Rencontres

- Jacky Labernède (coursayre, inventeur et créateur) : un gamardais de talent

Armel Lacaule


 

Dans sa vie, chacun de nous rencontre des personnages discrets dont le talent vous marque. Jacky Labernède est l'un de ceux-là, apprécié des anciens coursayres et acteurs. Sa réputation n'est plus à faire, personnage au caractère bien trempé, efficace, préférant l'être au paraître, dévoué et disponible pour une bonne cause, un soutien sans éclat ni trompette.

Il fait du bénévolat depuis près de cinquante ans, responsable le jeudi avec les aînés ruraux qu'il a présidés durant six ans. Jacky a reçu plusieurs médailles -bronze et argent de la ffcl, bronze et argent de la jeunesse et des sports, bronze et argent du travail, reconnaissance de l'amicale des clubs, du comité régional Landes- Béarn, et de mes six mois passés en Algérie en 1956 ! Cela ne lui remplit pas la poche... mais ça reste...

Rappelons qu'il fut aussi, avec Michel Laurensan, une aide rédactionnelle importante au lancement de "Course Landaise Magazine". 

Jacky Labernède fut, pendant 28 ans, président des mutilés du travail «section de Montfort», après un accident mutilant sa main. Ne baissant pas les bras, «tignous chalossais», il poursuivit une formation à domicile lui permettant de devenir chef de chantier à la SCREG. Il était mode à l'époque que des gens sortis du rang venaient rejoindre la fonction de maîtrise et prendre revanche sur leur sort.

Combien de kilomètres aura-t-il parcouru en Gascogne pour son travail, et pour vulgariser la course landaise ?

Depuis cette période et sans pouvoir en donner la raison, il s'est engagé en 1968 à créer le club taurin gamardais, période où Michel II (Michel Lassalle) l'incitait à le faire, Michel exerçant ses premières années d'écarteur chez Roger Latapy à Souprosse. La complicité avec Michel II  lui fit sauter le pas. A l'époque, Roger Latapy et Larrouture furent les principaux ganaderos attitrés de la plaza.

Pour la jeune génération, il est important de connaître Mr Labernède, l'écouter parler de son passé, de quelques souvenirs, points de repères importants.

Il raconte brièvement son parcours...

JL : mon début coursayre débute avec Raoul Despouys aux fêtes de Montfort, autour des années1965. Cela m'incita (avec une poignée de copains) à organiser le 1er octobre 1967 une course «sans fric» avec Roger Latapy et Michel II, le local. 

Une course fut parrainée par Tino Labourdette, Pierrot Saint-Palais, Jean-Claude Ley, organisée par un club informel de 6 personnes qui voulait couvrir les frais et créer le club taurin plus tard. Pour les finances, on avait organisé un bal pour le soir. Ce fut un succès complet et surtout financier ! 

Grâce au soutien de Jean Etcheberry et de Raoul Deypouys, j'ai fondé avec des copains le club taurin gamardais le 11 février 1968 (inscription au JO). Je me suis engagé en 1970 dans la compétition, la notation des écarts et des sauts, juré en 1972, puis après au Comité Régional Landes-Béarn en 1976. Je poussais la porte d'entrée du comité directeur de la FFCL en 1981 pour quelques années. Je fus président du Comité Régional Landes Béarn de 1993 à 1996, passant le relais à André Domenger qui poursuivit par son implication à la FFCL.

AL : Jacky, tu restes toujours dans le vent, présent lors de la dernière assemblée générale Landes-Béarn à Momuy, tu gardes ce cordon ombilical avec le club taurin gamardais présidé depuis 2001 par le dynamique Désiré Fézancieux et les autres membres du club. Une belle équipe ! Alors, te souviens-tu de torères qui t'ont marqué ?

JL : Je vais refaire en partie le monde, privilégiant l'art. D'emblée, en remontant le temps, je citerai le phénoménal Abel Montfort (Abel Caubraque), inimitable par la façon de poser le béret ou le mouchoir, de caresser l'échine et de faire glisser la queue de la vache dans sa main. Pour l'écart, une classe hors du commun. D'autres m'ont aussi marqué.. Maxime, Ramuncho, Didier Bordes, Hugo Viney-Thomas, Ramunchito et Christophe Dussau. J'ai apprécié aussi Tino Labourdette qui était «bon dans la tête et dans l' aréne», qui voulait donner une autre image des torères, bouleverser l'accueil qui leur était réservé (ils s'habillaient souvent dans un endroit lugubre, un hangar ou une fournière). J'évoquerai aussi le cas de Forsans «le goguenard» qui savait copieusement se faire siffler... mais qui en 2 ou 3 écarts retournait le public à son avantage. Avec lui, il y avait un coté rocambolesque !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oeuvres réalisées par Jacky Labernède

AL : ton regard sur le présent ? 

JL : je me rends compte que les choses ont changé, peut-être avec un aspect monotone. Il n'y a plus ce piquant d'autrefois, un peu bordélique parfois mais qui provoquait l'étincelle. Les choses sont stables, bien réglées, probablement à cause d'un coté structuré. Depuis quelques années, les écarts se ressemblent, la sortie est équilibrée avec un ou deux torères. Autrefois, il y avait un peu plus de bazar à chaque sortie mais 3 ou 4 écarts enflammaient le public. La piste était libre, moins académique, la course d’aujourd’hui est plus régulière, avec une prestation plus homogène, tout est préparé pour avoir un spectacle de qualité. Mais il manque souvent l'étincelle.

