Interviews 1

Vous trouverez dans cette page les interviews de Stéphane Saint-Germain (écarteur), Camille Rol (écarteur), Sullivan Rainho (sauteur), Julien Broca (écarteur), Xavier Piraube (écarteur), Maxime Goeytes (écarteur), Guillaume Dubedat (écarteur), Kevin Ribeiro (sauteur), Bastien Lalanne (écarteur), Elias Dumon (écarteur), Quentin Lasserre (écarteur), Romain Beyris (écarteur), Cyril Karmes (sauteur), Thibaut Busquet (écarteur), Simon Lesparre (champion des jeunes sauteurs 2015), Jean Dufau (musicien et coursayre), Loïc Dudès (revistero), Kevin Pouysegur (président du comité des fêtes de Serres-Gaston), Adrien Descazaux (speaker-animateur), Clément Lesgourgues (écarteur), Nicolas Lamagnère (président de l'Union Pontoise pour la Course Landaise), Kevin Guillevic (champion des jeunes écarteurs 2015), Gilbert Laloubère (hommage à l'ancien sauteur), Gaël Forfert (entraîneur), Thomas Lamagnère (coursayre et correspondant de CLM), Hugo Viney-Thomas (écarteur), Lucien Laurède (vacher), David Laplace (sauteur-écarteur), Florian Lahitte (écarteur), Laurent Martinez (sauteur), Simon Raunier (sauteur), Maylis Darritchon (animatrice), Maxime Dessa (écarteur).

 

- Stéphane Saint-Germain (Ganaderia Béarn-Armagnac) - Camille Rol (Ganaderia Béarn-Armagnac) - Sullivan Rainho sauteur (Ganaderia Lacoste)

  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy - Maéva Dauga - Lucine Lucat


Lors de nos précédentes interviews, nous avions eu le plasir d'interroger quelques fils d'écarteurs célèbres, tous enclins à se faire un prénom et à voler de leurs propres ailes. Aujourd'hui, c'est un frère d'écarteurqui vient nous raconter son parcours. Lui aussi a baigné très jeune dans le milieu de la course landaise... et puis son frère (champion des jeunes à Saint-Justin) et même son cousin lui ont montré le chemin. Stéphane Saint-Germain, aujourd'hui écarteur à la ganaderia Béarn-Armagnac, répond à nos questions.

Stéphane, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Stéphane Saint-Germain, j'ai 24 ans, je vis en couple, j'ai un frère Laurent, que vous connaissez bien, et une soeur Johanna. Je suis de Malaussanne dans le Béarn. Je suis plombier de formation mais en ce moment je travaille dans une usine agroalimentaire.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Je suis venu dans la course landaise grâce à Robert Moncade (aujourd'hui délégué sportif) et Nathalie Darthos qui nous amenaient voir des courses landaises avec mon frère lorsqu'on était tout petits. Mon frère est devenu écarteur, cela m'a donné encore plus envie d'essayer. Mon cousin Fabien Lailheugue était lui aussi écarteur et chef de cuadrilla, cela n'a fait qu'ajouter à mon envie de partager cette passion en famille.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré sur la piste pour la première fois dans les arènes d'Arzacq, lors de ma première année d'école taurine, ce fut également le premier contact avec une vache. Cette première expérience a été le déclic, car le tout premier écart devant Rouperte, une vache de la ganaderia Béarn Armagnac m'a fait forte impression, j'ai senti l'adrénaline monter, et c'est là que l'envie a vraiment commencé.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Comme je l'ai dit précédemment, c'est après mon premier écart devant une vache à Arzacq que j'ai su à ce moment-là que je voulais vraiment être écarteur et suivre les traces de mon frère.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

Je suis passé par l'école taurine durant deux années, sous la direction de Phillipe Descazaux. Ces deux années se sont parfaitement bien passées, jai pris confiance en moi devant les vaches, bien entouré, dans une bonne ambiance avec les autres élèves et l'encadremment. Tout était réuni pour que tout se passe bien.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première vraie course a eu lieu dans les arènes de Pomarez, pour la présentation de l'école taurine. J'y suis allé sereinement afin de montrer aux coursayres venus nous voir tout le travail effectué par les moniteurs de l'école taurine. Et cela s'est très bien passé, même si j'ai subi ce soir là ma première grosse touche face à une vache. Mais voir ce public m'encourager comme il l'a fait, cela m'a donné envie de revenir et de me dépasser.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?  Quelles sont les équipes dans lesquelles tu as évolué jusqu'à ce jour ? Qu'est ce que cela t'a apporté ?

Ma première saison de course s'est relativement bien passée, avec de jolis mano a mano dans quelques courses avec mon ami Rémi Latapy. Une bonne ambiance, du bon bétail pour pouvoir s'exprimer, tout était là pour passer une bonne saison, malgré la déception d'avoir manqué la qualification au championnat des jeune pour seulement 0.25 points.

As-tu connu la blessure ?

J'ai reçu pas mal de coups, certains plus durs à encaisser que d'autres, mais ce sont les risques du métier. Des côtes cassées, un genou endommagé... le lot de tous les écarteurs.

Comment s'est passée ta dernière saison 2016 ?

Ma saison 2016 a été très bonne, avec de belles réussites. Le seul regret que j'ai, c'est que nous n'avons pas eu beaucoup de courses. J'ai trouver un bétail devant lequel je me sens bien, et cela m'a permis de réaliser de bonnes course lors de cette temporada.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs pour la saison prochaine c'est d'abord de continuer à progresser, de rester sur le chemin de mes deux dernières saisons, et surtout de passer de bons moments avec mon équipe.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ? 

Pour ma part je m'entends bien avec la plupart des acteurs, il y a un respect envers nous tous, et cela me plait. Avec les comités cela se passe bien aussi, nous sommes toujours bien reçus, et c'est important pour nous et pour eux d'avoir d'aussi bons rapports, conviviaux et d'amitié.

mment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Mon avenir... très sincèrement, continuer à me faire plaisir et faire plaisir aux coursayres, et pourquoi pas un jour être en compétition.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui j'ai une idole en course landaise, il s'agit d'Eric Labeyrie. C'est un écarteur que j'apprécie beaucoup.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

L'évolution de la course, je la vois davantage comme un spectacle, un spectacle traditionnel, mais cela n'est que mon regard à moi.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que fais-tu cet hiver ?

J'aime la pêche, tous les sports en général, mais surtout le basket que je pratique depuis l'école de basket, c'est à dire depuis mes 4 ans. Cet hiver, une fois la saison de courses terminée, place donc à la saison de basket... et je suis désormais arbitre officiel depuis 2 ans déjà.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé c'est "Joyeux Bordel ", le dernier livre que j'ai lu (ça remonte à loin) c'était "La gloire de mon père". Côté musique j'aime beaucoup Lindsay Sterling, Era, Gipsy King, et aussi Renaud, Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman... Mon plat préféré c'est la salade de riz.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est que je suis travailleur, je n'aime vraiment pas ne rien faire. Pour ce qui est de mon défaut, "je suis, comme dit l'expression, trop gentil".

Merci Stéphane d'avoir joué le jeu de nos questions, et sans doute nos lecteurs auront-ils appris à te connaître un peu mieux. Et pour nous coursayres, amoureux de la course et de ses acteurs, reste "gentil", c'est comme cela que nous t'apprécions... ne le sois pas trop quand même devant les vaches et apprends à te défendre. Nous te souhaitons en tout cas une belle saison 2017, et nous espérons pour vous tous un peu plus de courses à disputer. 


  


  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy - Lucine Lucat 


Ecarteur à la Ganaderia Béarn-Armagnac, Camille Rol fait partie de cette nouvelle génération de jeunes écarteurs qui a débarqué sans bruit sur les programmes de course landaise et sur les pistes de nos arènes. Il nous raconte aujourd'hui son parcours en course landaise et nous confie ses espoirs.

Camille, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J'ai 21 ans, je vis en couple, j'ai une soeur de 24 ans, je réside à Mont de Marsan, je suis mécaniciens poids lourds chez Mercedes.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

La course landaise est un sport de chez nous, et je m'y suis intéressé en voyant des affiches de course placardées pour les fêtes et diverses manifestations coursayres, c'est cela qui m'a attiré, avant que je ne la découvre vraiment. 

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré en piste  pour la première fois  lors des entraînements chez mon ganadère. Je dois avouer que pour mon premier contact j'ai ressenti un peu de peur et d'appréhension, mais c'est difficile à décrire car l'envie d'écarter pour la première fois était très forte. D'ailleurs cela s'est très bien passé, avec de bons conseils et de bons coups de ficelle qui ont fait passer la vache. 

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

A force de voir les hommes en piste j'ai vraiment eu envie d'essayer à mon tour et de me prouver que je pouvais le faire. Cela date maintenant d'il y a 3 ans.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

J'ai directement commencé chez mon ganadère (Béarn-Armagnac) avec des entraînements, des exercices de base et de la technique. J'ai ensuite mis un pied dans l'arène et ma première confrontation face à la vache s'est très bien passée. Une fois l'entraînement terminé j'avais déjà hâte de recommencer en rectifiant les erreurs.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est parfaitement déroulée, avec une bonne mise en confiance, les débuts de la Cazérienne, la pression qui augmente et la course qui se déroule... sans problème. 

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Si la première course s'est bien passée, hélas il n'en a pas été autant la première saison car j'ai pris un gros choc qui a entraîné un coma... et la fin de saison derrière les talanquères, malheureusement.

Comment as-tu vécu cette blessure ? 

C'était une blessure sérieuse, avec un ko... mais je l'ai plutôt bien vécue car j'ai voulu repartir en piste mais non... il y avait plus raisonnable que moi. J'ai recommencé ensuite les entraînements. J'ai reçu des coups moins violents hereusement, et avec un peu de repos j'ai pu recommencer.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

La saison 2016 est une très bonne saison, j'ai accompli beaucoup de progrès, j'ai pu affronter un nouveau bétail, devant lequel j'ai pu bien m'exprimer, et je suis allé aussi dans d'autres équipes pour dépanner.

 

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Pour la saison prochaine, j'ai deux objectifs, progresser davantage et commencer les sans corde.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

Avec les tauromaches rencontrés aux courses je m'entends bien. Avec les comités cela se passe bien aussi mais je ne discute pas trop, je suis plutôt nouveau dans la course landaise et je préfère observer et écouter. 

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

J'espère un jour pouvoir monter en formelle et faire des concours, et surtout progresser davantage.

As-tu des idoles en course landaise ?

Thomas Marty est mon idole.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Je fais du sport en salle pour améliorer mon physique, et cet hiver un peu de Snow.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

J'aime bien les films de comédie, les films drôles. J'aime la plupart des musiques. Mon plat préféré : les lasagnes de maman.

  • Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je suis patient, je suis têtu, quand j'ai une idée j'aime bien aller au bout.

Merci Camille d'avoir bien voulu répondre à ces questions, nos lecteurs te connaîtront ainsi un peu mieux lorsqu'ils te verront écarter au cours de la temporada à venir. Ta passion et ton caractère te permettront certainement d'arriver à tes buts en course landaise. Mais dis-toi bien, et tu peux en être fier, que celui qui était intéressé par les afiches de course landaise peut être fier d'y voir désormais son nom. 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy, Patrick Gauchet et Sullivan Rainho


Il est sûrement le plus atypique des acteurs de seconde. Il n'était pas issu du milieu coursayre et il a connu la course landaise grâce aux initiations de Manu Lataste. La course landaise est venue à lui, et voilà qu'il en a fait son rêve. Christophe Lacoste lui a permis de le réaliser. Mais le garçon a d'autres objectifs, notamment celui de rentrer dans l'armée, et cela depuis toujours. Alors peut-être que la course landaise ne sera qu'un passage, mais souvent une vie est faite de parcours bien différents, et tout aussi intéressants les uns que les autres, quand on a ça au coeur. Alors sauteur aujourd'hui ou soldat demain, nous vous présentons ce soir le parcours original de Sullivan Rainho

Sullivan, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je m'appelle Sullivan Rainho, je vais faire 17 ans le 21 janvier. J'ai un frère et trois demi-frères qui sont bien plus âgés que moi, deux sont à l'armée et le troisième travaille dans un centre commercial. J'ai trois demi-sœurs, plus âgées que moi aussi. J'habite à Tartas et je suis actuellement en recherche d'un petit boulot pour attendre de pouvoir m'engager moi aussi dans l'armée.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Tout d'abord, c'est grâce à Emmanuel Lataste que j'ai découvert ce sport. Manu était venu dans les Pyrénées, car il faut dire qu'avant d'habiter dans les Landes je demeurais dans les Pyrénées, dans un petit village au pied des montagnes. Manu Lataste nous a fait un exposé sur la course landaise, nous a expliqué les écarts, les sauts, le rôle des cordiers et des entraîneurs. Ensuite il nous avait préparé des jeux pour apprendre à écarter et faire des sauts à la course avec des ballons... hélas ce jour-là, j'étais blessé au tendon d'Achille, je ne pouvais rien faire sauf regarder, mais cela ne m'a pas empêché de m'informer pour faire des sauts un peu plus tard.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis rentré dans une arène, c'était pour voir une course landaise avec le collège Daniel Argote à Orthez. J'ai rencontré Mathieu Noguès, d'ailleurs un écarteur très sympa, j'avais pris quelques photos avec lui, on avait parlé de mon rêve, si je puis dire, car à ce moment-là je ne savais vraiment pas que plus tard je serais sauteur. Mon premier contacte face à ma première vache, Marta, a eu lieu aux arènes de Donzacq pour un entraînement, et pour savoir si j'étais près pour la saison 2016. D'ailleurs ma mère a pris une photo ce jour-là et elle est encadrée au salon. Cela restera un grand souvenir. Ce jour-là il y avait toute la ganaderia qui m'encourageait, et aussi Louis Ansolabéhère qui criait quand il fallait sauter... mais bon, la première vache est égale à beaucoup de stress, et peut-être à cause de cela j'ai touché le front de Marta avec mon pied gauche. Mais j'étais tellement excité et tellement heureux que la douleur, je ne l'ai ressentie qu'une heure, voir deux heures après.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

C'est quand je suis allé chez Christophe Lacoste, et depuis ce jour j'ai su ce que je voulais faire... mais parfois la vie n'est pas de notre côté, je suis parti deux ans chez mon père, en 2014-2015. Puis je suis revenu dans les Landes et j'ai commencé ma première saison en 2016.

Comment te prépares-tu ? 

Je me prépare par des exercices physique, tout ce qui est jambes surtout, et après le haut du corps. Je vais à la gym à Saint-Paul les Dax où Nicolas Vergonzeanne et Jérémy Cojo me donnent des conseils pour améliorer mes sauts. D'ailleurs je profite de cette interview pour les remercier. Pendant les week-end, pas tous parce que c'est suivant les disponibilités de chacun, on s'entraîne à la salle de gym à Saint-Sever avec Louis Ansolabéhère et Simon Lesparre. Pour finir, et pour garder la meilleur des formes, je fais de la course à pieds, environ 6 kilomètres tous les trois jours si le temps me le permet.

Comment s'est passée ta première course ? dans quelle ganaderia ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est bien passée, j'étais et je suis toujours dans la ganaderia de la Mecque. Quand je dis que ça s'est bien passé pour les sauts, la cuadrilla m'a quand même fait remarquer que je suis tête en l'air... mais à la fin de la saison je commençais à tout comprendre et donc j'étais un peu plus attentif à tous les petits détails... pas seulement sur les sauts, mais aussi qu'il fallait aider en piste, si la vache revenait il fallait couper sa course pour laisser le temps à mon coéquipier de se protéger sur les grilles ou dans une des talenquères. J'ai vécu ça comme un enfant de cinq ans qui a eu le cadeau qu'il a commandé pour Noël, j'étais émerveillé, je n'en revenais toujours pas d'être enfin un acteur de la course landaise.

Où as-tu effectué tes premières courses et comment cela s’est-il passé ?

J'ai effectué mes premières courses à Cambo, Salies de Béarn, Ussel, Hossegor et Plovan. Au début oui, j'avais peur que ma mère me voit prendre une tumade, mais avec le temps j'ai pris de plus en plus confiance en moi sur les sauts que je faisais. J'ai été guidé et soutenu par la cuadrillia, ma mère bien sûr, et aussi un très bon ami, Hugo Tarance.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs pour la saison qui vient c'est de réussir tous les sauts, et passer des moments agréables avec la cuadrilla. Parfois on me demande "tu vas faire la compétition ou pas" ? Comme je réponds chaque fois, si je peux et si j'en ai l'opportunité je le ferai, mais si je ne peux pas, par manque d'aptitude ou de résultats, ce n'est pas grave, j'aurai quand même fait de belles courses et réalisé mon rêve.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Certains se consacrent à cela parce que c'est leur passion depuis qu'ils sont tout petits... moi ce n'est pas à ça que je vais me consacrer, et comme je vous l'ai dit plus tôt je veux rentrer dans l'armée. Et lorsque j'aurai fini mes années dans l'armée, alors je reviendrai voir les courses landaises en tant que spectateur, et surtout celles de Christophe Lacoste qui m'a permis de réaliser mon rêve et donné ma chance.

As-tu des idoles ?

Oui, et je les ai rencontrées, comme Louis Ansolabhère et Emmanuel Lataste, ou Mathieu Noguès 

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je débute dans ce milieu que je ne connaissais pas et il m'est très difficile de répondre à cette question, sans doute les deux à la fois.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

A part la course landaise, j'aime faire de la moto, passer des moments avec ma famille. Cet hiver je répare la voiture de ma mère et je remets ma moto à neuf.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

 Le dernier film que j'ai aimé : "Fast and furious 7", le dernier livre livre : "Les initiés". Et en ce qui concerne le plat, j'adore les lasagnes maison.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

 Ma plus grande qualité est ma générosité, et mon grand défaut c'est d'être trop gentil.

Merci Sullivan d'avoir raconté pour nos lecteurs ton jeune parcours en course landaise. Nous te souhaitons bien sûr, sous la férule de Christophe Lacoste et d'Olivier Larrieule, de belles réussites dans le domaine du saut, et de bons moments au sein d'une cuadrilla qui saura t'épauler. Et puis, si tu rejoins ensuite l'armée française, tu garderas dans un coin de ta tête de bien beaux souvenirs.


- Julien Broca (écarteur) - Xavier Piraube (écarteur) - Maxime Goeytes (écarteur) - Guillaume Dubedat (écarteur) - Bastien Guindo (écarteur) - Kevin Ribeiro (sauteur)


  Interview Michel Puzos    Photos Jean-Marie Crampes et Michel Puzos


Grande cité coursayre, Garlin peut s'enorgueillir de quelques noms qui ont porté très haut les couleurs de la course landaise et continuentn aujourd'hui à défendre cette belle tradition de la course landaise. Citons les familles Sibor et Cerisère pour tant de belles actions menées dans cette contrée des Pyrénées Atlantiques. Aujourd'hui deux jeunes écarteurs garlinois portent le boléro et vivent leur passion. Julien Broca et Xavier Piraube nous racontent leurs parcours, leur vie de jeune écarteur, leurs espoirs...

Interview : Julien Broca

Julien, peux-tu en quelques mots te présenter à nos lecteurs ?

J'ai 19 ans, j'ai une petite amie, une sœur qui a 16 ans, j'habite à Garlin dans le 64 (Pyrénées Atlantiques) et je suis agriculteur.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Je suis venu à la course landaise depuis tout petit,par le biais de ma famille qui est tauromache, et de mon ami d'enfance Xavier Piraube qui écarte aujourd'hui avec moi. Il nous arrivait de jouer à la course landaise dans la cour de l'école ou même dans la cour de ma maison d'habitation. Et on se retrouvait chaque année pour la course du printemps et des fêtes pour regarder la course ensemble. J'ai découvert la course avec Xavier en regardant des cassettes de course, on les regardait quand il pleuvait parce qu'on ne pouvait pas jouer dehors.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis descendu dans l’arène pour la première fois à l'âge de 14 ans pour un course de plage à Seignosse, puis 15 jours plus tard pour les fêtes de Garlin. C'était une sortie d'un veau pour les enfants, et avec Xavier nous avons tourné notre premier écart. Avant la sortie du veau j'avais un peu peur, mais ça c'est très bien passé, et ensuite j'étais plus détendu. Le lundi soir, lors de la course landaise des fêtes, Xavier et moi avons défilé avec la cuadrilla. Durant l'été Michel Agruna m'a appelé avec Xavier pour participer à une démonstration à la ganaderia pour un reportage de l'émission "Echappés belles" avec Pierre Albaladejo.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J'ai vraiment décidé que je serai écarteur à partir de ce moment là ,et puis le milieu me plaisait, le bétail, porter le boléro et aussi l'ambiance de la fête.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Pour ma part j'ai commencé à bien apprendre la technique avec Alain Labordes à Pomarez, puis j'ai décidé de m'inscrire à l'école taurine. Lors de l'évaluation et de la première mise en contact avec une vache, ça s'est plutôt bien passé. Depuis les gradins j'imaginais les vaches plus grosses et plus impressionnantes, mais quand je me suis avancé pour tourner mon premier écart, j'avais quand même un peu d’appréhension, il faut quand même l'avouer.

Comment s'est passée ta première course ?  et ta première saison ?

Ma première course était une course de l'avenir à Campagne. La course s'est bien déroulée. J'étais énormément stressé la veille et le matin. J'ai ressenti les mêmes sensations que lorsque j'étais sur les gradins, mais bien sûr avec en plus le contact de la vache. Ma première saison de course s'est bien passée, sans grosse blessure, même si j'ai subi un petit ko. Pour le moment je n'ai pas connu la blessure sérieuse.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

Ma saison 2016 a été un peu difficile, avec des hauts et des bas, de l'irrégularité dans mon travail, et pour garder la confiance en soi ce n'est pas très simple.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison  ?

Mes objectifs pour la saison 2017 sont de rectifier les détails sur la technique durant l'hiver avec Jean-Marc Lalanne, afin de retrouver la confiance et faire une bonne saison avec l'équipe.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

Mes rapports avec les tauromaches et les comités sont bons, du fait que je vais voir de nombreuses courses avec mon père, ce qui facilite le contact.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas forcément, elle servent à acquérir de l’expérience pour essayer de gravir des échelons.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui j'ai deux idoles en course landaise qui sont Mathieu Noguès et Loïc Lapoudge, deux écarteurs que j'apprécie énormément. 

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise a du mal à amener du monde sur les gradins, que ce soit en course de formelle dans les petits comités ou de seconde. Je la vois comme un sport pour nous les acteurs mais plutôt un spectacle pour les spectateurs.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Mes loisirs en dehors de la course sont la chasse, le rugby, m'amuser avec les amis et la tauromachie espagnole. Cet hiver je vais chasser, jouer au rugby et m’entraîner avec la cuadrilla.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé est "Les sept mercenaires". Je ne lis pas beaucoup de livres mais je lis beaucoup de magazines et le dernier que j'ai lu est la revue nationale de la chasse. La musique que j'aime est la musique de bandas et la musique sévillane. Mon plat préféré sont les spaghettis bolognaise.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est que je suis une personne qui sait garder son calme. Et mon plus gros défaut c'est que je suis susceptible.

Merci Julien pour avoir bien voulu répondre à nos questions. Je sais que ta passion pour la course landaise t'amènera à quelques sacrifices supplémentaires pour garder ou retrouver la confiance, et nous serons-là en 2017 pour t'encourager. Bonne temporada 2017.   


Interview : Xavier Piraube

Xavier, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J'ai 18 ans et j'habite un petit village à coté de Garlin dans le Béarn.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Je suis venu à la course par le biais de mon père qui a été écarteur durant une courte période. Mais j'allais voir également les courses à Garlin et il ne fallait pas en rater une.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré dans l'arène la première fois à Garlin durant une démonstration, un matin devant un taurillon avec mon ami Julien Broca, on a fait des écarts à deux.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Depuis tout petit, ce fut une volonté très vite établie, dès que j'ai vu mes premières courses. 

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Je me suis d'abord entraîné avec monsieur Alain Laborde à Pomarez et ensuite je suis arrivé en seconde chez Michel Agruna avec comme chef Jean Marc Lalanne qui nous conseille au mieux. Les premiers essais n'ont fait que confirmer ce que je voulais faire.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est très bien passée à Vieux Boucau. J'étais très stressé, on le serait à moins, mais c'était de la bonne pression et au premier écart elle est partie.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Ma première saison s'est bien passée, sans problèmes particuliers. C'était la découverte.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ? Sinon comment as-tu réagi face aux premiers coups reçus ?

Je l'ai connue cette saison avec une fracture du scaphoïde à Samadet, ce qui m'a éloigné des courses un petit mois. En règle générale quand je prends un coup j'essaie de me relever et ça me donne encore plus de motivation pour la suite.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

J'ai passé une saison plutôt bizarre, avec des courses irrégulières dans mon travail.

Quelles sont les équipes dans lesquelles tu as évolué jusqu'à ce jour ? Qu'est ce que cela t'a apporté ?

Depuis que j'ai commencé je suis en seconde chez Michel et Cathy Agruna. Avec Jean-Marc Lalanne comme chef de cuadrilla on ne peut que progresser, et d'ailleurs je suis allé renforcer l'équipe de formelle de temps en temps à la Dal.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

J'apprécie beaucoup discuter avec les tauromaches, pour leur gentillesse d'abord mais aussi pour écouter leur ressenti sur les courses. Avec les comités, c'est pareil, c'est important pour la course de pouvoir échanger avec eux, c'est plaisant.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je ne sais pas, seul l'avenir pourra le dire.

As-tu des idoles ?

Mes idoles ce sont les écarteurs de la grande époque comme Ramunchito ou Jean-Pierre Rachou.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

J'aime beaucoup la chasse. Cet hiver je vais me préparer physiquement pour arriver en pleine forme pour la saison 2017.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Je n'ai pas de film en tête mais ce sont les films drôles et d'action que je préfère. Je lis des ouvrages sur la corrida. En musique c'est le flamenco que j'écoute le plus souvent. L'artiste que j'aime bien c'est Kendji. Mon plat préféré c'est une bonne entrecôte.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est d'être compétiteur. Mon plus grand défaut c'est d'être têtu.

Merci Xavier pour t'être confié pour nos lecteurs. Être têtu n'est pas forcément un défaut, il faut l'être parfois pour arriver à ses fins et aux buts que l'on s'est fixés. Et je sais que tu vas travailler d'arrache-pied pour démarrer l'année nouvelle au sein de la ganaderia Armagnacaise. Bonne temporada Xavier.

Les prochaines interviews : Damien Lucbernet, Rapahël Petriacq, Raphaël Toro ......


  


  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy, Jean-Marie Crampes, et Jean-Patrick Lapeyrade


La comparaison n'est pas forcément facile à assumer. Quand on a dans sa famille un grand-père premier champion de France des écarteurs et un père trois fois champion de France, il paraît logique de se demander "serai-je le 3ème larron de la famille à postuler pour autant de titres" et "en serai-je capable" ? On vous z'yeute, on vous scrute, on vous compare... Mais voilà, le garçon a son propre caractère et ne se prend pas la tête. Sa philosophie à lui c'est plutôt "faire (le mieux possible) et voir venir"... Un peu philosophe sans doute, mais sachant où il va entre études, sport et course landaise, Maxime Goeytes a pris son envol au Pôle Espoir, et commence à faire parler de lui. Il nous raconte aujourd'hui son parcours, désireux avant toute chose de poursuivre son apprentissage.

Maxime, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, j'ai 17 ans et j'habite à Tartas avec mes parents et ma sœur Alexia qui a 21 ans. Au niveau des études, je suis en première année d'un DUT Techniques de Commercialisation à l'IUT Montesquieu de Bordeaux.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Etant petit-fils et fils de Champions de France, j'ai assisté à mes premières courses dans un landau pendant les dernières années de carrière de mon père, et naturellement en grandissant, j'ai continué à aller aux arènes avec ma famille car c'est quelque chose qui me plaisait vraiment.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis entré dans une arène, c'était en 2012 à Mugron pour une course des "jeunes et des anciens" où j'ai écarté deux veaux aux côtés de Xavier Piraube, Bastien Lalanne et Jean Ducassou. Mon premier écart avec une vache s'est déroulé exactement dans le même contexte l'année suivante à 14 ans. Cela s'est plutôt bien passé, et après cette première sortie ma seule envie était d'y repartir.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Il y a pas eu de moment précis où je l'ai décidé, mais c'est vrai qu'à force d'enchainer les écarts dans des spectacles festivals l'envie d'écarter était de plus en plus présente, et quand l'opportunité de prendre une licence au pôle espoir s'est présentée je l'ai saisie sans hésiter.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont déroulés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

D'abord en 2013 et 2014 j'ai eu la chance de pouvoir écarter dans 3-4 spectacles où nous étions invités avec Bastien et Jean comme au Houga, à Bastennes ou encore à Dax le matin d'un spectacle du club Boletero. A ce moment-là, on faisait ça uniquement pour s'amuser et l'aspect technique passait au second plan. Et pour justement acquérir et améliorer cette technique j'allais m'entrainer l'hiver avec le pôle espoir en répétant les gestes et en travaillant aussi beaucoup le physique. Et puis, un peu avant le début de ma première saison, nous avons mis ce travail en pratique devant les vaches, et maintenant j'essaye de travailler et de m'améliorer à chaque spectacle. Cet entrainement tout le long de l'hiver nous permet alors de nous mettre en condition pour pouvoir être le plus serein possible et aborder les courses en confiance.

Comment s'est passée ta première "vraie" course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ? N'est-ce pas trop difficile de porter le nom d'un champion de France des écarteurs, et aujourd'hui personnalité reconnue et appréciée du monde coursayre ?

Ma première vraie course c'était lors de la présentation de la cuadrilla 2015, donc en octobre 2014. Je l'ai abordée sans pression comme si c'était un spectacle comme ceux auxquels j'avais participé durant l'année, donc ça c'était plutôt bien passé. C'est sûr que ça rajoute peut-être une pression supplémentaire et on est très facilement exposé à la comparaison, et les gens sur les gradins cherchent parfois la moindre similitude, mais je prends cela comme une fierté, et ensuite en piste j'essaye de passer outre et de me concentrer sur moi en tant que moi-même et non en tant que "fils de".

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Ma première saison s'est plutôt bien passée, elle m'a permis de découvrir beaucoup de choses en participant à des spectacles très variés que ce soit mixtes sur la côte, face à des jeunes vaches, ou plus complètes face à un bétail plus sérieux et devant un public coursayre. C'était donc une année riche en apprentissage.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ?

Non, juste une petite entorse au poignet la première saison, mais rien qui ne m'a obligé d'interrompre ma saison.

Et comment s'est passée ta saison 2016 ?

Ma saison 2016 s'est passée dans la continuité de la précédente, on a un groupe soudé et j'ai pris beaucoup de plaisir à chacune de mes prestations. Au niveau personnel, je continue de travailler pour progresser et j'ai eu l'occasion de prendre part à plus de courses complètes.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Nous avons eu quelques départs et aucune arrivée, donc le premier objectif sera de faire en sorte que ces départs n'aient aucune influence sur nos prestations, et puis surtout de travailler ma technique pour pouvoir être de plus en plus régulier, sans oublier de continuer à prendre du plaisir tout en essayant d'en donner aux spectateurs.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

J'entretiens des rapports sains avec les tauromaches et je sais écouter ceux en qui j'ai confiance. Et en ce qui concerne les comités, je n'ai pas souvent l'occasion d'aller à leur rencontre mais je les salue car partout où nous allons, nous sommes très bien reçus et ca fait toujours plaisir d'y repartir l'année suivante.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

C'est difficile à dire car tout peut changer du jour au lendemain, mais en tout cas j’espère pouvoir continuer le plus longtemps possible et pourquoi pas en formelle dans les années à venir si mon niveau le permet.

As-tu des idoles en course landaise ?

Au niveau des acteurs que j'ai pu voir écarter, celui que j'ai eu le plus de plaisir à voir c'est Hugo Viney-Thomas.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour les spectateurs, je pense que la course doit être un spectacle, mais il ne faut pas oublier qu'être en piste demande tout de même quelques aptitudes physiques et cela reste une performance sportive. Donc pour mettre tout le monde d'accord je pense qu'on peut dire que la course landaise est un "sport spectaculaire".

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Pour garder la condition, l'hiver je pratique de la gymnastique à l'Espoir Mugronnais, avec lequel je me produis parfois pendant les entractes des courses l'été, et je fais également du foot, au club de Tartas jusqu'à cette année, mais maintenant que je suis à Bordeaux je joue dans l'équipe de mon école en championnat universitaire.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai aimé c'est "Les Petits Princes", le dernier livre que j'ai lu : "Debout Payé" de Gauz, au niveau de la musique j'aime beaucoup de styles, mes goûts sont variés, et mon plat préféré c'est les pâtes à la carbonara.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Pour moi les deux choses sont liées puisque je dirai que ma plus grande qualité c'est mon calme, et mon plus grand défaut ma nonchalance.

"L'apparence requiert art et finesse, la vérité calme et simplicité" disait Emmanuel Kant... alors cher Maxime, garde ce calme qui te caractérise et qui très certainement, par ton travail, ton écoute, ton souci de te perfectionner et de gravir les échelons, te donnera cet art et cette finesse qui sont aussi des valeurs de la course landaise... et qui ne seront pas j'en suis certain une simple apparence. Nous te souhaitons une bonne temporada 2017.


  


  Michel Puzos   Photos Jean-Denis Clavé, Marie Anaïs Baché, Michel Puzos, JR Descombes


Son milieu familial coursayre l'a entraîné vers la course landaise, spectateur puis acteur. Mais il ne s'est pas contenté d'avoir la passion, et comme beaucoup d'autres il a travaillé, beaucoup travaillé, pour devenir l'écarteur qu'il est aujourd'hui au sein du Pôle Espoir Dal-Armagnacaise. Ce perfectionniste n'a rien laissé au hasard. La blessure l'a quelque peu déstabilisé à une époque, mais la passion est revenue plus forte que jamais et lui a redonné l'envie. Garçon discret, amateur de nos traditions, Guillaume Dubedat nous raconte son parcours.

Guillaume, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

J’ai 20ans, j’ai une sœur Laurie de 26 ans, j’habite à Vielle Saint-Girons sur la côte landaise et j’ai terminé mes études sur l’environnement au mois de juin.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J’ai découvert la course landaise tout petit avec mes parents, on partait voir les courses dans tout le département, en particulier dans le Gers puisque j’ai pratiquement toute ma famille là bas. Un frère de ma grand mère, Marcel Larrieu, était vacher à l’époque de la famille Dargelos, il s’occupait du troupeau, des coursières comme Paola, Maripose, Fédérale… la fine fleur de la ganaderia. Mon parrain étant écarteur aussi, Christophe Malet. Et puis papa était entraineur, vacher, il réparait les cordes à la maison, faisait des estacs pour les camions, des crochets pour la ganaderia, d’ailleurs il le fait toujours. J’allais à la ganaderia avec lui, même maintenant, pour réparer les portails, soigner, donner un coup de main chez Michel Agruna et chez Michel Lassalle jusqu'à l’arrêt de sa ganaderia malheureusement. J'ai donc vécu pleinement le milieu coursayre.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

J’ai eu l’occasion de renter dans l’arène avec papa quand il faisait le charlot pour Michel Lassalle sur les courses de plage du côté de Soustons. Plus grand je suis allé devant le petit veau pour écarter sur les courses de plage comme Capbreton et autres. Mon premier contact face à une vache s'est produit chez Michel Agruna dans les petites arènes de la ganaderia, avec Raphaël Toro. On avait 15 ans, nous avions Monsieur Christophe Dussau avec nous pour nous conseiller, ainsi que Manu Lataste. Michel venait nous voir à l’entrainement, et comme cela ne se passait pas trop mal il nous a demandé de venir passer l’épreuve du courage, après avoir travaillé la technique chez Alain Laborde, tous les dimanche matin du côté de Pomarez. Lors d’un entrainement de la formelle de la Dal à Momuy, Alain était venu nous voir écarter, voir si on avait le courage d’appliquer les fondamentaux qu’il nous avait enseignés, choses que personne ne peut transmettre, c’était la deuxième fois devant du bétail. Cela c’était bien passé, Alain nous avait remercié car on lui avait fait plaisir, un moment fort.

2Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Quand j’ai décidé d’aller m’entrainer à Pomarez chez Alain Laborde, j’y allais le dimanche matin et parfois le vendredi soir au milieu des grands, Mathieu Noguès, Hugo Viney-Thomas pour ne citer qu’eux. Jusqu’à que ce qu'Alain nous sente prêts pour aller devant le bétail.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Comme j’ai pu en parler auparavant, j’ai tout appris avec Monsieur Alain Laborde. La technique, le comportement, le replacement, le jeu de jambes, l’attente, en dehors, en dedans, sa vision de la course, acquérir tous les fondamentaux de l’écart pour être prêt à affronter ce bétail brave. On avait amené des cornes et papa tenait la corde. J’aimais aller à Pomarez avec ce grand monsieur qui malheureusement n’est plus là. Tout s’est toujours bien passé. Je regardais des cassettes d’Alain, ou les dvd d’Eurofilm, les vidéos des courses. Je passe au ralenti, je le fais encore aujourd’hui : le lâcher, la corne, les vaches, l’évolution des vaches, leur comportement, tous les éléments qui sont importants afin d’analyser le bon et le moins bon au fil des courses. Après je continue à m’entrainer l’hiver avec Jean Marc Lalanne, Pascal Lalanne et mon père à Poyanne pour revoir les fondamentaux et travailler le physique.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s’est très bien passée, malgré le stress, c’était du côté de Vieux-Boucau, presque à la maison, le 8 avril 2012. L’office du tourisme qui organise les courses avait décidé d’en faire une pour les touristes présents à cette période de Pâques. Laurent Saint-Germain était le chef de cuadrilla. Nous avons pu nous entrainer avant avec du bétail, lors d’entrainements avec la formelle de la Dal, Raphaël et moi, puisque nous étions les deux seuls avec la licence de seconde.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Ma première saison de courses s’est très bien passée au sein de la Dal en seconde, j’avais été sélectionné avec Raphaël par la commission de Dax pour participer avec l’école taurine au concours des jeunes l’après-midi, avant le grand concours des fêtes. J’ai fini premier de l’éliminatoire jusqu’à la dernière vache de la finale où hélas une sévère tumade m’a coûté la première place, je finis second, mais cela reste un très bon souvenir dans les arènes de Dax.  J’ai pu monter en formelle pour trois courses avec l’élite, au milieu de Christophe Dussau, Mathieu, Hugo, Cyril, Denis, Laurent, Fabien et Manu, Serge, Bernard... à 16ans, avec quelques courses dans les jambes, c’était une année de découverte, j’étais heureux comme un gosse.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ? Sinon comment as-tu réagi face aux premiers coups reçus ?

Oui j’ai connu des blessures, la première année lors d’une course formelle à Maubourguet, à mon premier écart de la course, j’ai voulu trop bien faire d’entrée mais Floriana m’a envoyé à l’hôpital de Tarbes avec un traumatisme crânien et une entorse des cervicales. Cette première « blessure » te met un peu dans le doute, mais après je n'ai eu aucune appréhension lors de la présentation en novembre. Alain Laborde était présent, il m’a parlé et j’ai compris qu’il était content de ma prestation. Après une bonne saison en 2013, rebelote en 2014 lors de la première course à Toulouzette, en mars, le matin avant la formelle. Floriana m’envoie à l’infirmerie, je reviens, mais c'est Marie-Laure qui m’envoie cette fois à l’hôpital de Mont de Marsan. Cette saison 2014 a été très compliquée pour moi, pour revenir en confiance, avec un autre coup dur du côté du Houga au mois de juillet.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

Bien que j’ai raté quelques courses au début de saison, puisque je passais les examens de BTS, et que je n'ai attaqué qu’au mois de juin, ma saison 2016 s’est plutôt bien passée.

