Questions à la Une

Philippe Lamagnère

Notre invité

Philippe Lamagnère

(membre du corps arbitral)

répond à nos questions

1.Quel est ton meilleur souvenir ?

- La course landaise fait partie de ma vie depuis ma plus tendre enfance, et bien entendu cela entraîne beaucoup de souvenirs gravés dans ma mémoire. Alors ne retenir que le meilleur m’est très difficile. Tout d’abord ce qui me revient en premier lieu, ce sont les grandes courses dans les arènes de Pontonx sur l’Adour et les prestations de la Ganaderia Labat, avec la présence de toros en fin de spectacle, le travail effectué devant ces bêtes de combat par Mr Guillaume Ramunchito (dont on vient de rendre hommage dans ces mêmes arènes) et Mr Henri Duplat, restent à mes yeux les plus fortes sensations qu’on peut ressentir à l'âge de 10 ans. Ensuite, beaucoup d’autres exploits sont à retenir, des écarts fabuleux de Mr Bernard Huguet, de Jean-Pierre Rachou et bien d’autres toreros qu’on ne peut pas oublier, le mano à mano extraordinaire de Mr Didier Goeytes et de Mr Christophe Dussau lors du Championnat de France 99. Bien sûr, on peut ajouter pas mal de belles choses qui nous font vibrer toute une saison : la passion des torères, leur courage, leur mental... qui sont souvent mis à rude épreuve, et pourtant, ils se relèvent et continuent à faire vivre cette tradition ancestrale et à suivre tous les anciens qui leur ont montré le chemin à suivre.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mes plus mauvais souvenirs, je n’en retiendrai que 3. Le premier, en septembre 1972, j’avais 12 ans quand Mr Henri Duplat fut mortellement blessé par le toro Cristobal dans les arènes de Pontonx. Des moments vraiment durs et d’une extrême violence, qui m’ont vraiment choqué. L’enfant du pays s’en allait tragiquement, en tombant accidentellement devant cette bête qui le piétina. La foule était choquée, ce fut un moment très douloureux et qui est inoubliable. Le deuxième mauvais souvenir, c'est la disparition de Mr Bernard Huguet dans les arènes de Montfort en 1987. Le troisième, Août 2001, la fin tragique de Mr Jean-Pierre Guillé dit « Rachou », dans les arènes de Dax, devant le public qu’il aimait avant tout, ce public qui le boostait, le poussait à donner le meilleur de lui-même. Trois très grands champions disparus bien trop tôt. Des moments d’émotions, de tristesse, des dates qui restent gravées dans les mémoires.

Mon seul vrai regret, c’est ne pas avoir enfilé le boléro, du moins avoir essayé, j’adorais ça, j’étais un mordu, j’adorais le bétail, mais voilà, je n’avais que 15 ans, je commençais à apprendre mon métier de mécanicien et bien sûr ma maman n’a jamais voulu que je prenne de tels risques, et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manquait, et puis mon employeur lui aussi était très réticent. C'était en 1975, et donc je comprends très bien 40 ans après que certains jeunes toréros actuels aient beaucoup de difficultés à trouver de l’embauche et allier passion et travail. C'était difficile il y a 40 ans, et ça l'est encore bien plus aujourd'hui. C’est pour cette raison que lorsque Mr André Domenger, me connaissant depuis mon plus jeune âge et me voyant très souvent sur les étagères aux courses, me proposa d’intégrer le Corps Arbitral de la F.F.C.L, j’ai accepté sans hésitation.

3. Quels sont tes souhaits?

- Deux souhaits me tiennent à cœur. En premier lieu, c’est que la course landaise puisse continuer à évoluer et à vivre de belle manière, que des solutions soient trouvées pour aider tous ces jeunes toreros à pouvoir concilier travail et passion dans les meilleures conditions possibles. Ensuite mon deuxième souhait, et là je vais parler au nom de tous mes collègues jurés, c’est que toutes les personnes qui nous critiquent toute la saison, osent ou prennent un peu de courage et leurs responsabilités rien qu’une fois, s’installent devant une feuille de pointage, et qu'ils soient capable de faire aussi bien que nous. Ensuite je pense qu’on pourrait, et je le souhaite, dialoguer et discuter en toute sagesse. Je vous souhaite à tous, acteurs et spectateurs, une bonne temporada 2015.

3 Jeunes Coursayres : Paul Labat - Thomas Forcet - Corentin Crouzet

Nos trois invités

Paul Labat

Thomas Forcet

et

Corentin Crouzet

répondent à nos questions

Ils sont sûrement les coursayres de demain, trois jeunes garçons aujourd'hui passionnés de course landaise et qui nous suivent avec beaucoup d'attention et d'intérêt sur "Course Landaise Magazine". J'ai souhaité qu'ils participent à l'un des derniers "3 Questions à la Une" qui a rencontré cet hiver beaucoup de succès. Merci à Paul, à Thomas et à Corentin d'avoir joué le jeu de ce questionnaire. MP

I)

PAUL LABAT

(Paul habite Castets des Landes, il a 10 ans)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Même si je suis jeune c'est difficile de trouver tellement il y en a... J'ai vu beaucoup de courses déjà, mais mon meilleur souvenir a été ma 1ère course quand j'avais 4 ans à Pomarez, et depuis, j'ai tellement aimé que c'est devenu ma passion. J'aime beaucoup la nouvelle génération de jeunes qui montent comme Florian Lahitte, Maxime Dessa, Julien Guillé et autres... Mon idole c'est Christophe Dussau, qui pour moi est le maitre de la course landaise. J'aimerais le voir remporter un titre avant la fin de sa carrière, mais bon, il ne participe plus aux concours, c'est dommage. Pour la 1ère fois cette année à Saint-Loubouer, j'ai vu écarter Caroline Larbère et elle m'a impressionné par ses écarts. J'ai aimé aussi le championnat de France à Nogaro où Mathieu Noguès et Fabien Napias ont remporté leurs titres. J'étais heureux lorsque Baptiste Bordes a remporté la Vuelta à Dax, il mériterait d'être champion de France tellement il se donne en piste, il le sera un jour. De toutes les façons, quelle que soit la course ou le concours, je suis heureux pour les acteurs qui gagnent, ils ont beaucoup de courage. Je voudrais féliciter tous les hommes de l'ombre comme les entraineurs et cordiers qui font un boulot remarquable et qui font qu'une course est belle.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon regret est de ne pas avoir vu écarter tous les anciens dont me parle mon père comme Ramunchito et son frère Christian, Rachou, Didier Goyetes, et aussi Michel Dubos qui, malgré sa petite taille, sautait à merveille. Des acteurs extraordinaires que je vois en video. Ma plus grande déception pour moi est l'arrêt d'Hugo Viney-Thomas qui est un écarteur de talent avec beaucoup de classe. Le mauvais souvenir... surtout au concours landais de Dax quand Mathieu Noguès s'est fait trainé par Ibaneza, j'ai eu peur pour lui. Après, tous les acteurs qui prennent une tumade et qui ne reviennent pas en piste, çà je n'aime pas.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Que la course landaise dure le plus longtemps possible, qu'elle nous donne beaucoup d'émotions, que de nouveaux publics viennent voir cette belle tradition landaise et qu'elle soit connue dans la France entière... Et merci à vous Michel pour tout ce que vous faites car je peux suivre tous les jours la course grâce au site.

II)

THOMAS FORCET

(Thomas habite à Saint-Yaguen, il a 10 ans)

Thomas forcet1. Quel est ton plus beau souvenir ?

- En fait, j’en ai deux. Mon premier meilleur souvenir était l’invitation de Christophe Malet pour aller dans les vestiaires, après une course à Pomarez. Il y avait toute la Cuadrilla de Bertrand Lafaye. Ils m’ont super bien accueillis et m’ont tous dédicacé un tee-shirt. Mon deuxième très bon souvenir, c’était le 06 septembre 2014. C’était la Vuelta, ce magnifique spectacle, remporté par mon écarteur préféré, Baptiste Bordes. C'est un spectacle que j'ai beaucoup aimé et auquel je pense souvent.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Toujours le 06 septembre 2014, le matin de la Vuelta, Nicolas Vergonzeanne avait organisé une initiation à la course landaise. J’y ai participé, mais malheureusement, sur un écart devant le veau, j’ai pris ma première tumade de plein fouet. Je me suis cassé la clavicule. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot et je prendrai ma revanche dès que je pourrai.

3. Quels sont tes souhaits pour les années à venir ?

- D'abord cette année j’espère aller à tous les concours et championnats. Plus tard, j’aimerais devenir écarteur ou sauteur pour pouvoir affronter les coursières.

III)

CORENTIN CROUZET

(Corentin habite Morlanne, il a 8 ans)

1. Quel est ton meilleur souvenir ? 

- Mon meilleur souvenir c'est à Morlanne quand Louis Ansolabéhère a fait un saut vrillé.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ? 

- Mon plus grand regret c'est qu'il n'y ait pas eu Thomas Marty à la course landaise de Morlanne, c'est un écarteur que j'aime beaucoup. Je suis toujours déçu quand les sauteurs et les écarteurs se ratent, j'adore voir de beaux écarts et des beaux sauts, et pour eux ce doit être décevant aussi. Mon plus mauvais souvenir c'est en 2013 la course Morlanne où il n'y a eu que des " tumades ".

3. Quels sont tes souhaits ? 

- Mon souhait principal c'est devenir écarteur comme Thomas Marty.

Nicolas Vergonzeanne

Notre invité

Nicolas Vergonzeanne

(8 fois champion de France des sauteurs - Organisateur avec le club Boletero de grands spectacles -Toro Emocion, La Nuit du Toro, Arena Tour...)

répond à nos questions

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon plus grand souvenir est le jour de ma despedida . Un aboutissement de 20 ans de carrière. Après avoir vécu des hauts et des bas avec le public, une unité inimaginable est venue me rendre hommage. Ce plaisir, cette surprise, a été un bonheur immense de voir récompensés tous les sacrifices et tout le travail que j'ai pu faire durant ces nombreuses années. En réunissant tous mes amis de toutes les tauromachies, le spectacle fut grandiose, et mes amis et collègues du CTPR Boletero m'ont organisé un spectacle encore plus beau que tous les autres. Entouré de mes frères et de toutes les personnes qui ont compté pour moi dans ma carrière, cette journée restera gravée à jamais dans ma mémoire. C'est submergé par l'émotion que je quitte l'arène, sous la pluie, alors que le public trempé m'applaudit jusqu'à la sortie. Une récompense et un hommage que je ne pourrais jamais oublier. Encore un immense merci à toutes ces personnes et à tous ceux qui ont oeuvré pour me faire vivre une carrière aussi exceptionnelle.
 
2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Ma despedida espagnole, à Zaragosse, ce devait être aussi la fête ..... une énorme fête. L’organisateur m’avait réservé une très belle surprise puisque le spectacle devait tourner autour de moi. D'ailleurs cela m’avait fait très bizarre de voir mon nom inscrit sur les affiches à côté de tous les grands noms de la corrida. Pour moi, c’était vraiment la dernière en Espagne. Plusieurs bus de France avaient fait le déplacement pour assister à mes adieux. J’ai abordé cet événement très difficilement, du fait que j’ai été emporté par beaucoup d’émotion et de sensations une quinzaine de jours avant. Jusqu’alors, j’arrivais à évacuer le stress. Mais là j’ai été mangé par l’émotion. Je pensais sans cesse à cette dernière sortie dans l’arène, à toute ma carrière en Espagne, à tous les très nombreux souvenirs de cette carrière inespérée pour moi. La veille je n’ai dormi que deux heures. C’était la peur de rater, de décevoir, de ne pas être à la hauteur. Il y avait plein de surprises, on m’a demandé me préparer à l’hôtel ; je n’ai pas pu m’imprégner de cette atmosphère comme d’habitude. Je suis entré tout seul sur la piste, et là quand j’ai vu tout ce monde, tous ceux que je connaissais et qui étaient venus m’encourager, j’ai craqué. Etaient habillés tous ceux que j’avais amené une fois en Espagne avec moi, Vincent Plassin, Rémi Corrihons, et bien d'autres... J’ai été heureux qu’ils puissent vivre de tels moments.

Ce soir-là j’avais deux taureaux à affronter dont ce fameux Muira. Le premier, j’ai réussi à l’exploiter comme je le souhaitais, avec tous les sauts, notamment la rondade. La première fois où je l’ai effectuée c’était en France en 2003, mais je ne l’avais encore jamais présentée en Espagne. Je m’étais donc préparé exprès avec Guillaume pour la réaliser. Et tout s’est très bien passé.

Le Muira  devait être le moment le plus important de cette soirée car c’était la première fois qu’un toro de Muira allait être affronté en dehors d’une corrida. Je me trouvais un peu dans la même situation que face au fameux toro Raton. J’ai dû me présenter devant presque tous les grands élevages, il me manquait seulement la légende Muira. Pour un sauteur, quand on connaît le comportement des pensionnaires de ce fer, ce n’est pas l’idéal : très chercheur, toujours la tête haute, une course irrégulière, de la réflexion... Je savais que pour moi cela allait être un moment difficile. J’avais prévenu que je ferais deux ou trois figures au maximum. J’avais choisi de commencer par un vrillé. Je n’avais pas vu le toro dans les corrales, mais je ne sais pas pourquoi je ne le sentais pas. Un Muira pour ma dernière sortie ici... je pensais à toute ma carrière en Espagne et je n’avais pas le droit d’échouer.

En général, je le prends toujours sur le retour. Là, j’ai attendu. Il a dû faire deux aller-retour. Je le voyais toujours taper violemment avec sa corne gauche, son départ n’était pas très franc. Et puis je me décide enfin à lui rentrer dedans. Je pars assez vite, je tape, je me sens déséquilibré. En tombant, je me tords le petit doigt, je vais en courant à la talenquère. On me demande si ça va, je me plains de mon doigt, et c’est quelqu’un en baissant la tête qui voit du sang sur mon pantalon.  Là j’ai été embarqué vers l’infirmerie à toute vitesse.

En suivant, Ils m’ont fait une péridurale pour m’opérer, et je peux te dire que je n’ai pas du tout apprécié quand on m’a enfoncé l’aiguille. Néanmoins, les chirurgiens et toute l’équipe soignante ont été vraiment géniaux. La corne était entrée sur le côté du mollet, heureusement entre le tibia et le péroné, et en ressortant de l’autre côté elle avait tout arraché sur 15 cm. Les os n’ont pas été touchés mais le muscle avait été entièrement sectionné. On m’a ensuite dirigé vers l’hôpital où je suis resté deux jours.

Deux choses m’ont fait réfléchir. La première, c’est une question d’un journaliste qui voulait justement savoir ce que représentait pour moi cette cornada. En vingt ans de carrière et en dix ans de spectacles en Espagne, là où je me suis le plus exposé, c’était effectivement la première. Il m’est souvent arrivé en Espagne en m’habillant d’envisager l’accident. Et je me suis toujours  demandé ce qu’on sentait dans ces moments-là, comment je réagirais. J’avais peur d’une inconnue. Et là je venais de la vivre, finalement je me sentais bien et ça créait chez moi comme un lien étroit, particulier, avec le toro, avec le milieu taurin. La deuxième réflexion concerne les limites de la tauromachie. Je me souviens quand on a commencé dans le festival art et courage, il y a une quinzaine d’années, à faire un saut  sur un toro, c’était un véritable exploit. Et personne ne pensait qu’une sortie entière pourrait être réalisée. Depuis, quelle évolution ! Le festival, la Nuit du Toro, tout ce que nous réalisons en Espagne...

A l’hôpital, l’organisateur est venu prendre de mes nouvelles. Il me dit : "tiens, on va appeler Muira, l’éleveur." Je le prends au téléphone, je parle un peu avec lui et il conclut notre conversation ainsi : "la légende de Muira continue." Je crois que ce soir-là, à Zaragosse, j’ai connu effectivement les limites de la tauromachie. Sans toutes les émotions que j’ai vécues, en étant au mieux de moi-même, je pense que je serais passé sur ce premier saut malgré ses coups de tête. En revanche, je suis persuadé, qu’avec son comportement, à la deuxième tentative il m’éclatait carrément. Il avait une violence bestiale. Oui la tauromachie a des limites ; l’être humain a des limites. Mais on essaie toujours de les repousser.

3. Quels sont tes souhaits  ?

- La tauromachie est née de combats répétés entre l’homme et l’animal. La tauromachie ancestrale retranscrit ces oppositions épiques où l’honneur de ces combattants valeureux prédomine. L’art de feinter, de tromper et de contrôler devient un élément essentiel à la survie. En alliant ces valeurs à des notions artistiques et sportives, plusieurs disciplines taurines se sont créées et forment aujourd’hui l’art taurin populaire : la course landaise, la course camarguaise et les recortadores. L’originalité, l’émotion et la passion construisent et perpétuent ces disciplines taurines défendant par la même occasion l’identité de chaque région et de chaque pays. Actuellement en plein essor, elles n’ont  jamais dérogé à leur principe de base, défier et se mesurer à cet animal mythique sans jamais le châtier ou le tuer. Cette particularité constitue une force pour l’ensemble de la tauromachie. Il faut bien concevoir que certaines personnes peuvent être heurtées et freinées par la mise à mort d’un animal. Ces tauromachies populaires et alternatives permettent d’ouvrir une porte à toutes ces personnes vers notre passion. Donner  l’opportunité d’accéder aux arènes sans avoir peur d’être heurté constitue le meilleur moyen de leur donner gout à la tauromachie et ainsi espérer les fidéliser grâce à la qualité des spectacles proposés.

