David Laplace n'est pas né dans une arène, mais il y a passé une grande partie de sa petite enfance, accompagnant son père dans ses déplacements et participant aux spectacles que celui-ci produisait. Et puis en 2008, il décide de franchir le pas et de sauter, comme son père à ses débuts. Le voilà dans l'arène de Chiouleben pour participer aux courses landaises qu'organise Jean-Pierre Labat. Il côtoie des champions, Didier Laplace bien sûr, Didier Goeytes, Claude Lagarde... Après l'arrêt de ces spectacles, il part sauter pour Béarn-Armagnac avec son copain Ludovic Lahitte, pontois et passionné de courses comme lui. Fort de ces nouvelles expériences et de ses réussites au-dessus des vaches il se présente tout naturellement au championnat des jeunes à Saint-Justin. Et il emporte le titre donnant à la famille un nouveau titre de champion des jeunes sauteurs. David Laplace avait un nom, il s'est fait désormais un prénom. Le voilà l'année suivante à l'Armagnacaise, avec Dominique Larié, se frottant à la compétition. C'est une année très satisfaisante au cours de laquelle il continue à apprendre son métier de sauteur, devançant quelquefois son maître au pointage. En 2010 hélas, c'est la blessure, et David reste sur la touche une grande partie de l'année. En 2011, après une année de soins et de rééducation, il part chez Jean-Louis Deyris en seconde, manière de se reforger un moral, loin des pressions de la compétition. Car David Laplace, s'il est compétiteur, c'est aussi un garçon de spectacle. Il pratique la course landaise pour se faire plaisir et faire plaisir au public. Et l'on découvre durant cette période ses talents d'écarteur et ses talents de comédien. Car David ne se contente pas d'écarter, il écarte aussi à la façon des autres, en imitant gestes et mimiques de ses semblables. Si son père Didier se définit souvent comme un clown de l'arène, David pourrait se définir comme un comédien, un homme de spectacle. Mais au fond de lui-même, il a quand même une revanche à prendre... revanche sur lui-même, revanche sur le sort, revanche sur ceux qui croyaient peut-être qu'il ne serait qu'un second couteau derrière les ténors du saut. Lors des ferias de Dax 2011, invité par la commission course landaise à participer au concours des sauteurs, David remporte ce concours, sans doute le plus convié, damant le pion aux plus chevronnés, et ne se laissant approcher que par l'autre jeune sauteur de la soirée Fabien Napias. C'est une surprise, mais pour David c'est la consécration et la revanche assurée. Nanti de ce titre, il restera en 2012 en seconde, car pour lui, ce qui compte avant tout, c'est le spectacle... et l'on peut être sûr que du spectacle il en fera.
- David, que retiens-tu jusqu'à présent de ta jeune carrière ?
Ma jeune carrière je l’ai débutée à l’âge de 2 ans comme "charlot" (clown de l'arène) jusqu’à mes 13 ou 14 ans, où je prenais un énorme plaisir chaque soir durant l’été. Puis vers mes 16 ans, alors que j’avais du mal à mettre les pieds devant un veau, j’ai voulu approcher les vaches lors des toros-piscine de Jean-Pierre Labat. Tout s’est enchaîné quand Jean-Pierre m’a demandé de sauter pour l’équipe qu’il allait monter, et voilà où cela m’a amené…
Avant ma carrière de sauteur, je retiens la fois où avec Laurent Darrouzès pour le 1er janvier 2000 on avait sauté et écarté un veau blanc de Jean-Louis Deyris dans les arènes de Bayonne, et en 1998 pour la course du basket de Laurède lorsque j’avais imité 30 écarteurs et 10 sauteurs, un grand succès…
De ma petite carrière de sauteur je vais retenir trois moments forts. Dans l’ordre, le championnat des jeunes en 2008, 25 ans après que mon père l’ait gagné, le dernier festival en 2011 du père Laplace, un moment inoubliable, très dur émotionnellement, mais au final une joie immense avec cette vuelta, et puis cette même année 2011 le concours de Dax, l’apothéose d’une saison bien remplie.
Mais je retiens aussi les formidables coéquipiers que j’ai pu côtoyer durant ces années, surtout durant les deux ans à l’Armagnacaise où on avait un groupe très soudé, dans la piste et en dehors de la piste.
- Je parlais précédemment de ta victoire au concours de Dax l'an dernier. Comment as-tu vécu cette victoire et comment l'as-tu ressentie ?