AL : ton avis sur l'avenir de la course ?

JL : on complique la vie des bénévoles, on cherche le mouton ou la vache à 5 pattes, et dans l'aréne, cela ne fait pas bon ménage ! Pour les acteurs, se pose le problème de l'emploi, car la course landaise, activité à temps partiel, ne nourrit pas son homme toute l'année. Le problème est crucial. Il n'y a plus les ressources jadis alimentées par l'agriculture, même si l'activité d'auto-entrepreneur est à considérer. Le partenariat de la FFCL avec la chambre des métiers devrait porter ses fruits. L'acteur taurin est avant tout un indépendant comme tout artiste ! Au sujet de l'emploi, le départ d'Hugo Viney-Thomas est regrettable, il avait le talent et la tête dans l'arène et dans la vie civile, il aurait sans doute beaucoup apporté à la course landaise dans les années à venir. Il fut contraint de partir à Marseille faute de solution locale… et pourtant certains emplois sont confiés à des gens venus d'ailleurs ! Les élus, les entrepreneurs ne prennent pas en compte cette situation «discriminatoire» pour les landais. Les ganadéros, les comités, le département sont concernés. Et si notre région n'a plus l'esprit coursayre et festayre, il s'importera alors ce qui n'a pas marché ailleurs... et on commence à le voir ! C'est dommage car le bétail est meilleur, adapté à la «course spectacle». Du temps de Jo Maigret, ce ganadero tournait sur 10 vaches, les Escuderos, avec peu de ressources complémentaires, mais il y avait moins de courses. Maintenant, un ganadero a 100 ou 200 vaches pour 40 qui courent, il y a de la réserve... Il y a aussi beaucoup plus de ganaderos... et pourtant on dit que c'est dur de tenir le métier !

Sculpture de Fédérale

AL : et le spectacle dans tout ça ? 

JL : on devrait rester dans le traditionnel, ne pas se laisser envahir par les toros qui peuvent valoriser ponctuellement, mais en rejetant ce fond de commerce. Autrefois (je parle du festival art et courage), c'était exceptionnel. On avait un autre regard ou une autre sensibilité, subjugué par l'émotion. Aujourd'hui, le fait de banaliser, d'associer trop de toros, fait qu'il peut y avoir surenchère. La prestation des sauteurs s'est amplifiée, en quantité et en qualité, de véritables gymnastes, avec peut-être trop de rondades, cette figure n'étant pas complètement maîtrisée par tous. 

AL : et ton jardin secret, tes créations ?

 JL : je suis resté actif, je bouge beaucoup... il vaut mieux passer son temps autrement que de pantoufler devant la télé, et je ne suis pas joueur de boules ! Alors je me suis lancé dans la création de petites sculptures en bois. Cela me prend de temps, permet de réfléchir au sujet et le réaliser par la suite. Tenant compte de mon handicap, j'ai inventé un ramasse-feuilles permettant de satisfaire à cette obligation automnale.. 

AL : Nous publions quelques unes des œuvres en bois, créées à la main, et pouvant  faire l'objet d'une exposition permanente estivale à l'arène de Gamarde ou dans un autre local... pourquoi pas chez l'auteur ! Les amateurs pourraient visiter et le fait d'en parler amènerait peut-être réflexion et réalisation. Merci Jacky de m'avoir reçu et d'avoir répondu à mes questions.

Jacky Labernède, inventeur et créateur

- Guy Pendanx (forgeron d'art)

Armel Lacaule


 

On peut être coiffeur ou fleuriste, peintre ou maçon, métallo ou forgeron, viser l'excellence pour tenter l'un des plus prestigieux concours de France. C'est le parcours de Guy Pendanx, forgeron d'art, qui m'a reçu dans son atelier. Avec son tablier de cuir «légendaire» protégeant l'artiste des caprices des braises depuis des années, il martèle le fer, à l'image du peintre avec pinceau et palette. Un côté passionnel pour ce «ferronnier d'art», placé dans le moule de l'excellence et vivant la passion de son métier.

Le titre de Meilleur Ouvrier de France, créé en 1924, est décerné tous les trois ans à des professionnels prouvant une compétence de haut niveau. L'implication de Guy, dans cet institut, est notoire. Le dernier landais venu «au club» est le photographe aturin Cyrille Vidal, que la course landaise connaît bien !

Guy Pendanx, «maître artisan d'art», fut élu deux fois meilleur ouvrier de France. Son atelier fonctionne toute la journée. Sans celui-ci, il se sentirait orphelin. A la forge, on remarque le geste réglé d'un métronome, le bruit du marteau et son mouvement cadencé comme une symphonie. Chauffer la matière, ensuite la façonner par le «choc du marteau», Guy Pendanx peut en parler à l'infini. 

Sa profession est un métier complexe, car le marteau sur l'enclume détient une quantité de possibilités. Avant, il faut dessiner, réaliser les planches descriptives à l'échelle. Après la réflexion et l'ébauche, place à la réalisation, chauffer «rouge vif ou à cœur de pigeon ou à blanc». Ensuite, avec la tête du marteau, on façonne la matière selon l'inspiration.

