Le temps passé et le présent
Lors d'une course landaise, alors que les écarteurs évoluaient dans l'arène, j'ai entendu ces mots certainement prononcés par un nostalgique : «Du temps des gitans c'était différent».
Cette expression m'a d'abord fait réfléchir à la portée de ces mots et puis m'a donné envie de tenter de traduire cette interprétation.
Qu'est-ce qui est différent ?
LES ACTEURS : faisant référence à la phrase «nostalgique» ci-dessus prononcée, je dirais : Oui les gitans étaient des phénomènes, notamment Ramunchito. Leur palmarès est éloquent. Ils étaient mes idoles. Parfois adulés, parfois critiqués, le public se déplaçait. (La critique c'est peut-être ne pas accepter de reconnaître sa faiblesse ou sa capacité à égaler). Ils étaient deux frères talentueux qui ont su « se mettre en scène» pour soulever les foules.
Chaque époque a ses héros, n'oublions pas nos aînés, les octuples, les triples et simplement tous ces champions et tous les autres qui ont marqué et qui marqueront l'histoire de la course landaise.
Aujourd'hui, un acteur peut-il espérer acquérir cette longévité du titre suprême ? Je ne le pense pas, la «passe» de trois étant déjà très élogieuse, tant les jeunes prétendants sont nombreux. Et puis la vie professionnelle «grignote» sur la carrière des acteurs, c'est une évidence.
LE PUBLIC : Il était à la fois exigeant, rude mais aussi plus tolérant. Les moyens d'expression étaient plus limités, les commentaires (éloges, critiques) se faisaient souvent au travers d'une presse spécialisée ou à l'occasion de rapports directs. Aujourd'hui ces moyens existent toujours mais il faut y ajouter les technologies de notre temps qui me permettent en particulier d'écrire ces mots.
L'EPOQUE : C'était ma génération, donc ma jeunesse, avec nos idées préconçues et dépourvues d'expérience. Malgré la radio puis «l'arrivée de la télévision», nous les campagnards nous étions loin de l'actualité. Pourtant, j'étais certain de détenir ma vérité. Parfois sans concession, la vie rétablit les choses.
Aujourd'hui, les moyens actuels de communication et d'information ont bouleversé notre quotidien et nos habitudes.
Beaucoup d'autres chapitres pourraient être ainsi comparés, mais pas peur de lassitude à me lire je conclus en disant : Oui, c'était différent.
Bernard Labat
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Ganadero et Débisaïre
Par cette belle après-midi du samedi 19 novembre 2011, j'assistais à la présentation 2012 de la ganaderia MAYNUS dans le beau petit village de CASTEL-SARRAZIN.
Christian BRETTES le ganadero affichait un joli lot de coursières. Certaines connues ne dérogeaient pas à leur réputation, d'autres plus jeunes s'habituaient ou faisaient connaissance avec la piste. Une, cependant, a retenu mon attention, essentiellement pour la couleur de sa robe. C'est la vache nouvelle sans corde.
De très belles figures furent dessinées. Il s'agit d'une présentation, il faut donc retrouver ou découvrir ses repères.
Peut-être que parmi cette nouvelle équipe se profile « encore » une graine de champion. L'avenir nous le dira.
Au passage rappelons que le « patron » sait se sacrifier pour ses hommes puisque l'un d'eux, pressé par la coursière, vint amortir son élan sur le dos du « Boss ». L'accroc du pantalon blanc témoigna aussi de la rudesse de la réception.
Cette ganaderia a la spécificité d'être autonome. Elle a son propre débisaïre en la personne de Michel BRETTES dit MOULINOT, frère du ganadero.
MOULINOT est un personnage. Grisonnant, dans la tranche élargie du «bel âge», d'un embonpoint relatif, il respire la joie de vivre. D'une approche très attachante c'est très souvent d'une boutade qu'il vous accueille.
Avant la course, il installe, déroule des fils, raccorde, s'enquiert de tel ou tel matériel. Ceci terminé c'est la phase des essais de sonorisation qui intervient. Fin prêt, il l'est pour le début de la course.
Dès qu'il saisit le microphone, il est branché pour la durée du spectacle. L'intensité entre la source d'énergie et le micro est sans faille. Je puis vous assurer que les connections ne sont pas défaillantes. Le volume et le débitmètre sont au maximum.
Il s'enquiert de savoir s'il est entendu du public. Sa voix très soutenue couvre la marche Cazérienne et le fond musical.
Il possède une verve inégalable. Contrairement aux éoliennes, MOULINOT mouline non pas du vent mais des paroles. Il possède un vocabulaire intarissable. Il n'y a pas de blancs dans ses propos. Le débit est constant.
Avec beaucoup de simplicité et de naturel, il présente un à un les acteurs. Arrivant au sauteur il s'aperçoit avoir oublié un écarteur. Qu'à cela ne tienne il « rattrape le coup », tel le chat il retombe sur ses pattes et rebondit.
Il traduit fidèlement et objectivement les figures réalisées, sans excès d'éloges ou de critiques.
Il n'oublie pas de nous décrire le bétail qu'il connaît très bien.
Une anecdote : Alors que nous regardions le chargement des bêtes, notre débisaïre s'arrête et nous dit : «Voyez, dans ce lot de vaches (6 ou 7) toutes sont nées à la ganaderia sauf la rousse». C'est dire les efforts consentis par Christian BRETTES pour la reproduction.
La pertinence de ses propos et commentaires ne laisse personne indifférent, bien au contraire le public s'exclame.
J'ose écrire cette réflexion que peut-être certains ont pensé tout bas ou exprimé en substance : «Il a dû faire des études ce type pour savoir parler de cette façon».
Oui, il a des capacités MOULINOT, car tout en commentant la course, il scrute, cherche, reluque. Quand il repère une connaissance, s'adressant à elle, sa joie et sa bonne humeur il la partage avec l'assistance sous forme de taquineries ou plaisanteries humoristiques.
La quantité de détails ne peut que nous faire deviner la personne. S'il n'est pas sûr qu'elle soit localisée par le public, il n'hésite pas à faire une deuxième présentation. La déferlante du rire ainsi se répand.
Malgré cette décontraction affichée, c'est avec beaucoup de sérieux que MOULINOT assure son rôle de débisaïre.
Alors Christian et Michel, continuez dans cette voie (voix) le ganadéro pour la pérennité de la course landaise et le débisaïre pour la distraction et le rire apportés par ses commentaires.
Bernard Labat
1. Par Actu Coursayre le 21/02/2012
J'ai hâte de voir la première émission, beaucoup de moyens sont mis en oeuvre : plateau TV virtuel, ...
2. Par hontang yves le 20/02/2012
quand je lis sur le sud-ouest du samedi 18 février ( LES FORCES VIVES DE LA COURSE LANDAISE ) quel beau ...
3. Par delphine despouys le 18/02/2012
Une super video qui montre vraiment le travail qui va être exécuté pendant les séances !!! Je souhaite ...
4. Par hontang yves le 15/02/2012
ayant lu le compte rendu de l'a.g de la ffcl,je suis tout à fait d'accord avec toi mathieu ,sur la n ...
5. Par Michel Puzos le 14/02/2012
Je pense qu'il s'agit des 10 premières figures (maximum) notées... mais l'écarteur pourra en faire plus ...