C’est la lourde tâche que nous nous sommes fixés depuis maintenant plus de 10 ans, et notre plus grand bonheur est de s’apercevoir que nos succès nous donnent raison. L’envie d’intégrer ces valeurs dans les arènes nous motive plus que jamais. Nous espérons sincèrement que de nombreuses personnes continuent à adhérer à notre démarche, celle du CTPR BOLETERO.                                           

La course landaise, institution emblématique, perpétue au long des décennies les vertus du caractère Gascon façonné par les vicissitudes de l’Histoire. Fierté, courage, truculence, hardiesse, sens du défi, bravoure, ambition… autant de qualités qui s’expriment à travers cet art traditionnel et qui ont été magnifiées par des personnages de légende comme La Hire ou D’Artagnan. Napoléon ne disait-il pas : « Donnez moi une armée de Gascons et je traverserai cent lieues de flammes ». Dans une période en manque de repères et dans un monde globalisé, l’appartenance à une entité forte comme la Gascogne représente un  atout considérable. La course landaise peut être le révélateur, le symbole et la vitrine de ce bassin économique et culturel entreprenant. Héritage immatériel, elle détient tous les ingrédients pour devenir un puissant vecteur identitaire, à condition de la faire évoluer, de l’enrichir et de la promouvoir, pour que les nouvelles générations se l’approprient.

Alors je souhaite que toutes les personnes qui ont les moyen de développer la course landaise s'associent dans un projet commun, pour faire de notre passion un sport d'avenir.      

Nos prochains invités : trois très jeunes coursayres

Mathieu Minvielle - Jérôme Labadie - Gérard Fortage

Nos invités

Mathieu Minvielle

Jérôme Labadie

et

Gérard Fortage

répondent à nos questions

I)

MATHIEU MINVIELLE

(Ecarteur - Ganaderias de Maynus et Michel Lassalle)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- N'en citer qu'un seul, tellement il y en a, est bien difficile. Vu que je n'ai écarté que dans 2 formations, je vais te donner les meilleurs souvenirs pour chacune d'elles. Concernant la ganaderia de Maynus, c'est ma victoire au concours des secondes de Mugron. En effet, ce soir-là était particulier : ma mère n'était pas présente du fait de son hospitalisation pour une grosse opération, et j'avais à cœur de gagner, même si j'ai eu du mal à me mettre en route tant mes pensées étaient ailleurs. Mais une fois dans le concours je me suis vraiment donné à fond pour obtenir cette victoire et lui dédier. Je citerai aussi mon seul et unique écart (malheureusement) au taureau Vulcano, à Estang, car c'était le vrai seul pari de ma petite carrière. Pour la ganaderia Lassalle, ma première course formelle à Gamarde, chez moi, est un très bon souvenir. Après une remise au point et un défi lancé par Michel et Guillaume Malet à l'entracte, j'ai écarté comme il se doit pour une course de formelle, finissant 2ème à l'escalot derrière Vincent Muiras. Je citerai également la course qui restera gravée à vie dans ma mémoire, la meilleure que j'ai faite de toute ma carrière, à Aurice, un jour de 15 Août, où je finis 1er à l'escalot avec une note de 28 au travail sur VANINA, coursière que j'affectionnais particulièrement, et 2 bonus, 1 sur Espérance en dedans et 1 sur Louisiana. D'ailleurs si quelqu'un a des photos de cette course, je veux bien en récupérer des copies.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- J'ai deux regrets. Le premier c'est d'avoir loupé le championnat des jeunes en 2007, et l'autre c'est celui de n'avoir pas fait plus d'écarts à Vulcano. En effet, je pensais effectuer un premier écart pour prendre la température et un second ajusté, mais il n'y en eut qu'un, pas forcément joli à mon goût. Cela restera un énorme regret. Mon plus mauvais souvenir restera gravé au 28 Décembre 2008. Ce jour-là, j'ai aidé Michel Lassalle à emmener les vaches, où plutôt SES vaches, à l'abattoir, à cause de foutues règles administratives. Tout un lot de formelle, le meilleur de ces dernières années, sans que personne ne bronche. Je ne voulais pas laisser Michel tout seul ce jour-là. Ce jour où j'ai vu Vanina humer l'air de l'abattoir, faire marche arrière avec un regard empli de tristesse. Aujourd'hui, si c'était à refaire, je peux te promettre que je me battrais beaucoup plus pour sauver celles qui m'ont tant fait briller et rêver. Il est dommage qu'aujourd'hui on ne trouve plus de bétail de ce genre, courant les pistes de formelle, des coursières de caractère, sélectionnées et triées sur le volet depuis leur plus jeune âge, bref un vrai métier d'éleveur-ganadère, comme il se devrait d'être et comme il en perdure encore en seconde.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon plus grand souhait c'est que tous mes collègues torères évitent la grosse blessure. Des blessures il y en aura toujours, mais s'ils peuvent éviter les plus sévères, alors tant mieux. Après, je souhaiterais voir une ffcl entreprenante comme l'a dit Guillaume Dufau dans un précédent questionnaire. La course landaise d'aujourd'hui ne correspond plus à celle d'hier, les patrons ne sont plus conciliants, les spectateurs non plus, et les comités n'ont plus d'argent pour organiser les courses. A ce rythme là, s'il n'y a pas de changement concret et rapide, la course landaise n'en aura pas pour longtemps. Je souhaite également que tout le monde marche dans la même direction, les ganadères qui se tirent dans les pattes tout le temps, les formelles qui pillent les secondes pour avoir la plus grosse équipe alors que certaines secondes ont du mal à en faire une... Je veux souligner une dernière chose, peut-être anodine pour certains, mais qui ne l'est pas à mes yeux. En effet, il me semble qu'à l'heure actuelle, ce ne sont pas les formelles qui font découvrir la course, mais bel et bien les secondes qui se déplacent très loin, mais aussi les médias (dont toi Michel) qui font un travail de fou. Alors, je pense qu'un peu de reconnaissance de la part de la ffcl pour vous tous, et aussi un peu de reconnaissance des acteurs dont tu fais la promotion te concernant, ne serait pas de trop. Et enfin, personnellement, si je peux décrocher quelques cocardes cet été, j'en serais très content. Si l'on veut que notre tradition vive, alors faisons tous un petit effort et la course landaise en ressortira grandie.

II)

JERÔME LABADIE

(Président du Club Taurin de Toulouzette - Membre actif de l'Amicale des Clubs et du Comité Régional Landes-Béarn) 

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon meilleur souvenir de course landaise c'est le titre de champion de France en 2005 de Benjamin De Rovère devant Loic Lapoudge à Mont De Marsan, titre qui s'est joué sur la dernière vache. Mes premières émotions je les ai eues avec ces deux grands champions. La course landaise est pour moi une passion qui génère beaucoup de convivialité, et justement l'un de mes meilleurs souvenirs c'est lorsque je jouais aux Canaries de Serres-Gaston et qu'on se retouvait souvent avec la formation Dargelos pour un bon gueuleton chez la regrettée Charlotte.

2. Quelle est ta plus grande déception ? ton plus grand regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- En étant président du cub taurin de Toulouzette ma plus grande déception c'est de ne pas arriver à drainer plus de personnes pour m'accompagner sur les gradins de course landaise. En étant à l'amicale des clubs et responsable de la commission communication au Comité Régional Landes Béarn c'est le peu d'intérêt que portent les clubs à la course landaise en dehors des fêtes de leur village. Mon plus grand regret c'est que malgré des cartes d'invitation et un porte à porte chez les nouveaux habitants du village, je note très peu de retour positif pour intégrer le club taurin et être bénévole. Mes plus mauvais souvenirs, ce sont les disparitions de Charlotte, Mako, Jean Pierre Rachou, et dernièrement Michel Comet. Tous ont participé à ce que la course landaise soit pour moi une passion.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon souhait personnel est tout d'abord de pouvoir concilier mes missions à la fois au club taurin de Toulouzette, au comité régional Landes Béarn et à l'amicale des Clubs avec mes autres centres d'intérêts. Ensuite je souhaite que les clubs se manifestent lorsqu'on les sollicite afin de faire remonter les problèmes qu'ils rencontrent et de proposer de nouvelles idées, car la course landaise est en train d'ouvrir ses frontières avec des spectacles évènementiels, pour la faire découvrir à un nouveau public, et il ne faudrait pas que les têtes d'affiche délaissent les arènes des petits villages. Plus généralement je souhaite que la course perdure autant dans les grandes arènes que dans les petites arènes, que les ganadères puissent vivre de leur passion et que les acteurs arrivent à concilier à la fois la course landaise et leur activité professionnelle.

III)

GERARD FORTAGE

(Speaker Animateur)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Choisir est toujours délicat, mais 5 écarts sont ancrés dans ma mémoire. Tout d'abord le championnat de France de 1998 à Dax avec 2 écarts de Thierry Bergamo face à Listone de la Dal. Ensuite Vielle-Tursan. Après avoir envoyé Olivier Larrieule et Jérôme Darblade changer les ampoules, Monfortoise domine la piste ; et là le maître Christophe Dussau vient la méduser par un intérieur d'anthologie. Enfin le championnat de France 2006 à Mont de Marsan. Loïc Lapoudge qui a débuté la sortie de Darrigada est virtuellement champion de France. Arrive alors Benjamin de Rovère qui doit obligatoirement tourner 2 fois en dedans pour l'emporter. S'ensuivent 2 chefs d'oeuvre de technique et de force mentale qui soulèvent les arènes, 26 points sur 28 possibles. L'art à l'état pur. Des moments à montrer à tout le monde.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon regret c'est de ne pas avoir porté le boléro, mais ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir du courage et de maîtriser sa peur. Le mauvais souvenir c'est la grave blessure de Julien Iribarnegaray à Aubagnan, une grosse cornada de 15cm avec beaucoup de dégâts à l'intérieur. La déception vient un peu de toutes parts. D'un côté les organisateurs qui ne font pas l'effort de se déplacer à leur propre assemblée générale, ni de répondre à des courriers, et qui demandent toujours plus à leurs instances. De l'autre les acteurs qui pour la plupart ne se rendent pas compte des efforts mis en oeuvre pour organiser un spectacle, et qui déclinent des invitations, les uns à des concours, d'autres à des courses de fin de saison, et cela sous divers prétextes. Le bon sens n'est pas toujours au rendez-vous.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Que tout le monde avance dans le même sens, parce que l'avenir de la course landaise sera un combat perpétuel pour toutes les parties prenantes. Les acteurs et l'ambiguité de leur statut par rapport au marché du travail, les ganaderos pour trouver toujours des bêtes de race qui transmettent de l'émotion, les organisateurs pour trouver des fonds (10 à 12000€ pour une course de compétition) et enfin nous les spectateurs pour qui l'escarcelle est de plus en plus maigre et l'émotion trop rarement au rendez-vous. Notre culture est aussi de plus en plus attaquée, car ne vous y fiez pas, le but final des anti-taurins est l'abolition pure et simple de toutes les tauromachies. C'est pour ça que je le dirai chaque fois que j'aurai un micro : "Amenez les enfants aux arènes pour leur transmettre nos racines". Mon dernier souhait : une bonne saison coursayre et Suerte para todos.

Hugo Viney-Thomas - Christelle Foulquier - Didier Salomon

Nos invités

Hugo Viney-Thomas

Christelle Foulquier

et

Didier Salomon

répondent à nos questions

I)

HUGO VINEY-THOMAS

(Champion de France des Ecarteurs en 2009 à Aire sur l'Adour - Vainqueur du concours de Dax en 2011 et 2012)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- J'ai tellement vécu de très beaux moments en course landaise que je n'ai pas seulement un meilleur souvenir qui me reste gravé. Alors je répondrai d'abord par celui qui aura marqué ma carrière, celui de champion de France à Aire-sur-l'Adour en 2009. Les autres grands moments ont été des sorties face aux toros. Notamment lors de ma 1ère Nuit du Toro en 2010 et lors de mon dernier festival Art et Courage, à Dax en 2013.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Même si en peu d'années de compétition j'ai gagné les deux titres les plus importants pour un acteur (championnat de France et concours de Dax), je suis un peu déçu de ne pas avoir pu décrocher d'autres titres individuels. Le plus souvent, j'étais sur le podium et en tête jusqu'à la fin des concours. Il me manquait peut-être la technique et le brin de folie face aux dernières marraines pour tenter un intérieur qui m'aurait permis de gagner. Je pourrais dire que mon regret serait de ne pas avoir eu la motivation nécessaire pour gagner plus de choses, être un gagnant. Mais cela ne faisait pas partie de mon caractère. Je voulais faire de belles choses en piste, donner de l'émotion, rendre les gens satisfaits, sans forcément être au-dessus de mes collègues.

3. Quels sont tes souhaits pour la course landaise ?

- C'est mon expérience et mon vécu qui dictent mes souhaits. Même si cela aurait été difficile à mettre en place, j'aurais aimé ne participer qu'à quelques spectacles par an, mais tous riches en émotions, en danger et en reconnaissance par le grand public. Des courses avec toros où j'aurais pu me préparer physiquement et moralement en amont. Comme un professionnel. La course doit évoluer mais c'est compliqué. Il faut à la fois garder ce côté traditionnel mais aussi innover en montant de gros spectacles. Ce qui n'est peut être pas du goût de tout le monde. Ce qui me dérange c'est le peu de reconnaissance que les gens ont envers les acteurs actuels. Ils nous comparent sans cesse aux écarteurs d’antan alors que les mentalités et les approches des écarteurs ont changé. C'est dur de changer l'image de la course landaise sans faire l'effort sur la communication. Pourtant, ce serait si simple dans notre petit département où tout le monde se connait... je souhaite donc que l'on aille dans ce sens-là.

II)

CHRISTELLE FOULQUIER

(Grande coursayre)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Indéniablement c'est ma première course en août 2001. Je ne suis pas d’une famille coursayre, ni même de culture coursayre. J’ai toujours vu les hommes de la ganaderia Deyris passer sous mes fenêtres au son de l’harmonie municipale lors du passe-rue. Personne ne m’a jamais expliqué qui ils étaient, ni ce qu’ils allaient faire. On me parlait d’arènes mais je ne savais même pas qu’il y avait des arènes à Casteljaloux. Un jour, j’ai décidé d’aller voir ce spectacle et je suis carrément tombée amoureuse de cet art. Je me souviens d’avoir vu ce jour là Jean-Marc Lalanne et Nicolas Vergonzeanne, de loin les plus aptes à séduire des non initiés. C’est aussi le jour où a été annoncée la mort de Rachou, ce qui a mis en lumière toute la dangerosité de ce sport. Là où la majorité des touristes et lot et garonnais présents dans les arènes n’ont vu ce jour-là qu’un spectacle semblable à Intervilles, moi j’ai découvert un art et un savoir-faire tout en étant saisie par l’intensité des émotions suscitées lors d’une course landaise. Je ne comprenais pas tout ce qui se déroulait mais j’ai totalement été captivée par cette culture. Monsieur Pierre Gaujous m’a donné les premiers éléments de compréhension que j’ai étayés par des recherches avant de commencer à suivre les courses landaises, aiguisant petit à petit mon regard. Mon plus beau souvenir en course landaise est donc bien celui qui m’a permis d’entrer en contact avec cette culture, ma première course.

2. Quelle est ta plus grande déception ? ton plus grand regret et ton plus mauvais souvenir ? 

- Mon plus grand regret en course landaise est de voir l’image péjorative qui circule dans le monde des initiés et des non-initiés. Beaucoup considèrent la course landaise comme une activité de « plouc » où les valeurs ne sont pas pléthore. Bien que parfois certaines critiques soient justifiées, il est dommage de ne pas voir cette activité dans son ensemble, une activité qui reste une expression de notre culture et un objet de patrimoine. Il est également regrettable que rien ne soit fait pour changer cette image négative. Ma plus grande déception est de voir un milieu très fermé. D’une part vis à vis des « étrangers », c’est à dire ceux qui sont hors de la zone d’expression, mais aussi vis à vis des jeunes. Bien que ce constat soit en train d’évoluer, il est regrettable de ne pas arriver à avoir une implication en course landaise dès lors qu’on n’a pas de réseau de connaissances, ou que l’on n'agit pas de manière individuelle et bénévole. La course landaise est une grande famille dans laquelle il est à mon sens très dur de s’intégrer et cela est fort dommage. Les graves blessures font certainement partie des plus mauvais souvenirs. Elles font partie du jeu certes mais j’ai beaucoup de mal à les encaisser. Il est difficile de voir un homme qui ne bouge plus sans penser au pire. Si en plus il s’agit d’un copain qui est allongé en piste, alors là c’est compliqué à gérer. Chaque blessure est difficile pour l’acteur certes mais pour le public également. Si ne je devais mentionner qu’un seul mauvais souvenir, ce serait la rondade de Manu au festival Art et Courage à Dax.