C'est avec un balcon du 18ème siècle réalisé «sans soudure» qu'il devient meilleur ouvrier de France. Une suprême récompense  qu'il décrochera deux fois, avec la modestie des grands. Rappelons que Gustave Eiffel a construit, sans soudure, des ponts au pays gascon (Bordeaux, Grenade/Adour) et la belle «Tour Eiffel à Paris». Guy Pendanx dit : «on apprend toujours, chaque pièce est unique, imprégnée de l'âme du créateur». Son implication dans l'institution de «meilleur ouvrier de France» est patente.

Son atelier, patrimoine vivant culturel, touristique, rare en France, il faut le sauvegarder face à l'usure du temps, comme garder la mémoire de certains métiers. Autrefois, le forgeron fabriquait des pièces pour l'agriculture avec charrons et «lou haou» et autres artisans. Ce temps qui court ne doit pas effacer cette  richesse. Une des raisons pour rendre hommage à Guy pour parler de sa profession

En allumant la mèche qui peut relancer la forge, ses explications fusent comme un feu d'artifice, comme lors des fêtes de Dax lors de la journée landaise... Le voilà bourlinguant pour l'institution des meilleurs ouvriers de France, qualification en référence aux compagnons du devoir, et autres bâtisseurs de cathédrales. Nous sommes dans le monde de l'excellence. Guy Pendanx bouillonne d'idées, évoque le projet «musée-école» de la forge dans les Landes, unique en France et probablement en Europe 

Guy Pendanx parle de son parcours : 

«Je suis né à Estibeaux en Chalosse. En 1954, lorsque j'avais sept ans, ma mère qui avait besoin de faire affûter quelques outils de jardinage, m'avait conduit chez le forgeron du village Fernand Massy. J'étais fasciné par le feu, l‘aisance du travail pour façonner le métal rougi, le timbre clair de l'enclume, l’odeur du charbon cuit. Cela restera dans ma mémoire.

Après l’école primaire, je suis rentré en apprentissage. J’ai la chance d‘avoir eu «des Maîtres de très grande qualité». André Lapoyalère à Hinx-sur-Adour a su me transmettre le tour de main du travail à l’enclume. Un professorat de terrain, fer de lance de l'apprentissage.

Le contrat d'Apprentissage était encore établi conjointement par la Chambre de Métiers et le Maire du village. Ce contrat stipulait que le Maître devait se comporter en bon père de famille, former l'apprenti  pour son futur métier. L’apprenti devait respect et obéissance, veiller au rangement, à la propreté de l'atelier... horaires de 7h30 à 13h et de 14h à 19h, samedi compris ! Le contrat stipulait que l’apprenti ne serait ni logé, ni blanchi, ni nourri, non rémunéré.

Chez Victor Lafargue à Mouscardès, en particulier avec  Maurice Descazeaux (le chef d’Atelier de la Forge), j'ai appris la soudure au chalumeau, la brasure, de nombreux tours de main. J’ai réalisé sous sa conduite ma première copie de lustre ancien, vissé et soudé à la forge que je garde comme une relique. Avec Jean Goardère à Orthez, j'ai travaillé le cuivre et le laiton, mais aussi le tour de main de l’esquisse pour dessiner  un projet. J’ai quitté cette entreprise où j’en étais cadre, en accord avec mon Maître pour tenter l’aventure à Paris pour les Forges du Roy. Je voulais réaliser diverses fabrications haut de gamme, assimiler les techniques de fabrication à l’ancienne, le repoussage des feuillages au marteau, le débillardage des lisses d’escalier et des mains courantes en laiton. Mais en 1986, j'ai créé mon entreprise pour une liberté de création. J‘ai beaucoup travaillé pour arriver à l ‘excellence, mieux faire jour après jour, sans rien laisser passer, soigner toujours le détail... C’était aussi valable pour mes ouvriers et apprentis».

Guy Pendanx nous parle aussi de son pays, la Gascogne, et des traditions...

Alors, lorsque  Guy «l'enfant d'Estibeaux» parle de la course landaise, il évoque ce sport et ce jeu d'arène de tradition séculaire, l'écart ou le saut au plus près, empreint d’élégance et de force, cela devenant chaque fois  une prouesse ! Cela nécessite de deviner la complicité qu’il y a entre la bête et l’homme, qui cherchent à se défier.

Peut être qu'un jour, Guy trouvera l'envie et le temps de réaliser une œuvre de grand gabarit pour la course landaise.

Avant de nous quitter, nous avons feuilleté les pages de son livre d'or, avec des citations de personnalités illustres.

Alors, merci Mr Guy Pendanx d'avoir reçu le Cercle Régional de la Course Landaise et Course Landaise Magazine, merci pour l'accueil et la lumière pouvant éclairer la jeune génération ! Car Guy Pendanx répond aux sollicitations qui lui sont faites, chaque fois qu'il semble utile de montrer et d'expliquer son art.