Quelles sont les équipes dans lesquelles tu as évolué jusqu'à ce jour ? Qu'est ce que cela t'a apporté ? Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

J’ai toujours évolué en seconde de la Dal-Armagnacaise, ça fera la sixième saison. Cela m’a apporté de très bonnes choses, des bonnes courses en 2012, 2013, de très bons souvenirs, comme le 15 août à Pomarez avec la formelle, ainsi que la grosse course d’Orthez avec comme invité Nadau. J'ai connu aussi le moins bon, quand on n'a plus confiance en soi ni en personne après la blessure. L’arrivée de Jean-Marc Lalanne comme chef m’a fait du bien puisque nous étions orphelins sans Alain. Il nous entraine l’hiver avec mon père et Pascal Lalanne, et il est en piste avec nous. Mes objectifs pour la saison prochaine sont de  me faire plaisir avant tout et faire plaisir aux gens présents sur les gradins.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

J’ai de bons rapports avec certaines personnes coursayres et les comités, on a été toujours bien reçus partout où on est passé. C’est toujours un plaisir de revenir d’une année sur l’autre dans certaines places.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Je n’aime pas trop me projeter, mais j’espère toujours être dans la course landaise, ce patrimoine gascon qui est passionnant. Tant qu’on se fait plaisir c’est l’essentiel, je pense en seconde ou en formelle… l’avenir nous le dira !

As-tu des idoles ?

Petit oui, bien sûr Christophe Dussau, j’aimais bien aussi Fabrice Laurède. En grandissant je suivais mon parrain Christophe Malet, et je ne voyais que par lui ! Après j’ai appris à regarder les autres écarter, et quand j’ai commencé à m’entrainer chez Alain Laborde, je n’avais plus de préférence, car chacun a son style et sa façon d’écarter, de travailler les vaches et/ou les toros

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je pense que c’est un spectacle avant tout, même si il y a des compétions individuelles et collectives, c’est un beau sport ! Mais à force, je trouve que le pointage, les challenges « tuent » le spectacle, les gens attendent des grosses sorties, que ça claque tout le temps et d’entrée.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

A côté de la course landaise, j’aime bien les fêtes bien sûr ! Après, je pense surtout à la chasse et à la tauromachie en général ! Je chasse le gibier d’eau à la tonne avec mon père et des amis. C’est beaucoup de temps, de travail, on élève nos appelants pour leurs aptitudes aux chants afin d’attirer les oies et les canards en migration. Il faut être plus que passionné, même un peu fou !

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j’ai regardé est « Retour chez ma mère ». Le dernier livre que j’ai lu « Michel Agruna, une vie de défi ». Les musiques : j’écoute un peu de tout, j’aime bien Paco de Lucia, Kendji Girac, les musiques de fêtes, ou encore Nadau. Je mange de tout, les bons plats régionaux du Sud Ouest ou des simples pates carbonara, je ne suis pas difficile !!

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je ne sais pas trop, c’est difficile de parler de soi. La qualité je dirai rester humble, réfléchi. Les défauts, je dirai défaitiste ou pas sûr de moi.

Merci Guillaume de nous avoir raconté avec force détails ton parcours en course landaise. La façon dont tu nous a raconté tout ça, prouve  toute ta passion, on la devine derrière chacun de tes mots. Alors continue à prendre du plaisir et à nous en donner, et nous te souhaitons bien sûr une belle temporada 2017.


     


  Michel Puzos   Photos Maéva Dauga et Marie-Anaïs Baché


Lorsque je l'ai connu à l'école taurine, et que je lui ai parfois servi de chauffeur, j'ai tout de suite apprécié ce garçon, passionné bien sûr, aimable, courtois, et qui n'avait dans sa tête que des vaches, des toros et des toreros. Bastien Guindo, aujourd'hui en seconde chez Jean-Louis Deyris, se livre à nos questions.

Bastien, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, j'ai 20 ans, je vis en couple mais toujours chez mes parents, je suis de Gamarde les Bains, je travaille actuellement chez Macadam à Saint-Paul les Dax, une boutique de prêt à porter. J'ai un petit frère de 16 ans, atteint d'autisme, mon frère est une de mes forces dans l'arène.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Depuis toujours j'ai eu la tauromachie en moi, d'ailleurs mes parents m'ont souvent reproché d'avoir dit le mot taureau avant des formules de politesse. Etant de Gamarde, grande cité coursayre, je ne loupais jamais une course, et j'assistais même au débarquement des coursières.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Tout petit je suis rentré dans l'arène pour écarter les premiers veaux, mais pour être franc, plus jeune je n'étais pas le plus courageux. Arrivé à l'âge requis je me suis inscrit à l'école taurine fédérale pour faire mes armes, et mon premier contact avec les vaches a été bien sûr, comme tout écarteur, un moment très attendu, très stressant aussi, mais cela s'est finalement relativement bien passé, étant donné que j'ai effectué mes premiers écarts avec l'école taurine dans les arènes fétiches de Gamarde. 

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J'ai toujours été très attiré par les sauteurs, par leurs capacités sportives exceptionnelles, mais ce qui me faisait encore plus rêver c'était les feinteurs. La sortie de la vache sans corde m'a toujours captivé plus que les autres, et depuis tout petit je me suis juré de réussir dans cette discipline. Et puis il faut dire que lorsqu'on est très jeune, il est plus facile de s'entraîner à écarter que de faire les différents sauts de course. Donc je me suis entraîné très jeune à l'écart et plus tard à l'école taurine j'ai appris la complexité de la technique.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Comme je l'ai dit précédemment j'ai débuté à l'école taurine fédérale où j'ai appris énormément, très bien entouré par une équipe d'écarteurs d'expérience. Le plus dur a été d'enchaîner les séances avec le bétail car il a fallu très vite apprendre à travailler le mental, cela n'a pas été toujours facile.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est très bien passée, je suis resté sur ma bonne lancée des quelques séances que nous avions faites devant le bétail lors des semaines précédentes, j'ai abordé cette course sereinement, et en deuxième partie je me suis beaucoup plus livré ce qui m'a réussi, j'en garde un très bon souvenir.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Ma première saison de courses s'est également très bien passée, j'ai effectué plusieurs courses avec l'école taurine et les différents ganaderos qui nous invitaient, je retiens spécialement l'invitation du comité des fêtes de Gamarde avec l'accord du ganadero Jean-Louis Deyris qui m'a permis d'effectuer la course avec la formelle dans mon village.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ?

Oui j'ai connu quelques blessures, comme tout écarteur, on n'y échappe pas... des délicatesses aux genoux, deux côtes touchées et surtout un ko qui m'a beaucoup refroidi mentalement, et j'ai dû travailler énormément sur moi-même pour revenir en confiance.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

Lors de cette temporada 2016 j'ai signé chez le ganadero amollois Jean-Louis Deyris, à ma plus grande satisfaction des couleurs qui faisaient rêver depuis tout petit. Cette saison a commencé timidement, il a fallu que je prenne mes marques et que je me trouve une place au sein de la cuadrilla de Thierry Bergamo, je suis vraiment rentré dans le bain en milieu de saison, pour finir, je pense, sur une de mes meilleures saisons. J'ai été très bien entouré par des hommes d'expérience et qui n'hésitent pas à vous transmettre leur savoir, et je les en remercie car j'ai beaucoup progressé.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Essayer de rester sur la même lancée, dès le début de temporada, et pourquoi pas si la saison est meilleure et si l'occasion se présente, passer le pas en formelle.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

Les rapports sont très bons, nous avons des comités d'exception où nous sommes reçus comme des rois, et l'ambiance est toujours au rendez-vous, aussi bien avec les comités qu'avec la cuadrilla, c'est notre force.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Depuis tout petit je suis un garçon très rêveur, cependant j'arrive à un âge où il va falloir commencer à concrétiser ces rêves, en commençant par une montée en formelle, et tant que la passion est là tout ira bien, mais bien sûr comme tout jeune passionné, avec des rêves plein la tête, je souhaite une carrière qui dure, et j'essaierai de tout faire pour bien la remplir.

As-tu des idoles en course landaise ?

Je suis assez admiratif de la plupart des hommes qui se défendent devant des coursières de renom, mais Mathieu Noguès a toujours été et restera toujours un grand champion et l'une de mes premières idoles. On ne peut qu'être qu'admiratif d'une telle carrière, et surtout d'une telle leçon à chaque fois qu'il foule la piste.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise a de beaux jours à vivre, avec une belle vague de jeunes talents qui arrivent et qui vont tout faire pour perpétuer notre art gascon. La fédération innove et essaie de moderniser cette vieille tradition, mais il ne faut pas oublier que ce qui plait et ce que tout le monde souhaite c'est qu'elle reste authentique.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Comme chaque année, durant l'hiver j'ai repris le basket à Gamarde pour garder la forme et penser un peu à autre chose. Mais je suis quelqu'un de bosseur donc généralement je reprends vite l'entraînement à l'écart, je me dis tout le temps que le travail finit toujours par payer.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Je suis davantage spectacle que film, et le dernier spectacle que j'ai aimé a été celui de Jeff Panacloc le ventriloque. A part la Cazérienne je ne lis pas grand chose... et au niveau musical j'écoute un peu de tout, surtout les nouveautés. Mon plat préféré c'est les moules frites.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est ma sociabilité, et mon plus grand défaut ma nervosité, le fait d'avoir parfois le sang un peu trop chaud.

Merci Bastien pour ta participation à cette série d'interviews que nous menons cet hiver. Garde le sang chaud, comme Mathieu l'un de tes écarteurs référence. Il faut avoir du caractère pour réussir dans la vie, et devant les vaches encore davantage. Alors continue à te passionner, à travailler, et nous te souhaitons une très belle temporada 2017


     


  Michel Puzos   Photos Lucine Lucat et Maéva Dauga


Ceux qui suivent les courses landaises, et qui vont et viennent à travers le pays coursayre, parfois dans les plus petits villages, avaient remarqué un tout jeune sauteur qui s'essayait au-dessus des petits veaux. Je me souviens d'une course à Pouydesseaux où ce jeune piaffait d'impatience, n'attendant que l'ultime sortie où il pourrait se produire... et même sur l'herbe, quelle importance ! De place en place, et année après année, il s'est aguerri jusqu'à devenir en septembre dernier le nouveau champion des jeunes sauteurs. Kevin Ribeiro a pris du galon, mais pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il a accepté de répondre à notre questionnaire.

Kevin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J'ai 15 ans, je vis chez mes parents à Dax, j'ai une petite sœur de 10 ans et je suis en première année de CAP plâtrier plaquiste à Morcenx.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J'ai découvert la course landaise à l’âge de 2 ans en regardant les cassettes vidéo de mon grand-père Jean Sanchez, ancien photographe décédé en 2000. Depuis ce jour-là je me suis mis à fond dans la course landaise, et à l’âge de 14 ans mes parents m'ont inscrit à l'école taurine où maintenant je fais mes premières armes.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

La première fois que je suis rentré dans l’arène j'avais 9 ans, c'était lors de la course de Noël au quartier du Sablar à Dax. Et ce jour-là Guillaume Vergonzeanne mon entraineur était présent, et il m’a dit "le veau est tout petit, c'est maintenant ou jamais". Je me suis donc élancé pour mon premier saut de l'ange et cela s'est très bien passé.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ?

Je me suis vraiment dit que je voulais être sauteur lorsque j'ai fait mon premier saut, c'est là que je me suis dit "C'est ça que je veux faire".

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" de sauteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Les étapes par lesquelle je suis passé pour être sauteur c'est tout d'abord la gym au côté de Nicolas et Guillaume Vergonzeanne, et ensuite à 14 ans je suis parti à l'école taurine junior et c'est là que j'ai vraiment appris le "métier" de sauteur.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Ma vraie première course s'est effectuée à Villeneuve de Marsan, je l'ai abordée avec beaucoup de stress mais je l'ai vécue aussi avec beaucoup de joie car tout s'est bien passé et je me suis dit "ça y est, c'est enfin le début d'une aventure".

Et ta première saison de courses ?

Ma première saison de course c'est super bien passée aussi. J'ai participé à 60 courses où je me suis amusé et au cours desquelles j'ai pris énormément de plaisir à fouler la piste et à m'envoler au-dessus des coursières.

As-tu connu la blessure ?

Je n'ai pas encore connu la blessure en course. Mon premier petit coup c'est à Horsarrieu où j'ai pris la vache dans les cuisses, mais je suis reparti en suivant prendre ma revanche.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

Elle s'est bien passée et elle s'est surtout très bien terminée avec ma victoire au championnat des jeunes.

Peux-tu nous parler de cette journée particulière ?

Une semaine avant le championnat je me suis dit "cette fois c'est vraiment un rêve qui se réalise, participer au championnat des jeunes". J'ai stressé toute la semaine, je me suis entrainé à fond et non-stop au côté de Viny Philipot, Maxence et bien sûr Guillaume. Le jour du championnat est arrivé, je suis parti le matin à 9h rejoindre Guillaume à la gym pour un "réveil musculaire" et bien me remettre dans le bain, revoir un peu les derniers sauts. Et puis je suis parti pour Bougue. J'ai vécu l'épreuve dans de bonnes conditions car j'ai écouté le mot de Guillaume "pars au championnat comme si tu partais sauter à Vieux-Boucau". A l'annonce du résultat final ce fut l'explosion de joie quand j'ai entendu que j'avais remporté le championnat.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Mes objectifs pour la saison prochaine c'est d'abord aider les copains en piste, faire de bonnes courses pour l'école taurine et pouvoir défendre mon titre en fin de saison.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ? 

Je pense avoir de bons rapports avec les comités et les tauromaches et je pense avoir donné tout ce que je pouvais pour les satisfaire.

Comment vois-tu l'avenir ?

D'abord  un bon avenir pour la course landaise car il y a de plus en plus de jeunes pour écarter et sauter, des noms nouveaux apparaissent chaque année dans les programmes et rejoignent les cuadrillas. Et pour moi j'espère bien sûr réussir une belle carrière, je fais tout mon possible en tout cas. 

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui j'ai des idoles, côté sauteurs Nicolas et Guillaume Vergonzeanne, et côté écarteurs Thomas Marty et Baptiste Bordes.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course landaise est à la fois un sport et un spectacle, pour nous les sauteurs c’est un vrai sport car il faut une préparation physique intense, et pour le public c'est du spectacle.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

En dehors de la course landaise mon loisir c’est la gym, j'y passe 4 jours par semaine pour les entrainements. Cet hiver je vais préparer ma saison 2017 pour revenir en pleine forme dès les premières courses et satisfaire les coursayres qui paient leur place pour venir nous voir.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Le dernier film que j'ai regardé c'est "Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu"... je ne lis jamais, et la musique que j'écoute c'est le groupe Boulevard des Airs... mon plat préféré c'est le confit de canard avec des frites.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Ma plus grande qualité c'est être serviable, et mon plus gros défaut c'est être têtu.

 

Têtu mon cher Kevin, il a fallu que tu le sois pour parvenir à ton succès au championnat des jeunes, après toutes ces années de travail. Tu connais l'expression "On n'a rien sans rien". Alors chapeau pour ta motivation et ton travail assidu. "Sauter et encore sauter" pourrait être ta devise. Nous te souhaitons une belle temporada 2017 et de belles réussites.

 

 

 

 


        

- Bastien Lalanne (écarteur)


  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy et Maéva Dauga


Depuis plusieurs années on le côtoyait dans les talenquères ou aux abords des vestiaires des écarteurs, et l'on devinait que ce garçon chaleureux, l'oeil toujours attiré par les vaches, franchirait un jour le pas. Un Lalanne pouvant en cacher un autre, nous n'avons pas été surpris de le voir  un jour en boléro devant les vaches de course. Bastien Lalanne nous raconte son parcours, ses motivations, ses galères, ses souhaits... 

Bastien, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Bonjour, j’ai 19 ans, j’habite à Laurède et j’ai une sœur, Julie âgée de 15 ans. En ce qui concerne mes études, je suis en BTS ACSE (Analyse et Conduite d’un Système d’Exploitation agricole) par alternance à la MFR de MONT (64)

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

J’ai découvert la course landaise tout simplement en suivant mon père Jean-Marc depuis tout petit. Jusqu’à l’âge de 12 ans j’assistais à toutes les courses avec ma mère. Ensuite mon père m’amenait de temps en temps avec lui. J’ai donc pu découvrir les avant courses et la préparation des écarteurs à plusieurs reprises. Mon plus grand plaisir était aussi d’aider les vachers à décharger et recharger les vaches.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Bien évidemment, comme tout acteur je pense, mon premier écart a été effectué devant un veau, lors d’une course au Houga en 2010, organisée par Jannick Truchat. Depuis mon enfance je suis un passionné de vaches, et à compter de mes 13 ans j’allais chaque année en vacances pendant 3 semaines ou 1 mois chez Jean-Louis et Nadine Deyris, jusqu’à l’arrêt de papa chez les vert et blanc. Cela me permettait d’être au contact des vaches tous les jours, et c’est ce qui me plaît toujours à l’heure actuelle. Pendant les vacances, je partais en camion aux différents spectacles qu’avait Jean-Louis. C’est lors d’un toro-ball à Arzacq, j'avais 14 ans, que j’ai fait un écart devant la vache pour amateurs. Personne n’était au courant, ni mes parents ni Jean-Louis et Nadine. C’est grâce à Eric Passicousset que j’ai franchi ce pas, et ce jour-là c’est lui qui tenait la corde. Ce premier départ de la vache qui me fonce dessus, je l’avoue ça m’a fait une drôle d’impression, je dirai même que j’ai eu peur.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

J’allais écarter des veaux de temps à autre. La première année où Michel Agruna a monté le pôle espoir avec mon père comme chef de cuadrilla, j’ai vraiment décidé à ce moment-là d’essayer devant les vaches. Mon père n’a pas voulu pour l’année 2014, il m’a dit que je n’étais pas du tout prêt même si j’aimais ça. C’est en 2015 que j’ai réussi à lui faire accepter de me lancer, même si j’étais conscient que j’avais beaucoup de choses à travailler.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

Plusieurs étapes m’ont été nécessaires pour que je devienne écarteur. En supplément du rugby le samedi, je me suis entraîné tous les dimanche matin avec le pôle espoir, en faisant beaucoup de physique car j’en avais besoin. Ensuite est venue la partie technique de l’écart : apprendre à jeter, à calculer l’attente… etc. En 2015, j’étais prêt, je me sentais bien et serein dans mon écart lors des entraînements. Il ne me restait plus qu’à recevoir la première vraie tumade. J’ai effectué mes premiers écarts lors d’un entraînement, quand on essayait des vaches à Saint-Loubouer. J’ai pris ça comme un amusement du dimanche matin, sans pression.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

Sans compter la présentation à Pomarez, où c’était juste une petite approche de la saison 2015, mais sans stress, ma première vraie course s’est déroulée pas loin de chez moi, à Toulouzette. Bien sûr la pression était présente, avec la peur de décevoir le public. Cette course s’est très bien passée. Et depuis ce jour-là, j'ai même trouvé une partenaire que j’aime écarter et que j’affronte chaque fois qu'elle est présente, Andréa. Ce matin-là, j’avais réussi 3 beaux écarts. Et après cette course, j’ai voulu prouver à tous les gens qui ne croyaient pas en moi qu’ils allaient se tromper.

Comment s'est passée ta première saison de courses ? Est-ce que ce n'est pas trop dfficile de porter le nom d'un "père champion" ?

Ma première saison a été plutôt moyenne, interrompue par une blessure mi-juillet. Beaucoup de personne me comparaient avec mon père, et même si j’essayais de ne pas y porter attention, pour ne pas me mettre la pression, toute ces paroles restaient malgré tout dans un coin de la tête.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ? Sinon comment as-tu réagi face aux premiers coups reçus ?

Comme je l’ai dit précédemment, une blessure est arrivée lors de ma première saison, un arrachement osseux qui m’a éloigné des arènes durant 1 mois. C’était le 16 juillet quand on m’a annoncé ça. J’ai tout de suite pensé aux ferias de Dax où il était prévu le 14 août la course des « Père et fils ». J’ai vraiment eu peur que ce ne soit plus possible, mais avec le repos tout s’est arrangé, et même si c’était risqué car ce n’était pas bien consolidé, je n’ai pas voulu rater une occasion comme celle-là, qui ne se reproduirait plus pour nous. Ce petit mois d’arrêt je ne l’ai pas forcément bien vécu, vu que je suis une personne d’extérieur, qui aime bouger et ne pas rester sans rien faire. Mais cette fois-là je me suis fait une raison avec comme objectif d’être remis sur pied pour le 14 août. Par contre, les premières touches ou tumades reçues m’ont fait une drôle de sensation... mais maintenant je les accepte, même si ce n’est pas toujours très agréable, cela fait partie de la course et on ne peut y échapper.

Comment s'est passée ta dernière saison 2016 ?

La saison 2016 a été ma saison chance avec plusieurs opportunités qui se sont ouvertes. La première est celle d’affronter des vaches sans corde, j’ai bien apprécié. Puis Michel Agruna m’a fait confiance en me faisant participer à quelques courses en formelle pour leur donner un coup de main lorsqu’il y avait des blessés, et en même temps cela m’a permis de découvrir ce monde totalement différent de la seconde. Malheureusement, mon seul regret cette année est le championnat des jeunes où je n'ai pas pu accéder au titre.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

Pour le moment je ne peux pas trop me projeter sur la saison prochaine, étant donné que je viens de subir une intervention chirurgicale des ligaments croisés. Je peux juste vous dire qu’il me tarde d’avoir l’autorisation de refaire du sport, de revenir en piste, pour retrouver dans un premier temps des sensations, me faire plaisir et bien sur essayer de satisfaire les personnes qui seront sur les gradins.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

Je n’aime pas trop discuter avec les personnes qui jugent les acteurs, mais davantage avec celles qui analysent le geste et les figures que l’on a effectuées, en évoquant principalement ce qui ne va pas, pour ensuite le travailler. Concernant les comités, il m’arrive de parler avec des organisateurs de course mais pas tant que ça. Par contre on est super bien accueillis dans chaque comité.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Comme tout acteur je pense, j’aimerais avoir le niveau pour monter en formelle un jour. Mais pour le moment je préfère encore m’améliorer et m’amuser en seconde.

As-tu des idoles ?

Je n’ai pas forcément d’idoles en course landaise, mais j’apprécie beaucoup le style d’écart de Thomas Marty et de Gaétan Labaste.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

Etant donné que je suis en seconde, sans pointage, je n'ai comme but que de faire partager mes sensation au public. Je vois plutôt la course landaise comme un spectacle. Par contre le côté sportif, avec de la compétition individuelle ou collective, reste important à maintenir, même si pour le moment cela ne m’attire pas trop.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

Habituellement, je pratique du rugby chaque hiver. Mais comme je l'ai dit précédemment, étant blessé cet hiver, je serai obligé de me contenter de séances chez le kiné pour que mon genou récupère au mieux.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Je ne suis pas un grand fan de lecture, ni de cinéma … Au niveau musique, j’aime les musiques festives. En ce qui concerne les plats, je ne refuse jamais les plats traditionnels, mais pour en citer un, je dirai qu’une bonne entrecôte fait toujours plaisir.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

C’est assez difficile à dire quand on parle de soi, mais d’après quelques proches, au niveau de mes qualités, j’écoute toujours les conseils que certains peuvent me donner dans n’importe quel domaine, je ne lâche jamais rien, je me bats jusqu'à la fin des épreuves. Mon plus grand défaut est mon fort caractère, je ne fais que râler, que ce soit au rugby ou en course, et je suis un peu trop franc et direct avec les personnes, ce qui ne fait pas toujours plaisir à entendre.

Merci Bastien d'avoir répondu à nos questions avec franchise. Nous aimons ceux qui se donnent à fond pour réaliser leurs rêves, aller toujours plus loin dans le but de s'améliorer, de donner le meilleur et donc de faire plaisir aux spectateurs. Nous te souhaitons d'abord de retrouver une forme physique optimale, et de réussir ta prochaine temporada, toujours au Pôle Espoir... avant de rejoindre les rangs de la formelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


     

 

- Elias Dumon (écarteur)


  Michel Puzos   Photos Jean-Claude Dupouy, Lucine Lucat et Maéva Dauga


Les écarteurs gersois sont de nouveau dans l'arène. Parmi eux, c'est dans la cité chère à Jean et Gérard Darrigade qu'Elias Dumon s'est amourraché de la course landaise. Sa tante Colette n'y est certainement pas pour rien, mais ses premières courses en tant que spectateur à Cazaubon et Gabarret ne l'ont jamais laissé indifférent. Là est née une passion qu'Elias a accepté de nous raconter. 

Elias, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

  • Bonjours à tous, je m'appelle Elias Dumon, j'ai 19 ans, je vis avec ma famille à Mont-de-Marsan, j'ai une petite sœur et un petit frère. Je suis originaire de Cazaubon dans le Gers où je suis également employé communal.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

  • J'ai découvert la course landaise lors des fêtes de villages (Cazaubon et Gabarret) et grâce à ma tante Colette Fitton grande coursayre elle aussi. Quand je voyais ces hommes au milieu de la piste, brillant de mille feux, défiant une bête qui n'avait qu'un seul but celui de les attraper, uniquement avec leur courage, cela me faisait rêver. Après chaque course je rentrais chez moi en disant à ma maman de m'inscrire à l'école taurine... mais elle ne voulait rien entendre, et à chaque fois j'avais droit à la même réponse "Tu ne prends pas assez de coups au rugby, pour aller en prendre dans une arène ?". Et donc étant mineur je ne pouvais pas commencer sans son accord.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? 

  • C’était l'été de ma majorité (été 2015), je savais que je pouvais moi-même signer la licence d'écarteur, mais avant de m'engager dans une équipe je voulais connaître la sensation que cela faisait d'évoluer devant des vaches. Donc je me suis mis aux jeux des courses de plage, et quelques cocardes de temps en temps. Ça s'est plutôt bien passé, même si je ne risquais pas de coûter cher aux comités avec mes cocardes arrachées (rire).

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

  • A la fin de la saison sur la côte, l'envie était toujours là, j'ai donc pris mon téléphone pour appeler Julien Lajus écarteur de la ganaderia Aventura pour proposer mes services. Je suis donc parti deux mercredi à la ganaderia pour m'entraîner avec lui. Mais le jour oú j'ai vraiment decidé d'écarter c'était le 17 octobre 2015 lors d'un entraînement de la Ganaderia Aventura. Le ganadère Richard Lataste m'avait proposé de faire des essais devant quelques coursières pour voir mon ressenti. Cet entraînement s'est plutôt bien passé, et le soir Richard me donna cette fameuse licence que j'avais attendue pendant tant d'années.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais, quelles ont été à ce moment-là tes impressions ?

  • Le métier d'écarteur, je l'apprends encore, car on ne devient pas un écarteur en une saison. Je me suis directement engagé dans une seconde pour rentrer directement dans le vif du sujet. Des membres de l'équipe m'ont entraîné, conseillé, comme Manu Lataste, Clément Lesgourgues, Julien Lajus et René (grand ami et préparateur de Manu). Mes premiers essais se sont bien passés, nous avons fait deux entraînements durant l'hiver. Le premier raconté précédemment et le deuxième qui s'est déroulé à Castel-Sarrazin, et qui s'est bien passé lui aussi avec de très bonnes sensations.

Peux-tu nous parler de ta ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

  • Ma première course a eu lieu le 1er mai 2016 à Vicq d'Auribat. Richard avait emmené du joli bétail, dont Gabardanne qui deviendra au fil des courses une de mes partenaires. J'étais énormément stressé, beaucoup de monde était présent ce jour-là car c'était le retour de la course dans ce vilage. Je me posais beaucoup de questions, mais une fois le premièr écart passé, porté par la musique, ce ne fut que du bonheur.

Comment s'est déroulée ta première saison de courses ?

  • Cette saison s'est très bien passée pour ma part. Elle fut forte en émotion notamment avec la course festival de la Dal à Cazaubon. Se retrouver à défiler entre Christophe Dussau et Mathieu Noguès deux grands champions, écarter dans mes arènes, écarter mes premiers toros, toute ma famille et mes amis dans les gradins, ce fut quelque chose de magique. Il y a aussi la course que l'on a faite à Parentis-en-Born pour 2000 bikers (arènes pleines) avec une terrible ambiance, et puis celle de Hinx première course en dur de la saison... que de très bons souvenirs. S'il fallait chercher une petite note négative je dirais les deux compétitions auxquelles j'ai participé. Le national des écarteurs de seconde à Gabarret où je finis 3ème, et le championnat des jeunes 4ème. Comme tout compétiteur j'aurais aimé gagner, mais j'ai tout tenté et c'est donc sans regret https://www.facebook.com/images/emoji.php/v6/f4c/1/16/1f642.png

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ? 

  • Je touche du bois, je n'ai pas connu de graves blessures, juste quelques cartilages abimés aux doigts, mais rien de méchant. Ça fait tout drôle de traverser la piste sur les cornes, mais si certains se relèvent alors pourquoi pas moi ? C'est ce que je me disais à chaque fois que je me faisais attraper pour venir prendre ma revanche.

 Quelles sont les équipes dans lesquelles tu as évolué jusqu'à ce jour ? Qu'est ce que cela t'a apporté ? Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison avec la Ganaderia Dal ?

  • J'ai évolué au sein de la Ganadéria Aventura, cuadrilla Ludovic Gontero, où j'ai passé une très bonne saison, une vraie bande de copains. Mes objectifs sont simples pour la saison prochaine avec la ganaderia Dal, satisfaire les comités qui nous font confiance, continuer de me former avec les conseils de Christophe Dussau, et aider du mieux que je peux l'équipe, que ce soit avec mes écarts ou avec le travail à faire en piste.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

  • Je ne connais pas grand monde pour l'instant mais avec le peu que je connais j'ai de très bons rapports. C'est toujours plaisant à la fin de la course de discuter avec des passionnés autour d'un verre, d'apprendre quelques anecdotes, d'écouter leurs points de vue sur la course qui a eu lieu.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • J'ai du mal à prédire l'avenir donc j'espère qu'il sera beau https://www.facebook.com/images/emoji.php/v6/f57/1/16/1f609.png

As-tu des idoles ?

  • Oui, j'ai trois idoles, dont deux avec qui j'évoluerai la saison prochaine : Mathieu Noguès, Vincent Muiras et Gaëtan Labaste. J'affectionne particulièrement ces écarteurs, car peu importe la tumade qu'ils prendront ils se relèveront toujours, et toujours avec plus d'envie. Comme on dit dans le milieu "ce sont des écarteurs tilluts".

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

  • C'est une question pas facile... du moment qu'il y'a une fédération c'est un sport, mais c'est aussi une prestation devant un public qui lui vient voir un spectacle, donc pourquoi pas 50/50 ?

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

  • L'hiver je joue au rugby à Cazaubon, je suis également passionné de chasse, j'y passe une grande partie de mon temps entre champs et forêts à me promener. J'aime aussi regarder les corridas du moment sur internet.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

  • Je suis un grand amateur de Louis de Funès, donc comme film ce sera "Ni vu ni connu". Le dernier livre que j'ai lu : "Gueule de torero" de Jacques Durand et Blaise Volckaert. Comme musique j'écoute beaucoup de bandas ou de musique espagnole, les artistes musicaux que j'aime sont : Raya Réal, Paco Montalvo, Maria Carrasco. Mon plat préféré comme tout bon gersois qui se respecte est le confit frites de mamie.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

  • C'est plus facile de se trouver des défauts que des qualités... mais comme qualité je dirai mon esprit d'équipe, et mon plus grand défaut c'est peut-être de trop suivre mon instinct.

Aurais-tu un dernier mot à ajouter ?

  • Oui je tenais à remercier Laurence et Richard Lataste pour m'avoir permis de démarrer la course landaise et m'avoir fait confiance durant toute cette saison 2016.

Merci Elias d'avoir répondu à nos questions, nous te souhaitons une belle année coursayre au sein de ta nouvelle équipe et nous sommes certains que les gersois vont être désormais de fidèles supporters. Car si la course est landaise, elle est aussi gersoise.


   

- Quentin Lasserre (écarteur)


  Michel Puzos   Photos Maéva Dauga et Lucine Lucat


Son nom est apparu récemment dans les programmes de course landaise, et beaucoup de tauromaches ne l'ont découvert que lors du championnat des jeunes à Bougue. Il a en a sans doute étonné quelques uns ce jour-là, mais il a ravi aussi ceux qui l'avaient suivi et soutenu durant toute la saison. Vice-champion des jeunes, Quentin Lasserre se découvre un peu plus en répondant à nos questions. 

Quentin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

  • J’ai 18 ans, je vis toujours chez mes parents à Campagne, je suis fils unique et je suis en dernière années de bac pro agroéquipement à Mugron.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

  • J’ai découvert la course landaise avec ma maman et mon grand-père qui sont placiers aux arènes de Mont de Marsan et qui depuis tout petit m’amenaient régulièrement voir les concours de la Madeleine et des corridas, ce qui m’a déjà donné goût à ces spectacles d’arènes. Depuis l’âge de 10 ans environ j’ai un abonnement aux arènes du Plumaçon, et en grandissant cela m’a donné envie de me lancer et de devenir écarteur. Ce qui d'ailleurs n’a pas été facile car maman ne voulait pas trop au début… et puis j’ai rencontré ma copine, passionnée elle aussi de course landaise, ce qui m’a boosté encore plus... et donc ma mère n’a pas eu le choix, elle a dit oui, et même elle me supporte chaque fois qu’elle peut être présente.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ?

  • La première fois que je suis rentré sur la piste d'une arène c’était à Vieux-Boucau, un premier contact avec une vache en faisant des rasés, aller au contact et passer au plus près de la bête, ce qui s’est très bien passé et je ne demandais qu’à y retourner. J’y ai d’ailleurs gagné un billet pour la semaine suivante…

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

  • J’ai décidé que j’allais être écarteur avec Romaric Perrin qui lui aussi voulait se lancer. Nous sommes allés participer aux essais chez Maynus, ils ont été concluants, et c’est là que j’ai su que j’allais enfin être écarteur.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

  • Pour apprendre le métier, comme on le dit "il n’y a qu’en faisant que l’on apprend". J’ai demandé le jour des essais comment faire pour s’améliorer, et on m’a donc conseillé d’apprendre avec une chaise et de tourner des écarts devant, et je me suis également servi d’un pneu de voiture accroché à une balançoire.

Comment s'est passée ta première "vraie" course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

  • Ma première course s’est passée dans mon village à Campagne pour les fêtes de Pâques, où j’ai été invité par mon comité pour participer. J’avais énormément de pression pour cette première course, parce que c'était la première, du fait qu’elle se passait dans mon village et que je connaissais beaucoup de personnes... cela ne faisait qu’en rajouter. La course a été très dure à se lancer pour moi, à cause du stress, mais petit à petit j’ai réussi à prendre le dessus en me concentrant le plus possible, et je suis rentré dans le jeu et dans la complicité entre la bête et l’homme, ce qui m’a fait progresser tout au long de la course et surtout qui m’a donné la victoire.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

  • Ma première saison de course chez Maynus s’est très bien déroulée, et je remercie beaucoup Céline et Christelle Brettes de m’avoir accepté dans leur cuadrilla. Durant cette première saison j’ai beaucoup appris avec l’aide des anciens de la cuadrilla et surtout de notre chef Damien Lucbernet.

As-tu connu la blessure ? et comment l'as-tu vécue ?

  • Oui, j’ai connu la blessure en tout début de saison, lors d'un entrainement de l’école taurine. J'ai subi un ko, j’ai mis beaucoup de temps à me remettre en confiance devant une vache. A part cette blessure, les autres coups sont certes des fois impressionnants mais cela ne me déstabilise pas pour autant.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

  • Ma dernière saison s’est très bien passée et s’est surtout bien terminée pour moi grâce à ma 2ème place au championnat des jeunes à Bougues où je me suis redécouvert. Je suis quand même un peu déçu de cette deuxième place, parce que cela s'est vraiment joué à pas grand-chose, mais bon cela fait partie de la compétition et je l’accepte. Ce championnat s’est donc très bien passé, avec l’aide et le soutien de mon chef de cuadrilla Damien Lucbernet, qui a toujours su me conseiller au mieux, et aussi à Jérémy Cojo qui m’a boosté du début à la fin.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

  • La ganaderia de Maynus m'a apporté beaucoup d'expérience, c'est là où j'ai mis les pieds dans une arènes pour la première fois pour écarter. J’ai passé une très bonne saison avec l’équipe. J’y ai appris mon rôle et comment cela fonctionnait. J’ai pourtant décidé de changer de cuadrilla car j’avais envie de voir quelque chose de nouveau, une nouvelle organisation en piste, un nouveau bétail. Mes objectifs pour la saison prochaine sont toujours les mêmes, c’est à dire passer une bonne saison avec la cuadrilla, se faire plaisir en vivant cette passion pour la course landaise et faire plaisir au public, et surtout prendre ma revanche au championnat des jeunes.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

  • Je suis une personne ouverte, je m’entends bien avec tout le monde. Aux courses j’ai toujours eu de bonnes relations avec les différents comités qui nous ont accueilli, et je m’entends bien avec tous les tauromaches qu’ils soient acteurs ou spectateurs.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • Pour mon avenir dans la course landaise, comme tous les écarteurs je le pense, c’est avant tout être au moins une fois champion de France, et même plusieurs fois si l’occasion se présente, et j’ai un rêve depuis tout petit, c’est d’écarter un toro et de participer au festival Art et Courage.

As-tu des idoles en course landaise ?

  • Oui j’ai une idole. La première fois que je l’ai vu, j’ai tout de suite adoré son style, et depuis je vais le voir dès que possible, j’essaie de prendre exemple sur lui. Je trouve que lorsqu'il est en piste il a une classe particulière, toujours fier de ce qu’il fait, et j’apprécie beaucoup son travail devant les bêtes. Il s'agit de Baptiste Bordes.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

  • Pour moi la course landaise est un sport car cela demande quand même beaucoup de préparation physique, et il faut être capable d’encaisser les chocs. Pour rentrer dans la course, il faut vraiment avoir la passion et surtout un moral d'acier. Certains voient beaucoup la course landaise comme un spectacle mais ce n’est pas le cas pour moi.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

  • L’hiver, pendant l’intersaison, je fais pas mal de sport, je vais courir, je m’entraine avec des copains de course, et à côté de la course landaise j’ai d’autres loisirs comme la chasse et la pêche, passer de bons moments entre copains.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

  • Les derniers films que j’ai aimés sont "Fast and Furious 7" (et j’attends avec impatience) la sortie du prochain, et "American Sniper". Pour les livres, je ne lis pas forcément, je regarde surtout des documentaires. Et mon plat préféré c'est les spaghettis carbonara.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

  • Je ne suis pas du tout patient, sauf pour l'un de mes loisirs, la pêche, même moi je ne sais pas comment je fais à ce moment-là... Sinon je suis une personne très ouverte, je vais facilement vers les personnes, et quand je vis une passion ce n'est pas à moitié, je m’investis au maximum. Je voudrais remercier Michel Puzos de m’avoir proposé cette interview. Et je remercie également toute ma famille et mes amis qui me soutiennent.

