vielle-Tursan, j'ai été emballé par Benjamin de Rovère devant la nouvelle et la vache de l'avenir. Du gâteau, avec la cerise et la petite liqueur qui vont avec. Si l'on en croit Benjamin, il ne se produira, pour des raisons médicales, que devant ces vaches-là ; cela suffira à notre bonheur si l'on voit ça tous les dimanches, mais si jamais il prenait à Benjamin l'envie de se mesurer à quelques coursières pas encore rebelles, je crois que nous aurions droit à du grand spectacle. A Vielle, j'ai été ravi de voir le gnac de l'équipe, l'envie d'un Gaëtan Labaste et d'un Vincent Plassin. Je vois bien une montée en puissance de Gaëtan Labaste, il aime écarter, il a ça dans le sang, il est doué, reste à trouver les opportunités, et j'ai l'impression que cette année il va les trouver. Vincent Plassin et Lilian Garanx ce sont les baroudeurs de l'équipe. Je suis sûr qu'on va les voir au charbon tout au long de la saison. Devant Anoeta, Vincent a eu le culot de tourner trois fois en dedans, réussissant par deux fois et se trompant au troisième essai. Il a fait le spectacle, donné de l'émotion, c'est bien parti pour lui. Il manquait à l'appel Thomas Marty, sans doute avec des problèmes à un genou ; mais si Thomas retrouve rapidement la piste, je suppose que ce sera avec l'idée en tête de revenir au premier plan et de se retrouver totalement après une petite éclipse. Personne n'a oublié ses succès à Nogaro, et Thomas pourra récidiver lorsque ses problèmes seront réglés. Quant au nouveau venu, Rémi Corrihons, il lui faudra prendre sa place face à tous ces loups aux dents longues et qui occupent le terrain. Rémi a les qualités pour ça et devrait dans les courses à venir, Aignan pourquoi pas, se faire une place.

Enfin à Saint-Loubouer se produisait la cuadrilla Bertrand Lafaye. Et là, comme je l'ai écrit dans le compte-rendu de la course, j'ai vu deux ogres, avec une envie folle d'écarter et de faire briller leurs couleurs. 37 écarts pour Baptiste Bordes, 28 pour Vincent Muiras, ils n'ont pas amusé la galerie. La sortie de Baptiste Bordes devant la nouvelle a été magnifique, quant à Vincent Muiras il a sans doute réalisé les écarts les plus émotionnants de l'après-midi devant Adélaïde. Ils l'ont clairement annoncé, ils vont "se tirer la bourre" tout au long de la saison. On peut les croire. Jérémy Lafitte, qui n'est pas venu là pour faire de la figuration, saura lui aussi se faire une place et montrer de quoi il est capable. Jérémy est un garçon généreux, il a des qualités, lui aussi saura très certainement se saisir des opportunités qui lui seront offertes. Les deux autres baroudeurs de l'équipe, Frédéric Vergonzeanne et Nicolas Lendresse, auront leur mot à dire devant les coursières confirmées de la ganaderia. Nicolas, on l'avait vu à son avantage lors de la présentation à Urgons, il devrait confirmer devant les vaches qu'il affectionne. Frédéric quant à lui, même s'il fait preuve d'irrégularité, doit trouver son jour. On l'a vu d'ailleurs dimanche dernier s'améliorer au fil de sa sortie. Et s'il "reste", comme le criait depuis le refuge son chef de cuadrilla, alors il peut réussir de belles choses. Bertrand Lafaye n'a pas eu beaucoup de mal à trouver ses marques, il était chef en seconde, il sera le chef qu'on attend de lui en formelle, avec le même engagement et le même savoir-faire. Et il sera précieux également pour redresser une coursière lorsqu'il en est besoin, ou travailler une vache de l'avenir, ce qu'il a d'ailleurs montré à Saint-Loubouer. Un peu plus tard entrera en piste le champion des jeunes Julien Guillé, lorsqu'il sera bien remis de son opération. Son envie et son courage sont connus, ses qualités aussi, il apportera à cette équipe sa fraîcheur et sa jeunesse.

Dans chaque équipe les sauteurs sont connus et reconnus, d'égale valeur, ils apporteront à leur équipe leur savoir-faire et des points précieux. Et leur affrontement dans les concours devrait cette année encore nous apporter de belles luttes.

Comme c'est souvent le cas, et c'est bien reparti pour ça, j'ai entendu des commentaires peu flatteurs, voir de déception sur les premières courses. Certes, ce ne sont pas de grandes courses auxquelles nous avons assisté, mais peut-on réaliser une grande course à la reprise, après 3 ou 4 mois d'inactivité, dans des pistes qui ne sont pas forcément propices aux exploits ? Je ne crois pas. Par contre chacune des courses a révélé des aspects positifs, chaque cuadrilla a montré des atouts qui ne demandent qu'à s'éclore au fur et à mesure du déroulement de la temporada. Le premier grand rendez-vous dans le domaine de la compétition aura lieu à Pomarez le 28 Avril, nous verrons alors où en sont nos champions.

Michel Puzos

Oui ou Non

Les premiers sondages que nous avons publiés laissent apparaître des majorités très fortes en faveur des décisions qui ont été prises cette année par la commission sportive de la fédération et le comité directeur.

En premier lieu le passage à deux jurés pour noter une course. Il y a plusieurs années que je milite pour qu'une course soit pointée par deux jurés et je vous renvoie à tous les articles que j'ai écrits à ce sujet depuis la création de "Course Landaise Magazine". D'une part la pression qui s'exerçait sur les épaules d'un seul juré me paraissait trop forte pour pouvoir juger sereinement. Certains jurés s'en accommodaient très bien, d'autres un peu moins. Et puis il m'a toujours semblé que les erreurs d'un seul pouvaient être contrebalancées par le pointage de son collègue. Vous me direz que cela n'empêchera pas les contestations, les mauvais jugements... mais au moins la responsabilité ne sera plus montrée du doigt avec autant de force et de hargne. Il n'empêche que ce pointage à deux ne doit pas occulter la formation des jurés, leur recyclage pour reprendre une expression à la mode, leurs échanges fréquents, leurs discussions, l'harmonisation nécessaire sur les règlements et la manière de les appliquer. Ce que j'ai toujours appelé une "école des jurés", en parallèle avec l'école taurine.