Je n'ai donné mon accord que quelques jours avant le concours, et donc j’y suis allé sans pression, mais avec beaucoup de peur. D'abord de sauter dans ces arènes pleines à rabord avec l’ambiance que l’on connaît à Dax, puis la peur d’être ridicule face aux autres car j’étais le seul sauteur de seconde.
Et puis il y avait cet obstacle qui était Naranka, celle-là même qui avait joué des tours dans les précédents concours et qu’il fallait surmonter. Le jour du concours fut très long, le stress au maximum, mais une fois les deux premiers sauts effectués j’étais libéré. Naranka sort, je saute, ça passe et j’explose de joie... pas d’avoir gagné, car on ne savait pas en fin de compte si s’était pour Fabien ou pour moi le titre, mais plutôt de ne pas être tombé.
Après cette victoire, je me suis dit que tout était possible, même avec des genoux de 80 ans comme on m’avait fait la remarque une fois, et que c’était une revanche sur la saison noire que j’avais passée la saison précédente. Comme on dit, la roue tourne.
Je ne sais pas si par le passé un sauteur de seconde a déjà remporté le concours Dax, ce qui serait une satisfaction personnelle, bien qu' anecdotique.
- Depuis tes entraînements à Chiouleben (c'est là que je t'ai connu) et ton titre de champion des Jeunes, comment as-tu évolué... dans tes sauts, mais aussi dans ton mental et dans ta façon de voir les choses ?
Je pense avoir bien évolué dans ma façon de sauter, mais j’ai encore beaucoup à apprendre et on peut toujours mieux faire, c’est pour cela qu’on s’entraîne régulièrement l’hiver en salle de gym ou dans différents sports en club. Le mental a toujours été une de mes forces, je me sers des critiques pour mieux rebondir, le mental c’est ce qui nous permet de surmonter les difficultés, car les capacités on les a. Après, tout se joue dans la tête et c’est souvent ce qui fait la différence au final.
Ma façon de voir les choses est différente maintenant, car ma première année je ne me consacrais qu’à mes sauts, alors que les années suivantes je me suis plus penché vers tout le travail de piste qu’il y avait à faire, les seconds, appeler les vaches pour aider les entraîneurs, etc… c’est un travail que j’aime faire et qui aide au bon déroulement du spectacle.
- Comment vois-tu ta carrière, ton avenir en course landaise ? Est-ce que tu y penses ou bien les gères-tu au fur et à mesure que les choses se présentent ?
C’est toujours difficile de se projeter dans le futur, mais j’aimerais rester le plus longtemps sous les couleurs vert et blanc, car c’est une maison où je me sens bien, où l'on me fait confiance et on n’a pas trop à se plaindre. Après l’idéal serait de sauter le plus longtemps possible. Puis quand je n’aurai plus les capacités, pourquoi ne pas essayer d’écarter, car c’est quelque chose que j’apprécie. Par la suite j’aimerais perpétuer la tradition des charlots que fait mon père depuis de très nombreuses années, même si ce n’est pas donné à tout le monde de faire rire, car c’est un art difficile.
Mais ce ne sont que des souhaits, car tout peut s’arrêter du jour au lendemain, et pour l’instant je préfère me concentrer sur le présent et la première course de la saison qui va vite arriver. (le 26 Février à Horsarrieu)
- Souhaites-tu participer un jour au championnat de France des sauteurs ?
Je suis un compétiteur avant tout, donc cela sera un objectif plus tard que de participer au championnat, et même essayer de le gagner une fois si j’ai l’opportunité, car il me semble qu’il ne manque que ce bouclier chez la famille Laplace.
- Chacun sait que tu es un assidu des arènes, et que tu vas voir les autres quand tu n'as pas course... mais as-tu d'autres activités en dehors de l'arène, quels sont tes autres loisirs ?
C’est vrai que dès mon plus jeune âge je suivais tout le temps mon père aux courses, je partais dès le matin avec lui et ça tous les week-ends pratiquement. Je continue à aller voir les autres équipes, formelles ou secondes, car je suis un passionné avant tout, et puis on ne voit jamais la même chose d’une course à une autre.
Mes loisirs sont exclusivement du sport, que ce soit au basket, au foot, à la gym ou à la musculation. Cela permet de faire une coupure avec les courses tout en se préparant pour la saison à venir.
- Comment vois-tu l'évolution de la course landaise ? Évolution des spectacles, des compétitions, des acteurs, du public, du regard que l'on a de la course ?
