Le Billet du Jour. Qu'il est bon de voir la temporada redémarrer !

Vincent Moulia  Le Billet du Jour

Lala Lala Lala... Lala Lala Lala...La, Lala Lala Lala… Lala Lala Lala... ainsi résonnent dans un coin de l’esprit du coursayre les premières notes de l’hymne de la course landaise. Cet hymne qui rythme le pas des hommes et des femmes qui se préparent à affronter les vaches qui bondiront bientôt de l’ombre.

Ce songe abrite mes journées en cette saison aux couleurs hivernales qui n’en finissent pas de déteindre le long des arbres, des murs, des collines… une saison longue comme un hiver sans course landaise !

Mais voilà que bientôt les oiseaux se remettent à chanter, les premiers bourgeons pointent le bout de leur nez, l’herbe se met à nouveau à pousser, les premières fleurs se colorent. Les vaches retrouvent peu à peu leurs prés tandis que les coursières regagnent les pacages proches de la ganaderia.

Les têtières s’ajustent, les cordes se révisent, les bottines se lustrent et les boléros retrouvent tout l’éclat perdu au long d’une saison pleine d’efforts.

La première course de la saison est un événement à part. Le coursayre aura révisé ses partitions de règlements, comptant sur le débisaïre qui lui aura bien potassé les nouveautés nées des réflexions de l’hiver. 

Le musicien aura échauffé son instrument pour être sûr de laisser éclater un florilège de notes hautes et claires.

Le secouriste aura revêtu son uniforme et vérifié que tout son matériel médical était bien à sa place.

Les comités auront fait leurs comptes pour être sûrs de pouvoir honorer les contrats et pris toutes leurs dispositions.

Les jurés auront l’impression de ne jamais être prêts à reprendre leur tâche ingrate mais ô combien essentielle dans l’organisation des compétitions.

Les délégués sportifs ajusteront leurs tablettes afin de pourvoir noter tous les points essentiels au bon déroulé de chaque course.

Chaque acteur se sera préparé au mieux pour être en pleine capacité de ses moyens et assurer un maximum d’efforts sans craindre les blessures graves.

Les vachers auront pris soin du bétail afin qu'il prenne toute sa contenance nécessaire à un bon début de saison. Le poil épais de l’hiver laissera bientôt place au poil fin et luisant propre à toute coursière en excellente forme.

Les effluves de la piste, les relents d’odeur de fauve manquent vite quand la saison se termine. Mais quelle redécouverte à chaque arrivée aux arènes ! Rien que cela suffit à nous faire prendre conscience du plaisir que chacun détient à être là et profiter du spectacle vécu. Car oui, là est bien le propre du coursayre. Il n’est pas simple spectateur, il est acteur et partie prenante de tout ce qui est offert sous ses yeux. Il vit la course au rythme des hommes et des vaches qui s’affrontent au centre de l’arène. Le ballet ainsi créé vit quant à lui vit au rythme de la musique, des applaudissements, des primes, des encouragements et de l’ambiance entretenue sur les étagères.

Qu’il est bon de voir la temporada redémarrer avec l’arrivée des jours meilleurs !