Merci à toi Quentin pour avoir répondu à nos questions. Bien sûr nous te souhaitons de vivre ta passion de très longues années, et nous te donnons rendez-vous en septembre prochain pour savourer avec toi le beau combat que tu livreras pour assurer ta revanche. 


   

- Romain Beyris (écarteur)


 Michel Puzos     Photos Maeva Dauga et Lucine Lucat


Il se définit comme un feu-follet, mais ses différentes expériences au sein des cuadrillas où il a évolué lui ont apporté la maturité suffisante pour se projeter désormais en formelle, et profiter de la confiance que lui accorde Cathy Agruna au sein de l'Armagnacaise. Passionné, courageux, il a fait face à la blessure sévère, mais le voilà reparti vers de nouveaux défis, avec toujours le même enthousiasme. Romain Beyris est donc le premier jeune écarteur à répondre à nos questions.

Romain, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

  • J'ai 18 ans, j'habite dans la région du vin de Tursan à Bats, j'ai un demi frère et je travaille à Maïsadour semences à Haut Mauco

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

  • J'ai découvert la course landaise avec mon oncle Michel Dunogué, un grand coursayre fan de l'Armagnacaise. Il m'a amené à Pomarez, c'était la première année où Alexandre Duthen était à l'Armagnacaise, cela m'a beaucoup impressionné mais je n'avais pas encore l'envie d'essayer. Je m'entraînais chez moi sur les bases de l'écart. Et puis ma mère est très copine avec la mère de Jean Ducassou, et j'allais le voir souvent. J'ai commencé à écarter sa chèvre... Après ça je me suis dit "il faut que je me lance", et puis je suis un garçon qui aime repousser mes limites, j'aime beaucoup les défis. Et c'en était un pour moi.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour la première fois ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

  • Mon premier contact avec la course s'est passé à Hagetmau, j'avais 13 ans, lors de la course des cuisinières pour les fêtes. Je savais qu'il y avait un taurillon à la corde et que je pourrais m'exprimer pour la première fois. J'ai fait un premier écart moyen, puis un 2ème à l'intérieur, mais je ne suis pas passé, je l'ai bien cherché d'ailleurs car je voulais essayer des 2 côtés, et donc j'ai pris mon première coup. Max Lansaman m'a dit "tu vas aller devant les 2 vaches amateurs ? ". Je lui ai répondu "on verra". Et puis j'y suis allé, Baptiste Bordes m'a placé et fait le second. La première vache -Daniella- était plus grande que moi, avec un port de cornes haut et un peu large. J'ai laissé passer 2 amateurs effectuant 1 écart chacun et je me suis lancé. Je n'étais pas trop à l'aise, me posant trop de questions, mais Baptiste m'a motivé. J'ai fait un premier écart moyen mais la pression est tombée et cela m'a donné beaucoup d'adrénaline, et m'a motivé encore plus. J'ai tourné 3 écarts. Mes parents ne savaient plus où se mettre dans les gradins mais ils étaient fiers de moi.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

  • Le jour où j'ai décidé d'être écarteur c'est à Saint-Sever pour la course des cuisiniers, j'allais sur mes 15 ans, c'était la ganaderia Maynus, il y avait 2 vaches pour les amateurs, c'était la 2ème fois que je me présentais devant les vaches, j'ai fait 3 écarts à chaque vache et mon premier tourniquet, et Christian Brèthes est venu me voir et m'a dit "petit si tu veux signer chez moi je veux que tu écartes Blanchette une vache toute blanche qui est au jeux des bidons". J'y suis allé, elle était sans corde, c'était la première fois que j'écartais une vache sans corde, j'ai tourné 4 écarts, 2 à droite 2 à gauche, et cela a été pour moi un grand moment, je nétais jamais passé aussi près de la corne. J'ai vu Christian taper la talenquère en criant "tu signes chez moi"... Et là je me suis dit "c'est parti pour la première saison de ma carrière".

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ? et comment se sont passés tes premiers essais ?

  • J'ai fait 1 an d'école taurine, et croyez-moi, je vais être honnête, cela ne m'a rien apporté du tout, je n'ai pas eu les mêmes sensations que dans une équipe, je vais même dire que ce n'est pas une équipe du tout, d'ailleurs c'est bien spécifié, c'est une école, tu es là pour apprendre et si tu veux réussir tu réussis tout seul. C'est mon point de vue mais je respecte les moniteurs pour leur travail. Deux moniteurs m'ont marqué et m'ont apporté un petit plus, c'est Thierry Laborde mon cordier à Maynus et Alexandre Vic, c'était les deux qui arrivaient à me gèrer et qui me donnaient de bons conseils. J'ai du quitter l'école taurine au bout d'un an à cause d'un problème avec un membre du staff.

Comment s'est passée ta première "vraie" course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

  • Je ne peux pas vous parler de la première course avec l'école taurine vu que je n'ai rien ressenti du tout, je n'ai pas pris de plaisir, et je vous parlerai plutôt de ma première course avec la ganaderia de Maynus où j'ai effectué deux ans de courses. La première était à Estibeaux, la présentation de l'équipe. Dans ma tête j'étais motivé comme jamais, et ma première année a été la plus belle. Mais comme disent les anciens, "quand tu commences tu écartes avec l'innocence", donc je n'avais pas l'appréhension du danger et de ce que je devais faire, j'avais un superbe chef Damien Lucbernet qui a su me guider. Ce jour-là j'avais effectué 30 écarts dont 5 à l'intérieur, 2 qui n'étaient pas passés, je n'avais pas trop la maîtrise de moi, j'étais un feu follet.

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

  • Ma première saison est à ce jour la plus belle de ma carrière, mon ganadère me faisait confiance, j'effectuais en moyenne 30 écarts par course, j'allais devant toutes les vaches, de la plus jolie à la plus compliquée. D'après Christian j'avais un jeu de jambes qui faisait passer toutes les vaches.

Tu as connu une grave blessure, comment l'as-tu vécue ?

  • Ma première grosse blessure c'était le 15 juillet à Estang lors d'une nocturne. L'une des marraines de la ganaderia -Estanille- était une vache que j'écartais sur les grandes pistes. J'ai effectué la sortie, c'était la dernière vache de la course, il me restait 3 écarts à faire, plus je l'écartais plus elle était compliquée. Sur un écart sur le double saut j'ai été projeté en l'air, une déchirure de 15 centimètres entre l'anus est les testicule, et perforation des testicules, opération d'une heure et demie à l'hôpital Layné, j'ai beaucoup souffert, beaucoup de soins ensuite, 3 mois d'arrêt... mais j'ai repris le 28 août car j'avais la rage, je voulais me venger. La première course de reprise a été très dure, j'avais beaucoup d'appréhension, peur d'être pris à nouveau, et donc comme on dit "j'ai traqué" et il m'a fallu 5 courses pour revenir en forme et reprendre confiance.

Comment s'est passée ta saison 2016 ?

  • Ma saison 2016 s'est très bien passée, j'ai mûri, j'ai commencé à prendre des décisions seul, et maintenant je sais ce que je dois faire ou pas. J'ai effectué 2 ans à Maynus, cela m'a apporté beaucoup de maturité et de l'expérience grâce à Christian Brethes et Damien Lucbernet. La maison Maynus c'était l'école pour pouvoir être vraiment torère, il est sorti des champions de France comme Alexandre Duthen et Louis Ansolabéhère, Benjamin de Rovère, et des torères bien connus comme Maxime Dessa et Régis Dupouy. D'un côté je regrette d'être parti, je les remercie car ils m'ont amené jusqu'en haut de l'échelle, mais d'un autre côté je ne pouvais pas refuser une proposition en formelle.

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

  • Mes objectifs à l'Armanacaise sont de me faire plaisir, de faire plaisir aux comités qui nous font confiance, au public et à ma ganadère qui elle aussi m'a fait confiance. J'essaierai de donner le meilleur de moi-même, j'aimerais participer à un concours. Pouvoir écarter contre mon idole Loic Lapoudge serait un bonheur, et participer aussi au festival art et courage.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • Je n'ai pas de boule de cristal chez moi et mon miroir ne parle pas... je ne peux donc pas le prédire, mais je vais faire en sorte que les prochaines saisons se passent bien, que l'on parle de moi et que je puisse me faire un nom en formelle.

As-tu des idoles en course landaise ?

  • Loic Lapoudge et Hugo Viney-Thomas qui n'est malheureusement plus en piste mais sur un stade de foot.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

  • En tant que torère je vois que la course landaise régresse. Certains comités ne veulent plus organiser de courses, parfois il n'y a plus de monde sur les gradins, le budget pour organiser une course est de plus en plus lourd, et puis il y a des règlements qui se rajoutent de plus en plus et qui obstruent le côté spectacle. Pour les ganadères aussi c'est difficile financièrement, l'achat des vaches, le transport, les vaccins, la nourriture etc etc... Plus le temps passe plus la tradition landaise est en train de s'asphyxier, il faut juste trouver une solution... pas simple.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ? que vas-tu faire cet hiver ?

  • Je suis un pur landais, je chasse beaucoup. Depuis que je sais marcher mon père et mon oncle m'amènent à la chasse... je pêche aussi. Cet hiver je m'entretiens, je cours 3 fois par semaine, je fais un peu de musculation à la maison, puis je vais m'entraîner à la chaise ou à la bouée avec Damien et Quentin Lasserre car il faut entretenir les bons gestes.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

  • Le dernier film que j'ai aimé c'était "Les bronzés", le magazine "La Cazérienne" du mois, les musique que j'aime c'est l'harmonie de Samadet mais j'écoute aussi beaucoup de musique électro, et mon plat préféré ce sont les ris de veau.

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

  • Difficile de me juger mais je dirai avec humour que ma grande qualité c'est d'être à la chasse un très bon tireur. Mon défaut c'est que je suis un peu fou- fou, quand je réussis je veux aller encore plus loin, mais j'apprends à me gérer.

Merci Romain d'avoir répondu à nos questions, ainsi nos lecteurs te connaîtront mieux. Nous te souhaitons une belle saison au sein de l'Armagnacaise... et rassure-toi, je crois que ta nouvelle patronne t'aidera à te gérer au mieux.


   


---nextpagearticle---

- Cyril Karmes (sauteur)

CYRIL KARMES

Sauteur (Ganaderia de Maynus)


Son nom est apparu depuis peu de temps dans les programmes de course landaise. Ceux qui suivent les courses de seconde se sont familiarisés avec le nom de Cyril Karmes, mais beaucoup de tauromaches l'ont découvert lors du championnat des jeunes sauteurs à Horsarrieu. Nous voulions que nos lecteurs le connaissent mieux, et Cyril, qui est un des atouts de la ganaderia de Maynus, a bien voulu répondre à nos questions.

Cyril, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? 

Bonjour à tous, je m’appelle donc Cyril KARMES, j’ai 28 ans, j’habite à Magescq depuis peu, sinon je suis de Moliets et Maâ. J’ai une soeur et un frère plus jeunes que moi. Je suis aussi papa de deux merveilles, Rayan 8 ans et Elia 7 ans, mes premiers fans ! (rires). Niveau études j’ai fini tout ça il y a un petit moment, j’ai un CAP de cuisine et un CAP de pâtisserie, et actuellement je travaille au centre E.LECLERC de SOUSTONS.

Comment es-tu venu à la course landaise ? 

Je suis arrivé dans le milieu coursayre, comme pas mal d’entre nous, étant plus jeune; mais pas avec la Course Landaise en elle-même, mais avec les courses de plages, les TORO PISCINE, chez moi à Moliets ! Ma maman étant pompier à l’époque s’occupait de la sécurité dans l’arène. Du coup forcément toute cette adrénaline que j’avais dans les gradins en étant petit je voulais voir ce que ça donnait en piste. Et c'est comme ça que j'ai fait mes premiers pas devant un petit veau. Je me souviens encore de la dureté de son frontal car j’avais pris ma 1ère tumade (rires). Ce qui m’a plu lorsque j’ai vu ma première course, c’était bien évidemment de voir le déboulé de la coursière vers cet homme qui brillait au centre de la piste, cette adrénaline que cela dégage, c’est inexplicable. Et depuis j’ai toujours rêvé de faire ça. Je voulais être SAUTEUR.

Mais à quelle occasion es-tu entré dans l'arène pour réaliser tes premiers sauts, et comment cela s'est-il passé ? 

C’est en faisant la connaissance de Jérémy Cojo que j’ai pu faire mes prmiers pas. Il m’a présenté à Christian BRETTES, que je ne remercierais jamais assez de la confiance qu’il m’a donnée pour intégrer sa cuadrilla, ainsi que pour avoir réalisé mon rêve. Je suis entré la 1ère fois en piste en tant que sauteur, c’était pour le premier entraînement de la ganaderia à Toulouzette, je n’étais pas serein du tout, j’avais peur, j’étais stressé mais impatient de m’envoler au-dessus de cette coursière. Le premier saut que j'ai exécuté fut un saut de l’ange, je me suis fait très mal à la nuque et aux épaules, mais ça ne m'a pas refroidi et le reste s’est très bien passé. Toute ma famille connaissait mes intentions, ils étaient fiers mais avaient peur pour moi malgré tout. Maintenant ils sont habitués et ils ont confiance !

Quand as-tu vaiment décidé que tu serais sauteur ? et pourquoi pas écarteur ?

C’était pendant l’été 2014, cette idée de devenir acteur j’en parlais de plus en plus à mes amis et à ma famille. Ma famille me disais que j’étais dingue, que je m’envoyais au “casse pipe”, et mes amis me disaient : “on n'a qu’une vie et si tu ne pratiques pas ta passion tu le regretteras plus tard”. En septembre 2014 j’ai commencé la gymnastique aux écureuils de Soustons, où j’y ai rencontré Dominique Larié que l’on connait tous, ainsi que Nicolas Belleau, sauteur en seconde chez Béarn-Armagnac. C’est avec eux que l’envie de pratiquer cette passion s’est accentuée, et on a donc forcé les entraînements de sauts. Etre écarteur est une autre discipline que le saut, je suis plus à l’aise “en l’air” qu’au sol.

Pourquoi avoir préféré la seconde à l'école taurine ? 

Compte tenu de mon âge, je ne pouvais pas envisager d’entrer à l’école taurine, par contre j’y ai suivi toutes les bases autant théoriques que pratiques. D’ailleurs, je tiens encore à remercier tout le staff de l’école taurine (Elodie, Mélanie, Laurent, Thierry, Alex, Arthur… désolé si j’oublie des noms) pour leur travail et leur engagement. A l’école taurine on explique, on décompose les figures et on met en pratique tout ce que l’on a expliqué auparavant. Cela m’a bien aidé au début chez Maynus. En seconde, on est au “coeur de l’action” et l'on peut mettre en pratique tout ce que l’on a appris, que ce soit à la gym ou à l’école taurine.

Comment s'est passée ta première course ? 

Ma première course, justement, c’était avec l’école taurine à Campagne et le pôle espoir DAL/ARMAGNACAISE. J’étais stressé presqu’une semaine avant cette course car c’était mon 1er paséo, et je ne savais absolument pas comment ça se déroulait du début à la fin de la course… Finalement ça s’est très bien passé. Ma cousine qui me suivait déjà aux courses de plage ne pouvait en aucun cas louper cette première !

Comment s'est passée ta première saison de courses ? 

Cette première saison s’est passée parfaitement bien, avec une très bonne entente dans l’équipe, quelques déplacements où l’on a bien ri, et bien sûr quelques coups, mais sans trop de gravité personnellement. Je ne m’attendais pas à faire autant de courses pour une 1ère année, mais c’était très bien, bien plus haut que mes attentes... Réaliser sa passion c’est le top du top !!!!

Le championnat des jeunes était-il un objectif pour toi ? Comment l'as-tu vécu ? 

Le championnat des jeunes n’était pas un objectif pour moi, et comme je l'ai dit auparavant, compte tenu de mon âge je ne pensais pas y participer. Cela a été une très bonne expérience pour moi par rapport au stress notamment, savoir le gérer, et puis c’était le résultat d’une saison de travail. Lorsque j’ai entendu le résultat, j’étais super content d’avoir pris la seconde place, je ne m’attendais pas à mieux après ma sortie sur la 3ème coursière, Manolite, ma sauteuse en plus ! Enfin ce fut un très bon championnat ! Top aussi !

L'an prochain, dans quelle équipe seras-tu ? Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

La saison prochaine, je tiens ma parole que j’ai donnée à Céline BRETTES, je serai toujours à la Ganaderia de MAYNUS en tant que sauteur. C’est une cuadrilla qui me plaît beaucoup, j’y ai beaucoup appris et j’ai encore beaucoup à apprendre ! Mes objectifs ? Parfaire toutes mes réceptions et bien évidemment réussir ce saut périlleux vrillé sur lequel j’ai encore un peu de mal. Il n’y a pas de secret, le travail est la seule chance de réussir !

Quels sont tes rapports avec les tauromaches ? 

Je m’entends très bien avec tous ceux avec qui je discute avant et après les courses, surtout après ! (rires). Compte tenu de ma petite expérience dans la course, j’écoute chaque conseil et chaque avis que l'on me donne, qu’ils soient positifs ou négatifs.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ? 

Pour l’instant je ne pense pas à la formelle. Certes monter en formelle serait un objectif futur, mais pour l’instant je me concentre sur mon niveau, je le travaille bien sûr, car si je veux aller en formelle plus tard, ça n'arrivera pas tout prêt sur un plateau d’argent.

As-tu des idoles en course landaise ?

J’adore Domi Larié, c’est un ami et quelqu'un de bon conseil. Chez les écarteurs, j’aime bien Thomas Marty, car il est très fort lui aussi, il a des qualités incroyables et un charisme en piste énorme.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

La course je la vois comme un “spectacle sportif “ car on se fait plaisir en 1er, mais on fait aussi plaisir au public en exécutant de belles figures, propres et bien réceptionnées.

Que penses-tu de cette multiplication de spectacles avec les taureaux ?

Moi j’adore ! On parle encore une fois d’adrénaline, voire même de folie, ça serre les tripes de tout le public à chaque passage, c’est énorme ! Ce que j’aime dans ces spectacles, c’est l’opportunité qui est offerte aux acteurs de courses landaises, aux écarteurs ou aux sauteurs de pouvoir affronter et briller devant ces toros. Je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y confronter mais ce n’est pas l’envie qui me manque !

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes autres centres d'intérêt ?

J’aime le foot que j’ai pratiqué pendant plus de dix ans, je suis passionné de pêche et par mon métier, la cuisine. 

Peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Je ne suis pas très "cinéma" mais je regarde beaucoup de documentaires animaliers, sur la nature etc… Le dernier livre, ou plutôt la dernière revue que j'ai lue c’était La Cazérienne. Niveau musique j’écoute de tout, tout dépend des activités que j'exerce dans la journée, si je vais en course, ou à la pêche... (rires)

Quelle est ta principale qualité ? ton grand défaut ?

Ma principale qualité, je dirai persévérant. Mon principal défaut… un peu tête en l’air, mais c'est parfait pour les sauts de l’ange (rires)

Merci Cyril pour avoir participé à cette dernière interview de l'inter-saison. Nous te souhaitons une belle temporada 2016, n'oublie pas que Manolite t'attend pour ton périlleux vrillé. Nous ne doutons pas qu'avec les conseils de Dominique Larié tu arriveras très vite à le réaliser dans de bonnes conditions. Bonne année aussi avec ton équipe, je suis sûr que vous ferez tout votre possible pour faire plaisir à Christian qui va vous suivre depuis l'arène céleste.

- Thibaut Busquet (Ecarteur)

 

THIBAUT BUSQUET

Ecarteur


Beaucoup d'aficionados landais connaissent Thibaut Busquet, écarteur au pôle espoir Dal-Armagnacaise. Cela fait plusieurs saisons qu'il a endossé le boléro, montré ses qualités, fait valoir son courage, donné par ses qualités humaines une belle image de la course landaise. Mais nous avons souhaité le connaître un peu mieux au travers des questions que Course Landaise Magazine lui a posées. (Photos Jean-Claude Dupouy et Diane Delamare)

Thibaut, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, j’ai 19 ans, j’habite à Donzacq, j’ai un frère Florent qui a 16 ans et je suis actuellement en BTS Production Animale au lycée agricole de Pau Montardon.

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ? 

Donzacq étant une grande cité coursayre, avec un club taurin dynamique, ma famille m’a emmené à la course des fêtes chaque année. A l’époque c’était la ganadéria DAL de Michel Agruna où mon oncle Eric Merville était entraineur. Il me prenait pour défiler à la fin de la course. J’ai donc été plongé dans ce milieu depuis mon plus jeune âge. Lorsque j’ai vu mes premières courses, j'ai beaucoup apprécié la fierté et le courage des toreros, puis le combat de l’homme face à la bête. Cela m’a de suite attiré. 

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène ? quel a été ton premier contact face à une vache... et comment cela s'est-il passé ?

Mon premier contact face à une vache s’est déroulé lors du toro ball à Caupenne, il y a 4 ans, avec la ganaderia Dussau. J’ai réalisé 2 écarts sur une vache amateur, le premier avec une chute patte avant (donc premier contact avec le sable aussi !). Mon père était présent sur les gradins, ma mère non, et quand la vache amateur est sortie j’ai lancé un regard à mon père qui m’a fait comprendre que si je prenais la décision d’y aller, ce serait mon problème et pas le sien. Alors j’ai saisi ma chance, et quand je suis rentré à la maison et que je l’ai annoncé à ma mère, surprise elle n'a pas fait de commentaire.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais écarteur ?

Depuis tout petit j’en avais envie. A l’école primaire, je volais un cerceau aux filles pour le lancer contre le mur, et en donnant un effet pour qu’il revienne sur moi, je l’écartais au grand désespoir de ma maîtresse qui s’en souvient encore ! A 16 ans, j’ai posé un ultimatum à ma mère en lui disant que si elle ne me signait pas la licence, je la signerais de toute façon à 18 ans. J’ai été bien aidé par Michel Agruna et Alain Laborde qui sont venus en personne à la maison pour convaincre ma mère de me laisser réaliser ma passion. Je les en remercie aujourd'hui.

Par quelles étapes es-tu passé pour apprendre le "métier" d'écarteur ?

Je me suis d’abord entrainé avec le Maître Alain Laborde aux arènes de la Mecque, à Pomarez. Il m’a tout appris, je lui dois beaucoup, il n'est plus là et je le regrette. C’était à la fois, un coach, un ami et un père. Je pense souvent à lui et à chaque fois que je franchis la grande porte de la Mecque, je verse toujours une larme en me disant que sans lui, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Par la suite Michel Agruna m’a repéré lors des jeux taurins à Dax. Il m’a contacté quelques jours plus tard. 

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée et comment l'as-tu vécue ?

C’était à Nogaro en 2013 pour l’hommage à David Casarin. J’étais très stressé la veille, je n’en ai d’ailleurs pas dormi de la nuit. Ce n’était pas forcément du stress mais surtout de la peur, la peur de décevoir le public. Nous avons par la suite été très bien accueillis et le fait de retrouver les copains m’a fait oublier l’appréhension. Au moment de s’habiller le stress est monté, je me demandais pourquoi j’étais là ! Lors de l’arrivée à la grande porte j’étais complétement perdu. Je savais que toute ma famille était présente dans les gradins, si bien qu’au moment du pasée ma mère était en larmes. Je la voyais depuis la piste, cela ne m’a pas rassuré ! Il a fallu le premier écart, mais surtout les conseils de mon chef Jean-Marc Lalanne pour me lancer dans le vif du sujet. Et toute la course s’est bien déroulée, sans tumades. 

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

Ma première saison s’est très bien déroulée, très peu de tumades, la première place au concours de secondes d’Estang contre la ganaderia Maynus, et quelques formelles dont la troisième place à l’escalot dans les arènes de Cazaubon. 

Tu as pourtant été blessé à plusieurs reprises, ce qui t'a éloigné assez longuement de la piste ? comment as-tu vécu cela ? est-ce que le fait ne plus être dans la piste est encore plus douloureux que la blessure elle-même ?

En mai 2014 dans les arènes d’Orthez, je me suis fracturé l’avant-bras, ce qui m’a éloigné des pistes pendant 6 mois. J’ai repris le boléro pour un entrainement à Saint-Loubouer qui s’est bien déroulé. Malheureusement, pour la course de la présentation du pôle espoir, je me suis fracturé les cotes à la dernière vaches de la première partie dans les arènes de Pomarez. Cette saison a été très dure pour moi mentalement, je voulais arrêter la course. Le fait de ne plus être dans la piste n’a pas été si douloureux que ça, même si ça me manquait. Le plus dur a été de reprendre la saison d’après.

Justement, comment s'est passé ton retour et ta saison 2015 ?

Ma saison 2015 a été la meilleure depuis mes début avec de nombreuses formelles, deux troisièmes places à l’escalot à Pomarez et Cazaubon, et ma victoire à la course d’Orthez. J’ai tout de même donné le meilleur de moi-même et apprécié écarter dans toutes les arènes où nous sommes allés avec le pôle espoir. Ces courses, comme celles sur la côte, me plaisent énormément car l’ambiance y est différente. Et puis mon chef de cuadrilla est un homme de respect, il connait la course sur le bout des doigts. Il a de précieux conseils et toujours le mot juste pour nous motiver ou nous recadrer. Il est très pédagogue et apprécié de tout le monde. 

L'an prochain tu seras toujours dans l'équipe des jeunes de la Dal... Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ? 

L’objectif principal est de faire honneur aux comités qui feront confiance au pôle espoir, faire plaisir au public, à mon ganadère et à mon chef. Je veux continuer à progresser dans toutes les disciplines de l’écart et me faire plaisir un maximum.  

Quels sont tes rapports avec les tauromaches et avec les comités ?

Mes rapports avec les tauromaches sont très bons, j’aime bien discuter avec eux. J’aimerais bien que les comités se rapprochent un peu plus des acteurs de seconde, je suis quelqu’un de très sociable et je voudrais un peu mieux les connaitre. Nous sommes quand même toujours très bien accueilli spartout où nous allons.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

Cela fait maintenant quatre ans que je suis au pôle espoir, mais j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je ne suis pas du genre à me projeter, je vis au jour le jour et je prends course après course. Néanmoins le rêve de tout écarteur est d’atteindre l’élite. Mais je ne veux pas brûler les étapes, je ferai mes choix surtout en fonction de mon état physique.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui, j’ai une idole depuis tout jeune qui est Thomas Marty. Sa sortie face à JALISCO à l’occasion de la nuit du toro en 2008 dans les arènes de Dax me fait encore frissonner. J’ai de très bons rapports avec lui et mon rêve serait un jour d’écarter avec lui. 

Comment vois-tu l'évolution se la course landaise ? sport ou spectacle ?

Je pense que la course doit avant tout rester un sport. C’est comme cela, avec la compétition, que nous arriverons à faire perdurer la tradition. Je ne suis pas forcément pour l’intégration du spectacle dans les courses. Il y a des personnes et des clubs taurins qui créent des spectacles (pour ne citer qu’eux, le club taurin Boletero ou Michel Agruna pour le festival Art et Courage) qui réussissent à remplir des arènes avec leurs spectacles, preuve que cela plait au public. Je pense donc qu’il faut bien dissocier course et spectacle. 

Que penses-tu des spectacles avec les taureaux et les polémiques qui se sont développées cette année à ce sujet ?

L’écarteur est un gladiateur des temps modernes. L’origine même de la course landaise va puiser sa source dans l’histoire, où des hommes affrontaient des bêtes sauvages. Nous avons tous envie de démontrer notre courage et de repousser les limites. Pour les autres comme pour moi, notre rêve est de pouvoir un jour affronter un taureau, car c’est un animal qui impose le respect. La sensation de pouvoir dominer des animaux de ce gabarit-là n’est pas comparable. C’est ce qui nous rend heureux. Cela permet aussi de diversifier l’art de la course landaise en ajoutant plus d’émotions et en touchant un public plus large. Ainsi la course pourra s’exporter au-delà des frontières des Landes, du Gers et des Pyrénées-Atlantiques. Je pense donc qu’il faut continuer à développer ces spectacles, sans non plus en abuser, car il faut garder notre tradition qu’est la course landaise et donc réalisée avec des vaches.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

Je suis musicien (trompettiste) à l’harmonie de Pomarez, basketteur et rugbyman. Je suis un grand passionné de sport et toutes les compétitions m’intéressent. J’ai aussi une exploitation agricole avec 80 bêtes de race Limousine et des canards prêts à gaver avec un atelier d’accouvage. Je suis passionné par les concours agricoles.

Pour que l'on te connaisse un peu mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Je ne suis pas trop intéressé par les films et je vais rarement au cinéma. Le dernier livre que j’ai lu est « Au Risque de Soi » de Julien Lescarret qui est très bien écrit et qui transmet toutes les émotions qu’a pu connaitre Julien Lescarret dans sa vie de toréro. J’écoute beaucoup de musique, surtout les musiques festives et sévillanes. Généralement pour une bonne entrecôte, je ne me fais pas prier !

Quelle est ta plus grande qualité, ton plus grand défaut ?

Je n’aime pas me juger et parler de mon mental ! Alors avec l’aide de quelques amies on a déduit que mon plus grand défaut est la jalousie. Je n’aime pas beaucoup qu’on vienne jouer sur mon terrain ou qu’on soit meilleur que moi dans certains domaines. Ma plus grande qualité est que je suis un grand compétiteur. La compétition est toujours présente en moi, même quand le but n’est pas de gagner. Je ne suis pas mauvais perdant sur le moment mais j’ai beaucoup de mal à digérer les défaites. 

Merci Thibaut d'avoir répondu en toute franchise à nos questions. Ton analyse sur la course landaise d'aujourd'hui et de demain, son devenir, est très intéressante car très argumentée. Nous te souhaitons bien sûr une belle temporada 2016, sous la houlette de Jean-Marc Lalanne, et je suis sûr que si tu veux donner du plaisir aux comités et au public, les coursayres auront le même plaisir à soutenir un jeune dont la motivation est bien réelle. A très bientôt dans une arène. 

- Simon Lesparre (Champion des jeunes sauteurs 2015)

 

SIMON LESPARRE

Champion des jeunes sauteurs 2015


Le nom des "Lesparre" est très connu en course landaise, et pas mal d'entre eux ont occupé et occupent encore des fonctions importantes dans le milieu coursayre. Ecarteur, entraîneur, speaker... le nom des Lesparre est familier. Mais c'est le champion des jeunes sauteurs 2015, Simon Lesparre, que nous avons voulu vous faire découvrir aujourd'hui.

Simon, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m'appelle Simon Lesparre, j'ai 20 ans, je vis chez mes parents, jai un petit frère âgé de 17 ans, il s'appelle Romain, je suis diplômé d'un bac hôtellerie, je travaille actuellement au Grenier des Gastronomes à Hagetmau.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

Tout simplement par mon papa qui lui était écarteur. Etant plus jeune je m'étais essayé à l'écart, mais après avoir pris quelques tumades par les veaux, j'ai décidé d'essayer le saut. Ce qui m'a plu lors de mes premières courses c'était de défiler au côté de mon père et des autres acteurs.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène ? Ton premier contact face à une vache... comment cela s'est-il passé ?

Je suis rentré dans l'arène lors des toro-ball. J'aimais beaucoup faire les cocardes. Un jour, après plusieurs entrainements avec Louis Ansolabéhère, j'ai décidé de faire un saut périlleux vrillé lors de l'entrainement de la ganaderia Cap de Gascogne à Poyanne. C'était génial !! Et tout est parti de là.

Quand as-tu vraiment décidé que tu serais sauteur ? et pas écarteur comme ton père ?

Il y a environ deux ans, quand Louis a cru en moi et m'a pris sous son aile. Pourquoi pas écarteur, c'est une très bonne question, je pense que ça doit etre parce que j'aime m'envoler au-dessus des vaches, et puis je ne vais pas mentir, les filles sur la côte trouvent plus impressionnants les sauteurs !!

Elles aiment l'humour aussi (Rires). Pourquoi avoir préféré la seconde à l'école taurine ?

Tout simplement parce que j'avais entièrement confiance en Louis et je voulais aller avec lui. Mais je pense que l'on travaille plus notre technique et notre condition physique à l'école taurine, après c'est un choix de ma part.

Comment s'est passée ta première course ? comment l'as-tu abordée ? comment l'as-tu vécue ?

Ma première course s'est très bien passée, l'équipe m'a très bien intégré, je me suis senti très à l'aise. J'ai très bien dormi la veille, certes j'étais un peu stressé lors du paséo mais tout s'est bien passé, j'étais très content de moi, et pour une première je pense avoir fait une bonne course. Mes parents me soutiennent beaucoup, un peu moins mon petit frère mais il avait fait l'effort de venir.

Et ta première saison ? Est-ce que tu as vécu ce que tu attendais, ce que tu espérais ?

Ma première saison ne s'est pas tout à fait passé comme prévu, tout simplement parce que je ne m'attendais à faire autant de courses. Je n'étais pas du tout préparé physiquement. J'ai eu un léger problème au dos, les chevilles un peu faibles, mais bon... malgré tout je n'espérais pas faire une aussi  bonne saison pour une première année.  

Le championnat des jeunes était-il un objectif pour toi ?

Forcément, surtout lorsque l'on passe complètement à côté l'année précédente. Oui c'était pour moi un objectif pour la fin de saison.

Comment l'as-tu vécu ? 

J'étais beaucoup moins stressé que l'an dernier, ça m'a appris à ne jamais baisser les bras après un échec. Au contraire ça m'a fait avancer et grandir. A l'annonce des résultats j'ai vraiment été très content de gagner ce titre.

L'an prochain, dans quelle équipe seras-tu ? Quels sont tes objectifs ?

L'an prochain je serai dans l'équipe de seconde de Christophe Malet chez Dargelos. J'avais besoin de changement, je savais qu'il y avait une bonne entente dans cette équipe de seconde, et donc j'ai fait ce choix. Mon objectif pour la saison prochaine sera de bien travailler mon périlleux.

Est-ce que le nom de Lesparre n'est pas difficile à porter, quand on sait que d'autres personnes de ta famille se sont illustrées avant toi ?

Non au contraire je suis très fier de porter ce nom et de poursuivre ce qu'ils ont fait avant moi.

Est-ce que ton père te donne des conseils ?

Oui, même si ce n'était pas son domaine, il essaie de me guider car il a beaucoup plus d'expérience que moi, et c'est toujours bon de prendre ses conseils. 

Quels sont tes rapports avec les tauromaches ? 

Moi j'adore parler avec les gens, ils n'ont pas peur de te dire si ce que tu as fait est bien ou pas, et ça nous aide énormément à nous les acteurs.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ? 

Comme tout jeune de seconde forcément on aimerait connaître la compétition, les concours, pourquoi pas être en formelle dans quelques années, mais pour l'instant j'ai beaucoup de travail à effectuer avant d'atteindre le niveau de formelle.

As-tu des idoles en course landaise ?

Oui Louis Ansolabéhère.

Comment vois-tu l'évolution se la course landaise ? sport ou spectacle ?

Pour moi c'est un sport avant tout, mais surtout une passion pour une tradition que l'on veut maintenir. 

Que penses-tu de cette multiplication de spectacles avec les taureaux ?

Je ne sais pas trop, pour le moment les taureaux ça ne me dit rien, mais c'est un très beau spectacle à voir, riche en émotions.

 A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

En ce moment je pratique la gymnastique, et bien sûr le travail qui occupe quand même une grande partie de mon temps.

Pour te connaître encore mieux, peux-tu nous dire quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

Mon dernier film était Labyrinthe 2, mon dernier livre je ne m'en souviens plus, mon artiste préféré est une chanteuse du nom de Sia, mon plat préféré est la tartiflette.

Quelle est ta principale qualité et ton plus grand défaut ?

Ma principale qualité est mon envie de réussir, mon grand défaut est le manque de confiance en moi.

Merci Simon d'avoir un peu "lâché" l'entraînement avec Louis pour répondre à nos questions. Avec ses conseils, mais aussi par ton travail et ton envie (ta grande qualité) tu devrais engranger les bons résultats, et le titre de champion des jeunes te redonnera sûrement confiance. Bonne saison à toi, et toutes nos amitiés à "El Sorro", ton champion de père, qui a fait les beaux jours de la course landaise à l'époque Pussacq.

- Jean Dufau (coursayre et musicien à l'Union Musicale de Samadet)

 

JEAN DUFAU

Coursayre et Musicien


On est parfois "le fils de..." avant de se faire soi-même un nom et un prénom. A Saint-Loubouer on connaît depuis bien longtemps Jean-Jacques Dufau, son aficion, les rôles et les actions qu'il a menés pour la course landaise (notamment président du club des amis de la course landaise), et puis plus récemment son élection à la mairie de son village. Mais dans la famille Dufau, le père n'est pas le seul tauromache. Et c'est aujourd'hui son fils Jean auquel nous avons voulu donner la parole. Non seulement parce qu'il est lui aussi passionné de course landaise, et qu'il la vit à un poste clé : celui de musicien à l'Union Musicale de Samadet

Jean, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, j’ai 22 ans, je suis originaire de Saint Loubouer, j’habite actuellement à Tarbes où je fais mes études, j’ai une sœur Manon de 18 ans, également musicienne à Samadet, et je suis en dernière année de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tarbes. 

Comment es-tu venu à la course landaise ? comment l'as-tu découverte ?

Habitant à 200 mètres des arènes, je n’ai pas pu faire autrement que de rentrer dans la course landaise tout petit. Evidemment, avec mes parents membres du club des amis de la course landaise de Saint-Loubouer, je suis naturellement rentré dans le milieu coursayre, mais également grâce à mon oncle Jacky Desquibes ancien écarteur. J'ai vu mes premières courses dans les arènes de Saint-Loubouer dans lesquelles les représentations coursayres sont nombreuses tout au long de l’année. Lors de mes premières courses, ce qui m’a plu, même si ça peut sembler évident, c’était bien sûr l’ambiance musicale apportée par les différentes formations que j’ai pu entendre. 

Tu es donc musicien ? de quel instrument joues-tu ? depuis combien de temps fais-tu partie de l'Union Musicale de Samadet ? 

Oui je suis musicien, je joue du trombone à coulisse. Je suis arrivé à l’Union Musicale de Samadet il y a 10 ans environ, suite à mes quelques années de saxophone avec Lous Pastouros à Bahus Soubiran. 

Aujourd'hui, la qualité des groupes musicaux, harmonies ou bandas, est reconnue de tous. Il m'est arrivé dans certains comptes-rendus de parler de "concerts" tant la qualité est grande. Qu'est ce que la musique apporte à une course landaise ?

A ce sujet, je te remercie beaucoup pour tes comptes-rendus dans lesquels tu parles des qualités des groupes musicaux. La musique apporte une ambiance festive à la course landaise, de la motivation pour les acteurs, mais également elle peut amener de la joie, des sourires et l’envie de taper dans les mains pour faire rentrer le public dans le spectacle.

En fonction des évènements auxquels vous participez, est-ce que vous avez une préparation ou des répétitions particulières ?

Bien sûr. Déjà avant de rentrer à l’harmonie, tous les musiciens sont passés par 6 années de solfège et beaucoup d’années de pratique instrumentale. Ensuite les répétitions ont lieu tous les vendredis soir pour découvrir et connaître les nouveaux morceaux. 

Comment s'établit le répertoire, le choix des différents morceaux ? tenez-vous compte des demandes des acteurs ou du public ?

Le répertoire s'établit avec des morceaux du moment (les sardines, chipiron...) mais également grâce à des trouvailles de nos super chefs de l’Union Musicale qui trouvent chaque année de formidables morceaux. On tient également compte des demandes des acteurs pendant les courses, par exemple s’ils souhaitent écarter sur certains morceaux, mais évidemment on ne peut pas tout le temps faire plaisir à tout le monde. 