3. Quels sont tes vœux et tes souhaits ?

- Depuis de nombreuses années, la course landaise est un univers qui me fascine bien qu’il ait son lot de défauts, j’en conviens. Malgré tout, il s’agit de l’expression d’une culture où la passion est le maitre mot, du moins est-ce là ma conception de la course. J’ai eu la chance par mes études d’être formée à la protection et à la valorisation du patrimoine culturel, et la course landaise est un objet de patrimoine. Aussi, mon souhait serait de pouvoir œuvrer pour la pérennité de cette tradition, participer à sa protection et à sa valorisation. De nombreux passionnés bénévoles agissent en ce sens mais il me semble qu’il faut voir les choses dans leur globalité et envisager maintenant de prendre le taureau par les cornes avant qu’il ne soit trop tard et que la course landaise ne deviennent plus que du « folklore » pour amuser les touristes. La course landaise fait partie du Patrimoine Culturel Immatériel et à ce titre, elle mérite toute notre attention. Pour la course landaise en général, mon vœu irait dans la même direction : sa protection et sa valorisation mais aussi vers une redéfinition claire. En effet, depuis quelques années, j’ai l’impression de ne plus avoir de frisson quand je suis sur les gradins, à quelques exceptions près. J’ai le souvenir d’une course landaise où je tremblais pour les toreros, ce qui avait le don de magnifier chaque figure. Peut être me suis-je habituée ou peut être que la course a changé, mais si tel est le cas il va être urgent de se positionner. Soit on suit l’évolution qu’on lui a donnée ces dernières années avec plus de sécurité et de spectacle, au risque d’entrer dans la monotonie, soit il faut revenir à ce qui fait la base de la course, l’émotion. En tant que professionnelle du patrimoine, je suis consciente que le patrimoine immatériel est sujet aux évolutions, c’est ce qui le caractérise. Mais évoluer vers un objet touristique me paraît très risqué, aussi mon souhait pour l’avenir de la course landaise serait de conserver ce qui fait l’essence de cette pratique : l’émotion.

III)

DIDIER SALOMON

(Grand coursayre - Membre de la commission course landaise de Dax - Membre de l'encadrement de l'Ecole Taurine)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- De bons souvenirs il y en a de très (et trop) nombreux ; Mais les principaux sont liés à ma jeunesse passée à jouer à la course landaise, avec mes amis Philippe Descazaux et Patrick Labastie : des journées entières à écarter une vache fictive, à jouer au ganadero, à pointer, à aller voir les coursières à la ganaderia Maigret-Descazaux, les courses partagées avec mon père dans les années 70, en l’accompagnant (il était, entre autre, pointeur et président du club taurin habassais), toujours avec mon carnet et mon crayon pour m’exercer à pointer. Les très bons souvenirs sont aussi les journées de courses pour les fêtes patronales de Habas, où les cuadrillas se changeaient au café de mes parents, et où je m’invitais au milieu de ces champions, jusqu’aux arènes. Et puis toute les courses partagées avec Philippe Descazaux et ses diverses cuadrillas, pendant sa longue carriére ; sa 1ere victoire au concours de Dax en 1986, avec un intèrieur fabuleux à Mariposa de chez Dargelos : je pointais officiellement ce jour-là et quel plaisir ! Les années 1990 à 2000, où président du comité des fêtes, nous avions organisé 2 courses avec le comité des fêtes de Pomarez (présidé par Claude Lasserre, le maire actuel) en septembre, avec des formules innovantes. Bien sûr, le jubilé de Philippe Descazaux du 11 novembre 2000, préparé pendant plus de 8 mois, avec une belle réussite, des arènes pleines, et le geste de Philippe qui avait laissé la totalité des bénéfices au comité des fêtes ; La journée du retour des Champions du 14/08/2013, à Dax, avec la joie partagée au milieu de ces anciens vainqueurs, heureux de se retrouver.

2. Quel est ta plus grande déception ? ton regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- Ma plus grande déception : que Philippe n’ait jamais été champion de France après 25 ans de carrière, et que Habas n’ait pas su garder sa tradition de course landaise, dans la Chalosse coursayre. Mon plus grand regret : la défaite de Philippe au championnat de France à Nogaro en 1996, alors qu’il avait mené tout le championnat, et ses 2 chutes aux 2 derniers écarts du championnat devant Fédérale, qui s’était détamponné au 1er écart, et qui dû être rentrée dans les loges : de longues minutes d’attente, fatales à Philippe. Mon plus mauvais souvenir : la chute de Jean-Pierre Rachou à Dax le 11/08/2001, la semaine interminable sans nouvelles (j’étais en vacances à l’étranger) et l’annonce de son décés le Lundi 21/08, alors que nous étions chez Alain Laborde à Pomarez, avec les amis du Lundi : un silence pesant pendant plusieurs minutes. Et puis l’émotion de ses obséques aussi. Autre mauvais souvenir, la mort de Joselita, coursière corne d’or de la ganaderia Maigret, puis Maigret-Descazaux puis Dargelos, au concours de Saint-Sever, en 1980 je crois, en poursuivant Michel Darritchon « Chiquito » ; ma maman était la marraine de cette coursière réputée et redoutée de tous.

3. Quels sont tes souhaits ? 

- Pour ma part, continuer à m’investir, tant que je le pourrais, dans (et pour) la course landaise, qui a tant apporté à mes parents et à moi-même. Et plus généralement, que la formation des jeunes soit, pour les ganaderos et toutes les composantes de la course, un enjeu majeur, collectif et surtout commun. Et que la société actuelle n’oublie pas le lien que tisse la course landaise avec son territoire et ses composantes : nous devons tous être capable de défendre cette image dans nos villages et auprés de ses décisionnaires (politiques et économiques).

Nos prochains invités : Mathieu Minvielle, Jérôme Labadie et Gérard Fortage

Ludovic Gontero - Chantal Latapy - Patrice Larrosa

Nos invités

Ludovic Gontero

Chantal Latapy

et

Patrice Larrosa

répondent à nos questions

I)

LUDOVIC GONTERO

(Ecarteur - Chef de Cuadrilla à la Ganaderia Aventura)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Cela va faire déjà la quinzième saison que je vais mettre le boléro ! Et des bons souvenirs j'en ai donc pas mal. En première année d'école taurine, avec Gontran Mouchet, on nous avait appelé pour faire une vache à Gabarret le lundi soir. Déjà c'était une grande joie d'écarter chez mes grands-parents, mais encore plus quand Jean-Pierre Rachou nous a dit juste avant le paseo "les jeunes avec moi devant". Ce fut un grand moment. Ensuite il y a eu de belles saisons chez Guillaume Dussau, et plus récemment le concours de la reine des secondes à Parentis où mon ganadero a confirmé ses titres, et où mon coéquipier Germain Lalaude a remporté le concours. ce fut une bonne soirée !! Ensuite sur le plan coursayre mon meilleur souvenir c'est le festival art et courage à Pomarez en 97. Philippe Descazaux nous avait fait une sortie énorme sur Titus (je crois), un toro de son père. Paquito à bloc par l'Harmonie Pomarézienne et une grande sotie. Ceux qui ne l'ont pas vécue ou vue je leur conseille la vidéo.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Ma plus grande déception c'est le manque de reconnaissance envers les secondes. Je parle en connaissance de cause.... Parfois cela me fait bouillir de voir les gens critiquer les secondes sans en avoir vu. On entend "Il n'y a pas de bétail, ils ne sont pas sérieux, lls traquent"... Ce genre de réflexion m'énerve. Je profite que la parole me soit donnée pour dire : n'ayez pas peur, venez nous voir et vous serez surpris !!! Ensuite il y a le mépris en général envers les secondes de certains comités et surtout de la fédération. La preuve, sur l'officiel de la course landaise, les lignes sur une ganaderia de seconde ou un torère de seconde sont inexistantes. Plus tout le reste mais il y aurait trop à dire. Mon plus grand regret, c'est peut être d'avoir vu disparaître la ganaderia de Michel Lassalle. Mr Lassalle était un grand ganadero et ce n'est pas comme ça que l'histoire aurait du finir. Mon plus mauvais souvenir c'est bien sûr la disparition de Jean-Pierre Rachou. J'étais à Vieux-Boucau avec l'école taurine ce soir là, et en sortant de la course on savait que quelque chose de grave s'était passé. Un grand torero est parti.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon premier souhait c'est de faire une belle et bonne saison avec la ganaderia Aventura et ma cuadrilla. Il faut le dire : nous aimerions faire plus de courses car nous avons l'équipe, nous avons du bétail, nous avons tout pour réussir. Les comités qui nous font confiance vous le diront : ils se régalent. Pour la course en général, j'espère une belle saison avec du bétail et de l'émotion. Le jour où ces deux ingrédients n'y seront plus, la course sera finie.

II)

CHANTAL LATAPY

(Epouse de Bertrand Latapy (cordier) et mère de Rémi Latapy (écarteur) - grande coursayre)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- De beaux souvenirs j'en ai plusieurs : le cinquantenaire de la ganaderia Latapy, la victoire de Rémi au concours de Dax, et des écarts "flash" qui vous mettent la chair de poule, où le public exulte. Au risque d'en oublier, je citerai celui qui me vient à l'esprit en ce moment : Loic Lapoudge, Mont de Marsan, tourniquet intérieur face à Ibanéza .. sublime. 

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Je n'ai qu'un seul regret, que 2 ganaderias aient disparu de la formelle...... Mes déceptions, il y en a peu, juste celle-ci : la saison 2014 s'est chargée de me faire une petite piqûre de rappel, " La course landaise est une grande famille d'amis " !! c'est bon, maintenant je suis vaccinée !!!! Mes plus mauvais souvenirs sont les décès respectifs de Bernard Huguet et Jean-Pierre Rachou en piste, et l'artère fémorale de Bertrand sectionnée à Mugron.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Je pense qu'il est urgent que les instances fédérales se penchent sur le travail des acteurs. Il faut faire quelque chose et rapidement, car ils sont trop nombreux à arréter notre sport par crainte de ne pouvoir se présenter à leur boulot le lundi. Je n'ai certes pas la solution mais il faut y penser, préparer des dossiers, faire les démarches nécessaires. D'autre part le pointage, nous ne sommes jamais d'accord, c'est une histoire qui dure... nous sommes tous différents donc nous avons aussi une perception différente des choses, arrêtons donc de nous prendre la tête ! (bien sûr et celà va de soi, sans nous prendre pour des billes !). En tant qu'épouse, je ne peux que souhaiter à Bertrand qui a traversé une année 2014 chaotique une bonne saison 2015 au sein de la ganaderia de Delphine Vignolles. Qu'il fasse attention à lui et surtout qu'il se dise qu'il n' a plus 20 ans ! En tant que maman, je souhaite à Rémi, qui a vécu lui aussi une saison 2014 compliquée, une bonne saison 2015 au sein de sa cuadrilla. Qu'il écoute ses aînés, qu'il se fasse plaisir, qu'il leur fasse plaisir, et qu'il fasse plaisir aux spectateurs. Il y a des blessures qui font mal au corps mais aussi à l'âme, je le sais, mais je serai toujours là pour l'encourager même si..... !!! Voilà, je voudrais maintenant souhaiter à tous les acteurs, ainsi qu'à vous tous amis coursayres une bonne année et une bonne saison 2015.

III)

PATRICE LARROSA

(Proviseur adjoint de Lycée à Mont de Marsan - grand coursayre) 

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Le plus beau souvenir, lié à l'actualité, à la fête et à la course landaise : L’homme vient de faire ses premiers pas sur la lune… J’ai à peine une dizaine d’années. Ma famille vient de s’installer à Téthieu. Je découvre la Gascogne et la vie de ce charmant village aux doux accents de la vallée de l’Adour. C’est une belle soirée d’été, la fête bat son plein. Ivresse de l’enfance. Le village décoré, la musique, les rires et les éclats de voix autour de l’incontournable buvette, une chaude effervescence, nouvelle pour moi, autour des arènes, temple modeste et magnifique du courage, de l’audace et du défi. Je me faufile et trouve avec émotion une place à proximité des loges, le plus près possible de ces diables de vaches noires qui me fascinent déjà… Magie et mystères de la tauromachie. Attirance de ces fauves aux cornes terrifiantes. Les tenues scintillantes des écarteurs, les sonorités entrainantes des cuivres, les Cols Verts de Téthieu, la Violette de Saint Vincent de Paul… Sur la piste Ramunchito de chez Labat, véritable héros porté par les acclamations d’un public enthousiaste... Premiers frissons, premiers émois aux passages des cornes. Je ne connais encore rien de cet art taurin que je découvre avec mes yeux de gosse. Il ne me reste bien entendu aucun souvenir précis de cette première course mais elle m’a laissé les sensations d’un moment unique dans la vie d’un gamin : la naissance d’une passion pour cette tradition, puisant ses origines dans un passé lointain, la rencontre festive et inquiétante entre l’homme et la bête sauvage.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Ma plus grande déception ? Quand on aime on ne compte pas, et on oublie, volontairement ou non, les moments décevants. Pas vraiment de mauvais souvenirs donc, plutôt une succession d’images attristantes ou douloureuses : une pluie tenace et glacée qui conduit à l’annulation d’un spectacle tant attendu, la grimace tragique qui marque un visage après une méchante tumade, un public intransigeant qui refuse son soutien à l’homme qui a pourtant pris des risques, une sono grésillante remplaçant par souci d’économie la chaleureuse banda, une corne brisée sur une talenquère, des gradins mal garnis, la fin tragique d’un de ces héros de la piste … Mais la vie continue, la passion suit sa course…

3. Quels sont tes souhaits ?

- La course landaise est une merveilleuse tradition, une tauromachie unique au monde, puisant ses origines au cœur du Moyen-Age, en un temps où déjà les hommes prenaient plaisir à courir derrière ou devant le bétail, bravant le danger des cornes et les interdictions de l’Eglise et des pouvoirs civils. Tradition séculaire née de l’évolution de ces poursuites à travers les ruelles de nos cités gasconnes, la course landaise doit rester le fleuron de notre Sud-Ouest où le plaisir de la fête se conjugue avec la joie de partager, de vivre ensemble des moments forts de courage et de passion. Je souhaite que la course landaise parvienne à séduire un public toujours plus nombreux et fidèle et que notre jeunesse ne se détourne jamais de cet art séculaire, de cet affrontement mythologique avec ces étonnantes et fascinantes « bestioles » que sont nos vaches de combat.

Nos prochains invités : Hugo Viney-Thomas, Christelle Foulquier et Didier Salomon

Lucien Laurède - Jacky Labernède - Nicolas Lamagnère

Nos invités

Lucien Laurède

Jacky Labernède

et

Nicolas Lamagnère

répondent à nos questions

I)

LUCIEN LAUREDE

(Vacher à la Ganaderia Armagnacaise)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon plus beau souvenir en course landaise est certainement la première fois que je suis parti avec Pierre Claverie, pour une course à Pontonx en 2010, j'avais 13 ans. Mais j'ai bien d'autres souvenirs marquants, notamment sur la carrière de mon père. Une belle image par exemple c'est de le revoir écarter en 2013 au Retour des Champions ou pour la Despedida de Nicolas Vergonzeanne dans les arènes de Dax. Mais finalement je retiendrai pour cette saison la victoire d'Ibaneza. Sa septième Corne d'Or. Je pense que cette année le concours a été assez compliqué et de nombreuses personnes étaient sous tension. Mais Ibaneza a montré qu'elle était encore une grande coursière.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Des regrets et des déceptions j'en ai très peu, mais j'aurais souhaité que mon père continue d'écarter encore, mais quand il a pris sa décision le problème de concilier le travail et la course était déjà bel et bien présent. Pour ce qui est d'un mauvais souvenir, j'ai celui d'une course à Lembeye où la coursière Perla avait décidé de prendre la clef des champs mais heureusement nous l'avons rattrapée dans le jardin d'une maison. Et puis la grave blessure de Manu Lataste à Morcenx avec Aragonaise, j'étais petit mais cela m'a marqué également.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Pour la saison prochaine je souhaiterais que l'équipe continue à faire plaisir à tous les comités et tous les clubs qui nous font confiance, et pourquoi pas rééditer un exploit en gagnant autant de trophées qu'en 2014. Et également prendre toujours autant de plaisir avec Pierre et Christian au milieu des vaches et aussi continuer à nous amuser et à rire autant car notre rôle n'est pas facile, il est ingrat, et donc je pense qu'il est important de pendre le plus de plaisir possible.

II)

JACKY LABERNEDE

(Grand coursayre de Gamarde - Jacky Labernède a occupé un grand nombre de fonctions parmi lesquelles Juré, Membre de la Fédération et du Comité Régional Landes-Béarn, Président du Club Taurin de Gamarde...)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon meilleur souvenir en course landaise ! je dois dire que je vois des courses depuis la fin des années 1940, et cela commence à faire beaucoup, même si je n'ai suivi régulièrement les courses landaises que dans le milieu des années 50 après mon régiment. Savez-vous que je recevais le journal "la Tuile" toutes les semaines dans ma garnison en Allemagne ? tout ça pour dire que des vaches et des écarteurs j'en ai énormément vus. Par contre il est un écarteur qui m'a beaucoup marqué, c'était dans les années après la guerre en 47-48 et les années suivantes, cet homme s'appelait Abel Cobraque dit Monfort. Depuis, malgré le nombre incalculable de toreros que j'ai pu voir, et même si j'en ai vu de très bons, aucun à mon avis n'a jamais égalé cet artiste. Dès qu'il quittait le refuge, qu'il se positionnait au centre de la piste, qu'il posait le béret sur le sable et y posait les pieds dessus, sa façon de siffler la vache pour exécuter une feinte était quelque chose d'inimitable ; la bête s'engouffrait dans le creux des reins, de sa main il lui caressait l'encolure puis l'échine et prenait sa queue qu'il laissait glisser dans sa main, il se retournait et regardait le public comme pour dire "vous avez vu", et l'arène rugissait de plaisir. Et je n'ai sans doute pas vu le plus beau, c'était à Montaut où il a fait sa dernière course, un triomphe de plus, quittant la piste sur les épaules de ses admirateurs, il avait 54 ans.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- J'ai été longtemps spectateur avant de prendre des responsabilités au sein de la course landaise. Et entre autre chose j'ai été pendant une vingtaine d'années juré, et chacun sait que rendre la justice n'est pas toujours chose facile, tous ceux qui se sont assis à une table de pointage me comprendront. Le premier jour tout se passe pour le mieux, mais le second...! Vers le milieu des années 70 je faisais partie du jury pour les fêtes locales de Doazit. Au programme le ganadero Larrouture le dimanche, et le ganadero Deyris le lundi. A l'époque le jury était composé de trois jurés et d'un comptable. A l'issue des deux jours de course le meilleur des deux était désigné et c'est le ganadero Larrouture qui fut déclaré gagnant avec deux points de plus. Mes deux camarades avaient Larrouture en tête et moi Deyris. Je ne saurais dire qui des trois avait raison, mais en tout cas mes confrères étaient descendus de la pitrangle sans problèmes alors que moi, une cinquantaine de supporters enragés  de chez Deyris m'attendaient au pied de l'escalier. A ce moment-là je travaillais sur Pau et sur le chemin du retour je me suis demandé ce que j'étais venu faire dans cette galère. Il y a bien longtemps que j'ai passé l'éponge et que j'entretiens les meilleures relations avec Paul Deyris. Mais peut-être qu'au jury vaut-il mieux être seul que mal accompagné.

