Editorial. Au maestro

Lundi 23 Février

 

Armel Lacaule

Au maestro

Samedi dernier à PONTONX, une foule est venue rendre hommage au maestro honoraire de l'arène, RAMUNCHITO.

On se souviendra de cet écarteur né, « félin dans l'arène » ne mesurant que 1,68m, mais doué, ayant pratiqué la boxe, aimant combats et défis. Vista et élégance hors du commun, remise en question permanente pour séduire, cette potion magique subjuguait le public. Proclamé « appolon côte basque » en 1966 à Biarritz, sa vie était aussi un jeu, à l'image du saltimbanque ou d'un funambule sur un fil d'acier.

Des aficionados, jeunes et anciens, étaient présents, venus en nombre, y compris en car, du Gers, de cette Gascogne authentique, «en communion de souvenirs»  où planait l'ombre de la ganadéria Joseph LABAT de Chiouleben à BUGLOSE, proche de PONTONX et place fétiche.

Sur les traces du passé,  Jean-Pierre LABAT, lui que l'on n'avait pas vu depuis longtemps était présent sur les gradins, avec une écoute et un regard attentif, observant ce cérémonial qui retraçait quelques souvenirs de sa  jeunesse. Cela lui donnera-t-il des envies ?

Un retour aux sources pour beaucoup, dans la ligne du spectacle présenté, retrouvailles pour des anciens qui ne s'étaient pas vus depuis belle lurette, moments forts où l'émotion palpable marquait les regards !

Un moment solidaire chassant l'oubli, instant privilégié, parfois empreint de nostalgie, de sensibilité taurine malgré ce temps qui passe « sans marche arrière » !

On ne refait pas l'histoire mais on la commente pour avoir fréquenté «la tribu VIS» !

En parler un peu, l'époque de Jean DUSSARAT où Gilbert LABOURROIRE (GILBERT 2) m'amenait avec son AMI 6,  tenait le rôle de sauteur et entraîneur et où Michel VIS ( Michel 1) débutait à la corde ! Se souvenir du déboulé fulgurant de « Conchite » permettant à son premier départ de m'offrir « un voyage aérien de 20 mètres sur ses cornes en caressant deux lampadaires » !

Les courses de plage, c'était l'entraînement hebdomadaire pour les hommes et un bétail à relancer sur la côte à BIDART Plage, à ST JEAN de LUZ Campos Berri, lorsque Mr Lucien STETIN organisait des courses pour LARROUTURE.

Samedi dernier à PONTONX, Guillaume RAMUNCHITO artiste décrié et tant admiré « était toujours présent » au côté des deux frères Michel 1 et RAMUNCHO.

Un torère oh combien caractériel, mais qui ne laissait jamais indifférent en piste comme dans la vie civile. Comme tout artiste, imprévisible et irrésistible, disons « un peu cap bourrut et testuda ».

Paix à son âme, à sa carrière exceptionnelle qui n'est pas tombée aux oubliettes. Un hommage à la famille VIS pour la vulgarisation qualitative et quantitative dans la durée pour la Course Landaise !

Une anecdote : l'autre jour, ayant dans mes mains « La Cazérienne », le patron du restaurant « Le toro d'argent » près de la place République à BAYONNE, qui ne me connaissait pas, m'interpela au dessert pour aborder les prouesses détaillées de RAMUNCHITO.

Avec ses yeux écarquillés, sa voix chaude, cet ancien marseillais supporter de l'OM repassait le film, me parlant en clôture de Michel AGRUNA, d'HUGO VINEY-THOMAS ,jardinier du stade vélodrome ! Quelle fut ma surprise lorsqu'il détailla la famille VIS, le palmarès de RAMUNCHITO, sorte de magicien qui tournait des intérieurs réguliers face à Challengita, Didiera, Canastille (celle-ci fracturant le bras de Jean-Claude LEY), Carmencita, Marciacaise !

La communication des années 70/80 qui balbutiait à l'époque, faute de moyens, se plaçait « en saut d'appel » ne permettant pas de remémorer par l'image cette époque. Les archives, lors d'être exhaustives, en disent simplement l'essentiel.

Mais le mémorial en l'honneur de RAMUNCHITO le placera présent pour l'éternel.

 

Commentaires

  • riri
    • 1. riri Le 23/02/2015
    Un grand merci Armel de la part de toute la famille Vis
    Eric Vis