Je crois que la course landaise évolue bien et qu'on va de l'avant en faisant découvrir notre sport à davantage de personnes, grâce notamment à des rendez-vous importants de la saison comme le festival et le championnat, mais aussi par la création d’autres événements avec la nuit du toro, toro émotion…
Les acteurs évoluent aussi, même s'il y aura toujours ce débat à savoir que l’on commence plus jeune maintenant, donc que l'on reçoit des coups plus vite, que les carrières sont moins longues par rapport aux époques passées… peut-être, mais il ne faut pas en faire une généralité. L’évolution se fait aussi dans la préparation de la saison, pour nous sauteurs, où l’entraînement est devenu indispensable, mais chez les écarteurs aussi, je sais que certains préparent leur saison physiquement et techniquement.
De nos jours, les médias apportent un plus à notre sport, un travail de plus en plus énorme est fait chaque année, par des gens passionnés avant tout et qui savent parler de leur passion. Ce travail amènera des curieux qui veulent découvrir ce sport.
- Quels sont tes souhaits pour 2012 ?
Mes souhaits c'est tout d’abord qu’on réussisse une belle saison avec l’équipe seconde de Jean-Louis Deyris, en faisant plaisir aux comités qui nous engageront.
Personnellement de faire aussi bien, ou mieux, de faire plaisir aux gens qui seront sur les gradins, et essayer de les faire rire quand j’en aurai l’opportunité en piste.
- Justement, faire rire les spectateurs... comme tu le disais tout à l'heure c'est tout un art. Comment te prépares-tu à ces imitations dont toi seul a le secret ?
Quand j’étais petit je ne regardais pratiquement que des cassettes de courses et je m’amusais à faire la même chose que ce qui se passait à la télé, et naturellement je me suis mis à reproduire les gestes, les écarts, les sauts et les mimiques des acteurs.
J’avais fait une démonstration de mes imitations à l’âge de 8 ans pour la course du basket de Laurède, puis une autre fois pour la soirée des trophées, et je crois aussi pendant l’entracte d’une course challenge de Deyris. Un jour j’ai eu envie de le faire devant une vache mais j’avais peur, car je n’avais jamais affronté une vache en tant qu’écarteur. Donc pour la dernière course de formelle à Hauriet avec l’Armagnacaise j’avais fait le pari que j’écarterais, et j’avais fait le spectacle en fin de course. J’y ai prit goût par la suite.
J’avais envie de proposer quelque chose de différent au public, sortir de la routine, c’est pour cela que la seconde me plaît, je peux faire ce que je veux.
Je suis le seul à proposer ce type de spectacle car ce n’est pas quelque chose de facile à faire, il faut un tout pour que ce soit bien fait et qu’en même temps cela plaise au public. Ce n’est pas évident de changer de style à chaque écart, sachant qu’il y a une bête en face, il faut une vache coopérative pour que cela soit bien fait.
Pour "travailler" un acteur et m'identifier à lui, je regarde en boucle un écart jusqu’à que je l’ai en tête. Après je le reproduis en même temps devant la télé, puis devant une glace et pour finir j’analyse pour voir s'il y a une mimique avant, pendant ou après l’écart, et à ce moment-là je l’accentue. Cela devient peut-être une caricature mais lorsque je le fais en piste, je me mets dans la peau de la personne jusqu’à jouer sur l’expression du visage. A force de le faire, je n’ai pas besoin de les travailler autant qu'avant, juste les nouveaux que j’intègre dans le spectacle. Et puis le fait d’aller souvent aux courses pendant la saison me sert pour regarder qui je pourrai imiter par la suite.
Pour l’instant j’ai un très bon retour du public, je le ressens quand ça rigole sur les gradins, c’est là que je suis satisfait. Ce sont les acteurs anciens qui ont le plus de succès car ils avaient plus de manières, de façon atypique d’écarter que la nouvelle génération où les styles se ressemblent et ils n’ont pratiquement pas de mimiques.
- Au delà d'un attachement qu'un fils peut avoir pour son père, je crois que vous êtes très complices, et que la course landaise vous unit encore davantage ?
J’ai toujours plus ou moins suivi mon père car je faisais le charlot à ses côtés, dès mon plus jeune âge. Quand j’ai commencé à sauter chez Labat, il faisait partie de l’équipe, et on est entré à l’Armagnacaise ensemble (partis la même année aussi…). Dans la piste c’était pour tout le monde pareil, il était le chef et il n’y avait pas de différences.