Biographie de Guy Pendanx :

- Président du groupement landais des Meilleurs Ouvriers de France (Organisation du Concours des Meilleurs Apprentis de France)

- Commissaire Départemental aux Expositions Nationales du Travail (Organisation du Concours des Meilleurs Ouvriers de France)

- Président de la classe des Métiers de la Forge au COET à Paris (Organisation du Concours, référentiel dessin du sujet, choix des jurys pour proposition de validation par le ministre de l’éducation nationale)

- Jacky de la lande (Jacky Dumartin)

Armel Lacaule


La fin d'année et le nouvel an sont autant de moments de retrouvailles pour la fête : manger, chanter, danser. C'est la fiesta et la musique accompagne ces moments de gaîté. Comme elle est aussi présente en course landaise avec harmonies et bandas -avant-pendant-après-, et parfois avec des orchestres, comme celui de Jacky Dumartin, musicien de talent, ami de longue date. Un parcours atypique, débutant par ses propres moyens autour des années 70 avec l'orchestre les «Wimpys», bénéficiant plus tard de quelques conseils d'un briscard, Mr Cazoumayou, responsable de l'orchestre "Christian Robert". Cet apprentissage permettra à Jacky Dumartin de prendre son envol.

En revoyant ce temps-là, Jacky «de la lande» -l'artiste- a vadrouillé la campagne en Europe, tel un saltimbanque passionné avec qui j'ai partagé des moments poignants durant plusieurs années. Les lecteurs percevront un parfum d'intimité.

Jacky, le passionné, a fait des choix, avec de bons musicos, et depuis 1979, nous avons travaillé sur plusieurs œuvres. Parmi des artistes en herbe à l'époque, il y avait le fils du mime Marcel Marceau, de Zaz (avec Izar Adatz ), en collaboration avec le talentueux Michel Etcheverry, un des soutiens de "Course Landaise Magazine". On dirait que «des amis du bien» se retrouvent !

 

Avec deux orchestres, Majestic Star et Izar Adatz (avec deux frères bayonnais), il y eut des moments d'une activité intense. Jacky est né et habite à Souprosse, pas très loin du ganadero Michel II, un coin tranquille lui permettant de récupérer après de lourdes soirées musicales. Sylvette, la dame discrète que je salue, peut en parler !

Ainsi, on citera ses orchestres : Majestic Star, Izar Adatz, Bayrischer Kro, Elite, Mélodie Musette... le disco avec Jack Star, Disco Star... aïe cher lecteur, je fatigue d'écrire !

Chez Dumartin, la musique n'était pas au départ une histoire de famille. Son père, nous ayant quitté il y a quelque temps, ne jouait pas d'instrument, mais depuis son enfance, Jacky parlait beaucoup de musique. Il l'avait «au cœur», inspiré d'en faire son métier, viser l'excellence à la trompette, au trombone et à l'accordéon. Son fils, Jérémy, professeur de musique, et multi-instruments, compositeur également, lui emboîte le pas, en gardant le cordon ombilical avec la scène. Jacky, épicurien, cherchant toujours la perfection, s'interroge et doute souvent de prouesses musicales, tel un funambule sur un fil d'acier. Pour ne pas rester passif, sa dernière formation je suppose -Mélodie Musette- est composée de jeunes : Simon Dubois «batteur/chanteur» chef de chœur à la chorale de Castets, Jérome Bayle «trompette» chef de l'harmonie de Laluque, Thierry Dumoulin «saxo» professeur gersois de musique. Une belle équipe menant le bal «tambour battant» !

Lors de bals où parfois je lui rends visite, Jacky m'interroge : «alors c'est bon ?... et le répertoire, tu dis quoi ?... écoute le nouvel accordéon, la trompette... alors, tu trouves comment ?» Je lui réponds sans langue de bois ! De tout temps, Jacky a investi dans la technique, la rotation du répertoire musical, remixant les équipes. La routine n'est pas sa partition ou son truc. Cette remise en question permanente pour se hisser au niveau des meilleurs est sans doute le fruit de ses succès et de sa longévité. Nous avons plaisir à écouter cet auteur/compositeur sur scène et le voir interpréter ses oeuvres musicales : «les touristes, landes jolies, des landes au pays basque, on va chanter dans les landes, danse torero»... Ainsi se racontent des pages, l'une après l'autre, d'un parcours qui se poursuit, comme cette foi musicale ancrée dans une vie, un billet rédigé avec nostalgie, en sachant que la musique est éternelle !

http://dumartin.free.fr/

- Eric Merville

Voici quelques semaines, nous avons rencontré Eric Merville à Gaujacq, dans son exploitation agricole. Eric le sportif qui s'est illustré dans la pratique du Basket, Eric le coursayre qui a débuté sa carrière en course landaise comme entraîneur dans la cuadrilla Fayet chez Jean-Charles Pussacq jusqu'en 1995, puis à la Dal, à l'époque des "Américains" avec Jean-François Deyris puis avec Gilles Tauzia. En 2005 il oriente sa carrière vers le travail difficile de cordier, en seconde à la Dal, et parfois en formelle pour seconder Michel Agruna. En 2006 il remplace Jeannot Dussarat à l'Armagnacaise. Il sera élu 3 fois cordier d'argent, en 2006, 2007 et 2009. En 2010 il rejoint la ganaderia Deyris, comme associé de Jean-Louis Deyris et comme teneur de corde. Titulaire de la médaille de bronze de la jeunesse et des sports, Eric Merville fait partie aujourd'hui de ces hommes que l'on apprécie et que l'on respecte, pour son bon sens, ses qualités humaines, sa capacité d'écoute, ses bons conseils, son attachement au terroir et aux vraies choses de la vie. Et en tant que cordier il sera sûrement l'une des valeurs sûres des années à venir.