3. Quels sont tes souhaits ? 

- Il serait bien que les organisateurs se penchent sur le pointage des sauts. De l'avis de tous, le saut périlleux est le plus difficile alors qu'il est moins payé que le saut vrillé, et c'est pourtant ce saut qui est exécuté sur une bête dangereuse. Pourquoi les vachers que l'on paye ne sont-ils pas habillés en blanc comme par le passé ? Et puis ouvrir la porte de la loge et la refermer, ramasser la corde... devrait me semble-t-il être leur travail. Et puis, j'ai déjà il y a quelque temps provoqué un début de polémique, mais je continue de penser que les brindis de mauvaise qualité sont trop nombreux. Ceci dit je souhaite bon courage et bonne chance à tous ceux qui ont la responsabilité de la bonne marche de la course landaise.

III)

NICOLAS LAMAGNERE

(Nouveau Président de l'Association de la Course Landaise à Pontonx sur l'Adour)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- En donner un seul est très compliqué car chaque course en elle-même nous offre de bien belles choses. Je vais donc en citer quelques uns en commençant par cet écart d'anthologie de Didier Goeytes sur la Victorino Martin cornes nues dans les arènes de Dax. Les courses du maître de l'écart Christophe Dussau, les exploits de Nicolas Vergonzeanne et ses nombreux spectacles, m'ont souvent donné des frissons. Mais aussi dans la nouvelle génération la force humaine qu'a l'écarteur classique Mathieu Noguès qui fait de lui l'un des plus grands torères d'aujourd'hui, sans oublier la classe incomparable qu'avait Hugo Viney-Thomas, font partie de ces choses que j'ai aimées. Je me souviens aussi d'un moment inoubliable au côté du trio d'enfer Pelo, Lulu et Chiquito, à préparer Ibaneza et les autres demoiselles, je les remercie d'ailleurs de m'avoir permis de vivre avec eux ce moment, un travail exceptionnel qui aujourd'hui commence à être récompensé... enfin !

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus grand regret est le déplacement du festival Art et Courage de Pomarez dans d'autres places. Pomarez nous donnait cette proximité avec les acteurs et nous faisait partager avec eux des moments fous. Ma plus grande déception, c'est lorsque le public remet en cause le choix des acteurs sur une figure ou sur une autre. J'ai mes préférences comme tout le monde, mais je ne juge pas ces personnes et nous nous devons avant tout de respecter le courage de ces guerrier de l'arène. Quand j'entends aujourd'hui remettre en cause le tourniquet de Loic Lapoudge, je veux juste rappeler à ces gens-là qu'il y a un an dans les arènes de Dax tout le monde était debout à clamer son prénom. Donc je le répète ma plus grand déception c'est ce manque de respect envers nos défenseurs de nos traditions landaises. Et puis mon plus mauvais souvenir, c'est ce choc terrible face à la N°695 de la ganaderia Dargelos lors du toro-ball de Pontonx. Un moment que je n'oublierai sûrement jamais et qui me prouve tout simplement que le bétail est roi. Je tire un grand coup de chapeau à tous ces acteurs qui sont là pour nous faire vibrer en risquant leur vie. Comme dirait Michel Agruna, "ils aiment tellement la vie que de temps en temps ils prennent le risque da la perdre" 

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon souhait c'est que la course landaise ne s'épuise pas, mais bien au contraire qu'elle s'élargisse à un nouveau public, comme cela commence à se faire par différentes actions, par exemple l'initiation dans les écoles ou la médiatisation avec de très belles vidéos. La communication est très importante. Et je dirai "que la la course landaise devienne éternelle". Mon second souhait est un souhait personnel, c'est donner (ou redonner) aux arènes de Pontonx une image d'une place taurine incomparable, comme elle l'avait autrefois. Au côté de la présidente de la Régie des Fêtes, Francine Lucchini Coudroy, et d'Annick Soubirou responsable des fêtes, je m'y emploie pour les épauler et donner à mon village les moyens de réussir. Je voudrais aussi conclure en tirant un grand coup de chapeau à vous, médias de la course landaise : vous effectuez un travail formidable ! Bonne saison coursayre à toutes et à tous !

(Qu'il me soit permis de souhaiter un prompt rétablissement à Nicolas, président de l'association course landaise de Pontonx, actuellement hospitalisé, et que nous attendons "bon pied bon oeil" à Pontonx pour la course du 21 Février)

Nos prochains invités : Ludovic Gontero, Chantal Latapy et Patrice Larrosa

Elodie Poulitou - Paulette Saint-Germain - Fabrice Lafourcade

Nos invités

Elodie Poulitou

Paulette Saint-Germain

et

Fabrice Lafourcade

 répondent à nos questions

I)

ELODIE POULITOU

(Champion des Jeunes en 2001 à Saint-Loubouer - Après une carrière d'écarteur à la Dal et chez Deyris a mis un terme à sa carrière en 2014 à Samadet - Directrice de l'Ecole Taurine en 2015)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- J'ai beaucoup de très bons souvenirs en Course Landaise et j'ai vécu de grands moments, il est donc difficile de n'en citer qu'un seul. Je vais donc retenir les deux plus grands à mes yeux : le premier c'est mon titre de championne des jeunes le 21 septembre 2001 dans les arènes de Saint-Loubouer, titre qui a lancé ma carrière de femme en Course Landaise parmi les hommes. Le deuxième c'est mon jubilé le 28 septembre 2014 dans les arènes de Samadet. Une très belle après-midi riche en émotions et devant un public nombreux.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Durant toute ma carrière je pensais avoir peu à peu gagné le respect de mes coéquipiers. Ma plus grande déception et aussi mon plus grand regret est que Christophe Dussau, mon idole de toujours, n'ait pas participé à mon jubilé le 28 septembre à Samadet. La Course Landaise m'a tellement apporté de choses que je ne garde pas de mauvais souvenirs en mémoire. Les blessures font partie de la Course Landaise donc je n'en citerait aucune même si elles font toutes mal.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Je souhaite que mon nouveau rôle de Directrice de l'Ecole Taurine se passe au mieux et qu'elle attire davantage de jeunes pour préparer l'avenir.

II)

PAULETTE SAINT-GERMAIN

(Présidente du Club Taurin Adèle Pabon d'Aire sur l'Adour et organisatrice du concours landais et des manifestations taurines d'Aire - ancienne vice-présidente de la FFCL)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon meilleur souvenir en course landaise est l'organisation du premier championnat de France des écarteurs et sauteurs le 1er octobre 2000 dans les arènes d'Aire sur l'Adour. La joie de voir les arènes totalement remplies et le bonheur de voir Christophe Dussau gagner le championnat chez lui à Aire, c'est un moment qui ne s'oublie pas.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mes plus mauvais souvenirs sont les décès dans les arènes de Bernard Huguet et Jean-Pierre Rachou. Ce sont des moments qui ont été très difficiles à vivre, sur le moment et par la suite. Mon regret : ne pas avoir pu ou su intéresser des jeunes à venir rejoindre la commission course landaise des fêtes d'Aire et du Club Adèle Pabon, et le sentiment d'avoir à abandonner ma place sans avoir "formé" mon remplaçant. Ma plus grande déception : la façon dont j'ai été "débarquée" du conseil d'administration de la FFCL où c'est "travailles et tais toi". Cela a été une période très douloureuse, le sentiment avec du recul de n'avoir peut-être pas été à la hauteur ou de n'avoir pas fait ce que l'on attendait de moi. Quitter la FFCL n'a pas été mon choix. Je m'investissais pourtant, à mon sens, pleinement.

3. Quels sont tes souhaits ?

 - Mes souhaits en tant qu'organisateur vont de pair avec mes regrets. Amener et intéresser des jeunes aturins à l'organisation des courses landaises à Aire sur l'Adour et de ce fait trouver quelqu'un à qui donner les rennes de l'Association. Pour la Course Landaise en général : essayer par tous les moyens de garder les acteurs le plus longtemps possible dans l'arène, sans qu'ils aient à faire un choix entre la course landaise et le parcours professionnel. Et pour les jeunes qui arrivent, qui étalent déjà du talent à l'Ecole Taurine : les protéger, ne pas les lancer trop vite dans la compétition, leur donner le temps d'apprendre.

III)

FABRICE LAFOURCADE

(Musicien dans la Banda Les Gatchos de Peyrehorade et responsable du groupe)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Je conserve un très bon souvenir de la double victoire des frères Vergonzeanne, voici quelques années, lors du concours landais de la feria dacquoise. Nous étions sur les gradins avec les musiciens, au terme d'une première journée d'animation. Fredo gagnait là son premier grand titre, Nicolas ajoutait une victoire supplémentaire à son palmarès et pouvait s'offrir un tour d'honneur accompagné de ses deux frangins, dans son arène de coeur. Grâce à mes activités musicales, je me suis lié d'amitié avec cette fratrie dont je loue la simplicité, le panache et l'envie de faire bouger les choses, pour le plaisir des acteurs et des spectateurs.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Un regret, celui de ne pas avoir vu Hugo Viney-Thomas achever la présente saison coursayre avec le boléro sur les épaules, avant de quitter ses terres landaises pour une nouvelle vie marseillaise. Une blessure l'en aura empêché et il n'aura pu recevoir la pleine gratitude de son public. Un mauvais souvenir, la tumade fatale subie par Jean-Pierre Rachou dans les arènes dacquoises. Quelques semaines auparavant, lors d'un avant-course à Grenade-sur-Adour, nous avions fait la connaissance d'un champion passionné, sympathique, et d'une grande simplicité.

3. Quels sont tes souhaits ? 

- A titre personnel j'aimerais pouvoir assister à davantage de courses landaises, même si ce n'est pas évident quand on a ses activités professionnelles en banlieue parisienne. Concernant les acteurs, j'espère que la Fédération trouvera des solutions pour qu'ils puissent enfin concilier au mieux leur vie professionnelle avec leur passion tauromachique.

Nos prochains invités : Lucien Laurède, Jacky Labernède et Nicolas Lamagnère

Guillaume Dufau - Jean-François Deyris - Laetitia Gaillart

Nos invités

Guillaume Dufau

Jean-François Deyris

et

Laetitia Gaillart

répondent à nos questions

I)

GUILLAUME DUFAU

(Ecarteur à la Ganaderia Dargelos - Cuadrilla Christophe Malet)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- En tant que spectateur, j’ai de superbes souvenirs du festival « art & courage » à Pomarez. L’ambiance était électrique notamment grâce à la proximité entre les spectateurs et les acteurs. En tant qu’acteur, mon meilleur souvenir est ma première saison chez Dargelos, parce que je découvrais tout. C’était ma première saison au sein d’une cuadrilla et j’ai eu la chance qu’elle se déroule dans une équipe où l’ambiance était extraordinaire.

2. Quel est ton regret ? Quelle est ta plus grande déception ? Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Si je devais avoir un regret, ce serait de ne pas avoir eu l’occasion de faire une saison complète en formelle. A mes débuts chez Dargelos, les blessures étaient fréquentes en équipe de formelle et j’ai eu souvent l’occasion d’effectuer des remplacements. C’était l’occasion de me mettre en avant et d’essayer de me faire une place. Malheureusement, j’ai raté le coche. On apprend de ses erreurs. Mon plus mauvais souvenir est le premier concours landais auquel j’ai assisté : Dax 2001. Je m’intéressais à la course landaise depuis peu. J’ai mis du temps à retourner dans les gradins.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir évoluer avec un groupe d’amis, au sein d’une cuadrilla qui arrive à réaliser de très bonnes courses, dans de très bons comités. Je souhaite donc que l’on arrive à continuer à allier le plaisir et la qualité des courses. D’un point de vue général, je souhaiterais que l’on puisse établir un projet pour l’avenir de la course landaise à long terme. A une époque où les jeunes sont à la recherche de sensations fortes, de sports spectaculaires, la course landaise devrait pouvoir répondre à leurs attentes car elle est un véritable vecteur d’émotions. Pourtant, aujourd’hui, même dans les Landes, la course landaise est un sport spectacle marginal. Contrairement à ce que certains coursayres pensent, beaucoup de landais considèrent la course landaise comme un folklore au même titre que les échasses. Je suis persuadé que la course landaise doit être repensée dans sa globalité (compétition, marketing, statut des acteurs…) avec une vision ambitieuse, afin de répondre aux attentes des jeunes. Faute de quoi, elle sera effectivement vouée à relever du folklore.

II)

JEAN-FRANCOIS DEYRIS

(Entraîneur à la Ganaderia Dal - Cuadrilla Christophe Dussau - A son actif de nombreux trophées récompensant les hommes en blanc )

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Ne citer qu'un seul souvenir sur ma carrière est bien difficile, alors si tu le permets j'en citerai 3. D'abord lors d'un festival art & courage à Pomarez où Claude Lagarde a sauté un toro que venait de franchir par 2 fois Nicolas Vergonzeanne. Le toro venait de se cabrer à 2 reprises, tout le monde félicitait Nico et moi je regardais Claude qui se préparait à le franchir, et l'expression qui dégageait de son visage était magique... Claude a été un sacré phénomène sur la piste. Ensuite je retiens l'article de Bertrand Lucq dans le journal Sud-Ouest intitulé "2 hommes au pied d'un Everest à cornes". Cet article a été une grosse reconnaissance pour Laurent et moi. Et le 3ème souvenir, peut-être que cela est un peu orgueilleux de ma part, mais je le dis quand même, c'est la médaille de bronze de la jeunesse et des sports en 2001.

2. Quelle est ta plus grande déception ? ton regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- Nous autres entraîneurs ne sommes pas "liés" à une compétition, alors nous sommes moins confrontés à la performance, au fait de se surpasser soi-même, et donc on n'a pas à être déçu... Une déception peut-être, la méconnaissance de notre travail et de notre rôle par le public, alors que la totalité du spectacle repose sur la technique et l'expérience des hommes en blanc... Un lot de vaches compliqué, un cordier mal concentré, des entraineurs surpassés, et alors le spectacle dérape, mais cela très peu de cousayres le voient. Et personnellement en sortant d'une course, je sais si le spectacle a été bon ou pas sur tous les points. En conclusion, si j'ai été déçu c'est parce qu'à l'entrainement on a été dépassé, et ça, malheuresement, c'est arrivé quelques fois. 

Mon plus grand regret c'est que la logique n'est pas logique ! bref soyons sérieux.... peut-être... à partir du moment où je suis devenu chef d'entreprise, et que j'ai porté moins d'attention à ma préparation physique, du coup, étant moins preparé, on se met moins en danger, on ne prend quasiment plus de risques, non pas pour éviter une blessure mais parce qu'on est préoccupé par sa vie professionnelle. C'est trés important l'avenir professionnel quand on pratique la course landaise, surtout d'associer les deux au "haut niveau".

Mon plus mauvais souvenir  c'est un toro de Flores Tassara qui portait le numéro 30, un 4 mars 2011...

3. Quels sont tes souhaits ?

- Tout d'abord entrainer encore quelques années avec mon frère Laurent. C'est comme lorsque tu es au travail et que tu te rends compte que ton collègue a la même vision que toi, bosse comme toi, est autant passionné que toi, parle le même langage technique, et là, c'est plus facile pour tout le monde, et du coup  tu es content d'aller au boulot. Avec Laurent à l'entrainement c'est la même chose. Et puis je souhaite que cette course landaise change et évolue, qu'elle attire un public nombreux, qu'elle amène de l'effervescence en piste et autour des arènes, que l'on voit des spectacles variés, des torères audacieux, des organisateurs et des acteurs récompensés.

III)

LAETITIA GAILLART

(ancienne co-présidente du club des amis de la course landaise de Cazaubon)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon meilleur souvenir reste mon ami Didier Goeytes et son papa Robert en 1999 pour leur vuelta dans les arènes de Nogaro après son titre de champion de France. Il y avait tellement d’émotions et de fierté chez le père et le fils que ça restera à jamais une très belle image de la Course Landaise, un père et son fils unis par la même passion.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ? ta plus grande déception ? ton regret ?