Quand on aime les courses, on veut bien évidemment voir le spectacle. Est-ce que ce n'est pas frustrant de regarder sa partition plutôt que ce qui se passe dans la piste ? Ou bien peut-on conjuguer les deux, un oeil sur la partition, un oeil dans la piste ? 

Oui c’est un peu frustrant, surtout quand on entend le public ovationner l’écart et qu'on ne l’a pas vu. Mais bon, il est quand même possible de conjuguer les deux, un petit coup d’œil sur la piste au moment de l’écart puis on repasse sur la partition pendant le placement pour le nouvel écart. 

Avez-vous des retombées sur vos prestations ? Je veux dire par là est-ce que les spectateurs viennent après une course vous féliciter, vous dire ce qu'ils pensent de votre animation ? Et les acteurs aussi vous donnent-ils leurs sentiments ?

Bien sûr, et cela nous fait extrêmement plaisir quand les gens ou les acteurs viennent nous féliciter pour l’ambiance qui a été donnée durant le spectacle, ou parfois nous remercier d’avoir joué certains morceaux. 

Est-ce que pour la saison prochain vous allez sortir de nouveaux morceaux ?

Alors là surprise !! mais vous pouvez faire confiance à nos chefs. 

Est-ce que tu fais partie du club de Saint-Loubouer, ou du comité des fêtes ? est-ce que tu t'investis dans ton village ?

Je fais partie du club des amis de la course landaise et également du comité des fêtes. Oui j’essaie de m’investir le plus possible, les jeunes dans un village c’est très important, c’est l’avenir. Malheureusement à Saint-Loubouer on voit peu de jeunes du village lors de certaines manifestations, et c’est bien dommage, car tous ensemble on pourrait sûrement organiser de nouvelles manifestations pour dynamiser encore plus notre petit village. 

Est-ce que tu t'es essayé à l'écart ?

Non jamais, je n’ai jamais eu le courage d’aller affronter ces vaches. Même si parfois on se sent assez proche, lors des défilés notamment dans la piste durant lesquels la vache tape à la porte pour nous saluer ! 

En tant que spectateur tauromache as-tu des idoles en course landaise ?

Oui j’ai des idoles, une personne qui m’avait vraiment marqué c’était Jean-Pierre Rachou qui était un ami de mon père. Actuellement je n’ai pas forcément de préférence, ce qui compte le plus pour moi c’est que chaque acteur fasse une grande course et respecte le comité organisateur. 

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ? 

Je crois que la course landaise va évoluer dans le sens du sport, car tous les acteurs en piste sont pour moi de grands sportifs. Le problème, si elle venait à évoluer vers le côté spectacle, serait que les spectateurs de "ces nouvelles courses" ne seraient pas des connaisseurs, et pour moi cela enlèverait le charme de la course. Mais également cela la ferait basculer vers du business où le plus important serait de gagner le plus d’argent possible, et pas forcément de maintenir une tradition. 

Que penses-tu de cette multiplication de spectacles avec les taureaux ?

Personnellement je ne suis pas trop favorable, j’ai l’impression que cette multiplication entraîne les acteurs à se relâcher dans les courses. 

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

Je suis un grand amateur de sport, je suis un supporter du Stade Montois rugby et des Girondins de Bordeaux, qui malheureusement ne sont pas en grande forme cette année. 

Quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ? ta principale qualité ? ton grand défaut ?

Le dernier film que j’ai aimé et qui m’a beaucoup touché est "La famille Bélier". Niveau musique j’aime un peu tout, je n’ai pas forcément de préférence. Au niveau de mon plat préféré, une bonne côte à l’os, en famille dans les cidreries espagnoles. Ma principale qualité est la ponctualité, j’ai horreur de ne pas être à l’heure, et pour mon grand défaut je dirai la timidité, mais qui a quand même fortement diminuée grâce à la musique.

Merci Jean d'avoir participé à ces interviews de l'inter-saison, qui avaient pour but de donner la parole à des jeunes qui s'investissent pour la course landaise, sur des plans différents, mais chacun apportant quelque chose d'essentiel à la course. Alors bien sûr, nous te souhaitons de réussir dans tous tes projets (études, musique, activités au sein du comité de Saint-Loubouer), de prendre du plaisir, et grâce à ton engagement et ton dynamisme, de donner envie à d'autres jeunes de suivre la même voie. 

- Loïc Dudès (Revistero)

 

LOÏC DUDES

Revistero


Les rencontres sont souvent dues au hasard. On partage les mêmes passions, on se croise sans se connaître autour des arènes, et voilà qu'à l'occasion où Course Landaise Magazine publie une annonce pour recruter des rédacteurs, un jeune coursayre répond à notre appel et propose ses services. Loïc Dudès est aussi rugbyman, mais il pense que ces deux activités croisées ne l'empêcheront pas de nous apporter son aide. Loïc s'essaie à cet exercice sur un premier compte-rendu, l'essai est concluant. Il écrit bien, sobrement, il connaît la course, il adhère à nos objectifs, il est impartial... l'affaire est vite conclue. En 2015 Loïc assure plusieurs comptes-rendus de courses, jonglant entre ses diverses activités. Nous avons voulu vous faire connaître ce jeune revistero, bon landais et fidèle à nos traditions. 

Loïc, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J’ai 21 ans, je suis d’Hagetmau, j’ai une grande sœur, et en ce moment je cherche du travail dans l’environnement ou l’agriculture. 

Comment est-venu ton intérêt, voir même ta passion pour la course landaise ?

Quand j’étais petit j’allais voir le concours d’Hagetmau chaque année, puis petit à petit à partir de 2008 je m’y suis intéressé de plus en plus, en côtoyant notamment Loïc Lapoudge (surveillant au collège à Hagetmau) et Maxime Dessa (coéquipier au rugby).

On dit souvent que pour bien connaître la course landaise il faut avoir soi-même affronté une vache. Est-ce que tu as déjà franchi la talenquère pour affronter une vache, ou bien es-tu resté simple spectateur ?

Je fais quelques écarts chaque année à Serreslous pour les fêtes. Je voulais essayer d'aller un jour au devant des vaches, j'ai pris mon courage à deux mains et j’y suis allé. C’était des vaches de la Ganaderia Dargelos. Je voulais voir ce que l'on ressentait lorsque la vache fonce sur toi, je m'en suis bien sorti et j’ai même gagné une coupe à la fin de la course. 

Tu étais un lecteur de "Course Landaise Magazine", qu'est ce qui t'a poussé à répondre à notre annonce sur la recherche de correspondants ?

A vrai dire, je ne sais pas trop, j’ai vu l’annonce et j’ai répondu spontanément. J’avais beaucoup d’intérêt pour la course et l’idée d’en rendre compte pour le site me plaisait bien.  

Comment s'est passé ta première expérience de correspondant ?

La toute première expérience c’était pour la vuelta à Dax, ce qui est bien différent des petites arènes où j'ai l'habitude d'aller. C'était pour moi un entraînement, et mon article a été publié. Le premier compte-rendu officiel a été en 2015 à Samadet pour Pentecôte. J’ai été très bien reçu ce jour-là par Pierre Baillet et Stéphane Castaings. Et j'ai pu réaliser mon compte-rendu dans des conditions parfaites.

Qu'est ce que cela t'a apporté ? est-ce une expérience positive ?

Pour réaliser les comptes-rendus de courses il faut beaucoup de rigueur dans l’attention. C’est ça que j’ai ressenti principalement. Il faut vraiment êtres dans la course et s'imprégner de tout ce qui se passe dans la piste, ne pas se laisser distraire si l'on veut rendre compte le plus précisément possible. Pour moi c’est très positif. Au départ les comptes-rendus me prenaient pas mal de temps pour les rédiger, maintenant avec l’entrainement c’est plus simple. Depuis j'ai fait Saint-Cricq Chalosse, Coudures, Geaune... et je me suis plutôt bien débrouillé.

Les fêtes, comme les courses, sont l'occasion de rencontres et d'échanges... comment vis-tu ces échanges durant les fêtes et durant la journée coursayre ? avec les tauromaches, les acteurs de la course landaise...

Lors des courses où j'ai effectué un compte-rendu je n’ai pas beaucoup échangé avec qui que ce soit. Et la plupart des personnes que j’ai côtoyées étaient surtout des spectateurs curieux «du petit jeune avec un carnet» pendant les courses. 

Toi qui suis les courses depuis quelques années, comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ? et que penses-tu des spectacles avec les toros ?

Selon moi, la course landaise est, et sera toujours, un spectacle. Les toros dans les spectacles amènent du piment et du frisson. Les courses de challenges sont très ordonnées, rigoureuses, avec tant d’écarts pointés, tant de points, etc… alors que dans les festivals avec les toros, ceux-ci ont un comportement que l'on ne peut prévoir, peuvent réagir différemment, on ne sait pas ce qui va se passer et c’est cela qui rend ces spectacles grisants. 

A part la course landaise quelles sont tes autres passions ? tes autres centres d'intérêt ? 

Tout d’abord, je fais du rugby au SA Hagetmau. Ensuite, je chasse et je pêche énormément. 

Quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? quelle musique écoutes-tu ? quel est ton plat préféré ?

Je n’aime pas du tout le cinéma, mais "Bienvenue chez les Cht’is" m’a bien fait rire. Le dernier livre que j’ai lu c’est "Candide" de Voltaire pour le Bac de Français. J’écoute de tout comme musique. Mon plat préféré c’est le salmis de palombes.

Merci Loïc de t'être un peu dévoilé pour les lecteurs qui liront prochainement tes comptes-rendus de courses. Nous te souhaitons de belles victoires avec le SA Hagetmau et nous t'attendons la saison prochaine dans les arènes où "le petit jeune avec son carnet" devrait faire sa place.

- Kevin Pouysegur (Président du Comité des Fêtes de Serres-Gaston)

 

KEVIN POUYSEGUR

Président du Comité des Fêtes de Serres-Gaston


Organiser aujourd'hui une course landaise n'est pas chose aisée. Les contraintes sont très nombreuses, à la fois budgétaires, matérielles et d'organisation. Il y a tant de choses à prévoir et à mettre sur pied ! tant de responsabilités à assumer ! C'est sans doute la raison qui a poussé la Fédération et les comités régionaux à préparer une charte des organisateurs, un document d'aide très précieux pour tous ceux qui prennent en main les destinées du comité organisateur de course landaise, qu'ils soient président de comité des fêtes ou de club taurin. De nombreux présidents ont pour eux leur expérience, au fil d'un grand nombre d'années de pratique. Mais quand on est jeune ? comment se lance-t-on aujourd'hui dans cette aventure ? et comment vit-on cette expérience ? Nous avons voulu le savoir en donnant la parole à Kevin Pouysegur, président du comité des fêtes de Serres-Gaston.

Kevin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

J'ai 24 ans, j’habite à Serres-Gaston, j'ai une petite sœur, j’ai passé la plupart de mes examens à Aire sur l'Adour, d’abord avec un bac général et technologique (génie électrotechnique), puis j’ai enchainé sur un BTS électrotechnique. Depuis mon BTS je travaille dans l’entreprise locale Serres-Gastonnaise SLTE, ainsi que chez moi à la ferme familiale.

A Serres-Gaston il y a une tradition coursayre ancienne... il y a même eu des arènes... est-ce que tu as attrapé le virus tout jeune, ou t'es-tu intéressé à la course landaise plus tard ?

Oui bien sûr, il y a une grande tradition coursayre à Serres-Gaston, nous avons beaucoup de fidèles coursayres, et nous avons aussi un ancien champion de France des écarteurs (Christian Darracq ). J’ai de très bons souvenirs de nos arènes en face du hall des sports, des souvenirs de course landaise, mais aussi des souvenirs d’une super aire de jeux que nous fréquentions, moi et tous les jeunes du village. Je suivais les courses de mon village bien-sûr mais aussi celles des villages aux alentours avec mon grand-père, amateur de la course depuis toujours. Ce serait super pour nous les jeunes de revoir un jour des arènes à Serres-Gaston, mais malheureusement cela est difficile à concevoir !

Est-ce que tu as déjà franchi le callejon pour affronter une vache, ou bien es-tu resté simple spectateur ?

J’ai franchi le callejon à plusieurs reprises, dans les courses de village. J’ai commencé par la sortie du petit veau, puis plus tard j’aimais beaucoup le rasé. J’ai aussi essayé pas mal de fois les écarts, avec plus ou moins de succès, je n’étais vraiment pas bon dans l’exercice, j’ai pris quelques contres !!! Après, avec le travail et le sport, cette envie est passée, et maintenant avec un genou cassé je préfère regarder les copains.

Comment es-tu devenu président du comité des fêtes ? pourquoi cet engagement ?

C’est arrivé un peu par hasard. Je faisais partie du comité depuis 5 ans. Le bureau du comité, composé principalement d’anciens, a décidé d’arrêter, ils avaient fait du bon boulot depuis un long moment, c’était le moment pour eux de passer le relais. Nous étions trois jeunes au bureau à ce moment-là, et nous avons décidé de repartir et de continuer leur travail, avec un comité principalement composé de nouveaux membres. L’année de transition n’a pas été évidente, et heureusement que pour l’organisation de la course landaise une ancienne membre est restée pour nous donner un coup de main. De plus je dois dire que le comité se porte plutôt bien dans le village, et cela aide beaucoup, on bénéficie de pas mal de soutien. A côté du comité des fêtes je suis impliqué dans le bureau de l’association communale de chasse car je pratique la chasse depuis tout petit.

Est-ce que c'est compliqué aujourd'hui d'organiser des fêtes ? d'organiser une course ?

C’est compliqué d’organiser des fêtes, les bénévoles ne sont pas faciles à trouver, c’est un travail de toute l’année. Ensuite au point de vue sécurité pour les soirées, il faut sans cesse veiller à tout, c’est usant. Le plus compliqué dans un petit village comme le nôtre, c’est d’arriver à proposer un programme avec des activités attractives pour faire bouger les gens, car le principal enjeu de nos fêtes c’est de se retrouver tous ensembles pour faire la fête et s’amuser ! La course landaise c’est le gros morceau des fêtes. Organiser une course de challenge coûte très cher, là aussi il faut de nombreux bénévoles et si possible des gens qui ont quelques connaissances, ce n’est pas évident ! En fait c’est la fête entière qui se construit autour de la course, car sans les autres activités je ne vois pas comment on pourrait payer une course de challenge. Nous avons la chance d’avoir une date tôt dans la saison (premier week-end de mai), cela nous épargne d’avoir à courir après un docteur, ou encore de voir une cuadrilla à moitié décimée par les blessures de la saison. Le plus compliqué reste de boucler le budget course landaise en positif !!

Comment s'organise-t-on au sein du comité ? comment se fait le partages des responsabilités ?

Au sein du comité on répartit les tâches, la course landaise d’un côté, les autres activités de l’autre. Il reste les soirées et les différents repas à organiser. Chacun des membres s’occupe d’une ou plusieurs tâches... et pour l’instant cela marche bien. Heureusement que nous avons des membres qui ont un peu de temps libre et qui sont totalement investis car le mois avant les fêtes est particulièrement chargé !

Est-ce que le document d'aide aux présidents édité par la fédération est utile ?

Je pense que ce document est utile. Sous forme de clé USB je le fais lire aux membres du comité, et cela aide à se faire une idée de l’organisation. Après, le plus important est de se lancer et d’apprendre de ses erreurs. Aujourd’hui ce n’est pas facile de s’investir dans quoi que ce soit, ce que je peux dire c’est que je ne regrette rien, car au travers de l’investissement dans la course landaise et au sein des comités, on rencontre des gens super et l’on passe de très bons moments ! pour moi c’est le plus important.

Les fêtes, comme les courses, sont l'occasion de rencontres et d'échanges... comment vis-tu ces échanges durant les fêtes et durant la journée coursayre ?

Evidemment c’est le but de nos fêtes, la journée du dimanche est particulière, c’est la journée tradition, et c’est à ce moment-là que l’on voit les plus anciens du village mélangés aux plus jeunes, aux acteurs... on passe avec tous de super moments. On parle, on rit... la fête quoi ! D’ailleurs entre nous on appelle le dimanche soir après la course "la décompression"... la fête se termine, on est tranquille, on paye à boire, on n’arrête pas de discuter, on refait le monde, la course. C’est l’heure du bilan à chaud du weekend… ce sont les meilleurs moments, sans stress ni pression !!

De ton expérience, assez récente, quels sont les points positifs que tu en tires ? les points négatifs ? As-tu des regrets ou au contraire cela t'encourage-t-il à continuer ?

J’en tire des points positifs, des rencontres, des sorties superbes, plein d’émotions, une super bande de copains qui travaillent ensemble dans le même but. Il n’y a pas vraiment de point négatif, on va dire que pour le moment les choses se passent plutôt bien. Je n’ai aucun regret d'avoir pris cette responsabilité, et bien au contraire j’encourage les jeunes à s’investir, les comités en ont bien besoin !

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ?

L’évolution de la course landaise est difficile à prédire. Est-ce que les acteurs seront toujours attirés par le challenge ? J’espère que oui, c’est ce qui nous garantit le spectacle tous les week-ends ! Pour moi la course tend plutôt vers un sport car tout devient de plus en plus professionnel, les acteurs doivent être super entrainés, toujours au top sur une saison où il faut enchainer courses et concours, jongler entre les blessures. Il y a beaucoup de travail mis en place dans la communication ou encore l’arbitrage, et c’est encouragent. C’est difficile pour les organisateurs, ce l’est autant pour tous les acteurs, mais je pense que tant qu’il y aura des gens avec suffisamment de passion et d’envie pour s’occuper et faire vivre notre sport tout ira pour le mieux.

A part la course landaise, quels sont tes autres centres d'intérêt ? tes loisirs ?

La chasse, la corrida, la nature, le football, le basket, les sorties entre amis...

Quels sont tes projets pour Serres-Gaston ?

Continuer à faire de belles fêtes, avec on l'espère de plus en plus de monde, amener les jeunes au comité... et un rêve, ce serait de revoir des arènes à Serres-Gaston, peut être un jour refaire course. Mais pour l'instant ce n'est que mon rêve !!

Merci Kevin d'avoir répondu à nos questions, merci pour ta passion et tout ton investissement dans ton village, pour lui et pour la course landaise. Merci de montrer que des jeunes veulent et peuvent s'investir et réussir. Nous te souhaitons la plus belle des réussites pour 2016 et nous serons-là le premier week-end de mai pour vous accompagner dans vos projets

- Adrien Descazaux (Speaker-Animateur)

 

ADRIEN DESCAZAUX

Speaker - Animateur


Quand on parle de la grande famille de la course landaise, c'est souvent pour signifier que beaucoup de personnes se retrouvent autour d'une même passion, d'une même tradition et de valeurs communes. La famille course landaise c'est parfois une transmission de père en fils de cette même passion. Les exemples sont très nombreux mais nous avons souhaité allumer nos projecteurs sur le plus jeune speaker de course landaise, dont la notoriété grandit au fil des semaines et des courses, Adrien Descazaux. Son grand-père André fut un très grand entraîneur et ganadero, son père Philippe fut l'un des meilleurs écarteurs de sa génération et directeur apprécié de l'école taurine, et aujourd'hui, c'est dans un autre domaine, celui de l'animation des courses, qu'Adrien Descazaux a pris la relève. Garçon sympathique, souriant, discret, connaissant la course landaise sur le bout des doigts (il a eu de bons maîtres dans la famille), maîtrisant parfaitement notre langue, Adrien Descazaux sera sûrement dans les années qui viennent l'un de nos bons animateurs de courses. Nous avons souhaité que nos lecteurs le connaissent un peu mieux et Adrien s'est prêté de bonne grâce à nos questions.

Adrien, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

  • J’ai 21 ans, j’habite entre Aire-sur-l’Adour et Toulouse pour mes études puisque je suis étudiant à Toulouse Business School (école de management) en Master 1. Et comme l’évoque l’objet de cette interview, je suis aussi animateur en course landaise durant la saison estivale.

Même si l'on se doute un peu de ta réponse, comment est-venu ton intérêt, voir même ta passion pour la course landaise ?

  • Malgré mon jeune âge, je peux dire que cela fait 21 ans que suis les courses ! En effet, toute ma famille, tant du côté paternel que maternel (Corinne, ma mère, est la sœur de Christophe, Guillaume et Eric Dussau) est ou était impliquée à divers niveau en course landaise. Je n’ai connu que brièvement mon père dans l’arène en tant qu’écarteur dans la mesure où il a mis un terme à sa carrière en 2000, mais j’ai toujours connu mes oncles Christophe et Guillaume en activité. Ma passion pour la course landaise est apparue très tôt et ne m’a jamais quitté. Je prenais beaucoup de plaisir à aller aux arènes en tant que spectateur, mais j’en prends encore plus à animer les courses.

On dit souvent que pour bien connaître la course landaise il faut avoir soi-même affronté une vache. Est-ce que tu as déjà franchi la talenquère pour affronter une vache, ou bien es-tu resté simple spectateur ?

  • Si je n’avais pas essayé, cela aurait été une honte pour ma famille ! (Rire). Avec toutes les installations à ma disposition (arènes à la ganaderia) et les personnes de mon entourage, il m’a été beaucoup plus facile qu’à n’importe qui de tourner quelques figures en privé. Je n’ai franchi le pas qu’une seule fois en public, pour une course du Téléthon à Bascons, je pense qu’il manquait un peu de place, ma cheville a pu en témoigner ! Beaucoup de personnes m’ont déjà posé la question de savoir quand est ce que je mettrai le boléro. La première raison qui m’a détourné de ce choix c’est tout simplement l’envie. La course landaise est un art, une passion qui doit se faire avec envie et non avec force, c’est pourquoi j’estime qu’il est honnête de dire non et de choisir un autre chemin. De plus, que je le veuille ou non, Descazaux et Dussau sont deux noms assez connus dans le milieu coursayre et même s’ils peuvent être un atout il sont aussi un poids dans la mesure où, avec le boléro sur les épaules, je ne serais pas Adrien, mais « le fils de ». Simplement, je pense qu’il faut savoir trouver sa voie (ou sa voix, en l’occurrence), il faut du monde à tous les postes, même aux postes les moins prestigieux, les plus discrets. Je suis fier de ma famille, mais aujourd’hui j’ai envie de me faire plaisir et de partager ma passion d’une autre manière que par le passage dans l’arène, notamment par le micro et sans jouer sur mon nom.

Nous t'avons souvent vu ces dernières années participer aux courses de la Ganaderia Dussau. Avant d'être speaker, quelles activités as-tu accomplies au sein de la ganaderia, ou par rapport au bétail ?

  • Comme énoncé précédemment, ce sont, avant toutes choses, des attaches familiales qui me lient avec la famille Dussau. J’ai grandi à Subéhargues sur les lieux de la Ganaderia, c’est essentiellement grâce à cela que je suis autant passionné. J’ai toujours été fasciné par le bétail, son intelligence et son comportement. Malgré la peur, tout petit, j’étais présent à chaque maniement des coursières. Mais vers l’âge de 13 ans, pour une des premières courses de la saison, et alors que j’accompagnais Guillaume, mon oncle, j’ai franchi le pas et j’ai déchargé une à une les vaches que j’avais toujours côtoyées, et ma passion n’a fait que croitre jusqu’à ce que je puisse la partager, la transmettre et l’expliquer via le micro.

Qu'est ce qui t'a véritablement poussé à devenir speaker ?

Je ne me suis pas levé un matin en disant « je serai speaker », loin de là. Cela s’est fait un peu par hasard. C’était vers la fin du mois d’Octobre 2012, pour une démonstration donnée pour la fête de l’Armagnac à Labastide d’Armagnac. Le matin même de la course, Guillaume Dussau m’a dit « l’animateur de la fête ne se sent pas de commenter seul la démonstration, tu vas l’aider ». D’un naturel assez compétitif j’ai accepté, et c’est comme cela que j’ai commencé. Je tiens, d’ailleurs, à remercier vivement trois personnes qui m’ont permis de vivre ma passion autrement. Par là je pense à Didier Goeytes, Lionel Salaverria et Guillaume Dussau, les trois personnes qui m’ont parrainé et qui ont appuyé mon dossier de candidature auprès de la FFCL pour que je puisse officier aujourd’hui.

Comment s'est passée ta première animation ? Est-ce qu'il y a une préparation particulière, comment prépares-tu tes animations de courses ?

J’ai la chance d’avoir une assez bonne gestion du stress. Pour ma première ça ne m’a donc pas forcément dérangé de prendre la parole devant les quelques centaines de personnes présentes ce jour-là. Je peux même dire que j’y ai vite pris goût. En ce qui concerne la préparation (en général), je dirai qu’elle est moindre. Il faut bien évidemment connaître la ganaderia, la cuadrilla ainsi que les officiels pour chaque spectacle, mais la course landaise c’est un spectacle vivant, il faut donc que ce soit vivant et spontané. Je tâche à diversifier mes approches, mes mots pour éviter de sombrer dans la routine et essayer de faire de chaque spectacle une représentation unique, ce qu’il est en réalité.

Est-ce que l'animation des courses a évolué ? as-tu des speakers modèles dans l'animation, ou fais-tu tes animations selon tes propres idées, ta propre conception de l'animation d'une course ?

  • Je pense que la majeure évolution dans ce « métier » c’est celle d’être passée de « speaker » à « animateur ». D’une manière générale on ne se contente plus d’annoncer les primes, les brindis, les évènements… mais aussi d’animer, de faciliter le lien entre les acteurs et le public, et de faire ressortir l’émotion et la beauté cet art. Même si ce n’est pas une généralité, les gradins sont beaucoup moins garnis qu’avant. Le public d’aujourd’hui et celui de demain n’est pas (ni ne sera) le même que celui d’hier et les attentes sont donc différentes. Autrefois les gens allaient aux arènes « par tradition », c’était dans la culture de chacun ; aujourd’hui les gens voyagent beaucoup plus, la course landaise s’exporte davantage, le spectateur n’a plus la même relation avec ce spectacle, il ne connaît d’ailleurs pas forcément, ou est beaucoup moins initié. J’ai une approche peut être singulière du rôle d’animateur mais je suis convaincu que c’est celle que le public réclame et réclamera de plus en plus. J’ai pour philosophie de faire vivre le spectacle, de faire ressortir certains points qu’un œil non averti ne verrait pas au premier abord ou qu’un coursayre invétéré ne remarque même plus tant c’est devenu « banal », par là je pense par exemple au travail des entraineurs, à celui du cordier, des vachers pour la préparation des coursières…. Mais mon focus c’est surtout le rôle tenu par le public. L’ambiance dans les arènes c’est la musique, mais c’est surtout le public ! Que serait un concert sans ses fans ? Pourquoi assiste-t-on à de meilleures courses dans des arènes bondées ? Non pas parce que la qualité intrinsèque de la course est meilleure, mais parce qu’on se laisse emporter par l’ambiance et que, dès lors, la valeur perçue est décuplée. Il est vrai que pour le moment j’anime essentiellement des courses landaises et des spectacles hors compétition. Cependant, j’espère pouvoir animer quelques courses de challenge la saison prochaine, mais toujours dans cette optique. En ce qui concerne les animateurs, j’ai bien sûr des modèles et des sources d’inspiration, mais je ne suis pas là pour copier les autres. Au contraire, la force de la course landaise passe par la diversité des styles de ses acteurs, animateurs compris.

Pour toi qu'est ce qu'un bon animateur ?

  • Je n’ai peut-être pas la vérité absolue, cependant je pense qu’un bon animateur est quelqu’un qui connaît la course landaise et qui est capable de diversifier ses propos (ce qui n’est pas souvent évident, bien au contraire), mais qui sait aussi s’adapter au public et qui a pour objectif de l’intéresser et de l’impliquer dans le spectacle.

Tu as un nom connu... est-ce que l'on t'aborde parce que tu es le fils de Philippe ou tout simplement parce que tu es Adrien, speaker animateur ?

  • Il y a les avantages, et les inconvénients. Je reste pour beaucoup de monde « le fils de », et c’est normal, mais dans la mesure où les activités de mon père et les miennes en course landaise sont radicalement différentes cela ne me pose pas de problèmes majeurs, il est plus difficile d’établir, ici, un parallèle que si j’avais écarté !

Les fêtes, comme les courses, sont l'occasion de rencontres et d'échanges... comment vis-tu ces échanges avec les tauromaches, les acteurs de la course landaise...

  • J’aime beaucoup échanger avec les acteurs au sens large du terme (cuadrilla, public, musiciens…) après le spectacle. J’ai ma vision de l’animation mais je tiens aussi compte des remarques, des attentes de chacun, c’est très constructif et j’encourage tout le monde à me faire remonter leurs visions de mon animation, surtout les points négatifs.

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ? que penses-tu des spectacles avec les toros ?

  • Je pense que la pérennité de la course landaise passera par le retour à ses origines, j’entends par là la reconsidération de sa dimension de « spectacle ». Je suis totalement pour les courses de compétitions mais je pense qu’il faudra une évolution. Cette évolution s’est déjà enclenchée avec l’allègement de la première partie des courses de challenge pour trouver une dynamique nouvelle. Et même si les résultats ne sont pas forcément ceux attendus depuis cette modification du règlement fédéral, on ne peut pas nier l’intention. Maintenant, pourquoi voit-on se multiplier les spectacles avec des toros ? Certains diront pour l’argent donné aux acteurs, certes. Mais n’oublions pas que sans public il n’y aurait pas ces spectacles, c’est la loi de base de l’offre et de la demande ! Je pense que c’est bien qu’il y ait des attentes nouvelles, des envies d’émotion, d’évasion avec des spectacles et des mises en scènes époustouflantes de la part du spectateur. Cependant, je suis fermement convaincu qu’il faut établir des barrières entre ces spectacles et la course landaise. Une course landaise c’est un torero qui affronte une vache dans une arène et ça doit le rester ! Pour le bien et l’avenir de la course landaise, charge à chacun d’aider chaque type de spectacle à trouver sa place.

Les ganaderias et les cuadrillas de seconde souhaiteraient un peu plus de reconnaissance ? Qu'en penses-tu ?

  • Je suis bien placé pour parler des ganaderias et cuadrillas de seconde dans la mesure où sur 36 spectacles animés cette année, 35 étaient proposés par ces équipes. La majeure partie du temps, j’ai pu lire la satisfaction sur les visages des spectateurs (initiés ou non). N’oublions pas que les ganaderias et cuadrillas de promotion sont la vitrine de la course landaise. Même si ma zone géographique d’animations est restreinte, il y a beaucoup d’acteurs, tout aussi méritants que les têtes d’affiches, qui partent régulièrement faire la promotion de cette culture dans tout l’hexagone. Alors oui, en toute neutralité, je crois qu’il est légitime d’exiger plus de reconnaissance quand on est dans ce cas. J’ai pu comprendre dans vos propos que Course Landaise Magazine allait faire encore plus pour les secondes, je pense que c’est une bonne chose. N’associer la course landaise qu’aux challenges reviendrait à ne considérer le rugby que par le top 14. On parle ici des ganaderias et des cuadrillas, donc des « professionnels », mais n’omettons pas non plus les autres personnes concernées : les comités et surtout une bonne partie du public ! Je tiens d’ailleurs à remercier aussi toutes les personnes, tous les comités qui m’ont fait confiance depuis que j’ai débuté dans l’animation, je suis conscient que ce n’est pas forcément évident de confier ce rôle à un jeune inconnu, en ce sens je leur dis un grand merci !

A part la course landaise quelles sont tes autres passions ? tes autres centres d'intérêt ?

Je suis tromboniste depuis l’âge de 5 ans, je suis un grand passionné de musique et c’est d’ailleurs l’activité qui me prend le plus de temps avec la course landaise durant la période estivale. Autrement, je m’intéresse à beaucoup de choses, du rugby à la tauromachie en passant par l’actualité, je suis quelqu’un d’assez ouvert d’esprit.

Quel est le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? quelle musique écoutes-tu ? quel est ton plat préféré ?

Encore une fois je suis peut-être à contre courant, mais malgré les critiques plutôt négatives j’ai adoré le dernier James Bond « Spectre », fidèle à la saga ! J’écoute tout type de musique mais il est vrai que j’apprécie particulièrement les musiques instrumentales (classique, jazz…). Enfin, si vous voulez connaître mon plat préféré pour savoir quoi me cuisiner si vous m’invitez, rassurez-vous je ne suis pas difficile ! (Rire).

Merci Michel pour cette interview, bonne fêtes de fin d’année à vous et à tous les internautes ! Excellente temporada 2016 à tous !

A mon tour Adrien de te remercier, d'autant plus que tu sors d'une semaine d'examens, et que malgré cela tu nous as donné de ton temps pour t'exprimer. Toute l'équipe te souhaite de bonnes fêtes et une excellente temporada 2016 au micro pour animer de belle manière les courses landaises.

- Clément Lesgourgues (Ecarteur)

 

CLEMENT LESGOURGUES

Ecarteur à la Ganaderia Aventura


 

Son nom était connu dans le milieu de la course landaise (son papa est sonorisateur dans un grand nombre de courses), et il ne restait plus à ce garçon qui écarte aujourd'hui à la Ganaderia Aventura qu'à se faire un prénom. C'est aujourd'hui chose faite. Non seulement Clément Lesgourgues a fait une jolie percée dans le monde des écarteurs, mais on l'a vu participer très honorablement au championnat des jeunes écarteurs à Horsarrieu. Nous avons voulu le connaître un peu mieux et Clément s'est livré à nos questions.

Clément, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

- J'ai 24 ans, j'habite à Montfort en Chalosse mais je suis originaire de Vicq d'Auribat, j'ai deux frères de 39 et 35 ans, je suis assistant chef de chantier à l'entreprise Gayan.

La question que tout le monde se pose : comment es-tu venu à la course landaise ?

- Du plus loin que je me souvienne, la course landaise a bercė mon enfance. J'étais heureux et fier d'accompagner mon père pour les sonorisations des arènes. De plus j'ai la chance d'être le filleul de Kiki Delos, l'un des "3 D" de Mr Joseph Labat, il a été sauteur puis entraîneur. Mes premières courses ? Il y en a eu tellement !!!!! L'ambiance, les frissons après de beaux écarts et surtout ce bėtail si mystérieux... tout cela reste gravé dans ma mémoire.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène ? 

  • Cela faisait 4 ans que je participais à quelques petits toro-ball, mes premiers contacts avec la piste se sont faits à ces occasions-là. Mes tous premiers écarts je les ai tournés pour les fêtes de Préchacq en 2014. Cédric Desclaux écarteur à la ganaderia Aventura m'a proposé lors de la course à Préchacq d'effectuer 3 ėcarts face à une vache pour amateurs. Je me souviendrai longtemps de ce moment, je réalisais mon rêve de gosse... L'adrénaline procurée par cet instant, seul au milieu de l'arène attendant cette vache... et cette sensation à chaque fois renouvelée... A la fin de la course, la cuadrilla m'a proposé de venir m'essayer en octobre lors d'un entraînement... et tout a commencé. Mes parents n'étaient pas au courant, seuls quelques amis proches savaient. Le soir en rentrant je l'ai avoué à ma mère qui heureusement était asssise. Elle était stupėfaite... mais fière bien que partagée entre la peur qu'il m'arrive quelque chose de grave et la joie de me voir si heureux et épanoui.

Quand as-tu décidé vraiment que tu serais écarteur ?

  • Lors de cet entraînement à Tyrosse, le ganadère Richard Lataste accompagné de Jean-Paul Lavigne ( Lavigne lV ) m'ont proposé d'être présent le 18 octobre 2014 à Barcelonne du Gers pour la présentation de la cuadrilla 2015. Je vous avoue que je n'ai pas vraiment compris ce qui m'arrivait mais j'ai accepté avec une grande joie.

Pourquoi avoir préféré la seconde à l'école taurine ?

  • Ce n'est pas une préférence, ça c'est fait comme ça. J'ai eu cependant la chance de participer aux entraînements de début de saison à l'école taurine ainsi qu'à quelques courses de l'avenir avec Cédric Desclaux. Cela m'a permis de débuter avec ma cuadrilla plus sereinement, plus confiant. La différence d'apprentissage je la vois comme ça : à l'école taurine plusieurs moniteurs nous donnent leur enseignement et leurs conseils. En seconde, le chef de cuadrilla, en l'occurrence pour moi Ludovic Gontero adapte son discours et son enseignement en fonction de mon comportement et mes réactions. Nous corrigeons ainsi au plus vite mes défauts. Il me laisse analyser mes écarts, je réajuste suivant son regard et ainsi je peux rectifier mes erreurs.

Comment s'est passée ta première course ?

  • Ma toute première course à Barcelonne du Gers s'est très très bien passée. La veille, le stress montait car débuter par une présentation m'angoissait un peu. Cette course en quelque sorte était la vitrine de la saison 2015 pour la ganaderia Aventura. Mon réveil a sonné très tôt, je voulais me préparer dans les meilleures conditions, ne rien oublier et arriver à l'heure !! Je suis allé voir le déchargement des vaches que j'allais affronter pour la première fois. Le repas entre nous et l'attente de l'heure de la course m'ont paru durer une éternité. La joie, l'impatience, l'envie, la peur ..tout était mêlé. Puis arrivés aux vestiaires la peur a laissé la place à la concentration et à la détermination. Mon premier paseo s'est déroulé avec une émotion particulière, je n'étais plus dans les gradins mais au centre de la piste. J'ai effectué 9 écarts face à deux coursières. J'ai été bien accueilli et intégré par la cuadrilla, ils ont tous su m'aider à me sentir bien. Mes proches n'étaient pas tous présents mais m'ont suivi après tout au long de la saison.

 

Comment s'est passée ta première saison de courses ?

  • Dans l'ensemble le bilan de cette première saison est positif. Nous avons passé une très bonne saison avec la cuadrilla, soudés autant dans la piste qu'en dehors. Les ganadères, Richard et Laurence Lataste nous ont toujours soutenus et encouragés. Les comités nous ont réservé un très bon accueil et nous avons honoré leur confiance du mieux que nous pouvions. Sur le plan personnel... l'insouciance du danger, la joie de réaliser mon rêve m'ont donné des ailes en début de saison. Dans la piste je suis heureux de partager notre art taurin avec les coursières et le public. Mon manque d'expérience m'a amené à douter parfois... mais un écart dessiné au plus près me redonnait confiance et la cuadrilla était là toujours pour me relever, m'encourager. Dans ce sport où il faut allier la technique, l'élégance et la vista, j'ai tout à apprendre. Émotion, satisfaction, frustration parfois, voilà ma saison, et au final une partenaire "Sarrazine" qui me redonne confiance et me procure de l'émotion.

Le championnat des jeunes était-il un objectif pour toi ?

  • Le championnat des jeunes n'était pas vraiment un objectif. Dans ma cuadrilla, Cédric Desclaux plus expérimenté avait davantage le potentiel de s'exprimer et pourquoi pas de gagner. Mais j'étais heureux de représenter aussi ma ganaderia. Mon souhait était de passer les phases éliminatoires pour pouvoir écarter un maximum et donc prendre du plaisir et en donner. Il me paraissait intéressant aussi d'être évalué par un jury. Mais malheureusement rien ne s'est passé comme je l'espérais, je ne me suis pas senti en bonne position pour attaquer et mes écarts trop moyens ont réduit à néant les chances de m'exprimer. Après l'attente des résultats, quand le verdict est tombé, j'étais déçu de ne pouvoir continuer, doublement déçu pour mes proches qui étaient présents. Mais cela reste une bonne expérience où j'ai découvert le côté individuel de la compétition et pour tout vous dire cet échec m'a remotivé pour la fin de saison.