Eric Merville nous avait accordé une une interview à la création de Course Landaise Magazine, dans laquelle il nous expliquait son parcours. Retrouvez cette interview ici :

http://mpcourselandaise.blogspace.fr/r11836/INTERVIEWS-HOMMAGES/22/


DIAPORAMA 1 (Photos Jean-Claude Dupouy)


DIAPORAMA 2 (Photos Jean-Claude Dupouy) 

- Henri Ducassou

Village touristique des Pyrénées Atlantiques situé à une trentaine de minutes de Pau, riche de son passé, Morlanne respire toute son histoire (son château -construit par Gaston Fébus et pièce maîtresse de défense au cours de la guerre de Cent ans-, son église, son abbaye, sa rue centrale autour de laquelle s'est bâti le village primitif), mais aussi le terroir, la ruralité, cette France profonde qui est le socle de notre vieux pays. Ici tout est nature, tranquillité, paisibilité... force tranquille de ceux qui y vivent et y travaillent. A Morlanne on y croise le touriste appareil photo en main, mais aussi l'agriculteur rivé à sa terre, à ses cultures, à son élevage. Nous y avons rencontré celui qui caractérise à la fois cette France tranquille, cette France du travail, respectueux des traditions mais tourné vers l'avenir : Henri Ducassou, agriculteur de son métier, passionné de course landaise et aujourd'hui entraîneur à la ganaderia Deyris.

Henri est né à Morlanne en 1968. Il a débuté chez Jean-Charles Pussacq en seconde en 1988, puis intègre la cuadrilla de formelle en 93. En 1999, il rejoint la ganaderia Dargelos et son chef de cuadrilla Jean-Pierre Rachou. Cinq années au cours desquelles il se fera remarquer pour ses talents d'entraîneur, formant avec Régis Lafituque une équipe soudée et performante. Il rejoint ensuite la ganaderia Deyris où il occupe depuis 2002 le rôle d'entraîneur en seconde associé à son ami Frédéric Gil.

Henri nous accueille dans sa ferme, mais très rapidement il nous emmène à Pomps, quelques kilomètres plus loin, sur une propriété qui abrite des vaches nouvelles de la ganaderia Deyris. Arrivées il y a un an, ces vaches d'origine Apolinar Soriano de la province espagnole de Jaen, ont donc été élevées, soignées, bichonnées par Henri Ducassou. Le ganadero amollois Jean-Louis Deyris les lui a confiées, connaissant l'amour qu'il porte au bétail, certain de ses connaissances et de ses pratiques. D'ailleurs, à peine arrivés sur les lieux, Henri nous demande de nous camoufler à distance derrière de petits arbustes, afin de ne pas les effrayer. Henri sait leur parler... "viens, viens..." et les demoiselles approchent... d'autant plus facilement qu'il remplit les mangeoires. Il nous fait la leçon de choses et je note sur mon carnet les aliments spécifiques pour la croissance qu'il faut leur apporter quotidiennement... tourteaux de soja, azote, protéines, maïs en grain, vitamines et minéraux... eau à proximité et à volonté... je note tout cela, certainement dans le désordre, mais à voir l'état des coursières, leur physique charpenté et le poil brillant, je me dis que Jean-Louis a bien fait de confier ces jeunes vaches à Henri. D'ailleurs, quelques jours plus tard, ces produits issus de l'élevage Ducassou iront rejoindre la ganaderia amolloise. Un satisfecit pour l'agriculteur de Morlanne et le passionné de course.

Il suffit d'observer Henri Ducassou dans son travail quotidien pour deviner très vite qu'il est passionné par le bétail. "J'ai toujours été attiré par le bétail nous dit-il, par le dressage des nouvelles, quand on leur met la corde pour la première fois, quand on leur inculque les attitudes qu'elles devront avoir en piste. Notre travail c'est de faire de ces jeunes vaches de futures coursières, et pourquoi pas un jour pour l'une d'entre elles une corne d'or." Le travail d'entraîneur nécessite d'être méticuleux. Il faut avoir de la douceur dans les gestes, de la précision, de la détermination aussi car il faut savoir parfois, avec quelque rebelle, se montrer le patron. Henri Ducassou transpose aux animaux ce qu'il aime pour lui et il fonctionne avec les bêtes comme il fonctionne pour lui.

Nous avons suivi Henri Ducassou à plusieurs reprises lors de l'embarquement et du débarquement du bétail. Et nous avons constaté effectivement qu'avec lui tout est précision, doigté, calme, attention... tout geste est calculé. Et si vous vous trouvez à l'extérieur des arènes, à aucun moment vous ne pouvez penser que l'on est en train de débarquer des vaches de course. Vous n'entendez rien. C'est surprenant mais c'est efficace. "Avec Frédéric je m'entends à merveille... lui aussi est un calme, ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas capable de se fâcher parfois, comme moi d'ailleurs... mais c'est rare, nous fonctionnons de la même manière et c'est sans doute là notre réussite."