Le deuxième sondage portait sur la présence des toros lors des courses de challenge. La FFCL a tranché dans le vif et interdit leur présence. Là aussi, votre majorité est écrasante en faveur de cette décision. Je pensais que les avis seraient plus partagés et que vous pencheriez davantage vers la liberté des comités organisateurs. Il me semblait en effet que l'idée selon laquelle les organisateurs proposent la course qu'ils souhaitent, en fonction de ses propres traditions, de son public (très différent quand l'on est à Pomarez ou à Cazaubon), serait un argument de poids, mais sans doute avez-vous mis en avant un des fondamentaux de la course landaise : la tradition de la course landaise, ce sont des vaches de course, si possible des marraines, et non pas des toros... et que les toros justement doivent être réservés à des manifestations bien particulières comme le festival Art et Courage ou bien la nuit du Toro. La seconde raison de votre choix, c'est sans doute que dans une course de challenge, les écarteurs doivent se livrer à fond pour cette compétition, et non pas se réserver pour la sortie des toros. J'ignore s'ils étaient un "plus" lorsqu'ils s'ajoutaient au programme lors d'une course de challenge, sans doute aurait-il fallu se livrer à des enquêtes auprès des publics concernés.

En ce qui me concerne, j'ai participé aux deux votes, j'ai répondu "oui" sans ambiguïté pour les deux jurés, un "oui" plus timide pour la non présence des toros dans les courses de challenge, "oui" pour le respect de la tradition, "oui mais" parce que les organisateurs ne sont plus libres de leur choix.

Le troisième sondage sur les brindis est lancé, les oui et les non sont au coude à coude. Mon avis sur la question est bien tranché, je pense qu'il faudra freiner la "brindismania" et revenir là aussi au sens profond du brindis et le pratiquer comme on le pratique en corrida. Ce n'est que mon avis, le vôtre prévaudra.

Michel Puzos 

Absentéisme

C'est dans la salle polyvalente d'Aignan, magnifiquement préparée et décorée par le club taurin que s'est déroulée cette année l'assemblée générale de la FFCL... une assemblée très attendue en raison des circonstances économiques peu favorables, des problèmes sanitaires qui pèsent lourdement sur les ganaderias, des difficultés de plus en plus grandissantes pour trouver des bénévoles à tous les niveaux de l'organisation et du déroulement d'une course... mais attendue aussi pour connaître les projets et leur évolution en matière de sauvegarde, de compétition, de promotion, de transmission d'une culture, de fonctionnement, de ressources financières et d'aides publiques etc etc...

Cette assemblée générale paraissait donc importante, sauf sans doute aux yeux des toreros, puisqu'un seul torero de formelle (médaillé au cours de la soirée) avait fait le déplacement à Aignan, tandis que pour les secondes nous avons aperçu cinq d'entre eux.

Je me souviens d'une publicité qui disait "A quoi bon que Ducros il se décarcasse"... Espérons malgré tout qu'il y aura dans les années à venir beaucoup de Ducros pour faire vivre la course landaise et pour qu'il y ait encore suffisamment de spectateurs pour que les toreros puissent exercer leur passion et leur art.

Michel Puzos

A propos de l'article paru dans Sud-Ouest : "Vers un statut professionnel"

Après la publication dans le journal "Sud-Ouest" d'un article intitulé "Vers un statut professionnel ?", Michel Lalanne nous adresse un communiqué. Afin que nos lecteurs puissent être informés complètement, je publie le document pdf qui contient l'article du journal Sud-Ouest suivi du communiqué de la FFCL et de son président Michel Lalanne. MP

2012-02-10-vers-un-statut-professionnel.pdf 2012-02-10-vers-un-statut-professionnel.pdf

Communiqué de la FFCL suite à l’article de ce jour . 

 

Le professionnalisme en course landaise est une lubie récurrente qui ne tient pas compte de nos réalités économiques, aujourd’hui même le torero landais le mieux payé est très loin d’avoir un revenu lui permettant d’être un sportif professionnel, et il devrait payer des cotisations sociales sur l’ensemble de ses gains. Quand les écarteurs se rendront compte qu’ils devront restituer aux organismes sociaux plus de 45% de ce qu’ils gagnent, tous préféreront garder leur statut actuel. De plus l’existence d’une ligue professionnelle qui permettrait au mieux d’avoir trois ou quatre professionnels au maximum est ce que cela a un sens ? . 

Sur l’école taurine, il me semble que nous avons pris les bonnes décisions pour la faire évoluer dans le bons sens tout en nous accommodant du bénévolat et en y introduisant un peu de professionnalisme. La nouvelle formule qui sera dévoilée demain à l’assemblée générale d’Aignan, va mieux prendre en compte les intérêts des apprentis toreros et des ganaderos qu’ils soient de formelle ou de seconde, puisque le projet a été bâti avec eux.

Dernier point les subventions publiques; il me semble que l’air du temps c’est d’apprendre à vivre avec une part de plus en plus réduite d’aides publiques au fonctionnement.

Je préfère négocier avec les pouvoirs publics des subventions pour nous aider dans des projets de développement, et nous l’avons fait ces dernières années, et nous allons le faire encore cependant je rappelle là aussi que pour obtenir une subvention par exemple de 20 000€ il faut être soi même capable d’autofinancer 20 000€ . 

Michel Lalanne                                  

Président de la FFCL

La solidarité pour mieux affronter la douleur

Parmi toutes les choses que l'on m'a apprises et que j'ai moi-même essayé de transmettre aux jeunes qui m'étaient confiés, c'est l'idée que dans les périodes les plus difficiles que nous traversons au cours de notre existence, les moments les plus pénibles, les échecs... il fallait toujours essayer d'en extraire le positif, car même dans le malheur ou dans la déception il y a toujours ce petit quelque chose qui vous empêche de douter ou qui vous fait redresser la tête et panse vos blessures. Je l'ai souvent expérimenté, et j'ai souvent trouvé la petite lumière qui aidait à sortir de l'ombre.

Vendredi matin, la tristesse nous accablait en accompagnant Eric Vignolles à sa dernière demeure. Une émotion palpable enveloppait la petite église du Leuy, et les larmes étaient difficiles à contenir. Et même si l'on sait que la vie n'est qu'un passage, l'instant de la séparation est toujours douloureusement vécu... surtout quand on a la jeunesse, et qu'on a tant d'années encore devant soi à construire une vie. Le prêtre a expliqué l'évangile et rappelé que celui qui quittait cette terre retrouvait désormais le bonheur éternel. Pour ceux qui restent et qui n'auront plus à leur côté l'être aimé, il n'y avait qu'une solution : la solidarité, le partage de ces moments douloureux comme ils ont partagé les moments de bonheur et de joie.