 

L'an prochain tu seras toujours dans l'équipe Aventura-Ludovic Gontero... Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ? 

  • Je serai l'an prochain attaché à la même équipe Aventura - Ludovic Gontero. Ce que je veux avant tout c'est progresser, corriger mes défauts pour avancer. Je suis sûr que l'équipe 2016 sera aussi soudée et en confiance que l'an passé. Je peux espérer ainsi prendre les relais de mes coéquipiers quand il le faudra. J'aimerais aussi travailler avec les jeunes vaches et contribuer à en faire de bonnes coursières. Continuer aussi à travailler les vaches plus confirmées et les marraines de la ganaderia afin de peaufiner les différents styles d'écarts. Cet hiver j'aimerais apprendre à maîtriser le double saut qui me semble utile et nécessaire parfois. Et si la saison se passe bien, pourquoi ne pas m'essayer aux vaches sans corde... mais chaque chose en son temps. 

La course landaise est synonyme de convivialité... quels sont tes rapports avec les tauromaches ?

  • J'ai en général de très bon rapports avec les tauromaches, je suis encore jeune dans le milieu et je ne connais pas tout le monde. J'aime discuter des courses, comme avec vous Michel après une course à Tyrosse pour connaître le ressenti et les attentes du public. Ces échanges sont autant de remise en question pour la qualité des courses.

Maintenant que tu es acteur, écarteur, est-ce que la course landaise a changé quelque chose pour toi ?

  • La plus grande chose qui a changé c'est d'être complètement épanoui dans ma passion. Cela m'a permis aussi de rencontrer d'autres personnes avec qui j'ai pu échanger sur la vision de la course. Sinon je pense, et j'espère, être resté le même.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • Je n'en suis qu'à ma première saison de course, j'ai encore beaucoup de progrès à faire, donc je ne me donne aucun objectif particulier, je préfère prendre mon temps, saison après saison. J'ai encore tout à prouver.

As-tu des idoles en course landaise ?

  • Je n'emploierai pas le terme d'idole, mais j'ai rencontré une personne en tout début de saison avec qui j'ai beaucoup sympathisé, et avec qui j'ai pu faire quelques parties de basket. C'est une personne qui est très généreux en course, dans toutes ses attaques. Pour moi c'est un vrai torère, et qui en dehors de la piste est très simple et naturel. Je veux parler d'Alexandre Duthen. 

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

  • Pour moi la course landaise n'est ni un sport ni un spectacle. C'est un art, une passion, où l'on transmet des émotions, où l'on crée un échange avec le public.

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

  • Je suis une personne assez active !!!!  je joue depuis mon plus jeune âge au club de "Cassen Saint-Geours Basket" où je suis également membre du bureau et où j'ai arbitré et coaché pendant 6 ans. Depuis 6 ans, je suis aussi président du comité des fêtes de Vicq d'Auribat et je suis heureux de pouvoir ramener la culture taurine dans notre village. En effet une course landaise aura lieu l'année prochaine le 1er Mai. Il n'y en avait plus depuis tellement d'années !!! Je suis membre de la Peña "Alma Taurina" à Dax pour connaitre un peu mieux la tauromachie espagnole.

Pour connaître un peu mieux tes goûts... le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes musicaux que tu aimes ? ton plat préféré ?

  • Le dernier film qui m'a marqué est "Intouchable". Je ne suis pas un grand lecteur, ce que je lis le plus c'est "Course Landaise Magazine" ou d'autres magazines se rapportant à la tauromachie. Je n'ai aucun style de musique précis, étant plus jeune j'aimais beaucoup "De Palmas". Mon plat préféré est la côte à l'os, cuite au feu de bois avec un peu de gros sel. 

Merci Clément d'avoir pris sur ton temps pour répondre à ces questions. Bien sûr nous te souhaitons de belles choses pour 2016, une bonne temporada bien sûr chez Aventura, sans blessure, avec toujours la passion au coeur... une belle course à Vicq d'Auribat (et nous serons là pour soutenir cette belle idée et ce retour à Vicq), et de bons moments passés avec nous puisque tu es un lecteur fidèle.

- Nicolas Lamagnère (Président de l'Union Pontoise de la Course Landaise)

 

NICOLAS LAMAGNERE

Président de l'Union Pontoise de la Course Landaise


Place coursayre, Pontonx sur l'Adour voulait retrouver ses fastes d'antan. Quoi de plus normal lorsque le village abrite un grand nombre de passionnés de course landaise et qu'il dispose désormais d'arènes couvertes et fermées. Les arènes de Pontonx ont fière allure au centre du village. Et au mois d'août dernier, la Régie des Fêtes et l'Union Pontoise de la Course Landaise ont ouvert les portes de ce joyau pour deux courses landaises et diverses activités taurines. Un renouveau.

Parmi les concepteurs et les organisateurs de cette journée coursayre des fêtes, le jeune président de l'Union Pontoise pour la Course Landaise, Nicolas Lamagnère. Un garçon passionné, convaincu, et qui n'a pas ménagé sa peine. Nous avons voulu savoir ce qui l'avait conduit à prendre ces responsabilités et vous faire connaître le plus jeune des présidents en exercice.


Avec Nicolas Vergonzeanne lors des fêtes de Pontonx

 

Nicolas, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

  • Bonjour à tous les fidèles lecteurs de "Course Landaise Magazine", vitrine de la course landaise actuelle. J'ai 22 ans, j'habite à Pontonx sur l'Adour. J'ai fait mes études sur Bordeaux et je suis assistant technique d'ingénieur. Je travaille depuis le 1er juillet 2014 chez ALGECO, leader mondial de la construction modulaire. Je travaille en collaboration avec un groupe de commerciaux sur Bordeaux et Toulouse. Un métier très intéressant. Je vis donc à Bordeaux la semaine, et chez nous à Pontonx le week-end. J'ai un frère qui s'appelle Thomas... qu'on ne présente plus.

 

Comment est-venu ton intérêt, voir même ta passion pour la course landaise ?

  • J'ai une passion pour la course landaise depuis toujours, et c'est bien plus qu'un virus, mais une vie consacrée à cette passion. Tout petit j'attendais ce moment de rentrer dans des arènes comme un enfant attend le 25 décembre... Et aujourd'hui c'est pire encore. Avec mon frère, mon jumeau dirai-je, nous vivons 7 jours sur 7, vaches, courses, et tauromachie. La course landaise n'est pas ma seule passion, mais la corrida aussi. C'est un spectacle différent, mais que je considère comme un sommet artistique. La course landaise elle, est comme le drapeau de notre patrimoine et de notre culture. Les courses de mon village étaient bien évidemment le moment le plus important de nos fêtes. Et je me souviens autrefois de ces arènes pleines à craquer, c'était extraordinaire. 

 

Est-ce que tu as déjà franchi le callejon pour affronter une vache, ou bien es-tu resté simple spectateur ?

  • J'ai déjà franchi le callejon pour aller dans la piste, pour les toro-ball chez nous et à Téthieu. J'ai un beau souvenir aussi face à une très jeune vache sans corde. Quelques problèmes de santé m'obligent aujourd'hui à être raisonnable. Mais je serai sûrement très motivé pour aller battre nos amis de Téthieu pour les fêtes 2016. Porter le boléro, non... j'ai trop la tête sur les épaules et il me manquait ce grain de folie pour que la course devienne le sport que je pratique. Ces dernières années j'ai préféré le football.

 

Comment es-tu devenu président de l'Union Pontoise pour la Course Landaise ? pourquoi cet engagement ?

  • Suite aux dernièrse élections municipales, Monsieur le Maire de Pontonx, Dominique Urolatégui, m'a proposé d'accompagner Francine Coudroy, présidente de la régie des fêtes, pour la partie tauromachique. Il connaissait la passion que j'avais, et y voyait un point fort pour l'aider à développer cela dans notre village. Dominique et Francine sont eux aussi des coursayres. Dès lors je me suis investi dans le village à 100%. Tout d'abord en faisant ma place dans la régie des fêtes, dans toutes les commissions. Mais aussi dans le conseil consultatif (groupe de bénévoles qui participent aux spectacles culturels). La suite s'est faite normalement, il fallait reprendre l'association permettant d'organiser les courses. Une régie des fêtes ne peut pas s'affilier àla FFFCL. L'association était en sommeil, créée par le papa de Francine en 1978. Je suis donc reparti de zéro, j'ai monté un bureau de 9 personnes, et l'Union Pontoise de la Course Landaise est née. 

    J'avais vraiment envie de m'investir dans mon village, d'autant plus qu'une réelle passion pour ces arènes est née avec leur restructuration. D'autre part accompagner Francine dans son investissement a été aussi un point fort, car c'est une personne que j'estime beaucoup et qui mérite de réussir.

La commission course landaise

 

Est-ce toi qui es à l'origine de la journée coursayre des fêtes ? Est-ce que cela a été compliqué à organiser ? 

  • La journée coursayre est une idée de nous effectivement, une forte envie de Monsieur le Maire et un désir pour ma part. L'idée était de revenir à la grande époque qui a fait l'histoire de nos arènes. Est-ce que cela a été compliqué ? oui et non. Il a fallu convaincre la commission course landaise pour pouvoir avancer dans nos idées. Après tout s'est mis en place naturellement. Et puis j'ai été beaucoup aidé par des gens extraordinaires, par leurs idées ou leurs conseils... je pense à Jean Lalanne, à Didier Goeytes et Éric Lespare, et à toute ton équipe Michel. Je n'oublierai pas César Cepeda, parrain d'honneur aujourd'hui de l'Union Pontoise, ainsi que Nicolas Vergonzeanne qui répond à chacune de mes demandes. Des personnes en or. Ce qui est plus compliqué ce sont les critiques et les paroles déplacées. Surtout au début, quand on est jeune et sans aucune protection et aucun recul. Mais cela devient ensuite votre force et si on occulte tout cela on avance plus facilement et avec beaucoup plus de motivation. 

 

Comment s'organise-t-on au sein du comité de préparation ? comment se fait le partages des responsabilités ? 

  • L'organisation n'est pas bien compliquée, des réunions avec les commissions sont organisées pour mettre en place les différents moments de la journée. Chaque bénévole y trouve sa place, cela va de l'intendance aux portiers, de la billetterie au nettoyage. Mon gros défaut, pour le moment, c'est que je veux tout faire moi même ... mais pour ne pas m'user je vais devoir apprendre à passer la main sur certaines tâches.

 

Est-ce que le document d'aide aux présidents édité par la fédération est utile ?

  • Honnêtement, connaissant la course sur le bout des ongles, je n'ai absolument pas ouvert ce fichier. Je n'ai aucune connaissance sur ce fichier pour porter un jugement. 

 

Les fêtes, comme les courses, sont l'occasion de rencontres et d'échanges... comment vis-tu ces échanges durant les fêtes et durant la journée coursayre ?

  • Pour moi ces échanges sont exceptionnels, j'ai rencontré des gens qui font aujourd'hui partie de ma vie quotidienne, je parle bien sûr de toi Michel, mais aussi Christophe Loubère et tant d'autres. Même si ces rencontres sont parfois très brèves, elles sont enrichissantes. C'est aussi cela la course landaise.

 

De ton expérience, assez récente, quels sont les points positifs ou négatifs que tu en tires ?

  • Comme je l'ai dit auparavant, l'expérience est enrichissante. Sur le plan personnel j'ai appris beaucoup de choses. Je suis très motivé pour continuer. Je veux ramener la course landaise à la place qu'elle avait autrefois à Pontonx. Je ne vais pas m'arrêter à la journée coursayre annuelle. Déjà une conférence a été organisée en juin et elle a connu un beau succès, et je peux vous annoncer qu'il se passera quelque chose avant la fin de l'année, d'ici une dizaine de jours... regardez bien les médias... Michel tu vas très vite nous annoncer quelque chose à Pontonx, une soirée assez exceptionnelle.

Les arènes de Pontonx lors des fêtes 2015

 

Quels sont tes projets ?

  • Des idées, j'en ai, parfois trop. Mais pour le moment c'est d'amener la réussite au sein de mon village et accrocher à la course landaise la nouvelle population Pontoise et des alentours. Le travail paye toujours, mais il ne faut pas "se voir beau" surtout dans ce milieu. Nous connaissons tous sa fragilité, un jour tu es au sommet, le lendemain tu n'es plus rien. Je vais essayer de garder la tête froide et avancer petit à petit. On verra où tout cela nous mène. 

Initier les jeunes à la course landaise et à nos traditions c'est l'essentiel 

 

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?  mais aussi l'évolution dans ton village ?

  • La course Landaise doit et restera une tradition propre à notre terre. Gardons ça en tête et n'en faisons pas un produit commercial. Laissons la main aux personnes qui pourront mieux que personne la représenter. Des personnes comme toi Michel pour la communication, comme Nico Vergonzeanne pour la parfaite connaissance du bétail et de notre sport, ou comme Didier Goeytes, doivent être les leaders pour porter les valeurs de notre terre gasconne. La tauromachie est la meilleure représentation de notre vie, on rentre dans l'arène à la naissance pour grandir et vivre. Puis on prend des coups comme tout torero. Mais on se remet en question, on avance, même si au final il faut se retirer. Alors conservons tout cela et donnons le maximum de nous-mêmes pour notre passion. Et pour ce qui est de mon village je vais prendre les choses les unes après les autres. 

 

A part la course landaise quelles sont tes autres passions ?

  • La musique et le dessin sont aussi mes passions. Mais quand on vit course et corrida à fond c'est bien difficile d'avoir d'autres occupations.

Merci Nicolas d'avoir répondu à nos questions, nous apprécions ton dynamisme et ta motivation, et nous souhaitons bien sûr longue à l'Union Pontoise pour la Course Landaise et la réussite de vos projets, qu'ils soient issus de la mairie, de la régie des fêtes ou de l'association. La réussite ne peut venir que par ce dynamisme... une belle voie est tracée.

- Maxime Gourgues (Ecarteur)

Photo MP

MAXIME GOURGUES

Ecarteur à la Ganaderia Dussau


Le Houga est une terre d'aficion... et de nombreux écarteurs (Janick et Eric Gil pour ne citer qu'eux) ont attaché leur nom à cette terre gersoise. Aujourd'hui les aficionados découvrent de nouveaux talents folgariens. Parmi ceux-ci Maxime Gourgues. Beaucoup de tauromaches l'ont découvert cette année lors du championnat de France des jeunes écarteurs à Horsarrieu. Mais tous ceux qui suivent les secondes nous avaient dit le plus grand bien de ce jeune espoir. Il a trouvé sur sa route d'autres jeunes, peut-être plus aguerris à la compétition, mais il a accompli un beau parcours durant ce championnat. Nous avons souhaité connaître un peu mieux Maxime Gourgues au travers des questions que Course Landaise Magazine lui a posées.


Photo MP Un des écarts de Maxime Gourgues à Maurrin

Maxime, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

  • Je m'appelle Maxime Gourgues,  j'ai 16 ans, j'habite au Houga, je suis fils unique et je poursuis mes études à Auch au lycée agricole de Beaulieu pour être technicien forestier.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

  • Depuis tout petit j'adore la course landaise. Quand je n'avais rien à faire les week-end, je partais avec mes parents aux courses. Je suis rentré pour la première fois dans une arène en 2010, pour écarter un veau, avant le championnat des jeunes au Houga, grâce à Janick. Je l'ai découverte aussi avec ma nounou Dany qui est elle aussi une grande coursayre. Puis Janick est mon voisin, donc forcément j'y étais tout le temps. Ce qui m'a plu surtout, c'était ce combat, l'homme contre la bête, la classe et la technique de l'écarteur pour l'éviter et faire passer la vache dans le creux des reins en créant une émotion immense.

A quelle occasion es-tu entré dans l'arène ?

  • J'ai pu rentrer dans l'arène lors de la course à Aire le 5 août 2014 avec Dussau justement, car il sortait une vache amateur. Cela s'est bien passé. Mes parents étaient au courant, ils appréhendaient, ils étaient étonnés que j'aille dans l'arène. Et ils croyaient que ça allait me passer !

Quand as-tu décidé que tu serais écarteur ?

  • Tout jeune, je me souviens j'étais en CE2. La maîtresse m'avait demandé ce que j'aimerais faire plus tard, je lui avais répondu écarteur.

Pourquoi avoir préféré la seconde à l'école taurine ?

  • Pomarez c'est loin de chez moi. Les séances de l'école taurine étaient le vendredi soir et je suis interne, cela était impossible. Je ne savais pas que l'école taurine te gardait 2 ans. Dussau m'a tout de suite proposé de rentrer chez lui, je n'ai pas hésité, j'ai foncé, et je ne suis pas déçu parce que je suis super bien encadré et conseillé. J'ai voulu directement commencer dans le vif du sujet et apprendre avec la cuadrilla.

Comment s'est passée ta première course ?

  • Ma première course s'est bien passée. La veille j'avais beaucoup d'appréhension, de stress... car c'était pour la présentation, au Houga, chez moi. Je ne voulais pas décevoir mes proches mais surtout mon ganadère qui m'avait fait confiance. Jusque là je connaissais les arènes en tant que spectateur, je ne connaissais pas du tout le fait de fouler le sable d'une piste en tant qu'acteur. J'ai adoré.

Photo Jean-Claude Dupouy. Un des premiers écarts de Maxime Gourgues dans les arènes du Houga

Comment s'est passé ta première saison de courses ?

  • Je suis énormément satisfait de ma saison, j'ai atteint mon objectif qui était de me faire le plus plaisir possible en piste. J'espérais rendre heureux ma cuadrilla, mon ganadère et j'espère l'avoir fait. Je n'ai eu aucune grosse blessure.

Beaucoup  de tauromaches t'ont découvert au championnat des jeunes à Horsarrieu. Etait-il un objectif pour toi ?

  • Je n'y avais même pas pensé ! ce n'était pas un objectif mais le fait d'y participer était plutôt la récompense de ma saison. Ce championnat m'a beaucoup apporté car je ne connaissais pas du tout le côté individuel de la course, le fait d'écarter pour soi et non pour les autres, pour l'équipe, ni le milieu de la compétition. J'avais pas mal d'appréhension et de peur, mais je l'ai quand même vécu comme une course normale une fois dans l'arène. A l'annonce des résultats, même si je n'ai pas gagné et remporté le titre, j'ai eu beaucoup de satisfaction malgré le fait qu'on espère toujours mieux faire.

Photo Jean-Claude Dupouy. Les premiers plaisirs de monter à l'escalot et de recevoir la récompense des mains du "voisin" Janick

Quels sont tes objectifs pour la prochaine saison ?

  • Je reste l'an prochain chez Dussau. Je souhaite prendre toujours autant de plaisir à écarter et à être en piste, m'amuser et m'améliorer techniquement.

Que penses-tu de ton chef de cuadrilla Nicolas Commarieu ? Il fut un écarteur de haut niveau, et aujourd'hui considéré par beaucoup de tauromaches comme un excellent chef... que t'apporte-t-il ? comment cela se passe-t-il avec lui ?

  • Pour moi, Nicolas est super, c'est un excellent chef, c'est un peu le papa de l'équipe. Si je suis autant satisfait de ma saison c'est grâce à lui, il m'a tout apporté, tout appris, et cela va du noeud de la cravate à l'écart. J'ai entièrement confiance en lui. Nous avons tous avec lui de très bonnes relations.

Photo Jean-Claude Dupouy. Une belle complicité avec le chef de cuadrilla Nicolas Commarieu

Quels sont tes rapports avec les tauromaches ?

  • Cela m'arrive de discuter avec eux après une course, mais c'est rare quand même. On est plutôt entre nous les acteurs.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • Je ne sais pas du tout. Je ne veux surtout pas brûler les étapes. Je fais chaque course l'une après l'autre sans me prendre la tête. Plus tard, si j'ai une opportunité, pourquoi pas aller en formelle, mais pour l'instant je n'ai vraiment pas la tête à ça.

As-tu des idoles en course landaise ?

  • Ma première idole était Hugo Viney-Thomas, mais j'adore aussi Loïc Lapoudge.

Photo MP. Maxime sous l'oeil attentif de Loïc Lapoudge à Maurrin

Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? sport ou spectacle ?

  • Je vois la course landaise plutôt comme un sport, même si je pense que cet art se perd un peu, je trouve qu'il n'y a pas suffisamment de monde pour voir les courses de seconde, c'est dommage.

Que penses-tu de cette multiplication de spectacles avec les taureaux ?

  • Je me doute que les taureaux doivent apporter une certaine adrénaline et des émotions énormes mais j'ai été très déçu cette année de voir dans les concours landais l'absence d'acteurs, et la qualité des spectacles.  

A part la course landaise quels sont tes loisirs, tes centres d'intérêt ?

  • Je fais du rugby, de la pêche et de la chasse.

Parmi tes autres loisirs : le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ?

  • Le dernier film que j'ai bien aimé c'était Mad Max Fury Road. Sinon je ne lis pas, je suis plutôt dehors à faire des activités.

Merci Maxime, d'avoir répondu à nos questions, et bien sûr nous te souhaitons une belle temporada 2016 chez Dussau, avec "papa" Commarieu, et toujours le plaisir d'écarter et de fouler le sable des arènes.

Photo Jean-Claude Dupouy. Un écart de Maxime Gourgues dans les arènes de Subéhargues

- Kevin Guillevic (Champion des Jeunes Ecarteurs 2015)

En 2014-2015, durant la trêve hivernale, nous avions donné la parole à un grand nombre de tauromaches : toreros, présidents de comités, speakers, simples spectateurs... Le "3 Questions à la Une" avait connu de votre part un beau succès d'audience. Sans doute renouvellerons-nous un jour cette formule qui permet au plus grand nombre de s'exprimer. La diversité des différents acteurs de la course landaise, au sens où chacun a un rôle à jouer, du torero au simple spectateur, est en effet un gage de richesse pour notre art taurin. 

Cette année c'est vers les jeunes que nous nous sommes tournés, dans toute la diversité de leurs activités. Et tout au long de l'hiver nous vous présenterons quelques uns de ces jeunes, très impliqués dans leurs fonctions respectives, et qui seront très certainement demain les continuateurs.

La première interview de cette inter saison est consacrée au champion des jeunes écarteurs, Kevin Guillevic  MP


KEVIN GUILLEVIC

Champion des Jeunes Ecarteurs 2015


Beaucoup d'aficionados ont découvert cette année Kevin Guillevic lors du championnat de France des jeunes écarteurs à Horsarrieu. Ses apparitions dans quelques courses de formelle de la ganaderia Dargelos, venu en renfort pour remplacer des écarteurs blessés, avaient pourtant laissé entrevoir un bon potentiel. Son succès à Horsarrieu ne fut donc pas une surprise, mais plutôt la confirmation des espoirs qu'il avait suscités. Nous avons souhaité le connaître un peu mieux au travers des questions que Course Landaise Magazine lui a posées.

Kevin, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

  • Je m'appelle Kevin Guillevic j'ai 17 ans, j'habite à Estibeaux, j'ai une sœur de 14 ans et je suis actuellement en terminale bac pro au lycée Cantau à Anglet suivant une formation pour être frigoriste.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

  • Depuis tout petit, j'allais voir des courses avec mon grand-père et mon père, et ce qui me plaisait c'était de voir ces écarteurs avec leurs boléros scintillants et leur courage face à une vache de course.

Comment es-tu passé de spectateur à acteur, à quelle occasion es-tu entré dans l'arène ?

  • La première fois que je suis descendu dans l'arène, c'était pour le toro-ball des fêtes de mon village. Bertrand Lafaye m'a appelé dans les gradins et tout bêtement je suis descendu. J'appréhendais beaucoup, mais une fois le premier écart fait je ne voulais plus m'arrêter. Ma mère était présente dans les gradins et je crois que je ne l'ai jamais entendu crier aussi fort. Mon père lui aussi était présent et il est même venu faire quelques écarts. J'avais donc du soutien.

Quand as-tu décidé que tu serais écarteur ?

  • Je n'ai pas vraiment décidé, les choses se sont faites un peu toutes seules, avec l'accord de mon père bien sûr.

Pourquoi avoir préféré la seconde à l'école taurine ?

  • Ce n'est pas que j'ai préféré la seconde a l'école taurine, j'ai eu cette occasion de pourvoir attaquer directement en seconde, et j'en ai profité. Personnellement je n'ai jamais pratiqué l'enseignement de l'école taurine, mais je trouve que la seconde apporte beaucoup de choses, tout ce que l'on apprend "sur le tas" pour résumer.

Comment s'est passée ta première course ?

  • Ma première course ? Avec beaucoup de stress, mais aussi beaucoup de "curiosité". Il me tardait même que ça arrive. J'ai eu du mal à m'endormir la veille car j'avais pas mal d'appréhension, mais lors du paséo une sorte d'excitation était présente. La course s'est bien passée, sans heurts, et j'ai pu découvrir les joies de la piste en portant le boléro. Beaucoup d'amis et mes parents étaient présents dans les gradins ce jour-là. C'est toujours réconfortant.

Comment s'est passé ta première saison de courses ?

  • Ma première saison s'est relativement très bien passée, je crois que je ne pouvais pas imaginer mieux comme première saison. J'ai appris beaucoup de choses, et cela m'a beaucoup plu.

Le championnat des jeunes était-il un objectif pour toi ? Comment l'as-tu vécu ?

  • Non, le championnat n'était pas du tout mon objectif. Je m'y suis retrouvé un peu par hasard en remplacement de Kevin Pernaut qui s'était auparavant accidenté, et bien sûr je n'ai pas refusé d'y participer. J'y suis parti sans pression, juste pour découvrir en vérité. Cela apporte une très bonne expérience et je ne m'imaginais pas me retrouver dans cette situation. Quand les résultats ont été annoncés, j'avais tellement d'émotions que je ne savais plus quoi dire ni quoi penser.

L'an prochain, tu seras toujours dans l'équipe Dargelos-Christophe Malet. Quels seront tes objectifs pour la prochaine saison ?

  • Je n'ai pas vraiment d'objectifs bien définis, mais je compte continuer à apprendre, car malgré mon titre il me reste beaucoup de choses à travailler.

Ton chef de cuadrilla, Christophe Malet, a été un écarteur de haut niveau, et aujourd'hui considéré par beaucoup de tauromaches comme un excellent chef de cuadrilla... que t'apporte-t-il ? comment cela se passe-t-il avec lui ?

  • Déjà je vais commencer par le remercier car je lui dois beaucoup de choses, il m'apporte énormément de motivation et de conseils. Il m'a pratiquement tout appris. On s'entend très bien, autant pendant la course qu'en dehors, et je trouve ça super.

Quels sont tes rapports avec les tauromaches, le public ? 

  • Je m'entends plutôt bien avec eux, même en dehors des courses. Je discute avec eux, ce qui est normal, et je trouve même que c'est essentiel de garder ce bon côté des relations.

Comment vois-tu ton avenir en course landaise ?

  • La formelle est quelque chose qui m'intéresse, c'est sûr, mais je dois d'abord faire mes preuves pour cela. Après, mes objectifs plus lointains ne sont pas bien définis. Je ne sais pas trop quel sera mon avenir, car pour l'instant je suis aux études, tout va bien, mais il faudra voir plus tard avec mon activité professionnelle.

As-tu des idoles en course landaise ?

  • Oui, comme tout le monde je pense. Mon idole c'est Mathieu Noguès.

Tu as connu la course landaise comme spectateur, très jeune, et maintenant comme acteur, comment vois-tu son évolution ? sport ou spectacle ?

  • La course landaise doit rester une tradition propre à notre région, tout en essayant de toucher le plus de monde possible, en la faisant connaître le plus possible aux autres. Je ne vois pas trop la course comme un sport, mais plutôt comme une simple passion où l'on transmet des émotions au public, tout en se faisant plaisir, nous les acteurs.

A part la course landaise qui occupe une bonne partie de ton temps, quels sont tes autres loisirs, tes centres d'intérêt ?

  • En dehors de la course je joue au basket et je pratique la trompette. Et j'aime bien les sorties avec mes copains.

Quelques questions personnelles pour mieux te connaître. Peux-tu nous dire le dernier film que tu as aimé ? le dernier livre que tu as lu ? la musique ou les artistes que tu aimes ? et ton plat préféré (car on sait que les landais sont gourmands et gourmets) ?

  • Le dernier film que j'ai vu c'est le dernier James Bond. A part le Sud-Ouest je ne lis pas. Au niveau musical j'écoute un peu de tout, surtout les musiques festives. Et mon plat préféré c'est "entrecôte-frites".

Merci Kevin pour cet entretien, pour ta gentillesse et ta modestie. Je sais qu'avec Sud-Ouest tu liras aussi "Course Landaise Magazine". Nous te souhaitons une bonne trêve hivernale et t'attendons pour une belle saison 2016, paré de ton nouveau boléro de champion des jeunes, sans stress et toujours avec le désir de bien faire.

Photos Jean-Claude Dupouy, Jean-Denis Clavé et Michel Puzos

- Gilbert Laloubère ancien sauteur (Interview réalisée par Jacky Labernède)

Jacky Labernède

EN SAOUTAN : C'est le nom  de la charmante demeure de Gilbert Laloubère, né le 22 février 1925, sauteur landais entre 1946 et 1986. Très jeune, à 13 ans, il aide son père charpentier. Il se souvient de ces départs en forêt, avec hache et passe-partout, pour aller abattre les chênes dont ils auront besoin pour leur travail quotidien. Il se souvient aussi vers l'âge de 16 ans de la poutre qu'on lui avait demandé de confectionner à partir d'un chêne entier, les coups de hache n'étaient pas très réguliers.

En 1944 c'est la guerre. Il part dans le maquis, puis s'engage dans l'armée. Il a 19 ans.

En 1946, l'armée terminée, il rentre au pays. Le 19 mai une course a lieu à Mugron. Monsieur Lartigau, boucher de son état, mais aussi membre de l'Espoir Mugronais et connaissant Gilbert qui pratiquait l'athlétisme, lui parie 10000 francs qu'il ne sauterait pas une vache. On a vu plus haut qu'il n'avait pas peur, et lui qui n'avait jamais mis les pieds dans une arène remporte le pari, exécutant 6 sauts et 19 écarts devant les vaches du ganadero Pierre Maigret.

En 1946-1947 il saute un peu partout, le plus souvent chez Maigret, ses moyens assez exceptionnels ayant fait le tour du mundillo.

En 1948 le ganadero Larrouture l'engage, 6000 francs pour une course, 10000 pour deux jours de course, il y restera 22 ans.

A ses débuts il ne faisait que le saut à la course, mais voyant André Taris faire le saut  périlleux il se dit "pourquoi pas moi", et le 8 août à Amou il réussit trois sauts périlleux passant très haut au-dessus de la coursière. En fait, le saut périlleux a été son premier saut, il fera le saut pieds joints plus tard. Le saut de l'ange n'avait pas encore été inventé par Michel Agruna, gymnaste de formation. Il faut dire qu'en plus de sauter Gilbert était aussi entraineur avec Ernest Lagière, tragiquement disparu dans un accident de voiture.

Gilbert fera son dernier saut dans son village natal de Hauriet, il a alors 49 ans.

Nous avons vu qu'il était resté 22 ans chez Larrouture. En 1970 il quitte cette ganaderia pour un différent avec Marcel Forsans qui voulait que la corde soit placée sur la corne, ''ça existe encore aujourd'hui'' précise-t-il. Gilbert n'en tenant pas compte, Forsans lui dit "tu ne seras pas des nôtres l'an prochain", ce qui fut le cas.

En 1970 il signe chez le ganadero Dutoya. Il y restera deux ans. L'année suivante, en 1972 il est chez Linès.

En 1973 Paul Deyris vient d'acheter des vaches et monte une cuadrilla. Gilbert entre comme teneur de corde.

En 1986, après 40 saisons au service de la course landaise, il prend une retraite bien méritée.

La course landaise ne permet pas de vivre de son produit, l'écarteur ou le sauteur doit pratiquer un métier. Gilbert travaille alors, comme il avait débuté, chez des charpentiers. Mais mécontent de son sort, il monte à Paris, comme on dit ici. Il y restera 6 ans et exercera le métier de chauffeur livreur. Tous les week-end, de 63 à 69, il revient dans les Landes pour assurer les courses.

Les souvenirs sont nombreux et les citer tous est impossible. Quelques souvenirs quand même : en 1961, à Bascons, toujours pour un pari, il saute une vache pieds joints en l'attendant de dos.

En 1962, à Viella, il tombe et la vache le châtie fortement, résultat un gros hématome à la fesse qui le fait énormément souffrir. L'ennui c'est que le lendemain il y a course à Mugron et il veut sauter à tout prix. Pour ce faire, il se rend chez le docteur Mouchez afin qu'il lui fasse une ponction de ce sang. Le voilà soulagé, il peut donc sauter l'après-midi à Mugron. Le soir il y a course à Peyrehorade,  il exécute 46 écarts et 22 sauts... excusez du peu... et merci docteur.

Autre défi à Pommadez avec Laborde de Baitgs, il tourne cinq écarts dont trois intérieurs et un saut à la célèbre Mimosa.

Dans ses souvenirs il allait presque oublier de me dire qu'il fut champion de France à Nogaro en 1968.

Mais si cet homme est aussi alerte à 90 ans, c'est qu'il a toujours fait du sport. En 1953 il fut champion de cyclo cross à Sauveterre de Guyenne. Il a toujours fait du vélo, 50 km deux fois par semaine, jusqu'à l'âge de 89 ans.

De son premier métier il a gardé son savoir, et tous les meubles de sa maison sont fabriqués de ses mains, et il continue toujours à travailler le bois. Actuellement il construit un balcon, trois éléments de quatre mètres.

Et vous saurez tout de lui quand je vous aurais dit qu'il fréquente toujours les bals à papa.

Gilbert l

Sacré personnage Gilbert Laloubère, toujours le sourire, l'oeil vil, et la bonne histoire à raconter.

Merci Gilbert pour ton accueil.

Gilbert Laloubère est décédé au début du mois de septembre 2015 

- Gaël Forfert (Entraîneur)

Il est des carrières qui se préparent, longtemps à l'avance, au cours desquelles on franchit les étapes, les unes après les autres, jusqu'à ce que l'on arrive au but recherché. Il ne semble pas que ce soit le cas de Gaël Forfert, entré un peu par hasard en course landaise, mais qui s'est hissé, par son travail et sa volonté, au rang des meilleurs entraîneurs de formelle. L'année 2014 ne lui a pas été très favorable, blessé à Saint-Sever, mais il trépigne d'impatience de retrouver la corde et les coursières, et de reprendre ses activités d'entraîneur.

Gaël comment vas-tu en ce début d'année 2015 ?

  • A la fin de la saison, ça allait plutôt bien, j'ai pris mon mal en patience. Je m'étais fracturé le talon lors du concours de Saint-Sever après une mauvaise réception en sautant la talenquère. Je suis resté immobilisé 6 semaines. A partir de la 5ème semaine j'ai eu le droit de faire du vélo d'appartement. Pendant les semaines qui ont suivi j'ai pu faire du vélo sur la route. C'est le docteur Claude Labanère qui m'a très bien conseillé. Mon état physique actuel est bon et je me prépare pour la saison 2015. J'ai pu faire le championnat et la présentation à Arzacq. C'est bon signe.

Pourrais-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

  • Je suis du Houga, j'ai 29 ans, je travaille chez Potez à Aire sur l'Adour comme ajusteur-monteur.

Comment es-tu venu à la course landaise ?

  • Je suis arrivé en course landaise en passant d'abord par les cocardes et les jeux. C'est comme ça que j'ai connu les arènes, et un jour j'ai eu envie d'essayer d'entraîner. J'ai un copain, Pierre-Alain Castex qui m'a conseillé de m'inscrire à l'école taurine et j'y ai effectué deux années. En 2009 je suis entré chez Cathy Agruna et Michel en seconde. J'ai fait le second en formelle et entraîné pour les courses de seconde. J'ai connu la course quand j'étais petit avec mon cousin Fabien Sourbadère qui a écarté chez Darritchon et chez Cathy en seconde, mais je n'y allais pas souvent.

Qu'est-ce qui t'a poussé à devenir entraîneur ? Quels plaisirs éprouves-tu dans ce rôle ?

  • Ce qui m'a poussé à entraîner, je ne sais pas trop en fait. Je ne me voyais pas écarter et encore moins sauter. Le plaisir que j'ai à entraîner c'est d'être au contact du bétail, de le dresser du mieux possible pour avoir un départ régulier de chaque bête, pour que l'écarteur ou le sauteur nous fassent de beaux écarts ou de beaux sauts.

Quelles qualités faut-il avoir pour être entraîneur et pour bien exercer cette fonction ?

  • Il faut être prêt physiquement et savoir maîtriser sa peur, être doux, ne pas faire de gestes brusques, et puis écouter, regarder les anciens. Tous leurs conseils sont bons à prendre car ce rôle n'est jamais acquis définitivement. On en apprend tous les jours.

 

P1610320

Est-ce que tu as des entraîneurs modèles ? des entraîneurs que tu observes ou auxquels tu demande des conseils ?

  • Oui Gilles Tauzia a été un modèle pour moi. J'aurais aimé entraîner avec lui, faire une saison au moins en formelle avec lui. Et puis il y a David Loupien avec qui j'entraîne tous les week-ends, c'est le premier à qui je demande et qui me conseille. Les gestes techniques sont importants dans notre métier, tout cela s'apprend.

Bien que blessé tu as assisté à la plupart des courses de ton équipe. Que ressent-on quand on voit la course des gradins et que les collègues sont dans la piste ?

  • J'ai assisté à toutes les courses de mon équipe et c'était dur de ne pouvoir être dans la piste avec eux. Il y a bien sûr du plaisir à les voir évoluer mais ce n'est pas la même chose. J'étais content d'être avec eux mais triste en même temps de ne pas participer à la course surtout quand on voit la belle saison qu'ils ont faite et leurs beaux résultats.

Es-tu plutôt pour une course landaise compétition ou pour une course landaise spectacle ?

  • J'apprécie les deux, mais je préfère quand même la compétition car il y a de l'enjeu et moi j'aime ça. Je suis un compétiteur, la compétition permet de se transcender et de rechercher le meilleur.

Quelles sont tes ambitions ?

  • Pour l'année à venir je souhaite tout simplement que l'on fasse de belles courses, que les comités qui nous font confiance soient satisfaits, que tout se passe bien, qu'il n'y ait pas trop de blessés. Refaire une bonne saison identique à la précédente, avec toujours cette belle entente qui nous unit.

En dehors de la course landaise quelles sont tes autres activités ? tes loisirs, tes occupations ?

  • En dehors de la course landaise je travaille toute la semaine, sinon je fais un peu de sport, de vélo, de la pala de temps en temps. Je chasse beaucoup pendant l'hiver et ça occupe une bonne partie du week-end.

 

Merci Gaël d'avoir répondu à nos questions. Ton parcours atypique et la manière très professionnelle avec laquelle tu remplis ta fonction d'entraîneur méritent tous nos encouragements, et nous te souhaitons pour cette année 2015 une belle réussite. MP

- Thomas Lamagnère -Coursayre et membre de l'équipe de Course Landaise Magazine- (Interview réalisée par Cathy Carron)

  Chers Lecteurs de CLM, chers coursayres, vous serez bien d’accord avec moi, il n’y aurait pas de Course Landaise sans arènes, sans comités, sans ganadères, sans toreros, mais également sans coursayres. Alors, aujourd’hui, je tiens à vous présenter un jeune mordu, que dis-je !!! un jeune épris, voir «amoureux» de notre chère tradition qu’est la Course Landaise, c’est peu de l’écrire…. Oh, vous l’avez certainement aperçu sur les gradins ou derrière les planches… 

Thomas Lamagnère : peux-tu te présenter aux lecteurs de Course Landaise Magazine ?