Quand Henri Ducassou ne s'occupe pas des vaches de course il s'occupe des vaches laitières. Car Henri est agriculteur et producteur laitier, production qu'il chiffre à 601 000 litres... il nous emmène au coeur de son élevage et notamment dans les bâtiments qui abritent le bétail, 45 vaches laitières, 20 génisses. Henri nous détaille le fonctionnement lors de la traite, le parcours que chaque vache doit effectuer, le matériel utilisé... il nous parle des contraintes, il faut être là deux fois par jour... les jours de course il faut s'organiser. Mais l'affaire est familiale, et donc l'organisation s'en trouve facilitée. Et puis le papa est toujours là pour donner, si besoin est, un coup de main. Henri nous présente quelques unes de ses meilleures laitières et nous annonce fièrement leurs productions journalières, 53 litres pour la meilleure. La ferme d'Henri Ducassou c'est aussi 114 hectares de terres cultivées... de quoi faire lorsqu'il n'y a pas de courses landaises !

Durant ces derniers mois, Henri Ducassou a connu quelques problèmes de santé, quelques problèmes de hanches, et puis opéré des croisés en 2011. Mais il a pris le taureau par les cornes, il a profité des mois d'hiver pour se soigner et désormais il a repris le chemin des arènes et des étables.

A l'abri du château de Morlanne, sans doute Henri Ducassou a-t-il suivi les pas de son ancêtre Gaston Fébus. Garçon passionné, valeureux, avec une force tranquille mais déterminée. Un garçon sans histoires, discret, attachant, qui vit humblement ses passions et son travail et qui sait les communiquer.

Michel Puzos

 Diaporamas photos réalisés par Jean-Claude Dupouy

 

- Emmanuel Lataste

Emmanuel Lataste fait partie des seigneurs de la course landaise, ceux que l'on respecte et que l'on admire par leur engagement, leur volonté de réussir et de servir, l'aura qu'ils dégagent et qu'ils transmettent, et tout cela avec simplicité, respect et courtoisie. Son parcours est sans doute différent de celui de ses alter ego, mais au bout du compte il occupe une place de choix dans le monde de la course landaise. Un seigneur que l'on appelle Manu plutôt qu'Emmanuel, c'est sans doute tout le paradoxe qui entoure sa personnalité : la fierté d'un landais semblable à celle d'un hidalgo, et son caractère convivial... sa volonté de creuser son sillon et de réussir, avec en même temps son souci des autres et sa serviabilité.

Emmanuel Lataste est entré très tôt dans la course landaise, à l'âge de 14 ans. Quoi de plus naturel lorsqu'on baigne déjà dans ce milieu avec un père cordier et un frère entraîneur et aujourd'hui ganadero. Il est des virus sur lesquels les antibiotiques n'ont guère de prise. Tout naturellement Emmanuel se retrouve aux portes de l'école taurine en 2000.

"Les cinq formelles de l'époque étaient gavées à rabord et je savais qu'il n'y aurait pas de place pour moi. Bien sûr j'aurais aimé être écarteur, mais à 14 ans je n'avais pas la prétention d'entrer en formelle. D'ailleurs, à cette époque-là on se souciait moins et on s'occupait moins des jeunes talents qu'on ne le fait aujourd'hui. Certes Alain Laborde s'occupait déjà de sa génération 2000, Michel Agruna formait toujours un ou deux jeunes, mais les jeunes n'avaient quand même pas la place qu'ils ont maintenant dans le milieu coursayre. En arrivant à l'école taurine, Philippe Descazaux m'a dit "qu'est ce que tu veux faire ?"... "sauter"... On ne revenait pas en arrière, cela ne se faisait pas. Aujourd'hui on manque de monde, les jeunes écarteurs peuvent sauter et vice-versa, on trouve même cela spectaculaire. Je n'ai donc pas écarté malgré mon envie. Et en 2000 j'ai donc effectué mon premier saut à Pomarez à l'école taurine".

C'est ainsi que démarre une carrière, sur une question et une réponse bien affirmées.

"J'ai effectué mon premier saut le 3 Mai 2000 à Tarsac, dans une course de promotion que l'on appelle aujourd'hui course de l'avenir. Ma première formelle ce fut à Tyrosse en juillet de la même année avec la Dal. Et en août j'ai participé à ma première course de challenge à Poyanne, sous le capitanat de Philippe Descazaux ; une fierté pour un môme de 14 ans de lui faire le second lorsqu'il écartait la célèbre Princesse, et d'intégrer la très célèbre équipe des Américains !"

Emmanuel poursuit son apprentissage au sein de la Dal, au côté de Claude Lagarde. Michel Agruna a su détecter ses qualités. "Michel sait détecter les talents, mais aussi les former. C'est un très bon pédagogue. J'ai toujours eu confiance en lui, il ne m'a jamais envoyé au carton".

Dès 2001, Emmanuel apparaît dans l'escalot. Michel Agruna l'a directement titularisé, à peine âgé de 15 ans, suite à la fracture de la cheville de Claude Lagarde. Il remporte le concours de Saint-Sever aux côtés de... Jean Pierre Rachou. Un détail peut-être dans l'histoire de la Course Landaise, certainement pas pour lui car un article de Sud-Ouest titrera le lendemain : '' Les Loups de Morlanne, le vieux Loup et le jeune Loup''. Un souvenir qui marque, surtout lorsque l'on n'a que 15 ans.