- Mon plus mauvais souvenir reste la tragique blessure de Jean-Pierre Rachou qui lui coûta la vie. Cette année-là je ne suis pas restée sur les gradins jusqu’à la fin, je savais que la blessure était grave. Tout le monde autour de moi le savait. Des déceptions ?? j’en ai beaucoup, surtout humainement. Des "faux" il en a beaucoup, des vrais beaucoup moins. Lorsque j’étais organisatrice, de nombreuses personnes m’ont blessée et déçue. Si je me suis éloignée depuis quelque temps c’est à cause de ces personnes-là. Mes regrets ? Que l’image de la course landaise soit salie par des querelles, des bagarres qui n’ont souvent rien à voir avec la course, qui sont juste des affaires privées mais qui sont malheureusement interprétées autrement dans les journaux, et la polémique va vite.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mes souhaits ?? Que la Course Landaise continue à vivre et à se développer, que les anciens continuent à initier les jeunes. On a une tradition et une passion commune que l’on doit porter et faire connaitre au-delà de nos frontières. Même si je suis devenue bordelaise et que je me suis éloignée des arènes, les photos, les dvd coursayres et mes racines m’ont suivie. Grâce à toi Michel, grâce à mes amies et à toute la presse (internet, dvd, presse écrite et même facebook !!) je reste informée des évènements. En 2015 je reviendrai voir quelques courses, car ça me manque, et je pourrai retrouver cette passion qui m’anime depuis toujours.

Nos prochains invités : Elodie Poulitou, Paulette Saint-Germain et Fabrice Lafourcade

Loïc Lapoudge - Francis Tastet - Jean-Claude Larrède

Nos invités

Loïc Lapoudge

Francis Tastet

et

Jean-Claude Larrède

répondent à nos questions

I)

LOIC LAPOUDGE

(Ecarteur Ganaderia Armagnacaise - Cuadrilla Christophe Avignon - Champion de France en 2007 et 2008)

Loic lapoudge 11. Quel est ton meilleur souvenir ?
 
- Mon meilleur souvenir c'est à l'issue de mon premier titre de champion de France, le moment où la pression est retombée, ces quelques secondes dans les bras de Philippe Descazaux et lorsque j'ai retrouvé tous mes proches à la sortie de l'arène, une grande émotion, un vrai moment de bonheur qui ne s'oublie pas ! Au même niveau, il y a le jour où Guillaume Marsan m'a dit que les Clubs Taurins Paul Ricard allaient me remettre le prix du "coup de cœur" de la saison. Ce prix m'a énormément touché !
 

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?
 
- Regret, déception et mauvais souvenir vont ensemble sur le même évènement. Et là aussi c'est sur un championnat, celui de cette année à Nogaro où je n'ai pas su être présent. Le regret de n'avoir pas pu être le 1er champion de France récompensé par M. le Président Franck Serve, Béarnais lui aussi, mais surtout parce qu'il me connait depuis tout gamin et que c'est une personne précieuse et essentielle sur ma carrière. Mais ce n'est que partie remise !
 

3. Quels sont tes souhaits -

- Que la nouvelle génération d'écarteur continue à perpétuer l'écart tourniquet. Pour ma part, que cela plaise ou non, je persévèrerai à effectuer cette figure en mémoire à Ramutchito et qui est chère a Philippe Descazeaux. Et oui!!!!!! La saison 2015 ne risque pas d'être avare en sifflets !!

 

II)

FRANCIS TASTET

(Grand coursayre de Vielle-Tursan - Ancien président du comité des fêtes)

1. Quel est votre meilleur souvenir ?

- Sans chauvinisme, ce fut à Vielle-Tursan, deux années consécutives, les sorties complètes de Jannick Truchat face à la célèbre corne d'or Fédérale. Moment exceptionnel et inoubliable, avec des écarts au rasoir, des intérieurs, sans perte de terrain, sans touches, une réaction intense du public, un gros pointage final mérité, le tout terminé par une vuelta triomphale pour Jannick. Les primes pleuvaient sur la piste.

2. Quel est votre regret ? votre plus grande déception ? votre plus mauvais souvenir ?

- Je suis attristé chaque fois qu'une coursière se blesse ou s'écorne, véritable perte pour le ganadero. De même je suis peiné lorsque je vois un torero évacué sur une civière. J'ai le souvenir de la fameuse Joselita emportée par sa fougue et sa bravoure s'assommer mortellement lors d'un concours landais à Saint-Sever. Je ne peux pas oublier bien sûr la mémoire des regrettés Duplat, Huguet et Rachou.

3. Quels sont vos souhaits ?

- Comme tous les tauromaches, je souhaite le plus grand bien pour la course landaise, qu'elle continue à nous procurer des émotions, à nous offrir de bons spectacles, et dans la foulée le public viendra aux arènes.

Une remarque : dans les courses de challenge, chaque année des modifications sont apportées dans le règlement sans trouver la meilleure solution. Je désirerais à l'avenir que l'on parvienne à établir un règlement définitif et durable.  

 

 

 

 

 

III)

JEAN-CLAUDE LARREDE

(Grand coursayre de Gousse)

 

1. Quel est votre meilleur souvenir ?

- Parmi tous les bons souvenirs je citerai Samadet 2001 pour la Pentecôte, la course du lundi avec Dargelos et Jean-Pierre Rachou. Une grosse ambiance que l'on connait à Samadet, une formation qui récupére son chef, blessé au festival art et courage et qui reprend aprés la course de Saint-Gor. Et là une course d'équipe superbe avec 2 sorties de Chrisma (ex Labat) toréée par Rachou extraordinaire, et un Momo à la corde impérial. Même Didier Goeytes a été impressionné. Et pour finir la dernière coursière Maroca (Corne d'or) qui a été sautée par Didier Gil, un exploit. Une course à faire dresser les poils. Une course d'anthologie.

2. Quel est votre plus mauvais souvenir ? 

- Je répondrai comme Francis Larrieu d'Arzacq et bien d'autres, mes plus mauvais souvenirs sont les accidents en piste d'Henri Duplat à Pontonx, de Bernard Huguet à Montfort en Chalosse, et de mon ami Jean-Pierre Rachou à Dax. De bien tristes soirées, des moments durs à vivre quand ce sont des amis et alors que j'étais présent lors des trois accidents.

3. Quels sont vos souhaits ?

- D'abord que la fédération s'occupe des emplois des écarteurs car il risque d'en manquer très vite. Chaque année beaucoup arrêtent pour motif de travail. On s'est inquiété voici quelques années, et cela était normal, de leur santé, mais il faut les aider maintenant pour trouver un travail. Ensuite je souhaite que la fédération suive beaucoup plus les sites internet qui font un travail immense pour la course landaise et que les personnes qui s'occupent de ces sites soient reconnues à leur juste valeur, que ce soit par la fédération mais aussi par les acteurs, ce qui n'est pas toujours le cas. Je souhaite également que les pointeurs jouent vraiment le jeu et que la nouvelle formation à l'école de pointage aide à être plus juste. Mon voeu le plus cher c'est que vive longtemps la course landaise, patrimoine des Landes et de la gascogne.

Nos prochains invités : Guillaume Dufau, Jean-François Deyris et Laetitia Gaillart 

Fabien Macia - Bastien Moity - Michelle Eychenne

Nos invités

Fabien Macia

Bastien Moity

et

Michelle Eychenne

répondent à nos questions

I)

FABIEN MACIA

(ancien sauteur Ganaderia Michel Lassalle - champion des jeunes sauteurs en 2002 à Barcelonne du Gers)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon plus beau souvenir c'est le jour où mon frère a gagné son titre de champion de France en 1997 ! il se battait contre les meilleurs, Nicolas, Anthony Roth... je me souviens de la joie quand on s'est retrouvé juste après la remise de son titre de champion en main !! Un très beau souvenir.

2. Quel ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus grand regret est de ne pas avoir pu affronter un toro. Les blessures à répétition, et le manque d'opportunité sans doute aussi, ont fait que je n'ai jamais pu en sauter un... dommage ! Sinon même la dureté du sport, les coups et les blessures n'altèrent en rien mes souvenirs qui sont vraiment de bons souvenirs !! Juste un mauvais souvenir quand même c'est ma blessure au niveau de l'épine dorsale à Auch, une semaine après mon titre de champion des jeunes... cette blessure handicapera toute la suite de ma carrière.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Je souhaite une chose à la course, c'est qu'un jour elle devienne professionnelle !!

Je souhaite qu'on puisse remplir les arènes chaque fois et donc que les acteurs puissent en vivre car aujourd'hui il est très difficile de lier la course et son activité professionnelle. Un autre souhait serait de changer l'obtention du titre de champion de France, il serait judicieux de s'inspirer d'autres sports comme le tennis par exemple, finir numéro 1 mais pouvoir gagner des grands chlems au cours de la saison, nous l'avons plus ou moins avec l'escalot mais nous n'en tenons pas compte et donnons le titre sur une seule course. Le changement apporterait peut-être un public plus régulier sur le long de la saison plutôt que sur 5 ou 6 grands évènements... A méditer.

 

II)

BASTIEN MOITY

(écarteur Ganaderia Armagnacaise - Cuadrilla Christophe Avignon - vainqueur du concours d'Hagetmau en 2014)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Depuis que j'écarte j'ai bien sûr de bons souvenirs. Parmi les meilleurs je dirai ma victoire au concours de Hagetmau 2014 et aussi mon premier écart face à Ibañeza au Houga en 2010. Ce sont des moments importants qui m'ont marqué et fait plaisir.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Cela va peut-être surprendre mais jusqu'alors je n'ai pas de regrets ni de déceptions, je vis les bons moments à 100 pour 100. Mes plus mauvais sourvenirs sont quelques blessures graves qu'ont subies des amis et dont j'ai été témoin. J'éprouve toujours de la peine devant ces situations, sans doute plus que lorsque c'est moi qui suis la victime. 

3. Quels sont tes souhaits ? 

- Mon souhait personnel serait de passer une bonne temporada 2015 avec de la réussite et sans blessure. Et pour la course landaise, qu'elle puisse vivre et faire briller les yeux du public encore longtemps.

 

 

III)

MICHELLE EYCHENNE

(grande coursayre - présidente du club Tolosacoursayre)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Les très bons souvenirs sont nombreux. Si je prends l'histoire à son début, ce sont mes yeux d'enfant éblouis par le scintillement des paillettes du boléro de Ramunchito. Bien des années plus tard, c'est l'ascension de Benjamin de Rovère vers la plus haute marche du podium, en particulier ce final avec un écart intérieur, sortie des loges, le public debout. Je crois que c'était à Aire sur Adour. C'est encore la magie du Festival lorsqu’il se déroulait à Pomarez, je crois qu'il a perdu un peu de son âme en déménageant, mais ce changement s'imposait sans doute, compte tenu de son succès. Et puis, plus près de nous, la première victoire de Thomas Marty à Nogaro, c'est dans cette arène que j'ai renoué avec la course landaise après 20 ans "d'oubli". Alors, Nogaro est pour moi un lieu un peu mythique et voir Thomas triompher m'a procuré une grande émotion. Ce sont aussi les grands concours de Dax avec le triomphe de Hugo Viney-Thomas, de Cyril Dunouau, c'est la victoire de Baptiste Bordes avec cette mise en scène magnifique lors de la Vuelta. Ce sont aussi les premières rondades des sauteurs qui soulevaient les gradins. La liste est longue, je ne peux tout citer !

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Je commencerai par mes mauvais souvenirs. J'ai renoué avec la Course Landaise en 2002, je n'ai donc pas assisté à l'accident dramatique dans les arènes de Dax de Jean-Pierre Rachou. Mais cela reste quelque chose qui m'a fait mal. Un mauvais souvenir, c'était encore à Aire et c'était encore Benjamin de Rovère... cette terrible blessure lors du concours, et ce" désarroi" pour la prise en charge médicale en piste, mais je m'égare !! Je regrette que des solutions ne soient pas trouvées pour garder dans l'arène des toréros de grande valeur. Voir partir des éléments au sommet de leur art est le signe d'une grande vulnérabilité pour l'avenir de cet art !

3. Quels sont tes souhaits ?

- Je souhaite de tout mon coeur, et c'est une conséquence à ce que j'ai dit précédemment, c'est que les toreros ne finissent pas, dans quelques années, par défiler, pour le folklore, derrière les échassiers !! je crois qu'il y a une grande urgence à réformer le système. Je regrette que l'image de la Course Landaise, hors de son lieu d'origine, ne soit pas réactualisée, dépoussiérée, mise en valeur. A titre personnel, j’œuvre avec Tolosacoursayre pour communiquer une image valorisante de cette tauromachie qui souffre de sa trop grande modestie. Et notre grand projet serait d'organiser à Toulouse une feria étudiante, à l'image de celle de Bordeaux, avec une présentation de cet art taurin. Peut-être le Père Noël nous aidera-t-il ? A titre personnel, mon souhait est d'aider la Course Landaise à s'exporter, et TOLOSACOURSAYRE oeuvre à Toulouse pour cela.

Nos prochains invités : Loïc Lapoudge, Jean-Claude Larrède et Francis Tastet

Michel Dubos - Christian Loubère - Elodie Cazeaux

Nos invités

Michel Dubos

Christian Loubère

et

Elodie Cazeaux

répondent à nos questions

I)

MICHEL DUBOS

(8 fois Champion de France des sauteurs - aujourd'hui membre de la commission course landaise à Mont de Marsan)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- J'ai plutôt une longue carrière et ne retenir qu'un seul bon souvenir est quasiment impossible, même avec le recul. Je dirai donc mes huit titres de champion de France, et particulièrement le premier en 1975. Gagner un tel titre pour la première fois remplit de bonheur. Mais mon second titre en 1978 à Mont de Marsan fut aussi une grande joie, parce que c'était chez moi, mais aussi parce que je faisais le second à Gilbert Ducassou, et que Gilbert sur un intérieur (peut-être le seul de sa carrière) gagnait lui aussi le championnat. J'avais vu débuter Gilbert en seconde chez Joseph Labat, et voilà qu'en 78 nous étions deux champions de la même cuadrilla. Un très bon souvenir. Il y en a bien d'autres, notamment un saut périlleux vrillé au-dessus de la fameuse Garlinera à Castelnau d'Auzan.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Quand on n'est pas issu d'une famille de tauromaches, qu'on n'est pas gymnaste de formation, mais qu'on a une aussi belle carrière, on ne peut pas avoir beaucoup de regrets. Ma plus grande déception c'est de ne pas avoir gagné le concours de Mont de Marsan pour finir en beauté. Mes plus mauvais souvenirs, comme tous les torères je suppose, ce sont les blessures. J'en ai connues bien sûr mais pas de grosses, sauf peut-être, et c'était le comble, le jour du jubilé de Ramunchito en 90 à Pomarez, où je m'étais "pété" le tendon d'Achille. Opéré 3 jours après, j'ai manqué 3 mois de boulot, ce qui ne m'était jamais arrivé.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon premier souhait c'est pour le club Gérard Darrigade de Mont de Marsan. Je suis membre de la commission taurine depuis 1990 et je serais content que ce concours soit pris très au sérieux et que les arènes soient pleines comme il y a quelques années. Nous y travaillons en tout cas. Pour la course landaise en général on a eu quelques très bonnes générations, et il faudrait maintenant que quelques nouveaux jeunes arrivent en haut de l'affiche. Aujourd'hui les écarteurs arrêtent jeunes et donc le renouvellement est indispensable. Et puis je formule le voeu que les ganaderos trouvent des vaches sérieuses, pas forcément des vaches compliquées ou très dures mais des vaches qu'il faut toréer.

II)

CHRISTIAN LOUBERE

( Ancien juré - Ancien Président du comité des fêtes de Bégaar - grand coursayre)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Depuis le temps que j'assiste aux courses j'ai beaucoup de bons souvenirs de tout ce que j'ai pu voir en piste. Mais s'il ne faut en retenir qu'un seul je citerai le premier championnat de France que j'ai vu à Nogaro en 1964. J'avais 13 ans, mon oncle Jo Bégaar, écarteur en seconde, m'y avait emmené. C'était grandiose et c'est à partir de là que la course landaise est devenue une vraie passion.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus mauvais souvenir remonte à 2001. J'officiais au jury le soir du concours landais de Dax lorsque s'est produite la tragique disparition de Jean-Pierre Rachou. Un autre très mauvais souvenir c'est aussi la disparition de Bernard Huguet à Montfort. La veille il avait fait une grande course chez moi à Bégaar, et le voir partir le lendemain c'est quelque chose de terrible. J'ai une pensée aussi pour Henri Duplat et son tragique accident à Pontonx.

- Mon regret c'est de n'avoir pu exercer ma passion en piste. Le "non" parental et le désaccord de la famille en sont la cause. Mais je me suis investi en tant que dirigeant et juré. (Nous avons vu des photos des écarts que Christian a tournés dans un beau style chez lui à Bégaar pour les fêtes, alors qu'il était président).