- Bonjour, je m’appelle Thomas Lamagnère, je vais fêter mes 19 ans le 5 Novembre prochain. J’ai un frère, Nicolas âgé de 21 ans, grand passionné également de tauromachie. Niveau études, j’ai obtenu en 2012 le BEP E.L.E.E.C, et en 2013, j’ai obtenu mon Bac PRO E.L.E.E.C. Je suis passé en BTS Electrotechnique en alternance,  je suis actuellement en deuxième année, au lycée St. Cricq à Pau pour les cours, et dans mon entreprise de formation pour les stages (EGGER Rol à Rion des Landes), une usine, une très bonne entreprise qui privilégie l’apprentissage pour les bac pros, les BTS et les écoles d’ingénieurs.

 

D’où te vient cette passion pour la Course Landaise

- Je vais dire que je suis né avec cette passion, pour le bétail et la tauromachie. Petit déjà, avec mon grand-père, on allait jouer à la pétanque sur les pare-feux à côté des champs de la ganaderia Labat. De plus mon père m’amenait tout gamin aux courses. Il fait partie du corps arbitral depuis 1996, un an après ma naissance. Et depuis j’ai fait la rencontre d’une personne formidable, qui me permet à ce jour de suivre énormément de courses. Je lui dois beaucoup, il a mon plus profond respect pour son travail, sa personnalité, sa gentillesse, je parle bien évidemment de Mr Michel Puzos, le maître de l’écrit, le responsable du site Course Landaise Magazine. Cette passion est pour moi aujourd’hui quelque chose d’important. J'aime l’ambiance, le bétail, le courage, les frissons que les acteurs nous procurent. C’est un tout.

 

 

 

 

 

Tom nicoCette passion je la partage avec la personne la plus importante pour moi, mon frère, très grand passionné de tauromachie espagnole et de course landaise. Mon frère et moi, comme un couple, on se complète. C’est ma pépite d’or.  «Un frère est le meilleur appui et soutien que l’on puisse avoir dans la vie» 

Ton père étant juré, n’est-ce pas un rôle difficile à porter pour un coursayre ?

- Un rôle difficile... je dirai oui d’un côté car tu entends toujours des critiques sur le corps arbitral. Mais il faut tout de même savoir, que ce corps arbitral n’est que bénévole, voir volontaire. Certaines personnes critiquent les jurés mais feraient mieux de se taire. Je les invite à aller s’inscrire à l’école de pointage qui vient de voir le jour. Ces personnes-là prendraient conscience de la difficulté de donner une note à une figure (écart, saut) ainsi qu’à la coursière qui sort en piste. Je n’en dirai pas plus. Cependant, d’un autre côté non, j’essaie de ne pas dire qui je suis, je me fais discret, comme ça je n’ai pas de problème. Et puis mon père c'est mon père et moi c'est moi.

Est-ce qu’il t’est arrivé d’avoir été pris à partie par une personne lambda par rapport à ta position de « fils de juré » ? Comment as-tu réagi ?

- Pris à partie, non, mais voir des spectateurs insulter les jurés oui. Ma réaction : vu mon tempérament, je réagis très mal ! Je vais aux courses pour me régaler mais surtout pas pour chipoter sur le pointage. Je ne me prends pas la tête sur cela.

Comment ta famille perçoit-elle cette passion ? 

- A ce niveau là, je n’ai pas à me plaindre, mes parents me laissent la liberté de voir autant de courses que je souhaite. Je les remercie fortement. De plus, comme une course = une chemise, je remercie ma grand-mère et ma mère qui lavent, nettoient mes chemises, et qui les repassent surtout. Elles râlent un peu, mais si elles râlent c’est que ça va. Un grand MERCI à toutes les deux.

Où as-tu vu ta première course, et quel souvenir en gardes-tu ?

- Très bonne question, j’ai le souvenir d’un festival art et courage, je devais avoir 3 ou 4 ans, j’étais sur les jambes de ma maman ou de mamie  avec le paquet de Dragibus, très important à chaque spectacle.

Le paquet de Dragibus est-il toujours d’actualité ?

- Bien entendu….

 Que penses-tu des règlements ?

- Depuis 2 ans, un nouveau règlement est mis en place : une première partie un peu ennuyeuse, mais pour les ganadéres très importante, notamment pour tester de jeunes vaches. Des changements  à apporter? Comme à St-Loubouer pour Bahus avec la ganadéria Deyris, deux sans corde : la première sortant « festival » et l’autre sortant « comptabilisée ». Le public est ravi, cela donne de l’élan à la course.

Combien de courses vois-tu dans la saison ? 

- Cette année, j’ai vu 85 courses et ce n’est pas fini. (course du boléro d'argent et présentations à venir).

Préfères-tu les courses de « compétition », les formelles, ou les « secondes » ?

- Je n’ai pas de préférence particulière. Il faut aller voir tout le monde. 

Que retiens-tu de cette saison ?

- Une saison compliquée pour les acteurs, avec beaucoup de casse. Je constate que  le public à ce jour est très exigeant. Les acteurs se donnent plus, prennent davantage de risques… Les coups se suivent ; il leur est très difficile de pouvoir récupérer comme il faut avec les courses qui s’enchaînent. Je retiens la saison compliquée de la Ganaderia Deyris avec du bétail difficile, les blessures de Hugo, de Louis, de Vincent... mais surtout la montée en puissance d’Ibiza et d’Aloha (magnifique au championnat). Mais également, la très belle saison de la Ganaderia Armagnacaise avec un cordier au top. Pour terminer, la saison exceptionnelle de Fabien Napias.

 La Course Landaise à tes yeux, est-ce avant tout un sport ou un art & un spectacle ?

- C'est tout à la fois et c'est ce qui fait la richesse de la course. La course landaise est un sport, un art, une tradition, un spectacle qui attire beaucoup de personnes.

Peux-tu apporter un, ou plusieurs qualificatifs que doivent posséder les «personnes» suivantes :

* un Torero : le courage, la passion, le physique, un mental mis à rude épreuve

* un Sauteur : Capacités athlétiques, gymnaste

* un Second : Capacités physiques,

* un Entraîneur : Capacités physiques, athlétiques, le coup d’œil pour préparer la têtière, le lâcher en dehors ou en dedans, un rôle compliqué !

* un Cordier : Capacités physiques, athlétiques, être prêt mentalement et physiquement. Avoir le coup d’œil sur chaque écart, observer l’acteur, déceler ses ambitions, s’il va tourner à l’intérieur au dernier moment sans lui dire. Un rôle difficile, le mental est de mise, Chapeau à tous les cordiers !

* un Ganadère : la passion, un bon feeling pour la préparation du lot de coursière. Lors de l’achat de coursières il faut également avoir «l’œil» pour déceler «le meilleur» du bétail pour avoir la chance de  tomber sur des vaches nobles. De nombreux critères sont à prendre en compte, ce n’est pas évident. La chance est de mise.

* un Coursayre : la passion 

Les Toros : Par rapport à la Course Landaise, penses-tu que cela apporte quelque chose ?

- Oui, cela apporte beaucoup de choses, de l’émotion, du danger, de la pression, des exploits… 

Naranka nous a quitté en début d’année. Lorsque l’on est coursayre, que ressent-on ?

- Beaucoup de tristesse déjà pour le ganadère, c’était une vache impressionnante de gabarit,  connue de tous les coursayres. Elle était l’arbitre des sauteurs, celle qu’on surnommait la  «Corne d’Or des sauteuses». Une vache de respect !, Qui était également auparavant une grande vache à l’écart ; elle formait un beau duo avec Jean-Marc Lalanne. 

Tu dois trouver l’inter-saison très longue ? 

- Oh oui très longue, mais très importante pour les acteurs pour récupérer des chocs, se préparer physiquement et mentalement pour la saison prochaine. Certains acteurs font du sport à côté pour garder la condition physique.

THOMAS «Côté Personnel» :

Que t’apporte la course landaise sur le plan personnel ?

- La course landaise m’apporte beaucoup de joie, de bonheur. La semaine, j’attends avec impatience le week-end pour aller aux courses retrouver tous les ami(e)s et voir ces génies qui nous régalent en piste. Ce milieu m’a ouvert aux autres, m'a permis de rencontrer et de discuter avec de grands coursayres comme Mr Eric Artiguelongue, un régal de l’écouter parler, mais il n’est pas le seul. J’ai fait la connaissance de personnes exceptionnelles. Je remercie Michel Puzos pour tout ce qu’il a fait, et ce qu’il fait pour moi encore à ce jour.

As-tu un Torero, une coursière préférés ?

- Oui, comme tout passionné, nous avons nos préférences. Côté acteurs, j’adorais Hugo Viney-Thomas, c’était mon idole, Loic Lapoudge et Mathieu Noguès. Côté sauteurs :  Louis Ansolabéhère, un grand sauteur.

Que souhaites-tu faire comme métier ?

- Je souhaite rentrer à la SNCF, et devenir conducteur de train, mon plus grand rêve.

Quelles sont tes qualités et tes défauts ?

- J’ai mauvais caractère, je suis impulsif et râleur...   Mes qualités : gentil, attentionné, serviable. 

Quels sont tes centres d’intérêt, tes occupations, tes loisirs ?

- Le sport en général, j’aime bien suivre l’actualité de nombreux sports. En général quand je regarde la télé c’est toujours du sport. Quant à mes occupations,  bricoler avec mon père, aider mes parents (tondre, m'occuper de la ferme, des poulets, des canards etc..)

Dans les domaines suivants que préfères-tu ?

* musique : Kendji Andalouse 

* plat : pizza, entrecôte frites

* livre : Tout savoir sur la course landaise , Didier Goeytes écarteur landais

* film : les films d’action et  les westerns. 

* sport : le football, le rugby, le tennis mais le sport en général 

* tes arènes préférées : Marciac,  Cazaubon 

* ta coursière préférée : Ibañeza  

La course devient médiatisée par le biais d’internet. Qu’en penses-tu ?

- Cela est très important pour faire vivre la course landaise, et d’autres solutions complémentaires pourraient être utilisées pour attirer un nouveau public. 

As-tu des remerciements à adresser ? 

- Oui : dans un premier temps, je te remercie d’avoir pensé à moi pour apporter mon témoignage sur le site de Michel. De plus je tiens à remercier tout d’abord Michel Puzos, pour tout ce qu’il a fait bénévolement depuis 10 ans, faut le savoir, pour la course landaise. Maintenant il veut rentrer un peu dans ses billes et je le comprends. Je le remercie, de m’avoir fait confiance, de m’avoir intégré dans sa cuadrilla CLM. Je lui adresse mon profond respect, ma profonde amitié, et je le félicite pour ses deux ouvrages. Je tiens aussi à remercier mes parents pour tout ce qu'ils font pour moi, ainsi que de m’accorder leur liberté d’aller aux courses quand je le souhaite. Je remercie aussi Aurélien Mondine, très grand passionné, comme moi, de m’amener parfois, de me ramener et de vivre une si belle passion ! Continue à faire ce que tu veux, tu as aussi mon plus profond respect, je te tire un grand coup de chapeau pour la rapidité de tes comptes-rendus et des vidéos postées sur le site.  En dernier lieu je remercie mon frère pour tout ce qu’il entreprend dans son nouveau rôle à Pontonx au sein du comité des fêtes, j’espère juste qu’il me fera une petite place à Pontonx pour proposer des choses, pour encore évoluer.  Et puis un petit clin d’œil à mes parents et à ma grand-mère qui me supportent tant bien que mal depuis 19 ans ! MERCI POUR TOUT ! 

Une Conclusion ?

- Au jour d’aujourd’hui pour moi la course landaise est très importante, elle me permet de me changer les idées, de découvrir des personnes exceptionnelles, c’est un régal de faire des milliers de kilomètres chaque année pour vivre cette passion à fond. Je félicite tous les acteurs pour cette saison compliquée, pour leur courage. Chapeau à tous. La course landaise évolue dans le bon sens. Cependant, à mes yeux, je constate que le public n'est pas assez nombreux sur les gradins. Une nouvelle pub est à faire certainement : un nouveau public à attirer je pense. Mais la course c’est bien plus qu’une passion, un art, une tradition, du courage, de la détermination, de la classe, du talent. Que la course dure éternellement ! 

Voilà, vous venez de lire le témoignage d’un jeune coursayre en la personne de Thomas Lamagnère. Mais, pour étoffer ce récit, j’ai tenu à demander à Nicolas et à Rémi leurs témoignages, les voici :

Tom nicolas Nicolas, quand tu entends le prénom « Thomas », est-ce que cela te fait penser à quelqu’un ?

- Bien évidemment. Ce prénom me fait penser à mon petit frère. Nous avons 2 ans de différence, de ce fait c'est top pour grandir ensemble !!!!  Mais l'écart de génération est parfois énorme. Cette passion nous a vraiment rapprochés (vous vous doutez bien de laquelle je parle). Nous ne nous sommes pas toujours très bien entendus. Mais s'il y avait une chose qui marchait entre nous, c'était bien celle-là. Passer du temps à regarder les vaches ... C'est une grande histoire… Nous avons partagé aussi la passion du football mais nous n’avons malheureusement pas pu jouer ensemble longtemps.

Thomas !!!! C'est un sacré caractère ... Mais au fond il y a toujours ces super moments de partage et de gentillesse. Il est toujours disponible pour un coup de main.  Comme on dit souvent, « il est chiant, mais quand il n’est pas là, c'est nul !!!! » : on s'ennuie vite quand on est habitué à avoir un petit frère. Et la dernière chose quand j'entends le prénom " Thomas ", il sera toujours prioritaire sur les autres, malgré nos différences. 

Que ressens-tu par rapport à sa passion pour la Course Landaise ?

- Ce n’est pas compliqué : il vit course, il respire course, il dort course.  Thomas c'est toute la journée ! Il n'arrête jamais, cela en devient même fatiguant ! Mais bon c'est quand même extraordinaire d'avoir une telle passion ...  Il connaît tout. S’il y a une personne qu'il doit remercier, c'est bien Michel Puzos. Il l'a emmené une fois, et la suite vous la connaissez. De très beaux textes, de très belles photos... Il y a des matins, à 7h le téléphone sonne : c'est lui. Ne vous inquiétez pas, rien d'important ... Sûrement un Toro qui a fait ceci ou cela ... Ou alors Hugo qui a serré la main de Bielsa !!!! Des infos quotidiennes... Mais c'est bien agréable de partager cela surtout avec un frère.  Sa passion c'est aussi un va et vient constant. Lorsque la saison s’accélère, on ne le voit plus ! Mais bon c'est comme ça ! j’admire une telle passion !

Au final il a rencontré beaucoup de monde, et a appris beaucoup. C'est un fin connaisseur, c'est bien. Il y a quelque temps, une école de pointage s'est créée... Il a commencé à en parler, je le sentais motivé,  mais je l’ai mis en garde. Il s'entend très bien avec tous les acteurs et quand on passe de coursayre à « juré » on peut perdre beaucoup ! 

Je pense qu'il peut apporter à la course landaise, mais sûrement pas en s’engageant comme cela. A mes yeux, et à ce poste, sa passion aurait pu s’éteindre au fil des courses.

As-tu la même passion que lui ?

- Oui et non... A la base ma passion personnelle c'est la tauromachie espagnole : la corrida : Manzanares... Las ventas, la famille Victorino Martin.

Bien sûr que la course landaise est une grande passion pour moi. J'ai beaucoup appris en lecture du comportement du bétail (grâce à la corrida). Et c'est vrai que sans le bétail, la course landaise ne serait rien. On voit quand même des choses splendides : Nicolas Vergonzeanne : ses exploits, Christophe Dussau le maître... Hugo Viney Thomas la classe ... et puis Ludo Lahitte un super copain qui a réussi cette dernière saison des sorties exceptionnelles devant Maruelle. Donc oui avec Thomas nous partageons la même passion. Mais elle ne vient pas du même endroit. Puis moi il a fallu que j'y goutte : toro- ball, cocarde ; maintenant on m'a donné un rôle dans mon village. Je pense que rien de mieux ne pouvait arriver pour vivre ma passion.  J'espère qu'un jour je pourrai vous faire vibrer avec de beaux spectaclex. (Rire)  Si j'ai DEUX mots qui pourraient bien nous décrire : TAUROMACHIE INTENSÉMENT et cela en partage avec Thomas.

A-t-il des défauts ?

- Ou lala ... On parlait de livres tout à l'heure ? Je vais appeler Michel pour qu'il me le rédige (Rire)... je plaisante bien évidemment...  Parfois il s’investit trop, et raconte des évènements qui pourraient lui porter préjudice. Mais bon, la vie lui apprendra, quand on lui aura fait quelques réflexions !!!  Et comment parler de Thomas sans évoquer ces heures et ces heure à râler !!!!!!. Je crois que j'ai fait le tour.

A-t-il des qualités ?

- Pour ses qualités je n'aurai pas besoin de Michel, ne t'en fait pas (rire) !!! Sa gentillesse, ses intentions de faire bien. Il fait toujours attention aux autres. Je n'oublierai jamais ce dernier toro-ball où j'ai été durement pris ; il avait quasiment les larmes qui coulaient sur son visage. C'est là où on se rend compte que d’avoir un petit frère c'est chouette !

Une conclusion ?

En conclusion, bah merci pour tous ces moments qu'on a vécus jusque là, autour du sable doré, des planches rouges, ainsi que ceux qu'on partagera à l'avenir... Qu'il continue à  se faire plaisir au côté de gens qu'il apprécie. Qu'il persiste à rendre hommage comme il a pu le faire pour Hugo Viney Thomas et Louis Ansolabéhère, 2 grands Champions de la Course Landaise !!!  J'espère juste que des cornes ne vont pas lui pousser sur le front ! Maintenant que j'en ai la possibilité j'espère qu'un jour on pourra vous présenter un spectacle tous les deux. Suerte petit frère !!!!!

 C’est au tour de Rémi LAPOS, Champion des Jeunes Ecarteurs à Toujouse en 2014, de me donner son ressenti par rapport à Thomas, le voici :

- Pour moi, Thomas, c’est une forte amitié ! Un gars génial, drôle, sur qui on peut compter ! On se raconte tout ! et ça c’est génial. Il me conseille, il me motive en dehors, on s'entend à merveille, c'est quelqu'un de bien ! On s'est rencontré par hasard, on forme un beau duo d'amitié sincère, il est toujours là quand il faut, et je l’en remercie.

Tom michel  Pour conclure, j’ai demandé à Monsieur Michel Puzos de m’apporter son témoignage :

- Comme son frère le disait précédemment, un livre ne suffirait pas pour décrire Thomas. Je l'ai connu par hasard, sur Facebook je crois bien, à la faveur de discussions sur la course landaise, et j'ai découvert non pas un ami, mais sans doute le petit-fils que j'aurais aimé avoir. Nous sommes très complices, bien au-delà de notre passion commune pour la course landaise, et nous partageons bien des petits secrets. Thomas le gentil, Thomas le rieur, Thomas le râleur, Thomas qui dit des gros mots quand il faut ouvrir les soupapes, mais qui est foncièrement bon, gentil, sensible et généreux. Il y a deux ans, lorsque je lui ai dit "je recherche quelqu'un qui m'aiderait à faire de la pub pour mon premier livre... distribuer des affiches... assurer la distribution etc... si tu connais quelqu'un..." et Thomas de me répondre "moi"... voilà c'est Thomas. Côté course, il est comme Aurélien, il en connaît dix fois plus que moi car il a une mémoire infaillible, autant auditive que visuelle. Il vous dira que cette nouvelle est sortie à tel endroit, que telle autre a été notée tant, que tel écarteur est monté à l'escalot à tel endroit... Ce n'est pas non plus la peine de vouloir lui apprendre quelque chose, il sait tout avant tout le monde. Comment pourrait-il en être autrement, il vit avec son smartphone !!! Thomas veut être conducteur de train, et s'il l'est un jour, je suis sûr que les trains seront à l'heure, car pour rien au monde il ne manquerait l'heure de la course ! Maintenant j'attends avec impatience le jour où il aura son permis car je recherche un chauffeur. La course landaise a besoin de passionnés comme lui, c'est à ce prix qu'elle vivra. Je ne sais pas quel rôle il jouera à l'avenir dans la course, mais je suis certain qu'il en jouera un, et qu'il saura défendre notre tradition. Avec son franc-parler, Thomas ressemble au jeune homme que j'étais lorsque j'ai commencé à écrire dans la Tuile. je ne me suis pas attiré à cette époque-là que des copains, mais avec l'âge on se calme, on apprend à tenir sa langue et à choisir ses mots. On apprend aussi à cerner l'important et à chasser le futile. Thomas a su se faire apprécier de beaucoup et je suis sûr qu'à l'avenir il prendra le même chemin que moi. L'an prochain il fera partie de mon équipe, et je suis sûr qu'il remplira avec bonheur les tâches que je lui confierai. 

Cathy Carron : qu'il me soit permis de donner ma propre conclusion. Ce garçon me fait penser à Obélix : il est né dans ce milieu impitoyable qu’est la Course Landaise quand il était tout petit… eti Il me rappelle énormément une jeune fille qui a eu le bonheur de côtoyer les pâturages de Chiouleben. C’est extraordinaire de pouvoir assouvir une passion quelle qu’elle soit… Je te souhaite Thomas de la vivre pleinement.

«Savoir Aimer», la chanson de Florent Pagny dont les paroles sont si profondes, collent à la peau de ce jeune Thomas quand on l’écoute… Un garçon adorable, attachant, intelligent. Certes, il est comme nous tous, il a des défauts, mais il sait être discret, respectueux, mais surtout INTEGRE… Et cela, en Course Landaise, c’est très rare, car la course c'est souvent beaucoup «d’apparence», de sourires par devant… J’en resterai là !

La famille Lamagnère peut être fière de ses 2 fistons… Chapeau !!!

Thomas, je te souhaite de persévérer, dans tes études ,mais également au sein de ce milieu très ingrat qu’est la Course Landaise. Suerte Thomas, un GRAND MERCI !!!

Pour finir, je tiens très sincèrement à remercier Nicolas, Rémi et Michel Puzos, qui n’ont pas hésité un seul instant à répondre à mes questions, bien au contraire… cela signifie beaucoup de choses envers ce jeune garçon.

Je vous invite donc toutes et tous, le 5 novembre, à offrir des DRAGIBUS à Thomas pour qu’il en fasse la réserve pour la saison 2015.

Et rendez-vous prochainement, si Dieu le veut, pour une  future interview aussi émouvante.

Cathy Carron

- HUGO VINEY-THOMAS Ecarteur (Interview réalisée par Cathy Carron)

Au sein de notre chère tradition qu’est la Course Landaise, qui n’a pas entendu parler un jour, de l’écarteur de « Semisens », en la personne d’Hugo Viney Thomas ? Rare, il est vrai, qu’un bambin fleurisse le boléro sur les épaules de notre terre Marensine pour éclore dans ce milieu si particulier. Intriguée  par ce garçon combinant élégance, discrétion et respect, j’ai aspiré à percer le mystère qui entoure le torero tyrossais afin de découvrir qui se cache derrière Mr Hugo Viney-Thomas. 

 2013 : Paseo à Vielle-Tursan (Photo Michel Puzos)

 

HUGO « Côté Course Landaise» :

Hugo, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs  ?

- J'ai 22 ans, je suis natif de Dax mais suis de Tyrosse depuis que je suis tout petit. J'ai 1 frère âgé de 25 ans, ainsi qu’un frère & une sœur, de 18 ans les deux.

- Qu’est ce qui t’a décidé un jour de revêtir le boléro et comment cela s’est-il passé ? 

- J'ai de la famille à Pomarez. Chaque année après les repas familiaux,  je demandais à ce que l’on m'emmène voir la course landaise. J'étais toujours assis à la même place : j'admirais les écarteurs, je les trouvais élégants. Depuis, je me suis toujours dit que j'endosserais un jour un boléro. Par contre, je portais peu d'attention au bétail ...

- Quelle a été la réaction de tes parents ?

- Ils ont accepté de m'inscrire à l'école taurine. Pour eux, tout comme moi, c'était une évidence.

Où as-tu fait ta première course, et quel souvenir en gardes-tu ?

- J'avais 14 ans, c’était à Pouillon en 2006 et je me souviens avoir remporté la coupe. Les vaches étaient de chez le Ganadero Lacoste. C'est un très bon souvenir car c'était la première en boléro, ma famille était réunie ce jour-là et forcément ça marque.

 

Une première coupe à Pouillon (Photo Michel Puzos)

Peux-tu nous relater ton parcours ?

- J'ai réalisé deux années à l'école taurine de la fédération (2006 & 2007). Ensuite, Michel Agruna m'a pris dans son équipe de 2008 à 2013. J'ai vécu de très bons moments durant ces années puisque j'ai remporté des titres importants, ce que jamais je n'aurais pensé réaliser auparavant.

2009, c’est la consécration, tu décroches le titre de Champion de France à Aire. Peux-tu nous raconter ce que l’on ressent, à quoi pense-t-on à ce moment là ?

 Dans ces moments là, tout va très vite. J'étais très jeune, je sortais d'une bonne saison où tout me réussissait. Ce jour-là j'ai fait un bon championnat, j'ai été régulier, j'ai gagné. Sur le moment, même les mois suivants, je ne réalisais pas ce qu’il m'arrivait. Avec les années j’ai pris de la maturité. Je suis conscient aujourd'hui d’être rentré dans l'histoire de la course landaise. J'en suis très heureux et fier. Mais aujourd'hui c'est du passé ; je me dis que quoi qu'il arrive, j'aurais atteint ce niveau et accompli cette performance au moins une fois dans ma vie.

2009 : Hugo est sacré champion de France au cours d'un mémorable championnat (Photo Michel Puzos)

Cette année, tu vas évoluer au sein de la Ganadéria Deyris. Pourquoi ce choix ?

- Pourquio ce choix ? d'abord car l'opportunité s'est présentée cette année. Au début ma réponse était toute faite, je ne me voyais pas autre part qu’à la DAL. De plus, on ne m'avait jamais proposé de choses concrètes. Avec un peu de recul, de réflexion, d'échanges avec mes proches, j'ai accepté de m'engager dans cette nouvelle aventure. Ce n’est pas évident de prendre une telle décision, surtout quand les personnes avec qui tu exerçais jusqu'à présent t'ont tant donné. Tu te sens lâche, tu te dis « merci pour tout, vous avez fait de moi un bon écarteur mais maintenant je pars»… alors que ce sont eux qui t'ont aidé à grandir. C'est dur !

En quelques mots, quelles en sont les raisons, si raisons il y a ?

- Je savais qu'au fond de moi les deux dernières années à la Dal ne m'ont pas fait évoluer (même si j'ai remporté le concours de Dax et vécu de bons moments). Je ne reporte la faute sur personne et je ne dis pas que je n'y suis pour rien, mais j'avais besoin de vivre d'autres émotions en piste devant un autre bétail, dans d'autres arènes, avec de nouvelles personnes et un environnement différent. Je pense que c'est dans beaucoup de sports la même chose : quand on ne monte plus et qu'on finit par stagner, le changement s'impose. Des personnes l'ont compris, d'autres en ont ri, peu importe, je suis seul devant la vache, c'est à moi de choisir ce qui est bon ou pas pour mon avenir. Ça marchera ou pas je ne peux pas le savoir à l'avance. Cela fait partie des risques quand tu pratiques un sport. J'ai toujours regardé devant ; je ne regrette pas mon choix, c'est l'essentiel.

De quelle manière se déroule ton inter-saison ? Tu te prépares physiquement, mentalement ?

- Je fais beaucoup de sport. C'est une passion depuis tout jeune mais c'est aussi une obligation. Avec tout ce qu'on nous demande d'endurer l'été, je pense que se préparer physiquement est nécessaire. Je me rends dès que je peux en salle pour faire du renforcement musculaire. Quand je ne peux pas je fais du renforcement avec poids du corps à la maison. Sinon j'alterne avec du footing et d'autres sports qui sont complémentaires dans ma préparation (ski, golf depuis peu). Mentalement le sport me permet de me vider la tête, de ne pas trop penser à la future saison de courses.

As-tu des ambitions pour cette nouvelle saison ?

- J'aimerais trouver mes marques au plus vite dans ma nouvelle équipe mais aussi bien m'adapter au bétail que j'aurai à affronter. Ensuite, au fur et à mesure de la saison et de ma forme, j'aimerais montrer qu'il faut compter sur moi pour les compétitions individuelles ainsi que dans les places importantes. Je ne me fixe jamais d'objectifs concrets car je suis conscient que tout va très vite mais je t'avoue que j'aimerais écarter plus de vaches sans cordes. Le championnat des sans corde m'intéresse de plus en plus car je n’ai jamais eu l'occasion d'y participer...

Mon autre préoccupation sera de faire une saison pleine du début jusqu'à la fin, sans gros pépins physiques. Surtout écarter avec enthousiasme et passion, ce qui me manquait un peu ces temps-ci.

Enfin, ne pas décevoir mes ganaderos, mon chef de cuadrilla, ainsi que tous les collègues avec qui je vais écarter cette année, est une priorité.

2013 : course de présentation à Geaune (Photo Michel Puzos)

As-tu une opinion sur le Challenge actuel ?

- Non. Je n'aime pas parler de challenge, de points. C'est dans ma nature. J'ai toujours essayé de faire mon boulot du mieux que je peux, d'être sérieux et impliqué dans une équipe. Je sais que c'est ainsi qu'on remporte des choses et qu'on satisfait le public qui vient te voir.

La Course Landaise, à tes yeux, est-ce avant tout un sport ou un art & un spectacle ?

- C'est tout à la fois. Un sport car cela nous demande beaucoup d'efforts physiquement. Une bonne condition physique est nécessaire. Mais aussi un art et spectacle car il y a un côté esthétique évident et important aux yeux des spectateurs. Je pense d'ailleurs que la course landaise est de plus en plus esthétique, que ça soit dans l'écart même ou l'attitude en piste des toreros. C'est bien pour la vitrine de notre sport.

Comment vois-tu ton avenir ?

- Je ne sais pas. C'est la question que je me pose tous les matins au réveil...

Photo MP

As-tu vécu des blessures, physiques, morales ?

- Oui. Des fractures, luxations, hématomes, KO... Et les blessures laissent toujours des traces dans la tête. Aujourd'hui tout va trop vite dans notre sport. Les écarteurs de mon âge, nous avons déjà tout vécu sportivement. On nous demande beaucoup, on s'expose beaucoup et on n'échappe pas à la blessure. Sans doute est-ce déjà trop pour notre jeune âge, ça sera dur dans le futur. Mais je préfère regarder devant, avoir toujours l'envie et l'ambition de faire quelque chose. Et puis tu sais, on apprend tellement de mauvaises nouvelles dans le journal tous les jours, que je préfère me dire que je n’ai qu'une vie... C'est plus facile pour avancer.

Comment abordes-tu une course : plutôt décontracté ou avec un peu d’appréhension ?

- J'ai peur. Certains le montrent plus que d'autres. Moi je suis de nature à garder les choses pour moi. C'est peut être un défaut mais en tout cas j'essaie de ne pas le montrer en piste car je pense qu'il ne faut pas. Les gens viennent aux courses pour voir ce qu’ils ne peuvent pas faire. Nous devons rester des hommes à part. C'est comme ça que je le vois. Après le premier écart, ça va un peu mieux ...

Peux-tu apporter un, ou plusieurs qualificatifs que doivent posséder les « personnes » suivantes :

* un Torero

- courage, dévotion, l'esprit de sacrifice, la volonté, l'intelligence, le sens du spectacle.

* un Second

- courir vite, être réactif, l'esprit d'équipe, la volonté.

* un Entraîneur

- bonne condition physique, réactivité, connaissance du bétail et de la course.

* un Cordier

- connaissance de la course, la réactivité, être une personne d'instinct.

* un Ganadère

- la connaissance du bétail, des hommes, de la course, savoir gérer une équipe, savoir  adapter le bétail suivant les pistes.

Les Toros : qu’est-ce qui t’a poussé, un jour, à partir défier ces bêtes ?

2013 : festival "art et courage" (Photo Jean-Marie Crampes)

- L'opportunité. Puis le fait de vivre d'autres émotions, plus fortes, en compagnie de personnes que tu apprécies forcément, avec qui tu partages ces moments difficiles : c'est émouvant. 

Il est très compliqué de livrer son corps à 100% face à un animal de ce calibre, mais quand tu y arrives, lorsqu’en plus tu réussis, c'est un moment magique que tu ne vis que très rarement dans ta vie.

Au début, face à tes premiers toros, l'inconscience aide vraiment. Avec les années, on se rend compte que ce qu'on fait est vraiment incroyable. Mais avec la technique que nous avons aujourd'hui, l'habitude, la connaissance de la piste, nous arrivons mieux à gérer ces sorties face aux toros. On nous prend souvent pour des fous ou « malades », mais c'est comme ça dans tous les sports : quand on est conscient de sa technique on maîtrise plus. Derrière, c'est plus esthétique, le spectacle s'en ressent, et de ce fait les spectateurs se régalent plus. Il faut comprendre les choses avant de juger trop vite.

Par rapport à la Course Landaise, penses-tu que cela apporte quelque chose ?

- Je suis rentré dans la course tout gamin, elle m'a fait grandir. J'ai pris des coups, je me suis relevé, j'ai toujours fait des sacrifices pour m'investir dans mon sport. J'ai toujours su que rien n'était gagné d'avance, qu'il fallait toujours se battre. La course m'a forgé un véritable caractère. Je sais en tout cas ce que veut dire souffrir ; je pense que ça fait « du bien »  pour devenir un homme. J'ai compris ce qu'était la vie, la valeur de l'argent, le respect des autres, l'humilité, garder la tête sur les épaules, dans une vie où aujourd'hui tout va très vite ...

D’une part, elle m'a permis aussi de côtoyer des personnes beaucoup plus « âgées » que moi, de me rendre compte que la vie n'est pas faite que de gens honnêtes et sincères.

D’autre part, qu'il fallait parfois imposer ses idées et opinions, pour ne pas s'écraser.

HUGO «Côté Personnel» :

Que t’apporte la course landaise sur le plan personnel ?

- La course landaise m'apporte une satisfaction personnelle, un peu de reconnaissance. C'est important dans la vie. Même si je pense que nous ne sommes pas considérés à notre juste valeur. Les gens ne se rendent pas suffisamment compte de la difficulté de notre sport et sont trop sévères envers nous.

Lors d’une course, il y a-t-il un élément « moteur » qui te pousse à te donner envie de faire plus ?

- J'aime bien que le second derrière moi me motive avant l'écart, qu'il trouve des mots forts pour m'encourager, me pousser à aller plus loin dans mon travail.

Parfois, le fait d'apercevoir un proche ou une connaissance dans les gradins m'aide à me surpasser. Je me dis que s’il est là c'est pour moi, que je dois faire le maximum pour lui rendre la monnaie de la pièce.

Pour les gros spectacles avec des toros, ce sont des rendez-vous compliqués à gérer où on se pose pas mal de questions. J'aime bien avoir des pensées abruptes : méditer par rapport aux évènements difficiles de la vie qui se déroulent dans certains pays, ou bien songer aux malheurs qui touchent des personnes que je connais. Ça permet de relativiser face à l'évènement et de me dire que ce que je vais faire en piste n'est pas forcément la pire chose qui existe actuellement !

Quel est, ou quels sont les Ecarteurs / Sauteurs / Hommes en blanc pour lesquels tu conserves un bon souvenir ?

- Les gros souvenirs sont les festivals Art et Courage que j'allais voir à Pomarez tout petit. Philippe Descazeaux m’a toujours marqué par sa façon de faire jaillir cette énorme émotion dans les arènes. On sentait les frissons dans les gradins… On ignorait constamment s’il allait « passer » lors de sa prochaine figure. 

Et une Ganadéria ?

- La Dal. Enfant c'est eux que je voyais le plus souvent pour le 15 Août à Pomarez, dans des arènes pleines. Ça marque!

Quelles sont tes qualités et tes défauts ?

- Mes qualités : gentillesse, humour, générosité. Mes défauts : râleur (à la maison !!).

Quels sont tes centres d’intérêt, tes occupations, tes loisirs ?  

- Beaucoup de sport. Une autre passion que je suis pas mal est la tauromachie espagnole. Quand j'ai du temps libre j'aime bien jardiner, passer du temps avec des amis, sortir, m'amuser. Profiter de la vie tout simplement.  

Dans les domaines suivants que préfères-tu ?

* musique

- le blues du businessman

* plat

: pâtes carbonara

* livre

- les « terres taurines » d'André Viard

* film

- Million Dollar Baby

* sport

- Rugby

* tes arènes préférées

- Pomarez

* ta coursière préférée

- aucune en particulier

La course devient médiatisée par le biais d’internet. Qu’en penses-tu ?

- C'est très bien. Ça permet de faciliter l'accès à la course landaise à un plus large public, comme les jeunes. Mais je pense qu'il y a beaucoup plus à faire encore pour la faire connaître, la faire comprendre à tous ceux qui s'y intéressent et finalement à donner une meilleure image de notre sport qui est réellement un sport de haut niveau.

Tu es encore très jeune, as-tu un vœu à formuler, un rêve que tu souhaiterais réaliser qu’il soit « coursayre » ou « personnel » ?

- Au niveau coursayre, j'espère me faire plaisir encore quelques années et que mon physique tiendra le temps qu'il faudra. J'ai réalisé le rêve de porter un jour un boléro en piste. Maintenant ce serait de grandir et de marquer ma génération par ma personnalité et mes qualités de torero. Je veux profiter de l'instant présent pour créer des choses encore en piste pour ne pas avoir de regrets derrière. Le temps passe vite !

Personnellement, j'aimerais m'épanouir professionnellement, m'asseoir dans ma vie de façon à plus tard fonder une famille et entrevoir d'autres rêves ...

As-tu des remerciements à adresser ?

- Des remerciements bien sûr à mes proches pour le soutien qu'ils ont toujours eu pour moi. A Michel Agruna et Christophe Dussau pour tout ce qu'ils m'ont apporté. A la course landaise, qui m'a déjà apporté beaucoup de choses, aux amis que je me suis fait qui ont une place importante à mes yeux.

HUGO perçu par sa Maman Christine :

Pouvez-vous nous retracer le chemin qu'a parcouru Hugo de sa plus tendre enfance à ce jour ?

- Hugo est né le 1er décembre 1991. Il a grandi sans problèmes, a eu une scolarité sans soucis. C'était un enfant gentil, très affectueux, sans histoires. Depuis tout petit, il s'identifiait à des matadors puis à des écarteurs. Il s'intéressait à tous les sports. Il a pratiqué le rugby à Tyrosse jusqu'au niveau cadet, un peu de karaté. Il a également fait de la musique. Quelques années de batterie et de guitare classique. Il était doué.

Quelle réaction avez-vous eue lorsqu'Hugo a souhaité rejoindre le milieu de la course landaise ?

- Je m'y étais préparée ! Néanmoins je pensais qu'il aurait peur et qu'il n'y arriverait pas. Nous l'avons inscrit à l'école taurine, il venait de faire 14 ans... on m'a critiquée pour ça, me faisant culpabiliser... je trouve exceptionnel que des jeunes aient des passions, et j'estime qu'il faut qu'ils les vivent à fond. J'ai toujours laissé mes enfants libres de leurs choix. Le milieu de la course landaise m'était totalement étranger mais en l'inscrivant à l'école taurine je le sentais "protégé"....