En 2002 et 2003 Emmanuel consolide sa place dans l'escalot des sauteurs. Mais ce dont il se souvient surtout de ces années-là, ce sont les 40 courses de sa première année, et notamment ses dix courses en Espagne. "Ce sont des souvenirs impérissables, j'étais la mascotte de l'équipe."

En 2004, Emmanuel est victime d'un grave accident à Morcenx. Son ami et non moins concurrent Dominique Larié vient de réussir un magnifique saut périlleux vrillé. Le défi est trop tentant ! Emmanuel ne possède pas totalement la technique de ce saut mais il le tente. Hélas sa tête heurte la coursière Aragonaise... c'est grave... fracture du crâne. Il est hospitalisé à Bordeaux, sa saison est terminée... mais pas la force de se battre.

Et en 2005 il revient plus fort que jamais, animé d'une volonté sans pareille. Il s'illustre dans les concours, remporte celui de Mont de Marsan et termine second à Dax. Mais son titre de gloire il le décroche avec le titre de Champion de France, le titre suprême. Son nom sera à jamais gravé sur le bouclier.

Emmanuel Lataste c'est aussi l'homme des toros. Sans doute son ami David Casarin y est-il pour quelque chose. Manu n'oublie pas ses courses avec David Casarin en Espagne, ses exploits au-dessus des toros à Moraleja au sud de l'Espagne. On décèle beaucoup d'émotion lorsqu'il nous montre ces souvenirs-là, les photos, les trophées... et puis le boléro de David. Celui-ci vient de disparaître, la blessure est encore ouverte.

Les toros donc : ceux du festival Art et Courage -Trompetillo en 2004 (avant son accident), Campesino en 2006, Saltador en 2007 avec un périlleux vrillé effectué à la sortie des loges- et puis ceux de la Nuit du Toro en 2006 ou des Sang et Or y Toros en 2011... sans compter ceux que Michel Agruna sort à Orthez, à Cazaubon et ailleurs. Chaque fois des exploits renouvelés, des frissons qui parcourent les gradins, les coeurs qui battent très fort, les vueltas qui récompensent les réussites, les bouquets offerts par les spectateurs, les ambiances de folie marquées au sceau de l'émotion et de la passion. Et toujours lors de ces moments bien particuliers le risque, le défi, et l'envie de se surpasser. Emmanuel, l'un des seigneurs de l'arène a connu tout cela. "Je garde des souvenirs très forts de toutes ces années, les meilleures comme les mauvaises".

- Jean-François Deyris

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S'il caresse la tête des coursières, leur gratte le poil ou leur parle à demi-mots, c'est parce qu'il a l'intime conviction qu'elles ont conscience de ces gestes flatteurs et qu'une réelle complicité peut s'établir entre l'animal et l'entraîneur. Jean-François Deyris exerce ainsi son activité en course landaise, ne cherchant pas à brusquer mais à rappeler simplement à l'animal, par des gestes adéquats, que la coursière doit répondre à ses attentes et se préparer elle aussi à son combat. L'entraîneur est aussi dompteur, loti de doigts d'or, mais aussi d'une incomparable présence d'esprit qui lui fait prendre la bonne décision au bon moment, ou du geste technique indispensable pour anticiper ou rétablir une situation. A le voir s'exécuter dans la piste on n'a vraiment pas l'impression que la tache est ardue... sauf quand les rebelles sont de sortie et qu'il faut alors jouer des gros bras ou courir un peu plus vite qu'à l'accoutumée. Jean-François Deyris est assurément l'un des meilleurs entraîneurs en course landaise et son palmarès s'élargit chaque année de nouveaux trophées et de nouvelles récompenses. Certes, comme tous les entraîneurs d'ailleurs, il n'apparaît pas au premier plan, laissant cette place à celui qui dessine un écart ou exécute un saut. Mais lorsqu'on connaît la course, ou que l'on y prête vraiment attention, on repère très vite le beau travail de l'homme en blanc.

Jean-François Deyris a débuté dans le "métier" en 1994 à la ganaderia Deyris. Il avait alors 21 ans, et il a appris toutes les ficelles du métier auprès de Michel Lafitte durant les trois premières années. En 1997, repéré par Michel Agruna il rejoint la Dal et la célèbre cuadrilla des "Américains" qui détient en son sein tous les toreros les plus capés de l'époque. Les succès s'enchaînent aux succès et Jean-François se fait un nom et un prénom. En 2002 il revient aux origines et retrouve la ganaderia Deyris en compagnie de son frère Laurent. A partir de ce moment-là cette paire d'entraîneurs marque de son empreinte la course landaise, et de plus en plus souvent on ne les dissociera plus dans les commentaires, parlant des frères Deyris comme on parlait des frères Lumière, indissociables dans leur activité et dans leurs résultats. En 2008, les frères Deyris signent chez Dargelos, une nouvelle étape, un nouveau bétail, une nouvelle expérience... mais toujours le même talent et les mêmes réussites.