3. Quels voeux pourrais-tu formuler pour la course landaise ?

- Je souhaite que le corps arbitral soit plus homogène et qu'il juge de la même manière pour toutes les cuadrillas. La compétition n'en sera que mieux comprise et admise par tout le monde et la course landaise en sortira gagnante

III)

ELODIE CAZEAUX

(Co-présidente pendant 2 ans du comité des fêtes de Saint-Gein - aujourd'hui secrétaire des clubs taurins Paul Ricard du Bas-Armagnac)

1. Quel est ton plus beau souvenir ?

- Mon plus beau souvenir c'est la sortie d'Ibiza lors de la course de Samadet avec la tumade de Vincent Muiras. Là j'ai vraiment eu la chair de poule. Cette sortie était déjà à émotion avec de très bons écarts. Et peut-être la sincérité de trop, et c'est la tumade. Tu connais Vincent mieux que moi, c'est quelqu'un que je qualifierai de baroudeur, une sorte d'Indiana Jones de la piste. Il donne l'impression que chaque écart est une nouvelle aventure... Si on en revient à cette tumade avec Ibiza, il tombe et là... Ibiza s'arrête en face de lui. Quelle noblesse ! elle le salue d'un petit geste de la tête. Certains diront que c'est l'entraîneur samadétois qui lui tire la corde mais non, pour l'avoir observée d'autres fois elle fait un petit signe de tête, comme pour le saluer. Je suis passionnée par le spectacle, la course landaise, mais j'ai une terrible admiration envers le bétail et ce moment a été un grand frisson, je ne peux pas l'expliquer autrement, c'est un de ces moments où ils s'est vraiment passé quelque chose... Il faut dire que l'ambiance du zénith de la course landaise, comme dirait Éric Lesparre, y fait pour beaucoup, et tout était rassemblé pour mettre en avant la suprématie d'Ibiza et la beauté de cette sortie. Pour une fois les gens n'ont pas retenu le fait qu'Eric Merville ou Vincent étaient en faute. Tout cela restera pour moi inoubliable.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus mauvais souvenir c'est le championnat. Voir autant d'écarts tourniquets ne fut pas très agréable. Mais à cela s'ajoute cette impression du manque d'implication des acteurs même si je comprends que la saison est longue. Les écarts tourniquets sont sûrement des figures à risque plus que les autres pour certains. Pour moi, lorsque l'écarteur attend au maximum et esquive la vache au dernier moment, il a tout gagné ! Le public avait été très dur avec Louis Ansolabéhère après sa rondade au concours d'Hagetmau en 2013. Tout le monde criait au scandale car le saut ne faisait pas partie de la liste des sauts répertoriés et validés par la fédération. Mais sur la grille de pointage où se trouve l'écart tourniquet ? En toute logique les écarts tourniquets n'auraient pas dû, selon moi, être comptabilisés. Voilà pourquoi le championnat ne s'est pas du tout montré à la hauteur... Les acteurs sont fatigués de la saison, c'est un fait, mais a-t-on vu une vraie lutte entre acteurs ? Non pas franchement ! Ils râlent les uns après les autres tout au long de la saison pour être classés à l'escalot et puis lors de la "lutte" finale, il n'y a plus rien. C'est comme si en formule 1, les coureurs se battaient pour prendre la tête de la course et qu'au moment du dernier tour, ils s'attendaient tous pour passer la ligne ex-æquo ! Pas franchement réjouissant d'autant plus que cela s'inscrit dans la dernière grosse journée où tous les passionnés se rencontrent pour "the" événement !

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon souhait le plus cher c'est que les mentalités changent. Tout n'est pas dû aux acteurs. Certes ils font preuves d'un courage inqualifiable mais sans les bénévoles, les spectateurs, les passionnés, ils n'auraient plus besoin de s'habiller. Quand j'entends dire de la bouche des acteurs qu'on ne les encourage pas assez, ça me fait tiquer. La meilleure preuve d'encouragement n'est-il pas simplement le fait de payer 13€ tous les week-end ? Et d'autant plus lorsqu'ils râlent quand leurs enveloppes ne sont pas assez garnies, maintenant que je travaille je peux relativiser un certain nombre de choses, et l'aspect financier fait partie de ces choses-là. Dans quel sport amateur peut-on gagner autant d'argent en si peu de temps ? Je ne désire pas dénigrer leur courage bien entendu, mais il faut quand même remettre les choses à leur place.

Nos prochains invités : Fabien Macia, Bastien Moity et Michelle Eychenne

Mathieu Noguès - Geneviève Tailleur - Thomas Lamagnère

Nos invités

Mathieu Noguès

Geneviève Tailleur

et

Thomas Lamagnère

répondent à nos questions

I)

MATHIEU NOGUES

(Champion de France des écarteurs (4 titres) - Champion de France des vaches sans corde à 5 reprises - Boléro d'Argent 2014 - Ecarteur à la Dal)

1. Quel est ton meilleur souvenir ? 

- C'est difficile de n'en choisir qu'un seul parmi tous les bons moments vécus ces dernières années. Tous les titres sont uniques mais je citerai principalement celui remporté en 2014 avec Fabien et qui me permet de monter sur le podium avec lui, dans une place où deux rois de l'arène ont régné, Christophe Dussau mon chef de cuadrilla et Guillaume Ramunchito que j'admire en vidéo depuis mon enfance. Un très bon souvenir aussi c'est notre prestation dans les arènes d'Arles en septembre dernier avec Jean-François, Fabien et Jean Lalanne. Nous avons je crois donné une très belle image de la course landaise et notre prestation a été très appréciée et très applaudie.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Pour ma part je n'ai pas de grande déception, sauf peut-être cette année lorsque la première sans corde s'est écornée à Vieux Boucau. Cela m'a empêché de remporter pour la sixième fois consécutive le championnat des sans corde. Mes regrets ce sont quelques coups de gueule, mais au moins je dis les choses. J'ai deux mauvais souvenirs, d'abord le premier concours landais de ma vie que je voyais lorsque Jean-Pierre Rachou a disparu. Et puis le tour de piste en suspend de la corde d'Ibañeza à Dax lors du dernier concours. 

3. Quels sont tes souhaits ?

- Pour ma part je vais prendre les courses les unes après les autres et passer une saison 2015 avec la superbe ambiance qui existe dans notre équipe. Puis peut-être ne plus participer aux concours d'ici un ou deux ans, en fonction de la prochaine saison que j'effectuerai. Et puis pour le bien de la course landaise il faudrait qu'on travaille tous ensemble et non chacun dans notre coin. La fédération a fait un pas vers les acteurs, à nous d'aller vers elle et trouver un terrain d'entente et avancer dans la même direction pour le bien de notre art gascon.

II)

GENEVIEVE TAILLEUR

(membre de la commission course landaise de Dax - ancien membre du comité directeur de la Fédération)

1. Quel est ton meilleur souvenir en course landaise ?

- Mon meilleur souvenir de jeune coursayre ce sont les vrais/faux duels que se livraient Ramuncho et Ramunchito dans les arènes. Mes meilleurs souvenirs de spectactrice ce sont les sauts de folie de Nicolas Vergonzeanne devant des toros lors de mon 1er Festival Art et Courage en 2005, l'écart tourniquet de Loïc Lapoudge devant Ibaneza au Championnat de France en 2010. Et puis je dirai aussi la 1ère fois où un acteur m'a dédié un brindis. Mon meilleur souvenir d'organisateur c'est la 1ère Nuit du Toro en 2006.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon regret c'est de n'avoir pas pu, pour diverses raisons, mener à bien tous les projets que j'avais durant mes 2 mandats à la Fédération. Ma plus grande déception c'est le gâchis généré par tant de querelles inutiles qui découragent les meilleures volontés à s'engager et à innover. Mes plus mauvais souvenirs  ce sont toutes les sévères tumades que j'ai vues dans les arènes.

3. Quels sont tes souhaits ?

- D'abord dans les fonctions que j'occupe actuellement à la commission de Dax c'est de continuer à participer à l'élaboration pour Dax de la meilleure programmation possible de spectacles de course landaise, pour en faire la promotion auprès d'un large public non connaisseur. Plus généralement pour la course landaise je souhaite qu'elle conserve longtemps ses valeurs : courage, ancrage dans le terroir, originalité, et aussi ses qualités esthétiques, sportives, dans un esprit de bien-vivre à la Landaise.

III)

THOMAS LAMAGNERE

(jeune coursayre pontois - collaborateur au site "Course landaise Magazine")

1. Quel est ton plus beau souvenir en course landaise ?

- Mes plus beaux souvenirs sont nombreux. Mais s'il faut faire un choix je vais citer cette année à Toujouse le titre de champion des jeunes de Rémi Lapos. Il est allé chercher ce titre tout seul, en tournant un superbe intérieur. Un souvenir inoubliable. Un autre beau souvenir, c'est dans les arènes de Aire sur l'Adour, le titre de champion de France de Hugo Viney-Thomas âgé seulement de 17 ans. Un championnat parfait pour Hugo, régulier à l'extérieur, nous dessinant des écarts-caviar sur chaque coursière ! Des étoiles plein les yeux et la joie de voir arriver à ce niveau un nouveau génie de la course landaise. 

2. Quelle est ta plus grande déception ? ton plus grand regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- Ma plus grande déception c'est l'arrêt de Hugo Viney-Thomas. Il est parti vers de nouveaux horizons, pour un nouveau challenge, il a pensé à la suite de sa vie et a pris une très bonne décision. Mais pour la course landaise c'est une grosse perte car toutes ces années il nous a régalé de sa classe et de son talent. Mon plus mauvais souvenir c'est lors du concours de Dax 2001 avec la tragique disparition de Jean-Pierre Guillé dit "Rachou". J'étais présent dans les arènes et ce sont des moments qu'on ne souhaite pas revivre. Je tire un grand coup de chapeau à Julien Guillé son fils, qui à ce jour effectue une belle carrière. Dans le style de Julien, il y a beaucoup du papa. Il fait partie de l'avenir de la course. 

3. Quels sont tes vœux ?

- D'abord continuer à apprendre tous les faits et gestes en course, et continuer à me faire plaisir et faire des milliers de kilomètres à travers les Landes et le Gers pour aller voir des courses. Avoir des étoiles plein les yeux, remplis de bons souvenir comme cette saison 2014 ! Mon souhait, c'est aussi d'intégrer le comité des fêtes de Pontonx, et m'investir pour faire vivre et perdurer la course landaise à Pontonx avec de superbes arènes ! Et surtout de rejoindre mon grand frère Nicolas, qui s'investit déjà beaucoup au sein du nouveau comité. Mon vœu, c'est un jour monter un spectacle nouveau avec mon grand frère. J'espère qu'on pourra le réaliser, beaucoup d'idées viennent petit à petit. La course landaise est aujourd'hui très importante pour moi, c'est une véritable passion. Un nouveau public est à attirer, avec beaucoup plus de publicité, faire des petits films de présentation comme dernièrement la vidéo sur l'école taurine, bien faite pour attirer beaucoup plus de jeunes à tenter leur chance. Un souhait encore, c'est qu'il y ait beaucoup plus de monde sur les étagères. Actuellement il est difficile d'organiser une course landaise, manque d'argent, problème de la sécurité, publicité insuffisante... A cela s'ajoute maintenant le fait que les acteurs ont du mal à allier course landaise et travail. La fédération doit agir... et pourquoi ne pas faire passer les acteurs en semi-professionnels ? Au-delà de tous ces aspects mon voeu le plus cher c'est que la course dure éternellement.

Nos prochains invités : Michel Dubos, Christian Loubère et Elodie Cazeaux

Louis Navarro - Jean-Louis Demant - Murielle Sourigues-Chinon

Nos invités

Louis Navarro

Jean-Louis Demant

et

Murielle Sourigues-Chinon

répondent à nos questions

 I)

LOUIS NAVARRO

(Champion des Jeunes écarteurs 2013 à Campagne - Ecarteur Ganaderia Deyris - Cuadrilla Benjamin de Rovère)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- J'ai deux souvenirs marquants, d'abord mon premier titre de champion des jeunes à Campagne et ensuite le fait d'être monté à l'escalot pour la première fois en formelle à Donzacq, une course mémorable où j'ai du écarter Carmencite et surtout Ibiza pour la première fois.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? et ton plus mauvais souvenir ?

- Mon pire souvenir c'est mon accident à l'école taurine avec ces trois jours dans le coma dont j'ai gardé quelques petites séquelles, mais qui m'a quand même beaucoup renforcé mentalement. Ma plus grande déception est de ne pas avoir remporté le championnat des jeunes pour ma première participation à Gabarret, parce que c'est la terre natale de mon père et la terre coursayre de mon arrière grand-père Barthélémy 1er, à qui je voulais rendre hommage. Mais j'ai quand même terminé second, ce qui est mieux que rien !

3. Quels sont tes souhaits à l'aube d'une nouvelle année ?

- Mon voeu personnel est de pouvoir participer au championnat de France en 2015. Et je souhaiterais pour la course un autre regard de certaines personnes qui gardent toujours une mauvaise image de nous. Les acteurs ont évolué depuis le temps. Et puis j'aimerais aussi que les employeurs soient plus cléments envers nous pour nous permettre d'associer la course et le boulot.

II)

JEAN-LOUIS DEMANT

(Grand coursayre de Gaujacq - Ancien juré - Président du comité de Gaujacq jusqu'en 2014)

1. Quel est votre meilleur souvenir ?

- Toutes les victoires de Christophe Dussau dans le championnat de France sont de merveilleux souvenirs pour moi tant son art était à son apogée. Et même en 99 lorsqu'il chute devant Fédérale, et qu'il laisse échapper le titre arraché par Didier Goeytes, cela reste un grand souvenir de compétition. Mais j'ai bien d'autres souvenirrs en tête, à commencer par le titre de Fabien Napias cette année à Nogaro qui a pu rebondir après les évènements que l'on sait. Un autre souvenir inoubliable c'est le championnat de France de Didier Bordes.

2. Quel est votre plus grand regret ? votre plus grande déception ? votre plus mauvais souvenir ?

- Mon plus mauvais souvenir c'est d'avoir vu mourir trois hommes en piste : Duplat, Huguet et Rachou. Ce sont des moments terribles. Ma plus grande déception, je dirai que c'est le fait que Janick, avec qui j'ai été à l'école au collège d'Amou et dont j'étais proche, n'ait pu remporter un titre de champion ou un grand concours malgré ses qualités. Enfin mon regret, c'est d'avoir été suspendu de ma fonction de juré à l'issue d'un concours à Saint-Sever et de n'avoir pu participer à la corne d'or 1999. Des erreurs avaient été commises au sein du corps arbitral, deux écarts de Didier Goeytes avaient été oubliés, je n'en étais pas responsable. J'avais alors renvoyé ma licence, je devais être convoqué pour des explications mais je ne l'ai jamais été, j'attends toujours ! Heureusement depuis j'ai trouvé bien d'autres satisfactions en tant que président à Gaujacq.

3. Quels sont vos souhaits ?

- En tant que président je souhaitais avoir la Dal et Christophe Dussau à Gaujacq et j'ai été exaucé, de même avec la participation de Didier Goeytes, de Jean-François Deyris et de Jean-Marc Lalanne l'an dernier. J'espère que mes successeurs poursuivront l'action que j'ai menée dans mon village depuis 1995 pour la course landaise. Mon voeu le plus cher c'est que la course perdure, que des jeunes arrivent et qu'ils puissent s'engager dans la piste sans crainte du lendemain avec la contrainte du travail comme cela est le cas actuellement.

III)

MURIEL SOURIGUES-CHINON

(Membre du corps arbitral -comptabilisatrice- Membre du conseil d'administration de la FFCL)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Il est difficile de ne choisir qu’un seul souvenir. Je vais retenir deux choses : la première, c’est la carrière d’Elodie Poulitou. Je garde en mémoire son courage, sa ténacité, son art et sa technique. Voici quelques grandes dates de sa carrière : le championnat des jeunes à St Loubouer où elle remporte le titre, sa participation au concours de Dax en 2004, sa course à Pomarez le 15 août 2004 et enfin sa dernière course à Samadet le 28 septembre 2014. L’autre évènement est plus personnel, c’est la publication d’un livre en 2002 qui était le résultat d’une année de maîtrise d’histoire. Celle-ci m’a permis d’associer ma passion à mes études et de rencontrer des personnes passionnées comme Jean Barrère et d’anciens acteurs comme Jean Mongis, André Taris…… ("Une histoire de la course landaise", ouvrage paru en 2003 aux Editions Lacoste et que l'on peut trouver sur Amazon et à la Fnac)

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus mauvais souvenir c'est sans aucun doute mon premier championnat en tant que comptable à Dax en 2003. Une erreur dans l’annonce des résultats avait entraîné une bronca et un mécontentement de Nicolas Vergonzeanne. Cela m’a marqué et depuis quand je vais à Dax en particulier j’y repense.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mes souhaits sont nombreux. Tout d’abord, une bonne temporada en 2015 à tous les acteurs et à tous les comités. Puis, une meilleure reconnaissance du corps arbitral tant par les acteurs que par les spectacteurs. Enfin, la concrétisation et le développement de nombreux projets menés par la FFCL comme le Projet Gascon, la formation et la communication autour de la course landaise.

Nos prochains invités : Mathieu Noguès, Geneviève Tailleur et Thomas Lamagnère

David Laplace - André Domenger - Carles Espunes

Nos invités

David Laplace

André Domenger

et

Carles Espunes

répondent à nos questions

I)

DAVID LAPLACE

(Champion de France des sauteurs en 2013 - Vainqueur du concours de Dax en 2012)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- C'est difficile de ne citer qu'un souvenir car plusieurs choses m'ont marqué. Bien évidemment le titre de champion à Dax avec cette communion avec le public et de nombreuses personnes de ma famille. Après je dirai le dernier festival de mon père à Mont de Marsan, un moment très fort savouré aussi en famille. Puis un souvenir un peu plus personnel, c'est le retour des champions à Dax où j'ai pu m'exprimer devant tous ces champions et de voir le public debout à la fin avec les imitations. Cela m'a énormément touché, une joie immense !!!

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Je n'ai pas de mauvais souvenir ou de déception particulière, juste un regret de ne pas avoir pu honorer le gilet blanc dans tous les comités la saison passée. Quand tu sais que ces moments ne se renouvelleront pas chaque année, tu as envie de profiter à fond, mais bon c'est comme ça... On prend sur soi et il faut avancer pour passer au-dessus de tout ça. Je me suis toujours dit qu'il y a plus grave dans la vie !!!

3. Quels sont tes souhaits ?

- Mon souhait personnel, c'est de faire une bonne saison chez Deyris en 2015, et qu'elle se passe sans blessures, autant pour moi que pour mon équipe ou même l'ensemble des torères, pour le bien de la course landaise, et qu'on ne retrouve pas une saison comme cette année où beaucoup d'acteurs sont restés sur la touche. Après j'ai envie de découvrir autre chose, de ne pas rester dans une monotonie, cela pour profiter au maximum de ma passion. Mon souhait pour la course landaise en général c'est que cette passion perdure, que le public sorte d'une arène avec le sourire, ce qui voudra dire que le travail aura été fait en piste !!