J’avais une totale en confiance en lui dans la piste. De toute façon il ne nous a jamais envoyé au carton, que ce soit écarteurs ou sauteurs. Je prenais tous les conseils qu’il me donnait, même encore aujourd'hui quand il vient aux courses où je suis en piste. Je prends conseil surtout quand il s’agit d’affronter une vache sans corde. C’est difficile de dire si l'on ressent quelque chose parce qu'on est le fils, car en piste on fait abstraction de toutes ces choses, il faut être concentré sur ce qui se passe dans l’arène. Mais il y a bien sûr des moments plus forts que d'autres, des ressentis plus importants que d'autres, comme ceux que j'ai vécus au festival Art et Courage et au concours de Dax.
La course landaise est un sujet qui revient souvent à la maison et qui nous lie encore plus, on se dit les courses qu’on est allé voir, les résultats, l’escalot etc... Et comme on ne peut pas aller tout voir et tout savoir, on regarde les résultats et les commentaires sur mpcourselandaise, on est sûr de tout trouver.
J’ai beaucoup de chance d’avoir un père qui a la même passion que moi, et je me servirai de son expérience pour continuer à apprendre et à évoluer.
Merci David d'avoir bien voulu prendre sur ton temps pour répondre à mes questions. Au nom de "Course Landaise Magazine" je te souhaite une belle saison dans toutes les disciplines que tu maîtrises désormais parfaitement. J'espère que tu pourras décrocher à nouveau un aussi beau titre que celui du concours de Dax l'an passé, mais avant que ne redémarre la saison, qu'il me soit permis de te décerner le titre du "Laurent Gerra de l'arène", le numéro un des imitateurs coursayres.
Michel Puzos
Sur la pointe des bottines
A la fin de la temporada 2011, il a quitté l’arène, avec beaucoup de discrétion et de modestie, deux qualités qui lui sont propres. A 27 ans, Benjamin Dupuy l’écarteur de la ganaderia Aventura, sa dernière ganadéria, a décidé de raccrocher. Avec sa gentillesse habituelle, l’enfant de Nogaro a accepté pour Course Landaise Magazine de répondre à nos questions.
Comment as-tu découvert la course landaise avant de la pratiquer ?
J’ai découvert la course landaise vers 10 ans en allant aux fêtes de Nogaro avec mes parents.
Comment as-tu commencé à la pratiquer ?
A l’âge de 12 ou 13 ans, je me suis présenté devant un veau mais je l’avoue, de très loin quand même, tellement ma peur était grande. Nous étions face à face, mais chacun à un bout de la piste. Suite à cette première expérience, j’ai commencé par participer à l’encierro des fêtes de Nogaro. A l’âge de 15 ou 16 ans, je me suis présenté en amateur face à une coursière.
Es-tu passé par l’école taurine ou par «l’école » de la seconde ?
Cet écart en amateur m’a donné envie de devenir ou d’essayer en tout cas d’être écarteur, mais mes parents ne voulaient pas tant que je n’étais pas majeur. En 2003, à 18 ans, je me suis inscrit à l’école taurine. La première année s’est bien passée avec une qualification pour le championnat à Saint-Sever. La deuxième année sera beaucoup plus difficile en raison d’un gros souci de santé.
Te souviens-tu de ton premier écart ?
Ah ça oui, c’était à Pomarez lors du premier entraînement devant des coursières. Je chute tout seul et je me casse le scaphoïde.
A l’école taurine, quels ont été tes compagnons de route et tes moniteurs ?
La première année, j’étais avec Romain Truchat, Christophe Avignon, Damien Noguès, Fabien Harran. Je suis de la promotion de Loïc Lapoudge, Rémi Corrihons, Julien Lucmort, Denis Lazartigues et Ludovic Lunel, le célèbre Michalak. Mes moniteurs étaient Thierry Bergamo, Serge Laborde, Patrick Ducourneau et Patrick Napias, que je remercie encore aujourd’hui pour le travail accompli.
Peux- tu maintenant évoquer ta carrière ?
J’ai débuté en seconde en 2005 chez Jean-Louis Deyris avec comme chef de cuadrilla Eric Passicousset et j’y suis resté 2 saisons, 2005 et 2006. Une période difficile pour moi car cette cuadrilla était composée d’anciens venus de la formelle qui nous laissaient écarter, à nous les jeunes, les vaches qu’ils ne voulaient pas !!!!
2007, 2008, 2009 : Ganaderia Béarn-Armagnac avec comme chef de cuadrilla d’abord Lionel Larrère puis Yves Ladousse. Je dois dire que ces trois années représentent pour moi mes meilleures années de course.
