Le Billet du Jour. Gardons à la course landaise tout son sens

 

Michel Puzos  Le Billet du Jour

L’écrivain et philosophe espagnol Miguel de Unamuno donnait ainsi sa définition du combat : « Dans un combat, écrivait-il, peu m’importe qu’il y ait des vainqueurs et des vaincus. Ce à quoi j’attache une importance extrême, c’est qu’autour de lui, des hommes apprennent à se connaître et à s’aimer. » Voilà une appréciation qui définit bien notre course landaise : une rencontre, une union.

Rencontre de l’homme et de la bête où les deux antagonistes s’affrontent à valeur égale, où dans la lutte il n’y a pas de supériorité de l’un sur l’autre, ni primat absolu de l’intelligence de l’un sur la force et l’agressivité de l’autre.

Union de l’homme et de la bête qui se concrétise, dans le meilleur des cas, par l’art au sens le plus profond du terme, à savoir la réalisation de l’écart, figure artistique dans ce qu’il y a de plus beau et de plus vrai.

Rencontre des hommes et des femmes qui gravitent autour de la course landaise et qui sont l’aliment de notre tradition, chacun dans un rôle bien particulier et déterminant, chacun étant indispensable : les ganaderos, les toreros, les organisateurs, les médias, les spectateurs.

Union des hommes et des femmes qui trouve sa conclusion dans l’aboutissement d’un spectacle, mais aussi dans le tissage de relations, car la course landaise n’est pas seulement un spectacle, elle est aussi la trame d’un tissu social.

Si j’aime la course landaise, et si je participe à sa médiatisation, c’est par passion et amour pour cet art taurin, une parfaite harmonie de cet art issu de l’association de la bête et de l’homme -« La lutte est un mode d’association » disait aussi le philosophe espagnol- et du sport, du beau et de ses valeurs : le courage, l’abnégation, la maîtrise de soi, la « vista », le savoir-faire… C’est aussi parce qu’il y a quelque chose d’apparemment invraisemblable : c’est l’artiste lui-même (écarteur ou sauteur) qui se fait art en dessinant ses propres figures face à la bête qu’il affronte.

Mais si j’aime la course landaise c’est aussi parce que je suis très réceptif à l’ambiance qui préside au spectacle de l’arène : la musique, les applaudissements, les sifflets quelquefois, les couleurs, les mouvements, l’émotion ressentie, parfois le stress, le plaisir qu’engendre une réussite…

Alors, aujourd’hui et demain, continuons à donner à ce combat tout son sens, et travaillons tous ensemble pour que la course landaise garde ses valeurs essentielles.


 

Commentaires

  • eric7132
    • 1. eric7132 Le 16/03/2018
    Bonjour Michel, ce billet arrive au bon moment pour rafraîchir la mémoire, et il ne faut pas que certains torères oublient cette communion, et surtout avec le public pour ne pas qu'il devienne rare sur les gradins, car sans lui, nous et les comités n'avons plus lieu d'exister. Donc à nous les hommes de la piste de faire le maximum pour eux en leur donnant de l'émotion, et de ne pas oublier de faire la fête avec eux car c'est cela la vraie course : celle qui attire la foule.
    Eric Sucère