II)

JEAN-ANDRE DOMENGER

(Ancien juré - Président honoraire du Comité Régional Landes-Béarn - Vice-Président honoraire de la FFCL)

1. Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

- D'abord dans la période de 24 ans de juré, c'est la confiance de mes pairs qui m'attribuaient régulièrement les grandes compétitions. J'ai eu le privilège, avec mon ami Jacky Labernède, d'avoir pointé une course de challenge à Hagetmau où chaque note individuelle était montrée au fur et à mesure au public qui nous a applaudi à la fin du spectacle. C'est un fait unique. Autre point fort, c'est d'avoir convaincu mes collègues du conseil municipal de Saint-Vincent de Paul de baptiser le carrefour de Buglose "carrefour Joseph Labat" et d'en organiser l'inauguration le 3 février 1996. Un autre gros souvenir c'est cette réunion du comité régional à Begaar, 15 jours avant l'assemblée 1996. Jacky Labernède, malade, ne souhaitant pas poursuivre la présidence. J'étais tout nouveau dans ce comité (je suis allé à la réunion pour découvrir son successeur). Personne ne se bousculaut pour ce poste et j'étais loin de penser à me lancer dans une telle aventure. Mais je fus choisi et j'ai eu le plaisir de conduire le Comité Régional pendant 16 ans et de pouvoir passer le relais dans de bonnes conditions. J'ai eu autour de moi une équipe formidable avec laquelle nous avons su allier travail et amitié. Nous avons consolidé le "Trophée Bernard Huguet", mis en place le prix des "hommes en blanc", le "souvenir Jean-Pierre Rachou". Je rajouterai aussi le jubilé de Didier Goeytes qui fut un moment unique. Tous les dossiers étaient discutés par tous et les décisions étaient votées. J'ai été sollicité par Michel Lalanne pour construire sa liste au comité directeur en 1997. Ce dernier m'a attribué une vice-présidence. Autre grande satisfaction, la confiance qui m'a été accordée par la FFCL pour organiser l'inauguration du chemin "Jean-Pierre Rachou" le 4 février 2002 à Saint-Loubouer, ainsi que la journée qui lui fut dédiée à Mouscardès le 15 Octobre 2011.

2. Quels sont vos plus mauvais souvenirs ?

- Les plus mauvais souvenirs c'est d'avoir vu tomber sur le sable Henri Duplat (à Pontonx), Bernard Huguet (à Montfort) et Jean-Pierre Rachou (à Dax). Pour Bernard Huguet j'étais juré et c'était le 4ème départ de Montfortoise, côté loges. Moment très difficile à vivre. Voir aussi des acteurs s'en prendre au jury pendant les courses comme j'ai pu souvent le voir, cela fait aussi partie des mauvais souvenirs de course. Pensent-ils au public ? La Fédération a mis à disposition des jurés de quoi assurer la sérénité... malheureusement ils s'en servent peu.

3. Quels sont vos souhaits ?

- Nous avons un sport formidable et unique. A nous tous de le respecter et le faire grandir. Quelques médias de plus seraient les bienvenus pour que la course landaise soit connue et reconnue.

III)

CARLES ESPUNES

(Ecarteur à la Ganaderia Aventura - Cuadrilla Ludovic Gontero)

1. Quel est ton meilleur souvenir depuis que tu pratiques la course landaise ?

 - Je dirais que mon meilleur souvenir ce sont les premiers écarts que j'ai faits dans ma vie, dans un entrainement avec Maynus. C'était tout nouveau pour moi, et cette montée d'adrénaline quand la vache passe à côté de toi, c'est quelque chose de fantastique. Du coin de l'Espagne d'où je viens, la Catalogne, la plupart ne suivent pas et ne connaissent rien de la tauromachie, et plus particulièrement de la course landaise. Et donc c'est cette sensation que j'ai ressentie qu' m'a fait entrer dans la course landaise.

2. Quel est ton regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- Je n'ai pas de mauvais souvenirs. Mais j'ai un regret, c'était au début de ma deuxième année de course. On participait à un concours à Gabarret avec Vert Galant contre Cap de Gascogne. J'avais très envie de le faire parce que c'était la première fois que l'on allait pointer mes écarts. Malheureusement je suis passé carrément à côté, un peu à cause du fait d'avoir déconné la veille, et de pas être dans les meilleurs conditions. Je ne l'avais pas trop montré mais je m'en voulais énormément.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Personnellement je souhaite continuer comme je fais depuis le début que j'écarte, m'amuser, prendre du plaisir et progresser en piste. Mais aussi continuer à connaître des gens. Pour la course landaise, je ne sais pas comment c'était avant, mais compte-tenu de ce que j'ai connu j'espère que cela continuera ainsi, avec des comités très impliqués grâce auxquels on est bien reçu dans chaque village où on écarte, avec des gens comme toi qui sans rien demander en échange font connaitre comment se sont passées les courses aux gens qui n'ont pas pu y aller, avec les comptes rendus et les photos. Et bien sûr mon souhait le plus important c'est que les aficionados continuent à venir aux arènes, parce que lorsqu'on voit les tribunes remplies, alors on se donne beaucoup plus à notre tavail en piste, au moins moi.

Nos prochains invités : Vincent Muiras, Robert Labarthe et Jérémy Cojo

Yves Ladousse - Olga Cassoulet - Laurent Deyris

Nos invités

Yves Ladousse

Olga Cassoulet

et

Laurent Deyris

répondent à nos questions

I)

YVES LADOUSSE

(Ecarteur Ganaderia Deyris - Cuadrilla Thierry Bergamo)

1. Quel est ton plus beau souvenir ?

- Mon plus beau souvenir en course landaise est ma première saison en formelle en1997 au sein de la ganaderia Latapy, devenue Lassalle quelques années plus tard. A l'époque l'équipe était constituée de Didier Latapy (chef de cuadrilla), Bernard Laplace, Vincent Lorreyte, Éric Clavé et Alexandre Vic. Le sauteur était le champion de France Michel Deloi, Bertrand Latapy et Laurent Deyris qui débutait en formelle comme entraîneurs, et bien sûr Michel Lassalle en tant que cordier. Ce fut une belle saison, le plaisir de découvrir le monde de la course en traversant nos belles régions de la Chalosse au Gers en passant par les Hautes Pyrénées... bref une multitudes de sensations, et une expérience inoubliable.

2. Quelle est ta plus grande déception ?

- Ma plus grande déception est probablement de ne pas avoir pu effectuer au côté de Michel Lassalle sa dernière saison. Il est celui qui m'a donné cette mentalité de baroudeur, cette force de combattre et de lutter jusqu'au bout, d'affronter sa peur sans reculer devant le danger.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Personnellement j'espère pouvoir continuer à porter le boléro au moins deux années encore afin de réaliser mes 20 ans de carrière. Après on verra si je tiens encore la route, et j'aviserai selon mon physique. Ensuite je souhaiterais que la course landaise puisse durer le plus longtemps possible, mais la vie évolue et malheureusement la difficulté d'allier le monde professionnel et la course landaise promet d'être difficile, et l'avenir risque d'être sombre pour la course landaise. Il faudra agir en conséquence.

II)

OLGA CASSOULET

(grande coursayre d'Arboucave - elle a longtemps présidé aux destinées du club taurin Tursan-Adour)

1. Quel est votre plus beau souvenir ?

- Mon plus beau souvenir, celui qui m'a laissé beaucoup d'émotion, c'est le championnat de France 1999 avec l'image de Didier Goeytes, vainqueur cette année-là, 10 ans après son second titre, et partageant sa victoire avec son père Maxime, premier champion de France de l'histoire du championnat à Nogaro. Une vuelta très émouvante.

2. Quel est votre plus mauvais souvenir ? votre plus grand regret ?

- Le décès de Rachou est mon plus mauvais souvenir, car vécu presque en direct. On ne peut effacer ces images. Mon plus grand regret c'est que des garçons ne puissent aujourd'hui assouvir complètement leur passion à cause des contraintes avec leurs patrons, avec leur travail. Il y a quelques années déjà j'avais soulevé le problème et ces messieurs responsables alors de la fédération s'étaient moqués... On voit aujourd'hui où l'on en est.

3. Quels sont vos voeux les plus chers pour la course landaise ?

- D'abord je souhaite un plus grand respect en piste pour l'image de la course landaise vis à vis des gens qui découvrent notre sport. Ensuite je souhaite que le corps arbitral soit impartial pour tous les acteurs et toutes les équipes, et qu'il juge de la même façon. Je conçois qu'on peut avoir des affinités mais pour moi être arbitre c'est mettre tout le monde sur les mêmes bases... Pour ce qui est de la course landaise plus généralement, il faudrait que nos élites en fassent la publicité, la vendent et la défendent car c'est notre patrimoine ! Que les grandes pistes n'oublient pas les petits comités et ne prennent pas leur date, car cela les accule devant des difficultés dont ils ont peine à sortir. N'oublions pas que ce sont les villages qui font vivre la course landaise.

III)

LAURENT DEYRIS

(Entraîneur à la Ganaderia Dal - Cuadrilla Christophe Dussau)

1. Quel est ton plus beau souvenir en course landaise ?

- Tu peux te douter que des souvenirs, des faits marquants, de beaux moments de course, j'en ai plein la tête. Mais il y en a un dont je suis fier, c'est d'avoir réussi à réaliser le vœu de mon grand-père, former le duo avec mon frère sous ses couleurs de cœur. Cela restera un des plus beaux souvenirs de ma carrière.

2. Quel est ton regret ? ta plus grande déception ? ton plus mauvais souvenir ?

- Des regrets, des déceptions, on en éprouve souvent, surtout quand on recherche à tout instant la perfection, notamment dans notre travail d'entraîneur. Mais toutes les déceptions ou regrets me font grandir, me font avancer, et je regarde toujours devant. Indéniablement mon plus mauvais souvenir est la mort de Jean-Pierre Rachou. Moment terrible à vivre.

3. Quels sont tes souhaits ?

- Avant j'avais beaucoup de souhaits... maintenant je laisse dérouler ma carrière d'acteur... la vie en décidera. Pour ce qui est de la course landaise, notre patrimoine doit être protégé, et j'espère qu'un jour nos champions pourront avoir des emplois protégés afin qu'ils puissent se donner à fond dans cet art taurin et ce sport incomparables... et je lance un appel à nos élus afin qu'ils agissent.

Nos prochains invités : André Domenger, Carles Espunes et David Laplace

Didier Goeytes - Nicole Forsans - Julien Lajus

 Nos invités

 Didier Goeytes

 Nicole Forsans

 et

 Julien Lajus

 répondent à nos questions

I)

DIDIER GOEYTES

(Triple Champion de France des écarteurs - Speaker - Attaché de Production à la société Eurofilm - Président de la Commission Course Landaise de Dax)

Didier

1. Didier, quel est ton plus beau souvenir ?

- Beaucoup de bons souvenirs émaillent ma carrière mais s'il ne faut en retenir qu'un seul je dirai la vuelta aux côtés de mon papa aux arènes de Nogaro après mon 3ème titre de Champion de France. Un bonheur partagé et une communion avec le public.

2. Quelle est ta plus grande déception ?

- Ma plus grande déception c'est d'avoir dû stopper net ma carrière en compétition suite à un problème de santé alors que j'étais Champion de France en titre (1999).

3. Quels sont tes vœux et tes souhaits ?

- Pour ma part, Je souhaite continuer à rendre à la course landaise ce qu'elle m'a donné durant de très nombreuses années, que mon fils Maxime prenne autant de plaisir dans sa nouvelle aventure que j'ai pu en prendre durant ma carrière, et que l'on puisse trouver une solution pour que nos champions restent en piste le plus longtemps possible.

II)

NICOLE FORSANS

(grande coursayre de Vergoignan)

 

1. Quels sont vos meilleurs souvenirs en course landaise ?

 

- Ce n'est peut-être pas le plus beau, mais un des plus jolis souvenirs lors des fêtes patronales du Houga (mon village natal) en 2006. Jean-Louis Deyris met en piste un gamin de 14 ans. Un tout petit bonhomme, un « gaffet » comme on dit ! Il se présente devant la vache, sans complexe, tourne de magnifiques écarts, soulève les gradins, par son audace, son culot plutôt, son style, son élégance déjà. Quelle émotion de voir ce gamin, ce prodige, qui n'était autre que Thomas Marty. Le public a été « époustouflé ». Jean-Louis ne s'était pas trompé quand on voit le bel écarteur qu'est devenu Thomas.

Plus récemment, c'est la course de Panjas, le dimanche 3 août 2014 : Hé oui, encore Deyris ! J'ai découvert Louis Navarro qui, venu en renfort, a su prendre ses responsabilités et nous a offert un spectacle de qualité, entre autres, devant une Ibiza en grande forme et devant laquelle il a obtenu 3 écarts bonifiés. La vuelta qui lui a été demandée m'a renvoyée des années en arrière, du temps où l'on voyait les écarteurs faire un tour de piste et remplir les poches de leur boléro de pièces et de billets envoyés par un public euphorique, et transporté par le spectacle auquel il venait d'assister. Il y avait bien longtemps qu'on n'avait pas assisté à un triomphe comme celui-là.

2. Quel est votre regret ? votre plus grande déception ? votre plus mauvais souvenir ?

 

- Une très grande tristesse en 2001 : la grave blessure de Jean-Pierre RACHOU au concours de Dax (auquel je n'ai pas assisté) et la fin tragique qui s'en est suivie. J'adorais cet écarteur de style. J'admirais son courage, sa simplicité, son honnêteté. Je n'étais pas ce jour-là à Dax, et je ne le regrette pas car cela m'a permis de garder une belle image de cet écarteur de talent.

- Une déception cette année 2014 : la prestation de Loïc Lapoudge au championnat de France. Mon petit « coup de gueule » aussi... Loïc est un écarteur de grand talent et de panache. Des tourniquets lors de ce type de compétition n'apportent pas de points supplémentaires. Matthieu Noguès n'a pas volé ce titre et il a fait un championnat sérieux, concentré, réfléchi et appliqué. Je pense que Loïc n'était pas dans le même état d'esprit et je trouve cela dommage.

- Un regret : Hugo Viney-Thomas qui arrête la course landaise, mais comment lui en vouloir, il nous a tant donné !

 

3. Quels sont vos souhaits ? 

 

- J'ai été éloignée un long moment de la course landaise, le temps de faire 2 enfants et de les accompagner tant qu'elles ont eu besoin de moi. Lorsque j'y suis revenue, quelle belle surprise m'attendait ! Une nouvelle génération d'écarteurs, plus jeunes et plus talentueux les uns que les autres. J'ai découvert de vrais sportifs, de vrais compétiteurs. L'apprentissage de ces jeunes à l'Ecole Taurine nous procure un tel spectacle ! Ah qu'il était loin le temps où on sortait un Cassiède sur une civière et qu'on le ranimait en lui aspergeant le visage de vin blanc !!!!!

 

Ce qui me gène un peu, ce sont tous ces règlements compliqués, ces trophées.... Bien sûr qu'il faut un pointage, mais l'Escalot.... que c'est compliqué ! A Monguilhem cette année, Christophe Dussau a fait une course magistrale mais il n'est pas monté à l'escalot parce que soi-disant il n'avait pas fait le bon nombre d'écarts au bon nombre de vaches... Bref, le public n'a pas compris pourquoi il ne montait pas à l'Escalot ! Moi j'aimerais un règlement plus simple, où l'on s'y retrouverait plus facilement.

 

Ne serait-il pas possible d'annoncer en début de chaque course le classement de l'Escalot ? Ou bien l'afficher à l'entrée des arènes afin que chacun puisse en prendre connaissance ?

 

Une chose me préoccupe aussi, quand je vois tous ces jeunes, si jeunes écarteurs. La saison 2014 a été rude, avec de nombreux blessés. Ces blessures me font peur. Ces jeunes, les protège-t-on suffisamment ? 1ère année de formelle et déjà des participations aux grands concours, face aux marraines. Nos jeunes et talentueux toreros après ces rudes tumades sont-ils bien lucides lorsqu'ils repartent au combat ? Ne faudrait-il pas se poser la question d'un « arbitre médical » qui soit à même d'interdire à un acteur de revenir en piste ? En toute objectivité...

 

On souhaite protéger ces acteurs des blessures, mais il faut également les protéger vis- à vis de leur emploi. Je sais qu'une conférence s'est tenue sur le sujet. C'est un vrai problème car nos sportifs ne sont pas des professionnels, et en cas de blessure entraînant une longue période d'interruption de travail, qu'en sera-t-il de leur avenir professionnel ? Je n'ai malheureusement pas d'idée miracle à proposer.

 

Une satisfaction : il m'a semblé que les étagères étaient un peu plus remplies cette saison. Sans doute la qualité était-elle plus au rendez-vous. Des équipes équilibrées, du bon spectacle... de quoi rendre des coursayres heureux ! Mon souhait bien sûr, c'est que la qualité des spectacles soit au rendez-vous en 2015 et que le public continue à venir nombreux.

III)

JULIEN LAJUS

(Ecarteur -Cuadrilla Ludovic Gontero/Ganaderia Aventura)

1. Quel est jusqu'alors ton meilleur souvenir en course landaise ?

- Mon meilleur souvenir c'est bien sûr d'avoir fini 3ème au championnat des jeunes à Campagne en 2013 et d'y avoir fait une bonne prestation face à des écarteurs qui ont prouvé par la suite leurs qualités. Être près d'eux c'est déjà une satisfaction.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Face à une coursière de la ganaderia du Grand Soussotte j'ai subi un rude choc qui a causé un déplacement du bassin. Souvenir douloureux.