Les nombreux amis d'Eric étaient présents, si bien que la petite église ne suffisait pas à les accueillir tous et qu'ils sont restés très nombreux à l'extérieur pour le saluer une dernière fois. Mais au-delà des amis, il y avait aussi cette équipe du Cap de Gascogne, tous en tenue de toreros, et qui durant toute la cérémonie sont restés debout derrière l'autel, disposés en arc de cercle comme pour mieux entourer celui qui fut leur ganadero et leur ami. On a bien senti à ce moment-là que dans la peine et la souffrance ils avaient trouvé par leur esprit d'équipe, par cette amitié et cette solidarité qu'ils vivent entre eux depuis plusieurs années, la force nécessaire pour affronter ce dur moment, pour entourer au mieux la famille d'Eric, et pour envisager l'avenir. Dans cette épreuve cruelle, j'ai vu là ce qu'il y avait de positif, cette énergie partagée qui va les aider à vivre et à poursuivre.

Amis du Cap de Gascogne, je vous ai trouvés dignes et exemplaires et je vous adresse à vous tous mes affectueuses pensées.

Michel Puzos

Je vous ai compris

Samedi dernier à Eauze, au cours de l'assemblée générale du comité régional de l'Armagnac, les citations étaient à l'ordre du jour. Michel Lalanne citait le maréchal Foch tandis que Frank Serve parlait de son copain Albert Einstein. Qu'il me soit donc permis dans ce billet du jour d'emprunter la parole célèbre du Général De Gaulle "Je vous ai compris".

Lors de l'apéritif d'honneur qui a prolongé l'assemblée, vous m'avez dit en effet vos difficultés à naviguer sur le nouveau site, à vous y repérer, à comprendre son fonctionnement... et puis vous m'avez dit aussi vos souhaits, sur les comptes-rendus, sur les infos, sur les rubriques... tout cela avec le sourire (parfois en coin), et le verre de l'amitié en main. J'ai écouté, beaucoup entendu, un peu expliqué... j'ai cogité sur la route du retour... et finalement je me suis remis à la tache durant le week-end, faisant mon assemblée générale à moi tout seul, sachant que mes collègues me feraient confiance comme ils l'ont toujours fait. J'espère que la parole du général De Gaulle ne sera donc pas vaine, et que le site, désormais bouclé, répond à vos souhaits. Certes, la facilité que représentait le Blog pour la lecture des évènements au fur et à mesure qu'ils se présentaient, était un atout majeur. Désormais, il faudra jouer de la souris, mais la plupart des modules importants ont été placés dans le menu horizontal, ce qui facilite grandement la recherche. Vous y trouverez donc notamment les articles de fond répartis en deux modules (Le billet du jour et les chroniques et libres propos), le blog infos/actualités où sont développées les actualités les plus récentes et le blog comptes-rendus des courses. Ce sont là les outils qui vous intéressent le plus.

Les autres parties du site, vous les retrouverez dans le menu vertical. Ce menu vertical, pour simplifier mes propos, je dirai que c'est la partie magazine, et que cette partie-là me paraît indispensable à tous ceux qui découvrent la course landaise et veulent avoir des informations aussi précises que possible sur notre tradition et sur tous ces aspects. A l'heure où l'on parle de plus en plus d'initiation et de communication, je crois qu'il y aura sur le site matière à recherches et à approfondissement. L'an dernier, dans une école primaire de la Haute Lande, un professeur des écoles m'avouait sa parfaite inculture sur la course landaise et me disait : 'Mais où peut-on trouver sur internet des informations ? où nos élèves peuvent-ils faire des recherches ?" Je crois que la partie magazine de notre site peut contribuer à cette recherche et à cette documentation indispensable à la connaissance de la course landaise. Bien évidemment, certains points pourront être enrichis dans le temps, d'autres ajoutés, mais je crois que l'essentiel est déjà à portée de main, de clavier et de souris. Voilà en tout cas dans quel esprit a été bâti ce site. Certes il bouscule des habitudes ancrées maintenant depuis six ans, mais les habitudes se changent...

Bien évidemment, je reste à votre écoute, toutes les idées sont bonnes à prendre. Mais sur l'essentiel, "Je vous ai compris", j'ai fait le nécessaire, et si changement il doit y avoir, ce ne sera maintenant que sur des points de détail.

Bonne temporada à tous, nous sommes prêts désormais pour vous en rendre compte.

Michel Puzos

Une passion... une profession...

A longueur d'année, à l'occasion des spectacles organisés dans les arènes, nous côtoyons toreros et organisateurs, ou tout simplement des passionnés de course landaise, mais nous n'avons d'eux qu'une image succinte. Qui sont-ils vraiment ? Parfois dans les interviews nous arrivons à mieux cerner leur personnalité, leur caractère. Mais il nous est souvent difficile de définir l'autre côté du personnage et d'en avoir une approche plus exacte, celui qu'ils sont dans leur vie quotidienne ou professionnelle. Ôter le masque en quelque sorte, ou la carapace qui les enveloppe un jour de course, tel est notre but.

Jean-Claude Dupouy, alias Pickwicq, a eu la riche idée de partir à la découverte de ceux qui font l'actualité de la course landaise et de les montrer dans les autres activités qui font leur vie de tous les jours. Riche idée. Riche idée aussi que celle de m'associer à ce périple et à cette découverte.

Entraîneur le dimanche et métallier la semaine, cordier et apiculteur, sauteur et éducateur sportif, cordier et agriculteur, organisateur et maire de son village... autant d'activités qui se chevauchent ou se complètent et qui font la richesse de tous ces coursayres.

Jean-Claude s'est donc muni de son appareil photo, moi de mon carnet et de mon stylo et nous avons commencé notre tour de la région coursayre. L'accueil est toujours très chaleureux, voir même enthousiaste, et chacun se livre bien volontiers à cet exercice. Cette expérience est également pour nous très enrichissante car nous découvrons non seulement la face cachée de tous ces personnages mais aussi des activités dont nous ignorions la trame et le contenu. Nous ne découvrons pas seulement des personnes mais aussi des activités.

Pour certains d'entre eux, une journée nous suffira à percer tout leur mystère; pour d'autres, dans des activités plus complexes, il nous faudra les suivre sur plusieurs mois. Ce qui est certain c'est que nous les retrouverons le jour des courses avec un autre regard, une autre perception, et très certainement aussi une autre complicité.

Une passion... une profession... la découverte d'une personnalité coursayre... voilà donc ce que nous vous proposerons tout au long de cette année 2012. Une autre approche de la course landaise...