Des exploits viendront jalonner la carrière de Jean-François, notamment ce coup de lasso aussi stupéfiant que dangereux dont il fut l'auteur dans les arènes de Pomarez pour passer la corde autour de la tête du toro Indulto. C'était en 2006, et le festival Art et Courage qui salue d'ordinaire écarteurs et sauteurs sera aussi ce jour-là le triomphe de l'entraîneur. En 2011, coup du mauvais sort : Jean-François est victime d'une terrible cornada dans une arène espagnole. Il échappe de peu à l'irrémédiable. Après deux opérations et une longue période de convalescence, sans doute aussi pas mal de questionnements, il reviendra peu à peu à son meilleur niveau.

Parmi les nombreuses récompenses reçues au cours de sa (déjà) longue carrière, la médaille de bronze de la jeunesse et des sports attribuée en 2001 est sans doute celle qu'il apprécie le plus, car elle honore de vraies valeurs sportives.

Notre rencontre avec Jean-François n'avait pas pour but d'évoquer sa carrière ou ses projets en course landaise, même si durant le déjeuner il fut question de course, du passé et de l'avenir. Non, nous avions rendez-vous avec lui sur son lieu de travail, à Orthez, route Pau. C'est là qu'il s'est installé en Janvier 2009, après avoir créé son entreprise : Métal Concept. Il faut préciser que Jean-François est titulaire d'un BEP tourneur-fraiseur, d'un BEP structures métalliques/chaudronnerie et de multiples licences de soudure. Metal Concept est donc une entreprise métallerie-chaudronnerie assistée d'un bureau d'étude.

Nous visitons les lieux, un immense atelier que Jean-François a totalement restauré et réaménagé : électricité, installation de machines, création du bureau d'études, cuisine, sanitaires etc...

Pourquoi Orthez ? "Il fallait que nous ayons à proximité une importante quincaillerie, un fournisseur en pièces et en produits métalliques" précise Jean-François. L'entreprise travaille effectivement sur l'acier, l'inox et l'aluminium. "Au départ je travaillais pour les industries (cimentier, domaine agro-alimentaire, sites industriels), afin de concevoir, fabriquer, modifier installations ou machines. En plus de cette activité, nous travaillons aussi pour les particuliers, en collaboration très étroite avec des architectes, pour des aménagements d'intérieur ou d'extérieur."

Xavier, le collaborateur de Jean-François, fort d'une douzaine d'années d'expérience dans la conception industrielle et mécanique, en charge du bureau d'études, travaille sur ordinateur. Il nous montre en 3D les pièces conçues et fabriquées, et nous donne un aperçu de son travail à partir de logiciels. Un peu plus tard, Jean-François nous montre des photos de leurs plus belles réalisations : escaliers, rambardes, échelles, passerelles, margelles, abreuvoirs, crédences, pièces découpées en jets d'eau ou au laser etc...

Le travail effectué à Navarrenx pour le Musée du Cigare est magnifique, une véritable oeuvre d'art. Le travail de Jean-François, s'il est à la base fabrication de pièces, assemblage, soudure... c'est aussi le résultat de la créativité, et donc d'un savant mélange de technique, de savoir-faire et de création artistique. "Nous travaillons bien évidemment avec les architectes mais aussi avec de nombreux sous-traitants : peintres, tourneurs-fraiseurs, laséristes, miroitiers, électriciens..."

Jean-François nous fait découvrir ensuite les différentes machines indispensables au travail des pièces, expliquant le rôle de chacune d'elles.

Lorsque la saison des courses arrive et que celles-ci s'enchaînent à un rythme effréné, comment concilier les deux activités ? "Il m'arrive parfois de travailler 70 h par semaine et d'arriver aux courses, déjà habillé, quelques minutes avant le paseo". Mais le travail est là et il faut donc s'organiser en conséquence. En plus du bureau d'études, Jean-François peut compter 15 jours par mois sur l'aide d'un apprenti qui prépare un bac pro en alternance, et il a parfois recours à un intérimaire en attendant de recruter un chaudronnier polyvalent à temps complet.

"Le travail ne manque pas, souligne Jean-François, et l'entreprise a pris son envol". Au moment de nous quitter, notre attention est attirée par des pièces métalliques en forme de guitare. "Ce sont les pièces que nous allons monter pour les guitares de Mathieu Chedid". Quand je vous disais qu'entre la fabrication de pièces métalliques et l'art il n'y avait qu'un pas !

En 2009 Jean-François était lauréat du réseau Adour Entreprendre, c'est dire si son projet et son esprit d'entreprise avaient séduit bon nombre de professionnels... de quoi donner des ailes quand on vient à peine de s'installer. Preuve évidente que le battant dans l'arène est aussi un battant dans la vie.

Entraîneur de course landaise et chef d'entreprise, Jean-François Deyris a donc trouvé son chemin. L'entraîneur est comblé depuis belle lurette, le gérant de "Metal Concept" est en voie de devenir un chef d'entreprise heureux. Comme on dit en terre coursayre : "Suerte" Jean-François.

Pour avoir des renseignements complémentaires sur l'entreprise de Jean-François Deyris et sur ses réalisations, vous pouvez consulter son site internet : www.metal-concept-64.com

Michel Puzos  / Jean-Claude Dupouy

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Date de dernière mise à jour : 12/01/2016