Comment réagissent ses frères, sa soeur ?

Ses frères ne s'intéressent pas du tout à la course landaise. Quant à sa soeur, même si elle ne va pas aux courses, elle demande des nouvelles après les spectacles ; elle est assez fière de lui.

En tant que "Maman" que ressentez-vous lorsque vous voyez votre fils en piste affronter les coursières, mais aussi défier les toros ?

Au début de sa "carrière", je filmais les courses, aujourd'hui je prends des photos. Je dois dire que de regarder les courses au-travers d'un objectif diminue l'effet de stress. En général je ne suis pas stressée. Quand il prend des coups, j'arrive à me maîtriser et à garder mon calme. La seule fois où j'ai eu vraiment peur, où j'ai réalisé que ça pourrait "mal tourner" c'est quand il s'est fait prendre lors d'une nuit du toro. J'avais eu le pressentiment qu'il allait arriver quelque chose... c'est la première fois que ça m'arrivait ! Pour finir, je ne vois que des défauts dans ses prestations, c'est très étrange.

Sa plus grande force :

Son sang-froid et la maitrise de ses émotions.

Sa plus grande faiblesse :

Je dirai sa gentillesse. Mais ça c'était avant.....

Si vous aviez quelque chose à lui dire à cet instant précis, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais que je suis fière du jeune adulte qu'il est devenu, que je respecterai toujours ses choix, que je l'aime, évidemment, mais ça il le sait déjà.

2013 Vielle-Tursan (Photo Michel Puzos)

Ah ça !!!, je n’ai pas été au bout de mes surprises… Ces quelques lignes sont pour ma part « particulières ». Saisie par la maturité de ce Torero de 22 ans à peine, qui non seulement fait preuve d’une grande humilité, porte bien « la tête sur ses épaules »,  il est fort à penser que ce garçon parviendra à atteindre ses objectifs. Souhaitons-lui de passer une excellente saison sous ses nouvelles couleurs aux côtés de ses nouveaux co-équipiers. Que chacun d’entre eux s’épanouisse en piste au grand bonheur de toutes et de tous.

Je remercie très sincèrement Hugo ainsi que sa Maman d’avoir eu la gentillesse, mais surtout la spontanéité avec laquelle ils ont accepté de répondre à mes questions.

J’adresse tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année aux lecteurs de CLM.

Bonne Temporada 2014 à toutes et à tous, et qui sait, à bientôt peut-être… si Dieu le veut !

Cathy Carron

- LUCIEN LAUREDE (Vacher)

Il a un nom connu, mais il s'est très vite fait un prénom, et même un surnom, depuis qu'il est arrivé sur la pointe des pieds dans la course landaise. Toute la saison dernière il a fait ses armes auprès de Pierre Claverie, vacher à l'Armagnacaise. Car si son papa était un écarteur renommé, lui c'est le bétail qui l'intéresse avant tout. J'ai fait la connaissance de Lucien Laurède à Morcenx, le jour même de la course triomphale de l'Armagnacaise, et j'ai découvert un garçon passionné, et même si je dois le faire rougir, j'ajouterai un garçon intelligent et ouvert aux autres. Je vous propose donc de faire sa connaissance.

Lucien quel âge as-tu ? où en es-tu de tes études ?

- J’ai 16 ans, je suis au Lycée Borda à Dax en première ES (économique et social).

Est-ce que c'est ton père écarteur qui t'a donné le virus de la course landaise ?

- Oui je pense que c’est lui qui m’a donné le virus care je l’ai suivi dans les courses chaque dimanche depuis tout petit. J’étais déjà un grand passionné et les vaches m’intéressaient plus que les acteurs puisque, je les connaissais toutes, je connaissais leurs prénoms, leurs robes… De plus, quand arrivait la sortie de la dernière coursière, je demandais à ma mère et ma grand-mère de rester après le paséo final pour voir le réembarquement des vaches. A vrai dire c’était le moment de la course que je préférais. C’est donc pour cela que j’ai voulu devenir vacher.

Un père écarteur... ça ne donne pas plutôt l'envie d'écarter que de s'occuper du bétail ?

- Pour l’instant le rôle d’écarteur ne m’attire pas beaucoup… Surement parce que j’ai vu le « mauvais côté de la course landaise », c'est-à-dire que j’ai vu mon père le lendemain des courses avec des hématomes, des pansements voire des plâtres… Et comme je l’ai dit avant c’est vraiment le bétail qui m’attire le plus.

Alors qu'est ce qui te plaît dans ce travail de vacher ?

- Dans le rôle du vacher, ce qui me plait c’est d’être au contact de ces bêtes tout simplement. Même si un vacher est un homme de l’ombre, je pense que c’est quand même un privilège car on est au contact de cette masse musculaire, qui peut blesser un homme dans l’arène,  et qui fait pourtant preuve de bravoure et qui se comporte quasiment comme une vache domestique dans le camion voire dans le champ. Donc le fait d’observer la différence de comportement face aux hommes de piste et face à nous me plaît également.

Tu as l'air de t'entendre parfaitement avec Pierre, comment se passe votre travail, votre collaboration ?

- Effectivement on s’entend parfaitement. Pierre est une personne très sympathique et attachante avec qui je passe d’excellents moments. Pour notre travail et notre collaboration, comme il y a une bonne entente ça ne peut que marcher. J’aime beaucoup travailler à ses côtés car il est très pédagogue et c’est un plaisir d’apprendre avec lui. 

Quelle a été ta journée type d'une course de l'Armagnacaise ?

- Le jour d’une course nous nous retrouvons chez Pierre puis nous partons avec le camion jusqu’à la ganadéria. Nous chargeons le lot de coursières qu’on a trié quelques jours auparavant. On les tamponne et on les nettoie.  Puis nous partons pour la ville ou le village où nous avons course. Une fois arrivé aux arènes on procède à la mise en loge, et là chacun a son rôle. L'un met les têtières et fait descendre les coursières du camion, et les deux autres s’occupent de la rentree dans la loge. Quand chaque coursière a trouvé sa loge, que les cordes sont bien acrochées, que tout est en état, alors on part se changer et nous retrouvons la cuadrilla autour du repas qui précède  la course.

Quelques minutes avant le paséo d’ouverture on va inscrire l’ordre de sortie sur les portes des loges. Pendant la course nous aidons s’il y a besoin pour rentrer la nouvelle ou pour changer une corde par exemple, mais sinon nous sommes spectateurs. Sauf si les loges sont dans un couloir où il faut lâcher les vaches et plier les cordes, comme à Pomarez ou Roquefort. A la fin de la course, nous enlevons les têtières puis nous réembarquons les coursières et nous rentrons en suivant pour relâcher les vaches dans les enclos à la ganadéria.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque tu assistes à la course, est-ce que tu te concentres sur le travail des acteurs ou davantage sur le bétail, son comportement... est-ce que tu veilles particulièrement à certaines choses que nous on ne voit pas, ou qu'on n'observe pas durant la course ?

- Durant la course, je suis évidemment un peu plus concentré sur le comportement de la coursière en piste. Par exemple j’observe sur quelle corne la nouvelle est plus facile, si elle a des capacité à devenir une bonne sauteuse…

Est-ce que ton intégration a été facile au sein de l'équipe ?

- Oui mon intégration a été très facile, je me suis senti très vite à l’aise au sein de la cuadrilla. Ils m’ont même donné un surnom… C’est une équipe très soudée où règne une excellente ambiance. 

Quelles relations as-tu avec ta ganadère ? Est-ce qu'il t'est arrivé d'avoir des remontrances, ou au contraire des compliments ?

- Je m’entends bien avec elle et je suis très content d’appartenir à sa ganaderia car mon père a fini sa carrière chez elle. Je n’ai pas le souvenir d‘avoir eu des remontrances mais je pense que si un jour j’en reçois il faudra les accepter car ça fait avancer…

Envisages-tu un jour de t'essayer à l'écart ?

- Pour l’instant je n’y pense pas trop mais dans quelques années pourquoi pas, pour voir les sensations que cela procure.

Il paraît que chez toi tu as une véritable ménagerie et que tu t'occupes d'animaux de la basse-cour ? est-ce exact ?

- Effectivement on peut dire que c’est une ménagerie puisque je possède plusieurs races de poules, des chèvres et beaucoup d’autres. J’ai toujours aimé les animaux surtout ceux de la ferme et j’ignore pourquoi. Je pense que c’est important pour être vacher car il faut savoir aborder les bêtes.

En dehors des courses, quelles sont tes autres activités, tes loisirs ?

- Mes autres passions sont mes animaux, la chasse, la pêche… Même si aimer les animaux et chasser peut paraitre paradoxal, je pense que les chasseurs respectent autant voire plus les animaux que n’importe qui. On peut dire que je suis un homme des bois car j’aime et j’ai besoin d’être au contact de la nature. Et avec toutes ces passions et activités j’ai un emploi du temps bien chargé.

A quel métier te destines-tu ?

- Pour l’instant je ne sais pas trop mais j’ai quelques idées…

Aurais-tu quelque chose d'autre à nous dire ?

- Oui je tiens à remercier mes parents qui me laissent partir tous les dimanches et je remercie Pierre mais également Christian et Frédo les deux autres vachers pour tout ce qu’ils m’ont appris et m’apprennent encore. Et je dis bravo à toi Michel et à tous tes correspondants qui fournissez un énorme travail pour médiatiser notre belle culture.

Les Photos sont de Thomas Lamagnère, Céline Laffargue et Jean-Paul Lahitte. 

Lucien je te remercie de nous avoir fait partager ta passion et d'avoir répondu à mes questions. Je te souhaite la plus belle des temporadas auprès des coursières de l'Armagnacaise. MP

David Laplace (9 Janvier 2014)

Le « 4 à la Une » de David LAPLACE

David, peux-tu en quelques mots, nous présenter le Bilan de la saison 2013

Le bilan de la saison, sur le plan collectif il est plutôt satisfaisant, car avec un effectif qui a changé de moitié durant l’inter saison, je crois qu’on a plus ou moins réussi lors de chacune de nos sorties. Une adaptation des hommes face à un bétail qui s’est renouvelé a été nécessaire mais au fil de la saison tout s’est bien rodé pour sortir de bons spectacles mis à part quelques courses où on est passé un peu à côté, mais ce sont les aléas de la course landaise, on ne peut pas toujours être au top. Certes les résultats chiffrés et les classements des challenges ne reflètent pas trop notre saison mais nous avons toujours laissé une bonne image de la maison Vert et Blanc dans les différents comités qui nous ont accueillis. 

Personnellement, 2013 est une très belle année, j’ai pu m’exprimer pleinement avec 80 spectacles, beaucoup de bons moments notamment les courses au pays basque, les courses festivals, les concours, les courses de plages et bien évidemment ce qui restera l’événement le plus marquant pour moi le championnat de France. Une année extraordinaire.  

Quelle est pour toi la meilleure course de la saison ?

J’en reviens d’abord au collectif. La course qui a été la plus aboutie demeure celle du Houga où tout nous souriait ce soir là. Devant un bétail de respect on a vu une équipe déterminée, très motivée, solidaire, avec de l’application et de la réussite. Nous avons réalisé un très bon score de 393 points si mes souvenirs sont bons.

Pour ma part, mon meilleur souvenir restera la course du « Retour des Champions » à Dax, pour le centenaire des arènes. Avoir la chance de participer à cet évènement qui rassemblait toutes les gloires ayant remporté le titre du Concours de Dax, fut un moment de vrai bonheur.

La Commission de la Course Landaise de Dax m’avait proposé de réaliser quelques imitations : j’ai accepté sans hésiter.

M’exprimer devant tous ces Champions qui ont fait l’histoire de ce Concours, de plus dans ces magnifiques arènes dacquoises dans ce que « j’aime », c’était pour moi une chance. Je n’en ai eu que des bons retours donc je suis très satisfait.

As-tu une préférence entre les courses de formelles/secondes/festival/concours et pourquoi ?

C’est sûr que j’ai une préférence pour les courses festivals ainsi que les courses de secondes car il y a une certaine liberté en piste, pas de pression de points, pas de pression à savoir si on réussit son saut, si on est parfaitement dans l’axe... ces courses me permettent aussi de pouvoir écarter de temps en temps et souvent le public est plus novice donc moins exigeant, et donc l’ambiance est plus plaisante. Mais après il faut aussi de la compétition, qu’elle soit individuelle ou collective car c’est une toute autre approche. Le mélange de toutes ces courses fait que la saison passe très vite et qu’elle n’est pas monotone.

Et les objectifs 2014 ?

Les objectifs sont assez simples : être performants dans chacun des comités qui nous engageront, pour l’équipe pourquoi ne pas décrocher un challenge, et qualifier des acteurs au championnat de France. Pour ma part faire aussi bien que cette année, ça sera déjà pas mal…

Je tiens à remercier David d'avoir bien voulu répondre spontanément aux questions de ce "4 à la Une". Cathy Carron 

- FLORIAN LAHITTE Ecarteur

Rencontre avec Florian Lahitte

Arborant un sourire éclatant du haut de ses 18 ans, Florian Lahitte fut l’un des garçons que j’ai eu la joie de croiser lors de la saison coursayre en 2012. D’apparence réservée, ce jeune landais de pure souche possède de grandes qualités. Non seulement doté d’un charisme naturel, ce jeune dispose d’une certaine facilité à dessiner de belles figures sur le sable de nos chères arènes.

Florian a bien voulu donner de son temps, afin de répondre à quelques questions pour Course Landaise Magazine.

Florian LAHITTE – Côté Course :

- Florian, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs  ? 

J’ai 18 ans, je suis étudiant en BTS Maintenance Industrielle à Dax et j’habite Pomarez depuis toujours.

- Qu'est ce qui t'a poussé à entrer dans l'arène pour aller défier des « bêtes à cornes » ? 

La passion en grande partie, puis l’envie de vivre des bons moments et relever des défis.

- Peux-tu nous relater ton parcours ?

Depuis 2010 c’est Alain LABORDE qui m’a appris à écarter devant une chaise. J’ai débuté en 2011 en seconde chez Jean-Louis DEYRIS, pour y rester en 2012, puis monter en formelle cette année 2013.

- Après quelques Formelles en 2012, ça y est, en 2013, tu fais ton entrée dans la cours des grands officiellement. Comment as-tu réagi ? 

Heureux évidemment car il y a beaucoup de travail derrière cela. Mais après il va falloir confirmer pour garder cette place qui est chère. 

- De quelle manière s’est déroulée ton inter-saison ? T’es-tu préparé : physiquement, mentalement ?

Une blessure au genou m’a empêché de me préparer comme je l’aurais souhaité. La préparation a été basée sur de la rééducation. 

- Être Torero, c'est bien sûr être seul devant une coursière, la défier, la combattre, la tromper... mais c'est aussi appartenir à une équipe. Pourrais-tu définir l'esprit qui caractérise l'équipe dans laquelle tu te produis ? Vous êtes-vous fixé des objectifs ?

A l’intersaison, nous avons appris à nous connaître. Nous sommes très soudés et solidaires, que l’on soit jeune ou moins jeune. On sait rigoler d’un côté et faire le travail d’un autre. Le but 1er sera de satisfaire pleinement le maximum de comités et de spectateurs, puis ensuite de s’amuser jusqu’au bout.                                                       

- Quelle est ton opinion sur le Challenge, notamment celui mis en place en 2013 ?

N’ayant pas réellement connu l’ancien, je ne peux pas comparer.

- Est-ce que tu ressens une évolution de la course landaise depuis que tu la connais, que tu la pratiques ? 

Pas vraiment depuis que je la pratique. Cependant, depuis que je la connais, on remarque un rajeunissement des toreros, avec un style plus élégant.

- Comment vois-tu ton avenir ?

C’est l’avenir qui le dira.

- Peux-tu en quelques mots, nous donner les qualités que doivent posséder :

* un Torero : le courage

* un Second : la bonne parole

* un Entraîneur : l’agilité

* un Cordier : le coup d’oeil

* un Ganadère : la patience

- As-tu vécu des Blessures, physiques, morales ? 

En 2012, une rupture du croisé postérieur.

- Tu travailles avec Jean-Louis Deyris et Eric Merville. Quels sont tes rapports avec eux ?

Eric sait rassurer et mettre en confiance. Jean Louis ne parle pas beaucoup, mais ce qu’il dit est très motivant.

- Les Toros : l’idée t’a-t-elle déjà caressé l’esprit d’aller affronter une telle bête ?

Tout à fait. C’est une chose que j’aimerais faire un jour.

 - Par rapport à la Course Landaise, penses-tu que cela apporte quelque chose ?

Je pense que ça apporte un peu plus d’émotion, à condition que ces sorties restent exceptionnelles.

Florian LAHITTE : en « Apparté » :

- Que t’apporte la course landaise sur le plan personnel ?

Un peu plus de sérénité dans des situations de stress et une certaine fierté d’affronter ces bêtes.

- Lors d’une course, il y a-t-il un élément « moteur » qui te pousse à te donner envie de faire + parfois (musique / conseils / etc…)

C’est vrai que lorsqu’il y a une musique entraînante, du public et surtout un second qui sait parler, l’écart a plus de chance d’être réussi. 

- Quel est, ou quels sont les écarteurs, les sauteurs, les hommes en blanc pour lesquels tu conserves un bon souvenir ?

Je n’ai pas connu grand-chose, et plusieurs personnes m’ont marqué positivement. Mais si je devais faire un choix il y aurait Jean-Marc LALANNE en écarteur, Nicolas VERGONZEANNE en sauteur, et Eric PASSICOUSSET en cordier.

- Et une Ganadéria ?

DEYRIS, car c’est une des toutes premières ganaderias que j’ai vues en piste à Pomarez.

- Quelles sont tes qualités et tes défauts ?

Qualités : Pas assez

Défauts : Beaucoup trop

- Quels sont tes centres d’intérêt, tes occupations, tes loisirs ?  

Je fais du basket au sein d’ESPOIR CHALOSSE(Pomarez), du sport en général. 

J’aime faire la fête et pêcher avec mes amis.

- Dans les domaines suivants que préfères-tu ?

- musique : Sexion d’Assaut

- plat : les Lasagnes (de Nadine)

- livre : « Didier Goeytes écarteur Landais »

- film : Les visiteurs

- sport : Basket

- tes arènes préférées : Nogaro

- ta coursière préférée : Ibaneza

- La course devient médiatisée par le biais d’internet. Qu’en penses-tu ?

C’est une très bonne chose, un moyen de se faire connaître un peu plus.

- Tu es encore très jeune, as-tu un vœu à formuler, un rêve que tu souhaiterais réaliser qu’il soit « coursayre » ou « personnel » ?

De vivre ma vie en bonne santé et d’aller le plus loin possible dans ce que je voudrais entreprendre.

- As-tu des remerciements à adresser ?

A mes parents qui me permettent de vivre ma passion (même si ce fut difficile au début), ainsi qu’à mes Ganaderos pour la confiance qu’ils m’ont accordée jusqu'à présent. 

- As-tu un hommage à rendre ?

Je rendrai hommage à une personne, en convalescence en ce moment, qui m’a appris la Technique, le Style de l’écart et qui n’est autre que Monsieur Alain LABORDE.

- Une conclusion ?

Merci à toi de m’avoir accordé ces quelques lignes ! Et merci beaucoup de nous encourager !!

« Ma conclusion » :

La jeunesse demeure l’Espérance de nos Lendemains !

Florian en est la preuve vivante. Bienséant, simple, ce jeune Torero, armé d’un bon nombre de capacités, m’a littéralement médusée. Il est rare de nos jours d’avoir la chance de croiser des cadets aussi bien éduqués, portant dans leur âme autant de valeurs et de qualités. La Course Landaise, l’une de ces passions qu’il pratique avec aisance pour nous émerveiller.

Souhaitons à Florian de persévérer, avec intelligence et douceur, sur la route qu’il s’est tracée, attendu que je demeure persuadée que la réussite l’attend au bout du chemin.

Pour conclure, j’adresserai à Florian mes remerciements les plus sincères pour le travail accompli à l’élaboration de son témoignage car il est aussi à l’aise devant une coursière que devant son ordinateur.

Suerte …

Cathy Carron, le 14 juin 2013. 

florian-lahitte-monlezun.jpg

- LAURENT MARTINEZ ancien sauteur (Interview de Cathy Carron)

Rencontre avec LAURENT MARTINEZ 

Il y a 25 ans de cela, j’ai eu l’opportunité de faire naître ma passion auprès de personnes portant des valeurs essentielles si l’on souhaite suivre le chemin de la vie comme il se doit. Ces personnes ne sont autres que Mr Joseph LABAT et son épouse Ida. De cette époque, parsemée de moments forts, inoubliables, bon nombre de rencontres effectuées… En cette fin d’année 2012, une étoile est venue illuminer le chemin que je me suis tracé auprès de CLM. 

La chance est venue, encore une fois, frapper à ma porte, en m’offrant le bonheur  de réaliser de grandes retrouvailles. Oui, j’ai retrouvé la trace de l’un des « jeunes » de l’époque en la personne de Laurent Martinez. Je n’ai pu résister à l’inviter à répondre à quelques unes de mes questions. Je vous invite à lire ces réponses avec attention.

LAURENT CÔTE COURSE LANDAISE  

De quelle façon as-tu rejoins ce milieu de la Course Landaise ? 

Dans un premier temps, ce fut une « découverte ». Je ne connaissais absolument pas la Course. Je travaillais à l’époque avec Gilles Escoubet qui, à chaque début de semaine, arrivait à l’embauche très esquinté. Je me suis pensé qu’il ne jouait pas au rugby. Ma curiosité m’a incité à aller vers lui pour savoir ce qu’il faisait. Il m’a répondu qu’il faisait de la Course Landaise. Je lui ai demandé de m’expliquer en quoi cela consistait. Durant quelques mois, il a pris la peine de me raconter les différentes facettes de cette tradition, et lorsqu’il est arrivé à me parler du sauteur, ça m’a interppelé. Je lui ai demandé s’il pouvait me présenter une personne qui puisse m’apprendre la pratique du saut. Au début, il ne m’a pas pris au sérieux. J’ai insisté et là, il m’a présenté Michel Dubos. J’avais 18 ans, un âge où on apprécie de faire la fête… cependant, Michel acceptait de me prendre en main à la condition d’arrêter la boisson et la fête ! Pendant 3 ans, je n’ai pas touché une goutte d’alcool.  Ce fut difficile, même jeune et pratiquant le football, je me pensais « sportif », mais quand je suis arrivé en salle de gym pour apprendre les bases, ce n’était plus la même chanson. (Michel Dubos, m’a avoué, il y a 2 ans, qu’à cette époque, son frère et lui n’auraient pas misé 50 francs sur moi, car je n’avais aucune disposition). 

Je me suis armé de VOLONTE et le fruit de mon travail a fait que je suis arrivé à m’envoler au-dessus des coursières. De plus, je considérais que si des hommes tels que Michel Dubos, Arthur, Jean-Philippe Labadie y étaient parvenus, j’étais capable d’y arriver aussi.

Ils avaient débuté dans les mêmes conditions que les miennes. C’était pour moi un défi personnel par rapport à mon vécu. Cela me permettait de me prouver beaucoup de choses.

La passion est venue par la suite. Il faut avoir la chance de rencontrer des personnes de confiance, de métier, de vrais passionnés qui ont ça dans les tripes, et qui de là, vont faire naître cette passion et t’aident à la conserver. Pour un jeune cet apport est capital.

Quel élément t’a attiré dans ce spectacle ?

A mes yeux, le saut est plus esthétique que l’écart. Je trouve que la figure réalisée est plus jolie.

Te souviens-tu du 1er saut que tu as effectué au-dessus d’une coursière ? & quel a été ton sentiment (ressenti) à ce moment-là ? (avant et après le saut ?)

Après un hiver passé à suivre des entraînements intensifs aux côtés de Michel Dubos, nous arrivons aux alentours des mois de  mai/juin, lorsqu’il décida de me conduire à Chiouleben, rencontrer les maîtres des lieux : Joseph & Ida LABAT, André Dulucq et Jeannot Pinoute. C’était ma première entrevue. Tout de suite, je me suis senti très à l’aise. De cet entretien, en découla la signature de ma première licence en seconde chez LABAT. Techniquement, j’étais prêt, mais je n’avais jamais effectué de saut au-dessus d’une vache.

J’avais pris mon survêtement, Michel me demanda d’aller m’habiller. « Tu vas voir m’avait-il dit, on va sortir une vache, elle est toute petite. Je vais la débuter, observe comment je fais, après ce sera à ton tour. » Je suis rentré très serein dans l’arène sans savoir ce qu’il allait réellement se passer. Je m’en souviens comme si c’était hier. Michel a tellement attendu, que la coursière pensant l’avoir pris, a poussé un énorme souffle, c’était impressionnant. Michel m’appela en me disant « tu as vu comment j’ai fait, c’est à toi ! » A cet instant-là, je me suis dégonflé. Je lui ai répondu qu’il n’en était pas question ;  je suis sorti de l’arène. Après une discussion de 15 à 20 mn, Joseph a trouvé les mots qu’il fallait : « tu sais Laurent, tu t’es entraîné dur tout l’hiver, tu essaies 1 saut. Même si à l’arrivée, tu me dis j’arrête, ça ne me plait plus, je respecte. Mais au moins, par rapport à tous les efforts que tu as réalisés, effectue au moins 1 saut. » J’ai accepté et suis parti regonflé. J’ai réalisé un saut à la course. Quand j’ai décollé, j’ai fermé les yeux par crainte de la touche, et je suis retombé nickel. J’avais démarré…

 

Peux-tu nous relater ta grande carrière ?

En 1989, mes débuts en Formelle chez DARGELOS.

1990, j’ai passé 3 années chez LABAT qui m’ont permis de me former pour pouvoir faire une carrière. A l’époque on faisait beaucoup la côte et le pays basque, à l’extérieur avec Jean-Pierre. On partait pour faire « course », on montait les arènes, on faisait la course, on démontait et puis on rentrait. On vivait le plus difficile, c’était un peu l’école du cirque, mais quel apprentissage ! Quand on arrive en formelle, c’est la cerise sur le gâteau. Je déplore qu’on ne le fasse plus aujourd’hui.  J’étais censé prendre la relève de Michel Dubos, mais comme il n’arrêtait jamais, il ne pouvait me retenir, et avec regrets, Joseph me dit « si tu as une place, vas-y ». J’ai eu la chance d’avoir été éduqué par les anciens qui m’avaient appris ce que c’était que « LA PAROLE », ce qui n’existe plus aujourd’hui. Quand je suis parti, Joseph étant un peu contrarié, je lui ai affirmé qu’au départ de Michel, je reviendrais à ses côtés. J’ai réalisé une saison chez DARGELOS, et en 1990, je suis revenu chez LABAT. Je suis revenu motivé, mais malheureusement la saison ne s’est pas très bien déroulée. Victime d’une blessure sérieuse au mois de juin, j’ai dû interrompre la saison.  Pour ne pas handicaper l’équipe, j’ai demandé à Joseph de faire appel à Didier Gil, un sauteur qui débutait. Il n’avait pas toute la technique ni tous les sauts au point, mais il pouvait « limiter » les dégâts par rapport au pointage. Quand j’ai souhaité reprendre ma place, je n’ai pas pu, car toute l’équipe était contre moi. Ils souhaitaient que Gil reste dans l’équipe. Je n’ai pas voulu faire des histoires. J’ai terminé la saison à être payer à ne rien faire. A l’époque, se déroulaient les Eliminatoires du Championnat de France. Etant le sauteur « titulaire » de la maison LABAT, je me devais d’y participer.

La fédération a insisté pour que je participe au Championnat de France des Jeunes (moi qui exerçait en Formelle) de façon à me permettre de concourir à ces Eliminatoires.

Lors du paséo d’ouverture du Championnat des Jeunes, j’ai défilé en pleurant. Sous les conseils d’Etienne Noguez, j’ai fait le minimum à la joie de mes concurrents qui se vantaient d’avoir battu «MARTINEZ ». Là encore, tu encaisses… 

De là je partis aux éliminatoires en engageant un coach personnel, qui ne connaissait rien à la Course Landaise. Il m’a préparé, encadré, ce qui m’a permis d’accéder à la première place aux éliminatoires. Didier Gil est arrivé dernier. Suite à cela, Joseph est venu me solliciter pour continuer l’aventure au sein de sa Ganadéria, mais j’ai dû refuser à cause de la malhonnêteté de certaines personnes. C’est là où on commence à comprendre qu’on croit avoir des copains, mais ce n’est que du VENT, que du VIRTUEL !  Je suis toujours resté reconnaissant envers les personnes qui nous préparent une carrière. Ces gens qui savent te remettre en place, en employant les mots qu’il faut dès qu’ils s’aperçoivent que tu commences à attraper la grosse tête, à te croire « arrivé ».

Un jour, Joseph m’avait dit : « Ecoute Laurent, tant que tu ne te seras retrouvé à l’hôpital, ta carrière, tu ne sais pas si tu la continueras …, prends un gros carton, va à l’hôpital, après recommence à sauter. Si jamais tu reviens, là peut-être, tu vas démarrer une carrière ! » : ça refroidit, ça remet les pendules à l’heure. Pour autant, j’ai toujours conservé de très bonnes relations avec Joseph et Ida LABAT.

L’expérience passée, les difficultés surmontées, me voilà parti pour 5 années extraordinaires chez Latapy avec un tout autre regard sur le milieu de la Course. Je suis devenu plus « personnel et ingrat» envers les autres, je n’avais pas le choix si je souhaitais faire carrière !

J’ai commencé à prendre des risques, pour mon plaisir personnel en m’envolant au-dessus «d’ Espéranza » qui était Corne d’Or. Pour moi, cette coursière était particulière, elle avait la morphologie d’un taureau. Ce saut m’a ouvert beaucoup de portes. J’ai pris conscience du fait que si je l’avais « passée », j’étais capable de m’envoler au dessus d’un taureau en corrida. 

1992, ça y est ; j’évoque mon souhait de sauter un taureau à Michel II. Nous en avons longuement discuté. Mentalement j’étais prêt, ne restait plus qu’à trouver l’animal et la place où cela pouvait se dérouler. St Sever m’ouvrit ses portes, Henri Tilhet accepta que je saute dans ces arènes lors d’une corrida au mois de juin. Dès lors,  dans ma tête, j’avais sauté un taureau, je pouvais sauter n’importe quelle bête !

J’ai continué ma saison un peu sur 1 nuage, tout me réussissait, j’étais présenté comme le futur « Champion de France ».

Cette même année, j’avais fais le pari de franchir « Escuriale » à l’occasion de la course du quartier de St Etienne à Souprosse, course initialement programmée en début de saison, mais reportée 15 jours avant le Championnat de France. Par fierté, je ne pouvais reculer, mais je savais au fond de moi que je ne passerais pas : comme tout torero qui arrive en fin de saison, j’étais fatigué. Cette erreur de jeunesse m’a fait redescendre de mon nuage et m’a coûté le titre de Champion de France. Claude Lagarde était sacré Champion.

Des évènements m’ont poussé à partir de chez Latapy pour rejoindre la Ganadéria de Lucette DARGELOS avec Jean-Pierre RACHOU en tant que Chef de Cuadrilla. Là j’ai pris du plaisir à exercer, l’expérience aidant, j’étais plus posé.

Arrivée chez l’Armagnacaise, d’entrée de jeu, Cathy m’a dit : « je te prends en sauteur, de toute façon tu es « vieux », tu es au bout du rouleau …» Ces paroles m’ont incité à lui prouver qu’elle avait tort, que j’étais loin d’être « foutu » ! J’étais bien déterminé à lui prouver le contraire. C’était un nouveau challenge. De plus, j’ai eu le privilège de sauter  « Fédérale ».

En 2001, j’annonce que je mettais un terme à ma carrière en Formelle. J’étais usé par cette ambiance néfaste.

Ce fut une année très tendue. Encore un fois, je pensais avoir des amis, mais je suis tombé de haut. Je travaillais avec Denis Coll, la « Star des sauteurs » de l’époque. Je ne souhaitais pas aller au charbon à sa place, à savoir sauter les coursières à écarter (en deuxième partie) ; je n’étais pas là pour ça ! Je me cantonnais à exécuter mes sorties. Ma position a déclenché les foudres, après une réunion avec Didier Latapy, il était hors de questions que je change d’avis. Chacun devait assumer son rôle.

Arrivé à la remise des challenges à Toujouse, Bougueline terminait le spectacle. Je devais réaliser le dernier saut de l’évènement. Le pointage était très serré. Je savais que si je réussissais le saut, nous étions sacrés « Champions ». A cet instant, je me suis longuement posé la question de savoir si je devais faire correctement mon dernier saut au-dessus de la coursière : le périlleux vrillé. Didier Goyetes passant par là en tant qu’intervenant pour Eurofilm m’a ouvert les yeux : « Laurent, pour ton départ, la victoire serait un joli cadeau ». Je me suis lancé, décidé à dessiner correctement ma dernière figure en compétition.

Ne souhaitant plus pratiquer en Formelle, Michel fit appel à mes services pour encadrer Dominique Larié et Bertrand Crabos qui débutaient chez lui. Mon rôle consistait à les entourer, être en piste pour les conseiller, faire le second … J’ai accepté, malgré cela, j’avais du mal à supporter d’être en piste sans pouvoir sauter. J’ai passé un accord avec eux : je les conseillais, et quand il fallait sauter une vache à écart, je leur débutais la coursière, si elle n’avait jamais été sautée, et si elle était jolie ils y allaient. C’était une façon de les protéger.

Ayant tenu tête à Michel II, la saison s’est très mal terminée, il m’a « remercié ». Quelques mois plus tard, il est revenu vers moi. J’ai décliné sa proposition car je préférais le garder comme « ami ». 

Pour finir, j’ai passé 2 ans chez Lacoste pour m’amuser, en abrivado, pendant 1 an.

Dérision du sort : suite au terme de ma carrière, la fédération m’a demandé de remplir un dossier pour recevoir la « médaille d’argent de la jeunesse et des sports ». Malheureusement, la demande n’a jamais abouti puisque j’avais fait le choix d’encadrer 2 jeunes sauteurs.

Vint un jour d’octobre 2005. Un défi incroyable : franchir 6 taureaux de l’élevage d’El Pilar, lors du Festival Taurin à St Sever ! Racontes nous cette magnifique aventure. 

Lors d’une course organisée pour le club de Rugby à St Sever, à l’occasion du repas, Henri Tilhet m’annonça la despedida de Stéphane Fernandez Meca dans les arènes de Morlane. Il m’a proposé de sauter un taureau. J’ai répondu à sa demande en lui demandant si éventuellement je pouvais sauter les six ce jour-là. C’était une façon pour moi de prendre ma revanche par rapport au Championnat de France de 2001. Henri, très surpris, m’a laissé quelques jours de réflexion et m’a recontacté pour connaître ma décision. Pour moi c’était clair dans ma tête, je devais le faire. Il a accepté le défi que je m’étais lancé.

Lors du repas de presse qui se déroulait 8 jours avant l’évènement, André Viard me posa cette question : « Laurent, ne penses-tu pas être trop vieux pour ce type de sortie ? » Ah, la question qui te remet les idées en place…. A cet instant, j’ai commencé à éprouver une certaine anxiété. La remise des challenges se déroulait à Garlin, le dimanche suivant ce repas. Henri me sollicita pour sauter les vaches à écarter, en l’occurrence « Majesté » de chez Deyris, techniquement, je ne me sentais plus capable de la passer. Je lui ai conseillé d’appeler Nicolas Gachie pour la sortie « technique » et je me chargerais du reste (partir au carton). Arriva la dernière vache « Challengite » une vache très impressionnante et dangereuse. Je n’étais pas très à l’aise, mais je suis tout de même parti la défier. Je m’en suis sorti avec une légère entorse du pouce. La chance était avec moi. 

Arriva le Jour J, ce rendez-vous que je m’étais fixé. J’étais dans mon monde ; je ne réalisais vraiment pas ce qui allait se passer, jusqu’au moment du paseo ! Après le défilé, Victor Mendez et Stéphane Fernandez Meca, me voyant peu serein, sont venus vers moi pour m’apporter leur soutien. Et puis, ce fut la réussite, un moment énorme, magique… que dire !

J’avais fait une promesse à Henri : si je réussissais mes 6 taureaux, je ne mettrais plus les pieds en piste. Pour cette occasion, j’avais acheté des pointes toutes neuves. Lorsque je me suis retrouvé pour saluer au milieu de la piste, j’ai demandé à Henri Tilhet de me rejoindre pour lui offrir ces pointes. Toutefois, passé ce moment mémorable, tu réalises que certains ont tenté de te dégonfler. Malheureusement pour eux, ils n’y sont pas parvenus.

L’envie est toujours là, il y a un temps pour tout. Il faut se sevrer.

Avais-tu un « modèle » à l’époque où tu as débuté ?

Michel Dubos, bien évidement ! Une personnalité incontournable de cette « ancienne génération ». Un grand Monsieur de talent et de valeur qui a marqué la Course Landaise.

Mises à part les qualités physiques requises pour exercer le saut, penses-tu qu’il faille s’en munir d’autres ?

Il faut avoir Le MENTAL & L’HUMILITE. Il ne suffit pas de gagner une épreuve pour se croire arrivé au sommet, si tu as la chance de percer, il faut des années avant d’atteindre la perfection. Bon nombre de jeunes acteurs, de nos jours se croient arrivés à partir du moment où ils gagnent un trophée. Certes, c’est une récompense, la fierté d’un instant, mais il faut savoir prendre du recul et toujours se remettre en question. On peut penser qu’ils ne sont pas vraiment fautifs. L’entourage contribue énormément à « l'initiation de ces valeurs». Pour ceux qui ont la chance d’être bien épaulés, ceux-là perceront. Il suffirait, tout simplement, de leur inculquer certaines valeurs dès leur apprentissage.

Et les qualités d’une coursière réservée pour le saut ?

« Une sauteuse » ne doit pas être « trop dangereuse ». Le sauteur, quand il est en dans les airs, n’a aucune défense. Il ne porte sur lui que le pantalon et la chemise, il n’a aucune protection. La moindre erreur se paye cash !

Vas-tu voir quelques courses dans la saison ? 

Je n’éprouve pas l’envie de me déplacer tous les dimanches pour voir des courses. Elle est devenue trop stéréotypée. Le règlement a fait s’installer la monotonie dans le spectacle. La spontanéité des toreros est éteinte : les points passent avant le spectacle.  De ce fait, ils ne peuvent s’exprimer librement en piste, c’est dommageable : pour le Torero, pour le Comité, pour le Public, pour le Ganadère.

Il ne faut pas oublier que le Public se déplace, paie sa place, pour voir avant tout un SPECTACLE !

Avais-tu une coursière favorite ?

CAPITANE : j’ai eu le privilège de m’envoler au-dessus d’elle. Michel Dubos s’étant blessé, Joseph souhaitait que je le remplace pour la course de St Loubouer. Quelle joie pour moi, arrivant de seconde, d'avoir le bonheur d’aller en Formelle. Michel a convaincu Joseph que j’étais capable d’effectuer la sortie. Je l’avoue, je n’étais pas très fier, mais quel souvenir ! Il faut rappeler que Michel Dubos a été le premier à s’élancer au-dessus des vaches à écarter. Notamment NEGOCIA, une des marraines de la maison Labat, que j’ai eu aussi le bonheur de sauter à Estang en 1990. MAUROUBE me laisse un souvenir particulier. Elle n’était pas vicieuse, mais la moindre faute technique, elle te le faisait savoir. Elle m’a envoyé un bon nombre de fois à l’hôpital.