Michel Puzos  

Meilleurs voeux pour 2012

La période est difficile, et le mot crise est celui qui revient le plus souvent sous les feux de l’actualité. L’année 2012, à en croire les analystes les plus sérieux, risque d’être délicate pour les classes moyennes et tous ceux qui connaissaient déjà des difficultés. A cela s’ajoutent pour certains des problèmes de santé. A tous ceux-là qui voient s’accumuler des nuages, j’espère bien évidemment que l’année nouvelle que l’on souhaite bonne à tout le monde, le soit plus particulièrement pour eux, qu’ils retrouvent la santé, un travail, qu’ils aient l’énergie suffisante pour se battre et avancer, que la vie leur soit un peu plus facile et un peu plus souriante.

Peut-être la course landaise nous apportera-t-elle ces moments de joie qui apaisent et réconfortent. Elle aussi traverse une période de turbulence, notamment au niveau des problèmes sanitaires, et certains se disent pessimistes. Mais c’est souvent dans ces périodes-là que tout le monde se serre les coudes et travaille à la résorption des difficultés. J’espère que 2012 apportera la sérénité, la raison et l’unité suffisantes pour aller dans ce sens. Nous sommes tous attelés à la même tache, la sauvegarde d’une tradition et d’une culture, et toutes les forces sont nécessaires pour que notre richesse soit préservée.

A tous bien sûr je souhaite la plus belle et la plus douce des années et le plaisir toujours renouvelé de se retrouver aux arènes, d’y voir de beaux spectacles, et de garder au cœur toujours la même passion. Quant à la crise dont nous sommes malheureusement les victimes, espérons que nos futurs gouvernants sauront prendre les bonnes et sages décisions… on peut toujours rêver.

Michel Puzos

Le bilan de CLM

Le bilan 2011 de Course Landaise Magazine

Cette année encore, c'est Vincent Moulia un jeune aficionado d'Orthez qui m'a passé au feu de ses questions pour présenter le bilan de l'année.

- VM : 2011 s’en va, l'année 2012 s’annonce déjà et avec elle les nouvelles cuadrillas. Le mercato de la course landaise promet une nouvelle fois de perturber les habitudes et de donner encore un savant mélange de courage, de fougue, de jeunesse et de panache en piste. Une nouvelle fois j'ai le plaisir de te poser quelques questions pour établir un bilan de la saison passée. Cette année, pour innover, nous allons fonctionner différemment si tu le veux bien. Comme une sorte de brainstorming nous allons pratiquer un ping-pong intellectuel…

- VM : Si je te dis : « Souvenirs », que me réponds-tu ?

- MP : Dans cette case il y a beaucoup de choses à dire et beaucoup de souvenirs à se remémorer. L'année coursayre a été longue, avec comme dans tout sport des évènements que l'on oubliera et d'autres que l'on retiendra et qui feront partie de la grande encyclopédie de la course landaise. J'en ai raté quelques uns, parce qu'en pleine saison il est impossible d'être partout à la fois, et puis une hospitalisation en mai m'a éloigné une vingtaine de jours des arènes, mais j'ai quand même vu 94 courses au cours de cette saison.

Difficile de rentrer dans tous les détails, je retiendrai particulièrement la course de Villeneuve de Marsan avec la Dal, une très grande course ; les sorties de Denis Lazartigues à Cazaubon qui m'ont vraiment épaté ; la belle victoire de Hugo Viney-Thomas au concours de Dax mais aussi son art étincelant lors du master des vaches sans corde à Dax ; un superbe festival Art et Courage marqué par le travail dans la piste, la présentation et la mise en scène de cette manifestation et l'engouement du public ; le beau doublé de Mathieu Noguès championnat des sans corde et championnat de France, sans compter toutes les sorties époustouflantes devant les nouvelles tout au long de la saison ; la très belle temporada de Loïc Lapoudge qui termine en tête au nombre d'écarts et qui s'incline de peu lors du championnat de France ; le joli concours d'Audignon qui inaugurait ses arènes, l'inauguration des arènes Fondeviole à Bougue au cours de laquelle j'ai pu revoir avec beaucoup d'émotion et de plaisir Jean Fondeviole, le baptême des arènes de Monlezun avec là aussi les souvenirs émouvants de Roger Lafitte, Georges Nicou et Jean Soubabère, l'hommage à Jean-Pierre Rachou dans les arènes de Mouscardès.... mais il y a tant de choses que je ne peux toutes les citer. Je me suis régalé aussi en allant rendre visite à des petits comités qui vivent leur passion à 300% comme par exemple Pouydesseaux, ce fut vraiment une journée très agréable au côté de Mr Lamarque et du club taurin et de leur invité d'honneur Jean-Charles Pussacq, et j'en ai vécu quelques autres comme celle-là. Dans mes souvenirs il y a bien sûr des choses plus personnelles et qui ont compté : la médaille de bronze de la reconnaissance de la FFCL remise par André Domenger lors de l'assemblée de la fédération, le trophée de l'UCTPR remis à Montsoué par Guillaume Marsan (une surprise bien gardée), et des gestes de reconnaissance, à Donzacq, à Momuy ou plus récemment par le comité régional Landes-Béarn à Tartas. Tout cela bien sûr fait partie des très bons souvenirs de l'année, même si sur le moment ils m'angoissent beaucoup car je n'aime pas trop être mis ainsi en lumière. 

- VM : Et si je te dis : « Regret(s) », que te vient-il en tête ?

- MP : Le principal regret c'est de ne pas avoir 10 ou 15 ans de moins, pour galoper encore un peu plus et en faire encore davantage. Plus sérieusement, je dirai, comme tout le monde d'ailleurs, que j'aimerais voir davantage de "grandes" courses, davantage d'exploits. Mais si l'on compare avec beaucoup d'autres sports, comme on n'a pas chaque fois de grands matchs, on n'a pas non plus chaque fois de grandes courses. Cela me paraît donc tout à fait normal. Si tu prends comme exemple la plus grande épreuve sportive populaire, à savoir le Tour de France, combien y'a-t-il de grandes étapes où la compétition devient un vrai suspens, où l'intérêt va grandissant... seulement quelques étapes de montagne avec les arrivées en haut des sommets, parfois les épreuves contre la montre, où se joue souvent l'épreuve et le podium. Pour la course landaise c'est un peu la même chose, il y a des grands rendez-vous, d'autres plus monotones ou plus décevants. Il vaut mieux ne pas manquer les premiers, mais là c'est un peu le hasard ou l'intuition qui nous y conduit.