3. Quels sont tes souhaits ?

- J'aimerais bien passer par la formelle et une reconversion en homme en blanc, entraîneur. Cela me plairait bien. Pour ce qui est de la course landaise plus généralement, il faudrait la faire connaître et évoluer partout en France par une meilleure médiatisation, des pubs à la télé, des reportages aux infos ou dans les magazines.

Nos prochains invités : Alexandre Brèthes, Michel Lalanne et Frédéric Laussu

 

Cyril Dunouau - Ophélie Bellegarde - Mathieu Crabos

Nos invités

Cyril Dunouau

Ophélie Bellegarde

et

Mathieu Crabos

répondent à nos questions

I)

CYRIL DUNOUAU

(Vainqueur du concours de Dax 2014 - Vainqueur du trophée corde à terre)

1. Quel est ton plus beau souvenir ?

- Mon plus beau souvenir en course landaise à l'heure actuelle c'est ma victoire du concours de la Madeleine en 2008 grâce à un écart intérieur sur Flamenca. Les arènes s'étaient enflammées et cela reste un moment inoubliable.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Un de mes mauvais souvenirs remonte à ma deuxième année d'école taurine, lors du championnat des jeunes. Hélas je n'ai pas pu terminer puisque je me suis fait une grosse entorse à la cheville 2 jours avant en jouant au foot au lycée. Mais c'est une erreur qui m'a permis de grandir, car désormais je fais très attention à ne pas me blesser à l'approche des grandes compétitions

3. Quels souhaits pourrais-tu formuler ?

- Concernant mes vœux personnels j'aimerais dans un premier temps trouver un emploi fixe dans le public (une aide de notre grande FFCL ou autre serait la bienvenue). Car si l'on continue comme cela, et compte tenu des difficultés actuelles, dans 10 ans la course landaise sera très mal je pense... Mes autres souhaits : fonder une famille, faire bâtir ma maison etc... être heureux quoi ! Puis mes gros rêves en Course Landaise ce serait de décrocher au moins 1 titre de champion de France, et mon second rêve serait d'affronter un toro lors d'une corrida à Mont de Marsan pour la Madeleine.

II)

OPHELIE BELLEGARDE

(grande coursayre de Mont de Marsan - ancienne correspondante d'Eurofilm)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon plus beau souvenir restera le championnat de France à Nogaro en 1999. La victoire de Didier Goeytes avec cet intérieur devant Fédérale, sous la pluie, et le tour de piste avec son papa restent des moments inoubliables.

2. Quel est ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus mauvais souvenir cest le concours landais de Dax en 2001 (si je ne me trompe pas) et la chute fatale de Jean-Pierre Rachou. C'est seulement quelques jours après, sur la route des vacances, à Espelette très précisément, que nous avons appris son décès en écoutant la radio. Moment pénible.

3. Quels sont tes souhaits pour les années à venir ?

- Je crois que mon plus grand souhait serait un 3ème titre de Champion de France pour Loic Lapoudge. Qu'il puisse concrétiser son talent et le beau travail qu'il nous offre quasiment tous les dimanches. En ce qui concerne la course landaise en général je pense, comme beaucoup sûrement, qu'il serait bien de mettre en place un tarif préférentiel pour les passionnés qui sont sur les gradins tous les week-ends. Bien évidemment je souhaite plus que tout que notre sport landais perdure, autant dans les plus grandes arènes que dans les plus petites, et que de nombreux jeunes talents soient encore découverts.

III)

MATHIEU CRABOS

(Entraîneur à la Ganaderia Aventura)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Mon meilleur souvenir, comme acteur, est l'été 2007 dans sa globalité. J'ai vécu pendant 3 mois chez Jean-Louis et Nadine Deyris et j'étais tous les jours au milieu des vaches (soigner, trier, charger, décharger...). J'ai effectué beaucoup de courses avec, cerise sur le gâteau, 5 courses de formelle en remplacement de Jean-François Deyris. En tant que spectateur, je dirais une sortie de Fédérale avec Janick dans les arènes de Castel Sarrazin.

2. Quel est ton plus grand regret ? ton plus mauvais souvenir ?

- Mon plus grand regret est de n'avoir jamais eu ma chance en formelle et de n'avoir pu totalemet faire mes preuves. Le plus mauvais souvenir est sûrement ma blessure au genou en 2011 qui m'a handicapé pendant près de 2 ans avec des douleurs.

3. Quels sont tes voeux ? 

- Mes voeux sont de faire une très bonne saison avec la cuadrilla Gontero et faire tout mon possible pour aider la Ganaderia Aventura ! D'une manière générale, je souhaite à tous une bonne saison et que la course landaise dure encore longtemps !!

Nos prochains invités : Didier Goeytes, Nicole Forsans et Julien Lajus

Fabien Napias - Francis Larrieu - Christophe Darzacq

Nos invités

Fabien Napias

Francis Larrieu

et

Christophe Darzacq

répondent à nos questions

I)

FABIEN NAPIAS

(Champion de France des sauteurs 2014)

Photo Jean-Marie Crampes

Quel est ton plus beau souvenir en course landaise ?

- Ma cinquième année de course landaise vient de se terminer et j’ai en mémoire énormément de bons souvenirs depuis mes débuts. Il est donc très difficile pour ma part de n'en retenir qu'un seul. Je vais en sélectionner deux qui se sont passés durant la saison 2013/2014. Tout d'abord le dimanche 14 septembre 2014 lors de la féria d’Arles où accompagné de Mathieu Noguès, Jean-François Deyris et Michel Agruna, nous avons eu l’opportunité d’affronter un toro lors d’une rencontre tauromachique. Nous avions la lourde responsabilité de clôturer le spectacle et de passer après les reccortadores, les forcados ainsi que les raseteurs camarguais. La pression était à son maximum durant tout le spectacle. Heureusement, grâce à un toro idéal et une sortie rapide, nous sommes parvenus à soulever les arènes pour une matinée qui restera gravée dans nos mémoires.

Et puis, mon second souvenir restera lui aussi un moment unique. Celui-ci est un peu plus récent, c'est le dimanche 5 octobre 2014, le championnat de France. Un évènement qui depuis l’année 2011 prenait une tournure particulière pour ma part, une compétition d’un jour où depuis 2 ans je passais totalement à côté, en partie à cause de la pression depuis que mon titre me fut retiré lors du championnat à Nogaro en 2011. Cette année fut la bonne et encore aujourd’hui il m’est difficile de trouver les mots pour décrire ce que j’ai ressenti à l’annonce du résultat final. C'est l’aboutissement de nombreuses heures passées en salle de gym, comme je l’ai toujours dit, et maintenant encore plus, «  le travail paye  ». Ce fut un jour où je suis parvenu à être fort mentalement, même à ma grande surprise. Un évènement qui va me faire du bien pour la suite de ma «  carrière »

2. Quelle est ta plus grande déception, ton plus grand regret ou ton plus mauvais souvenir ?

- Ma plus grande déception est de ne pas avoir pu participer à la course de Cazaubon cette année. Blessé lors de mon deuxième saut, je n’ai pu continuer cette course dans une place très importante durant notre temporada.

- Mon plus grand regret est sur le plan collectif, car il ne faut pas oublier que la course landaise est avant tout un sport collectif. Alors cette année, ne pas avoir gagné un challenge avec l’équipe de la Dal est un point négatif. On a pourtant été en tête du challenge des Landes et de l’Armagnac une bonne partie de la saison, et ne rien avoir au final est un regret, mais qui se transformera en objectif la saison prochaine.

- Mon plus mauvais souvenir restera bien évidemment ce championnat de France à Nogaro en 2011. Même si, maintenant, 3 ans plus tard, je peux dire que cette épreuve m’a forgé un caractère, m’a rendu plus fort mentalement c’est certain.

3. Quels sont tes vœux et tes souhaits, d'une part pour toi, et d'autre part pour la course landaise en général ?

- Mon souhait sur un plan personnel c’est de continuer à prendre du plaisir, continuer à avoir de bons retours auprès des spectateurs, et tant que cela pourra durer, je serai épanoui dans ma passion. En ce qui concerne la course landaise en général, je lui souhaite de perdurer dans le temps comme c’est le cas depuis maintenant de nombreuses années. C’est une tradition, une culture de notre région qui mérite d’être connue et reconnue.

II)

FRANCIS LARRIEU

(grand coursayre d'Arzacq)

1. Quel est votre meilleur souvenir en course landaise ?

- J'ai de très nombreux très bons souvenirs et parmi ceux-ci : la prestance du ganadero Jean-Charles Pussacq quand il défilait à cheval dans les rues de Dax pour les fêtes. C'était aussi le "gnac" des anciens écarteurs pour affronter les coursières, alors qu'aujourd'hui certains se cachent derrière les talenquères !!! Et je n'oublierai jamais la performance de Jean-Pierre Rachou à Hagetmau devant le toro Brasilio.

2. Quel est votre regret, votre plus grande déception ou votre plus mauvais souvenir ?

- Les mauvais souvenirs sont liés aux départs prématurés de Henri Duplat, Bernard Huguet et Jean-Pierre Rachou.

- Mon plus grand regret c'est de ne pas avoir pu écarter sous peine de voir trop pleurer ma mère !!!

- Et par contre ma plus grande déception c'est de ne pas avoir eu un fils avec lequel j'aurais pu partager ma passion

3. Quels sont vos souhaits ?

- Mes souhaits pour l'avenir... que les "étagères soient bien garnies dans toutes les arènes... et que les pointeurs fassent preuve d'un meilleur professionnalisme sans à priori.

III)

CHRISTOPHE DARZACQ

(ancien écarteur - aujourd'hui entrepreneur "Cuisines Darzacq" http://www.cuisines-darzacq.fr/

Photo Jean-Claude Dupouy

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

- Alors tout d'abord d'un point de vue personnel c'est ma temporada de 2007 avec ma première place à l'escalot. Certes il y avait des blessés mais j'ai su saisir ma chance et ça a payé. Ensuite d'un point de vue général, un des plus beaux souvenirx est l'écart de Christophe Dussau sur Fédérale à Dax, mais aussi un tourniquet tout aussi somptueux d'Olivier Barrouillet qui avait fait lever les arènes de Dax.

2. Quel est ton regret, ta plus grosse déception ou ton plus mauvais souvenir ?

 - Je n'ai jamais réussi à décrocher un concours landais. Celui qui me laissera le plus de regret est le concours de la corne d'or à Nogaro où je finis 1er ex-æquo avec Rémi Corrihons et c'est lui qui est déclaré vainqueur au bénéfice de l'âge. Sur un plan plus général c'est toujours à Dax le dernier écart de Rachou avec les conséquences dramatiques que l'on sait. J'étais dans les gradins et à l'école taurine, et peu de temps auparavant à Samadet pour Pentecôte j'avais écarté avec Dargelos, et au moment de partir après la course Jean-Pierre m'avait serré la main, geste qui m'a marqué et que je garde encore en tête.

3. Quels sont tes souhaits, pour toi-même et plus généralement pour la course landaise ?

- J'ai la chance d'avoir une petite famille formidable, qui me comble de bonheur, et s'il y a bien quelque chose que je souhaite garder et protéger c'est bien "elle", car la conjoncture est toujours là, difficile, et il faut s'accrocher tous les jours. Quant à la course landaise, elle a encore de belles années devant elle, mais je pense qu'il faudrait se pencher sur le fait d'allier la course landaise et la vie professionnelle. Bien que certains patrons aiment et suivent la course landaise, le contexte économique et social ne permet pas d'avoir un gars blessé ou absent plusieurs semaines dans l'entreprise. Je souhaite que des solutions soient apportées à ce problème. Personnellement je souhaiterais mettre en place un "partenariat" avec les clubs taurins et mon entreprise (Cuisines Darzacq) qui pourrait fonctionner sous forme de remise avec les membres des clubs, car je pense que l'on a besoin de ces gens-là en course landaise et qu'ils ne sont pas toujours récompensés comme ils le devraient, affaire à suivre...

Nos prochains invités : Cyril Dunouau, Ophélie Bellegarde et Mathieu Crabos

Rémi Lapos - Lauriane Quaizac - Damien Giacomin

  Rémi Lapos

  Lauriane Quaizac

  et

  Damien Giacomin

  répondent à nos questions et nous font part de leurs souvenirs (les bons, les mauvais), de leurs regrets, de leurs déceptions, et de leurs souhaits.

REMI LAPOS

(Champion des jeunes écarteurs 2014 à Toujouse - Eléve de l'école taurine)

1. Quel est ton meilleur souvenir en course landaise ?

RL : Sans hésitation, mon meilleur souvenir est ma victoire au championnat des jeunes, car je pense que personne ne m'attendait sur la première place du podium (d'ailleurs moi non plus), et c'est donc pour ça que je suis très content de ma victoire ! J'en avais rêvé mais je n'y croyais pas vraiment à vrai dire, d'autant plus que je n'avais j'aimais tourné d'écarts intérieurs, et que ce sont les premiers que j'ai faits, et qui m'ont permis de gagner.

2. Quel est ton plus grand regret ou ta plus grande déception ?

RL : Mon seul regret c'est que mon papa ne soit plus des nôtres pour voir ce que j'ai réussi à accomplir cette saison sinon je suis plutôt satisfait de ma première année dans ce monde qu'est la course landaise.

3. Quels sont tes souhaits, pour toi-même et plus généralement pour la course landaise ? 

RL : Je n'ai pas de souhait particulier en ce qui me concerne, mis à part apprendre, apprendre et encore apprendre, car je pense que l'on apprend tout au long de sa carrière, qui que nous soyons et quoi que nous fassions. Après évidemment j'aimerais pourquoi pas remporter à nouveau le championnat, mais je sais que ça sera très difficile. J'aimerais aussi commencer les vaches sans corde. En tant qu'amollois je me sens presque obligé de me produire devant les nouvelles et de suivre je l'espère les traces de Didier Bordes, Didier Goeytes, Nicolas Commarieu et Vincent Lorreyte, tous les quatre grands feinteurs ! Pour ce qui est de la course landaise je souhaite qu'elle dure éternellement !

LAURIANE QUAIZAC

(jeune passionnée de course landaise - membre du club taurin d'Aignan)

1. Quel est ton meilleur souvenir en course landaise ?

LQ :  Parmi tous les beaux moments que j'ai vécus depuis que je suis la course landaise, je citerai la despedida de Nicolas Vergonzeanne. Voir ces arènes de Dax pleines à craquer, ce public venu si nombreux et enthousiaste, qui est resté sous la pluie sans bouger lorsque Nicolas prononça son discours de remerciements, pour ne pas perdre une miette de ce qu'il disait, ce fut vraiment un moment plein d'émotions et cela restera un grand souvenir.

2. Quel est ton regret, ta plus grande déception ou ton plus mauvais souvenir ?

LQ : Ma plus grande déception et à la fois mon plus grand regret c'est de voir que lorsqu'on organise des courses (c'est le cas pour nous à Aignan) et que l'on se donne à fond pour que tout se passe au mieux, c'est de voir que le public est de moins en moins nombreux. C'est vraiment une grande déception pour moi. Pour ma part je n'ai pas de mauvais souvenir en course landaise.

3. Quels sont tes souhaits pour la course landaise ?

LQ : Pour ma part je souhaite m'investir de plus en plus dans mon club taurin, mon vœu ça serait d'essayer de faire connaitre la course landaise à un plus grand nombre de personnes. Pour la course landaise je souhaite qu'elle vive encore longtemps et que les arènes soient aussi pleines comme elles l'ont été à Nogaro pour le Championnat de France. Cela fait chaud au coeur dans de tels moments et cela est un pied de nez à ceux qui disent que cette tradition se perd. Et puis je souhaite aussi que le problème du travail trouve des solutions pour les acteurs, que l'on arrive à solutionner le problème des pointages, que plus de jeunes s'investissent, que ce soit à l'école taurine pour assurer le renouvellement des acteurs, et aussi dans les comités et les clubs pour que continue la tradition dans nos villages. Vive la course landaise.

DAMIEN GIACOMIN

(ancien torero, élève de l'école taurine puis écarteur chez Michel Lassalle)

1. Quel est ton meilleur souvenir ?

DG : Mon plus beau souvenir ce fut lors d'une réunion à Samadet entre la cuadrilla  et le comité lorsqu'un nom de vache fut cité. il y eut un gros blanc, un gros silence dans la salle à l'annonce du nom de cette vache. Monsieur Rachou se leva et dit "Comme personne ne se prononce, ce sera le petit Giaco et moi pour l'écarter". Cette vache c'était la fameuse Mazarine de Jean-Pierre Labat.

2. Quelle est ta plus grande déception et ton plus mauvais souvenir ?

DG : Ma plus grande déception c'est lors d'un concours de Dax où jai perdu de 0,25pts, et mon plus mauvais souvenir c'est quand Michel Lassalle m' annonça qu'on abattait tout son bétail. Je l'avais déja vécu avec Dargelos quand on écartait les vaches de Labat. Quand on aime le bétail et que l'on voit disparaître une ganaderia dans laquelle on a de grands souvenirs, c'est une nouvelle terrible.

3. Quels sont tes souhaits pour la course landaise ?

DG : Mon voeu le plus cher c'est que toutes les courses se passent bien et que les acteurs, les organisateurs, le ganadero et le public ressortent des arènes joyeux et heureux...

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Date de dernière mise à jour : 06/01/2016