Tu étais, à l’époque, l’un des sauteurs à oser affronter un taureau. Pourquoi ? 

J’aime aller sur les terrains où personne n’ose aller : sortir des sentiers battus. Sauter toujours des vaches m’a lassé. Mentalement j’avais besoin de monter en puissance. De nos jours, c’est quasiment « banal », jusqu’au jour, sans le souhaiter à quiconque, où un accident arrivera.

Quels sont tes meilleurs souvenirs de course ? 

J’en ai tellement, qu’il serait laborieux de tous les évoquer. Le saut que j’ai dessiné au-dessus de mon premier taureau m’a énormément apporté.  Se retrouver tous sur les gradins à pleurer comme des gosses, te rendre compte que quelque part tu as frôlé la mort et que tu es là vivant !!! Ce sont des moments magiques …. Pour l’anecdote, Gisèle avait pris son billet, mais n’a pu assister au spectacle.

Eprouves-tu une satisfaction ou de  la rancœur envers ce milieu ?

Une satisfaction d’avoir eu la chance de rencontrer les bonnes personnes (acteurs ou anonymes) qui m’ont guidé, soutenu, encouragé. A l’inverse d’autres gens de tous bords, qui eux ont tout fait pour m’enfoncer par derrière en me faisant de grands sourires par devant. Quand j’ai mis un terme à ma carrière, je pensais avoir des amis. A ce jour, après 20 ans œuvrés pour la Course Landaise, je peux affirmer qu’il me suffit d’une main pour les compter. Par contre, je trouve regrettable qu’on ne se retrouve pas entre anciens pour partager les moments que nous avons vécus ensemble. La fédération devrait agir, faire un geste envers les aînés, ceux qui ont marqué la course landaise, quels qu’ils soient. Dans beaucoup d’autres sports, on voit les anciens. Ils sont respectés et sont le moteur d’un certain engouement qu’ils savent transmettre aux jeunes et propager leur passion.

Quelle raison, a fait, qu’un jour, tu décides de mettre un terme à ta carrière ?

Je suis arrivé, à un moment, où je ne trouvais plus la force de supporter l’imposture, la fourberie, l’hypocrisie des gens. 

Des blessures physiques et morales, en as-tu vécues ?

Blessures morales : Oui, elles t’apportent beaucoup. La grande difficulté, est d’arriver à se relever de cette souffrance que l’on t’impose et que tu subis. Lorsque tu parviens à t’en relever, tu en ressors grandi, jusqu’à la suivante. C’est un peu l’école de la vie. On s’en passerait bien quand même.

C’est ce qui manque à beaucoup de jeunes de nos jours. Quand on voit que certains d’entre eux ont des qualités techniques extraordinaires, ils arrivent à arrêter car mentalement ils ne sont pas prêts à affronter ce milieu de requins.

Que t’évoque le nom de « Labat » ?

Imagines quand tu arrives en Formelle chez Labat, c’est comme si un jeune footballeur signait à Marseille !!!  Pour moi, ça a été un peu ma deuxième famille. J’ai découvert dans cette maison des valeurs que je n’avais jamais connues auparavant.

Et la ville de St Sever ?

C’est ma ville par adoption, ces arènes sont mythiques pour moi. Je caresse l’espoir, qu’un jour, le maire de St Sever me fasse « membre d’honneur de la ville ».

Et le clown en piste Laurent Martinez ? Tu es vraiment un personnage « multi-facettes » voir polyvalent !

Effectivement, il m’est arrivé d’aller faire le pitre en piste, par curiosité, sans préparation physique particulière. J’aspirais à ressentir cette sensation face à la bête, tout en étant déconnecté de la course. J’en garde un très bon souvenir. Le face à face est toujours aussi excitant.

Aurais-tu des remerciements à adresser ? 

A la famille LABAT, pour les valeurs qu’ils ont réussi à m’inculquer. Conscient de mes défauts, j’ai beaucoup appris à leurs côtés. Je tiens également à remercier toutes les personnes qui m’ont fait confiance tout au long de ma carrière, ceux qui m’ont ouvert leurs portes, sans qui je n’aurais jamais vécu une telle carrière.

As-tu un hommage à rendre ? 

A tous les anciens, qui comme moi, ont duré dans le temps.

Il y a-t-il des toreros, des personnes qui t’ont marqué ? 

La génération des frères gitans Ramuntcho & Ramuntchito sans oublier la génération avec qui j’ai exercé.

Julien Jacques a confié en 2006 (archive CLM du 30/01/2007) ceci : «  Laurent Martinez évidemment est pour moi « Le » sauteur de course landaise. J'ai d'ailleurs participé à sa dernière course landaise au festival Alegria l'année dernière et l'on a fait un saut de l'ange ensemble. Ce fut un très grand moment pour moi, disons même l'accomplissement d'un rêve ». En es-tu fier ? Es-tu présent, en 2013, auprès des jeunes sauteurs qui le souhaitent ?

Oui j’en éprouve une certaine fierté. Quand tu es torero, quand tu fais « carrière », tu te dois de véhiculer une image positive. Effectivement, je collabore de près aux entraînements de Louis Ansolabéhère et de Clément Laguian.  Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi, dans les bons comme dans les mauvais moments. Je reste ferme avec eux, ils le savent et me respectent. Cela fait partie du sport. 

LAURENT CÔTE TAUROMACHIE ESPAGNOLE

Comment es-tu rentré dans ce milieu si fermé de la corrida ?

J’y suis rentré tout simplement par hasard. En fin de carrière, j’ai suivi des stages pour passer le diplôme d’accompagnateur équestre (en randonnée) et comme tout le monde savait que je montais à cheval, Eric Soldevilla, que je connaissais, m’a contacté pour savoir si cela m’intéresserait de monter à cheval pour les corridas. Au départ j’ai pris ça plus pour un extra mais dans le temps c’est vraiment devenu un rôle à part entière.

Quels sentiments éprouve-t-on lorsqu’on ouvre la marche d’un paseo à Mont de Marsan ?

Une certaine fierté c’est évident, surtout, quand il y a deux ans, la veille d’une corrida j’ai interpellé la Mairesse de Mont de Marsan en lui annonçant que le lendemain, j’avais l’honneur de défiler lors du  Paséo d’ouverture,  que je devais m’emparer de la clé. Le jour de la corrida, elle a tout fait pour que je réussisse. J’étais fier comme un gamin tout comme, en 2012, être aux premières loges quand le taureau se fait gracier. Bon nombre de personnes, dans ce milieu taurin hispanique, se souviennent de moi en tant que sauteur. J’ai plus de reconnaissance dans le milieu de la corrida que dans la course landaise : quelle ironie !!!!

Que recherches-tu ?

Rien en particulier, j’ai toujours aimé les taureaux. J’éprouve énormément de respect pour ces hommes qui sont en permanence en train de jouer leur vie. Je peux dire que j’éprouve la même chose que ce qu’ils peuvent ressentir. Je l’ai vécu ; je n’ai pas eu besoin d’une cornada pour me sentir torero. A chaque corrida j’apprends ; je suis un novice et c’est  très intéressant. Je fais de nouvelles connaissances, que ce soit dans le public ou dans la piste avec des peones ou des toreros. Remettre des oreilles à des stars est gratifiant comme la remettre à un jeune qui débute particulièrement quand on sait qu’une carrière est très dure. De voir Thomas Dufau minot venir avec nous en piste à la fin de la course devant une petite velle pour qu’il puisse apprendre, et quelques années après être sur le cheval en corrida pour son alternative, c’est magique, que du bonheur. Donner la dernière oreille à Julien Lescaret pour sa dernière corrida à Mont de Marsan : que du plaisir !!!!

EN APARTE 

Quelle est ta plus grande satisfaction, ton plus grand bonheur ?

Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir « déniché » le « petit » Louis Ansolabère. Michel Dubos m’ayant formé pour le remplacer, j’ai trouvé un futur grand champion pour prendre ma succession. J’en suis fier, fier de lui, car je me rends compte que je n’ai pas perdu mon temps.

Mon plus grand bonheur, sans aucun doute, la naissance de mon fils. Ma carrière à côté est dérisoire. D’autres me viennent en mémoire, le plaisir d’avoir mangé au restaurant en compagnie de BATISTON, d’avoir passé une soirée avec Pierre BERBIZIER, d’avoir bu l’apéro avec ZIZOU et j’en passe…,  mais surtout avoir rencontré des gens de tous horizons pendant ma carrière qui m’ont inculqué les vraies valeurs humaines.

Quels sont tes centres d’intérêt, tes occupations, tes loisirs ? 

J’en ai plusieurs :

* L’équitation

* La Présidence du club taurin de Brocas 

* Alguazil

* Coach de l’Equipe féminine de football de Mont de Marsan

* Mon fils au rugby

* Le rugby de Mont de Marsan 

* Pour terminer ma formation en tant que pompier bénévole

Quelles sont tes qualités ? 

Je suis mal placé pour les évoquer.

Quels sont tes défauts  ?

J’ai un sale caractère, je suis parfois rancunier. J’ai tendance à faire trop confiance aux autres. De plus, je fonce et je réfléchis après.

Es-tu superstitieux ? 

Non

Quelles leçons peux-tu tirer de ton expérience ?

Je vais faire court : je me suis rendu compte que quand on a vraiment envie de quelque chose tout est possible et ceci dans n’importe quel domaine. Effacer tout ce qui est négatif autour de soi pour rester positif (surtout une certaine catégorie de personnes).

As-tu un vœu à formuler, un rêve que tu souhaiterais réaliser ?

Mon vœu le plus cher : m’adresser aux formateurs : recommencer à inculquer les vraies valeurs aux jeunes ; le respect du public, fédérer une image positive de la course landaise, être fier et humble de porter le boléro surtout pour les jeunes qui sont sur les gradins et qui seront peut être un jour toreros.

Un rêve ?

Oui celui de ressentir l’adrénaline qui me manque. Je projette cette année de sauter en parachute pour commencer.

Laurent est-il heureux, satisfait de son parcours aujourd’hui ? 

Oui je pense. Quand je fais un tour d’horizon, je pense qu’il y a pire que moi, même si je n’ai pas réussi à décrocher le « titre suprême ».

Et si c’était à refaire ?

Je ne changerais rien : la carrière parfaite n’existe pas !!! Surtout que je n’avais aucune disposition pour devenir sauteur. Alors que du bonus pour moi !!!!

Quel regard portes-tu sur le « Laurent Martinez de demain » ?

Franchement ? Je n’en ai aucune idée, je ne suis pas médium.

Es-tu un lecteur assidu de la course ainsi que de la tauromachie sur internet ? 

Je n’irai pas jusque là.

Une conclusion ? 

Heureux d’avoir vécu 20 ans en course landaise, je ne regrette rien même si parfois j’ai pleuré comme un gosse. Je reste, malgré tout, le vilain petit canard de la Course Landaise.

Je tiens à dédier cet article à un ami parti trop tôt : David Casarin.

Dernière question : quelle raison t’a motivé à répondre à mon invitation ?

Nous nous sommes rencontrés en 1988. J’ai confiance en toi. De plus, ça m’a permis de réveiller certains souvenirs rangés dans un coin de la tête.

MA CONCLUSION  

Personne effrontée, Laurent ne cache pas ce qu’il pense. Baroudeur de l’extrême, il s’est forgé une belle carrière à force de courage et de volonté. Un personnage hors du commun, d’une grande sensibilité, il a dû affronter avec mérite et bravoure l’arrogance de la course. Sachant écouter avec attention les conseils qu’on a su lui donner, il en tire les leçons à adopter. Ayant eu la chance d’être épaulé, par des personnes de qualité, Laurent peut être fier d’avoir réussi une si belle carrière.

Précurseur s’il en est, il est l’un des premiers à s’envoler au-dessus d’un taureau de corrida. Un pari démentiel, peu banal à l’époque, il fallait oser…

« Je ne suis pas un héros » chantait le regretté Daniel Balavoine, ces paroles sont à l’image du personnage. Merci Laurent pour tous ces grands moments que tu nous as fait partager. Merci Laurent de m’avoir donné l’opportunité de retracer ta belle carrière. J’espère que ce témoignage servira à nos jeunes de demain.

Longue & Belle Route Monsieur Laurent Martinez.

Cathy CARRON

Soustons le 13 janvier 2013

Les Photos de Laurent MARTINEZ en Alguazil ont été prises par Marie-Anaïs BACHE.  Autres photos : CLM

 

- SIMON RAUNIER Champion des jeunes sauteurs 2012 (Interview de Cathy Carron)

Rencontre avec Simon RAUNIER 

Simon, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Simon Raunier, j’ai 15 ans. Je suis entouré de mes parents qui travaillent pour Eurofilm à Saint Paul lès Dax. J’ai une sœur, Aurélie, de 28 ans qui habite Bordeaux et un petit frère, Paul de 10 ans.

SIMON CÔTE COURSE LANDAISE 

Simon, comment es-tu venu à la Course Landaise ?

Je suis né dans  les Landes, je suis un pur Landais. Pour moi, la Course Landaise fait partie omniprésente dans ma vie depuis mon plus jeune âge. J’ai le sentiment d’y être « né dedans ».  Puis, grâce à mes parents, au travers d’Eurofilm qui réalise la production vidéo des grands évènements coursayres, mon chemin était tout tracé. Par la suite, je suis rentré à la gym avec Nicolas Vergonzeanne. J’ai commencé à réellement m’y attacher à ce moment-là, et c'est Nico qui m’a amené en Course Landaise.

Qu’est ce qui t’a motivé à pratiquer le saut et non l’écart ?

Depuis tout petit, j’ai toujours eu envie de devenir sauteur. Dès que j’ai connu la Course Landaise, j’ai souhaité rentrer dans ce milieu, c’était à mes yeux une évidence. le sauteur est un acteur qui « attire » les regards du fait de s’envoler au-dessus des coursières. Il apporte autre chose à la course que l’écarteur. Chacun exerce avec élégance tout en réalisant son travail en piste. Pour ma part, le choix a été vite fait, j’ai préféré le saut.

Quelle a été la réaction de ton entourage familial ? 

Je crois qu’ils savaient qu’à un moment ou à un autre j’allais franchir le pas. Pour eux c’était dans la suite des choses. Ils m’ont énormément motivé. Mon père, accompagné de Nicolas Vergonzeanne, ont tout fait pour que je rentre chez Deyris. Nicolas faisant partie de l’équipe, souhaitait me faire exercer à ses côtés. Son départ ne m’affecte que peu étant donné que j’ai la chance de continuer à m’entraîner à ses côtés. Ceci dit, je me sens « super bien » chez Deyris, il y a une bonne ambiance, nous avons passé une très bonne année.

Peux-tu nous présenter le bilan de ta saison 2012 ? 

J’ai eu la chance de ne pas avoir subi de blessures. Mentalement, j’allais à toutes les courses avec du plaisir et je savais que j’allais me faire plaisir. La saison s’est très bien déroulée. la course de Soustons est une de celle qui m’a marqué le plus, étant donné que c’est dans cette place que j’ai réalisé mon premier « montée-descente » en festival. A Dax, j’avais trop de pression. Je suis tombé aux 2 « pieds-joints », j’ai perdu le concours à cause de cela.  Néanmoins, cet échec m’a permis de rebondir. Mon seul désir était de démontrer à toutes et à tous, par mon travail, que j’étais capable d’accomplir autre chose en piste que ce jour-là. Quant à la fin de la saison, elle a été couronnée par l’acquisition du titre de Champion de France des jeunes sauteurs à Gabarret.

Comment as-tu vécu le Championnat des Jeunes à Gabarret ?

J’ai énormément stressé dans les vestiaires et quand je stresse ce n’est pas bon. Pendant le paseo, je ne l’ai confié à personne, c’était un moment terrible, je stressais à bloc, je n’en pouvais plus. La première sortie n’est pas un bon souvenir. Je rechute sur le pieds-joints, je tombe sur les fesses de la vache, je finis 2ème, et comme dans tous les sports je ne supporte pas être second. Si je pratique un sport c’est pour être premier.

Deuxième sortie, je me lâche grâce aux motivations de David (Laplace) et de Nico. A cet instant, plus de stress, je saute pour mon plaisir, je réalise mes sauts presque à la perfection, mis à part deux petites erreurs. Ce qui me permet de gagner reste le vrillé que j’ai appris lors de mes entraînements à l’Ecole Taurine. A l’annonce des résultats du Championnat, je ne pensais pas du tout être premier. J’étais installé sur le lit de l’infirmerie, on était tous ensemble. A cet instant, j’entends mon nom, je pensais être second et je vois en sortant de l’infirmerie qu’Alexandre Lesterlou était toujours là. J’ai réalisé que j’avais gagné le titre lorsqu’on m’a tendu le « bouclier ». J’éprouvais beaucoup de joie, mais je me demandais comment je pouvais être premier alors que j’avais chuté.  Sur le moment, je ne l’ai pas compris ; je n’étais pas très serein d’une part à cause de la réaction du public suite à ma chute, et de plus par rapport à Alexandre. Toutefois, quand on a pris la peine de m’expliquer le pointage du concours, les erreurs réalisées par Alexandre et moi-même, à partir de ce moment-là, j’ai réellement  réalisé qu’effectivement j’étais premier à 1 point de plus que mon adversaire et que c’était justifié. Cela a mis du temps avant de se mettre dans ma tête.  La joie a commencé à naître à ce moment-là.

Suite à ta victoire, quels sentiments éprouves-tu aujourd’hui avec un peu de recul ?

Je suis toujours aussi content. Je désire absolument prouver que j’ai mérité ce titre, parce que je sais qu’il y a des personnes pour qui je ne dois pas être champion. Alors, pourquoi pas le reconquérir l’an prochain ?

 

Ton avenir : comment le vois-tu ? Espères-tu rejoindre un jour la Formelle ?

J’ai beaucoup de passion pour ce sport, tant qu’elle me procurera du bonheur je continuerai. Affronter ces coursières, me faire plaisir dans ce milieu est le moteur qui me permet d’avancer. Cependant, si un jour, je perds la flamme, je déserterai le sable des arènes.  Bien entendu, j’espère qu’un jour je rejoindrai les rangs de la Formelle.

Peux-tu apporter une définition au mot « Passion » ?

La Passion c’est un tout. Le bétail, le risque qu’il y a à défier ces bêtes. Le public qui s’exprime, qui applaudit, qui t’ovationne, c’est la plus belle des choses, on éprouve un sentiment inexplicable.

Considères-tu la course landaise plutôt comme un « SPORT » ou un « SPECTACLE » ?

C’est un sport spectaculaire ! 

Comment perçois-tu le rôle de sauteur en piste (mis à part s’envoler au-dessus des coursières : faire le second, raser, ramasser les cordes, etc…)

Effectivement, je suis conscient du travail à réaliser en piste, hormis les sauts à exécuter, et de plus, je l’apprécie. Je commence à me rendre compte par moi-même là où je dois me placer pour aider mes collègues. Ceci étant, c’est complexe et la peur de mal faire me freine dans mon élan. N’ayant qu’une année d’expérience en course landaise, je n’ai pas encore acquis tous les réflexes nécessaires, mais j’adore le travail en piste et ne demande qu’à m’y investir.  Mon apprentissage dans les prochaines sorties avec mes coéquipiers me fera assimiler davantage ce rôle : là où je dois me placer, de quelle manière je devrais interpeller la coursière selon la situation que l’on rencontre. 

As-tu un « Torero » qui te fait rêver ?

Oui, en effet, il y a un être qui me fait rêver, pour qui j’éprouve un immense respect pour tout ce qu’il a accompli pour la Course Landaise, c’est tout simplement Monsieur Nicolas Vergonzeanne.

Es-tu conseillé par les anciens ?

Bien entendu, ils viennent de suite lorsque quelque chose ne va pas. Je n’hésite pas non plus à aller vers eux pour leur demander conseil, que ce soit avant ou après avoir réalisé un saut. Ils sont toujours ouverts et à l’écoute et je les en remercie. Thierry Bergamo, en l’occurrence en tant que chef d’équipe, n’hésite pas à venir vers moi. C’est un grand Monsieur qui a marqué de son empreinte la Course Landaise.  Je tiens à lui rendre hommage ainsi qu’à toutes les personnes qui comme lui s’emploient à conseiller les jeunes, la nouvelle génération : la course landaise de demain. Ce sont des gens qui se donnent énormément pour notre tradition. Toutes ces personnes-là méritent le respect. Je tiens à leur exprimer toute ma gratitude.

Tu as participé à la « Course Festival » à Pouillon en 2012. Nous avons été gratifiés par la sortie  de 2 toros. As-tu ressenti quelque chose de particulier quand tu as vu ces bêtes sortir des loges  « sans corde » ?

Dès la sortie du premier toro, j’avais interdiction d’entrer en piste, je devais rester dans le callejon et ne pas mettre un pied en piste, même si un accident devait arriver, du fait de la différence de gabarit et de comportement. J’ai été impressionné. Rien que le fait d’être habillé en blanc et de voir qu’il y a un toro en piste tu éprouves une sensation étrange ; l’adrénaline monte, tu ne désires qu’une chose : y aller ! Je suis conscient de ne pas avoir encore les capacités pour affronter de telles bêtes. Toutefois, le jour viendra où je serai prêt à les affronter. La compétition, et les sorties de toros sont les 2 choses qui m’attirent le plus dans la course landaise. La compétition pour aller au bout de toi-même, le toro par amour du risque. Cette attirance vient peut-être aussi du fait d’avoir vu Nicolas Vergonzeanne triompher en s’envolant au-dessus de ces fauves. On en prend plein les yeux à chaque fois que Nico s’élance pour franchir l’obstacle. Cette communion avec le public, cette joie, ce bonheur suite à la réussite, tu n’as envie que d’une chose c'est produire la même chose : se faire plaisir & faire plaisir au public. Le toro demeure un animal mythique.

Quels sont tes objectifs & tes souhaits pour 2013 ? 

J’espère sincèrement réaliser une très bonne saison 2013. Je souhaite me faire plaisir et prouver au public que je mérite le titre de Champion de France des jeunes sauteurs et pourquoi pas le reconquérir. Je désire également montrer à mes Ganadères qu’ils ne se sont pas trompés et que je peux apporter, malgré ma jeunesse, un plus dans la cuadrilla.

Jean-Louis Deyris et Eric Merville sont tes Ganadères : les considères-tu comme des chefs d’entreprise (terme que l’on leur attribue de nos jours) ?

Non, pour moi ce sont des Ganadères. A mes yeux, le chef d’entreprise n’a pas le même lien avec ses salariés qu’un Ganadero peut avoir avec ses hommes.

A ce propos, peux-tu me donner une qualité et un défaut de Jean-Louis et d’Eric ?

JLD – une Qualité :  La patience.

JLD – un Défaut :  c’est difficile de donner un défaut à Jean-Louis Deyris quand on s’appelle Simon Raunier.

EM – une Qualité :  de par son expérience, il sait gérer les hommes.

EM – un Défaut :  il doit en avoir, mais je ne lui en connais pas.

Pour résumer, ces deux hommes ont beaucoup de qualités.

 

SIMON CÔTE PERSONNEL  

Quel est ton parcours scolaire ? Es-tu un élève assidu, sérieux, ou…. ?

Je suis en seconde générale à Borda à Dax ; un élève pas très assidu, moyennement sérieux. Je suis sérieux et assidu simplement en Sport et à la Cantine, ce qui est déjà très important.

Quelle profession souhaites-tu exercer plus tard ?

Je désirerai travailler dans le sport voire dans le milieu des espaces verts. Vivre à l’extérieur me plait énormément. Je ne supporte pas de rester enfermé toute la journée. J’éprouve le besoin d’être seul par moment, en compagnie de mes copains à d’autres instants. J’aime apprécier l’instant présent.

Quel regard te porte ton cercle amical et social ?

Je suis comme les autres. Mais effectivement, ils me prennent pour un fou quand je leur parle de Course Landaise, tout en me portant un regard comme tout le monde.

Quel(s) sports pratiques-tu ?

Je pratique le rugby au sein du Club de Saint-Paul (SPS : Saint-Paul Sport), mais également la gym à l’UGSP. D’autre part j’affectionne le vélo, mais je suis un passionné des sports de glisse et de l’extrême. Plus il y a de risques et mieux c’est. Je suis un amoureux du risque.

Suis-tu un entraînement « spécifique » pour préparer la saison ?

Oui et Non. A la gym, effectivement, je pratique plus le sol et j’en profite pour « travailler »  les petits détails. Tout ce qui est remise en condition, je l’acquiers grâce au rugby et à la gym.

Quels sont tes qualités ? tes défauts ? 

Qualités :  Je suis d’un naturel posé, sensible et émotif. Le petit Paul, son frère, de rajouter « il est rigolo ».

Défauts : Je suis fainéant par rapport aux choses que je n’aime pas faire : l’école, les tâches ménagères. Il m’arrive d’être impatient.

Mis à part ton titre en 2012, que retiens-tu de ta saison passée auprès de tes coéquipiers ? 

J’ai réalisé une très bonne saison auprès d’une équipe qui portait une très bonne ambiance.

Te sens-tu à l’aise dans ce milieu ? Qu’est-ce qui te plait le plus ?

J’ai toujours souhaité y rentrer et maintenant que j’y suis dedans, je m’y sens très bien. Je me sens très à l’aise en Seconde.

A tes yeux, quelles différences y a-t-il entre les courses de « Formelle » et les « secondes » ?

La compétition crée des tensions en formelle, alors qu’en seconde, tout coule de source. Nous n’avons pas besoin de calculer, on vit la course comme elle vient.

Que t’apporte la Course dans ta vie d’adolescent ? 

Le plaisir de vivre ma passion. Un peu d’argent également, ce qui me permet d’être un peu plus indépendant.

Ton meilleur souvenir ? 

La première fois que Nicolas Vergonzeanne a effectué une rondade à Pomarez en 2003, je crois. J’étais tout petit, mais je garde cette image en tête de Nico. Le souvenir de ce public qui s’est levé pour ovationner cet exploit reste gravé dans ma mémoire.

En as-tu un mauvais ?

C’était à Hossegor, en cette saison 2012, lors du décès de Michel Barets. J’ai ressenti un sentiment d’injustice face à cet évènement. Une personne telle que lui ne pouvait nous quitter ainsi.

Aurais-tu des remerciements à adresser ? 

Je remercierai toutes les personnes qui m’ont soutenu durant la saison. Mes parents ainsi que les 3 sauteurs : David Laplace, Nicolas & Guillaume Vergonzeanne sans oublier les deux équipes de chez Deyris.

As-tu un vœu à formuler ?

Que la vie continue comme ça, simplement. Je suis conscient que mes parents travaillent dur pour assurer notre quotidien et les en remercie.

Un rêve que tu souhaiterais réaliser ?

Un rêve : m’élancer au dessus d’un Toro.  A Dax, bien entendu, mais également en Espagne, comme l’accomplit Nicolas. Ce public Hispanique est vraiment atypique.

Quels sont tes projets ?

Prendre la vie comme elle vient.

Une conclusion ? 

Je tiens à adresser tous mes remerciements à toutes les personnes, qui, comme toi, en toute discrétion et de part leur présence m’ont apporté leur soutien. J’ajouterai que je suis très honoré et très surpris d’avoir rencontré une personne qui souhaitait me donner la parole.  La médiatisation de notre Culture Taurine par le biais d’internet me parait essentielle afin d’affirmer son existence, d’assurer sa pérennité.

simon-a-dax-ange.jpg

MA CONCLUSION  

Du haut de ses 15 ans, ce jeune homme est étonnant. Un ado hors norme, faisant preuve d’une grande maturité. Conscient des valeurs qui lui ont été inculquées, son avenir est tout tracé.  Simon porte en lui, en toute humilité, une forte ambition pour réussir ce qu’il entreprend.  Face à l’échec, ce garçon ne s’avoue pas vaincu. Bien au contraire, c’est un battant né. D’un naturel imperturbable, il n’a pas fini de nous étonner. Voilà pourquoi je désirais vous le présenter, car ce jeune homme m’a carrément stupéfait.

Je terminerai en adressant, tous mes remerciements aux parents de Simon, sans oublier Paul, qui ont eu la gentillesse de m’ouvrir la porte de leur foyer, qui m’ont fait l’honneur d’accepter ma « rencontre » avec Simon pour vous la faire partager. J’espère que vous l’apprécierez comme j’ai pu la savourer.

Cathy CARRON – Soustons le 29 décembre 2012 

- MAXIME DESSA : vice-champion des jeunes écarteurs à Mugron (2011)

m-p1230879.jpg

Il a dix-sept ans, habite Castaignos Souslens, près de Momuy, une terre riche en écarteurs, et après avoir remporté à Dax le concours des jeunes espoirs puis conclu à la seconde place du championnat des jeunes à Mugron, le voilà désormais en seconde chez Christian Brettes à la Ganaderia de Maynus. Son apprentissage à l'école taurine, son expérience acquise dans les courses de l'avenir et dans les premières confrontations des compétitions lui ont fait franchir ce cap. Ce garçon sympathique, toujours aimable et souriant, c'est Maxime Dessa. Il a accepté de répondre à mes questions afin que les lecteurs de Course Landaise Magazine le connaissent un peu mieux.

- Maxime, comment es-tu venu à la course landaise ?

J'ai connu la course landaise en allant voir les courses des villages voisins comme Momuy et Amou. C'était les seules courses que je voyais de l'année étant donné que mes parents ne suivaient pas la course landaise. Ensuite à l'âge de 13 ans j'ai commencé à voir davantage de courses car je jouais de la trompette à l'harmonie d'Amou qui animait quelques courses. J'ai toujours été attiré par ce milieu, par le bétail aussi. J'ai toujours voulu faire partie de ce milieu mais j'étais vite refroidi par les coups que recevaient les écarteurs. Ce qui me plaisait c'était l'ambiance avec les bandas, le courage des écarteurs.

- Qu'est ce qui t'a poussé à t'inscrire à l'école taurine ? quel a été ton cheminement pour y entrer ?

J'ai eu l'occasion d'écarter pour la première fois lors d'une sortie du comité des fêtes de Castaignos à la ganaderia de Maynus. Cette montée adrénaline m'a plu et j'ai décidé de tenter l'aventure en m'inscrivant à l'école taurine l'année suivante. Mon père était d'accord mais ma mère hésitait à donner le sien. Puis elle a fini par dire oui car elle pensait qu'au premier accrochage je déciderais d'arrêter.

- Que retiens-tu de ton passage à l'école taurine ? et quels souvenirs vas-tu en garder ?

L'école taurine m'a beaucoup appris et m'a donné de bonnes bases pour continuer mon apprentissage en seconde. Je retiens une première année difficile avec une fracture au niveau de l'épaule qui m'a privé d'une bonne partie de la saison, et une deuxième année qui m'a davantage souri avec notamment la victoire à Dax, la deuxième place au championnat des jeunes et le boléro gagné à Eugénie les Bains. Je vais garder de bons souvenirs de l'école taurine où je me suis fait de bons amis, je vais retenir cet esprit de camaraderie et de partage que nous ont appris les moniteurs.

- Que ressent un jeune lors de la présentation de l'école taurine à Pomarez ?

Cet événement représente l'aboutissement de toutes les séances de travail du vendredi soir souvent dans le froid. Au moment du paseo on ressent une grande pression, cela fait drôle de défiler avec ces enfants qui chantent et surtout de voir ces arènes pleines. Lorsque la première coursière sort, on essaye de faire abstraction de cette pression pour faire plaisir aux nombreux publics, notamment aux enfants présents. Lors de la remise des licences on écoute attentivement les conseils du parrain même si cela se passe très vite. Pour ma part la remise de la licence de la deuxième année m'a fait énormément plaisir car c'est Popaul Deyris qui nous l'a remise et c'est une personne que je connais depuis tout petit grâce au rugby d'Amou et que j'apprécie énormément.

- Comment as-tu vécu le championnat des jeunes écarteurs ? Quels sentiments éprouves-tu aujourd'hui avec un peu plus de recul ?

Ce championnat reste un bon souvenir, à part à la fin quand même. Il s'est joué sur les deux dernières coursières où j'ai commencé à décrocher et où je n'avais comme choix que de tourner à l'intérieur si je voulais gagner. Aujourd'hui je regrette encore cette fin de championnat mais je ne peux pas revenir en arrière et je dois faire avec. J'espère faire mieux cette saison.

- As-tu des modèles en course landaise ? des écarteurs qui te font rêver ?

Comme modèle, et comme un certain nombre d'écarteurs, c'est Christophe Dussau. Mais j'ai toujours apprécié Benjamin De Rovère et Loic Lapoudge dans leur façon d'écarter.

- Est-ce que tu penses parfois à la blessure qui peut survenir ? ou est-ce que le plaisir d'écarter est plus fort que la peur ? D'ailleurs est-ce que tu as eu peur parfois ?

Je ne pense jamais à la blessure et je pense que si la peur devient plus forte que le plaisir d'écarter cela ne sert à rien de continuer. Le stress et l'appréhension sont présents avant les courses mais une fois les premiers écarts effectués on se relâche complètement. Cependant je crains certaines coursières, mais s'il faut y aller devant pour aider les copains alors il faut savoir passer au-delà de cette crainte.

- Comment vois-tu ton avenir en course landaise ? espères-tu aller en formelle un jour ?

Je vais passer cette saison, et d'autres s'il le faut, à continuer mon apprentissage de la course au sein de la ganaderia de Maynus. Mais mon rêve est d'intégrer un jour une ganaderia de formelle.

- En attendant quels sont tes souhaits pour 2012 ?

Mes souhaits pour 2012 sont de faire une bonne saison sans blessure, arriver à progresser encore pour atteindre pourquoi pas le titre de champion des jeunes que j'ai raté de peu l'an dernier.

- Parlons un peu de toi. Quelles études suis-tu ? Quelle profession souhaites-tu exercer plus tard ?

Je prépare un bac Economique et Social au lycée Gaston Fébus à Orthez et je n'ai pour le moment aucune idée de ce que je veux faire plus tard.

- Quelles sont tes qualités, tes défauts ?

Je pense être généreux, si un ami a besoin de moi je suis toujours là pour lui, mais mon défaut principal est mon manque de patience.

- En dehors de la course landaise, quels sont tes autres loisirs, tes occupations préférées ?

Je joue au rugby à Hagetmau en junior, je pêche de temps en temps avec les copains et j'aime beaucoup faire la fête.

- Souvent, quand on a la passion au coeur, on ne vit que pour cette passion... est-ce ton cas ?

Il est vrai que la course landaise est souvent présente dans ma tête, mais je sais faire le part des chose et me dire qu'il n'y a pas que ça dans la vie.

Merci Maxime d'avoir répondu à mes questions. Toute l'équipe de Course Landaise Magazine te souhaite une bonne temporada, de belles réussites, et bien sûr ce titre tant convoité de champion des jeunes écarteurs, porte ouverte à d'autres défis et à d'autres horizons.

Remise de la licence

licence.jpg

 

maxime-dessa.jpg

Vainqueur du concours des jeunes à Dax

concours-jeunes-dax.jpg

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (6)

Romane
  • 1. Romane | 23/01/2013

Il est vrai que tout homme qui a porté ou qui porte encore cravates, boléros ou gilets ne peut être oublié !!! Que ce soit autant d'anciens que de jeunes toreros.
Ils ont tous un courage et un mérite énorme.

CATHY
  • 2. CATHY | 21/01/2013

Mathieu, votre commentaire est fort judicieux.
Laurent fait partie de cette génération "d'anciens" que l'on ne peut négliger, de part leur passage, leur charisme, leur force et leur volonté. Comme vous le soulignez avec justesse, ils sont peu honorés de nos jours, mais restent, à jamais, dans nos mémoires et dans nos coeurs.
Une époque où les valeurs étaient sacrées, où le respect était consacré.
De nos jours délaissées, "Il faut vivre avec son temps".
Loin de moi l'idée de dénigrer les Toreros d'aujourd'hui, ils ont TOUS leur mérite, celui d'exister et de nous faire rêver.
Je tiens juste à rajouter, que toutes personnes ayant porté paillettes, cravates, chemises, ne peuvent être oubliées... elles ont toutes eu le mérite de s'hasarder dans ce milieu d'hostilités.

minvielle mathieu
  • 3. minvielle mathieu | 20/01/2013

Interview vraiment extra de Laurent. Trés honnête, trés frant comme de coutume. Un gars vraiment important dans le milieu coursayre qui mériterait plus que ce que la course landaise lui donne.

Crabos Mathieu
  • 4. Crabos Mathieu | 01/11/2012

Très belle interview d'un homme dont on ne parle quasiment jamais mais ô combien efficace dans son travail et passionné. J'ai eu la chance de le côtoyer, de travailler avec lui et même si les débuts ont été compliqués, j'en garde un excellent souvenir. Il reste pour moi un des exemples que j'observe attentivement pour apprendre.
Bonne saison Elvis et longue carrière

LADOUSSE yves
  • 5. LADOUSSE yves | 04/02/2012

un grand merci a toi michel L, ou devrai je dire comme je dis souvent a un ami commun du grand michel. Cet article est important notamment pour les acteurs qui quittent l arene qu ils soit en seconde comme en formelle; cela leur confirme qu ils ont bien existé pour quelques coursayres et que leur passage dans le "mundillo" a été remarqué....en ce qui me concerne je garde en mémoire le souvenir, ou plutot les souvenirs d un benjamin dupuy qui n a rien a envier aux autres!!!!! un homme brave ,avec un grand sens de l honneur et une étique a l épreuve des balles ,une connaissance de la piste( très rare aujourd'hui chez beaucoup d acteur....) et un courage qui fait défaut a certain mais c est aussi un ami, pour ne pas dire l un des meilleurs que je connaisse ,de l humour, de la gentillesse,et une grande politesse envers ces amis comme ces ennemis!!!!(bien que des ennemis je ne lui en connais pas beaucoup).aujourd'hui j ecris ces quelques lignes avec un pincement au coeur car un acteur qui met fin a sa carrière nous rappelle a tous que le temps passe ,bien sur les souvenirs restent mais une page se tourne une nouvelle fois et nous n y pouvons ...rien ...je reste quand meme admiratif devant benjamin qui a la force et le courage de prendre cette decision difficile de deposer l habit de lumiere..la valeur d un homme ne se mesure pas dans ces paroles mais dans ses actes bravo a toi ben pour tout ce que je t ai vu faire ( de superbes sorties a maitena, ou ce magnifique interieur a pontoise a saint julien) je te l ai deja dis et je me répète encore tu feras parti des plus belle rencontres que la course landaise m a permis d effectuer ....ne quitte pas la piste sur ce sentiment de malhonneté de certains pense qu un jour tout se paye et defois bien cher...tu ne dois rien a personne sauf a moi a qui tu as promis une belle et tres longue amitié que je compte bien entretenir....a plus torère

Vincent M.
  • 6. Vincent M. | 02/02/2012

Merci Michel L. pour cette interview et merci d'avoir posé les bonnes questions ! ;-)

Un seul commentaire me vient : Et UN, un de plus qui quitte la course landaise... Raison de santé, professionnelles, famille... ces raisons sont celles de l'époque et sont dommage mais inhérentes à la vie d'aujourd'hui... Par contre "Malhonnêteté" est une raison bien triste...
Je ne connais pas Benjamin mais je tenais à te remercier pour ce que tu as fait ! Et puis, acteur un jour, acteur toujours je suis prêt à miser qu'on t'apercevra d'ici peu de temps trainer autour des grilles... Bonne continuation à toi et Merci encore pour tes réponses !

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 09/02/2017