Mais vois-tu, ce que je regrette surtout c'est que l'on entende parler à longueur de course et donc à longueur d'année de pointages, de points oubliés, de trop de points pour les uns et de pas assez pour les autres, qu'on se prenne vraiment la tête pour ces choses-là. Bien sûr la compétition existe, et il faut qu'elle soit là pour donner de l'intérêt à nos courses, mais je crois qu'il faudrait quand même relativiser tout ça. Si tu me demandais les pointages de telle ou telle course je serais bien incapable de te répondre, je ne garde rien en mémoire de tout cela. Par contre les beaux écarts ou les belles sorties que j'ai vues cette année je m'en souviens parfaitement. Je sais que tout le monde ne partage pas cet avis, les inconditionnels du carnet, du crayon et de la règle à calculer... ce n'est pas mon cas. Je vais aux courses pour apprécier un spectacle, m'enthousiasmer des beaux écarts et des quelques belles sorties que je vois. Et la plupart du temps dans une course on est quand même gâtés de ce côté-là. Et comme je te l'ai dit auparavant je retiens ce qui était bien et j'oublie ce que l'on appelle chez nous "les cagades", et je me dis que ce sera mieux la prochaine fois. Cela n'altère en rien mon plaisir et ma passion.

L'autre regret que j'ai, et je l'avais déjà dit les années précédentes, c'est que l'on voit partir chaque année un certain nombre d'écarteurs, comme ça, du jour au lendemain, sans que personne ne s'en offusque, ne s'en étonne, ne se demande pourquoi un tel ou tel quitte le boléro, alors qu'à tous ces écarteurs-là il faudrait rendre un hommage appuyé. Car nous les avons applaudis, nous les avons encouragés, nous les avons accompagnés durant plusieurs saisons, nous les avons photographiés, filmés, peut-être accroché leurs photos au mur de nos vestibules, et je n'admets pas qu'ils quittent ainsi l'arène dans l'anonymat le plus complet. Même ceux qui ont eu une longue carrière disparaissent ainsi aux oubliettes. Je le regrette profondément. Et c'est pour cela que j'ai écrit la lettre ouverte à Didier Bordes, comme j'aurais pu en écrire d'autres pour d'autres écarteurs se trouvant dans le même cas que lui. Généralement je n'ai pas trop d'avis sur ce que j'écris, j'écris les choses comme je les vois, comme je les ressens, avec mes idées, mon style, surtout mon coeur... mais pour cette lettre là, et puisque tu me demandais auparavant quels étaient mes souvenirs, eh bien l'un des souvenirs de mon année de chroniqueur, ce sera ce "papier" là et ce sera aussi le mot personnel que Didier m'a adressé à la suite de cette publication. Ce n'est pas une grande page de la littérature que j'ai écrite là mais j'en suis fier.

Bien évidemment mon regret c'est aussi de voir comment s'est déroulé le championnat de France des sauteurs. Je ne reviendrai pas sur ce sujet dont on a largement débattu et j'espère que tout sera fait désormais pour que cela ne se reproduise plus.

- VM : Un autre mot : « Coursière ». Note ici le singulier signifiant que tu dois choisir une coursière qui se serait démarquée des autres cette saison.

- MP : Ma réponse est sans hésitation : Ibañeza se démarque de toutes les autres et elle domine actuellement la course landaise par sa combativité et sa noblesse. J'ai le défaut d'utiliser souvent l'adjectif "grand" ou "grande" pour qualifier ce qu'il y a de meilleur dans la course landaise, mais la grandeur c'est bien le mot approprié pour désigner tout ce qu'il a de plus noble, de plus exceptionnel. Dans tous les concours Ibañeza illumine la piste et elle n'admet devant elle que les plus grands écarteurs. J'ai entendu à la fin de la saison dire qu'elle était moins difficile qu'avant, qu'on pouvait désormais la tromper en dedans... moi je crois plutôt que les grands écarteurs de notre époque se surpassent devant elle, que cette coursière les transcende. Et puis elle a une allure, une morphologie, un port de cornes, un regard qui ne peuvent que séduire. Mais si la corne d'or domine actuellement la piste, toutes les ganaderias possèdent de belles coursières, certaines en devenir, et les lots qui sont présentés les jours de course sont en règle générale de qualité.

- VM : Le mot suivant serait : « Jeunesse », peut-il accompagner ce qui a été vu et vécu cette saison ?

- MP : Oui, la jeunesse a pris le pouvoir, et ce depuis quelques années déjà, en formelle et aussi en seconde. je n'ai pas fait le calcul de la moyenne d'âge des toreros qui se produisent actuellement, mais il est très jeune, c'est une réalité. C'est une bonne chose, car cela prouve que le renouvellement s'est bien opéré. Durant quelques saisons l'école taurine a été le fer de lance de cette nouvelle jeunesse. Depuis deux ou trois ans on marque un peu le pas, mais si l'on regarde dans les secondes il y a des jeunes talentueux, et qui pourront réussir s'ils sont bien encadrés. Bien sûr il faudra que cette jeune génération dure dans le temps, ne prenne pas trop de coups, ne connaisse pas trop de problèmes d'emploi. Aujourd'hui et de plus en plus souvent les patrons donnent à choisir entre le travail et la course, et ils acceptent de plus en plus difficilement que l'écarteur blessé ne soit pas au travail le lundi matin. C'est un vrai problème auquel il faudra apporter des solutions sinon cela compromettrait sérieusement les carrières des toreros landais. Comment concilier la passion et l'exercice de l'art taurin et le travail ? C'est un des sujets les plus importants, avec celui des problèmes sanitaires qui concerne aujourd'hui la course landaise. Et c'est sur ces sujets-là qu'il faudrait donner toute notre énergie. En tout cas, et pour conclure sur le sujet que tu as abordé, celui de la jeunesse, moi je voudrais les féliciter pour leur engagement et pour leur état d'esprit. J'ai été enseignant, j'ai vécu toute ma vie au milieu des jeunes et mon plus grand bonheur c'est bien sûr de les voir heureux dans leur vie personnelle... et la course landaise fait partie de leur vie personnelle.

- VM : Plus compliqué, passons à deux mots … « Comptes rendus » et « Rythme »…

- MP : Alors là tu passes par la case "Course Landaise Magazine". L'an dernier j'avais proposé un sondage et demandé à nos lecteurs quelles rubriques les intéressaient le plus. Une seule réponse étant possible, la rubrique comptes-rendus était arrivée en tête, ce qui paraissait très logique. On est là pour informer et donc pour rendre compte des courses qui se déroulent tout au long de l'année. A partir de là j'ai pensé qu'il fallait développer cette rubrique. De nouveaux rédacteurs sont venus rejoindre l'équipe, et d'autres qui avaient déjà fait leurs armes se sont investis encore un peu plus. Ensuite j'ai voulu que les comptes-rendus traditionnels soient accompagnés de l'image. Et cela a été la grande nouveauté de l'année. Un certain nombre de courses ont été filmées afin de permettre à ceux qui ne vont pas aux courses de pouvoir vivre leur passion. J'ai dit dès le départ que je n'étais pas un professionnel de la caméra et que les films proposés n'étaient que des films d'amateur. Et comme d'autre part il faut les compresser pour pouvoir ensuite les héberger (actuellement sur You Tube), cela diminue bien sûr la qualité de l'image. Il n'empêche que cela a été très apprécié et a fortement dopé l'audience. Dans le même temps j'ai remplacé le "4 à la Une" par les interviews filmées des présidents des clubs, des maires, des toreros... et je dois tirer un grand coup de chapeau à Jean-Paul Lahitte qui s'occupe remarquablement de ces interviews. Il fallait absolument que tous ceux qui sont les organisateurs soient un peu plus connus et puissent s'exprimer.