2010, 2011 : Ganaderia Aventura pour aider dans ses débuts un homme que je considérais comme un ami avec comme chef de cuadrilla Yves Ladousse. De bons souvenirs quand même car nous étions une équipe d’amis.
Qui t’a conseillé dans ta carrière ?
Outre les moniteurs de l’école taurine évoqués auparavant, Thierry Bergamo, un pur et dur, et Yves Ladousse, un chef de cuadrilla toujours présent pour ses hommes.
Dans ta carrière, en fait, tu n’as connu que la seconde, pourquoi ?
Effectivement que la seconde car je n’ai pas eu de propositions pour la formelle. Même si j’en avais eues, je les aurais déclinées car le pointage m’aurait trop pesé.
Quels sont tes meilleurs souvenirs de course ?
Tout d’abord l’ambiance dans les différentes équipes. Des moments restent gravés dans ma mémoire, surtout les après courses. Les lointains déplacements, tous ensemble dans le même véhicule, comme nos anciens. Deux me reviennent en mémoire : le premier à Vesoul avec 12 heures de route, assurer le spectacle et retour au petit matin le lundi pour aller travailler pratiquement sans dormir ; le second, un retour de Camargue un peu difficile avec un embrayage cassé.
A ton avis quelles ont été tes meilleures prestations en piste ?
Difficile pour moi de répondre à cette question. Seuls les spectateurs qui m’ont vu écarter pourraient le dire. Cependant, je pencherais quand même pour les courses effectuées avec la ganaderia Béarn-Armagnac.
Tes pistes favorites ?
Dans les courses de seconde, on n’a pas trop le choix. Le décor est souvent le même : des grilles, de l’herbe ou du sable, mais il fallait écarter quand même.
Tes mauvais souvenirs ?
Quelques tumades, mais cela est inhérent à la course landaise.
Quelles ont été tes coursières favorites ?
Je retiendrai une coursière, c’est Maitena de Raymond Descamps car elle m’a permis de reprendre confiance.
Et celles que tu redoutais le plus ?
Ramona de Béarn-Armagnac par sa prestance, et Victorine d’Aventura par sa fougue et sa force.
Quel avis portes-tu sur les courses de seconde qui se déroulent dans la région et au-delà ?
Ces courses permettent à de petits comités aux moyens financiers limités de faire perdurer une tradition bien ancrée à laquelle ils tiennent beaucoup. Elles permettent également à de jeunes toreros de s’aguerrir avant le passage en formelle.
Ton avis sur les courses de plage ?
Ces courses servent à promouvoir notre sport. Cependant, je les qualifierai plus de spectacle avec la partie classique, les jeux d’amateurs, parfois les toreros comiques que de sport.
Que penses-tu des ganaderos de seconde ?
Comme ceux de formelle, ils ont beaucoup de mérite mais peut-être plus encore, car pour eux c’est difficile de percer. De plus, organiser des courses dans des grilles car c’est souvent le cas, impliquent le montage et le démontage, le transport avec parfois de longues heures de route en camion. C‘est toute une organisation qu’il faut gérer.
En tant que torero comment pourrais-tu te définir ?
J’aimais bien écarter certaines coursières, mais si mon chef de cuadrilla me faisait signe d’y aller, j’y allais sans rechigner. Je dirai donc torero volontaire mais sûrement pas styliste.
Pourquoi mettre un terme ta carrière à l'âge de 27 ans ?
Pour plusieurs raisons. Le manque de motivation, la malhonnêteté de certaines personnes ont beaucoup compté dans ma décision. Et puis, il faut aussi privilégier le cadre professionnel car concilier travail et course landaise n’est pas toujours facile. Enfin, il faut également penser au cercle familial.
Vas-tu rester en contact avec le monde de la course landaise en te rendant la saison prochaine dans certaines arènes ou peut-être même en t’impliquant dans certaines fonctions ?
Non, pas du tout, car il me faudra du temps pour «digérer » ma dernière expérience !
Quels sont tes loisirs ?
Le rugby que je pratique et la nature en général.
Et pour conclure Benjamin ?
Je voudrais remercier ma famille, mes amis, pour m’avoir soutenu pendant toutes ces années de course. Je voudrais remercier aussi Yves Ladousse qui a été pour moi plus qu’un chef de cuadrilla. Enfin je voudrais souhaiter une bonne continuation au site Course Landaise Magazine et à la course landaise en général.
ML pour CLM : merci à toi Benjamin d’avoir répondu à nos questions avec beaucoup de disponibilité et sans langue de bois.
Depuis l’année 2006, nous avons eu l’occasion de nous côtoyer tant avec la ganaderia Béarn-Armagnac qu’avec la ganaderia Aventura à l’occasion de courses que je suis venu animer, toujours avec plaisir d’ailleurs, et parfois loin de nos bases; ce qui nous a valu de passer de bons moments tous ensemble.
Si je devais te définir en quelques mots, je dirais de toi que tu as été un vaillant écarteur, un baroudeur de l’arène (comme souvent je t’appelais quand je te présentais au public) car tu ne rechignais pas à la besogne (tu l’as dit toi-même). Je dirai de toi également que tu es un garçon avec lequel on aime bavarder de par ta politesse et ta gentillesse.
Garçon discret, tu as quitté l’arène sur la pointe des bottines.
Michel Laurensan
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1. 04/02/2012
un grand merci a toi michel L, ou devrai je dire comme je dis souvent a un ami commun du grand michel. Cet article est important notamment pour les acteurs qui quittent l arene qu ils soit en seconde comme en formelle; cela leur confirme qu ils ont bien existé pour quelques coursayres et que leur passage dans le "mundillo" a été remarqué....en ce qui me concerne je garde en mémoire le souvenir, ou plutot les souvenirs d un benjamin dupuy qui n a rien a envier aux autres!!!!! un homme brave ,avec un grand sens de l honneur et une étique a l épreuve des balles ,une connaissance de la piste( très rare aujourd'hui chez beaucoup d acteur....) et un courage qui fait défaut a certain mais c est aussi un ami, pour ne pas dire l un des meilleurs que je connaisse ,de l humour, de la gentillesse,et une grande politesse envers ces amis comme ces ennemis!!!!(bien que des ennemis je ne lui en connais pas beaucoup).aujourd'hui j ecris ces quelques lignes avec un pincement au coeur car un acteur qui met fin a sa carrière nous rappelle a tous que le temps passe ,bien sur les souvenirs restent mais une page se tourne une nouvelle fois et nous n y pouvons ...rien ...je reste quand meme admiratif devant benjamin qui a la force et le courage de prendre cette decision difficile de deposer l habit de lumiere..la valeur d un homme ne se mesure pas dans ces paroles mais dans ses actes bravo a toi ben pour tout ce que je t ai vu faire ( de superbes sorties a maitena, ou ce magnifique interieur a pontoise a saint julien) je te l ai deja dis et je me répète encore tu feras parti des plus belle rencontres que la course landaise m a permis d effectuer ....ne quitte pas la piste sur ce sentiment de malhonneté de certains pense qu un jour tout se paye et defois bien cher...tu ne dois rien a personne sauf a moi a qui tu as promis une belle et tres longue amitié que je compte bien entretenir....a plus torère
2. 02/02/2012
Merci Michel L. pour cette interview et merci d'avoir posé les bonnes questions ! ;-)
Un seul commentaire me vient : Et UN, un de plus qui quitte la course landaise... Raison de santé, professionnelles, famille... ces raisons sont celles de l'époque et sont dommage mais inhérentes à la vie d'aujourd'hui... Par contre "Malhonnêteté" est une raison bien triste...
Je ne connais pas Benjamin mais je tenais à te remercier pour ce que tu as fait ! Et puis, acteur un jour, acteur toujours je suis prêt à miser qu'on t'apercevra d'ici peu de temps trainer autour des grilles... Bonne continuation à toi et Merci encore pour tes réponses !
Date de dernière mise à jour : 16/02/2012
1. Par Actu Coursayre le 21/02/2012
J'ai hâte de voir la première émission, beaucoup de moyens sont mis en oeuvre : plateau TV virtuel, ...
2. Par hontang yves le 20/02/2012
quand je lis sur le sud-ouest du samedi 18 février ( LES FORCES VIVES DE LA COURSE LANDAISE ) quel beau ...
3. Par delphine despouys le 18/02/2012
Une super video qui montre vraiment le travail qui va être exécuté pendant les séances !!! Je souhaite ...
4. Par hontang yves le 15/02/2012
ayant lu le compte rendu de l'a.g de la ffcl,je suis tout à fait d'accord avec toi mathieu ,sur la n ...
5. Par Michel Puzos le 14/02/2012
Je pense qu'il s'agit des 10 premières figures (maximum) notées... mais l'écarteur pourra en faire plus ...