Bien sûr j'ai d'autres idées pour faire évoluer les comptes-rendus pour 2012 ou 2013... on verra. Je n'ai encore rien décidé dans ce domaine. Nous essayons de donner les résultats des courses le plus rapidement possible, pas seulement le résultat mais aussi un petit compte-rendu en express. Aujourd'hui par le portable, facebook ou autre on peut rapidement donner un résultat ou une info... écrire un compte-rendu c'est quand même un peu plus compliqué mais aussi me semble-t-il plus intéressant. Là aussi j'ai des choses en tête pour l'avenir. Mais ce qui est certain c'est que je privilégierai toujours la qualité. Quant au rythme, alors là je dois t'avouer que j'ai parfois prié le ciel pour qu'il pleuve et que les courses soient annulées, ce qui m'aurait ainsi donné un peu moins de travail. Le rythme est infernal, 5 à 6h tous les jours pour écrire les articles, mettre en page, sélectionner les photos, préparer des montages, revoir les films et les monter également, répondre à la multitude de courriers que l'on reçoit... Sans compter les déplacements pour les courses, les diverses réunions et manifestations, les réceptions... si bien que les petits sommes réparateurs dans la voiture sont parfois indispensables. J'avoue aussi que cette année j'ai fait l'impasse sur quelques invitations.

- VM : Cela me permet de demander les « kilomètres » parcourus durant la temporada … (on n'est pas à 10 km près je te rassure !...)

- MP : Franchement je suis incapable de répondre à cette question, mais tu me donnes une idée, je mettrai le compteur à zéro le 1er Janvier et je te dirai l'an prochain avec certitude combien j'ai parcouru de kilomètres pour les courses. Souvent, je fais le trajet jusqu'à Geaune, et de là je pars avec Pickwicq. Il aime conduire, il est prudent, il trouve toujours une bonne place pour se garer au plus près (ce qui n'est pas mon cas) et cela me facilite grandement les choses.

- VM : Voyons un peu dans le même esprit, les coulisses de la vie du site… Si je te dis « Reportages photos » ? Bien évidemment, je te parlerai ensuite de « vidéos » et « interviews » …

- MP : J'ai toujours dit que je n'étais pas un photographe mais plutôt un illustrateur de textes. Pour moi la photo est un supplément à l'article, je privilégie les articles. Mais j'aime la photo, et je pense que pour quelqu'un qui n'a jamais fait de photos de sa vie, je ne me débrouille pas pas trop mal, avec du petit matériel si l'on compare avec les photographes de qualité (pour ne pas dire professionnels). De jour je privilégie la photo, de nuit la video car avec mon Panasonic, même si c'est un bon appareil, la photo n'est pas de qualité la nuit. Et j'ajouterai que j'ai une sainte horreur des réglages, que je n'y comprends rien, que je ne cherche pas à comprendre d'ailleurs et que cela m'ennuie... et donc je laisse ça à d'autres. Mais bon, de jour, j'ai quand même quelques bons clichés. D'autre part, comme nous travaillons en parfaite harmonie, si j'ai besoin de photos pour un article, pas de soucis... Jean-Claude Dupouy, Cyril Vidal ou Bruno Cazalis répondent présents. D'autres correspondants comme Lucette ou Didier se sont mis eux aussi à la photo et ils me font parvenir leurs clichés des courses qu'ils commentent. Et il y a beaucoup de jeunes talentueux autour des talanquères qui je pense nous apporteront quelque chose dans ce domaine.

Côté videos, j'en ai parlé tout à l'heure, c'est je crois le point positif de l'année, que ce soit avec Jean-Paul pour les interviews ou que ce soit avec les images des courses auxquelles j'assiste. Toutes les réactions ont été positives. Mais je le dis et je le redis, pour les belles videos, c'est du côté d'Eurofilm qu'il faut aller voir. En 2012 nous allons continuer dans ce sens et je crois que le jeune Thomas Lescoute nous apportera aussi son savoir-faire... voilà un jeune homme passionné de course, tout comme Aurélien d'ailleurs, qui devrait faire parler de lui dans l'avenir. Pour ce qui est des interviews, Jean-Paul continuera celles d'après-course, et pour ce qui est des interviews plus traditionnelles, certaines sont en préparation ou prévues, je peux citer les noms de Benjamin Dupuy, Maylis Darritchon et un peu plus tard de Dominique Baillet et de David Laplace. 

- VM : Pour n’oublier personne, le mot suivant serait « Cocarde »… que pourrais-tu en dire ?

- MP : Je dirai que c'est une partie de la tauromachie que j'apprécie beaucoup et que j'apprécie de plus en plus. Dans ma jeunesse c'était une distraction, on allait voir les cocardes à Pontonx au même titre que les jeux taurins. Mais le temps a passé, et avec un tout autre état d'esprit j'ai appris à mieux connaître cette tauromachie et à en saisir toutes les ficelles, les techniques, à apprécier les qualités des raseteurs... ce n'est plus le spectacle que je voyais autrefois pour "rigoler", mais un véritable sport et un véritable art taurin. Et puis je dois dire qu'au contact de certains raseteurs, par exemple Julien Raspentino ou Guillaume Bellion, j'ai pu saisir pas mal de choses sur le raset, sur la course. Et c'est pourquoi en tant que responsable du site, j'ai voulu conserver une rubrique sur les courses de cocardes qu'alimente fort bien Spide64.

- VM : Enfin, la boucle ne serait pas bouclée, enfin le cercle si j’ose me le permettre, sans parler du « Cercle Gascon »…

- MP : Je ne vais pas rappeler ici toute l'histoire du Cercle Gascon, de sa fondation à sa première remise des prix. Le Cercle Gascon rassemble des mécènes de la course landaise qui veulent soutenir financièrement ses acteurs, dans leur contexte d'emploi difficile que j'ai relaté précédemment, afin qu'ils puissent continuer à pratiquer la course landaise. Cette année je n'ai pas pu assister à pas mal de réunions en raison de mes activités et de quelques embûches, mais il est certain que le Cercle Gascon occupe une place importante dans la course landaise. Il remettra en Janvier le produit des dons qu'il a reçus cette année.

- VM : A plusieurs reprises tu as annoncé les résultats en progression du site. cela bien sûr doit te satisfaire ?

- MP : Evidemment. Lorsque j'ai créé ce site certaines personnes ne donnaient pas cher de son existence et je ne rappellerai pas ici quelques amabilités à mon encontre. Mais je suis un têtu, un gentil têtu. Et quand je pense que la voie est la bonne je vais toujours dans la direction que je me suis fixée. Cela ne veut pas dire que je n'écoute pas les autres, bien au contraire, et il m'arrive même souvent de demander un avis, un conseil, et d'écouter et de suivre l'avis ou le conseil qui m'est donné. Têtu mais pas borné. Par contre, je ne tiens aucun compte des critiques négatives qui me sont données sous pseudo. Dans ma vie professionnelle, ma vie d'enseignant, j'ai toujours encouragé le travail et la réussite, mais j'ai aussi privilégié l'effort et montré qu'à son rythme et selon ses possibilités chacun pouvait arriver à quelque chose de positif. Je pense que la réussite du site c'est le résultat du travail fourni au quotidien. 

- VM : Pour en revenir aux pseudos justement, c'est un vrai combat que tu as mené ?

- MP : Oui, et j'en suis fier. Si j'avais laissé faire, le site n'existerait plus. J'ai reçu au tout début de sa création des messages odieux envers certains ganaderos ou certains écarteurs. Moi j'ai le respect des personnes, et je me suis toujours déterminé pour le courage et la transparence. Donc j'ai tenu bon et cela n'a pas empêché la progression de la fréquentation bien au contraire. Elle est constante et même en cette trêve hivernale le nombre de consultations et de visites n'a jamais été aussi élevé (1029 le 16 Décembre, alors que l'actualité en demi-sommeil). Je crois que c'est un signe d'intérêt et de confiance, et je ferai en sorte de ne pas décevoir. Mais ce résultat c'est tout le travail d'une équipe, sans eux il serait impossible de couvrir autant de courses. Je les remercie pour tout le travail qu'ils effectuent, pour leur disponibilité aussi, car s'il m'arrive de ne pouvoir me rendre à une course, quelques coups de fil solutionnent très vite le problème.

Cette année je m'étais fixé un challenge, un défi, c'était de couvrir toutes les courses de challenge et toutes les courses formelles hors challenge. Je voulais redonner vie au challenge Sarrès-Bathusé et effectuer un classement au plus grand nombre d'écarts. Pour cela il fallait qu'aucune course ne manque à l'appel... et aucune course n'a manqué à l'appel. Ce défi a donc été relevé, grâce à tous les correspondants qui se sont mobilisés sans rechigner. Merci à tous. Je ne sais pas si cela sera possible l'an prochain, mais je ferai mon possible c'est sûr.

- VM : Des nouveautés l'an prochain ?

- MP : Nous allons peaufiner ce qui peut l'être. Et peut-être mettre en oeuvre quelques idées ; toi même Vincent tu nous as fait quelques propositions intéressantes de reportages, et avec Jean-Claude Dupouy nous avons je pense une belle idée à concrétiser, une idée de Jean-Claude que je vais creuser avec lui, et sans doute la mettre en oeuvre au début de l'année 2012. J'ai d'autres projets, mais un peu plus lointains. Et puis mon action c'est aussi former et encourager des jeunes comme Thomas et qui un jour j'espère prendront ma relève.

- VM : Quels sont tes rapports avec le milieu coursayre ?

- MP : De bons rapports je crois, beaucoup de respect de la part des acteurs, parfois de la reconnaissance par certains gestes ou certaines paroles. J'ai été très touché par le nombre d'appels ou de messages que j'ai reçus lorsque j'ai été hospitalisé en mai dernier. Les acteurs savent que je ne suis pas un grand démonstratif, un grand bavard, mais je crois qu'ils ont compris quel était mon rôle et mon action. Ce que je fais n'est pas parfait, je reçois de temps à autre quelques reproches, ce qui me paraît bien naturel, mais c'est de l'ordre infinitésimal. Et puis je garde ma ligne de conduite, celle de garder mon indépendance, de servir la course landaise. Et si je sers la course landaise je sers tous ceux qui en font partie.

- VM : Pour terminer, comme dit souvent Jean-Paul Lahitte à la fin de ses interviews, un merci ou une dédicace ?

- MP : La dédicace il y a longtemps que je l'ai faite, elle ne varie pas, elle s'adresse à deux grands noms de la course landaise, René Gaujous et Robert Castagnon qui m'ont mis le pied à l'étrier, qui m'ont donné quand j'avais 18 ans l'envie de faire ce que je fais aujourd'hui, et qui m'ont toujours soutenu même lorsque j'étais un peu fou-fou dans ma jeunesse. Pour moi ces deux personnes comptent énormément et m'accompagnent partout. Pour moi ce sont les papes de la course landaise. Quant aux mercis, ils sont nombreux : aux acteurs qui acceptent toujours sans sourciller qu'on les suive pour les photographier, les questionner... aux organisateurs et aux maires qui nous reçoivent toujours chaleureusement... à tous ceux qui travaillent avec moi, sans eux je l'ai dit, le site n'aurait pas la même consistance... et merci bien sûr à tous nos fidèles lecteurs, ceux qui se lèvent même parfois la nuit pour jeter un coup d'oeil sur le site car ils savent que je suis un couche-tard.

- VM : Merci Michel pour tes réponses et surtout pour Course Landaise Magazine ! Tu n’hésites pas à mettre en avant l’équipe qui t’entoure, mais elle ne serait rien sans un coach, un chef d’orchestre comme toi ! 

- MP : Chef d'orchestre je l'ai été dans ma jeunesse lorsque je dirigeais un petit orchestre de bal, chef de chorale aussi au collège du Berceau, et si je te disais que j'ai travaillé pour un boys band (comme attaché de presse) dans les années 96 je crois que ça te surprendrait drôlement... mais cela est une autre histoire qui n'a rien à voir avec la course landaise, et qui appartient à une vie antérieure. Merci Vincent pour avoir préparé ce questionnaire (original je dois dire) et pour ta passion pour la course, que tu vis hélas un peu éloigné de tes terres orthéziennes en ce moment. Et bonne temporada 2012 à tous.

Commentaires (14)

Michel Puzos
  • 1. Michel Puzos | 27/02/2013
Romain, ce serait un grand plaisir que de publier la photo de l'école taurine... encore faudrait-il l'avoir !!! si quelqu'un possède cette photo et peut nous l'envoyer je la publie illico presto
beyris romain
  • 2. beyris romain | 27/02/2013
vous pouvez mettre la photos de groupe de l'ecole taurine 2013 s'il vou plait
Catherine Laurensan
  • 3. Catherine Laurensan | 01/01/2013
Je souhaite à Michel PUZOS, au photographe PICKWICQ, à tous ses chroniqueurs, à l'ensemble du monde de la course landaise et à toute leur famille, une très bonne année 2013, santé, bonheur. Longue vie à COURSE LANDAISE MAGAZINE.
le gascon
  • 4. le gascon | 28/11/2012
Ah Michel avec l'âge la santé bricole!.. et c'est normal et il paraît que "seule l'ame est éternelle"....
Le sité est bien et il faut le poursuivre.
Nous savonss que les règlements ou la règlementation ne font pas l'emploi mais il semble normal de fixer les règles.
Courage Michel ; il faut tenir
Michel Puzos
  • 5. Michel Puzos | 19/11/2012
Merci Christine pour votre commentaire. Cela ne peut que nous encourager à poursuivre malgré parfois quelques découragements ou moments de lassitude. A bientôt. Bonne fin d'année à vous tous également.
Christine V.T.
  • 6. Christine V.T. | 19/11/2012
J'ai beaucoup aimé ce "questions/réponses" qui résume l'actuelle temporada. Je vous rejoins, Michel, sur beaucoup de points, notamment sur l'indiscipline récurrente vis-à-vis du corps arbitral. Il est "normal" que l'on manifeste son mécontentement sur le pointage de "notre" équipe, sur une ou deux figures que l'on ne juge pas de la même façon selon que l'on se trouve dans l'axe ou pas ou d'après d'autres critères, je dirais que ça fait partie du jeu et que l'on retrouve ces mêmes comportements dans tous les sports quels qu'ils soient. Normal quand on est dans le public mais je trouve, tout comme vous, que les manifestations individuelles dans la piste sont inadmissibles venant de sportifs de haut niveau puisque les écarteurs sont assimilés à ce type de sportifs. De plus, j'avais formulé l'hypothèse que les bonus soient annoncés à la fin de la sortie comme il est déjà fait pour les sorties des sans cordes, pour les mêmes raisons que vous évoquez.
Quant à votre site, le travail que vous "abattez" est remarquable ! J'avoue que je suis une adepte des compte rendus complets voire même très complets, et que tout m'intéresse. Je suis moins pour les vidéos mais il en faut pour tout le monde. J'ai eu un peu de mal au début pour m'y retrouver dans toutes ces rubriques, j'aime bien qu'on me mâche le travail aussi, et je me suis donc résignée à acquérir une certaine autonomie...
Félicitations pour tout ce que vous faites et ce que vous subissez tout au long de la saison (courants d'air, échardes etc...). Longue vie à CLM et bonne fin d'année.
dulucq sandrine
  • 7. dulucq sandrine | 22/09/2012
slt a tous vous aller bien j'adore la course landaise
Michel Puzos
  • 8. Michel Puzos (site web) | 26/06/2012
Merci Florie pour votre message qui me va droit au coeur. Les vacances s'approchent pour vous, j'espère que pourrez en profiter pour revoir notre beau pays et bien sûr des courses landaises. J'ai commencé la lecture du livre d'Alain Dubos (très intéressant)... et côté lecture, j'espère vous réserver une surprise au début de l'année prochaine. Amicalement à vous.
florie mimbiellle
  • 9. florie mimbiellle | 25/06/2012
Bonjour,
Je suis enseignante en région parisienne et je ne peux donc pas suivre les courses régulièrement. Je tiens donc à vous remercier pour votre engagement afin de promouvoir la course. Merci également car grâce à la lecture de votre site j'oublie un peu le quotidien (metro boulot dodo) et bravo pour tout le travail que vous fournissez...
Bonne continuation et même si les rendez-vous coursayres vont se multiplier prenez le temps de lire l'excellent ouvrage "la corne de Dieu" d'Alain Dubos...
Amitiés coursayres. Florie.
Vincent M.
  • 10. Vincent M. (site web) | 17/04/2012
Michel,

ce billet du jour n'est pas sans me rappeler un billet du jour daté du 3 février 2007 relatant les dires d'un acteur de la course landaise sur les pointages des vaches... "Un ancien écarteur, pas si ancien que ça d'ailleurs, rencontré récemment lors d'une course, me confiait : "Chaque fois que XYZ sortait en piste nous étions assurés d'un score peu flatteur... nous avons décidé un jour de la rebaptiser... et les points se sont envolés... personne n'avait été capable de s'apercevoir de la supercherie". Le jour où la chèvre de Monsieur Seguin sera rebaptisée Darrigada, Ibaneza ou Flamenca, sans doute connaîtra-t-elle un meilleur sort dans la fable...
Bizarrerie des pointages ? " Quoi ajouter de plus ?

Pourquoi ne pas se rapprocher des grilles de notations des vaches de concours (agricole...) ? Il y a des critères suffisamment objectifs (longueur, hauteur, port de tête, aplombs etc.) pour départager des coursières d'un point de vue physique... pour les notes du spectacle il doit y avoir des gens qui puissent y travailler ! Non ?
le gascon
  • 11. le gascon | 13/03/2012
bravo; je sais Michel lorsque l'on parle vrai; cela trouble... mais le temps en fait son affaire et "les couilles molles" ne résistent pas si on aime le combat comme en course ou en tauromachie.
Rions mais les romains sont passés par là....
Vincent M.
  • 12. Vincent M. | 18/01/2012
Michel, mais quel travail !!!

Je sais que tu as travaillé dur et le résultat est à la hauteur de ce boulot !
Voici un site au graphismes dynamiques et sobres tout en restant classes.
Côté contenu rien à redire tout y est !!! C'est génial!
Niveau pratique, en 3 secondes on sait où sont les nouvelles infos et en quelques minutes on eptu balayer toute l'actualité coursayre du regard !!!

Voilà un site moderne et dynamique, tout ce que devrait être la course landaise aujourd'hui (vaste débat...).

Merci et bravo !
Martine HURSTEL
  • 13. Martine HURSTEL | 01/01/2012
Une très bonne année au sud ouest où malheureusement je ne vais pas assez souvent
J'espère que les écarteurs viendront nous rendre de nouveau visite ici
vis eric
  • 14. vis eric | 28/12/2011
Un vrai régal à lire bravo Vincent bravo Michel

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Date de dernière mise à jour : 07/03/2017